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Spec Ops: The Line est un jeu développé par Yager et édité par 2K Games (Bioshock Infinite… un bon exemple d’un jeu diamétralement opposé à ce que je vais raconter).

Le Capitaine Martin Walker, le Sergent John Lugo et le Lieutenant Alphonse Adams, membres des Delta Force sont chargés de retrouver le Colonel John Konrad suite à la captation de son signal de détresse, dans une ville de Dubaï post-apocalyptique après avoir été frappée par des tempêtes de sable.

Entre le plot qui a l’air d’avoir été généré aléatoirement en mixant à peu près tous les jeux de guerre récents, la couverture ultra-formatée et le héros en copier-coller, inutile de dire que Spec Ops: The Line avaient toutes les chances de finir dans le bac des soldes. Et c’est à peu près le cas, le dernier épisode en date de la série Spec Ops a fait un four, plombant les résultats de 2K pour l’année 2013.

Considérant mon peu d’amour pour les jeux de guerre, j’aurais bien laissé la boite dans le bac idoine. Et puis, au détour d’un article à titre racoleur du genre « les 10 jeux que vous n’avez pas faits et qui pourtant retournent des chaussettes à petits pois », on faisait l’éloge de ce The Line. Pas chien mais pas convaincu,  je le prends et je le commence. Et puis je pars en Norvège. Du coup le jeu reste dans une étagère virtuelle de Steam jusqu’à ce week-end où je décide de réduire de 1 la liste des jeux qui attendent d’être faits.

En recommençant de zéro, je me souviens m’être arrêté après une séquence assez fun dans un casino où on doit descendre tout en survivant aux assauts des vilains de service. Après deux heures de jeu, je ne retrouve pas cette séquence. C’est alors que je réalise que la séquence en question provient du très mauvais Call of Duty: Ghost. L’anecdote est importante: pendant tout le début du jeu, vous allez avoir l’impression de jouer à un n-ième shooter militaire qui n’a d’original que son univers particulier, Dubaï.

Et puis, à un moment, tout va basculer et vous comprenez que vous êtes tombés dans le panneau. La jaquette inintéressante, le héros moyen crâne rasé et gros bras, le pitch bidon pour tirer sur tout ce qui bouge… C’était un leurre !

Un leurre avec une grosse paire de baloches qui aura coûté cher à 2K. Le choix artistique était assumé dès le départ, tout ça pour mieux filer un coup de trique derrière la nuque au joueur assez curieux pour se pencher sur le cas Spec Ops: The Line. Ce jeu était probablement une galère monstrueuse pour l’équipe marketing chez 2K. Et face à la concurrence qui assume son côté décérébré, difficile d’assurer.

N’y allons pas par 4 chemins, Spec Ops: The Line est l’un des jeux les plus intelligemment écrits que j’ai pu faire ces dernières années. Un vraie baffe. Une vraie descente aux enfers et dans la folie ! Il n’est pas s’en rappeler le passage cramage de champs de cannabis dans Far Cry 3, quand vous vous rendez compte que le jeu vient d’atteindre un autre niveau dans ce qu’il essaie de dire au joueur. The Line met le joueur face à ses propres décisions et c’est pas toujours agréable. C’est probablement l’un des rares jeux sur le marché qui vous prend par les tripes et vous tirent de force vers l’horreur de la guerre, les choix que doivent faire les soldats (en l’occurrence, toi, joueur, avec ta moralité). Avec les guerres récentes et les biopics associés (Démineurs ou American Sniper par exemple), vous avez sûrement dû entendre parler du syndrome de stress post-traumatique des soldats qui rentrent au pays : et bien ce jeu est un manuel du soldat qui part en vrille jusqu’au point où le retour à la maison n’est plus possible.

La fameuse ligne du titre, c’est celle que l’on franchit…

(Et vous la franchirez, c’est le but…)

The Line est largement inspiré par Heart of Darkness, la nouvelle elle-même à l’origine d’Apocalypse Now de Francis For Coppola. On peut également citer dans le désordre L’échelle de Jacob, Platoon, Full Metal Jacket ou le mythe de la construction de la Tour de Babel. Je ne dirai rien sur l’histoire ou ses rebondissements, mais vous allez vivre des grands moments, du genre qui marquent les esprits… L’attaque au phosphore blanc, pour ne citer qu’elle, est une des séquences les plus dérangeantes que vous vivrez. C’est mature et engagé, je me limiterai à ça sur l’histoire.

J’avoue aussi que j’étais curieux de voir le traitement réservé à la ville de Dubaï. Après tout, j’ai vécu là-bas ! L’expérience était donc différente à un certain niveau pour moi. Après, on regrettera que en dehors de quelques name dropping ça et là, vous n’aurez pas réellement l’occasion de visiter des vrais lieux mais l’expérience reste toutefois dépaysante.

Les plus attentifs reconnaîtront la voix de Nolan North (Nathan Drake dans Uncharted) derrière le protagoniste. Toujours au rayon sonore, on notera l’excellente bande son, faite de classiques du rock et de perles psychédéliques qui collent parfaitement à l’ambiance du jeu :

  • Deep Purple – Hush
  • Alice in Chains – Rooster
  • Bjork – Storm
  • Mogwai – Glasgow Mega-Snake
  • Mogwai – R U Still In 2 It
  • Giuseppe Verdi – Dies Irae, Libera me
  • Nine Inch Nails – The day the world went away
  • Martha and the Vandellas – Nowhere to run
  • Black Mountain – Stormy High
  • The Black Angels – Bad Vibrations
  • Jimi Hendrix – A Merman I Should Turn To Be
  • The Black Angels – The First Vietnamese War
  • Jimi Hendrix – Star spangled banner
  • Inner Circle – Bad boys

(Je vous mets des liens vers the Black Angels, un groupe que vous pouvez aussi retrouver sur la bande-son de la série Californication)

Il faut une dizaine d’heure pour boucler le jeu au plus haut niveau de difficulté et à part 2 moments bien relou, vous n’aurez guère de problèmes pour boucler le jeu, pour peu que vous ayez l’habitude de tirer sur des gens… Oubliez le multijoueur, c’est sûrement une bouse infâme et contractuelle qui a tiré vers le bas les ventes du jeu (et oui, parce que toi, jeune abruti joueur de Callof, tu ne t’intéresses pas à une histoire, tu veux juste tirer sur des gens comme un blaireau sans réfléchir – alors que The Line te met justement face à tes émotions contradictoires quand tu tues quelqu’un… un truc appelé la dissonance cognitive)!

The Line n’aura pas de suite. The Line et son échec commercial cuisant a probablement enterré l’envie des éditeurs de se risquer dans les shooters complexes et matures. Alors profitez du cadeau que Yager vous a fait en assument son design de bout en bout, vous n’êtes pas prêts de refaire un jeu de la trempe de celui-ci !

Spec Ops: The Line vaut assurément le coup d’être fait. De vrais choix couillus en matière de Narrative Design ont été faits, des choix qui permettront aux joueurs d’en faire et de se rendre compte graduellement que The Line n’est PAS votre shooter remaché qui vente les mérites de l’American Hero et de la bannière étoilée. The Line est une expérience unique, un véritable jeu sur la guerre, la folie et la nature humaine. Un jeu qui laissera une empreinte sur votre mémoire de joueur, bien plus que les Battlefield ou les Call of Duty sans saveur qu’on vous pond chaque année. Si vous en avez l’occasion, foncez sur Spec Ops: The Line, vous ne le regrettez pas !

Difficile de trouver un trailer pas complètement pourri pour vous donnez un véritable aperçu de ce qu’est le jeu…

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This War of Mine est un jeu de 11bit Studios, disponible sur PC, Mac et Linux via Steam notamment. Au regard du style de jeu, je ne serai pas étonné de le voir un jour débarqué sur les tablettes…

Comme n’importe quel gamer, j’apprécie faire la guerre. Surtout si c’est pour dégommer de l’alien vindicatif, du nazi mégalomaniaque, du guerillo déséquilibré ou pour sauver l’univers. En revanche, les jeux de guerre réalistes type Call of Duty ou Battlefield m’ennuient profondément, essentiellement parce que même si j’adore les jeux vidéo, dépeindre la vraie guerre en glorifiant le troufion idiot va à l’encontre de mes aspirations pacifiques. En tant que game designer, j’ai d’ailleurs deux concepts de jeu que j’ai toujours voulu faire autour du thème de la guerre :

  1. Vous êtes un trouffion de base, vous faîtes la guerre mais vous n’avez qu’une vie et pas de respawn possible. On va voir si c’est toujours rigolo de faire la guerre…
  2. Vous êtes un simple civil et vous devez vivre au quotidien dans un pays en guerre et voir les choix que ça implique en terme de survie…

Et This War of Mine, c’est précisément ce deuxième concept ! Alors, au milieu de la semaine des grosses sorties AAA (Assassin Creed Unity, Far Cry 4, Dragon Age 3…), j’ai décidé, une fois n’était pas coutume, que j’allais donner des sous à un studio indépendant qui prend des vrais risques, impose une vision alternative du jeu et surtout, ne me gonfle pas avec une économie free-to-play !

Dans This War of Mine donc, vous incarnez un groupe de civil dans une ville (genre dans les Balkans ou Europe de l’Est) déchirée par une guerre civile et votre but est unique : survivre ! 

Le jeu se déroule en deux phases distinctes, jour et nuit. Le jour, vous devrez gérer vos survivants dans votre maison, en effectuant diverses actions :

  • Vous nourrir
  • Dormir
  • Soigner les malades et blessés
  • Crafter des objets (bouffe, équipement, armes…)
  • Améliorer votre maison (barricades, lits, fauteuils, chauffage…)
  • Allez voir qui frappe à votre porte (demande aide, échange de marchandise, délation de voisins…)

Oui, en gros, c’est Les Sims. Sauf que c’est une extension guerre et que c’est tout le temps la dèche : pas assez de médocs, pas assez de bouffe, pas assez de ressources pour crafter, des survivants déprimés, malades, affamés…

La nuit, vous avez le droit de planifier une expédition avec l’un de vos survivants pour qu’il explore des bâtiments pour qu’il vous ramène ce qui vous fait défaut le jour. Avec un peu de chance, le bâtiment est vide. Avec beaucoup de chance, vous tombez sur un mec qui veut bien faire du troc. Mais vous pouvez aussi bien tombé sur des militaires ou des groupes armés qui défendent à coups de pistolets leurs biens et territoires (donc à vous de vous infiltrer). Bien sûr, votre inventaire est limité et vous ne pourrez pas toujours ramené la bouffe ET les médocs ET les planches qu’ils vous manquent chauffer votre baraque ! Et si vous tardez trop dans la nuit, vous êtes obligé de rentrer de jour, sous les tirs de sniper…

La grande force de This War is Mine, c’est de réellement vous plonger dans l’horreur de la guerre avec tout ce que ça implique :

  • Se rationner, être malade si on ne prend pas soin de soi
  • Avoir des choix moraux sur oui ou non aider ceux qui frappent à votre porte, parce qu’il n’est pas dit que le type à qui vous filer de précieux médocs vous rendra la pareille (ou dans un autre genre, on va voir si ça vous plait de dénoncer à la milice le voisin qui vous a filé des médocs parce qu’elle propose trois conserves…)
  • Voler des maisons alors que d’autres personnes dans la même galère que vous essaient aussi de survivre
  • Buter d’autres civil parce qu’ils ont de la bouffe et pas vous
  • Accepter de faire mourir de fait un de vos survivant pour que les autres puissent continuer à survivre
  • Et j’en passe…

En soi, This War of Mine est un jeu absolument horrible ! Comme la vraie guerre. Et paradoxalement, en le dotant d’un gameplay survivaliste particulièrement chiadé et d’une direction artistique brillante, les polonais de 11bit Studios ont réussi à créer un jeu très efficace, addictif et beau !

Le jeu ne possède pas de tutoriel, ni d’aide, ni de sauvegarde multiple. Un peu comme le survivant, vous apprenez sur le tas et souvent de vos erreurs et découvrez – parfois chèrement – comment réussir à survivre un jour de plus dans l’horreur de la guerre. Les décors sont toujours les mêmes d’une partie à l’autre, le contenu des loots est en revanche aléatoire, tout comme votre équipe de départ. Ainsi, à l’image de personnes qui se regroupent pour survivre, vous n’avez pas le choix de vos compagnons d’aventure et il faut tirer profit de ce que vous avez quand vous l’avez.

Inutile de dire que le jeu est dur ! Dur, mais jamais injuste. Après tout, c’est vous qui définissez vos propres objectifs de survie. Si vos personnages dorment mal et se mettent à déprimer, il fallait probablement construire un lit avant de faire une distillerie et cramer vos bouquins dedans pour la faire marcher… Bref, tout est une histoire de choix et chaque choix est contextualisé par ce que vous vivez. Et les petits malins qui voudront se la jouer Call of Duty avec des civils découvriront que l’impact que cela aura sur leurs personnages…

Mort d’un personnage… L’un des pires écrans de jeu… quasi l’équivalent d’un game over…

Honnêtement, je ne suis pas sûr qu’il existe un moyen de gagner à ce jeu. Après plusieurs essais, j’en suis actuellement à 36 jours de survie et plus ça va, plus le calvaire prend des proportions ingérables dans ses fameux choix qu’il faut faire, dans la course à la bouffe, la course au médocs, le combats contre les pillards, les vols, les prises de risques… Vous vivez votre retour au petit matin avec l’angoisse de savoir si personne ne vous a attaqué, vous redoutez la tombée de la nuit vos options de survie se rapprochent dangereusement d’aller buter des innocents ou vous aventurez chez des mecs à avec des flingues…

D’ici quelques jours, pour combler l’absence de tutoriel, je ferai un petit article d’astuces pour mieux appréhender votre survie d’après mes retours d’expériences.

Le jeu est disponible sur Steam pour 20 euros. Je précise qu’il s’agit bien d’un jeu complet, non d’un early access moisi, et qu’il est entièrement en français. Si certains trouvent ce prix élevé pour de l’indie, sachez qu’il les vaut largement d’une part, et que d’autres par une partie de ce prix est reversé à l’association War Child qui vient en aide aux enfants en pays de guerre. Alors pas la peine de chipoter.

Ajoutons une bande-son absolument magnifique au tout et vous avez là, de mon point de vue, un vrai grand jeu riche, profond et qui se targue de faire réfléchir le joueur (et c’est un truc qui se fait de moins en moins…)

This War of Mine est un véritable coup de coeur. Un jeu absolument brillant tant sur le propos que sur la façon de l’aborder, tout en mettant en avant des mécaniques de jeu tendues et profondes. 11bit Studios a pondu une véritable merveille, une expérience vraiment à part, que vous pouvez vous procurez les yeux fermés ! Vraiment !

Cockneys vs. Zombies : affiche

Cockneys Vs. Zombies est un film réalisé par Matthias Hoene, avec Rasmus Hardiker (Your Highness), Harry Treadaway (Control), Michelle Ryan (Metal Hurlant Chronicles) et Alan Ford (Snatch), sur un scénario de James Moran (Doctor Who) et Lucas Roche.

Bon… Bah, ya des zombies qui arrivent. C’est la catastrophe habituelle. Un groupe de braqueurs amateurs se retrouvent au milieu de ça. Mais comme ils ont grand coeur, ils vont aller chercher leur papy qui fait de la résistance.

Les films de zombies, c’est un peu toujours la même chose. Et j’ai bien conscience qu’avec le pitch que je vous ai pondu en deux minutes, je ne fais pas spécialement l’effort de vous vendre cette nouveauté DVD. Les films de zombies ne font plus vraiment peur, la débauche de tripailles n’est plus aussi surprenante et à moins d’aller dans la dénonciation en filigrane comme le fait Romero, les zombies, c’est un peu ennuyant comme genre.

Sauf quand ce sont des anglais qui s’attaquent au genre (28 jours plus tard). Sauf quand ça prend le ton de la comédie (Zombieland). Alors quand ce sont des anglais qui s’attaquent au genre pour faire de la comédie, ça donne Shaun of the Dead. Mais tout le monde l’a vu. Alors, il faut trouver son digne successeur. Cockneys Vs. Zombies est un excellent challenger. Il n’atteint pas le brio de son aîné, mais je me suis bien marré.

Cockneys vs. Zombies : photo

Déjà, parce que mettre une maison de retraite assaillie par des zombies neurasthéniques, il fallait oser. Et ça donne lieu à la plus palpitante des poursuites entre des zombies et un déambulateur ! Et puis les vieux, ils se laissent pas faire.

Ensuite, parce que le film est extrêmement décomplexé dans son traitement. C’est pop, c’est fun, ça se prend pas au sérieux. Ca détourne quelques codes du genre pour mieux rentrer dans le cliché et y aller à fond dedans (session armement, le bébé zombie, l’explosion de tête, les hooligans, les ralentis de badass). Ca faisait longtemps que je n’avais pas franchement autant ri devant une production qui se revendique clairement de la comédie et du film gore.

Ils sont fort ces anglais. Après Dead Set, il montre que le genre à encore des trucs à dire. Ca tacle un peu l’ultra-urbanisation et le traitement malheureux qu’on réserve aux personnes âgées ; je suis ravi de voir qu’on les utilise à bon escient dans un film de zombies (car ils ont leur mot à dire, surtout avec un fusil à pompe). Loin d’être une satire sociale malgré ce qu’affiche le titre en mettant en avant la couche sociale des cockneys (classe ouvrière est-londonienne), le mélange des genres et d’un certain type de population urbaine fonctionne très bien. J’en profite pour mettre un rétrolien vers une autre production anglaises assez proche et de qualité équivalente : Attack The Block.

Cockneys vs. Zombies : photo

La bande-son made in UK ne sort pas de grands classiques mais colle parfaitement à l’ambiance de part son côté pop-punk. Mention spéciale pour The Automatic et leur Monster qui donne le ton dans le générique d’introduction.

C’est pas le film de l’année, mais il est suffisamment rafraîchissant pour qu’on s’y intéresse et pour passer une heure et demie avec le sourire aux lèvres (si c’est pas plus). Et puis, ça charcle façon humour anglais !

Dans le même genre de trucs complètement décalés, je recommande aussi : Black Sheep, Tucker & Dale. Je ne recommande pas House of the Dead, sauf si vous êtes level-up dans la dérision.

Tucker & Dale VS Evil est un film réalisé et co-écrit par Eli Graig, co-écrit et produit par Morgan Jurgenson, avec Alan Tudyk (Firefly), Tyler Labine (La planète des Singes: Les origines) et Katrina Bowden (30 Rock).

L’Amérique profonde. Quelque part. Un groupe d’étudiants décide de partir faire la fête et du camping sauvage. Ils vont tomber sur Tucker & Dale, deux rednecks un peu benêts qui ont décidé de se prendre un peu de vacances et de retaper une vieille bicoque au fond des bois. Suite à un malentendu entraînant la mort accidentelle d’un jeune, les premiers croient que les deux types en chemise à carreaux sont des serial killers et les deux buveurs de bière croient que les étudiants font partie d’une secte poussant au suicide collectif. C’est le début d’une grosse escalade de quiproquos sanglants à mourir de rire…

En général, je ne suis pas le dernier pour regarder un film qui mélange les codes des films d’horreur et celui de la comédie. On se souviendra par exemple de Lesbian Vampire Killers (ah tiens, non, je ne l’ai pas chroniqué en fait… on s’en souviendra quand même). Plusieurs présentations en festivals prestigieux (dont Sundance), quelques prix glanés ici ou là et d’élogieuses critiques pour ce film sorti un peu de nul part m’ont poussé à aller voir ce Tucker & Dale fightent le mal (encore une fois, c’est quoi ce fightent qui arrive ? c’était trop simple de traduire « VS » par « contre » ou « dégomment », « poutrent » pour rester dans le vocable de djeuns ?). Et je ne regrette pas ! Voilà un bon petit film rafraîchissant au milieu de l’horreur pré-formatée du slasher movie.

Le scénario joue habilement sur les pré-jugés que nourrissent inévitablement deux groupes sociaux qui n’ont rien – mais rien du tout – à voir : les bouseux de l’Amérique profonde et les fils-à-papa tête-à-claque. Evidemment, le choc des cultures est violents et chacun y va de son interprétation fasse à des scènes objectivement sans équivoques. C’est la raison pour laquelle quand Dale va voir le groupe à la station essence en tentant de faire la conversation tout en portant que ce qui ressemble à une faux, en disant « Alors les jeunes, on va faire du camping ? Hahaha », les jeunes entendent « Je vais tous vous étriper dans votre tente mwahahahaha ». Sous ses couleurs de parodie horrifique, le film cache une petite satire sociale pas vraiment déplaisante…

Bon, ça c’était pour le deuxième degré de lecture. Pas le plus intéressant. Le meilleur, c’est le premier ! Celui où ça charcute dans la joie et la bonne humeur des quiproquos en série. Où comment détourner les codes bien établis du slasher de Vendredi 13 et Massacre à la tronçonneuse pour renverser la vapeur et faire du péquenaud en salopette le gentil de l’histoire qui ne demandaient rien à personne ! Tout est là : la forêt, les plans mystérieux de nuit ou de jour avec les rayons de lumière qui découpent les arbres, la tronçonneuse, les morts débiles à base d’empalement, les masques, le psychopathe de service, la bimbo blonde, la cabane au fond des bois qui fout les jetons… tout !

Et derrière une dose de gore présente mais relativement légère se cache un humour basique mais qui fait du bien par où il passe (surtout si c’est par la broyeuse). Tucker & Dale VS Evil a tout pour devenir un film instantanément culte ! Je n’avais pas autant ri de bon cœur devant un film depuis longtemps !

Pour sa première réalisation Eli Graig sait de quoi il parle et comment il le présente à l’écran. Entre détournements et ré-invention, c’est agréable (presque jouissif) à regarder. Les acteurs s’amusent visiblement et le rendu n’en est que meilleur à l’écran. Restent pour être tout à fait honnête que le film ne tient pas la dragée haute à Shaun of the Dead et qu’il s’essouffle dans sa deuxième partie… Mais c’est pas grave, il se prend tout de même une petite pastille « coup de (pieu dans le) cœur » !

Oui, oh, ça va, je mets les images que je veux dans mes articles !

Pour la faire courte et vous laisser le temps d’aller au cinéma près de chez vous, Tucker & Dale VS Evil, c’est la bonne surprise cinoch de ce mois de février. Je recommande vivement ! Et si vous êtes toujours dans le mood de la St Valentin, il y aussi une petite histoire d’amour dedans, si ça peut aider à inviter votre chérie à aussi aller voir le film.

American Horror Story est une série créée par Ryan Murphy (Nip/Tuck) et Brad Falchuk (Glee), avec Dylan Mc Dermott (‘Til There Was You), Connie Britton (Spin City), Jessica Lange (King Kong)

La famille Harmon est au bord du déchirement. Entre le père psychiatre qui a trompé sa femme, la mère qui à faire une fausse couche et la fille légèrement déphasée (une ado quoi !), l’achat de cette nouvelle maison à Los Angeles semble être leur dernière chance de recoller des morceaux. Sauf que la maison est hantée ! Et pas vraiment par des fantômes du genre Casper…

Quoi de mieux que de parler d’une série horrifique et angoissante à 2 jours des fêtes de Noël où couleront à flot bûches, chocolats, dindes, marrons et compagnie dans une allégresse partagée ?

American Horror Story (AHS dans la suite) est la nouvelle série des papas de Nip/Tuck et Glee. Autant dire que je n’ai pas du tout suivi Glee mais que j’apprécie la façon dont on s’en moque dans Community. A l’époque, j’avais apprécié Nip/Tuck, même si comme la plupart des séries à rallonge, j’avais fini par décrocher faute de surenchères ou de manque de renouvellement. Ce que j’avais apprécié dans cette série sur deux chirurgiens esthétiques, c’était tout le côté malsain qui pouvaient se dégager de ses personnages et des situations (en général, des personnes qui demandaient des chirurgies esthétiques). J’étais donc un brin curieux de voir ce que donnerait une série d’horreur par des gens qui savent faire du malsain.

Car je n’ai eu de cesse de le répéter dans des chroniques où je m’intéresse aux films d’horreur : l‘important, ce n’est pas la façon dont on fait sortir le chat du placard, mais la gueule du placard ! Bon, j’ai pas dit ça exactement en ces termes, mais la clé du succès d’un bon film qui fait peur, c’est l’ambiance qui s’en dégage. Si ça met mal à l’aise, c’est gagné. Sinon… bah, ça ressemble une comédie

Et bien avec AHS, le ton est donné rien qu’avec le générique !

C’est inversé, mais pas bien dramatique pour l’objet de mon propos : AHS dégage du glauque et du malsain !

La maison a une vraie personnalité, un cachet qui en soit et même sans descendre à la cave la rend inquiétante. Elle porte en elle les germes du mal, germes que je me passerai de détailler afin de conserver la surprise pour les quelques uns qui auraient la bonne idée de regarder cette série à l’avenir. Tout au long des 12 épisodes que comptent cette première saison, on en apprend toujours un peu plus sur ses anciens habitants, ses fantômes, son but final…

Si l’histoire est bien montée avec ce qu’il faut d’angoisse et de suspense pour en faire un habile mélange entre horreur et thriller, il faut bien avouer que la série connaît un coup de mou sur la fin et que la saison 2 devra sérieusement envoyer du poney sur la lune pour réellement réussir à confirmer son potentiel. En soi, la première saison se tient malgré quelques incohérences glissées ça et là mais qui n’entâchent rien à sa qualité générale.

Pour supporter un scénario un peu tordu (je dirais twisted en anglais, je ne trouve pas l’équivalent de suite en français), la réalisation adopte le même genre d’artifices pour perdre le spectateur : cuts brutaux, plans décadrés, effets de flous… Le tout fonctionne très bien et ajoute à cette ambiance malsaine au sein de la maison.

Côté acting, le Dylan McDermott/Connie Britton brille dans leur « je t’aime non plus » à couteaux tirés. Une batterie de personnages secondaires viennent s’immiscer dans leur vie et les rôles qui leur sont confiés sont très bien écrits, à la fois victimes et bourreaux, attachants et inquiétants… Frances Conroy (How I Met Your Mother) et Zachary Quinto (Star Trek) joue entre autres les récurrents de luxe.

Mais la vraie perle du casting reste tout de même Jessica Lange, dans un rôle qu’elle interprète à la perfection. Un personnage qui frôle le lyrique dans le tragique, presque une diva dont chaque entrée en scène est un vrai plaisir.

Au casting, il y a aussi Alexandra Beckenridge… qu’on ne voit vraiment pas assez, et ça, c’est vraiment dommage. Je me fais fort de réparer cette erreur !

AHS est un des bonnes surprises de cette rentrée 2011/2012, une vraie série horrifique comme je désirais en voir depuis longtemps. Si vous avez l’occasion, plongez-vous dedans avec délectation !