Articles Tagués ‘Voleur’

Dans l’épisode précédent…

J’avais donc perdu un Sam et la mémoire. Autant dire que c’était plutôt mal engagé pour le retrouver. Je l’aurais bien rangé dans la catégorie « pertes et fracas » de mon journal de quêtes, mais bon, pour une fois qu’un compagnon d’aventure ne cherche tout simplement pas à me trancher la gorge une fois la cagnotte récupérée… Faisons un effort ! Mais comme Bordeciel, c’est grand, c’est vide, c’est moche et que j’allais pas fouiller tous les donjons du coin pour retrouver un type bourré, je me suis dit que j’allais d’abord finir toutes ses doléances qui traînent depuis des mois.

Car depuis que j’arpente ces terres glacées, le nombre de personnes qui me demandent des trucs n’a cessé de croire. Et comme je suppose que personne n’a fait l’effort de résoudre de lui-même son propre problème, autant que je m’y colle et que je me débarrasse de tout ça ! J’avais compté au moins une trentaine d’affaires en cours, alors j’ai retroussé mes manches pour torcher tout ça :

  • Encore des vols de bols pour la guilde des voleurs qui ne branle décidément rien !
  • Retrouver une épée perdue d’une aventurière. La bonne blague, c’est que son épée, ça fait des mois qu’elle moisit dans un des coffres de ma baraque…
  • Retrouver des livres pour le bibliothécaire orc de l’Académie des Mages… Oui, le bibliothécaire est un orc, ce qui tend à en dire assez long sur le QI moyen des Nordiques…
  • Cherchez un bidule dans une ruine naine
  • Récupérer des amulettes dans des tertres, donc buter du zombie et du fantôme à tour de bras, pour ensuite récupérer une amulette encore plus puissante qui ne me sert à rien…
  • Allez voir des « lieux de puissance » pour Paarthurnax. Il est marrant lui. Il m’envoie un coursier qui se tape autant d’allers-retours dans tout Bordeciel pour me retrouver, je reçois toujours la même lettre avec un nom de lieu et il me dit d’y aller pour enquêter. On a pas le même dictionnaire visiblement : enquêter, chez lui, ça veut dire allez buter un de ses congénères dragons qui se trouve – comme par hasard – à monter la garde sur une plaquette avec un mot du Thu’um. Je sais bien que je suis l’Elu et tout ça, et qu’il veut que je bute tous les dragons de Bordeciel parce que – visiblement – je n’ai pas de vie et un comportement suicidaire, mais son Thu’um là, bah je m’en sers pas ! Jusqu’à preuve du contraire, mon boulot, c’est assassin silencieux ; alors beugler du VOS RHO DAH comme un con dans des cavernes qui font de l’écho, c’est pas ce que j’appelle un travail bien fait ! Mais bon, je dis à Paarthunax que j’ai récupéré le Thu’um en bravant le dragon dans un combat épique et il est content. Je me contente d’aller chercher le mot en étant invisible sans buter quoi que ce soit, mais il n’a pas vraiment besoin de savoir toute la vérité le vieux radoteur.

Des exemples parmi tant d’autres qui n’équivaudront jamais ma quête préférée de toute. L’exemple-même qui synthétise toute la crétinerie et toute la fainéantise des Nordiques :

  1. Je vais parler à une marchande pour lui fourguer mes babioles (et oui, ma femme réclame toujours une maison secondaire). Comme un idiot, je pose la question de trop et elle se met à me raconter sa vie, notamment sa fille qui s’est engagée dans l’Armée Impériale et dont elle n’a plus de nouvelles. Il faut donc que ce soit MOI qui aille demander à son chef de compagnie pour apprendre ce que devient cette fille.
  2. Je traverse la rue. JE. TRAVERSE. LA. RUE. Et je demande au fameux chef de compagnie ce qu’il advient de la fille en question. Elle est morte.
  3. JE RETRAVERSE LA RUE VERS LA MARCHANDE.
  4. Je dis que sa fille est morte (parce que c’est une grosse incompétente sûrement : la garde impériale, ça fout pas grand-chose de ses journées, je le sais, j’en fais partie et ça me demande encore moins de temps que de diriger l’Académie de Magie…). Je récupère encore un truc sans intérêt pour me remercier de ma peine…

Voilà ma vie d’aventurier : traverser des rues et aller buter des dragons…

Bref, en moins de temps qu’il n’en a fallu à Muiri pour faire le ménage dans la baraque, j’avais résolu la plupart des affaires en souffrance. J’avais même résolu la quête de ma femme : acheter une résidence secondaire. Comme j’étais blindé de thunes, j’ai pris et décoré une baraque dans toutes les grandes villes ! Au moins elle se plaindra pas que je fais rien pour elle !

La bonne nouvelle, c’est qu’au cours de me voyages pour épurer mon journal, j’ai retrouvé Sam. Dans – ô surprise – une tanière de nécromanciens… Sam s’appelle en réalité Sanghin et c’est un prince Daedra qui s’emmerde ! Il s’est dit que ce serait marrant de me bourrer la gueule et de me faire culpabiliser de sa disparition au point que je me casse les noix pour le retrouver. Ha-ha, joke’s on you, je t’ai retrouvé sans te chercher ! Je me voyais déjà lui trancher la gorge pour lui faire payer mais il s’est barré comme ça, en me filant encore une connerie dont il n’a pas utilité ! Un bâton en forme de fleur (comme si je n’étais pas assez crédible quand je croise des gens) qui invoque des serviteurs comme lui. Donc un truc dont je n’aurais moi-même pas utilité. Merci, au revoir !

skyrim101

Prochain truc à rayer sur ma liste : « nettoyer l’Aile Pelagius du Palais Bleu ». Voilà ma vie d’aventurier : traverser des rues et faire le boulot de la femme de ménage…

Publicités

Dans l’épisode précédent…

Cher Journal,

Cela faisait près d’un an que j’avais raccroché mes gants qui doublent les dégâts d’attaque sournoise afin de me consacrer à la vie d’époux modèle. En effet, un jour qu’elle faisait les comptes, Muiri avait récupéré l’équivalent de mes fiches d’honoraires d’assassin et s’est rendue compte que depuis que je étais arrivé dans ce pays de fous, j’avais amassé environ 140000 pièces d’or, sans compter l’achat de la maison à Solitude et les babioles accumulées dans les coffres du sous-sol. En gros, elle m’a fait comprendre que c’était enfin l’heure de la lune de miel et que Elu, dragons ou pas, c’était pas négociable.

Ca fait donc un an que je me fais chier chez moi à écouter les « bardes » d’à-coté picoler, à acheter des fruits et légumes sur le marché, à ce que tout le monde me demande si j’ai pris une flèche dans le genou pour maintenant rester glander chez moi et que Paarthurnax m’envoie des courriers alarmants toutes les semaines au sujet d’Alduin et de la destruction prochaine de Bordeciel ! Alors que hein, Bordeciel se porte très bien et j’ai pas vu un seul dragon depuis ma fenêtre.

Et puis Muiri a eu envie d’une maison secondaire ! J’ai dit « Pas à Blancherive », le peu de fois où j’étais allé, il y a toujours eu une attaque de dragons (A mon avis, Alduin est le Jarl de Blancherive). A Solitude on craint rien, à Blancherive, autant prendre une concession directe à la nécropole !

Bref, ni une ni deux, j’ai repris mes gants et ma liberté et je m’en suis allé battre campagne. Enfin, pas très loin, j’ai rencontré un autre Argonien fort sympatique du nom de Jee-Ra sur le port de Solitude. Voir une tête qui ressemblait à la mienne m’a fait tellement plaisir (et c’est tellement rare !) que j’ai engagé la conversation. Celui-ci m’a demandé si je pouvais lui rendre un service (j’aurais du m’en douter). Éteindre le phare du coin. C’est un peu étrange comme demande, mais bon. Je lui ai demandé si ça allait pas poser problème avec les bateaux, il m’a dit que c’était le but : faire échouer un bateau précis, vider sa cargaison et faire moitié-moitié. Sympa ! J’ai demandé pourquoi c’était pas lui qui allait éteindre le phare : il avait piscine (j’aurais du m’en douter aussi).

J’avais oublié que tout le monde était des grosses feignasses en Bordeciel, en attente d’une pauvre pomme près à traverser le pays pour 5 pièces d’or un bijou enchanté inutile bien trop cher pour des marchands bien trop pauvres.

Mon affaire du phare réglée, on a essayé de me buter…

*long soupir*

Les gens ont visiblement oublié qui était l’archimage de l’académie, qui était le bras droit de la Mère de la Nuit, qui avait libéré tout le pays des Sombrages, qui a buté l’Empereur… Si tant est qu’ils l’aient su un jour. Me voilà en train de buter les rares Argoniens du pays, sans gaieté de cœur, au nom de ma résidence secondaire.

Je vais ensuite faire un tour à la guilde des voleurs, voir comment ils se portaient. inutile de dire qu’ils m’ont dit : « bah t’étais où ? ça fait un an qu’on t’attend pour te filer du boulot qu’on veut pas faire nous-même… » Chuis parti.

*long soupir*

Je ne sais plus où en chemin, après ma dose réglementaire de bandits paranoïaques et de nécromanciens berserk, je suis tombé sur un certain Sam. Sam m’a proposé de venir picoler à avec lui. Pris d’une soudaine dépression sur ma propre condition, je me suis dit que c’était pas une idée plus bête qu’une autre de se bourrer la gueule… Même si au fond de moi, j’avais le sentiment que je devrais sûrement buter ce Sam pour duplicité viscérale une fois notre sympathique communion alcoolisée terminée.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de me réveiller avec la gueule de bois du siècle certes, mais sans couteau sous la gorge. Sans l’ombre d’un Sam à mes côtés non plus d’ailleurs… J’aurais dû reprendre mes activités normales, mais je me suis réveillé en carafe dans le temple de Dibella de la ville aux escaliers. La prude nonne n’a pas manqué de me faire culpabiliser au sujet du Sam absent et me voilà parti à sa recherche comme un idiot… Et quand on ne se souvient de rien passée la rencontre, on se dit que ça va pas être facile…

Dans l’épisode précédent…

Bon, j’avoue, j’avais qu’à moitié écouté ce que racontaient les deux amateurs de complots dragonesques, je me suis contenté de mettre une croix sur ma carte et de les laisser partir dans leur délire. Du coup, j’avais pas spécialement tous les tenants et aboutissants pour comprendre l’ampleur de la tâche. C’était une bonne chose pour eux que je les écoutais pas, sinon, j’y serais jamais allé, élu ou pas. Parce que pour me rendre à l’endroit de la petite croix, je devais passer par Markahrt… Mahartk… Mharkrat… la ville où j’ai rencontré ma femme. J’aime pas cette cité.

Déjà que les villes impériales sont moches de base. Imaginez des villes impériales de nordiques. Maintenant pire, imaginez des villes impériales de nordiques dans des ruines naines et vous aurez une idée du bordel hideux que ça peut donner !

Topographie approximative de cette ville à la noix !

Je me perds toujours, j’y comprends rien, alors j’y vais pas généralement. Même pas pour rendre visite à la grand-mère de ma femme.

Heureusement que c’était simplement la ville la plus proche de ma croix et qu’on n’avait pas rendez-vous à l’intérieur, sinon j’aurais jamais été à l’heure et ils m’auraient attendu des semaines comme des glands comme le font tous ces idiots de nordiques dès lors que je leur promets de filer un coup de main… 

Comme d’habitude, je suis tombé sur un voleur des grands chemins qui a voulu m’extorquer ma bourse… Je note que c’est à peu près les seuls types qui me parlent AVANT d’essayer de me buter, genre civilisés. J’ai donc l’occasion de leur expliquer que, techniquement, je fais partie de la guilde des voleurs et que j’en suis déjà à la 16ième falsifications de compte et 21ième récupérations d’objet pour Vex (à ce propos, je me demande si je suis pas toujours en train de voler le même objet qui passe de main en main à travers tout Bordeciel). Alors on me laisse tranquille.

Bref, je suis arrivé à l’endroit-dit… C’était vraiment une bonne chose que je les écoutais au départ, sinon, ils se seraient débrouiller tout seuls pour leur délire de persécution anti-dragon ! Parce que, ce qu’ils avaient soigneusement oublié de préciser, c’est que leur entrée de « grotte secrète » (aussi « secrète » que la porte d’entrée de la Confrérie Noire… c’est dire…), elle est au pied d’un village de parjures et qu’ils comptaient sur le grouillot de service pour leur nettoyer le passage !

Un parjure, c’est le niveau zéro de l’évolution du Nordique. Parce que faut pas croire, hein, ceux qui vivent dans des maisons en pierre, qui picolent et qui se foutent sur la gueule à coups de marteau tous les solstices d’été, ce sont des civilisés ! Les parjures, ils sont tellement arriérés et tellement des rétrogrades extrémistes qu’ils ont sciemment décidé de vivre cul-nu dans la pampa, de manger des racines et de se foutre des crânes de cerfs morts sur la tronche. C’est culturel, y paraît. Les parjures vénèrent des harpies aussi.

Enfin bon, parjures ou pas, ça porte le même gêne de Nordique qui pousse à attaquer le premier argonien venu alors que – comme toujours – il ne faisait que passer ! Delphine et l’autre ninja à deux balles se sont tout de même bouger les miches pour me filer un coup de main ! Quand j’ai vu qu’ils me regardaient plus, je me suis cassé et je les ai regardés de loin se farcir les parjures et les harpies. Comme dirait mon père : « C’était pas ma guerre ! ». Bien que je suis pas persuadé qu’elle soit réellement de lui celle-là…

Un dragon se cache sur cette image, sauras-tu le retrouver ?

Et puis un dragon est arrivé. Qu’est-ce que je me suis fendu la poire à regarder tous ces petits corps à poil courir les bras en l’air et en feu ! Ah bah oui, pauvre abruti de parjure, si tu veux de battre contre un dragon, t’y vas avec autre chose que ta bite et ton couteau !

La mauvaise nouvelle pour le dragon, c’est que 20 parjures, des harpies, une Dephine et un ninja moisi ça commence à faire beaucoup à gérer, souffle de feu ou pas. Quand les deux malades eurent fini de massacrer 20 types virtuellement sans défense pour le simple plaisir de massacrer plus faibles que soit, je suis allé payer mes hommages à la dépouille de mon frère de sang.

Direction la « grotte-secrète-perdue-depuis-des-siècles-sans-rire-on-n’a-vraiment-trop-de-la-chance-de connaître-le-seul-type-de-tout-l’empire-qui-sache-qu’elle-est-précisément-là » !

Dans l’épisode précédent…

Une fois le pays remis à flot, je décidai de m’octroyer des vacances avec ma femme. On a donc regardé la carte et on s’est demandé où on pourrait aller en lune de miel… On n’avait pas de carte qui montrait les régions autour de Bordeciel. Une lune de miel en Bordeciel-même ça aurait impliqué des dragons, vampires, draugrs, loups-garous (enfin, je dis ça, j’en ai jamais vu qui m’ont attaqué) et autres bandits qui ne savent toujours pas que je suis l’Oreille Noire, l’archimage de l’Académie, l’assassin de l’Empereur, le bourreau d’Ulfric Sombrage et donc qu’il faut pas m’emmerder !

Donc, on n’a pas fait de lune de miel, je suis pas parti en vacances, j’ai bien les boules et quand j’ai les boules, je vais déssouder des trucs au hasard dans la nature…

Le jour où j’ai buté un loup avec classe. On a une nouvelle descente de lit maintenant…

Comme je n’ai pas spécialement envie de me faire entretenir par ma femme qui rapporte quotidiennement de la thune et me prépare des paniers-repas, j’ai repris mon journal et j’ai regardé ce que je pourrais faire comme quêtes débiles qui pourraient me rapporter trois piécettes. Je parle même plus de prestige, j’ai déjà établi que faire des quêtes pour la gloire de faire des quêtes ne servaient à rien, surtout auprès des habitants de Bordeciel. Mon père me disait souvent : « Fais du bien à un âne, il te fera des crottes ». Il aurait pu ajouter, « Les nordiques aussi. »

Comme j’ai acheté une maison de campagne à Faillaise, il fallait bien que je renfloue les caisses du compte commun avec Muiri. Je suis donc allé à la Guilde des Voleurs, pour voir comment ça se passait. Je déteste aller à la guilde, faut toujours passer dans les égoûts. Genre on est trop dark, on est trop une société secrète, on est trop dans les égoûts ! Ce serait sûrement une bonne idée si, comme je ne l’avais pas déjà établi dans un précédent récit, on avait effectivement du mal à trouver la taverne souterraine de la guilde…

Bon, effectivement, on a du mal… Je me suis perdu dans ses égouts moisis… J’ai tourné des plombes pour retrouver mon chemin. Je me suis fait attaqué par des rats pourris et des types encore plus pourris qui, bien que n’ayant pas vu la lueur du jour depuis des années ont décidé d’attaquer l’argonien de service parce qu’il ressemble à un dragon ! Pays de glands !

Et puis, alors que je commençais à pester de me faire attaquer à tout va par des mecs en slip, y en a un qui m’a ouvert la porte. J’ai oublié son nom, mais il avait l’air de me connaître. Enfin, pour être exact, il m’a demandé si c’était les Lames qui m’envoyait. Normal. J’ai dit que je connaissais une folle nommé Delphine qui voulait absolument buter tous les dragons qu’elle rencontrait et qu’elle s’en portait mieux si c’était plutôt moi qui dézinguais tous les dragons qu’elle rencontrait.

Il se trouve que le type en question était l’expert en dragon sorti du chapeau de Delphine, celui qu’elle aurait dû me citer dès le départ histoire de me faire gagner un temps fou et m’éviter de trancher la gorge du moindre employé de l’ambassade du Thalmor ! Bref, le type en question me paraissait aussi frappadingue que Delphine au sujet des dragons et il me demandait de l’aide pour sortir de son trou miteux.

Dis-moi pauvre abruti, si tu voulais vraiment quitter ce trou puant, pourquoi t’as attendu que j’arrive ? Après tout, t’es un ancien des Lames, tu sais te battre et même si t’étais recherché dans tout le pays, ces blaireaux sont incapables de reconnaître un archimage quand il en voit un ! Alors… Bon, voilà quoi…

Réponse dans le silence : c’est dans le script…

Le chauve a voulu sortir discrètement. Sérieux, discrètement. J’ai eu beau lui expliquer que c’était pas la peine, hein, que je tournais dans les égouts depuis des heures et que j’avais largement eu le temps de buter le moindre truc vivant. Mais non ! Mossieur voulait se la péter ! Mossieur voulait montrer qu’il était trop un ninja !

Visez la gueule du ninja ! Après, les gens me demande encore pourquoi je préfère me la jouer solo quand je m’infiltre… 

Pour la faire courte, on est sorti sans encombre, j’ai pas pu passer voir les incapables de la guilde des voleurs, on est allé à Rivebois, on a retrouvé Delphine qui se la joue agent secrète alors que tout le monde peut voir le passage secret derrière l’armoire de la chambre parce qu’elle n’est jamais remise en place et qu’elle gueule dans toute l’auberge « Roger, occupe-toi de l’auberge avant de se rendre dans la-dite chambre… Bouffone !

Maintenant, la nouvelle lubby de Delphine – sur les conseils de l’autre taré – c’est de retrouver des espèces de récits anciens dans une grotte dont, bien évidemment, tout le monde a oublié l’existence sauf lui… Soi-disant qu’ils nous éclaireraient sur le pourquoi du comment de la présence des dragons en Bordeciel. Une vraie explication, hein, pas juste « on est un produit de l’évolution comme tout le monde, on est plus gros que vous, donc on a le droit de vous bouffer… »

J’ai dans l’idée que non seulement l’explication sera foireuse, mais que je toucherai pas une thune dans l’histoire, que je ne manquerai pas de réduire à zéro l’espérance de vie d’un nombre considérable de bestioles dans l’affaire et qu’au final, tout cette entreprise est vaine… Mais bon, c’est ça où ramener un cube moisi dans des ruines naines encore plus moisies…

Dans l’épisode précédent…

Une fois ma femme retrouvée, nous nous sommes rendus dans notre foyer à Solitude. Ça lui a fait un choc de se retrouver dans une ville civilisée, où les gens peuvent rentrer chez eux sans se taper 12 escaliers et où les maisons ont des fenêtres. Je ne cache pas que j’aurais souhaité convoler en justes noces, mais elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un emploi du temps chargé et qu’elle préférait que je vide un peu mon journal de quête avant de prendre des vacances. Tant de monde attend que je les aide…

On a également décidé que c’était mieux qu’elle se trouve un emploi : moi parti sur les routes, elle va finir par s’ennuyer toute seule à la maison. Solitude a désormais une nouvelle échoppe d’alchimie ! D’après nos projections, nous devrions pouvoir faire un profit substantiel de 100 pièces d’or par jour. On a également décidé que ce serait mieux de sauver la façade de notre mariage en faisant croire que j’avais un boulot légal, pas simplement « patron de la Confrérie Noire ». J’ai bien dit que j’étais archimage de l’Académie, mais Muiri m’a dit que ce serait bien que les gens ne croient pas non plus qu’elle serait à la seule à pourvoir aux besoins du foyer avec sa boutique…

Après un mariage éclair, je découvrais donc que ma femme maîtrisait le sarcasme…

Sauf que des boulots honnêtes (pas pilleurs de tombes, en somme), ça court pas vraiment les rues, en fait. Je pourrais bien faire forgeron, mais je doute que celui implanté dans la ville apprécie. Je ne vais pas faire concurrence à ma propre femme en alchimie…

Je suis donc allé me promener pour réfléchir sur la façon de passer pour un type honnête, dans une ville honnête. Mes pas m’ont porté jusqu’à la guilde des bardes (la porte en face de mon manoir – je me suis pas promené longtemps). J’ai vérifié, c’était bien des bardes, pas des guerriers ! Pour me faire rentrer à l’académie, on m’a dit d’aller chercher un vieux bouquin pourri dans une grotte moisie.

C’était louche…

Une fois sur place, je confirme que c’était louche. Je me suis tapé les zombies habituels qui ne se réveilleraient – une fois de plus – QUE pour moi. Il y avait un gentil fantôme qui me guidait pour me dire où il fallait aller. Je lui ai bien répété que c’était pas la peine, que les architectes locaux ne savaient faire rien d’autres que des couloirs, que je ne pouvais pas me perdre et qu’une fois que j’aurais zigouillé le zombie avec un casque à corne, j’aurais fini d’explorer ce qu’il y avait à explorer et qu’une porte à peine cachée me ramènerait à l’entrée. Il a rien voulu entendre… Il m’a rappelé Thofdir…

Comme prévu, j’ai fini par bousillé un zombie un peu plus costaud mais tout aussi débile que les autres. Le fantôme avait l’air content, je suppose que c’était le barde qui avait écrit le bouquin miteux que je devais récupérer pour l’académie des bardes. Il avait même pas de haches à deux mains ce barde… Comment qu’il a dû se faire charrier par ses collègues de promo ! Surtout une fois mort !

Je suis revenu à Solitude et donné le livre à ce qui semblait être le dirigeant de l’académie. Il voulait que je retrouve ce livre pour convaincre le yarl du coin qu’il fallait continuer à célébrer une fête en l’honneur du type dont on parlait dans ce fameux livre. En d’autres termes : « le yarl nous refuse qu’on se bourre la gueule comme on veut alors qu’on a une très bonne raison… là… cette fête bidon pour un type que personne connaît (pas même les bardes), c’est un scandale »

Le livre était perdu depuis tellement longtemps que des pages avaient fini bouffées par la moisissure. Le chef de l’académie était tout paniqué. Je lui ai dit que c’était pas la peine, que j’allais lui compléter les pages manquantes. De toute façon, personne connaît le blaireau dont il est question dans ce livre. J’ai raconté n’importe quoi, à propos d’un type qui se transformait en dragon pour défendre Solitude. Une histoire abracadabrantesque qui, sur un malentendu, pourrait convaincre ces bouseux de nordiques que c’est pas la peine d’attaquer à vue des dragons ! Au pire, je me paierai une bonne tranche de rire avec mes idioties quand le livre serait lu à la cour du yarl…

Le poème que j’avais ré-écrit à été plébiscité par la foule… J’avais même pas fait de rimes ou d’alexandrins ! Pays d’incultes sans éducation !

Moralité, la fête pour se bourrer la gueule est maintenue… On fait aussi brûler une effigie en paille pour le décorum…

On m’a intronisé barde à l’occasion de cette « fête »… Oui, comme ça.

— Khrimsön, pour nous avoir permis de célébrer à nouveau une fête dont tout le monde se branle mais qui est tout de même bien sympa avec son bûcher et sa bière, je te fais barde !

— Euh… Attendez, j’ai rien fait moi. Je suis juste allé chercher un livre !

— Il est modeste ! Applaudissons notre nouveau barde !

— Nan, mais je peux pas être barde ! J’ai suivi aucun cours théoriques, je sais pas chanter, je sais pas jouer d’un instrument de musique, je connais pas les grandes sagas épiques de votre pays…

— Mais on s’en fout de ça ! Tu dois connaître qu’une chanson ! Allez tous ensemble pour lui apprendre !

Mais quel pays de glands ! Muiri était contente de mes efforts et que je me fasse des nouveaux copains, mais restaurer la picole au frais du yarl ne comptait pas pour me donner un peu de prestance à Solitude…

Bon, c’était pas tout ça, mais j’avais toujours pas de vrai métier dont la dénomination n’imposerait pas un long silence quand je me présenterais dans les diners mondains. Soit parce que je gêne (Confrérie Noire), soit parce que les gens se retiennent de rire (Archimage, Barde). J’ai donc poussé la porte de l’armée impériale. C’est pas plus débile qu’un autre métier, et puis j’avais noté dans mon journal que je devais m’y engager pour bouter hors de Bordeciel ce tyran qui maltraitait mes frères de couvée.

J’allais changer la face de Bordeciel !