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Alpha Protocol est un jeu développé par Obsidian (Fallout: New Vegas, Pillars of Eternity) et édité par Sega, disponible sur PC, PS3 et 360.

Un avion de ligne est abattu par un missile de fabrication américaine, l’attentat est revendiqué par le cheik Shaheed, dirigeant du groupe terroriste Al-Samaad. L’agent Michael Thorton, dernière recrue d’une organisation gouvernementale secrète américaine, l’Alpha Protocol, est envoyé en mission afin de retrouver la trace des missiles volés à la société d’armement américaine Halbech, mais également pour assassiner le cheik Shaheed. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu…

Voilà un article qui tombe assez mal dans le calendrier puisque la plupart des gens qui devraient être intéressés par ce jeu sont probablement tous devant Fallout 4… Mais c’est pas grave, parlons de cette pépite méconnue du jeu vidéo. « Pépite » n’est sûrement pas de mot. Disons plutôt un diamant mal dégrossi !

Car Obsidian a réussi le tour de force de magistralement s’en sortir là où tous les autres développeurs se seraient plantés et de se vautrer là où tous les autres développeurs auraient pondu un truc jouable !

Copier-Coller générique d’un héros de shooter… Se sont pas fouler pour le protagoniste…

Avant de faire mon achat en promo sur Steam, j’avais lu un peu de quoi il retournait. Pour faire simple et vous laissez retourner sur Fallout au plus vite : histoire super, gameplay pourri. J’ai donc essentiellement pris le jeu pour voir comment ils avaient géré leur histoire et les affinités avec les PNJ, croyant pouvoir m’accomoder d’un gameplay d’infiltration bancal à la Hitman. Chose qui me semblait la bonne solution pour un jeu qui se réclame de « l’espionnage RPG ». Sauf que non. S’il est effectivement possible de se la jouer Solid Snake, la majorité du gameplay dérive largement du shooter à la troisième personne. Un choix étrange, mais que sur le très court terme j’ai apprécié ! En effet, les animations étant tellement à la ramasse (pas d’interpolation entre les changements de position, saccades) et atroce à regarder que j’ai opté pour la plus expéditive des solutions pour finir le jeu : fusil à pompe + endurance ! Aucune finesse dans le gameplay : j’arrive dans un lieu, je pète des portes et je défouraille tout ce qui se met en travers de mon chemin.

C’était pas une raison non plus pour proposer de la customisation ridicule…

Avouez que pour un jeu d’espionnage, on est assez loin de l’image d’épinal de James Bond. Mais cette partie shooter est plombé par des levels design peu intelligents (et avec des auto-saves qui bloquent les niveaux, donc si vous n’avez pas tout exploré de fond en comble, vous êtes marrons…) et une intelligence artificielle bidon. Pour un jeu sorti dans les eaux de Mass Effect et Gears of War, les développeurs avaient l’embarras du choix pour faire une copie sans saveur mais qui aurait eu le mérite d’être propre. Là, c’est ni fait ni à faire. Mon plan de jeu shotgun se révèle sûrement le moins pénible et le plus expéditif pour ceux qui voudrait s’intéresser au jeu sans tout le temps raler sur son caractère mal fini.

Bref, un cas d’école de foirage en règle.

Tout comme le traitement de l’histoire reste un cas d’école de choses particulièrement bien exécuté. L’histoire réserve quelques surprises mais reste assez classique (l’agent secret renégat qui doit empêcher seul la troisième guerre mondiale, on frôle lapalissade entre Ethan Hunt et James Bond). Mais Obsidian est reconnu dans le milieu pour proposer des histoires à tiroirs, à choix multiples et avec des personnages fouillés. Et c’est ce qui fait toute la saveur du jeu. Votre personnage a toute liberté d’agir comme il le souhaite avec les PNJ qu’il rencontrera, depuis s’en faire des potes jusqu’à totalement les aliéner (ou les buter). Et il n’y a pas de mauvais choix. Un personnage qui vous déteste vous donnera également des avantages. Un personnage mort change le cours de vos alliances et de vos options de jeu.

J’en parle pas spécialement, mais l’interface est encore un de ses portages consoles bien naze !

Après la première mission, vous aurez le choix de vos prochaines et de leur ordre. Et même si le jeu reste sur des rails et vous amène dans la même direction, les PNJ que vous rencontrerez forcément dans des ordres différents auront des dialogues différents et cohérents par rapports à vos actions précédentes !

Le système de choix s’apparente très fortement à celui de Mass Effect, avec quatre choix qui plairont ou non à votre interlocuteur. Mais le jeu ne se met pas en pause pour vous laisser le temps de pondérer votre réponse. Vous avez 5 secondes pour réagir à la façon de penser du PNJ, l’issue de la réponse pouvant entraîner un bain de sang non prévue… Ce qui ajoute grandement à l’immersion du jeu. Chaque PNJ possède son propre caractère et à vous de voir si vous vous y adaptez ou si vous rester dans votre personnage (qu’il soit un gros branleur ou un psychorigide).

Le système RPG est classique et sans surprise, favorisant largement l’utraspécialisation de votre gameplay (style de jeu, arme, armure et accessoire). Peu de diversité dans les missions donc sinon les rencontres et choix à faire.

Le jeu est uniquement disponible en anglais sans sous-titres, ce qui risque de fermer pas mal de portes à certains. Il n’empêche que Alpha Protocol vaut le coup pour les cas d’école en game design qu’il peut offrir dans ce qu’il possède de très bien et de très mal fait. Un jeu qui aurait mérité largement six à neuf mois de développement supplémentaire. Aujourd’hui, ça reste un jeu assez anecdotique sur lequel les plus curieux pourront passer une vingtaine d’heures plaisantes. A recommander durant les soldes Steam.

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Wolfenstein: The Old Blood est un jeu développé par Machine Games et édité par Bethesda, disponible sur PC et consoles.

1946. B.J. Blazkowicz est encore le troufion de service pour accomplir une mission d’importance capitale pour porter un coup fatal au régime nazi. Evidemment, ça va mal se passer : capture, évasion et nazis zombies enflammés au programme !

The Old Blood est une extension stand alone de l’excellent The New Order. Vous pourrez donc en profiter sans avoir à vous procurer le précédent « reboot » de la série. Ceci étant dit, on ne va pas se leurrer, The Old Blood n’aura d’intérêt que pour ceux qui ont aimé New Order et pour les fans de la licence comme moi.

The Old Blood est techniquement une préquelle de New Order, Blazkowicz est en effet envoyé à la poursuite d’un bon gros MacGuffin des familles rappelant le début du jeu précédent. La sensation d’un Wolfenstein à l’ancienne est donc plus présente que dans l’épisode situé des années 60 contrôlées par les nazis. Ici, on est dans le connu, le classique : des nazis un peu crétins et pas spécialement surdopés, le château Wolfenstein à explorer, des expériences mystiques qui tournent mal et un Blazkowicz avec sa bite et son couteau pour s’en sortir. Le feeling est donc old school dans une licence qui s’était vue rafraîchie.

L’histoire n’est un vague prétexte linéaire pour descendre du porteur de croix gammée en masse, dans des couloirs, avec deux approches possibles : bien bourrine ou en infiltration. L’un dans l’autre, ça ne changera rien, vous buterez tout le monde sur votre chemin. N’espérez pas la profondeur ni la richesse ni la diversité d’un New Order, cet opus se rapproche plus d’un gros DLC pour faire patienter qu’autre chose. Mais au moins, l’histoire est rigolote en dépit de sa simplicité.

Niveau graphisme, voix, gameplay et fun, je vous renvoie à ma chronique de Wolfenstein: The New OrderThe Old Blood fonctionnant sur la même recette de base (n’espérez aucune nouveauté transcendante). Du coup, le constat est le même que pour New Order : moi, j’ai pris mon pied ! C’est fun, ça se prend pas au sérieux, ça défouraille, ça rappelle des souvenirs aux vieux gamers… J’en demandais pas plus et j’ai été servi !

Le seul véritable bémol est le prix de base : 20 €. En terme de durée de vie, si on exclut les divers défis qui – de mon point de vue – n’apportent pas grand chose à l’expérience de jeu, on table sur 10-15 heures en difficulté élevée. J’ai mis 15, mais c’est parce que je faisais de l’infiltration où on passe son temps accroupi en avançant à deux à l’heure… Honnêtement, en mode berserk et avec un peu de technicité, on doit tomber sous la barre des 10 heures. Bref, tout ça pour dire que mon ratio prix/temps désiré n’est pas atteint, ce qui ne serait pas forcément dérangeant dans le cadre d’une expérience inédite… Sauf que là c’est du Wolfenstein ultra-classique. Essayez donc de le récupérer plutôt en solde.

Wolfenstein: The Old Blood est une petite pastille FPS réservée aux amateurs de la saga qui se replongeront avec plaisir dans la peau de B.J. Pour les autres, ça va être compliqué de justifier un tel achat. En revanche, si vous étiez sûrs de vous mettre à The New Order, je conseillerais de faire The Old Blood avant, de façon à avoir une expérience narrative intéressante avec un prologue de 10 heures avant d’attaquer un excellent jeu !

En tout cas, ça m’a donné envie de refaire The New Order, et surtout, (surtout !) j’attends sa suite de pied ferme !

Hitman: Absolution est un jeu développé par IO Interactive, édité par Square Enix.

C’est avec un soupir de soulagement que j’annonce que j’ai enfin fini Hitman: Absolution. Un jeu qui traînait depuis pile-poil un an dans ma ludothèque Steam. Et si je suis soulagé, c’est parce que j’ai l’impression de l’avoir commencé il y a 3 ans tellement c’était un calvaire de progresser dans ce jeu… Décryptage.

Rappelez-vous, il y a fort fort longtemps, je mettais penché sur Hitman: Blood Money alors que je ne connaissais rien de la série et l’expérience fut ma foi fort agréable. Tant et si bien que j’attendais sa suite avec une certaine fébrilité. Même si, par la suite, je n’étais guère motivé pour mettre plus de 10 euros après lecture des différents tests. De mémoire, j’ai dû investir la somme escomptée en fouillant dans les bacs à débarras d’une FNAC quelconque.

La recette Hitman n’a pas vraiment changé : vous incarnez l’agent 47 au cours de diverses missions dont les objectifs sont de liquider une cible gênante pour une raison ou une autre. Mais en itérant la formule vers la génération de console supérieure, le jeu a gagné de jolies textures sur des modèles avec plein de polygones, ainsi que des niveaux qui pousse le moteur maison dans les derniers retranchements du possible. On se souviendra des premières vidéo promotionnelles qui mettaient en avant des scènes de foules au milieu desquelles l’Agent 47 naviguait en suivant sa cible. C’était beau, ça en jetait et ça faisait envie.

Le clavier en main, les choses changent radicalement et tout ce qui paraissaient cool sur une vidéo (exécutée de main de maître par un développeur qui connaissait parfaitement tous les timing du niveau) devient incroyablement chiant. Voilà, si on devait résumer ce Hitman: Absolution, on se contenterait d’un « incroyablement chiant ». Mais comment se fait-ce qu’une itération d’un jeu cool (Blood Money) devienne une catastrophe tandis qu’on garde l’essence d’Hitman ? Plusieurs raisons à cela :

  • Déjà, il faut savoir que les scènes de foules baissent dramatiquement le framerate au point de forcer Agent 47 à marcher. Fun: -5 points
  • Le charme de Hitman était de laisser la part belle au joueur dans la manière d’appréhender son assassinat. Libre à lui de tuer tout le monde, plus ou moins discrètement, jusqu’à arriver à sa cible. Libre à lui de mettre en place un piège. Libre à lui de se déguiser et d’infiltrer silencieusement les lieux. Bref, liberté. Et cette liberté était essentiellement due au caractère assez générique de 47, un assassin charismatique mais sans réelle personnalité. Dans Absolution, le jeu cède à la facilité de l’hyper-narration et donne à 47 une espèce de conscience morale qui pousse le joueur à devenir ce qui les développeurs ont « charactérisé » dans le personnage de 47 : un assassin silencieux et efficace. Il en résulte que tout meurtre « hors cible » ou « non silencieux » se retrouve sanctionné par un système de points négatifs idiot qui culpabilise le joueur qui s’écarte de la mentalité de 47. Fun: -50 points.
  • Il en résulte une frustration constante chez le joueur qui perd ainsi le goût de l’expérimentation dans les meurtres et doit se plier aux scénarios du level design pour approcher sa cible. En gros vous avez un nombre limité de façons pour tuer une cible et une seule réellement valable pour gagner le maximum de points pour débloquer le plus d’aptitudes pour 47. Fun: -25 points. Hérésie RPG: -40 points.
  • L’IA est à la fois pernicieuse et à la fois vicieuse. Elle ne sera absolument pas suspicieuse quand vous marchez en infiltration avec un costume dans un lieu où il n’y a aucune raison de marcher accroupi. Par contre, dès que vous mettez le pied dans une zone interdite, bim, pas d’avertissement que c’était une zone privée et perte de points immédiates. Qui dit perte de points dit sanction immédiate du joueur donc du plaisir de jeu. Vous tirez de loin, avec votre silencieux ? Ca n’empêchera pas l’IA d’entendre quelque chose (admettons le corps qui tombe par terre, admettons…) mais aussi dans la foulée de déduire l’angle depuis la balle a été tirée et de vous griller derrière votre couverture… Alors que, bon, hein, silencieux + couverture… Fun: -50 points
  • Les niveaux sont blindés de triggers qui déclenchent des scripts pour les PNJ suivant les endroits où vous passez. Donc, si vous ne passez pas au bon endroit, n’interagissez pas avec le bon élément de décor, il ne se passe rien et vous attendez. Sur les 44 heures qu’il m’a fallu pour finir ce jeu, il y en a au moins 10 passées à attendre comme un gland que ma cible daigne se pointer avant de réaliser qu’elle ne viendra jamais par là parce que je n’ai pas déclenché quelque part un script ! Fun: -50 points
  • Tant qu’on est sur les scripts, il faut savoir qu’il se réinitialise à chaque recharge de jeu ! Vous jouez, vous faites avancer les scripts des PNJ, vous faites une miraculeuse sauvegarde pour assurer le coup, vous ratez, vous rechargez et TOUT est réinitialisé et vous vous retrouverez dans une situation pire qu’avant la sauvegarde !!! Fun: -100 points
  • Les sacro-saintes quicksave ont fait place à des savepoints. Et voici l’unique raison qui m’a fait passer autant de temps sur ce jeu. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de quicksaves au profit d’autosave régulières. J’ai envie de dire « pourquoi pas ». Mais des savepoints… Des savepoints !!!! Je vous laisse prendre la pleine mesure de la notion de savepoints cachés dans le niveau (donc, pas forcément sur votre chemin…) quand on les ajoute au système de points dépréciatifs pour un rien, au sixième sens de l’IA, aux longues minutes d’attente pour rien… Vous avez ni plus ni moins qu’un système « Die and Retry » forcé où entre chaque retry vous avez peut-être 10, 20, 30 minutes de jeu non-stop à refaire à chaque fois que vous perdez des points, vous vous faites griller par l’IA, etc. Sur les 44 heures de jeu, j’ai sûrement plus de 10 heures passées à refaire encore et encore les mêmes choses pour des prunes parce qu’il n’y avait pas un putain de système de quicksave ! Fun: -100000 points. Et c’est vraiment dommage, parce que attendre, planifier, se planquer, écouter, c’est l’essence même d’un jeu Hitman et c’est ce qu’il y a d’amusant. Le faire et refaire encore et encore… non. Juste non.  Oh et si vous validez un savepoint, quittez le jeu puis revenez, ne soyez pas surpris de recommencer au tout début du niveau, j’ai déjà compté ça dans les -100000 points. Et s’il m’a fallu un an pour finir ce jeu, c’est essentiellement dû à des « rage quit » suivi de plusieurs semaines où je ne voulais plus toucher à ce jeu ! Franchement, des quicksaves et j’aurais recommandé le jeu les yeux fermés car ça changeait toute la donne.

Et j’ai regardé sur internet. Sur tous les forums officiels ou personnels, quelle que soit la plateforme, tous les joueurs se plaignent de la disparition des quicksaves de Blood Money sans raison apparente. Aucun patch n’a jamais été mis en place, aucune réponse n’a jamais été faite pour justifier ce choix. Rien. Aucun mod n’existe n’ont plus. Donc à ceux qui se lanceraient dans cette folle aventure par pur masochisme, bon courage. Ensuite, je vois dans ce choix une concession du Game Design face à une limitation technique. Entre la présence des checkpoints, la réinitialisation des scripts, les limitations automatiques dès lors qu’il y a de la foule, il devient évident que le jeu souffre de problème liés à la gestion de mémoire et des variables de jeu. Et toute l’expérience de jeu est ruinée parce que des mauvaises décisions ont été prises à des mauvais moments par les mauvaises personnes sur les mauvaises ressources !

A côté de ça, on se retrouve face à une histoire sympatoche mais sans rien d’extraordinaire. L’humour noir qui faisait partie de la série s’est un peu effacé au profit du réalisme sombre imposé par l’état du marché. De toute façon, comparé au nombre de points négatifs que j’ai mis dans la gueule du jeu, c’est pas vraiment la peine de noter la trame du jeu ou la qualité des personnages. Vous passerez un moment plaisant, c’est déjà. Certes, les dialogues sont super, mais au bout de quinze fois à les réentendre… Les niveaux sont jolis, bien détaillés et variés. Vous ne pourrez plus les voir en peinture après 3 heures de « Die and Retry » dessus, mais c’est objectivement très joli. Les cutscenes sont en revanche en dessous de la qualité générale du titre (ce qui pue la sous-traitance à un studio externe).

Les amateurs de jeu communautaire pourront se pencher sur le mode Contrats pour créer et partager des missions personnalisés. Je ne vous cache pas que j’ai à peine essayé. Le jeu étant suffisamment chiant comme ça, je n’avais pas spécialement le courage de me taper en sus les puzzles casse-couilles d’anonymes.

Hitman: Absolution partait d’une bonne intention et avait un moteur suffisamment solide pour proposer un jeu intéressant tout en renouvelant la recette originale. Malheureusement le jeu est littéralement pourri par d’incompréhensibles décisions de Game Design qui ruinent tout le plaisir du jeu. Dommage, mais pour votre tension (ou à moins que vous ne soyez moine bouddhiste), je ne peux pas recommander ce jeu s’il n’est pas à moins de 5 euros…

Call of Duty: Ghosts est un jeu distribué par Activision, développé par Infinity Ward, Neversoft et Raven.

Comme il ne faut pas mourir idiot, j’ai décidé de m’offrir un épisode de Call of Duty. Honnêtement, j’aurais préféré le Advanced Warfare fraîchement sorti, mais bizarrement, il n’y avait que le Ghosts à 10 euros dans le bac des soldes… Je tiens également à préciser que – comme d’habitude – je me contrefiche des modes multijoueurs, que je n’ai fait que la campagne solo et que je ne jugerai donc que ça. Ceux qui viendraient à me dire « nan, mais t’achètes pas un Callof pour le mode solo », je leur répondrai que dans ce cas, c’est même pas la peine de proposer un mode solo moisi. Ce préambule étant fait, bienvenue dans cet article dédié au nivellement par le bas du jeu vidéo !

Dans un futur très très proche, il n’y a plus de pétrole au Moyen-Orient. Mais comme en Amérique du Sud, on n’a pas de pétrole mais on a des idées, des gouvernements profitent d’une mystérieuse inflation du pétrodollar pour faire une confédération qui décident de prendre le contrôle du monde. Bien sûr, tout cela n’est possible que grâce au programme spatial de pays comme le Chili ou l’Argentine pour pirater un satellite lanceur de missiles des USA… J’ai même pas commencé à jouer que ça pue les CDLS dans tous les coins et on me demande littéralement de mettre mon cerveau en veille avec mes questions débiles. Des années plus tard, les USA sont réduits à des poches de résistance qui combattent la Fédération tant bien que mal. Fort heureusement, finalement, il y a toujours l’air d’y avoir du pétrole pour l’armée américaine… Fort heureusement aussi, on a des valeureux héros bien génériques – comme le personnage que vous incarnerez – pour sauver le monde. Bien sûr, toute bonne trame américaine anti-terroriste ne saurait être parfaite sans ajouter la notion de famille, ici votre frère et votre père, et des fantômes du passé. En l’occurrence, vous apprendrez sans surprise que le paternel fait partie d’une escouade de super-militaires appelée les Ghosts, que vous êtes recruté car tout particulièrement doué et que votre mission annexe est de buter un ancien Ghost converti à la cause des moustachus. Je vous passe les détails, mais à un moment, votre père va mourir, vous allez sauver le monde et il y a un chien.

Au cas où vous n’auriez pas saisi le ton acide, le scénario de la campagne solo est une vaste blague dans laquelle les développeurs ont décidé de verser dans le cliché en utilisant probablement un générateur de scénarios militaires qui se contente de changer les noms des vilains. C’était d’un banal affligeant qui flirtait avec une stupidité abyssale. Mais comme j’avais un encéphalogramme plat pour avoir rapidement déconnecté le cerveau, j’ai pu faire les 18 missions trop sans râler ni crier au scandale. Comme je le disais, dès le départ, dès les premières minutes, j’ai su que j’étais face au niveau 0 de l’écriture et que rien ne me surprendrait.

Riley, chien fidèle… probablement le personnage le plus développé aussi…

Pour subir cette histoire, vous allez incarner Logan, un type qui ne parle pas, dont on ne voit jamais le visage et qui comme tout bon militaire, se contente de suivre les ordres. A coté de lui, vous trouverez une tripotée de personnages tout autant génériques dont votre paternel bienveillant sans charisme, votre frère aussi vaillant qu’une huître et d’autres Ghosts qui se contenteront de vous signifier la position des ennemis (attention, spoiler, cette position est toujours « midi » – de quoi en dire long sur le level design). Mais attention, grosse nouveauté, vous avez maintenant un clébard ! Je me souviens de la façon dont la promo avait mis en avant ce chien, façon « c’est révolutionnaire ». Au final, il est comme les autres, il ne sert à rien sinon se mettre en travers de votre chemin. Pour bien renforcer le caractère inintéressant de votre campagne solo, on vous placera aux commandes d’autres personnages génériques qui se chargeront de missions particulières dans l’espace, un tank, un hélico… Vous pourrez même incarner votre clébard dans une palpitante mission d’infiltration qui se résumera à se coucher dans l’herbe pour se cacher…

En résumé, jamais, je dis bien jamais, je n’ai été aussi peu investi dans un jeu. J’étais littéralement en mode automatique. Car non content de proposer un scénario convenu et ennuyant, les missions prennent le joueur pour un débile profond et le guide de bout en bout par la main. Il suffit de suivre vos coéquipiers pour trouver le chemin, on vous dit perpétuellement quoi faire à quel moment. Le level design se limite à de grands couloirs à peine masqués avec des triggers se déclenchant suivant votre avancée (ou pas, bonjour les loop infinies), pour notamment balancer des salves d’ennemis idiots dont la seule initiative sera de jeter une grenade de temps en temps depuis un couvert d’où ils ne bougeront pas sinon pour montrer une tête pour votre headshot. Niveau intelligence artificielle, c’est déjà limite en face, mais alors côté américain, c’est pire. Les mecs vous dégageront de vos points de couverture parce qu’ils sont scriptés pour se planquer là, ils visent dans les coins, ne prennent aucune initiative tant que vous n’aurez pas activé un trigger caché dans la map à votre passage et ne servent globalement qu’à des tirs de suppression en attendant que vous daignez bouger votre cul.

Histoire de rajouter à la fainéantise des développeurs, le game design est sans inspiration ni innovation. Vous n’avez que deux armes en stock (et c’est déjà une de trop) et toutes celles qui vont tomberont sous la main auront tendance à se ressembler. Comme tous les jeux sans idée, on vous balancera des quick time event pour faire genre « t’as vu, c’est différent ». Pour boucler la campagne solo, il m’aura fallu moins de 8 heures avec la difficulté poussée au maximum. En d’autres termes, c’est ridicule et 10 euros, c’était encore trop cher payé (et dire que je l’ai vu à 60 euros pas plus tard qu’hier à la FNAC…). Pour dire, même Bioshock Infinite était mieux !

Je ne vais même pas parler de l’ergonomie console à vomir ou du mapping de touches étrange pour faire des actions spéciales, ce sera tantôt N, tantôt F, voire E ou clic gauche, histoire de bien vous surprendre et vous faire rater pour recommencer.

Seul point positif, j’ai trouvé les cinématiques assez esthétiques… Ca pèse pas lourd dans la balance.

Ce Call of Duty: Ghosts est vraiment symptomatique de tout ce qui ne va pas dans le jeu vidéo moderne : réalisation baclée, histoire à chier, game design léthargique, level design sans intelligence, recyclage de licence… Comme je disais plus haut, ce mode solo prend vraiment les joueurs pour des débiles et leur ôte toutes facultés de réflexion ainsi que tout esprit d’initiative. Si c’est pour rendre une copie pareille, on s’abstient et on concentre son argent ailleurs messieurs les développeurs (par exemple un mode histoire full coop à l’image de ces DLC que vous vendez au prix scandaleux de 4×15 euros…). Au pire on propose cette daube solo en DLC gratuit tout en assumant le fait que Call of Duty est une licence compétitive multijoueurs. Là, c’est ni fait ni à faire.

Bref, vous avez compris, Call of Duty: Ghosts propose une campagne solo digne d’une déjection canine. Et quitte à faire du marketing avec le chien, c’est cet angle qui aurait dû être pris. Si vous voulez un vrai bon FPS solo qui ne donne pas l’impression de vous enfumer, allez voir du côté du dernier Wolfenstein ! Et si vous voulez un vrai bon jeu sur le thème de la guerre, je recommande une fois de plus l’excellent This War of Mine.

Wolfenstein: The New Order est un jeu de MachineGames, édité par Zenimax/Bethesda.

Nous sommes en 1960 et les nazis ont remporté la seconde guerre mondiale. Le héros de guerre B.J. Blazkowicz s’apprête à lancer une contre-offensive désespérée contre le monstrueux régime nazi qui gouverne le monde.

Wolfenstein fait partie des licences que j’apprécie. Essentiellement à cause du fait que, contrairement à d’autres FPS, celui-ci ne se prend pas spécialement au sérieux et qu’il ne fait pas réellement l’apologie de la guerre en mettant le brave soldat américain contre une batterie de terroristes. Après un reboot très agréable (Return to Castle Wolfenstein) et une suite médiocre complètement dispensable, qu’en est-il de ce nouvel opus ?

Et bien ce fut une très agréable surprise venant offrir un petit vent de fraîcheur dans le morne paysage des jeux de tir à la première personne ! Le fait d’avoir placé l’histoire dans un contexte alternatif n’y est pas étranger. Si la trame du scénario est dénuée de réelles surprises durant la campagne et ne prend pas de risques, elle est toutefois menée avec suffisamment de panache pour ne pas lui tenir rigueur d’être trop classique. Il faudra compter entre 15 et 20 heures pour compléter l’histoire ; une rejouabilité avec un choix en début de partie doublant cette durée de vie. Honnêtement, pour un FPS, c’est riche.

L’énorme travail pour créer un univers nazi crédible durant les années 60 m’a personnellement conquis et j’en redemande encore ! Entre les affiches de propagande, les disques (genre les Beatles en allemand), les articles de journaux, les villes remodelées sauce nazi progressionniste, tout est fait pour immerger le joueur dans un monde alternatif riche et avec lequel on a envie de jouer au 7 différences. Les personnages qui nous accompagnent sont suffisamment travaillés pour qu’on s’y attache (Anya, surtout). L’accent est très clairement mis sur la narration et c’est agréable pour une fois. Il aurait été encore plus appréciable que le traitement des personnages et de l’histoire soit jusqu’auboutiste et propose un aventure mieux définie sur ses objectifs : entre épique badass premier dégré et potacherie série B, le titre a parfois du mal à s’assumer ! Inutile de dire que j’aurais préféré un traitement qui ne se prenait clairement pas au sérieux tout en distillant des messages qui l’étaient pour qui prenait le temps de lire entre les gerbes de sang et des passages purement gratuits.

La trame principale n’est pas sans défaut qui vous laisseront comme un goût d’inachevé envers tel compagnon, tel méchant ou tel événement… Il y a des choix que je n’aurais pas fait, d’autres que j’aurais imposés pour augmenter le drame. Il ne manquait pas grand chose pour faire passer ce nouvel opus de la série du statut de bon jeu à celui de jeu culte ! Dommage. Mais on lui pardonne. D’autant plus que mon petit doigt pense qu’une suite est dans les cartons… enfin, si le retour sur investissements est dans les caisses avant.

Techniquement très agréable à regarder, le jeu souffre toutefois un peu de la comparaison avec des moteurs purement next-gen du dernier E3. Pas d’inquiétude, c’est très propre et très beau tout de même. On fera aussi face à quelques bugs parfois gênants comme les synchronisations de voix à la ramasse et des combinaisons de touches malheureuses au chargement des niveaux (boum, tu passes sous le sol et meurt ; tac, je te remplis toute la mémoire…). Pas d’inquiétude encore une fois, cela reste très rare. Niveau optimisation, on repassera aussi avec ces 45 Go d’installation et Steam qui m’a réinstallé le jeu pour le plaisir de faire son truc dans son coin.

Ultra classique dans son exécution, Wolfenstein: The New Order reste un jeu de tir sans excentricité. Il n’y a pas de bon chasseur et de mauvais chasseur, quand vous voyez un truc qui bouge avec une croix gammée dessus, vous tirez ! Le jeu vous proposera deux alternatives de gameplay : l’ultra-bourrine et l’infiltration. Les deux étant librement jouables avec leurs avantages et leurs défauts. La bourrine est amusante mais peut vite vous compliquer la vie. La discrète est efficace mais peut vous rendre la vie trop facile. Et puis, plutôt deux fois qu’une, le jeu aura tendance à vous imposer l’une ou l’autre suivant les niveaux. Ajoutons au système de base des possibilités d’évolutions suivant votre façon de jouer : plus vous faites des actions discrètes, plus vous devenez doués en discrétion. Malheureusement, à l’image de Far Cry 3, l’arbre sera complètement débloqué d’ici la fin de votre aventure pour peu que vous ne soyez pas manchot, ce qui tend à prouver que votre spécialisation n’en est pas vraiment une et qu’elle aurait mérité d’être plus hardcore.

Et avec le mot hardcore arrive le véritable point noir du jeu : son intelligence artificielle. Plusieurs niveaux de difficulté vous sont proposés. J’ai mis le jeu en Uber parce que mon Blazkowicz, il a des bollocks ! Force est de constater que même au niveau le plus élevé, le jeu ne propose pas de vrais challenges. J’ai compté 5 à 6 passages tendus nécessitant une quinzaine d’essais. Je conçois que certains puissent rager de perdre face à la machine, j’y vois une opportunité de sortir de ma zone de confort et de pousser le personnage à faire des trucs épiques ! Uber semble donc proposer le juste milieu que j’attendais et je n’ose donc imager l’intérêt réduit que peuvent présenter les modes de difficultés inférieures. Et ceux qui voudront un challenge encore plus dur, il faudra se tourner vers les modes bonus déblocables en récupérant des codes secret dans la campagne. Une façon comme une autre d’explorer les niveaux pour les chercher et de ne pas complètement suivre les couloirs comme un idiot.

A ce propos, le level design du jeu est particulièrement bien foutu. Le joueur n’est jamais perdu et peu profiter de l’environnement (destructible et dynamique) pour le tirer à son avantage. Mention toute spéciale pour le niveau de Gibraltar, un parmi d’autres particulièrement jouissif à faire.

La facilité du jeu est en partie dû à l’intelligence des ennemis. Ils ne sont même pas aux fraises, ils ont pris tout le panier de fruits rouges ! Leur champ de vision se limite à un angle d’une vingtaine de degrés, et passés deux mètres, ils sont atteints d’une grave myopie qui vous permettra d’aller accroupi un peu partout comme vous voulez. Les ennemis – sauf scène bien scriptée – n’auront aucune coordination de groupe et préféreront venir se suicider un par un…

La bande-son est une autre bonne note à ajouter au titre. Il ne sera pas rare de vous arrêter quelques secondes pour l’écouter et vous rendre compte qu’elle supporte parfaitement le moment, qu’elle soit calme ou en pleine montée de puissance, à l’image d’une situation qui dégénère vers la boucherie organisée. Notons que par pure flemmardise, je n’ai pas cherché à passer le jeu en version originale (encore un de ses jeux qui ne proposent pas les voix qu’on veut avec les textes qu’on veut). La bonne nouvelle est que mes oreilles n’ont pas saigné, c’est déjà ça. En revanche, comme toujours, c’est loin de la qualité des acteurs américains…

Enfin, le jeu ne propose pas de mode multijoueurs. Beaucoup le lui reprocheront, moi, je m’en fous, j’aime pas jouer avec les autres !

L’édition occupée sur PC s’accompagne de quelques cartes postales et un mini-livre.

Wolfenstein: The New Order fait partie des excellentes surprises jeux vidéo de cette année ! Doté d’une histoire longue et d’un excellent level design, le titre vous transportera dans un univers riche et fouillé qui mérite d’être découvert. Assurément le FPS qu’il vous faut pour combler l’attente de Far Cry 4 et Battlefield: Hardline ! Loin d’être parfait, je valide pourtant et le recommande chaudement car les bonnes intentions – tout comme les FPS qui sortent un peu de la routine – méritent de l’être ! Jouissif !

Sur ce, j’ai la deuxième histoire à faire.