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Shadowrun: Dragonfall est un jeu développé par Harebrained Schemes disponible sur PC, Mac et tablettes.

Vous êtes un runner fraîchement débarqué à Berlin. Au cours de votre première mission avec une vieille connaissance, tout va nécessairement partir en couille en cinq minutes et vous embarquer dans des machinations conspirationnistes avec un dragon.

Du Shadowrun classique, quoi ! Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est Shadowrun, il s’agit à l’origine d’un jeu de rôle papier futuriste et cyberpunk qui intègre de lourds éléments de fantasy comme les nains, les elfes et la magie. Un mix de genre, en somme. J’ai eu l’opportunité d’être joueur sur une campagne Shadowrun d’un an. Si j’apprécie les jeux futuristes, ils ont pour moi l’inconvénients d’être des usines à gaz en terme de micro-gestion (notamment l’inventaire) souvent au détriment du plaisir de jeu. Pour cette campagne, j’avais donc choisi de faire un avocat pur mage qui ne savait pas se battre, ni au corps-à-corps ni à distance, qui n’avait aucun sort de combat (que de l’illusion), qui ne pigeait absolument rien aux ordinateurs et qui comptait uniquement sur sa chance naturelle et sa grande gueule pour s’en sortir. En un an de Shadowrun, mon personnage avait réussi l’exploit de ne tuer aucun PNJ et celui d’avoir sa tête mise à prix par le reste des joueurs autour de la table (une sombre histoire de triple bluff qui a failli coûter la vie des autres runners et qui m’avait rapporté un paquet de thunes sur leur dos…). Bref, je m’étais super amusé !

Du coup, j’étais curieux de revenir à l’univers de Shadowrun. Et à défaut d’avoir une table réelle, il y a les jeux vidéo. Dont ce Dragonfall récupéré sur une promo Steam.

Il s’agit d’un jeu tactique au tour par tour dans lequel vous dirigez une escouade de runners. Exactement comme X-COM. Sauf que X-COM est laaaaaargement mieux à tous les niveaux, surtout technique et tactique. Les combats ne sont pas spécialement compliqués, tant au niveau de leur difficulté que sur la façon de les appréhender. En effet, vous ne disposez que de 4 membres à gérer parmi un choix de 4 PNJ principaux et des mercenaires dont vous vous ficherez… Les possibilités de personnalisations pour vos coéquipiers ne sont pas folichonnes et vous finirez probablement par vous trouverez une équipe qui roule sans trop vous poser de questions et qui dépendra essentiellement de votre propre choix de classe.

Votre classe sera à déterminer parmi street samurai (CàC ou distance), mage (pur, adepte ou shaman), rigger (decker ou drone) avec finalement assez peu de personnalisation comparée au matériel de base. J’ai fait un pur mage. Rétrospectivement, c’était sûrement pas le meilleur choix, le jeu faisant clairement la part belle aux protagonistes orientés « matrice » de part les choix possibles (allez dans la matrice, utiliser son intelligence, etc.).

Le jeu est un portage de version tablette (ou, dans le meilleur des cas, simplement pensé pour être multiplateformes). En d’autres termes :

  1. c’est esthétiquement moche sur PC (sur tout ce qui est 3D, les décors 2D sont jolis à regarder)
  2. c’est fonctionnellement très limité
  3. c’est ergonomiquement assez pourrave.

Sur l’histoire, comme je le disais plus haut, c’est très classique pour du Shadowrun. Une mission tourne mal et vous vous retrouvez au cœur de machinations qui vous dépassent avec un potentiel catastrophe qui croit à chaque retournement de situations (tous plus ou moins attendus, ou devinables pour peu que vous ayez fait un peu du jeu de rôle papier avant). Considérant son héritage, l’accent est mis sur le role-play et sur la façon dont vous déciderez d’incarner votre personnage. Dans les dialogues, certes, mais aussi sur des décisions en jeu pour gérer certaines crises. En soi, c’est super. Dans la pratique, c’est sous-exploité : vous n’aurez que très rarement des conséquences sur vos décisions et aucun arbre narratif. Vous suivez une trame narrative dont vous ne dévierez pas et dans laquelle je ne me suis pas spécialement senti investi en dépit de mes choix extrêmes. Mais au moins, vos co-équipiers ont des histoires personnelles intéressantes…

De plus, je l’ai trouvé assez mal équilibré. En tant que mage, j’ai finalement assez peu eu l’occasion de briller dans les dialogues, rarement en combat (sauf à la fin du jeu avec les sorts les plus puissants et les stats boostées au max. Il manque pas mal de fonctionnalités basiques (genre donner un item à un coéquipier en mission) et son côté simpliste réussira à attirer le joueur occasionnel mais laissera sur le carreau ceux qui cherchent un jeu de la trempe de X-COM.

Le jeu est normalement disponible pour 15 euros. Ce que je trouve personnellement trop cher pour un jeu de ce calibre. Car en dépit de sa durée de vie (30-40 en hard), il reste pas moins vrai que ce n’est qu’un jeu de qualité « tablette », un portage au frame-rate chancelant et aux bugs présents (et bien présents, une demi-douzaine de crashs et autant de combats à recommencer de zéro…). De plus, les réfractaires à l’anglais pourront carrément passer leur chemin car il n’y a pas de traduction proposée.

Shadowrun: Dragonfall est un jeu sur lequel j’ai passé un agréable moment sans pour autant être porté par le jeu. A réserver aux amateurs du jeu de rôles papier ou à ceux en manque de jeu tactique au tour par tour… De préférence en période de promotion.

Dragon Age: Inquisition est un jeu développé par Bioware, édité par EA (au cas où vous n’auriez pas remarqué le logo sur la jaquette…).

Le temple de la Chantrie vole en éclat tandis qu’un sommet pour solutionner le conflit entre les Mages et les Templiers s’y tenait. La Divine est morte et vous vous réveillez amnésique et avec le pouvoir de fermer des failles de l’Immatériel…

Si nous n’avez compris qu’un mot sur trois, je vous la refais plus simple :

Vous êtes l’Elu et vous allez devoir botter le cul du grand vilain qui veut conquérir le monde.

Rassurez-vous, moi aussi je pigeais qu’un mot sur trois au début. Pour n’avoir pas fait Dragon Age 2 et ne pas avoir eu le courage de finir le premier opus non plus, j’ai réussi à finir le jeu sans trop de soucis. Donc si vous êtes dans la même situation que moi en commençant le jeu, sachez simplement que vous allez devoir vous taper un tas d’expressions étranges, de mots abscons et d’historiques touffus pour comprendre les tenants et les aboutissants politiques autour du bordel qui s’abat autour de votre personnage.

Mais bon, après avoir fini Skyrim, j’étais en mal de jeu de rôle med-fan à me mettre sous la dent. Considérant les notes globalement positives sur le dernier titre de Bioware, j’ai décidé de lui laisser une chance, en dépit de mes à priori sur le jeu. Et puis c’est l’occasion de faire une chronique sans concession, comme d’habitude.

En premier lieu, il convient de dire que je n’avais pas accroché à l’univers Dragon Age lors de mon premier essai sur Origins. En effet, dans le genre univers ultra-générique bien classique, Dragon Age se posait là avec ses Elfes qui cueillent des fleurs, ses Nains qui cassent des pierres, sa magie sans grande innovation… J’ai dit la même chose de The Witcher. Là où ce dernier posait les bases d’un univers plus mature, Origins n’était qu’un rip-off de Baldur’s Gate sans grande saveur à mes yeux.

Je commencerai donc par faire le même genre de critique à ce troisième opus. C’est assez générique, comme univers. Mais contrairement au premier, le 3 a l’avantage de reposer sur les fondations et ce qui a été construit autour du Héros de Férelden et du Hérault de Kirkwall, donc d’un contexte ultra-classique, Bioware finit par se créer sa propre mythologie… même s’il y a des elfes et des nains…

Autre constatation évidente : c’est beau. Il va falloir bénéficier d’un PC assez solide pour pleinement tirer profit de l’ambiance, de l’environnement et des shaders. Vérifiez donc votre configuration et n’hésitez pas à pousser la proposition que vous fera le jeu par défaut suivant votre bécane (comme toujours, le jeu ment et on n’est jamais mieux servi que par ses propres réglages).

Niveau histoire, c’est diablement classique. Un élu, un gros vilain, des amis à la vie à la mort… Et la trame s’étend en longueur, encore une fois à cause des quêtes secondaires pas forcément très utile mais qui ont le mérite d’éviter l’écueil du « J’ai perdu mon marteau » ou « Rapporte moi 30 couilles de loups et je te donnerai un item générique »… Très honnêtement, la quête principale fait son boulot mais ne vous retournera pas les chaussettes. La plupart des PNJ ont au moins l’avantage d’être intéressants et travaillés, même dans leurs côtés énervants.

Niveau gameplay, le jeu propose une approche résolument orientée action qui fera rager les PCistes extrêmistes. On appuie sur le bouton d’attaque automatique, on vise un vilain et c’est parti ! Fonction de l’endurance ou du mana disponible, vous lâcherez régulièrement une de vos huit compétences sélectionnées dans vos arbres de talents. C’est assez dynamique et fonction de vos envies, de vos choix de construction de personnages, vous aurez le droit à des combats plus ou moins faciles, plus ou moins assistés.

Les plus fins tacticiens mettront le jeu en pause pour organiser au mieux les combats, en jouant sur les forces et les faiblesses de 3 de vos 8 compagnons. Vous aurez de quoi faire pour gérer des combats optimum en minimisant les pertes ou les consommations de potions. De toute façon l’IA se débrouille suffisamment bien toute seule.

L’édition collector, dispensable à mon avis…

A l’image de la tendance actuelle dans le jeu vidéo, Inquisition propose de grandes cartes dites « open world », vastes et regorgeant de pléthores de sous-quêtes, d’animaux à massacrer, de vilains bien aveugles et pas vraiment agressifs et de plantes/minéraux à ramasser. Ce n’est pas vraiment de l’open world à proprement parlé puisque vous êtes obligés de repasser par la carte générale, mais bon… Il faut bien admettre que Dragon Age 3 est un de ses jeux vampirisants où l’on se surprend à enquiller les heures, à fouiller les moindres recoins, à parler à tout le monde et faire toutes les quêtes qui se présentent sur le pas de votre porte.

J’ai fait 95% du jeu, laissant de côté les dernières quêtes qui personnellement me gonflent (genre chercher une clé perdue pour ouvrir une dernière grotte qui rapporterait seulement 40 XP). Etant un complétionniste comme moi, comptez environ 100 heures. Si vous rushez comme des brutes, j’imagine qu’il en faudrait « seulement » 40. Et ceux qui n’en auraient pas assez pourront sûrement compter sur des futurs DLC ou une grande rejouablité en créant un nouveau personnage et en changeant la configuration héritée des deux jeux précédents.

Dragon Age: Inquisition est vraiment ce qu’on appelle un jeu généreux, qui propose une réelle richesse que ce soit dans les styles de combat suivant l’équipe, les choses à lire, les choses à découvrir, les activités annexes, l’exploration, les dialogues… Bref. Très honnêtement, ce RPG est un must-have de cette année !

Bon… maintenant, passons à ce qui ne va pas et qui va pourrir votre expérience de jeu !

  • Le game designer UX/UI en charge de l’adaptation pour PC mérite de se voir lapidé en place publique ! (ou sans aller jusque là, il mérite au moins d’aller grossir les rangs du Pole Emploi !) On a dit du jeu que le PC était la plateforme référence… Mes fesses ! C’est une atrocité sans nom ! Des menus adaptés pour la manette, donc à vomir partout. Inventaire, craft, boutique, menus… tout, tout, tout est moisi !
  • Impossible de reconfigurer les boutons de la souris ! Une honte !
  • Un système de craft inutile. Honnêtement, j’ai réussi à faire l’intégralité du jeu en mode Difficile uniquement à partir du loot et sans me sentir réellement inquiété d’être sous-stuff. Si vous voulez vous amuser à fabriquer vos armes et amures, allez-y mais cela s’apparente à une évidente perte de temps.
  • Je n’ai pas été convaincu par le système d’améliorations armes/armures. Certes, cela rajoute une couche de spécialisation, mais c’est particulièrement pénible à gérer pour un intérêt somme toute minime. Pouvoir changer les améliorations à la volée sans passer par un établi, ça aurait déjà été un mieux.
  • Pas de sort de soin… Voilà qui est un choix particulièrement étrange. D’autant plus qu’il y aura toujours au moins un mage dans votre équipe. J’y vois là une volonté assumée de libérer le joueur de la gestion tactique de l’équipe et des combats.
  • En parlant de ça, la caméra tactique est juste une blague. Pas assez de recul, gérée au « pad » (i.e. ZQSD)… en l’état actuel des choses, sans patch, vous pouvez abandonner l’idée d’avoir des combats tactiques sur PC. Mon conseil : embrassez le coté action du jeu et ne vous prenez pas la tête.
  • Les amateurs de construction de personnages comme moi seront sûrement un peu déçus des possibilités offertes. Quatre arbres par classe, plus un cinquième pour la spécialisation… Vous allez vite découvrir que fonction de votre spécialisation, il n’y aura guère qu’une seule façon réellement optimale de dépenser vos points pour être efficace en combat
  • Le choix de résoudre des quêtes annexes en envoyant des conseillers était une idée intéressante. Le faire avec un facteur temporel était aussi intéressant. Dans la pratique, attendre pour 3 heures recevoir 100 po quand vous en avez plus de 70000 dans le porte-monnaie… No comment.
  • Le système d’affinités avec vos coéquipiers est toujours un système bien opaque dont les répercussions sont ténues…
  • Dans le même genre d’interactions avec vos camarades, il faut savoir que vous pouvez toujours romancer un PNJ. Mon choix s’est porté sur Joséphine, en dépit d’une certaine ressemblance avec mon ex. C’est donc dire si on est limité dans ses choix. Sachez que vous allez vous embarquer dans une romance bien cul-cul la praline sans grand intérêt
  • On retrouve l’un des défauts majeurs du premier sur le rythme : vous passez trois heures d’affilée à battre la campagne et ensuite une heure entière à faire du papotage.
  • L’IA des ennemis n’opposera pas de grande difficulté aux joueurs aguerris. Il faut dire qu’elle est aveugle et bien peu agressive. Notez que je n’ai pas joué en mode cauchemar, redoutant l’effet « sacs à PV » qui m’aurait retenu sur un titre plus longtemps que prévu sans réellement augmenter le challenge. De toute façon, si vous buildez un minimum correctement vos personnages (et craftez de façon optimale), vous n’aurez aucun mal à rouler sur vos pauvres ennemis… Bon, les dragons, c’est une autre histoire et cela nécessitera plus de temps et de préparation, surtout si votre personnage n’est pas mage et que vous déléguez les fonctions de survie/protection aux PNJ qui ont parfois une vision particulière des priorités immédiates.
  • L’inquisition profite d’un système de puissance que vous gonfler avec des quêtes. Ces points servent à débloquer des zones. Et… C’est tout. Si ça reflète effectivement la puissance de votre armée, il est dommage que cela ne se répercute pas sur des éléments de jeu comme ça a pu l’être avec Mass Effect 3 lors de la bataille finale… En d’autres termes, une autre surcouche de fonctionnalités qui part d’une bonne intention pour échouer sur le rivage des idées mal exploitées.
  • Résidu Bioware de Mass Effect, on retrouve encore une fois cette roue pour décider des choix de dialogues. Et encore une fois, je peste sur son utilisation formatée « réponses sympa en haut/réponses bourrues en bas » qui influence les choix du joueur au détriment du roleplay (alors que c’est pas très compliqué de faire un random sur la position de la réponse pour forcer le joueur à agir plutôt qu’à réagir).
  • La trame principale a tendance à perdre de son souffle équipe sur la fin
  • Il faut aimer la lecture : des « bouquins » décrivant l’univers, vous allez en bouffer des tas jusqu’à l’overdose. Au point de finir par les parcourir en diagonale et parfois louper les tenants et les aboutissants d’une quête…

Gardez bien en tête que tous ces défauts ne sont que le résultat d’une analyse du point de vue game/narrative designer. Et à part l’adaptation console-PC qui est très clairement moisie et scandaleuse, vous ne manquerez pas d’apprécier le jeu pour ce qu’il est : un grand jeu pétri d’imperfections.

Dans l’épisode précédent…

J’avais donc perdu un Sam et la mémoire. Autant dire que c’était plutôt mal engagé pour le retrouver. Je l’aurais bien rangé dans la catégorie « pertes et fracas » de mon journal de quêtes, mais bon, pour une fois qu’un compagnon d’aventure ne cherche tout simplement pas à me trancher la gorge une fois la cagnotte récupérée… Faisons un effort ! Mais comme Bordeciel, c’est grand, c’est vide, c’est moche et que j’allais pas fouiller tous les donjons du coin pour retrouver un type bourré, je me suis dit que j’allais d’abord finir toutes ses doléances qui traînent depuis des mois.

Car depuis que j’arpente ces terres glacées, le nombre de personnes qui me demandent des trucs n’a cessé de croire. Et comme je suppose que personne n’a fait l’effort de résoudre de lui-même son propre problème, autant que je m’y colle et que je me débarrasse de tout ça ! J’avais compté au moins une trentaine d’affaires en cours, alors j’ai retroussé mes manches pour torcher tout ça :

  • Encore des vols de bols pour la guilde des voleurs qui ne branle décidément rien !
  • Retrouver une épée perdue d’une aventurière. La bonne blague, c’est que son épée, ça fait des mois qu’elle moisit dans un des coffres de ma baraque…
  • Retrouver des livres pour le bibliothécaire orc de l’Académie des Mages… Oui, le bibliothécaire est un orc, ce qui tend à en dire assez long sur le QI moyen des Nordiques…
  • Cherchez un bidule dans une ruine naine
  • Récupérer des amulettes dans des tertres, donc buter du zombie et du fantôme à tour de bras, pour ensuite récupérer une amulette encore plus puissante qui ne me sert à rien…
  • Allez voir des « lieux de puissance » pour Paarthurnax. Il est marrant lui. Il m’envoie un coursier qui se tape autant d’allers-retours dans tout Bordeciel pour me retrouver, je reçois toujours la même lettre avec un nom de lieu et il me dit d’y aller pour enquêter. On a pas le même dictionnaire visiblement : enquêter, chez lui, ça veut dire allez buter un de ses congénères dragons qui se trouve – comme par hasard – à monter la garde sur une plaquette avec un mot du Thu’um. Je sais bien que je suis l’Elu et tout ça, et qu’il veut que je bute tous les dragons de Bordeciel parce que – visiblement – je n’ai pas de vie et un comportement suicidaire, mais son Thu’um là, bah je m’en sers pas ! Jusqu’à preuve du contraire, mon boulot, c’est assassin silencieux ; alors beugler du VOS RHO DAH comme un con dans des cavernes qui font de l’écho, c’est pas ce que j’appelle un travail bien fait ! Mais bon, je dis à Paarthunax que j’ai récupéré le Thu’um en bravant le dragon dans un combat épique et il est content. Je me contente d’aller chercher le mot en étant invisible sans buter quoi que ce soit, mais il n’a pas vraiment besoin de savoir toute la vérité le vieux radoteur.

Des exemples parmi tant d’autres qui n’équivaudront jamais ma quête préférée de toute. L’exemple-même qui synthétise toute la crétinerie et toute la fainéantise des Nordiques :

  1. Je vais parler à une marchande pour lui fourguer mes babioles (et oui, ma femme réclame toujours une maison secondaire). Comme un idiot, je pose la question de trop et elle se met à me raconter sa vie, notamment sa fille qui s’est engagée dans l’Armée Impériale et dont elle n’a plus de nouvelles. Il faut donc que ce soit MOI qui aille demander à son chef de compagnie pour apprendre ce que devient cette fille.
  2. Je traverse la rue. JE. TRAVERSE. LA. RUE. Et je demande au fameux chef de compagnie ce qu’il advient de la fille en question. Elle est morte.
  3. JE RETRAVERSE LA RUE VERS LA MARCHANDE.
  4. Je dis que sa fille est morte (parce que c’est une grosse incompétente sûrement : la garde impériale, ça fout pas grand-chose de ses journées, je le sais, j’en fais partie et ça me demande encore moins de temps que de diriger l’Académie de Magie…). Je récupère encore un truc sans intérêt pour me remercier de ma peine…

Voilà ma vie d’aventurier : traverser des rues et aller buter des dragons…

Bref, en moins de temps qu’il n’en a fallu à Muiri pour faire le ménage dans la baraque, j’avais résolu la plupart des affaires en souffrance. J’avais même résolu la quête de ma femme : acheter une résidence secondaire. Comme j’étais blindé de thunes, j’ai pris et décoré une baraque dans toutes les grandes villes ! Au moins elle se plaindra pas que je fais rien pour elle !

La bonne nouvelle, c’est qu’au cours de me voyages pour épurer mon journal, j’ai retrouvé Sam. Dans – ô surprise – une tanière de nécromanciens… Sam s’appelle en réalité Sanghin et c’est un prince Daedra qui s’emmerde ! Il s’est dit que ce serait marrant de me bourrer la gueule et de me faire culpabiliser de sa disparition au point que je me casse les noix pour le retrouver. Ha-ha, joke’s on you, je t’ai retrouvé sans te chercher ! Je me voyais déjà lui trancher la gorge pour lui faire payer mais il s’est barré comme ça, en me filant encore une connerie dont il n’a pas utilité ! Un bâton en forme de fleur (comme si je n’étais pas assez crédible quand je croise des gens) qui invoque des serviteurs comme lui. Donc un truc dont je n’aurais moi-même pas utilité. Merci, au revoir !

skyrim101

Prochain truc à rayer sur ma liste : « nettoyer l’Aile Pelagius du Palais Bleu ». Voilà ma vie d’aventurier : traverser des rues et faire le boulot de la femme de ménage…

Blanche-Neige et le Chasseur est un film réalisé par Rupert Sanders avec Kristen Stewart (Adventureland), Chris Hemsworth (Thor) et Charlize Theron (Prometheus) sur un scénario dont la meilleure partie vient sûrement de Hossein Amini (Drive), la pire étant sûrement due à Evan Daugherty.

C’est l’histoire de Blanche-Neige. Ou presque. Disons qu’à un moment, ya une pomme et sept nains.

Je me demande ce qui s’est passé dans la tête des producteurs à l’horizon 2010-2011. Visiblement, leur grande marotte était de pondre le plus grand nombre de films ou séries tirées de contes populaires. La même année, on a dû se frapper Mirror Mirror avec Julia Roberts et ce film, sans compter la série de qualité discutable Grimm ou encore Once upon a time. Ou comment resucer jusqu’à la moelle des histoires vues, revues et si profondément ancrées dans la culture populaire grâce à la firme de Mickey que toutes variations ne peuvent prêter qu’à sourire quand on voit les premiers communiqués de presse. Et attendez, on nous réserve un nanar en puissance avec le prochain Hansel et Gretel: Chasseurs de sorcières qui a retardé sa sortie pour surfer que la notoriété post-Bourne Legacy de l’acteur principal.

Mais étudions plutôt le cas de Blanche-Neige et le chasseur, premier volume d’une trilogie qui ne sortira jamais. La faute à Kristen Stewart qui finalement, en dépit de 5 épisodes d’une saga romantique mielleuse n’a pas compris le concept de fidélité et s’en est allée se fourvoyer dans les draps du réalisateur. Ce mec a littéralement le cul bordé de nouilles, c’est un inconnu sorti de nulle part, qui se retrouve aux commandes d’un des plus gros blockbusters de l’année 2012 et qui se tape l’actrice principale de son film… Non, je ne suis pas jaloux, je constate ! De toute façon, sa réalisation est quelconque et sa direction d’acteur plutôt limite si l’on considère que ce film aurait pu plus simplement s’appeler Bella et Thor.

Bon, alors, ce film…

Dans un pays lointain et merveilleux, une reine fait le voeu d’avoir un enfant. Par le truchement de la magie et des roses, c’est fait. Le pays est en liesse, mais la reine meurt rapidement. Le roi inconsolable part en guerre et tombe « par hasard » sur une jeune fille à la beauté hallucinante. Il en tombe aussi amoureux, l’épouse sur le champ et meurt assassiné par la nouvelle concubine au milieu d’une érection. L’épouse n’est autre que la vilaine sorcière qui suce la force vitale des gens pour conserver sa jeunesse, et elle a aussi une armée à son service. Et plutôt que d’envahir proprement le pays comme n’importe quel chef de guerre, elle fait ça en perfide, mariage après mariage, façon Elizabeth Taylor. Soit.

Reste Blanche-Neige, qui ne s’enfuit pas du château. Non, la vilaine sorcière va l’emprisonner dans la plus haute tour du château. Pourquoi ? Je sais pas trop. Disons que c’est dans le script.

10 ans plus tard. Blanche-Neige est toujours en vie. C’est devenu une adolescente bien développée avec de sérieux problèmes de variations dans son jeu d’acteur, des dents nickels et une passion pour la fabrication de petites poupées en paille. La méchante reine règne sur un immense royaume et tout va bien dans sa vie. Sauf qu’en bonne névrosée, elle ne peut s’empêcher de demander à son miroir en CGI pourraves qui est la plus belle. Le miroir en question lui fait savoir que désormais la plus belle, c’est Blanche-Neige. Parce qu’elle vient d’avoir 18 ans. Hier non, c’était juste un gros thon enfermé dans un cachot et maintenant c’est genre une giga-bonnasse qui peut briser le charme magique de la sorcière éternellement jeune. Et comme on connait pas la chirurgie esthétique et que les bains de lait ne suffisent pas, la méchante reine se voit donc contrainte et forcée de buter Blanche-Neige pour reste jeune… Elle aurait fait ça il y a dix ans, elle m’aurait économisé deux heures de ma vie.

Bref… La reine fait quémander sa némésis, qui s’échappe parce que – comme d’habitude –  le grand méchant est entouré d’incapables. Elle s’enfuit dans la forêt interdite, là où personne ne pénètre. Sauf le chasseur. Enfin Thor, quoi. Thor, il a perdu sa femme, il picole comme un trou, il a des problèmes avec l’autorité, mais c’est LA personne dont la reine a besoin pour retrouver une idiote. Le chasseur va se rebeller contre la Reine parce que voilà, Blanche-Neige elle est bonnasse (j’ai pas vraiment trouvé d’explication, même les 100 pièces d’or promises me semblent légères pour justifier de se mettre sciemment dans de telles emmerdes). La reine va alors dépêcher 10 mecs pour récupérer Blanche-Neige et le chasseur. Si vous aussi vous vous demandez pourquoi la reine n’a pas commencé par embaucher ces 10 mecs, vous faîtes bien de lire mon résumé plutôt que de mater ce film.

Thor et Bella sont donc en train de sortir de la forêt, ils se font agresser par un troll qui se plie à la volonté de la princesse. Pourquoi ? Comment ? Je sais pas. Parce qu’elle est bonnasse et que ce détail sera utilisé dans la suite de la trilogie qui n’aura jamais lieu ? Parce que ça fera cool dans la bande-annonce ? Ils se trouvent un refuge dans un village où il n’y a que des gonzesses scarifiées. Pourquoi scarifiées ? Parce que comme la reine suce l’énergie vitale des personnes agréables à regarder pour conserver sa jeunesse, il est de notoriété publique d’une petite cicatrice au visage vous rend inintéressant. Si j’étais Blanche-Neige, je me serais scarifié le visage. Ca mangeait pas de pain, j’aurais pas vraiment perdu en sex-appeal et j’aurais été tranquille le reste de ma vie.

Le village se fait attaquer, Bella et l’avenger nordique se casse et se font attraper par des nains. Nains qui sont de vieilles connaissances de Thor. Ca tombe bien, vive le CDLS ! Les nains, comme toutes les personnes qui ont croisés le chemin de Blanche-Neige la reconnaissent instantanément comme la descendante de feu le bon roi (alors que, je le rappelle, elle a passé 10 ans au cachot… et qu’elle ne porte pas de marque de naissance significative). Les nains lui jurent allégeance et tout le monde décide de se rendre dans le bastion de la résistance contre la reine. Un duc cousin germain ou équivalent du roi décédé. Le duc en question a un fils, fils qui était amoureux de Blanche-Neige durant leur enfance et qui s’est juré de la ramener, se faisant passer pour l’un des 10 gars susnommés. Le bogoss les retrouve et se joint à eux.

Je sais plus trop comment. J’ai un peu décroché à ce moment là du film. Il faut dire qu’on était presque déjà à 1h40 de films et pour bien vous faire comprendre à quel point c’était chiant, j’avais eu l’impression de mater 1h40 de stock-shots d’un documentaire sur la Sologne de la chaîne Chasse et Pêche, entrecoupé ça et là de plans sur Kristen Stewart qui avait l’air d’être constipée en permanence, sur Charlize Theron un peu en roue libre dans son trip vilaine sorcière et de Thor qui répétait visiblement pour les Avengers

Donnez-moi cette pomme que je mette fin à mon propre calvaire cinématographique !

Donc, je ne sais plus vraiment comment la sorcière réussit à se faire passer pour le bogoss amoureux de Blanche-Neige et à lui faire bouffer une pomme moisie. Par contre, ce que je sais, c’est que le baiser du fils du duc amoureux ne la ramènera pas à la vie… Non, parce que quitte à foutre en l’air un conte populaire, autant le faire si complètement que :

  1. C’est le baiser du chasseur qui la ramène à la vie
  2. Blanche-Neige qui – je le rappelle – a passé sa vie au cachot prend la tête de la rébellion en enfilant une armure complète alors que, jusqu’à preuve du contraire, quand on est en taule, on apprend ni a faire du cheval, ni à se battre. Au mieux, quand tu t’appelles Jeanne Garnier, tu peux apprendre à pirater des téléphones portables…

C’est donc dans un grand n’importe-quoi final que Blanche-Neige – qui, je le rappelle encore, ne sait même pas manier un couteau pour étaler du beurre sur sa tartine – s’en va en guerre épée et bouclier à la main contre un château entier et une sorcière adepte de la magie noire…

L’air constipé, sur un cheval.

A ce moment du film, je voulais sincèrement que la méchante reine remporte la victoire. Finalement non. Le bien triomphe du mal et le pays s’offre une nouvelle reine. Hourra.

Mais alors, le fils du duc, il épouse Blanche-Neige ? me demanderez-vous.

Non.

Le chasseur alors ?

Non plus. Les résolutions sentimentales du film sont laissées au bon soin de la suite de la trilogie. Qui n’aura pas lieu pour cause de résolutions sentimentales hors caméra. Ironique, n’est-ce pas ?

De toute façon, il faut bien se rendre compte d’une chose, c’est que en dehors du fait de vouloir revisiter le mythe de Blanche-Neige en le destructurant façon bouffe moléculaire, le scénariste (dont c’est le premier long) a surtout pioché comme un gros rapace dans une vaste collection de films, depuis le Seigneur des Anneaux (et je soupçonne l’accessoiriste d’avoir eu un prix de gros sur les boucliers du Gondor) jusqu’à Mononoke Hime et sa scène quasi-copiée-collée avec le Dieu-Cerf… 

Blanche-Neige et le Chasseur est une gigantesque perte de temps, sauf si vous êtes fétichiste de Kristen Stewart, Charlize Theron, Chris Hemsworth ou de la Sologne… Surtout la Sologne.

En bonus, une parodie sur les révélations de Kristen Stewart suite à son « oups, j’ai glissé sur un autre pénis que celui d’Edward ».