Archives de la catégorie ‘Cher Journal…’

On est en plein milieu de la saison estivale ce qui me semble être le moment opportun pour vous parler de Drøbak, une petite ville balnéaire au Sud d’Oslo. Et si Drøbak est célèbre, ce n’est pas seulement pour son fort qui assura une victoire contre les Nazis durant la seconde guerre mondiale, c’est surtout parce que la ville accueille la maison du Père Noël !

Un bâtiment entier entièrement dédié à Noël, ouvert toute l’année ! Comme toujours, il faudra faire attention aux horaires de fermeture, toujours de bonne heure. A l’intérieur, vous trouverez tous vos accessoires de décoration hivernal, dans une ambiance chaleureuse. Du père Noël en veux-tu en voilà. Des boules, des poupées, des bibelots… Noël se décline sous toutes ses formes, preuve l’événement est marqué en Norvège.

La maison du Père Noël est entièrement artisanale, ce qui signifie que la plupart des objets que vous trouverez sur place sont faits main (avec le petit logo « fabriqué à Drøbak »). Après, en toute honnêteté, on a eu du mal à trouver de la décoration qui ne soit pas totalement moche (le style est particulier) et à des prix sympathiques.

En dehors de cette « attraction » unique, la ville est petite et ne déborde pas d’activité à faire. Les amateurs d’architecture trouveront quelques maisons typiques datant du 19e siècle qui donnent à Drøbak tout son charme.

Pour s’y rendre depuis Oslo, c’est un bus ou un bateau. Et si vous y allez, je recommande fortement un arrêt dans la boulangerie dans la rue parallèle à l’Avenue principale : ils font les meilleurs kanelboller que j’ai pu goûter depuis mon arrivée ici. Passer une petite journée sous le soleil de Drøbak est agréable et peu onéreux (160 NOK l’aller retour en bus) ; une fois le tour de la ville fait, son kanelbolle dans le ventre, il suffit de se poser sur un banc et de profiter de la vue sur le fjord avec un livre. Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la forteresse, ça viendra peut-être un jour.

Publicités

Une des premières choses qu’on me demande depuis que je suis arrivé en Norvège, c’est de savoir si j’ai commencé à apprendre la langue, à quoi ça ressemble et si c’est dur.

La réponse est oui. J’ai mis un peu de temps à m’y mettre, le temps de m’installer, de voir ce que je pouvais faire, à quel prix… Il se trouve en fait qu’il y a une école juste à côté du boulot, donc plus que des considérations pécuniaires, c’est surtout le côté pratique qui m’a poussé à aller chez Alfaskolen en particulier. J’ai donc commencé en Mai dernier à apprendre la langue des locaux.

En toute honnêteté, apprendre la langue n’est pas obligatoire et entraîne des investissements en temps et en argent bien dispensables parce que tous les Norvégiens parlent anglais. Tous ! Il est donc vraiment facile de communiquer avec les autochtones, même si ces derniers commencent systématiquement par vous adresser la parole en Norvégien. Ca me fascine réellement de voir que tout est capable de parler en Anglais, allez faire l’essai à Paris qu’on se marre un coup !

En revanche, s’il est possible de faire la feignasse (j’ai un collègue américain ici depuis 8 ans qui commence seulement à apprendre…), ça devient assez vite fatiguant de vivre dans un environnement où vous pigez que dalle à ce qui se raconte. De plus, je suis assez partisan de l’effort d’intégration : la Norvège est un pays que j’adore, dans lequel j’ai envie de rester, il me semble donc naturel de me sortir les doigts du fondement pour apprendre à communiquer. A noter que nombre de papiers officiels, notamment des permis de travail permanent, des permis de séjour permanent, etc. requièrent de passer un examen pour attester que vous n’êtes pas des quiches en norvégien afin d’être validés. Et puis, je fais parti de ces gens qui apprécient apprendre des langues (ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille quand j’étais plus intéressé par l’Anglais en prépa-math et par le Japonais en école d’ingé), c’est le genre de masturbation intellectuelle qui me plaît.

Comme n’importe quel apprentissage de langue une fois que vous êtes sortis du cadre scolaire, votre progression est découpés en niveau : A1, A2, B1, B2, B3, C1, etc. Plus vous grimpez dans les niveaux, plus on rajoute des couches de complexité. Les fameux examens sus-nommés nécessitent au moins du B2 si ma mémoire est bonne. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai achevé A2. Ce qui me permet de baragouiner des trucs basiques comme commander un billet de train. Sauf qu’on commande les billets de train avec des bornes automatiques… Mais là n’est pas la question !

Je fais deux fois deux heures par semaine, sans compter les exercices à faire à la maison. L’école propose également des sessions par semestre pour avoir plus de jours par semaine. Vous apprendrez la même chose, mais sur un rythme moins intense sur une durée équivalent et pour un peu moins cher. Je paye entre 350 et 450€ chaque session de 5 à 6 semaines. C’est une école privée, donc assez chère. Après, et malheureusement, les tests que l’on passe ici ne sont pas des pré-requis pour passer au niveau supérieur, ce qui peut impliquer des gens qui n’ont pas nécessairement le niveau pour vous accompagner.

Autre point noir, je trouve certains groupes trop nombreux (>10) pour être réellement efficaces, en dépit des petits jeux de rôle pour nous faire parler.

Alors, la question qui tue : est-ce que c’est dur ?

Et bien, c’est moins dur que le Japonais, pour sûr. Et c’est moins dur pour moi que ça peut l’être pour des Indiens par exemple. En fait, si vous vous débrouillez en anglais et grâce à votre connaissance de la grammaire française, vous vous en sortirez par effet d’analogies. Après, cela dépendra essentiellement de votre faculté d’adaptation et de votre motivation.

Finalement, la prononciation des lettres norvégiennes n’est pas si éloignée du français, comparée aux diphtongues de l’Anglais qui nécessitent une patate chaude dans la bouche pour être proches du correct. Un u se dit « u », un o « ou », un a « a », un e « é/è »… Après, il y a des sonorités pas faciles à appréhender, comme le i et le y. Techniquement, les deux ont même son « i » ; le premier nécessite de le faire avec le sourire, le deuxième avec les lèvres en avant… Une subtilité qui échappe à mon oreille pas musicale pour deux sous. On vire aussi les trucs un peu inutiles genre « -que », les sons de ce type étant remplacés par des k. Les trois lettres exotiques sont å, ø et æ, respectivement prononcées « o », « eu » et « a », mais pas le même « a » que le a…

Après, les profs ont tendance à dire que vous prononcez ce que vous voyez, a contrario du français qui rajoute des trucs qui se disent pas. Les fameux « -que », x et s des pluriels, « -eau » et j’en passe. Ceci étant, plus vous avancez, plus vous constatez que c’est un peu la poêle qui se moque du chaudron, le norvégien ayant lui aussi tendance à ne pas prononcer certains d, certains g ou à changer la prononciation de k en « gue »…. Par exemple, le « fjord » que j’utilise pour titrer cette série d’articles se prononce « fiorde » à la française ; à la norvégienne (donc techniquement la vraie prononciation parce que des fjords, on n’en trouve qu’en Norvège) ça se prononce « fiour »…

Bref, tout ça pour dire que oui, j’apprends le norvégien et que non, ce n’est pas hyper compliqué. Et puis en fonction des professeurs on fait des trucs marrants et on reçoit des Kinder si on travaille bien…

img_0954

Il est temps de faire un point bouffe sur la Norvège. L’autre pays de la pizza.

En Norvège, on bouffe mal. Point barre. Pizzas, hamburgers, hot-dogs, tacos… Si c’est de la junk food, ça finira probablement dans votre estomac si vous vivez là ou passez en touriste. Vue la dose de sport qu’ils font, ils peuvent se le permettre sans mal.

Certes. Mais qu’en est-il de leurs plats typiques ? De trucs bien de chez eux ? Et bien c’est le drame. Il n’y a rien. Pire, ici, la bouffe semble être considéré comme un simple moyen de remplir les besoins essentiels en calories. La cuisine n’est pas un art et la recherche gustative se limite à bien peu de choses, en dépit d’un festival de la bouffe qui s’est tenu début septembre. Leur R&D gastronomique se limite aux saucissons, saumon fumé et aux glaces.

En dehors de ça, ne demandez pas un norvégien de cuisiner, il vous sortirait une casserole pour faire bouillir votre entrecôte !

Vous croyez qu’on ne pourrait pas descendre plus bas ? Erreur ! J’ai trouvé les plus infâmes aberrations culinaires qu’il vous sera donné de voir dans un super-marché : le fromage en tube !

fromage en tube 1

Un peu de bleu ? Du fromage avec 50% de bacon peut-être ?

fromage en tube 2

Fromage au piment ? De l’emmental ? Non ? Même pas celui goût crevette ?

Quand je disais qu’il n’y avait pas de plat typique, j’ai largement exagéré pour les besoins de mon propos. On peut facilement trouver du renne surgelé, à vous de vous débrouiller pour lui éviter la bouillante.

Mais surtout, il y a la baleine. Oui, olala, de la baleine, bouh, c’est mal, et pourquoi pas du phoque pendant qu’on y est ! Désolé, j’ai pas encore trouvé de phoque à Oslo, faut sûrement aller plus au nord… Quant à la pauvre baleine, je suis sûr qu’elle a eu une meilleure vie que la vache qui finit régulièrement dans votre assiette (j’ai d’ailleurs sérieusement réduit ma consommation de viande rouge depuis que je suis arrivé en Norvège, mais c’est un autre débat). Alors comme je suis tombé sur de la baleine et que j’en avais jamais mangé, j’ai goûté ! Et c’était vachement bon !

Il est super dur de trouver un restaurant typiquement norvégien. Celui qui s’en rapprochait le plus alors qu’on cherchait au hasard de quoi se sustenter à l’occasion de l’anniversaire de ma maman s’est trouvé à Aker Brygge. Le Lofoten. Chic (en accord avec l’environnement du port et du nouveau quartier environnant), un peu cher évident, la carte propose majoritairement des produits de la mer aux touristes de passage. Et du steak de baleine ! Ce qu’on a tous pris, parce qu’on veut pas mourir idiot dans la famille.

img_2223

Ca se mange comme un steak et bien saignant (plus vous faites cuire, plus vous aurez l’impression de bouffer de la semelle). Le goût est puissant et marin, très intéressant, a fortiori pour les amateurs de viande rouge. Car oui, la baleine est un mammifère, donc sa viande est rouge. Je n’en mangerai pas tous les jours, par respect pour les baleines, ni même tous les mois, mais je persiste à dire que pour une fois qu’il existe un plat typiquement norvégien, il serait idiot de se priver d’une telle expérience gustative si vous passez dans le grand nord !

Grimm: Dark Legacy, le jeu sur lequel j’ai bossé ces derniers mois, est désormais disponible sur Steam !

Basé sur la licence de la série télé éponyme diffusée sur NBC (SyFy & NT1 pour la France), le jeu se déroule au XVe siècle et vous jouez un ancêtre du protagoniste de la série et propose un nouveau point de vue sur l’univers de la série, toujours en affinité avec l’Histoire.

Je travaille dessus depuis février dernier, d’abord en qualité de Story Designer (donc, à défaut de vous proposer un nouveau roman, vous pouvez découvrir l’histoire que j’ai écrite dans l’univers de Grimm) puis comme Balance Designer. En gros, je n’étais pas à la barre du Game Design et high concepts mais les collègues ont produit un mix combat-survie-craft intéressant dont j’avais la lourde tâche de rendre agréablement équilibré pour une frange de population allant du casual qui arrive par hasard ici parce qu’il a tapé « Grimm » dans google jusqu’au hardcore qui a retourné Dark Souls les yeux fermés. Au final, on s’en est pas trop mal sorti je crois…

Il s’agit d’un « survival rogue-lite », un jeu de survie (Don’t Starve) de type « die & retry » (Dark Souls) mais plutôt dans la catégorie pas prise de tête. Enfin, au moins au premier niveau de difficulté ; aux suivants, je vous garantis que j’ai pas calibré le jeu pour les p’tits slips !

Grimm: Dark Legacy est la somme combinée d’une quinzaine de talents éparpillées en Norvège, Russie et Angleterre, un travail 18 mois avec des hauts et des bas et c’est donc toujours avec une certaine appréhension qu’on lâche son bébé dans la nature, entre les mains de joueurs exigeants. J’espère que vous lui réserverez un bon accueil et qu’il vous plaira. Si c’est le cas, n’hésitez pas à mettre un pouce en l’air et un commentaire sur Steam, ça aide toujours à la bonne visibilité du titre et de notre travail.

Grimm: Dark Legacy vous est proposé pour la modique somme de 15$ (donc 15 euros parce que magie de l’économie financière) et je ne peux que vous inciter à vous procurer votre copie dans les délais les plus brefs.

Attention, pour ceux à qui l’anglais donne de l’urticaire, je précise que le jeu est uniquement disponible dans la langue de Shakespeare pour le moment, MAIS la traduction française arrive bientôt pour ceux qui ne maîtriseraient pas la langue de Benny Hill.

Toutes les informations sur la page Steam du jeu.

Merci à tous ceux qui partageront l’information sur les réseaux sociaux ! Si vous avez des questions ou commentaires, comme toujours, n’hésitez pas !

Oslo est une ville d’art et de culture. N’importe qui s’intéressant à l’un où l’autre aura tôt fait de passer l’entièreté de ses vacances à se balader d’un musée à l’autre. Personnellement, je pige que dalle à la peinture ; je serais incapable de faire la différence entre une toile de maître et une croûte, alors à moins de faire une visite guidée ou avec quelqu’un de calé pour m’expliquer les bases, je n’ai pas encore trouvé l’occasion de visiter un musée de peinture.

Mais j’ai eu l’occasion de faire pas mal de musées culturels, notamment historiques. Et l’un des incontournables quand on vient à Oslo est celui des bateaux vikings: vikingskiphuset.

img_1490

Ce musée est situé sur la presqu’île de Bygdøy où vous pourrez vous rendre de deux façons : le bateau ou le bus depuis Rådhuset. De toute façon, vous utiliserez votre carte de transport classique si vous l’avez chargée pour la durée de votre séjour. L’entrée adulte chiffre à 8 €, comme la plupart des musées du coin. Note : si vous êtes du genre à condenser vos visites, l’Oslo Pass est une alternative intéressante si vous estimez pouvoir le rentabiliser.

img_1377

Situé sur l’île de Bygdøy, les marathoniens des musées pourraient enchaîner avec le musée folklorique, le Fram, le Ton Tiki mais ce serait comme avaler cul sec un vin millésimé. Autant prendre son temps. A ce propos, je présenterai d’autres de ces musées dans des éditions ultérieures de « Au pays des fjords ». De plus, si vous ne panez pas l’anglais, autant vous prévenir de suite : les visites vont être compliquées puisque la plupart des panneaux explicatifs sont uniquement dans la langue de Shakespeare et de Isben. Dans le cadre du musée viking, sachez que la lecture et l’observation de tout ce qu’il y a dans le bâtiment prend au bas mot trois heures.

img_1406

Le musée se découpe en 4 parties, 3 étant dédiées à 3 bateaux, la quatrième aux objets retrouvés avec. Et la première chose qui frappe en arrivant, c’est la taille des drakkars ! Vraiment ! D’autant plus que le plus beau et le mieux conservé est mis à l’entrée, donc l’effet « wow ! » est immédiat. On ne se fait pas une réelle idée d’un bateau viking avant d’avoir été à côté ; même si vous regardez l’excellent série Viking, vous ne pouvez pas vous figurer la taille à moins de voir le bestiau de visu (plus de 22 mètres de long, plus de 5 de large).

img_1488

Vous pouvez aussi regarder la photo et faire des règles de 3 à partir de la donnée 1m82 modulo le facteur flou…

Le vikingskiphuset contient donc trois bateaux – dont deux en excellent état – qui ont été utilisés comme dernière demeure de personnages importants (probablement des rois ou chef de clans) dont une femme. En d’autres termes, les rites funéraires traditionnels pour les personnes de haut rang consistaient à se faire enterrer dans un bateau et de construire le tertre autour. Les bateaux ont été mis à jour au début du XXe siècle, soit plus de 1000 ans après les funérailles. Comme souvent dans ces cas-là, l’archéologue n’est pas le premier à passer et finalement il ne retrouve que ce que les pilleurs de tombe ont voulu laisser. En d’autres termes, point d’or ni arme mais une grande quantité d’objets de vie de tous les jours permettant de mieux comprendre la société viking (des pots, des coffres, des cuillères, etc. mais aussi des choses beaucoup plus exotiques comme des chariots ou des traîneaux). Cette fouille archéologique a permis de mettre au jour l’unique textile d’époque permettant de comprendre la façon dont ils s’habillaient.

img_1475

A noter que la boutique du musée est bien (i.e. le mieux) fourni en ouvrages littéraires pour ceux qui s’intéresseraient aux vikings (en plus de tout les trucs à touristes genre magnets et cartes postales).

De tous les musées que j’ai pu faire à Oslo, c’est indéniablement mon préféré !