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Oslo est une ville d’art et de culture. N’importe qui s’intéressant à l’un où l’autre aura tôt fait de passer l’entièreté de ses vacances à se balader d’un musée à l’autre. Personnellement, je pige que dalle à la peinture ; je serais incapable de faire la différence entre une toile de maître et une croûte, alors à moins de faire une visite guidée ou avec quelqu’un de calé pour m’expliquer les bases, je n’ai pas encore trouvé l’occasion de visiter un musée de peinture.

Mais j’ai eu l’occasion de faire pas mal de musées culturels, notamment historiques. Et l’un des incontournables quand on vient à Oslo est celui des bateaux vikings: vikingskiphuset.

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Ce musée est situé sur la presqu’île de Bygdøy où vous pourrez vous rendre de deux façons : le bateau ou le bus depuis Rådhuset. De toute façon, vous utiliserez votre carte de transport classique si vous l’avez chargée pour la durée de votre séjour. L’entrée adulte chiffre à 8 €, comme la plupart des musées du coin. Note : si vous êtes du genre à condenser vos visites, l’Oslo Pass est une alternative intéressante si vous estimez pouvoir le rentabiliser.

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Situé sur l’île de Bygdøy, les marathoniens des musées pourraient enchaîner avec le musée folklorique, le Fram, le Ton Tiki mais ce serait comme avaler cul sec un vin millésimé. Autant prendre son temps. A ce propos, je présenterai d’autres de ces musées dans des éditions ultérieures de « Au pays des fjords ». De plus, si vous ne panez pas l’anglais, autant vous prévenir de suite : les visites vont être compliquées puisque la plupart des panneaux explicatifs sont uniquement dans la langue de Shakespeare et de Isben. Dans le cadre du musée viking, sachez que la lecture et l’observation de tout ce qu’il y a dans le bâtiment prend au bas mot trois heures.

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Le musée se découpe en 4 parties, 3 étant dédiées à 3 bateaux, la quatrième aux objets retrouvés avec. Et la première chose qui frappe en arrivant, c’est la taille des drakkars ! Vraiment ! D’autant plus que le plus beau et le mieux conservé est mis à l’entrée, donc l’effet « wow ! » est immédiat. On ne se fait pas une réelle idée d’un bateau viking avant d’avoir été à côté ; même si vous regardez l’excellent série Viking, vous ne pouvez pas vous figurer la taille à moins de voir le bestiau de visu (plus de 22 mètres de long, plus de 5 de large).

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Vous pouvez aussi regarder la photo et faire des règles de 3 à partir de la donnée 1m82 modulo le facteur flou…

Le vikingskiphuset contient donc trois bateaux – dont deux en excellent état – qui ont été utilisés comme dernière demeure de personnages importants (probablement des rois ou chef de clans) dont une femme. En d’autres termes, les rites funéraires traditionnels pour les personnes de haut rang consistaient à se faire enterrer dans un bateau et de construire le tertre autour. Les bateaux ont été mis à jour au début du XXe siècle, soit plus de 1000 ans après les funérailles. Comme souvent dans ces cas-là, l’archéologue n’est pas le premier à passer et finalement il ne retrouve que ce que les pilleurs de tombe ont voulu laisser. En d’autres termes, point d’or ni arme mais une grande quantité d’objets de vie de tous les jours permettant de mieux comprendre la société viking (des pots, des coffres, des cuillères, etc. mais aussi des choses beaucoup plus exotiques comme des chariots ou des traîneaux). Cette fouille archéologique a permis de mettre au jour l’unique textile d’époque permettant de comprendre la façon dont ils s’habillaient.

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A noter que la boutique du musée est bien (i.e. le mieux) fourni en ouvrages littéraires pour ceux qui s’intéresseraient aux vikings (en plus de tout les trucs à touristes genre magnets et cartes postales).

De tous les musées que j’ai pu faire à Oslo, c’est indéniablement mon préféré !

Dans l’épisode précédent…

Cher Journal,

Pour mon premier week-end à Oslo, il a fait un temps démentiellement beau. Ciel bleu, grand soleil, température décente (10-15 degrés). J’en ai donc profité pour faire mon touriste et me balader à pied dans la ville. J’ai fait la plupart des spots à touristes, ceux qui n’impliquaient pas de payer pour visiter ou prendre un bateau ceci dit. Je voulais juste profiter du temps et de la ville… Quand il fera moche, j’aurai tout le temps de m’enfermer dans un musée. Photos choisies!

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L’opéra (temps couvert = photo pourrie)

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La forteresse (caserne militaire et ancien chateau)

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L’hôtel de ville, pour le moins austère…

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Le port

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Le bord de mer, face au fjord

Mais bon, à partir de ce moment-là, j’ai arrêté de prendre des clichés… De toute façon, en mettant les photos dans l’article, je me suis rendu compte qu’elles étaient bien dégueulasses…

J’ai aussi arpenté le parc du palais royal, le centre-ville avec sa grande avenue blindée de monde façon Champs Elysée, sa cathédrale, etc… J’en ai également profité pour pour repérer le magasin de geeks de la ville (c’est pratique, il fait comics, manga, magic, jeux de société, Lego… tout en même temps) et le magasin de vinyles.

Que puis-je dire sur mes premières impressions de la ville ?

  • D’une part c’est propre ! Je ne vais pas comparer par rapport à Paris… Mais pas de crotte de chien dans la rue, pas de tag (un peu, faut pas se leurrer, mais pas des masses), pas de déchets…
  • Les immeubles sont vraiment variés. Souvent dans un style « Empire » et décoré. Beaucoup de matériaux différents sont utilisés pour la construction, beaucoup de couleurs différentes cassent la monotonie visuelle et donne un aspect charmant au centre-ville. Bref, c’est une très jolie ville !
  • Oslo possède une quantité industrielle de musées. Il n’est donc pas rare de voir l’Art débordé dans la rue avec quelques oeuvres plus ou moins discrètes, plus ou moins jolies suivant ses goûts personnels.
  • Vu que je viens d’une petite ville de province et qu’avant j’étais à Dubaï, ce genre de choses me surprend toujours, mais vous trouvez à Oslo les mêmes mendiants que sur les Champs Elysée. Les mêmes ! Mais si, vous savez bien, ceux avec une béquille mais qui marche bien deux rues plus loin, ceux qui prient toute la journée devant un gobelet McDo…
  • La plupart des personnes commencent par me parler en norvégien ! Une fois qu’ils comprennent que je pige que dalle à leur dialecte de vikings, ils changent naturellement en anglais. Donc aucune difficulté pour se faire comprendre. En revanche, vous trouverez peu d’indications sur les panneaux dans une autre langue que celle du pays (contrairement à Dubaï par exemple). Même sur les rares menus qui me sont passés sous les yeux. Ceci dit, j’imagine que c’est pareil à Paris… Ceci dit, ça me pousse vraiment à prendre des cours de norvégien une fois que je me serai fixé !
  • Les gens bouffent des glaces dehors par 10 degrés.
  • Ici, on roule beaucoup électrique. En témoigne les parkings avec les bornes de recharge. Comme quoi même si le pays doit sa prospérité économique au pétrole, on a compris qu’il fallait mieux le vendre et réfléchir écologique…

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En définitive, c’est déjà une ville dans laquelle je me sens bien et dans laquelle il fait bon vivre ! Au moins par temps ensoleillé. Pourvu que ça dure…

Voilà pour mes premières impressions à chaud. D’autres à venir, mais il va falloir songer à arrêter de faire le touriste et faire les démarches administratives pour s’installer !

Cher Journal,

En bon touriste, j’ai décidé d’aller faire un truc de gros touriste : aller à la Marina. La Marina est un port de plaisance 100% artificiel, un quartier résidentiel et une plage. Le tout saupoudré du minimum nécessaire pour attirer le chaland : des bars.

Mais pour bien restituer le contexte, les touristes qui passent leurs vacances à la Marina ont tendance à aller dans ce genre d’hôtel :

Autant dire que je suis pas trop dans la cible. J’y suis allé dans l’après-midi, pas spécialement le meilleur moment. Déjà parce qu’il fait chaud. Ensuite parce que la Marina est le genre d’endroit qui s’anime plutôt à la tombée de la nuit, quand les jet-setteurs commencent à sortir de leur trou pour squatter les terrasses des bars à chicha avant de se retrouver sur un bateau privé pour faire la fête.

Comme il est particulièrement délicat de se procurer de l’alcool à Dubaï et interdit de se balader pinté en pleine rue, les touristes locaux ont trouvé la faille en allant en mer pour se bourrer la gueule.

En toute objectivité, la Marina est à ranger dans les quartiers sans intérêt: pour le coup, il n’y a vraiment rien à visiter, les bâtiments sont tous interchangeables… sauf le bâtiment qui twiste. Bâtiment qui, comme tous, n’est pas fini.

« Ce serait bien de mettre un parc pour les enfants, monsieur le Maire… »

« Z’avez qu’à le foutre sous un pont. Il me faut de la place pour mon prochain Mall ! »

Le port de plaisance n’a de typique que les quelques boutres (bâteaux traditionnels) qui font la liaison entre la partie nord et sud du canal.

Entre la plage et le canal, on trouvera les tours d’habitation à loyer démesuré et une gigantesque rue qui n’est pas sans rappeler l’esprit 90210 (Beverly Hills et la Califonie, quoi. Voire Miami). Une petite rue vaguement commerçante bordée de palmiers et d’hôtels de luxe.

Je suis pas très plage (j’ai fait une overdose quand j’était petit) mais je dois bien avouer qu’en m’y baladant, je serais bien allé piquer une tête (eau à température idéal, peu de monde, pas d’algue, pas de méduse…) mais j’avais pas de maillot. Après ça reste une plage à touriste, du genre « 15 minutes de chaque côté ».

Mais durant ma promenade, je suis tombé sur un mec et ses deux chameaux (enfin des dromadaires pour être exact). Curieux de nature, je suis allé voir. En dépit de l’accent incompréhensible du mec, j’ai compris qu’il s’agissait de deux frères, agés de 9 et 15 ans. Ma théorie sur le chameau, c’est qu’il n’en a rien à battre de ta vie. Il avance quand on lui dit d’avancer, se lève ou s’assoie sur ordre et le reste du temps, il vit sa vie dans son petit monde à lui et préfère résoudre des équations différentielles de tête plutôt que s’intéresser à toi.

Photo touriste ! (Oui, je suis pas rasé, mais j’avais pas prévu de me faire tirer le portrait en compagnie de camélidés)(Oui, j’ai aussi le soleil en pleine gueule)

« Alors, la racine carré de l’intégrale de 0 à l’infini du cosinus du nombre de grain de sable que je peux compter égale… »

L’air de rien, rencontre des chameaux en vrai, ça a justifié ma journée et cette balade à la Marina ! J’étais content.

En bonus, pour rester dans le domaine animalier, florilège de la faune à plumes qu’il est possible de rencontrer à Dubaï !

Battleship est un film réalisé par Peter Berg, avec Taylor Kitsch (John Carter), Rihanna (under my umbrella-ella-ella-ella), Liam Neeson (L’Agence Tout Risque) d’après un scénario un peu copié-collé de Erich Hoeber (Red)

Rue de la paix, dernier étage de la tour Hasbro, le bureau du PDG. Se tient actuellement la réunion de fin de bilan financier où sont présentes toutes les huiles de la société, équipe marketing comprise. Cigare au bec, le PDG se lève, dépose son haut de forme et sa canne pour prendre un énorme cigare et le coincer dans son sourire de requin.

On a fait du bon boulot cette année ! Ca faisait trop longtemps qu’on se repose sur les acquis et les rentes du passé. Mais désormais, on a une nouvelle ligne directrice, une nouvelle comète qui laisse dans son sillage une chiée de dollars et nous on n’a qu’à les ramasser ! Les consommateurs sont vraiment des crétins et ils en redemandent. On a fait Transformers et ça a fait un carton ! D’ailleurs, Janine, envoyé une corbeille de fleurs à Michael Bay et glissez un jeu RISK dedans, on sait jamais ! On a dépoussiéré la licence GI Joe avec un film tellement merdique qu’on a réussi à le vendre aux cerveaux pulpés de tous nos compatriotes américains ! Mais maintenant, il nous en faut plus ! GI Joe 2 est en chantier…

Le PDC prend une pause dans son discours pour éclater de rire d’un rire maniaque, longuement travaillé devant son miroir pour le jour où il pourrait le placer. Ce n’est pas encore ce jour, mais ça fait son petit effet. Puis il reprend :

Bref, GI Joe 2, Transformers 4. Mais je note que c’est tout ! Qu’est-ce vous branlez au marketing ? Et les VP, hein ? Vendez-moi des licences, vendez du rêve aux studios de cinoch !

C’est-dire, intervient un type du marketing, on pensait tellement que GI Joe se casserait la gueule quand on a vu le premier montage qu’on s’est dit qu’on devait arrêter les frais.

Vous ! Peu importe votre nom, vous êtes viré. Sortez d’ici ! Je ne paye pas le marketing pour se dire des trucs, encore moins pour penser.

Le type lève, prend ses affaires et sort. Un silence de mort règne à présent dans la salle. Le PDG est satisfait, désormais, il sait que ses collaborateurs ne prendront la parole pour ne dire que des paroles sensées, ponctuées de dollars.

Alors ? J’attends des noms de licences qu’on va vendre aux studios !

Tout le monde se regarde en se demandant qui aura le courage de sortir le premier nom. Les yeux se tournent ostensiblement vers le responsable des marques, qui finit par dire :

On a bien Action Man

Je veux bien qu’on prenne le consommateur pour un couillon, mais là c’est exactement la même chose que GI Joe ! Autre chose !

On a Play-Doh… Ca pourrait faire un film sur une race d’extraterrestre en pâte à modeler qui envahissent la terre… dit un autre.

Pas mal, quoi d’autres ?

Boggles ! s’exclame un autre.

Et pourquoi pas le Trivial Poursuit ! Vous êtes viré ! répond le patron.

Le type se lève, prend ses affaires et sort.

Euh… Vous avez bien Touché-Coulé

Le patron s’arrête et pose les yeux sur un consultant scénario pour les grands studios.

B9, C10 et compagnie ? Comment voulez-vous faire un film avec ça ?

On pourrait repomper Transformers

Ca me plait déjà ! Détaillez !

Bah, on aurait un héros tête brûlée qui grandit au travers des épreuves qu’il affronte. Et puis, il a une copine hyper bombasse qui sert à rien, mais elle est bombasse. Des extraterrestres arrivent sur terre par un truchement scénaristique à développer et puis pour les combattre, ya que des navires de guerre… On place une scène où tout le monde balance une lettre et un chiffre et le tour est joué ! On va jouer sur la fibre patriotique et post-Afghanistan en mettant en avant les vétérans et ça va plaire au public. On est les putains de USA, on vend de la guerre ! Je connais un pote qui pourrait écrire ça…

C’est pas mal, mais il faudra que ce soit plus intelligent que Transformers

On placera des références à Sun Tzu et l’art de la Guerre. On mettra aussi des Japonais pour nettoyer le traumatisme Pearl Harbor. Pour la musique, on fera appel à Steeve Jablonsky. Personne regarde les crédits et personne verra que c’est lui qui a aussi fait Transformers. Pour couper la sauce, on balancera du AC/DC qui tâche sur des plans épiques. Et puis, imaginez la scène, un battleship américain contre une base alien 10 fois plus grosse, et le cuirassé fait un 180° avec une ancre ! De l’épique !

Ca pourrait marcher, intervient un type du marketing, mais il faudrait des acteurs bankables. On pourrait prendre Jeremy Renner.

Il sera pas dispo avec les Avengers. En revanche, si on fait appel à Peter Berg à la réal, il pourra embarquer une partie du staff de la série Friday Night Lights. A commencer par Taylor Kitsch ! Il vient de faire John Carter pour Disney. Bon, le film va se viander, mais l’acteur aura eu une grosse exposition : en gros, Disney aura payé notre campagne pour vendre Kitsch. Après, on rajoute un vieux pas trop vieux, genre Liam Neeson. De toute façon, Star Wars a ruiné sa carrière, il est obligé de travailler avec des mecs comme Luc Besson maintenant, on l’aura pour une bouchée de pain. En plus Berg est moins un tâcheron que Bay, on a tout à gagner !

Et la bombasse, vous avez parlé d’une bombasse !

On s’en fout du nom de la bimbo. Elle aura un rôle ridicule, elle suera en permanence comme après une folle partie de baise, Berg fera des plans sur son cul et tout ira bien. En revanche, je suggère en plus de prendre une actrice bidon. Genre une chanteuse. Rihanna, tiens ! Elle fout rien de sa vie, elle est bonnasse, on la case dans un rôle de dur à cuire interchangeable et on se crée un buzz aussi autour d’elle. Deux pour le prix d’une !

C’est génial ! On va le faire ! Et puis on fera un film sur le Monopoly aussi. Et le Ouija ! Et puis rappelez-moi le mec du Boggles finalement !

La session se conclut sur un nouveau rire maniaque du PDG d’Hasbro qui voyait déjà le chemin de billets verts qui le mènerait à la conquête du monde. S’il arrivait à vendre Touché-Coulé, plus rien ne l’empêcherait de faire des films avec des licences improbables comme Puissance 4 !

Des mois plus tard, devant son écran, Oliver Castle regarde le produit de cette folle idée que de produire un film sur la licence Touché-Coulé. Un film avec des bateaux… Des bateaux et des aliens. Un Transformers sur l’eau… C’était pas gagné d’avance.

Mais c’est trop trop bien ! C’est complètement débile mais qu’est-ce que c’est cool ! Aussi cool que de mater un Ghost Rider 2 ! Acteurs en carton, clichés à tout va, caractérisations médiocres, scénario copié-collé, apologie de l’armée à peine voilée, fibre patriotisme gnan-gnan usée… Mais qu’est-ce que cool à regarder ! Un bon gros blockbuster qui remplit son rôle de blockbuster décérébré ! Franchement, je recommande pour le trip en mode quasi-crétinage assumé ! J’ai passé un excellent moment, primaire certes, mais excellent !

Dans l’épisode précédent…

Comme annoncé par l’autre vilain trop sûr de lui, le sanctuaire de la Confrérie Noire est pris d’assaut par la garde personnelle de l’Empereur qui s’en donne visiblement à cœur-joie ! Mon fidèle Crindombre est allé combattre comme un grand quelques félons représentants de l’armée impériale en poste tandis que J’enfilais mes flèches comme des perles dans les genoux des gardes (comme il est de coutume dans ce pays de dingues).

L’intérieur du sanctuaire était en proie aux flammes quand je suis rentré. D’autres gardes massacraient et pillaient sans vergogne mes frères de culte. Il s’avère que le type qui puait le chien mouillé était effectivement un loup-garou… Comme quoi ce pays ne cessera donc jamais de me surprendre ! Loup-garou ou pas, il a succombé sous les coups de glaives mollement portés par des premières classes que j’ai expédiées en enfer bien plus rapidement que lui ! Le chien puant est mort, le vieux aussi, l’elfe noire aussi, Veesara itou… Même l’araignée de compagnie n’a pas survécu à l’incendie ! J’ai retrouvé le type de l’Enclume. Une fois le couteau sous la gorge, il m’a assuré qu’il n’était pas le traître. La fillette vampire a tenu le même discours.

Restait plus qu’Astrid à trouver. Je suppose que pas souci de tragédie, les Dieux feraient en sorte que la traîtresse, ce soit elle.

Mais l’incendie gagnait encore et encore du terrain. Je ne pouvais pas la laisser s’échapper et je ne pouvais pas fuir. J’ai dit aux deux survivants de se casser pendant que je partais en quête de dessiner un ultime sourire d’une oreille à l’autre sur cette bonne vieille Astrid. Même si elle n’était pas celle qui nous a vendus, elle le méritait pour tous les allers-retours qu’elle m’a fait faire dans le vent et pour avoir failli me faire tourner chèvre.

Bon… Il s’avère que j’ai un peu laissé la situation dégénérer côté incendie… Je me suis retrouvé piégé… Sans autre alternative que de m’enfermer dans le sarcophage de la Mère de la Nuit… Encore… A situations désespérées, remèdes désespérés ! Et me voilà de nouveau allongé auprès d’un cadavre puant, les yeux fermés en train de penser à des fourmis travaillant sur une souche, à Muiri et à des petits chats… Je crois que la Mère de la Nuit m’a encore parlé. J’ai pas écouté tant elle refoulait du bec et je me suis concentré sur les petits chats et mes envies de meurtres envers Astrid et Bordeciel tout entier pour m’avoir mis encore dans cercueil avec un macchabé !

Le lendemain matin, les deux autres membres survivants de la Confrérie Noire m’ont retrouvé. Ils sont aussi retrouvé Astrid. Encore en vie. J’aurais dû la buter sur le champ. Mais plutôt que de crever bien normalement, il a fallu qu’elle mette en scène sa mort façon drama-queen ! A moitié carbonisée, elle avoue que c’est elle qui a vendu la Confrérie Noire parce que je devenais trop important et que je lui faisais de l’ombre…

J’ai senti qu’elle allait encore me faire un speech mielleux à base de « je suis désolée, j’ai glissé » alors j’ai dit que ça suffisait la tragédie foireuse et j’en ai fini avec cette pétasse qui me gonflait depuis le départ avec ces jeux de pouvoirs.

« T’as joué, t’as perdu ! T’as essayé de me doubler, tu l’as eu dans le cul ! »

C’est sorti comme ça. Je me sentais pas particulièrement poète à ce moment-là, mais c’était approprié. Ensuite, j’ai regardé les autres et j’ai dit :

« Bon, maintenant, ça suffit les conneries ! On va arrêter de ce toucher la nouille et on va remettre à flot cette confrérie à la noix. Déjà, le patron, c’est moi ! Car vous avez bien fait montre, chacun à votre manière, que vous êtes deux gros branleurs de première ! Pas autant qu’un membre de la guilde des voleurs, mais pas loin ! »

Ils ont pas pipé un seul mot, étonnés de voir que je savais parlé, en fait. L’avantage de ne jamais parler, c’est qu’on vous écoute quand vous l’ouvrez ! J’en déduis que ça fait de moi, et dès maintenant, le grand patron de la Confrérie Noire ! Je ne peux qu’imaginer la fierté que ressentirait mon père s’il me voyait…

« Toi, là, le type de l’Enclume. Je te nomme super-intendant. Occupe-toi de tout ce que j’ai pas envie de faire, comme le recrutement ! Et toi la môme vampire, t’as qu’à continuer de berner les petites vieilles en attendant de me prouver que t’es réellement utile. Au fait, j’ai pas buté Cicéro, il va sûrement revenir. Il sert à rien non plus mais il porte la Mère de la Nuit, c’est toujours mieux que rien. On va s’installer dans le sanctuaire de Aubétoile, j’irai voir un pote de la guilde des voleurs qui me fera un prix discount pour aménager le tout de façon nettement moins glauque. »

Ils ont opiné du chef. Tant mieux ! J’étais tellement sur les nerfs que j’aurais buté le premier qui mouftait ! Mon père me dirait aussi qu’un bon argonien fini toujours la tâche pour laquelle il a reçu des sous. J’ai donc ajouté :

« Enfin, comme JE dois toujours tout faire dans ce pays, JE vais personnellement m’occuper du contrat en cours et buter pour vrai le vrai Empereur ! Et comme depuis le départ, on n’arrête pas de m’envoyer à Solitude, je suppose qu’il se terre là-bas maintenant qu’il croit la menace de l’Oreille Noire écartée. Ah oui, et désormais, pour vous, c’est « Oreille Noire » ! Pas « machin », ou « bidule » ou « le bleu » ! « Oreille Noire » ! Pigé ? »

Nouvel opinage du chef de mes nouveaux larbins. Non mais !

Et direction Solitude !

Le bateau de l’Empereur… et l’ombre funeste de l’Oreille Noire qui plane au-dessus !

Comme j’avais bien les nerfs en pelote, en guise d’apéritif, je me suis fait le garde impérial qui avait marchandé ma mort avec Astrid. Il était sur le port. Je l’ai tué lui et tous les types sur le port indistinctement ! Ensuite, je suis allé sur le bateau de l’Empereur qui mouillait dans la baie.

Et. J’ai. A-ssa-ssi-né. Tout. Le. Monde.

Marins, gardes, empereur, la poule du garde-manger… Tout. Le. Monde.

Ça m’a fait un bien fou ! L’Empereur était très courtois et très lucide sur le fait que le subterfuge de l’épisode 17 ne le sauverait pas de la terrible vengeance de l’Oreille Noire. Il a été d’accord pour que je le tue sans faire d’histoires (dans le genre mood-killer, il se posait là lui !) mais il voulait aussi que je tue celui qui voulait que je le tue.

Tant que je peux rendre service…

Et donc, là, c’est le vrai Empereur qui goûte ma lame…

Ce dernier acte mettant fin à mes aventures avec la Confrérie Noire, il était temps de passer sérieusement à autre chose.