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The Raid : affiche

The Raid est un film écrit et réalisé par Gareth Evans avec Iko Uwais et plein d’autres acteurs indonésiens.

Dans un Jakarta que j’espère sincèrement fictif, un baron de la drogue règne en maître sur son quartier et plus particulièrement sur son immeuble. Lassés d’être pris pour des guignols, la police envoit une équipe d’élite à l’assaut du bâtiment pour déloger le vilain. Sauf que l’équipe d’élite est composée de bleusailles inexpérimentées, que le vilain savait qu’il allait se faire attaquer et que l’expédition vire à la boucherie. Reste un homme plus doué et plus malin que les autres qui entend bien remplir sa mission, quitte à buter jusqu’au dernier des types dans ce building !

Comme tout à chacun, j’apprécie les films qui ne nécessitent qu’une portion congrue de mes facultés intellectuelles. The Raid fait partie de ceux-là. Après tout l’affiche française annonce clairement la couleur : action, action, action ! Du gunfight, des arts martiaux, de la bravoure, de l’héroïsme, des méchants très méchants, un gentil qu’il faut pas emmerder et 16 étages d’adrénaline.

The Raid : photo

J’ai un peu laissé passer la hype autour du film pour ne m’y intéresser qu’à l’approche de sa suite dont la chronique est prévue pour les jours à venir. J’ai donc pris le film loin de la vague, avec un peu de recul et sans en attendre grand chose. Et bien, je suis bien obligé d’admettre que son statut culte n’est pas forcément volé et qu’il envoie sérieusement du pâté ! Les amateurs d’action débridée devraient frôler l’orgasme. L’action est impressionnante, les combats ultra-dynamiques et le scénario sous haute tension. Je m’attendais à une pauvre excuse pour filmer de la tatane, il s’avère nettement plus riche que la promesse du film hydrocéphale que le marketing s’est acharné à nous vendre.

Inconnu au bataillon des films d’action, Gareth Evans est loin d’être un manche dans sa mise en scène ! Ses combats filmés en espaces réduits (des couloirs pour la plupart) sont chorégraphiés avec brio et une brutalité simple et efficace. Iko Uwais est une véritable révélation, comme le fut Tony Jaa à son époque, et prouve qu’il n’est pas venu pour enfiler des perles. C’est violent et on en tire un plaisir immédiat. Le réalisateur semble maîtriser à la fois le style américain et la virtuosité des asiatiques (au hasard, Tsui Hark), au point de rendre ses scènes d’action aussi percutantes que baroques. Le piège de ce genre de film est de déraper dans la surenchère ou le fan service, Evans a eu l’intelligence de conserver un ton sérieux tout au long de son film et de ne jamais relâcher la pression sur son oeuvre.

The Raid : photo

The Raid rentre directement dans le panthéon des actioners en huit-clos maîtrisés, aux côtés de Die Hard. Pas de chance pour Dredd sorti plus ou moins au même moment avec plus ou moins le même pitch (ceci étant dit, j’ai toujours beaucoup d’affection pour ce Dredd que je continue de recommander). J’en profite également pour citer Attack The Block dans un autre genre mais tout aussi intéressant. Par contre, en France, on a le droit à La Horde

On peut raisonnablement dire que personne n’attendait The Raid et qu’il est devenu un classique du genre sans voler sa place. Démesuré, fou, excitant, inventif, grandiose, génial, hypnotisant, viscéral, explosif… les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce film et aucun ne verse dans la complaisance. The Raid est un indispensable du film d’action qui file un sérieux coup de vieux à ses prédécesseurs et une énorme pression pour qui voudrait prendre sa suite. A voir d’urgence !

Mass Effect 3 est le dernier volume de la trilogie space-opera orchestrée par Bioware et EA.

Je pense avoir suffisamment fait étalage, depuis le temps que j’écris sur ce blog, du fait que j’adore Mass Effect. Je pense également avoir bien déversé ma bile sur le second opus. Au regard de la piètre qualité de l’histoire proposée dans Mass Effect 2, je dois avouer que c’était non sans une certaine appréhension que je voyais se pointer le dernier volume. Entre les effets d’annonce, le matraquage marketing et les premières vidéos, c’était avec fébrilité que j’installais le jeu, me demandant bien ce que j’allais pouvoir trouver de bien et de moins bien dans ce Mass Effect 3

Au final, que vaut le final de la série ? Et c’est parti pour une chronique sans concession ! Comme d’habitude, quoi…

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par les gros points noirs de ce troisième opus.

Déjà, le moteur graphique accuse un peu le poids des ans. Il y a un certain nombre de choses perfectibles, à commencer par les animations des personnages, les plans sur les visages pas toujours expressifs et la qualité des textures. Mais c’est du détail et si vous refusez de faire les Mass Effect sur ce seul argument, je ne peux pas grand-chose pour vous.

Niveau traduction, autant le dire de suite, c’est loin d’être brillant dans les textes français (encore de la sous-traitance qui n’avait que les textes source…). Quant aux voix, j’avouerais que j’ai commencé par mettre celles en VO (Martin Sheen, Freddie Prinze Jr, Seth Green, Tricia Helfer…) sans même passer la case FR.

On avait bien compris au regard de la direction générale du 2 que l’aspect RPG était devenu une espèce de blagounette, et les fans hard-core comme moi n’espéraient même plus avoir du RPG et de la customisation de personnage dignes de ce nom. Un effort a cependant été fait. On reste loin des options qu’on était en droit d’attendre pour son groupe. Un peu d’armure par-ci, un peu d’armes par là, rien d’exceptionnel. De là à dire que c’est ridicule et que cela ne sert à rien, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement ! Quant à la personnalisation de votre Commandant Shepard (ou des ses compagnons), on reste dans le minimum syndical… Bref, la série des Mass Effect n’est pas un vrai RPG et c’est bien dommage. Une fois qu’on s’est fait à cette idée, cela n’enlève rien au plaisir de jeu, c’est déjà ça.

Tant que je suis sur l’équipement, j’aimerais bien qu’on m’explique l’une des plus grosses aberrations qui m’ait été donnée de voir depuis des années dans le milieu ! Qu’on m’amène le (lead) game designer ou le combat game designer, puisqu’il semblerait désormais que les professionnels de la profession aient envie d’appuyer les différences et bien séparer les tâches chacun dans son coin. Chaque arme possède 5 mods pour personnaliser ses différents attributs (un vestige de ME1 et vague effort pour calmer la horde des puristes). Je joue, je joue, et je ne comprends pas l’utilité des mods. Jusqu’à ce que je réalise… Les bonus donnés par les mods aux attributs sont exprimés en % ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Un pourcentage de bonus indexé sur la valeur de l’attribut ! Pour les deux-trois du fond qui auraient besoin d’un exemple pratique, exemple ! J’ai deux armes et un mod. La première fait 10 en dégâts. La deuxième fait 50. Le mod donne un bonus de 20%. En l’installant sur la première, mon arme fait désormais 12 de dégâts… tandis que sur la deuxième, le mod la passe à 60 ! En gros vos armes qui ont déjà des bonnes caractéristiques ont encore de meilleures caractéristiques !  (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Et les armes pourries n’ont aucune chance de s’améliorer… Une débilité absolue qui rend obsolètes tout les mods ou presque du jeu !

Puisque le système RPG est bien naze, rabattons-nous sur le cœur du jeu : les combats. Alors il n’y a pas à dire, les combats sont cools, dynamiques, parfois stressants, parfois épiques… Sauf que, encore une fois, le combat game designer s’est fendu d’une nouvelle aberration pour le joueur PC. Il faut savoir qu’un clavier moyen comprend entre 116 et 128 touches suivant les configurations. Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi la touche espace sert à tout faire ? Espace permet à votre Commandant Shepard de : sprinter, se mettre à couvert, changer de couvert, sortir du couvert, ouvrir un objet, ramasser un objet ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Résultat : vous allez mourir un nombre inconsidérable de fois parce que, contextuellement, vous allez vous mettre à couvert quand vous vouliez ramasser un truc (ou fuir) ou bien sortir d’un couvert quand vous vouliez faire une roulade. Au bout d’un moment, ça m’a carrément pris la tête et j’ai décidé d’arrêter de jouer avec les couverts et d’essayer d’avoir un peu de stratégie ! Ma classe de vanguard bien bourrine m’autorisait à jouer uniquement en bourrin sans même m’occuper de mes co-équipiers qui servaient à peine de chair à canon. Alors c’était fun, mais avec une classe comme l’infiltrator, je n’imagine pas la galère.

Donc, je jouais en fonçant dans le tas, comptant sur le temps de rechargement de mes pouvoirs et de mes boucliers pour survivre et traverser les zones de conflits en long en large et en travers sans vergogne. Les combats étaient donc intenses comme je les aime, mais particulièrement expéditifs. Je me souviens d’une interview d’un type de Bioware qui disait « le mode Démentiel de Mass Effect 2, c’est le mode normal de ME3 ». Je me gausse. J’ai pas osé me mettre en démentiel directement pour m’autoriser une rejouabilité ultérieure, préférant celui juste en dessous (donc plus difficile que le normal) et la plupart du jeu – à deux combats près – était d’une facilité déconcertante pour peu que vous utilisiez intelligemment vos coéquipiers au bon moment. Je suis peut-être un vieux routard, mais la tendance bisounours du jeu vidéo en général se confirme !

En fait, la difficulté se situe à un autre niveau. Toujours dans la même interview, « si vous voulez avoir la meilleure fin, il va falloir faire du multiplayer ». What the duck ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) En gros, l’histoire nécessite de ralier des ressources de guerre ; en faisant du multi, vous augmentez ces ressources en plus de celles que vous récupéreriez en faisant les quêtes du jeu. Sauf que pour moi, le jeu vidéo, c’est comme un magazine Playboy, ça reste un plaisir solitaire ! Donc, j’ai absolument pas envie de faire du multi avec des inconnus. Je joue à Mass Effect pour être le commandant Shepard, pas le trouffion de base ! Moralité, si je veux avoir la meilleure des fins, il faut soi que je fasse du multi (ce que je ne ferai pas !) soit que j’ai pris tout au long de la trilogie toutes les meilleurs décisions pour que leurs conséquences dans Mass Effect 3 me soient favorables ! Ce qui revient à pondérer le libre-arbitre du joueur, à uniformiser ses décisions et à l’empêcher de jouer le personnage qu’il souhaite jouer ! Ce qui ne devrait pas être le but et n’était pas le but annoncé et affiché des ambitions de la trilogie Mass Effect !

On en arrive donc à la polémique qui fait rage actuellement sur la toile à propos de la fin de Mass Effect. Soyez sans crainte, je ne déflorerai pas la conclusion de l’histoire. Comme je n’ai pas fait de multi, je n’ai pas eu le droit à l’ultime conclusion (soit 3 secondes de cinématique en plus) mais vous savez quoi, je m’en fiche : j’ai eu la conclusion que je voulais avoir et qui correspondait exactement à la caractérisation que j’avais fait de mon protagoniste. J’ai refait le jeu pour voir une deuxième fin pour satisfaire ma curiosité. L’une et l’autre, en terme de conclusion narrative, me semblent très bonnes pour la série (en terme d’idées, pas d’exécution). Tout ceux qui se disent déçus par les fins « sinistres » ont du yaourt à la place de leur sens critique !

Mais, je dois bien avouer que les fins que j’ai vues sont décevantes, car elles manquent de souffle épique (si ce n’est la musique) et d’un véritable épilogue pour les personnages qui ont fait de Mass Effect la trilogie qu’elle est. On vous balance une cinématique limite générique ET avec des incohérences… Epic Fail !

Il faut également savoir que le choix de la fin (oui, parce qu’on vous répète que vos actions conditionnent votre conclusion, mais c’est faux !) dépend d’un bête choix à la Deus Ex Human Revolution. En d’autres termes, c’est bidon, absolument pas lié à la façon dont vous avez conduit votre trilogie et absolument pas satisfaisant en terme d’exécution et de mise en scène. Moi, j’ai joué un Shepard ultra renegade, ma fin aurait dû être conditionnée par ça, pas par un ultime choix qui se contrefout de toutes les ressources que j’ai pu amasser avec ou sans multi. Mon choix de romance aurait dû jouer sur la fin (‘tain, c’était si compliqué de faire un plan sur une Ashley enceinte en guise d’épilogue ?). Le choix des personnages que j’embarque dans l’assaut final aurait du jouer sur la fin (et là, il y avait moyen de gérer le taux de survie des PNJ avec votre taux de ressources de guerre…). Le temps que j’ai mis à faire le jeu aurait dû jouer sur la fin. Etc.

(Entre parenthèses, il est vraiment temps que je retourne dans le milieu du jeu vidéo pour produire des histoires sur lesquelles je serai intransigeant en qualité de scénariste !)

Oui, la fin de Mass Effect pue un peu, mais uniquement par fainéantise des développeurs, et pas au point de se lancer dans une grande pétition mondiale pour réclamer un changement radical de fin pour les bisounours de service ! Pour comparer, ça reviendrait à faire une pétition pour changer la fin de Titanic ou de Drive (je cite un film avec un mort et un film avec un pas mort, comme ça vous savez pas ce qui se passe dans ME3) parce que la fin ne remplit pas des espérances personnelles ! La bonne nouvelle, c’est que comme ça gueule assez fort et que les développeurs manqueront indubitablement 1. soit de couilles pour assumer leurs choix 2. soit de transparence, il y a fort à parier qu’on aura le droit à un DLC épilogue 1. bien consensuel pour satisfaire tout le monde ou 2. déjà réalisé mais non communiqué parce que c’est la mode de faire des faire des jeux en kits !

Bref, j’estime les deux fins que j’ai eu satisfaisantes mais trop minimalistes (et je peux vous assurer que, si j’avais été designer chez Bioware, j’aurais milité pour des fins moins foutage de gueule, sans aucun regard pour des coûts de production supplémentaires).

Le vrai problème de la série Mass Effect en terme d’écriture, c’est qu’il n’y a pas eu unique Lead Writer tout au long de la série pour s’assurer de la cohérence du tout, depuis le 1 jusqu’au 3. C’est un fait avérer que 1, 2 et 3 ont été écrits séparément les uns des autres, sans chercher à créer une unité narrative. En conséquence de quoi, ça sent parfois un peu le bricolage. Et nous avons très clairement l’impression de s’être fait enfumé dans le 2, car aucun des personnages qui furent nos compagnons n’auront l’opportunité de jouer un réel rôle dans le 3 aux côtés de Shepard. Des fois, c’est pour le mieux avec Mordin (assurément le meilleur arc de ce dernier opus), des fois pour le pire (Zaeed, au hasard).

J’ai évoqué les DLC. Celui avec la version collector permet de jouer avec un Prothéen… C’est un DLC très important pour l’univers de Mass Effect. En jeu, c’est complètement accessoire… Un paradoxe total, entre indispensable et inutile. Une chose qui aurait dû être dans le jeu de base (au moins l’explication des Prothéens, le personnage jouable, on s’en fout…)

Bon, j’ai pas mal craché sur Mass Effect 3, mais qu’on se ne méprenne pas, c’est un excellent jeu ! Car en dépit d’une fin très clairement en demi-teinte, tout le reste de la narration vous réserve de vrais moments épiques, de vrais moments de gloire, de doutes et de décisions parfois difficiles. Certains arcs narratifs sont absolument grandioses et font honneur à la série de bout en bout ! (Mordin… j’ai déjà dit, non ?) Les conséquences de vos actions précédentes ont une réelle importance dans la préparation à la guerre et l’assaut final contre les Moissonneurs.

Le travail sur les personnages est très satisfaisants, a fortiori sur Shepard, encore une fois propulsé sauveur de la galaxie. Et trois fois, ça commence à faire beaucoup. Shepard est fatigué. Presque au bout du rouleau, dommage que cela ne se ressente pas plus en jeu. Ses relations avec ses compagnons ont gagnés en intensité (évidemment, on ne jouera avec – ou presque – que les PNJ routards de la série), même le petit nouveau James Vega (uniquement présent dans ME3 pour justifier sa future présence dans la série d’animation dérivée de la série, hein). Il y a une véritable vie dans le vaisseau, avec les PNJ qui bougent, discutent entre eux…

Et les relations que vous allez nouer ou renouer avec des PNJ va être au cœur des montagnes russes émotionnelles que vous allez parcourir tout au long de cet opus. De plus, les scènes tragique ou poignantes ou clés sont supportés par la musique de Clint Mansell, ce qui finit parfois de vous achever !

Hormis la cinématique de fin, donc, la qualité narrative des différents segments de jeu est plutôt bien foutue, avec des transitions fluides entre séquences discussion et séquences d’action. Et puis, il faut avouer que régulièrement vous allez avoir des situations bien badass, totalement hallucinantes et incroyables à jouer. Et certains passages resteront des moments très forts de votre vie de gamers. Loin des niveaux copiés-collés des 1 et 2, le 3 offre des décors variés, avec un level design intéressants, des opportunités de jeu variées et une intelligence artificielle un peu agressive (contournements d’obstacles, jetés de grenades, variétés des comportements…)

Ce que j’ai toujours apprécié dans la série, c’est la possibilité d’effectuer sa propre caractérisation de Shepard sans pour autant en faire un pantin ridicule comme dans – au hasard – les Elder Scrolls. Mon Shepard était un pragmatique absolu, du genre à sacrifier une personne si ça en sauve 10 ou à coller des mandales au premier journaliste venu. Pourtant, cela ne l’empêche pas de considérer l’équipage du Normandy comme sa famille, et les écouter patiemment lui raconter leurs malheurs et les aider sans rien calculer d’autres que ses amis ont besoin d’aide. Le nouveau système de réputation vous permet de mieux explorer la propre psychologie que vous vous faîtes de votre Shepard sans forcément être totalement paragon ou totalement renegade pour débloquer les options de dialogues intéressantes (bon, je dis ça, mais le niveau de réputation a été réglé avec les pieds…)

Se retrouver ultime espoir de la galaxie, la Terre prise en otage, à faire de la politique et de la résistance, c’était une excellente façon de conclure la série. Alala, si seulement, Mac Walters – le Lead Writer sur le 3 – avait bien voulu pousser jusqu’au bout l’impact de cette guerre, la fatigue émotionnelle de Shepard et les choix du joueur jusqu’à leur paroxysme… On aurait eu un jeu totalement jouissif, titanesque et émotionnellement puissant.

Mass Effect est un univers que j’adore (d’ailleurs, j’ai même commandé l’ultime art-book, ce qui me fera encore une occasion de revenir vous parler de la série). Il est riche à tous niveaux et les aventures du Commandant Shepard ont marqué d’une pierre blanche ces dernières années. Est-ce que Mass Effect 3 est un bon jeu ? Indéniablement oui ! Est-ce une bonne conclusion à la trilogie ? Encore une fois, oui ! Est-ce la meilleure conclusion à la trilogie ? Malheureusement non… La faute aux scénaristes, qui a trop se concentrer sur du bricolage narratif d’épisode en épisode ont oublié qu’il s’agissait de la conclusion de la trilogie et qu’elle méritait rien de moins que du grandiose-tout-le-temps ! (Il manque pas grand-chose pourtant…)

Repo Men est un film réalisé par Miguel Sapochnik, avec Jude Law (eXistenZ) et Forest Whitaker (Ghost Dog), sur un livre de Alex Garcia (The Repossession Mambo).

Dans un futur pas si loin que ça, The Union est une société qui propose à qui le souhaite l’opportunité de s’offrir un organe 100% artificiel (je vous laisse jeter un œil à l’affiche pour les prix). Si jamais, par un malheureux hasard de la vie, vous n’étiez pas capable de payer votre nouvel arteforg, un repo man de The Union (reconnaissable à leur tatouage sur le cou) viendra récupérer l’organe. Sans plus de formalité ni assistance médicale, dans votre salon ou votre bagnole, et vous laissant crever ensuite. Rémy est un repo man. Le meilleur même. Il fait joyeusement son boulot, en équipe avec son meilleur pote. Seulement voilà, Rémy a une famille et une envie de raccrocher pour passer plus de temps avec elle. Un dernier job et on en parle plus… Sauf que le dernier job tourne mal et que Rémy se retrouve malgré avec un cœur artificiel. Et, étrangement, le cœur a été livré avec une conscience : pétri de remords, Rémy ne peut plus faire son boulot comme avant. Pas de boulot, pas d’argent. Pas d’argent… Rémy va passer de l’autre côté de la barrière et être traqué par ses anciens collègues à qui il doit un cœur.

Honnêtement, Repo Men ne propose pas le scénario de l’année, remaniant la classique recette qui du chasseur devient chassé, mais si l’on sait regarder au delà de l’évidence, Repo Men est un bon film ! Un excellent petit film même, pile dans le genre que j’adore totalement par son mélange de science-fiction et de scènes d’action virile avec en sous-thèmes d’intéressantes questions et symbolismes.

Encore une fois, il s’agit d’un film qui a eu une distribution en France pourrave avec une sortie ciné intimiste et une distribution DVD massacrée malgré son casting de qualité. Il n’a pas été aidé par son flop aux USA… D’accord. Mais qu’à cela ne tienne, cet article va vous faire acheter le film.

Je disais que le scénario est somme toute classique, il réserve cependant son petit lot de rebondissements de derrière les fagots qu’on n’avait pas vu venir. Il a un côté film noir avec sa voix-off, un côté humour noir vraiment sympathique, un côté film d’anticipation un peu fauché sur les bords qui l’empêche d’avoir une débauche d’effets spéciaux. N’en ayant jamais particulièrement entendu parlé, j’avais un a priori négatif… comme tous les films qui traitent d’une façon ou d’une autre avec les scalpels et le trafic d’organes. Comme tous les préjugés sans fondement, c’était bien stupide car le film est vraiment cool et rafraîchissant. Les fameuses scènes avec les tripatouillages d’organes sont traitées avec cet humour noir susnommé qui fait que cela passe très bien. Le film est très clairement découpé en deux parties, avec deux ambiances très différentes pour symboliser les deux états d’esprits du protagoniste. Certains n’apprécieront pas la deuxième partie, je ne pourrais pas leur en vouloir, à moins de rentrer complètement dans le trip comme moi, elle pourrait apparaître comme plus faible.

Le scénario d’Alex Garcia brosse plusieurs thèmes propre au genre. Ceux de Never Let Me Go, de façon moins poétique. Mais aussi le côté humain/machine que ce soit avec le rôle de Beth ou la prise de conscience de Rémy (ça me rappelle aussi d’autres références, mais impossible de mettre le doigt dessus… anyone ?). Combien coûte la vie humaine, un tacle pour la société de consommation… La plupart des thèmes chers au cyberpunk, en fait… Il y a aussi d’intéressantes perspectives évoquées sur le fascisme en général avec des parallèles évidents entre les rafles SS et celles des Repo Men. Mais la dose d’humour noir derrière tout cela et les scènes d’action font agréablement passer les pilules « plusieurs degrés de lectures ». Je ne peux m’empêcher toutefois de souligner tout le côté sexuel de l’avant-dernière scène pour que ceux qui regarderont, la regardent avec cette idée en tête…

Tous les personnages ont le mérite d’avoir une très bonne caractérisation sur plusieurs niveaux, ce qui rend leurs interactions justes et réalistes. Certes le personnage de Rémy est très classique, mais la prestation de Jude Law est savoureuse (surtout dans les situations cyniques). Mais les personnages les plus intéressants restent ceux de Forest Whitaker en meilleur ami Repo Man jovial et pro-The Union et de Liev Shreiber en commercial uber efficace et sans âme. Le rôle de Beth est un peu plus cliché mais il fonctionne bien dans son côté « Super Jamie ». De toute façon, au regard du casting, il n’y a aucune raison d’être déçu !

Côté réalisation, on sent bien le manque de sous derrière avec des plans assez serrés dans la première partie, puis larges dans les ruines de la deuxième. C’est très propre en dépit de cela, à part deux ou trois scènes qui font intervenir trop de figurants et deviennent brouillon. Les scènes d’action sont filmées avec classe et raviront les amateurs de John Woo. Les esprits chagrin les trouveront grandguignolesques, toujours dans cette fameuse deuxième partie, les autres (surtout ceux dans le trip ou qui remettront cette deuxième partie en perspective après visionnage) les trouveront parfaitement dans le ton.

Repo Men me rappelle des films comme Minority Report, Equilibrium, Total Recal, des films comme Volte-face, des films de genre gores à petit budget comme Zombie. Pour apprécier Repo Men, il faut apprécier ces films. Il faut assez apprécier le second degré, la violence graphique, parfois le politiquement incorrect et le divertissement pop-corn. Repo Men est un film sous-estimé, dont on n’a pas assez entendu parlé, et c’est mon coup de cœur de la semaine !

Et vous, vous signez ?

Je reste un gros consommateur de films d’action. Moins que de part le passé, mais toujours quand même. Il faut dire que la qualité des films d’action qui sortent est tout de même légèrement moisie. Je me tâte pour aller voir l’Agence tout risque, c’est dire.

Dans ma collection de DVD qui trainaient chez moi, il y avait Time and Tide. Je l’ai vu il y a presque 10 ans, et en regardant le boitier, je me rendais compte que je ne me souvenais d’absolument rien, hormis de la caméra qui passe à travers une fenêtre.

Et donc, me revoilà en train de mettre le DVD dans le lecteur et apprécier ce que la plupart des gens considèrent comme la masterpiece de Tsui Hark. Pour mémoire et la machine à café, Tsui Hark fait parti de cette génération de réalisateur/scénariste/producteur hong-kongais qui a explosé à la fin des années 70 jusqu’au début des années 90 avant de se fourvoyer dans de la bouse américaine. Côté chefs d’œuvre, on trouve les Syndicat du Crime (qu’il faut que je regarde, d’ailleurs), The Blade, Il était une fois en chine, Histoires de Fantômes Chinois… Côté bouse, on se délectera de Double Team et Piège à Hong-Kong avec l’ami Jean-claude Van Damme en pleine perdition loin des pommes et de la pectine.

Intéressons-nous à la trame scénaristique. Ca se passe à Honk-Kong. Tyler est une petite frappe couleur locale qui tombe sur une nana un peu au hasard. Après une nuit d’ivresse qui n’a rien de printanière, la donzelle finit en cloque. Sauf qu’en fait, elle est une policière infiltrée (et lesbienne, accessoirement). Les deux s’entendent comme chien et chat, mais Tyler est un bon gars et essaie de lui filer de la thune, donc il s’engage dans une société de garde du corps non déclarée. Au service de Hong donc, le chef d’une puissante triade, il s’associe avec Jack, un ancien mercenaire décidé à entamer une nouvelle vie avec Hui, la fille de Hong, qu’il vient d’épouser et qui attend un enfant de lui. Oui, c’est un peu le bordel à comprendre je ne fais que le résumé. Ensemble, Tyler et Jack parviennent à déjouer une tentative d’assassinat dirigée contre leur employeur, mais leur collaboration va être de courte durée. De l’argent a été dérobé dans l’affaire, des gens ne sont pas contents et vont tenté de buter Jack, sa femme et Tyler dans l’affaire…

Ce n’est pas des plus limpides. Dites-vous, de surcroît, que la moitié du film est en espagnol et en anglais non sous-titré suivant la volonté de l’auteur. Ce qui veut donc dire soit que le scénario n’est qu’un prétexte pour la caméra de Tsui Hark, soit qu’il est tellement limpide qu’il n’a pas vraiment d’importance. Il y a des choses intéressantes et d’autres mal gérées comme les deux relations amoureuses, la relation Jack-Père de Hui, scène d’exposition avec une voix-off (ca reste un procédé narratif ultra-pauvre, qu’on se le dise), etc…

En fait, Time and Tide, c’est juste un gros prétexte pour montrer la maestria de Tsui Hark. Et pour le coup, oui, le réalisateur hong-kongais est vraiment un maître. Plans de fous furieux, ralentis justement utilisés, scènes inventives… Le seul prétexte valable pour regarder Time and Tide reste la réalisation et uniquement la réalisation. Le reste me semble suffisamment rocambolesque pour se voir oublié (ce que j’avais fait, avant de regarder à nouveau ce film…) A réserver aux amateurs, donc.

Une de mes amies, dont je tairai le pseudonyme pour ne pas la griller auprès de tout la communauté cinéphile qui passe par ce blog, m’a dit un jour : « Il faut que je te passe Wanted, c’est un film qu’est une tuerie. » (ou quelque chose comme ça).

Que sais-je de Wanted ? Mis à part mes préjugés sans fondement, j’entends. C’est tiré d’une BD de Mark Millar (donc hautement subversive) et J.G Jones. Il y a Angelina Jolie avec plein de tatouages qui joue le rôle tueuse. Ça parle d’une société d’assassin capable de courber la trajectoire des balles. C’est réalisé par le mec de Night Watch et Day Watch. Et il y a l’air d’avoir des cascades de fou furieux.

Wesley est un type sans importance qui a des attaques de panique régulière. Un jour, Angelina Jolie vient le chercher et lui annonce que 1. son père vient de mourir, 2. que ce dernier était le meilleur assassin au monde et 3. que Wes possède toutes les qualités pour faire un bon assassin (ces fameuses attaques de panique qui sont en fait des poussées d’adrénaline nécessaire pour agir plus vite que la normale). Il va alors rentrer dans cette société secrète, subir une dure formation et partir à la recherche de l’assassin de son père.

Autant le dire tout de suite, si vous voulez apprécier le film, il va falloir passer en mode végétal et accepter ce qui se passe sans réfléchir (même après une journée Festival du jeu vidéo, je n’y suis pas arrivé). Même fatigué, j’ai continué de relever toutes les incohérences du film, et elles sont légion. Un vrai massacre de la part des scénaristes qui accumulent les clichés entre des scènes d’action qui frôlent le n’importe quoi. Depuis quand une Viper GTS n’arrive pas à semer une camionnette ? (Alors, oui, j’aime beaucoup les cascades à grand spectacle, mais il y des limites tout de même.) Depuis quand, lorsque vous vous réveillez avec un gun dans la main, votre premier réflexe est de le cacher dans le réservoir des wc ? Depuis quand sortir « Je suis ton père » au milieu du film n’est pas devenu risible ? Depuis quand ce n’est plus énervant de sortir une morale foireuse à la fin ? Et l’attaque des rats-bombes… Franchement… J’étais prêt à faire des concessions… mais là, c’est tellement navrant que non. Le scénario est bidon de bout en bout mais il a le mérite d’attiser ma curiosité vis-à-vis du matériau originel.

Le héros me donne envie de lui donner des claques (même s’il n’est pas aidé par son rôle), Miss Brad Pitt a le personnage le moins creux mais elle le joue mal (elle n’est pas aidé par le flashback non plus). Pas sûr qu’elle se rattrape dans la préquelle en préparation…

Le seul intérêt du film, c’est de donner au réalisateur russe, Timur Machinchose, une carte de visite pour son entrée à Hollywood. Après on accroche ou on accroche pas au style. Moi, je le trouve too much au point d’en devenir relativement impersonnel. Ça a de la gueule, le début du film est sympa, la séquence de gun-fight aussi, les voitures font de jolies pirouettes mais ça a dix ans de retard.

S’inspirer de Matrix, John Woo (c’est un pléosnasme mais tant pis) ou de Fight Club ne fait pas un bon film.

Wanted n’est pas un bon film. De là à dire qu’il est nul et inintéressant…

Désolé Caroldoc.