Archives de la catégorie ‘Roman’

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Sol Sunburst est un roman d’Oliver Castle (Atomic Girl et moi).

2169. Guerres, dérèglements climatiques et extinctions animales en série vont bientôt avoir raison d’une Terre qui se meurt, consumée par l’avidité et la négligence de l’Homme. Ultime solution pour sauver une espèce qui disparaît, introduire son génome à celui de l’homme et créer ainsi un animoïde : un être mi-homme mi-animal.

Alors que le reste du monde semble déjà tourné vers la colonisation de Mars emmenée par le Major Tom, un groupe éco-terroriste animoïde – les Diamond Dogs – tentent de sauver la planète de sa destruction prochaine.

Sol Sunburst est un rocker dont les chansons prophétiques et son charisme font rapidement de lui un véritable Messie pour la nouvelle humanité. Il prédit l’apocalypse dans cinq ans. Trop peu pour Angela, la dernière recrue des Diamond Dogs qui s’est jurée de changer ce monde condamné…

D’ordinaire, un article qui commence de la sorte sur ce blog est suivi d’une longue diatribe faisant l’apologie du livre ou bien une descente en flammes. Comme il s’agit de mon propre livre, je me vois mal le pourrir dans les grandes largeurs. Je me vois mal en faire la réclame objective.

Tout ça pour dire que mon ebook sort aujourd’hui !

Pour faire court, j’ai déjà listé 10 bonnes raisons qui pourraient vous pousser à apprécier mon roman. Et pour ceux qui ont besoin de tâter la marchandise avant de se prononcer, j’ai aussi mis le chapitre 2 en lecture libre.

Je rappelle également que Sol Sunburst soutient le WWF.

Vous pouvez donc acheter Sol Sunburst sur Amazon (format .mobi) ou sur Kobo (format .epub) !

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Il est amusant de regarder en arrière et voir ce que m’a amené jusqu’à ce jour. Depuis la crise de la page blanche jusqu’aux relectures qui n’en finissent plus. Honnêtement, il y aurait beaucoup à dire, a fortiori sur la partie « édition » où on lit un peu partout sur l’internet que « publier son livre indé, c’est les doigts dans le nez ». Franchement, non. Pas si on veut faire ça bien. J’aurais peut-être l’occasion d’y revenir dans un autre article.

Je crois que pour résumer le sentiment du jour, il faudrait s’écouter la chanson Space Oddity de David Bowie.  Un astronaute qui décide de faire le grand saut dans le vide sidéral. Il s’agit de la première « chanson » du roman également (coïncidence ? je ne crois pas…). Je vous mets d’ailleurs la version « Walter Mitty », que je trouve assez représentative en fait.

Merci à tous ceux qui m’ont soutenu jusque là et à tous ceux achèteront mon premier roman. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Bonne lecture !

Appartement 44 est une série de Dara, publié par Ankama. Ce tome 4 est le dernier tome de la série.

Qui est l’alien ? Pourquoi est-il venu sur Terre ? Quelles conséquences son identité aura-elle sur le groupe de colocataires ?

Je ne peux malheureusement pas en dire plus sur ce tome au risque de vous déflorer toute la surprise de la révélation. Il faudra donc vous en contenter et courir chez votre libraire pour en savoir plus ! Par contre, cela ne m’empêchera pas de donner mon avis 100% garanti sans spoiler.

Résumé des épisodes précédents:

Au moins, on pourra pas me taxer de copinage abusif ! Car même si j’ai énormément d’estime pour Dara en tant que dessinateur et en tant qu’ami, je m’efforce toujours de juger avec objectivité le travail d’autrui. Le tome 3 m’avait donc un brin déçu, prenant une orientation surprenante et occasionnant une discussion avec mon pote. Ce ne fut pas facile pour lui de lire que j’avais moins aimé le troisième opus.

Je me permets de faire un petit addendum à ma chronique du tome 3 : les choses qui m’avaient personnellement dérangé prennent une autre dimension à la lecture du tome 4 ! C’est typiquement la raison pour laquelle j’ai arrêté de chroniquer des tomes au coup par par coup : dans le cadre d’une série courte et continue, il est beaucoup plus juste de juger la série de son intégralité !  Néanmoins, Dara est un ami, qui travaille dur avec son assistante (Moemai) pour pondre un bouquin de qualité et j’estime qu’il mérite au moins un peu de pub – aussi limitée soit-elle – une fois par an plutôt qu’une fois tous les 4 ans !

Quid de ce tome 4 alors ?  Il mérite aussi son 5/5. Certes je manque peut-être un poil d’objectivité mais il faut regarder les choses en face :

  • J’ai souri à quasiment toutes les pages,
  • Les dessins sont toujours aussi excellents, avec même un poil plus de SD que dans les autres,
  • Tous les personnages ont droit à leur dénouement personnel de façon logique,
  • La globalité de l’histoire fait sens,
  • Et surtout, ça me semble le tome le plus abouti.

Je ne serais pas logique si je mettais moins ! Certes, il y a des choses que, moi, j’aurais traitées de façon un peu différentes, des choses que j’aurais laissées au bon soin de l’imagination du lecteur, d’autres que j’aurais développées ou raccourcis. Il y aura certainement beaucoup d’insatisfaits parmi les amateurs de romance et il vous faudra prendre la plume pour vos propres fan-fictions (je réclame officiellement une série spin-off sur Gigi !). Ceci dit, même s’il faudrait que je relise tous les tomes pour être certain des variations émotionnelles et leur cohésion, les choix de Dara me semblent à la fois justes et justifiés au regard de cette fameuse évolution des personnages.

D’autres, comme j’ai pu déjà le lire, seront déçus que la révélation sur l’identité de l’alien intervienne dans les toutes premières pages du tome 4. A l’origine, dans les premiers scripts, la révélation devaient même avoir lieu dans le tome 3. Décaler ce point central et l’attente des lecteurs sur le dernier tome était judicieux (bah oui, il faut tout de même en vendre du tome 4 !), mais au final, ce que j’ai préféré, ce qui fait tout le sel de cet ultime tome, c’est justement de voir l’alien évolué à découvert et la façon dont cela affecte les autres. Pour aller même un peu plus loin, c’était tellement intéressant que j’aurais voulu en lire plus !

Appartement 44 est une excellente série, de surcroît courte (donc à la portée du budget de tout amateur de manga), qui mélange habilement romance, science-fiction, tranches de vie et humour. Une série qui mérite d’être lue et partagée. Une série que j’adore qui atteint au moins la qualité de ses illustres aînés japonais !

En cadeau bonux, une interview :

N’hésitez pas non plus à faire un tour du côté du blog de Darax, il organise parfois des petits concours, partage des extraits de son travail et donne ses dates de dédicaces (une excellente occasion de le rencontrer en vrai et abuser de sa bonne humeur – apportez-lui un Pitch de ma part, ça le fera marrer). Vous pourrez rester à l’affût de news sur ses prochains projets.

Video Games est un roman de D.B. Weiss, aux éditions Sonatine.

Adam Pennyman s’est lancé dans l’élaboration d’un catalogue sur les vieux jeux vidéo (Pong, Frogger et consorts). Mais sur son chemin se dresse l’impénétrable Lucky Wander Boy, jeu mystique abscons dont personne n’a jamais réussi à passer la deuxième phase. Adam va devoir se mettre en quête d’Itachi, la créatrice du jeu pour résoudre le mystère Lucky Wander Boy.

J’avoue, j’ai été d’une faiblesse sans nom. Je déambulais dans les rayonnages miteux du trou noir culturel que me sert de librairie, et j’ai trouvé ce roman. Video Games. Ca me parle, je suis dans le coeur de cible. Il y avait un bandeau rouge dessus : « Par le scénariste de la série à succès Game of Thrones« , ou une audace marketing s’en approchant. Comme si surfer sur la vague de succès inhérent à la série pouvait donner un semblant de crédibilité supplémentaire à ce premier roman et auteur sorti de nulle part. Statistiquement, les gens qui apprécient les jeux vidéo ont piraté la série les lendemains de sa diffusion sur HBO, donc l’un dans l’autre, le poisson est ferré.

J’ai jeté le bandeau rouge ! Ce n’est pas avec des bandeaux rouges qu’on réussit à me faire débourser 21 euros ! Je lis le 4ème de couverture. Par un habile jeu d’association d’idées, on me fait comprendre que ce livre est la suite spirituelle de Generation X de Douglas Coupland. Manque de bol, j’ai pas lu. Re-manque de bol, j’ai lu la vraie suite spirituelle de Generation X, intitulée jPod, par le même hauteur. J’ouvre le livre, il y a des typographiques différentes genre échanges de mail qui me renforcent dans mon appréciation « suite spirituelle de la suite spirituelle ». Je reviens au 4ème de couv’ pour lire un pitch sensiblement équivalent à celui du début d’article.

Je regarde qui a été payé pour placer une citation sans même avoir lu le livre. Steve Erickson… Je sais pas qui c’est. A moins qu’il ait inventé le téléphone portable. Il y a aussi Will Wright, derrière lequel on a ajouté « le créateur des Sims »… C’est moche, parce que moi – vrai amateur de jeux vidéo – je sais qui est ce monsieur. Là, j’aurais du me méfier et me dire que si on se sent obligé de me préciser qui est Will Wright, je ne suis ptête pas autant dans le coeur de cible du bouquin que je le croyais. L’équipe marketing y va de son petit mot pour appâter le chaland : « premier grand roman générationnel sur les gamers et les geeks » ou une audace marketing s’en approchant. On n’y va pas avec le dos de la cuillère à pot.

Objectivement, même avant même de commencer à lire, ça puait. Je l’ai quand même acheté et je l’ai lu. Finalement assez rapidement. Surtout sur les 15 dernières pages, où j’en avais carrément ma claque et j’avalais demi-page par demi-page.

Le style de l’auteur est assez finalement quelconque et ne tire son épingle du jeu que durant les pages dites du « Catalogue » où il fait montre d’une certaine analyse philosophico-economico-metaphysique sur les jeux datant d’avant le premier Krach du jeu vidéo (1983), les jeux sur arcade/Atari/Intelvision. Les jeux que j’ai connus, mais sincèrement trop peu pour être réellement investi dans le trip. Il faut dire aussi que souvent, l’écriture se touche le nombril avec des petits cercles. A sa décharge, c’est pas l’auteur, mais le narrateur qui parle.

Et bien le narrateur est un gland. Une image complètement réductrice du geek (limite nerd) qui frôle l’antipathie. Et dire que Weiss fut chargé du script d’un épisode de Halo… Pour quelqu’un d’aussi investi dans le milieu geek, pondre un (des) personnage(s) aussi clichés dans leur obsession où leur grandiloquence… Adam est un bon gros looser, catégorie « aucune chance de s’y attacher » avec des rêves débiles et une façon des plus étranges d’appréhender son obsessionnelle quête.

On sent bien l’inspiration et le désir de lorgner vers le brio de Douglas Coupland : mon conseil, allez plutôt lire jPod ! Le niveau WTF est un bon cran au dessus et on a une histoire qui tend un tout cohérent, très loin du pédantisme machin bidule qui alimente le livre de bout en bout (surtout dans le bout lu par demi-page à la fin). Certes, je suis le premier à élever le jeu vidéo au rang d’art et à clamer que celui-ci – quand il est bien fait – recèle d’une part culturelle qui touche à la philosophie et/ou poussent l’acteur lambda derrière son paddle à se poser des questions. Même sur des giga-productions comme Far Cry 3. Au mieux, vous apprendrez deux ou trois trucs historiques, mais ça se limitera à ça.

Il aurait également été appréciable de ne pas céder à la facilité et – quitte à se revendiquer vieux gamer – chercher à construire son histoire sur des titres de légendes, non à inventer de toute pièce un Lucky Wander Boy pour les besoins de son histoire. Car le seul point positif de ce livre, c’est bien la recherche archéologique et comment user de l’immense liste de oldies comme support de la narration (le passage avec Frogger était une bonne transition, par exemple).

En plus, l’édition française est moche avec sa couverture de circuit imprimé…

Bref, Video Games est un livre que j’ai détesté, très clairement mensonger sur la façon d’aborder son public cible, ultra-prétentieux sur la forme, vide sur le fond et qui ne mérité absolument pas que les gamers – même les plus vieux qui se cherchent une madeleine de Proust – perdent leur temps avec. Gamers, perdez votre temps sur des jeux, je vous ferai signe s’il y a un roman basé sur votre passion qui vaille la peine !

Drive est un roman de James Sallis, édité en français aux éditions Rivages, collection Noir. Il a aussi été adapté en film, avec Ryan Gosling.

Un cascadeur pour Hollywood arrondi ses fins de mois en étant chauffeur pour des opérations illégales. Un jour, un des braquages tourne mal. Le Chauffeur comprend très vite qu’on a essayé de le niquer. Il n’aime pas ça et va le faire savoir.

Allez, promis, c’est la dernière fois que je saoule mes habitués avec Drive ! Si vous avez lu ma chronique sur le film, vous savez déjà que j’adore ce film.

D’ordinaire, je ne lis pas les livres qui ont servi de matériaux de base pour des adaptations si j’ai déjà vu l’adaptation. Je l’ai fait pour la saison 1 de Game of Thrones (j’aimerais vraiment lire le tome 2 avant de voir la saison 2… mais la saison 3 va sortir et c’est toujours pas à l’ordre du jour…). Je l’ai fait pour les Harry Potter (et heureusement d’ailleurs !). Blade Runner, évidement. Mais c’est tout. J’avais bien essayé avec Jurassic Park en 1994, mais je n’y étais pas arrivé (le fait que j’étais alors un jeune branleur de la lecture ne m’a sûrement pas aidé…). Donc en général si j’ai le choix, je lis d’abord et ensuite je crache dans la soupe fade de l’adaptation.

Pour Drive c’est différent. Si le film était aussi génial, qu’en était-il de son roman original ? Car il faut savoir que, en général, les adaptations sont toujours pourries pour des raisons aussi diverses que variées inhérentes à la sacro-sainte rentabilité des productions filmiques. En d’autres termes, si on peut se faire un max de blé mais que pour ça il faut sacrifier l’essence du bouquin pour attirer la ménagère de moins de 50 dans les salles obscures, on le fait. Il y a tout de même des exceptions notables. La plus connues étant sans nul doute Fight Club, dont le film surpasse le livre. (Je ne cite pas Blade Runner, les deux supports étant trop éloigné pour réellement fonder une critique sur l’adaptation.)

Dans le cas Drive, je suis partagé. L’histoire est sensiblement la même à quelques variations près, notamment dans le rôle de Carey Mulligan, celui de son mari ou la sous-histoire avec la course automobile. Chacun sera libre de trouver les changements malheureux. On trouve dans le livre des morceaux très intéressants sur le passé du chauffeur, sur son très délicat sens de l’humour, etc. Un peu comme Blade Runner, l’adaptation prend des libertés et, honnêtement, si on me demandait de ne garder que l’un ou l’autre, je garderais le film. On comprend surtout pourquoi et comment le film est devenu culte et la façon dont il a façonné le film ou l’interprétation de Ryan Gosling.

L’écriture de James Sallis est très sec, très polar noir, avec un talent particulier pour décrire les villes et les quartiers comme des protagonistes à part entière. C’est fluide et agréable, même si la déconstruction de l’histoire dans les 2 premiers tiers pourraient perturber la compréhension (si on n’a pas vu le film, ça doit demander un petit effort pour suivre les allers et retour dans le temps et les différents personnages qui popent ci et là). L’humour est présent, en touches fines et noires. Il est court, il s’avale vite.

A noter que James Sallis a vu le film est c’est dit impressionné par la qualité de celui-ci et bluffé par l’interprétation de Ryan Gosling, campant un Chauffeur parfait. C’est notamment la raison pour laquelle il a entrepris d’écrire la suite de Drive (Driven, paru l’année dernière en VO), en pensant à l’acteur comme référence. La séquelle se déroulerait plusieurs années plus tard, ailleurs, avec un Chauffeur qui s’en irait buter du malfrat en masse après l’assassinat de sa fiancée. Bien sûr, Hollywood s’est dit intéressé. On espère simplement que les atouts du premier (réalisateur et acteur) seront de la partie si cela aboutit.

Drive est un excellent roman, dispensable pour ceux qui ont vu le film, indispensable pour ceux qui ont vu le film et veulent en apprendre beaucoup plus sur le passé du protagoniste. Si vous n’avez pas vu le film, comme toujours l’ordre, c’est livre puis film.

Les Tours de Samarante est un roman de Norbert Merjagnan édité par Denoël en grand format et Folio SF en poche.

Samarante est une ville tentaculaire, découpée en quartier à niveaux de vie variés et dans laquelle s’élèvent six mystérieuses tours. Triple-A est un gosse des rues fasciné par ces tours et va découvrir – malgré lui – l’envers du décor et le réel fonctionnement de la ville. Cinabre est une jolie fille qui a grandi dans une cuve, qui possède des pouvoirs « empathiques » et qui a le gouvernement aux fesses. Oshagan est le dernier fils d’une famille noble qui s’est exilé et s’en revient quérir vengeance après avoir retrouvé les dernières armes climatiques au monde… Trois destins qui vont se rencontrer…

Bon… J’avoue, ce n’est pas le pitch le plus sexy que j’ai pu faire pour présenter un livre que j’ai pourtant bien aimé, dans l’ensemble. Alors, je vais vous mettre le quatrième de couverture sur lequel un nombre certain de personnes ont dû travailler pour le rendre le plus attractif possible.

Il n’y a pas assez d’auteurs de SF francophone, je suis le premier à le reconnaître. En fait, des auteurs, il y en a ; c’est juste que je ne les lis pas, je suis aussi le premier à le reconnaître. Du coup, j’entretiens moi-même un système que je juge pervers, de surcroît alors que j’essaie moi-même de placer des romans de science-fiction sur le marché. Alors, un jour, je suis allé en librairie et j’ai dit que je n’allais pas prendre un auteur anglo-saxon et supporter la production française ! Mais bon, comme je suis pauvre, mon budget ne m’ouvre que les portes du poche. Et des auteurs francophones en poche, ça court nettement moins les étalages. Donc, pour bien les vendre et pour renforcer l’impact marketing sur le consommateur lambda qui ne sait pas vraiment ce qu’il cherche, les éditeurs rajoutent des bandeaux rouges sur les livres. Il y avait un bandeau sur les Tours de Samarante. Et comme je suis un peu mouton sur les bords…

Comment définir et juger au mieux ce premier roman d’un auteur inconnu qui fut édité par l’un des plus gros dealer de SF en France ?

Hermétique.

C’est systématiquement le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire ce livre. Hermétique. Ce n’est pas forcément un défaut, c’est juste l’effet qu’il m’a fait en lisant. Explications.

D’une part le monde dans lequel se déroule l’histoire, qui peut être une Terre dans un futur très lointain, est sûrement très clair dans la tête de l’auteur. Sur le papier, ça regorge de termes aliens qu’un lexique salvateur explique en fin de bouquin. D’où des allers-retours pas toujours appéciés ni appréciables (avec les risques de spoilers que ça implique). Comme c’est un monde étranger, les coutumes sont forcément étrangères. Et pas toujours très explicites. Forcément, il est un peu délicat de toujours faire l’effort intellectuel de s’immerger dans un univers dont les points de référence sont lointains.

D’autre part, le style. Non pas qu’il soit mauvais. Bien au contraire ! C’est même bien écrit, avec une justesse rare dans l’emploi des tournures de phrases et du vocabulaire. Mais j’aurais tendance à dire qu’il y comme un péché d’orgueil dans l’écriture. Ceux qui ont naturellement tendance à placer la science-fiction dans la catégorie « littérature populaire facile » ferait bien de s’accrocher à leurs bretelles. Parce que je n’ai pas forcément l’habitude de lire ce style, il en est sorti un sentiment de lutte perpétuelle en me disant que ça aurait parfois gagné en simplicité…

Vous êtes prévenus, ce livre s’adresse plus aux lecteurs hardcore de science-fiction qu’à l’amateur qui cherche un divertissement sans prise de tête (même si on met des bandeaux rouges dessus).

Ensuite, le deuxième mot qui me vient à l’esprit, c’est « exotique ».

Car l’univers décrit dans ce planet-opera cyberpunk post-apocalyptique n’est nullement dénué d’intérêt. Il est riche, on sent qu’on a lu que la partie immergée d’un iceberg. C’en est presque frustrant et ça appelle bien évidemment d’autres tomes pour continuer d’explorer des pistes lâchées l’air de rien dans un coin de page.

On suit avec plaisir les trois protagonistes dans leurs aventures respectives. Aventures un brin clichées et stéréotypées dans le genre… Oshagan reste une espèce de Conan brûlant d’un désir vengeresque (moi aussi, je fais des barbarismes si je veux), Triple-A est plus intéressant mais se cantonne au rôle du câblé désincarné, Cinabre pêche dans son côté trop « femme fatale/femme fragile ». Alors pendant longtemps, on se demande comment tout cela va finir par se mettre en place et comment ces trois êtres que rien ne lie vont se croiser. La trame générale, certes nébuleuse un bon tiers du livre et somme toute classique dans les deux autres tiers, finit par agréablement s’agencer et se résoudre dans un climax haletant. Il y a tout de même de très bonnes idées (la lèpre des machines, les armes climatiques…)

Les Tours de Samarante est un roman hermétique et exotique, à ne pas forcément mettre entre toutes les mains (surtout pas pour faire découvrir le genre). Mais les puristes de la science-fiction y trouveront sans l’ombre d’un doute une aventure fraîche et un monde dépaysant, loin des matrices ou de la SF de grand-papy, avec une écriture racée. Un coup très osé pour un premier roman, mais un coup de maître et un vrai succès critique ! Norbert Merjagnan, un auteur francophone à surveiller.