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Hitman: Absolution est un jeu développé par IO Interactive, édité par Square Enix.

C’est avec un soupir de soulagement que j’annonce que j’ai enfin fini Hitman: Absolution. Un jeu qui traînait depuis pile-poil un an dans ma ludothèque Steam. Et si je suis soulagé, c’est parce que j’ai l’impression de l’avoir commencé il y a 3 ans tellement c’était un calvaire de progresser dans ce jeu… Décryptage.

Rappelez-vous, il y a fort fort longtemps, je mettais penché sur Hitman: Blood Money alors que je ne connaissais rien de la série et l’expérience fut ma foi fort agréable. Tant et si bien que j’attendais sa suite avec une certaine fébrilité. Même si, par la suite, je n’étais guère motivé pour mettre plus de 10 euros après lecture des différents tests. De mémoire, j’ai dû investir la somme escomptée en fouillant dans les bacs à débarras d’une FNAC quelconque.

La recette Hitman n’a pas vraiment changé : vous incarnez l’agent 47 au cours de diverses missions dont les objectifs sont de liquider une cible gênante pour une raison ou une autre. Mais en itérant la formule vers la génération de console supérieure, le jeu a gagné de jolies textures sur des modèles avec plein de polygones, ainsi que des niveaux qui pousse le moteur maison dans les derniers retranchements du possible. On se souviendra des premières vidéo promotionnelles qui mettaient en avant des scènes de foules au milieu desquelles l’Agent 47 naviguait en suivant sa cible. C’était beau, ça en jetait et ça faisait envie.

Le clavier en main, les choses changent radicalement et tout ce qui paraissaient cool sur une vidéo (exécutée de main de maître par un développeur qui connaissait parfaitement tous les timing du niveau) devient incroyablement chiant. Voilà, si on devait résumer ce Hitman: Absolution, on se contenterait d’un « incroyablement chiant ». Mais comment se fait-ce qu’une itération d’un jeu cool (Blood Money) devienne une catastrophe tandis qu’on garde l’essence d’Hitman ? Plusieurs raisons à cela :

  • Déjà, il faut savoir que les scènes de foules baissent dramatiquement le framerate au point de forcer Agent 47 à marcher. Fun: -5 points
  • Le charme de Hitman était de laisser la part belle au joueur dans la manière d’appréhender son assassinat. Libre à lui de tuer tout le monde, plus ou moins discrètement, jusqu’à arriver à sa cible. Libre à lui de mettre en place un piège. Libre à lui de se déguiser et d’infiltrer silencieusement les lieux. Bref, liberté. Et cette liberté était essentiellement due au caractère assez générique de 47, un assassin charismatique mais sans réelle personnalité. Dans Absolution, le jeu cède à la facilité de l’hyper-narration et donne à 47 une espèce de conscience morale qui pousse le joueur à devenir ce qui les développeurs ont « charactérisé » dans le personnage de 47 : un assassin silencieux et efficace. Il en résulte que tout meurtre « hors cible » ou « non silencieux » se retrouve sanctionné par un système de points négatifs idiot qui culpabilise le joueur qui s’écarte de la mentalité de 47. Fun: -50 points.
  • Il en résulte une frustration constante chez le joueur qui perd ainsi le goût de l’expérimentation dans les meurtres et doit se plier aux scénarios du level design pour approcher sa cible. En gros vous avez un nombre limité de façons pour tuer une cible et une seule réellement valable pour gagner le maximum de points pour débloquer le plus d’aptitudes pour 47. Fun: -25 points. Hérésie RPG: -40 points.
  • L’IA est à la fois pernicieuse et à la fois vicieuse. Elle ne sera absolument pas suspicieuse quand vous marchez en infiltration avec un costume dans un lieu où il n’y a aucune raison de marcher accroupi. Par contre, dès que vous mettez le pied dans une zone interdite, bim, pas d’avertissement que c’était une zone privée et perte de points immédiates. Qui dit perte de points dit sanction immédiate du joueur donc du plaisir de jeu. Vous tirez de loin, avec votre silencieux ? Ca n’empêchera pas l’IA d’entendre quelque chose (admettons le corps qui tombe par terre, admettons…) mais aussi dans la foulée de déduire l’angle depuis la balle a été tirée et de vous griller derrière votre couverture… Alors que, bon, hein, silencieux + couverture… Fun: -50 points
  • Les niveaux sont blindés de triggers qui déclenchent des scripts pour les PNJ suivant les endroits où vous passez. Donc, si vous ne passez pas au bon endroit, n’interagissez pas avec le bon élément de décor, il ne se passe rien et vous attendez. Sur les 44 heures qu’il m’a fallu pour finir ce jeu, il y en a au moins 10 passées à attendre comme un gland que ma cible daigne se pointer avant de réaliser qu’elle ne viendra jamais par là parce que je n’ai pas déclenché quelque part un script ! Fun: -50 points
  • Tant qu’on est sur les scripts, il faut savoir qu’il se réinitialise à chaque recharge de jeu ! Vous jouez, vous faites avancer les scripts des PNJ, vous faites une miraculeuse sauvegarde pour assurer le coup, vous ratez, vous rechargez et TOUT est réinitialisé et vous vous retrouverez dans une situation pire qu’avant la sauvegarde !!! Fun: -100 points
  • Les sacro-saintes quicksave ont fait place à des savepoints. Et voici l’unique raison qui m’a fait passer autant de temps sur ce jeu. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de quicksaves au profit d’autosave régulières. J’ai envie de dire « pourquoi pas ». Mais des savepoints… Des savepoints !!!! Je vous laisse prendre la pleine mesure de la notion de savepoints cachés dans le niveau (donc, pas forcément sur votre chemin…) quand on les ajoute au système de points dépréciatifs pour un rien, au sixième sens de l’IA, aux longues minutes d’attente pour rien… Vous avez ni plus ni moins qu’un système « Die and Retry » forcé où entre chaque retry vous avez peut-être 10, 20, 30 minutes de jeu non-stop à refaire à chaque fois que vous perdez des points, vous vous faites griller par l’IA, etc. Sur les 44 heures de jeu, j’ai sûrement plus de 10 heures passées à refaire encore et encore les mêmes choses pour des prunes parce qu’il n’y avait pas un putain de système de quicksave ! Fun: -100000 points. Et c’est vraiment dommage, parce que attendre, planifier, se planquer, écouter, c’est l’essence même d’un jeu Hitman et c’est ce qu’il y a d’amusant. Le faire et refaire encore et encore… non. Juste non.  Oh et si vous validez un savepoint, quittez le jeu puis revenez, ne soyez pas surpris de recommencer au tout début du niveau, j’ai déjà compté ça dans les -100000 points. Et s’il m’a fallu un an pour finir ce jeu, c’est essentiellement dû à des « rage quit » suivi de plusieurs semaines où je ne voulais plus toucher à ce jeu ! Franchement, des quicksaves et j’aurais recommandé le jeu les yeux fermés car ça changeait toute la donne.

Et j’ai regardé sur internet. Sur tous les forums officiels ou personnels, quelle que soit la plateforme, tous les joueurs se plaignent de la disparition des quicksaves de Blood Money sans raison apparente. Aucun patch n’a jamais été mis en place, aucune réponse n’a jamais été faite pour justifier ce choix. Rien. Aucun mod n’existe n’ont plus. Donc à ceux qui se lanceraient dans cette folle aventure par pur masochisme, bon courage. Ensuite, je vois dans ce choix une concession du Game Design face à une limitation technique. Entre la présence des checkpoints, la réinitialisation des scripts, les limitations automatiques dès lors qu’il y a de la foule, il devient évident que le jeu souffre de problème liés à la gestion de mémoire et des variables de jeu. Et toute l’expérience de jeu est ruinée parce que des mauvaises décisions ont été prises à des mauvais moments par les mauvaises personnes sur les mauvaises ressources !

A côté de ça, on se retrouve face à une histoire sympatoche mais sans rien d’extraordinaire. L’humour noir qui faisait partie de la série s’est un peu effacé au profit du réalisme sombre imposé par l’état du marché. De toute façon, comparé au nombre de points négatifs que j’ai mis dans la gueule du jeu, c’est pas vraiment la peine de noter la trame du jeu ou la qualité des personnages. Vous passerez un moment plaisant, c’est déjà. Certes, les dialogues sont super, mais au bout de quinze fois à les réentendre… Les niveaux sont jolis, bien détaillés et variés. Vous ne pourrez plus les voir en peinture après 3 heures de « Die and Retry » dessus, mais c’est objectivement très joli. Les cutscenes sont en revanche en dessous de la qualité générale du titre (ce qui pue la sous-traitance à un studio externe).

Les amateurs de jeu communautaire pourront se pencher sur le mode Contrats pour créer et partager des missions personnalisés. Je ne vous cache pas que j’ai à peine essayé. Le jeu étant suffisamment chiant comme ça, je n’avais pas spécialement le courage de me taper en sus les puzzles casse-couilles d’anonymes.

Hitman: Absolution partait d’une bonne intention et avait un moteur suffisamment solide pour proposer un jeu intéressant tout en renouvelant la recette originale. Malheureusement le jeu est littéralement pourri par d’incompréhensibles décisions de Game Design qui ruinent tout le plaisir du jeu. Dommage, mais pour votre tension (ou à moins que vous ne soyez moine bouddhiste), je ne peux pas recommander ce jeu s’il n’est pas à moins de 5 euros…

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Dans l’épisode précédent…

Cher Journal,

Cela faisait près d’un an que j’avais raccroché mes gants qui doublent les dégâts d’attaque sournoise afin de me consacrer à la vie d’époux modèle. En effet, un jour qu’elle faisait les comptes, Muiri avait récupéré l’équivalent de mes fiches d’honoraires d’assassin et s’est rendue compte que depuis que je étais arrivé dans ce pays de fous, j’avais amassé environ 140000 pièces d’or, sans compter l’achat de la maison à Solitude et les babioles accumulées dans les coffres du sous-sol. En gros, elle m’a fait comprendre que c’était enfin l’heure de la lune de miel et que Elu, dragons ou pas, c’était pas négociable.

Ca fait donc un an que je me fais chier chez moi à écouter les « bardes » d’à-coté picoler, à acheter des fruits et légumes sur le marché, à ce que tout le monde me demande si j’ai pris une flèche dans le genou pour maintenant rester glander chez moi et que Paarthurnax m’envoie des courriers alarmants toutes les semaines au sujet d’Alduin et de la destruction prochaine de Bordeciel ! Alors que hein, Bordeciel se porte très bien et j’ai pas vu un seul dragon depuis ma fenêtre.

Et puis Muiri a eu envie d’une maison secondaire ! J’ai dit « Pas à Blancherive », le peu de fois où j’étais allé, il y a toujours eu une attaque de dragons (A mon avis, Alduin est le Jarl de Blancherive). A Solitude on craint rien, à Blancherive, autant prendre une concession directe à la nécropole !

Bref, ni une ni deux, j’ai repris mes gants et ma liberté et je m’en suis allé battre campagne. Enfin, pas très loin, j’ai rencontré un autre Argonien fort sympatique du nom de Jee-Ra sur le port de Solitude. Voir une tête qui ressemblait à la mienne m’a fait tellement plaisir (et c’est tellement rare !) que j’ai engagé la conversation. Celui-ci m’a demandé si je pouvais lui rendre un service (j’aurais du m’en douter). Éteindre le phare du coin. C’est un peu étrange comme demande, mais bon. Je lui ai demandé si ça allait pas poser problème avec les bateaux, il m’a dit que c’était le but : faire échouer un bateau précis, vider sa cargaison et faire moitié-moitié. Sympa ! J’ai demandé pourquoi c’était pas lui qui allait éteindre le phare : il avait piscine (j’aurais du m’en douter aussi).

J’avais oublié que tout le monde était des grosses feignasses en Bordeciel, en attente d’une pauvre pomme près à traverser le pays pour 5 pièces d’or un bijou enchanté inutile bien trop cher pour des marchands bien trop pauvres.

Mon affaire du phare réglée, on a essayé de me buter…

*long soupir*

Les gens ont visiblement oublié qui était l’archimage de l’académie, qui était le bras droit de la Mère de la Nuit, qui avait libéré tout le pays des Sombrages, qui a buté l’Empereur… Si tant est qu’ils l’aient su un jour. Me voilà en train de buter les rares Argoniens du pays, sans gaieté de cœur, au nom de ma résidence secondaire.

Je vais ensuite faire un tour à la guilde des voleurs, voir comment ils se portaient. inutile de dire qu’ils m’ont dit : « bah t’étais où ? ça fait un an qu’on t’attend pour te filer du boulot qu’on veut pas faire nous-même… » Chuis parti.

*long soupir*

Je ne sais plus où en chemin, après ma dose réglementaire de bandits paranoïaques et de nécromanciens berserk, je suis tombé sur un certain Sam. Sam m’a proposé de venir picoler à avec lui. Pris d’une soudaine dépression sur ma propre condition, je me suis dit que c’était pas une idée plus bête qu’une autre de se bourrer la gueule… Même si au fond de moi, j’avais le sentiment que je devrais sûrement buter ce Sam pour duplicité viscérale une fois notre sympathique communion alcoolisée terminée.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de me réveiller avec la gueule de bois du siècle certes, mais sans couteau sous la gorge. Sans l’ombre d’un Sam à mes côtés non plus d’ailleurs… J’aurais dû reprendre mes activités normales, mais je me suis réveillé en carafe dans le temple de Dibella de la ville aux escaliers. La prude nonne n’a pas manqué de me faire culpabiliser au sujet du Sam absent et me voilà parti à sa recherche comme un idiot… Et quand on ne se souvient de rien passée la rencontre, on se dit que ça va pas être facile…


Crying Freeman est un film co-écrit et réalisé par Christophe Gans (Le Pacte des Loups), avec Mark Dagascos (Kickboxer 5: La rédemption… remettons les choses en perspective, hein), Julie Condra (Viper, une série de qualité, n’est-ce pas ?) et Tchéky Karyo (Forces Spéciales).

Le Freeman est un assassin d’une ancienne organisation chinoise qui bute tout ceux qui porte atteinte à la Chine. Dont des yakuza. Ce qui constitue le cœur du film. Ensuite, le Freeman, il pleure. On sait pas trop pourquoi, mais ça émeut les jeunes filles en fleur qui en tombent aussitôt amoureuses. Surtout celles qui sont témoin d’un de ses meurtres (mauvais endroit, mauvais moment) et qu’il refuse de tuer en dépit du code. Au final, le Freeman il va devoir se farcir et les yakuza et son ordre mystique s’il veut rester en vie. Tout un programme. Ah, et le Freeman ne s’appelle pas Gordon ; aucun lien de parenté !

Je n’avais pas vu Crying Freeman depuis… au moins 10 ans. Je passais ma DVDthèque en revue à la recherche d’un film à regarder pour m’occuper et je tombe sur le DVD collector de la mort de l’époque. Et là, le black-out. Je ne me souvenais de rien ! Ni une, ni deux, ni trois, je décide de le remater. Et ça mérite bien une critique nostalgique !

A l’époque de sa sortie (1996), j’étais à fond dans le trip du Freeman. Je trouvais ça trop stylé, trop bien, trop ouf, trop génial. Un français réalisait comme les maîtres de Hong-Kong. Je ne sais pas pourquoi, mais je le comparais presque à The Killer de John Woo. Oui, mais non ! Autant je prends toujours du plaisir à mater Hard Boiled ou The Killer, autant le Freeman accuse le poids des âges et n’a pas résisté à mon œil critique post-ado.

Reconnaissons au moins les points positifs de ce film : il est français. Et pour un film français, il envoie du bois. De la belle latte de parquet vitrifié ! Tourné à Vancouver, avec des acteurs de catégorie complètement internationale (dont des balèzes côté Japonais avec des stars comme Masaya Katô ou Mako) pour un budget de malade dans une pure tradition de l’entertainment américain. Certaines scènes d’action sont impressionnantes, avec des explosions, des ralentis, des pistolets, des cascades… Bref, en 1996, j’avais toutes les raisons d’être conquis. Et honnêtement, on aurait plus de gens comme Christophe Gans passionnés de cinéma, peut-être que les pellicules françaises raconteraient autres choses que des histoires d’adultères façon cinéma d’auteur torturé !

A part le fait que j’ai vieilli, pourquoi est-ce que ce film ne me plait plus ? J’ai beau être plus sage, il n’en reste pas moins vrai que j’adore toujours les films d’action ! Et bien, en fait, le film est victime de ses propres effets de manche !

Déjà, et sans déconner, j’ai eu l’impression d’avoir maté un film entièrement tourné au ralenti ! Ça donne du style, mais trop de style tue le style… Vraiment. Les scènes d’actions ne sont pas toutes très claires (massacre dans la poissonnerie) et manquent au final du panache made in Hong Kong. Pire, elles en deviennent ridicules si on prend un tant soit peu le temps de se mettre à la place du Freeman. Il est sensé être efficace et froid, mais il perd son temps à monter sur une porte pour surprendre ses adversaires (ç’eut été trop simple de se cacher derrière la porte…), il saute au ralenti en avant alors que ça sert à rien… Mais bon, comme je disais, ça donne du style…

En fait, le vrai point noir du film, c’est son scénario. Pour information, il est adapté d’un manga des années 80 (manga que je n’ai pas lu), qui fut d’abord adapté en série animée (série animée qu’il faut que je regarde). Il y a de la matière. Pourtant… Pourtant, je n’ai pas arrêté de me demander comment c’était possible d’avoir de telles relations entre les personnages. Emu O’Hara est une jeune femme obsédée par la mort, soit. Mais pour se jeter dans les bras d’un tueur qu’elle ne connait pas, elle a un sérieux problème et besoin d’un bonne thérapie. Je passerai sur le fait qu’il couche ensemble alors qu’ils se connaissent pas (CDLS, et sûrement à mettre sur le dos du coup de foudre et du fait qu’on n’avait pas envie d’un film qui dure 2h30). Le flash-back sur le pourquoi du comment un simple potier devient tueur est expéditif (et décrébilise pas mal de choses, puisqu’on ne le voit pas s’entraîner du tout: en gros, t’as les gênes de tueur et, encore une fois, CDLS). On rajoute des méchants très méchants à caractérisation unilatérale (sauf Tchéky Kario, en flic bizarre). Au final, le pire – et c’est un vrai choix assumée – c’est la voix-off de Emu. La grande règle de l’écriture de script concernant la voix-off est : si tu peux t’en passer, fais-le absolument ! On aurait carrément pu s’en passer, et expliquer des choses autrement que « Mon père est mort dans cette maison, parce qu’il était juge et qu’il se battait contre les yakuza. Ce soir, je vais mourir aussi ». Bref, une vraie faiblesse qui m’a plombé le film. D’autant plus qu’un tel choix devrait placer la narratrice en protagoniste, ce qui n’est clairement pas le cas… Et le but était de mettre en avant la romance, bah, c’est raté aussi. Je passerai sur les incohérences et le comportement bizarre de la plupart des personnages.

Mark Dagascos n’a pas la puissance de ses pairs de l’époque (Brandon Lee, ou même Jason Scott Lee initialement prévu pour le rôle), Julie Condra mérite des baffes pour son jeu évanescent (comprendre, c’est naze), Tchéky Kario semble nous sortir le jeu du méchant double casquette façon re-sucée de Doberman… Seul les Japonais s’en sortiront honorablement pour leurs prestations plus extrêmes.

En 1996, quand t’as 14 ans, Crying Freeman, c’est genre ton film favori. En 2012, Crying Freeman, c’est genre une madeleine de Proust au goût de moisi. Je crois que c’était la dernière fois de ma vie que je regarderai ce film… Je pense que vous pouvez tous passer votre chemin et vous tourner vers d’autres grands classiques qui surfent un peu sur le même pitch. Je citerai donc pour la troisième fois The Killer

Dans l’épisode précédent…

Une fois le pays remis à flot, je décidai de m’octroyer des vacances avec ma femme. On a donc regardé la carte et on s’est demandé où on pourrait aller en lune de miel… On n’avait pas de carte qui montrait les régions autour de Bordeciel. Une lune de miel en Bordeciel-même ça aurait impliqué des dragons, vampires, draugrs, loups-garous (enfin, je dis ça, j’en ai jamais vu qui m’ont attaqué) et autres bandits qui ne savent toujours pas que je suis l’Oreille Noire, l’archimage de l’Académie, l’assassin de l’Empereur, le bourreau d’Ulfric Sombrage et donc qu’il faut pas m’emmerder !

Donc, on n’a pas fait de lune de miel, je suis pas parti en vacances, j’ai bien les boules et quand j’ai les boules, je vais déssouder des trucs au hasard dans la nature…

Le jour où j’ai buté un loup avec classe. On a une nouvelle descente de lit maintenant…

Comme je n’ai pas spécialement envie de me faire entretenir par ma femme qui rapporte quotidiennement de la thune et me prépare des paniers-repas, j’ai repris mon journal et j’ai regardé ce que je pourrais faire comme quêtes débiles qui pourraient me rapporter trois piécettes. Je parle même plus de prestige, j’ai déjà établi que faire des quêtes pour la gloire de faire des quêtes ne servaient à rien, surtout auprès des habitants de Bordeciel. Mon père me disait souvent : « Fais du bien à un âne, il te fera des crottes ». Il aurait pu ajouter, « Les nordiques aussi. »

Comme j’ai acheté une maison de campagne à Faillaise, il fallait bien que je renfloue les caisses du compte commun avec Muiri. Je suis donc allé à la Guilde des Voleurs, pour voir comment ça se passait. Je déteste aller à la guilde, faut toujours passer dans les égoûts. Genre on est trop dark, on est trop une société secrète, on est trop dans les égoûts ! Ce serait sûrement une bonne idée si, comme je ne l’avais pas déjà établi dans un précédent récit, on avait effectivement du mal à trouver la taverne souterraine de la guilde…

Bon, effectivement, on a du mal… Je me suis perdu dans ses égouts moisis… J’ai tourné des plombes pour retrouver mon chemin. Je me suis fait attaqué par des rats pourris et des types encore plus pourris qui, bien que n’ayant pas vu la lueur du jour depuis des années ont décidé d’attaquer l’argonien de service parce qu’il ressemble à un dragon ! Pays de glands !

Et puis, alors que je commençais à pester de me faire attaquer à tout va par des mecs en slip, y en a un qui m’a ouvert la porte. J’ai oublié son nom, mais il avait l’air de me connaître. Enfin, pour être exact, il m’a demandé si c’était les Lames qui m’envoyait. Normal. J’ai dit que je connaissais une folle nommé Delphine qui voulait absolument buter tous les dragons qu’elle rencontrait et qu’elle s’en portait mieux si c’était plutôt moi qui dézinguais tous les dragons qu’elle rencontrait.

Il se trouve que le type en question était l’expert en dragon sorti du chapeau de Delphine, celui qu’elle aurait dû me citer dès le départ histoire de me faire gagner un temps fou et m’éviter de trancher la gorge du moindre employé de l’ambassade du Thalmor ! Bref, le type en question me paraissait aussi frappadingue que Delphine au sujet des dragons et il me demandait de l’aide pour sortir de son trou miteux.

Dis-moi pauvre abruti, si tu voulais vraiment quitter ce trou puant, pourquoi t’as attendu que j’arrive ? Après tout, t’es un ancien des Lames, tu sais te battre et même si t’étais recherché dans tout le pays, ces blaireaux sont incapables de reconnaître un archimage quand il en voit un ! Alors… Bon, voilà quoi…

Réponse dans le silence : c’est dans le script…

Le chauve a voulu sortir discrètement. Sérieux, discrètement. J’ai eu beau lui expliquer que c’était pas la peine, hein, que je tournais dans les égouts depuis des heures et que j’avais largement eu le temps de buter le moindre truc vivant. Mais non ! Mossieur voulait se la péter ! Mossieur voulait montrer qu’il était trop un ninja !

Visez la gueule du ninja ! Après, les gens me demande encore pourquoi je préfère me la jouer solo quand je m’infiltre… 

Pour la faire courte, on est sorti sans encombre, j’ai pas pu passer voir les incapables de la guilde des voleurs, on est allé à Rivebois, on a retrouvé Delphine qui se la joue agent secrète alors que tout le monde peut voir le passage secret derrière l’armoire de la chambre parce qu’elle n’est jamais remise en place et qu’elle gueule dans toute l’auberge « Roger, occupe-toi de l’auberge avant de se rendre dans la-dite chambre… Bouffone !

Maintenant, la nouvelle lubby de Delphine – sur les conseils de l’autre taré – c’est de retrouver des espèces de récits anciens dans une grotte dont, bien évidemment, tout le monde a oublié l’existence sauf lui… Soi-disant qu’ils nous éclaireraient sur le pourquoi du comment de la présence des dragons en Bordeciel. Une vraie explication, hein, pas juste « on est un produit de l’évolution comme tout le monde, on est plus gros que vous, donc on a le droit de vous bouffer… »

J’ai dans l’idée que non seulement l’explication sera foireuse, mais que je toucherai pas une thune dans l’histoire, que je ne manquerai pas de réduire à zéro l’espérance de vie d’un nombre considérable de bestioles dans l’affaire et qu’au final, tout cette entreprise est vaine… Mais bon, c’est ça où ramener un cube moisi dans des ruines naines encore plus moisies…

Dans l’épisode précédent…

Pour des raisons de simplicité et pour gagner une quantité de temps non négligeable, je me propose de passer sous silence, dans cet exhaustif résumé de ma vie en Bordeciel, toute mission mandatée par Caius Ficus qui se limiterait à du nettoyage pur et simple de donjons.

Souvenir des nettoyages de forts, en mode assassin silencieux, comme toujours

Ma prochaine mission pour remettre l’Empire à flot dans cette partie sauvage de Tamriel est donc de me rendre à Blancherive pour tailler le bout de gras avec le sympathique yarl du coin et lui faire comprendre que Ulfric Sombrage n’est qu’un gros vilain. Une mission diplomatique. Je rappelle à tout hasard que je ne suis qu’un bleu dans l’armée impériale, que je suis Argonien donc pas réellement apprécié de la population locale qui ne pense qu’à dépecer des dragons et qu’accessoirement, j’en ai rien à carrer du yarl en question.

Mais Blancherive est une cité au milieu de la carte, donc dans une position stratégie, et Caius Danslebus préférerait avoir un petit drapeau rouge sur sa carte plutôt qu’un blue.

Me voilà donc en train d’expliquer à un abruti de Nordique que rouge c’est mieux, et bleu ça pue. Convaincu par cet imparable argument, il me charge en personne d’aller porter à Ulfric Sombrage une hache. Evidemment, n’étant pas au fait des traditions locales, je m’enquiers de la signification d’un tel geste. Si Ulfric la garde, ils sont potes ; s’il la rend, c’est la guerre. Evidemment, dans un pays où le niveau d’éducation frôle le zéro, inutile d’espérer une missive qui expliquerait les griefs de chacun et une solution qui éviterait un bain de sang… Bon, je dis ça, mais le sang d’Ulfric, j’ai bien envie de le répandre pour l’esclavage de mes frères de couvée !

Bref, je me rends dans la ville où il réside, demande audience, lui remets la hache, qu’il me redonne.

Et c’est là où ça me frappe en plein fouet : on entre chez lui comme dans un moulin ouvert, je pourrais littéralement lui trancher la gorge sur le champ et ce serait fini, on en parlerait plus. Mais bon, je ne suis qu’un messager et je suis aussi bête que discipliné. Je retourne donc à Blancherive.

Le jour où j’aurais pu Ulfric Sombrage… Mais ‘y avait ni fortune ni gloire à la clé…

A peine avais-je redonné la hache à son propriétaire qu’on sonne l’alerte d’une attaque des Sombrages ! Quel coïncidence ! Ils ont fait vachement vite pour me suivre avec leurs catapultes et leurs régiments… De là à dire que c’est totalement surréaliste…

Me voilà donc sur un champ de bataille au pied des remparts pour repousser un assaillant qui avait toute latitude pour l’attaquer AVANT l’arrivée de l’armée mais qui décide que c’est nettement plus rigolo d’attendre d’avoir un peu de challenge pour se livrer à une session de viols et pillages en règle… Au regard du nombre de glands qui gouvernent ce pays, je suis surpris que les chênes n’aient pas déjà pris le pouvoir…

J’ai donc participé, en qualité d’archer, à l’éradication d’un nombre non négligeable de types mus par une aveugle confiance dans leur épée et leur beuglement. Notons que mon fidèle Crindombre s’est lui aussi vaillamment battu pour défendre de ses sabots les écuries du coin ! En même temps, vue la stratégie adoptée par l’adversaire, l’enjeu était couru d’avance…

Le Yarl se fendit ensuite d’un discours victorieux à base de « Je suis le meilleur, vous êtes pas mauvais, vive l’Empire et pour la liberté ! ». J’ai eu envie de gueuler « Et le jambon ! », mais je me suis retenu. Le leggat Rikke m’en renvoya à Solitude pour le rapport. Visiblement, je fais femme de ménage et coursier… Rien ne change, quoi.

Bon, je me plains de l’armée impériale qui me font l’effet de gros incapables, mais il faut reconnaître qu’ils savent y aller quand il s’agit de récompenser leur recrue !

J’en ai également profité pour suggérer à Caius Cumulonimbus que s’il voulait vraiment et rapidement se débarrasser d’Ulfric, il pouvait faire appel à une petite société indépendante spécialisée dans les travaux discrets – oui, la Confrérie Noire – et qu’on en parlerait plus ! Il a rien voulu entendre, il veut lui même marcher sur la ville… Toujours une histoire d’ego. J’ai aussi demandé ce qui se passait avec l’Empereur, que ça faisait tout de même longtemps que son bateau mouillait dans la baie, il faudrait peut-être allé voir… Mais il s’en branle en fait de l’Empereur, tout ce qu’il veut, c’est Ulfric…

Alors me revoilà sur les routes à la recherche d’un messager Sombrage pour intercepter son colis. Dans le tas, j’ai dû buter des passants sur la route qui m’avait vu effectuer le sale boulot… J’en suis pas fier, mais si j’y mets pas un peu du mien, on y est encore le mois prochain ! Et je veux bien rendre service pour remettre un semblant d’ordre dans ce pays à la noix, mais j’ai mon propre emploi du temps moi !

Une chose en entraînant une autre, les Sombrages se faisant virer à coups de dagues de nombreux forts que je vide à tours de bras, me voilà dans le siège de la ville d’Ulfric Sombrage, sur le point de mener l’assaut final…