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Dans l’épisode précédent…

Cher Journal,

Cela faisait près d’un an que j’avais raccroché mes gants qui doublent les dégâts d’attaque sournoise afin de me consacrer à la vie d’époux modèle. En effet, un jour qu’elle faisait les comptes, Muiri avait récupéré l’équivalent de mes fiches d’honoraires d’assassin et s’est rendue compte que depuis que je étais arrivé dans ce pays de fous, j’avais amassé environ 140000 pièces d’or, sans compter l’achat de la maison à Solitude et les babioles accumulées dans les coffres du sous-sol. En gros, elle m’a fait comprendre que c’était enfin l’heure de la lune de miel et que Elu, dragons ou pas, c’était pas négociable.

Ca fait donc un an que je me fais chier chez moi à écouter les « bardes » d’à-coté picoler, à acheter des fruits et légumes sur le marché, à ce que tout le monde me demande si j’ai pris une flèche dans le genou pour maintenant rester glander chez moi et que Paarthurnax m’envoie des courriers alarmants toutes les semaines au sujet d’Alduin et de la destruction prochaine de Bordeciel ! Alors que hein, Bordeciel se porte très bien et j’ai pas vu un seul dragon depuis ma fenêtre.

Et puis Muiri a eu envie d’une maison secondaire ! J’ai dit « Pas à Blancherive », le peu de fois où j’étais allé, il y a toujours eu une attaque de dragons (A mon avis, Alduin est le Jarl de Blancherive). A Solitude on craint rien, à Blancherive, autant prendre une concession directe à la nécropole !

Bref, ni une ni deux, j’ai repris mes gants et ma liberté et je m’en suis allé battre campagne. Enfin, pas très loin, j’ai rencontré un autre Argonien fort sympatique du nom de Jee-Ra sur le port de Solitude. Voir une tête qui ressemblait à la mienne m’a fait tellement plaisir (et c’est tellement rare !) que j’ai engagé la conversation. Celui-ci m’a demandé si je pouvais lui rendre un service (j’aurais du m’en douter). Éteindre le phare du coin. C’est un peu étrange comme demande, mais bon. Je lui ai demandé si ça allait pas poser problème avec les bateaux, il m’a dit que c’était le but : faire échouer un bateau précis, vider sa cargaison et faire moitié-moitié. Sympa ! J’ai demandé pourquoi c’était pas lui qui allait éteindre le phare : il avait piscine (j’aurais du m’en douter aussi).

J’avais oublié que tout le monde était des grosses feignasses en Bordeciel, en attente d’une pauvre pomme près à traverser le pays pour 5 pièces d’or un bijou enchanté inutile bien trop cher pour des marchands bien trop pauvres.

Mon affaire du phare réglée, on a essayé de me buter…

*long soupir*

Les gens ont visiblement oublié qui était l’archimage de l’académie, qui était le bras droit de la Mère de la Nuit, qui avait libéré tout le pays des Sombrages, qui a buté l’Empereur… Si tant est qu’ils l’aient su un jour. Me voilà en train de buter les rares Argoniens du pays, sans gaieté de cœur, au nom de ma résidence secondaire.

Je vais ensuite faire un tour à la guilde des voleurs, voir comment ils se portaient. inutile de dire qu’ils m’ont dit : « bah t’étais où ? ça fait un an qu’on t’attend pour te filer du boulot qu’on veut pas faire nous-même… » Chuis parti.

*long soupir*

Je ne sais plus où en chemin, après ma dose réglementaire de bandits paranoïaques et de nécromanciens berserk, je suis tombé sur un certain Sam. Sam m’a proposé de venir picoler à avec lui. Pris d’une soudaine dépression sur ma propre condition, je me suis dit que c’était pas une idée plus bête qu’une autre de se bourrer la gueule… Même si au fond de moi, j’avais le sentiment que je devrais sûrement buter ce Sam pour duplicité viscérale une fois notre sympathique communion alcoolisée terminée.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de me réveiller avec la gueule de bois du siècle certes, mais sans couteau sous la gorge. Sans l’ombre d’un Sam à mes côtés non plus d’ailleurs… J’aurais dû reprendre mes activités normales, mais je me suis réveillé en carafe dans le temple de Dibella de la ville aux escaliers. La prude nonne n’a pas manqué de me faire culpabiliser au sujet du Sam absent et me voilà parti à sa recherche comme un idiot… Et quand on ne se souvient de rien passée la rencontre, on se dit que ça va pas être facile…

Dans l’épisode précédent…

Comme annoncé par l’autre vilain trop sûr de lui, le sanctuaire de la Confrérie Noire est pris d’assaut par la garde personnelle de l’Empereur qui s’en donne visiblement à cœur-joie ! Mon fidèle Crindombre est allé combattre comme un grand quelques félons représentants de l’armée impériale en poste tandis que J’enfilais mes flèches comme des perles dans les genoux des gardes (comme il est de coutume dans ce pays de dingues).

L’intérieur du sanctuaire était en proie aux flammes quand je suis rentré. D’autres gardes massacraient et pillaient sans vergogne mes frères de culte. Il s’avère que le type qui puait le chien mouillé était effectivement un loup-garou… Comme quoi ce pays ne cessera donc jamais de me surprendre ! Loup-garou ou pas, il a succombé sous les coups de glaives mollement portés par des premières classes que j’ai expédiées en enfer bien plus rapidement que lui ! Le chien puant est mort, le vieux aussi, l’elfe noire aussi, Veesara itou… Même l’araignée de compagnie n’a pas survécu à l’incendie ! J’ai retrouvé le type de l’Enclume. Une fois le couteau sous la gorge, il m’a assuré qu’il n’était pas le traître. La fillette vampire a tenu le même discours.

Restait plus qu’Astrid à trouver. Je suppose que pas souci de tragédie, les Dieux feraient en sorte que la traîtresse, ce soit elle.

Mais l’incendie gagnait encore et encore du terrain. Je ne pouvais pas la laisser s’échapper et je ne pouvais pas fuir. J’ai dit aux deux survivants de se casser pendant que je partais en quête de dessiner un ultime sourire d’une oreille à l’autre sur cette bonne vieille Astrid. Même si elle n’était pas celle qui nous a vendus, elle le méritait pour tous les allers-retours qu’elle m’a fait faire dans le vent et pour avoir failli me faire tourner chèvre.

Bon… Il s’avère que j’ai un peu laissé la situation dégénérer côté incendie… Je me suis retrouvé piégé… Sans autre alternative que de m’enfermer dans le sarcophage de la Mère de la Nuit… Encore… A situations désespérées, remèdes désespérés ! Et me voilà de nouveau allongé auprès d’un cadavre puant, les yeux fermés en train de penser à des fourmis travaillant sur une souche, à Muiri et à des petits chats… Je crois que la Mère de la Nuit m’a encore parlé. J’ai pas écouté tant elle refoulait du bec et je me suis concentré sur les petits chats et mes envies de meurtres envers Astrid et Bordeciel tout entier pour m’avoir mis encore dans cercueil avec un macchabé !

Le lendemain matin, les deux autres membres survivants de la Confrérie Noire m’ont retrouvé. Ils sont aussi retrouvé Astrid. Encore en vie. J’aurais dû la buter sur le champ. Mais plutôt que de crever bien normalement, il a fallu qu’elle mette en scène sa mort façon drama-queen ! A moitié carbonisée, elle avoue que c’est elle qui a vendu la Confrérie Noire parce que je devenais trop important et que je lui faisais de l’ombre…

J’ai senti qu’elle allait encore me faire un speech mielleux à base de « je suis désolée, j’ai glissé » alors j’ai dit que ça suffisait la tragédie foireuse et j’en ai fini avec cette pétasse qui me gonflait depuis le départ avec ces jeux de pouvoirs.

« T’as joué, t’as perdu ! T’as essayé de me doubler, tu l’as eu dans le cul ! »

C’est sorti comme ça. Je me sentais pas particulièrement poète à ce moment-là, mais c’était approprié. Ensuite, j’ai regardé les autres et j’ai dit :

« Bon, maintenant, ça suffit les conneries ! On va arrêter de ce toucher la nouille et on va remettre à flot cette confrérie à la noix. Déjà, le patron, c’est moi ! Car vous avez bien fait montre, chacun à votre manière, que vous êtes deux gros branleurs de première ! Pas autant qu’un membre de la guilde des voleurs, mais pas loin ! »

Ils ont pas pipé un seul mot, étonnés de voir que je savais parlé, en fait. L’avantage de ne jamais parler, c’est qu’on vous écoute quand vous l’ouvrez ! J’en déduis que ça fait de moi, et dès maintenant, le grand patron de la Confrérie Noire ! Je ne peux qu’imaginer la fierté que ressentirait mon père s’il me voyait…

« Toi, là, le type de l’Enclume. Je te nomme super-intendant. Occupe-toi de tout ce que j’ai pas envie de faire, comme le recrutement ! Et toi la môme vampire, t’as qu’à continuer de berner les petites vieilles en attendant de me prouver que t’es réellement utile. Au fait, j’ai pas buté Cicéro, il va sûrement revenir. Il sert à rien non plus mais il porte la Mère de la Nuit, c’est toujours mieux que rien. On va s’installer dans le sanctuaire de Aubétoile, j’irai voir un pote de la guilde des voleurs qui me fera un prix discount pour aménager le tout de façon nettement moins glauque. »

Ils ont opiné du chef. Tant mieux ! J’étais tellement sur les nerfs que j’aurais buté le premier qui mouftait ! Mon père me dirait aussi qu’un bon argonien fini toujours la tâche pour laquelle il a reçu des sous. J’ai donc ajouté :

« Enfin, comme JE dois toujours tout faire dans ce pays, JE vais personnellement m’occuper du contrat en cours et buter pour vrai le vrai Empereur ! Et comme depuis le départ, on n’arrête pas de m’envoyer à Solitude, je suppose qu’il se terre là-bas maintenant qu’il croit la menace de l’Oreille Noire écartée. Ah oui, et désormais, pour vous, c’est « Oreille Noire » ! Pas « machin », ou « bidule » ou « le bleu » ! « Oreille Noire » ! Pigé ? »

Nouvel opinage du chef de mes nouveaux larbins. Non mais !

Et direction Solitude !

Le bateau de l’Empereur… et l’ombre funeste de l’Oreille Noire qui plane au-dessus !

Comme j’avais bien les nerfs en pelote, en guise d’apéritif, je me suis fait le garde impérial qui avait marchandé ma mort avec Astrid. Il était sur le port. Je l’ai tué lui et tous les types sur le port indistinctement ! Ensuite, je suis allé sur le bateau de l’Empereur qui mouillait dans la baie.

Et. J’ai. A-ssa-ssi-né. Tout. Le. Monde.

Marins, gardes, empereur, la poule du garde-manger… Tout. Le. Monde.

Ça m’a fait un bien fou ! L’Empereur était très courtois et très lucide sur le fait que le subterfuge de l’épisode 17 ne le sauverait pas de la terrible vengeance de l’Oreille Noire. Il a été d’accord pour que je le tue sans faire d’histoires (dans le genre mood-killer, il se posait là lui !) mais il voulait aussi que je tue celui qui voulait que je le tue.

Tant que je peux rendre service…

Et donc, là, c’est le vrai Empereur qui goûte ma lame…

Ce dernier acte mettant fin à mes aventures avec la Confrérie Noire, il était temps de passer sérieusement à autre chose.

Dans l’épisode précédent…

Bon, suite à notre dernière discussion, Astrid a bien compris que j’étais nervous breakdown et que tant va à la cruche que l’eau du vase de ma patience s’est brisée avec ces conneries d’allers-retours à Solitude pour des prunes. Elle a donc juger prudent de m’offrir des vacances, vu qu’on avait encore un peu de temps avant la venue de l’Empereur en Bordeciel.

Pour mes vacances, elle m’a demandé d’aller traquer et tuer Cicéro, le fou qui se trimballe avec la Mère de la Nuit partout. Il paraîtrait que les restes de cerveau qui gigotaient dans sa boîte crânienne auraient fondu et qu’il serait devenu un danger pour lui-même et le reste de la Confrérie Noire.

Je ne suis pas sûr qu’on n’ait vraiment le même dictionnaire pour la définition de vacances, mais j’oublie souvent – à trop les fréquenter – que les Nordiques ne sont qu’un peuple de bouseux qui ne savent même pas lire ! J’aurais voulu aller voir Muiri et faire un peu connaissance avec elle, mais il faut croire que je ne suis bon qu’à faire le larbin de tout le monde…

Cicéro se cache dans un sanctuaire abandonné, près de Aubétoile (tout aussi discret que le sanctuaire actuel, avec sa porte à peine voyante…). Je l’ai traqué, je l’ai pourchassé, je l’ai blessé, mais je n’ai pas eu le cœur de le tuer pour de bon… Je crois que je l’aime bien de dingue en costume de bouffon… Et puis, ça me dérange de tuer un frère. Après tout, avant la débandade actuelle, le code interdisait de tuer ou voler un autre assassin du culte. Et mon père m’aurait dit de respecter la tradition. La tradition, c’est ce qui sépare l’assassin ténébreux du vulgaire coup-jarret.

Alors j’ai rien à Astrid. De toute façon, je dis jamais rien à personne !

Cette fois, je suis bon pour partir à Solitude et tuer l’Empereur ! Hahaha, jubilation !

Bon, en fait, j’ai dû faire un détour par une auberge perdue, tuer un cuisinier réputé et voler son accréditation. De la sorte, je peux me faire passer pour le cuistot qui va préparer le repas de sa majesté impériale, balancer un bon coup d’extrait de lotus mortel dans son ragoût et l’empoisonner. Plutôt lâche comme assassinat, mais Astrid désire qu’on procède ainsi. Aurais-je parlé que je ne me serais pas gêné pour la traiter de « p’tit slip ».

M’enfin… Grâce à ma fausse accréditation, j’ai pu aller jusqu’en cuisines. La sécurité est pour le moins légère. Ca ne dérange absolument personne que l’archimage de l’Académie de Fort d’Hiver soit cuisinier à présent… Je ne comprendrai jamais ce pays et je préfère m’en tenir là, sinon je vais encore comparer l’intelligence d’un Nordique avec celle d’un horqueur et passer pour un être arrogant et méprisant… Mais tout de même… Il n’y a que moi que ça dérange ?

Tiens, je ne vous avais jamais présenté des horqueurs… Vous avez vu cette lueur d’intelligence dans leur regard ? Comparez avec un Nordique !

Dans les cuisines, il y a une employée qui a déjà fait 82% du travail. Elle est heureuse de voir enfin arriver le grand chef-cuisinier que je suis. Bien qu’elle soit surprise que je sois un dragon… Ar-go-nien ! Idiote ! Mais j’ai rien dit, autant parler philosophie avec des horqueurs ! Et puis cette histoire d’assassinat d’empereur n’a que trop duré ! J’ai voulu m’affairer à préparer un ragoût empoisonné mais l’autre crétine ne voulait pas que je m’approche des plats avant que j’ai mis une toque… N’importe quoi…

Mais j’ai tout de même mis la toque, ça me fera un souvenir pour me rappeler du jour où j’ai tué l’empereur… Ensuite elle a demandé à m’assister dans la préparation du repas. Je lui ai dit de balancer tout et n’importe quoi dans la marmite : orteil de géant, poussière de vampire, tomate, amanite tue-mouche… Cet abrutie m’a écouté comme si j’étais le dieu de la cuisine en personne et n’a jamais levé le moindre sourcil face aux absurdités culinaires que je lui balançais (ce qui me fait douter de ses propres capacités culinaires)…

A la réflexion, je crois que c’était ça le fameux papier qu’Astrid m’avait donné la dernière fois, avec son histoire de casser les œufs… Bah, tant pis, il semblerait que l’Empereur s’étouffera en bouffant un truc dégueulasse !

Le jour où j’ai tué l’empereur, toque sur la tête et costume de bouffon sur les épaules… True story.

Et ça n’a pas manqué. Il est mort le nez dans son assiette. Inutile que ça a été un peu la panique dans la salle à manger. Ça s’est mis à crier. Ca a complètement insupporté mon Oreille Noire et j’ai tué tout le monde pour avoir un peu de silence : nobles, gardes, apprentie cuisinière… Ils y sont tous passés ! Mais bizarrement, aucun garde n’est venu en renfort… C’était louche. Je viens tout de même d’empoisonner l’Empereur et tout le monde s’en bat les noix de cajou. J’aurais pu sortir par la grande porte que personne s’en serait aperçu.

A la réflexion, j’aurais dû sortir par la grande porte et ne pas suivre les indications foireuses d’Astrid. Parce que je suis tombé dans un piège ! Me voilà encerclé par une troupe entière de gardes du corps de l’Empereur ! Encore une fois, mon salut vient de ses abrutis qui se croient intelligents et qui racontent en long, en large et travers la façon dont ils nous ont bien piégés ! Des imbéciles. Tous ! Moralité : je sais que je n’ai pas tué le véritable empereur mais un sosie, je sais le nom du type qui me menace (et que j’ai déjà oublié tant c’était déjà de la viande froide à mes yeux) et le nom de la personne qui m’a trahi au sein de la Confrérie Noire ! Oh, et je sais accessoirement que le Sanctuaire de la Confrérie Noire est actuellement en train de se faire envahir par l’armée impériale !

J’ai buté – encore – tout le monde (sauf la viande froide qui était partie vaquer à d’autres occupations) et j’ai enfourché mon fidèle Crindombre pour aider mes compagnons assassins innocents et charcuter longuement et sadiquement le traître !

Dans l’épisode précédent…

Astrid avait donc un boulot de la plus haute importance à me confier. Je pensais que c’était un assassinat de grande envergure, pas le bûcheron du coin qui trompait sa grosse… En fait, il n’en était rien. Astrid ne fait pas confiance à Cicéro, le bouffon de service de la Confrérie Noire qui trimballe le cadavre desséché de la Mère de Nuit partout. En même temps, je la comprends Astrid, Cicéro passe son temps à parler avec le macchabé comme s’il était plein de vie en faisant les questions et les réponses. Il y a de quoi être suspicieux. Elle veut donc que je surveille le bouffon de service… Et sa brillante idée, c’est que je me cache dans le sarcophage de la Mère de la Nuit… Bah voyons…

J’aurais bien protesté, mais comme je suis un assassin silencieux, j’ai rien dit. Et j’ai passé la nuit à côté d’un cadavre puant… Je suis allé dans ma caverne intérieure et j’ai pensé très très fort à des trucs sympas, comme des fourmis sur une souche d’arbre ou Muiri. Il s’avère que Cicéro a sérieusement un grain mais qu’il est plutôt inoffensif. Par contre, alors que je pensais à des fleurs et des petits chats, j’ai entendu une voix…

Le jour où j’ai dormi avec un cadavre…

J’ai ouvert les yeux et j’ai vu qu’il y avait de la lumière dans le sarcophage. La Mère de la Nuit m’a parlé. A moi. Encore une histoire d’Elu… Elle a dit qu’elle avait un vrai contrat pour la Confrérie Noire et qu’il était temps d’arrêter de passer pour des glands !

J’ai gueulé, Astrid est arrivée, je suis sorti du sarcophage, Cicéro a gueulé, Astrid a gueulé, j’ai gueulé encore plus fort, tout le monde a sorti ses armes,  j’ai dit que la Mère de la Nuit m’avait parlé, tout le monde a fermé sa gueule.

Cicéro a dit que si j’avais entendu la vieille, c’est que je devais être l’Oreille Noire. « Je suis argonien, j’ai pas d’oreille » que j’ai voulu lui dire, mais ce mot d’esprit aurait ruiné ma réputation d’assassin taciturne glauque, alors j’ai rien dit. Astrid avait pas l’air d’être jouasse. Cicéro non plus. L’une parce que si je suis l’Oreille Noire, je suis désormais d’un statut plus élevé que le sien ; l’autre part pure jalousie parce qu’il voulait être l’Oreille Noire. Je lui aurais bien filé ce titre honorifique d’Oreille Noire. J’ai déjà le titre honorifique d’archimage et ça n’a rien changé à ma vie.

Astrid m’a dit qu’elle avait besoin de réfléchir à la suite des événements. Ça tombe bien, j’avais des suites à donner à quantité non négligeable de quêtes dans mon journal. J’ai pris une page au hasard. Dessus, il y avait marqué : Rendez-vous au bosquet de Kyne.

Bien évidemment, j’avais aucune idée de qui m’avait donné rendez-vous, ni pour quoi… Tout ce que je savais, c’était qu’il était peu probable que la personne m’attende toujours, si j’en croyais la date du rendez-vous dépassée depuis bien des lunes. Par acquis de conscience, j’y suis allé.

Et vous savez quoi, c’était l’aubergiste qui me se dit Lames et chasseuse de dragons qui m’avait donné rendez-vous, et cette pauvre abrutie était toujours là en train de m’attendre ! Par un obscur jeu du hasard, je suis arrivé pile-poil quand le bosquet de Kyne se faisait attaquer par un dragon ! La vie est vraiment faite d’étranges coïncidences, n’est-ce pas ? Quelle est donc la probabilité pour qu’on me donne rendez-vous, que j’oublie, que j’ai le temps de devenir archimage, membre de la Guilde des Voleurs et Oreille Noire, et que juste quand je reviens, bim, attaque de dragons ! Quand je vous répète que ce pays de congelés m’en veut personnellement !

Le dragon noir qui attaquait, c’était celui à qui je dois la vie quand j’avais la tête sur le billot. En fait, il était venu ressusciter un autre de ses copains dragons qui pourrissait à l’état de squelette dans un tertre. C’est plutôt sympa de la part du gros dragon noir !

Ensuite, le dragon noir est parti et cette conne d’aubergiste a hurlé « chaaaaaaaaaaaargez ! » sur le dragon fraîchement débarqué. Mais c’est quoi cette manie de Nordique d’attaquer tout et n’importe quoi qui n’a pas de cheveux blonds ! Evidemment, qu’a fait le dragon ? Il a attaqué en retour ! Normal. J’ai même pas eu l’occasion de plaider ma cause, lui dire que j’avais rien à voir avec cette folle, que j’étais même là complètement par hasard et que j’étais limite pacifiste dans l’âme avec mes confrères sauriens…

J’ai été obligé de le tuer ce brave dragon qui n’avait rien demandé à personne ! Et l’autre abrutie m’a dit une banalité affligeante du style

— Wow, t’as buté un dragon, t’es trop un élu !

Ensuite elle a ajouté :

— Retrouve-moi dans mon auberge pourrie ! Il faut qu’on découvre le complot qui se cache derrière le retour des dragons en Bordeciel !

Mais quel complot, idiote ! C’est un dragon qui ramène ses potes la vie. C’est un dragon sympa, avec une conscience altruiste pour ses amis dragons que des générations de crétins en peaux de bête avec une hache ont zigouillé pour le plaisir ! Ya pas de complot !

— T’as raison, c’est sûrement un coup du Thalmor ! Mais on en discutera plus longtemps dans ma cachette pas secrète à l’auberge !

— Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargl !

J’aurais dû la buter. Là, comme ça, gratuitement. Le temps que je pèse le pour et le contre d’un tel acte, elle s’est cassée. J’ai noté : « Retourner à l’auberge d’un bleb minable pour rencontrer une folle paranoïaque, si tu sais plus pour quoi, tant pis, oublie ! »

Je suppose qu’Astrid avait dû prendre une décision, alors je suis retourné au Sanctuaire…