Articles Tagués ‘Adaptation’

Ghost in the Shell

C’était nul. Archi-nul. En même temps quand on décide d’adapter l’adaptation culte d’un mange culte (donc, vous voyez déjà le niveau : Hollywood pompe directement l’anime, soit la vision de Mamoru Oshii, pas le matériau de base), de faire un bon gros whitewashing des familles avec Scarlett Johansson (ce qui aurait pu passer – en toute honnête – s’il n’avait pas décidé d’y accoler pour de vrai le nom de Mokoto Kuzanagi) et en plus de foutre à la réalisation un tacheron incompétent comme Rupert Sanders (je vous invite à lire mon article sur son Blanche Neige), il n’y a pas de miracle : le film est une sombre bouse dénuée d’intérêt. Le plus pathétique restant le copié-collé des scènes de l’anime (un tacheron incompétent, je vous dis !). Le plus triste restant la musique emblématique de Kenji Kawai au générique de fin, comme l’ultime pied de nez au fan de la version animée. Bref, aucun, aucun, aucun intérêt, sinon rappeler l’urgence de voir ou revoir le chef d’oeuvre de Mamoru Oshii.

0.5/5

The Fate of the Furious

Pour ceux qui tiennent les comptes, c’est le 8e opus de la franchise. Et les comptes il faut les tenir parce que la série s’auto-référence désormais. Alors, à moins d’être des hardcore fans, vous hausserez le sourcil en vous demandant « c’est qui lui ? », « et elle, elle dans quel épisode déjà ? ». La série est comme son interprète principal, elle se prend trop sérieux la plupart du temps. Faut arrêter, les gars, depuis quand des vulgaires voleurs de bagnoles sont devenus des Jason Bourne ? Au final, le film ne brille que par ses moments WTF, comme la horde de voitures zombies… Il aurait fallu que tout le reste soit comme ça.

2.5/5

Le Correspondant

Le Correspondant est une comédie pour ados bien sympathique. Elle ne marquera pas les esprits bien longtemps mais il y a quelques moments vraiment drôles. Après, si j’ai autant d’affection pour ce film, c’est que j’avais commencé à développer un roman sur exactement le même genre de prémices. Du coup, j’ai dû passer à autre chose.

3/5

Jamais Contente

C’était LA bonne surprise côté comédie française sur ce mois. L’adaptation d’un roman jeunesse est vraiment réussie (enfin, le film est réussi, l’adaptation en soit, j’en ai aucune idée parce que j’ai pas lu le matériau de base). La force du film est de mettre en valeur le moment particulier de la vie adolescente, la phase rebelle égoïste, avec justesse. La gamine est énervante et touchante à la fois. Mention spéciale à la bande son qui soutient le film à merveille (Black Rebel Motorcycle Club en tête)

4/5

Quartier Lointain

Encore une adaptation, et cette fois, j’ai lu le matériau de base : un manga de Jirô Taniguchi. Si le film respecte dans les grandes largeurs les intentions du mangaka, force est de constater que c’est bien mou et que ça ne marche pas aussi bien. Le film repose plus sur son univers 50’s que sur son propos. Et c’est bien dommage. Donc maintenant, vous avez le choix entre investir dans un DVD moyen qui ne parlera qu’à ceux qui ont lu le manga ou investir dans un excellent manga…

3/5

The Mechanic

Ah, un bon gros actionner débridé avec Jason Statham. Que demande le peuple, sinon du pain en plus de ça ? C’était fun, à la limite de la façon dont la licence vidéoludique Hitman aurait pu être traitée dans son approche des contrats. Ca vide le cerveau pour pas un rond ou presque et difficile d’en demander plus d’un film avec Jason.

3.5/5

Mechanic: Resurrection

La suite bien dispensable. Réalisée 5 ans plus tard pour une sortie direct-to-DVD, on se demande pourquoi les producteurs perdent leur temps avec ce genre de film (à défaut de perdre leur argent de toute évidence). Il faut vraiment des fans de Jason Statham comme mes parents pour oser aller mater ça de son plein gré. Restez sur l’impression du premier opus dont vous n’aviez jamais entendu parlé avant de lire cet article.

1.5/5

7 Days in Hell

Une espèce de docu-fiction sur un match de tennis qui dura une semaine entière. Avec Andy Samberg et Kit Harington dans les rôles des duellistes de la balle jaune. C’était vraiment drôle, complètement con en fait, mais avec des interviewés comme Serena (ou Venus) Williams qui en parle avec sérieux et les rebondissements complètement WTF, je dois avouer que si vous ne deviez consacrer que 45 min de votre temps à regarder quelque chose dans cette liste, ce serait sur 7 days in hell.

4.5/5

Gifted

Un petit film mignon, sans prétention mais qui marche 1000 fois mieux que les grosses machineries présentées plus tôt.

4/5

The Circle

C’est un peu la déception. Il s’agit d’un film qu’on m’a surement trop hypé comme Apple ft. Facebook ft. 1984. Au final, je le trouve assez moyen, pas assez développé dans la charactérisation de ses personnages, a fortiori celui d’Emma Watson. Je ne comprends pas spécialement ses motivations dans le film, à moins qu’elle soit une grosse sociopathe à tendance paranoïaque… Bref, déçu. Très déçu.

2.5/5

Colossal

Autant sur le principe, j’adorerais Colossal, autant sur le traitement, j’ai eu du mal à accrocher. Et c’est uniquement à cause de la bande-annonce qui markete le film n’importe comment. A savoir, une comédie. Il y a des éléments rigolos mais Colossal n’est en rien une comédie et ça m’a perturbé au visionnage car je n’étais pas dans le bon état d’esprit. C’est la raison pour laquelle je ne mettrais pas de BA et que je vous invite à vous faire votre propre avis. En soi, je le répète, Colossal est vraiment bon, que ce soit dans les thèmes abordés ou leur traitement à l’image, c’est juste dommage que tout soit foiré sur une comm’ hasardeuse.

2.5/5

Going in Style

Il s’agit d’un film de Zach Braff. Le type qui a fait Garden State. Et c’est là où le bât blesse. Car Braff est un auteur que j’apprécie, qui a son univers, un prisme sur le monde et le cinéma intéressant (dans le jargon, c’est un « indé »). Et Going In Style est d’une platitude sans nom. N’importe quel Yes Man aurait pu se coller à la réalisation et sortir le même film. Reste le casting 3 étoiles pour sauver ce film de la banalité.

2.5/5

King Arthur: The Legend of the Sword

Le plus gros échec au box office de l’année. Les raisons en sont variées: budget complètement délirant (genre 275M$ marketing compris!), Charlie Hunnam incapable de porter un film (hum… Pacific Rim anyone ?), thème qui n’inspire pas vraiment la nouveauté (la légende arthurienne…) et j’en passe. Et pourtant, en qualité de divertissement pure, je trouve que le film fait le job. Ou plus exactement, Guy Ritchie fait le job, dépoussiérant façon rock n roll le mythe d’Arthur comme il l’avait fait avec Sherlock Holmes. Alors oui, le film vire complètement cheesy série B fantasy, mais le fait est que ça marche et qu’on passe un bon moment. Il faut avouer que la bande son et le montage y sont également pour beaucoup dans mon appréciation du film. Bref, King Arthur ne mérite pas la descente en flammes qu’il a connue.

4/5

Spectre

Hormis Casino Royale, je dois avouer que l’ère Daniel Craig dans les chaussures de 007 me laisse de marbre. Je ne le trouve pas particulièrement adapté au rôle, ni investi dedans (confirmé par toutes ses déclarations) et surtout, les scénarios s’emberlificotent dans des tortueux chemins à base de références d’autres films (sérieusement, vous vous souvenez de Quantum of Solace vous ?). C’est exactement le même problème que pour Fast & Furious 8 dont je parlais plus haut. La sérialisation des films. Ou comment le cinéma vampirise la télévision sans en comprendre les rouages : 1 film tous les 4 ans, ce n’est pas la même chose qu’une série toutes les semaines. Personnellement, je ne me souviens pas de tout ce qui s’est passé dans les films précédant Spectre pour réellement piger ce qui s’y passe. En d’autres termes, je me suis bien ennuyé…

1.5/5

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Horns : Affiche

Horns est un film réalisé par Alexandre Aja (La Colline a des yeux), avec Daniel Radcliffe (La Dame en Noir) et Juno Temple (Mr Nobody), d’après un livre éponyme de Joe Hill.

Ignatius et Merrin s’aiment à la folie depuis leur enfance. Quand celle-ci est sauvagement assassinée, Ig est le premier soupçonné. Il clame son innocence mais toute la ville lui tourne le dos et il est rejeté par tous ceux qu’il connaît. Il sombre peu à peu dans le désespoir et la colère quand, un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Tout le monde les voit, personne ne s’en étonne. Avec les cornes arrivent un mystérieux pouvoir : quand on lui adresse la parole, on lui révèle sans s’en rendre compte nos plus noirs secrets sans mentir. Tournant cette malédiction à son avantage, Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

Ca faisait longtemps que je n’avais pas posté d’article dédié à un film. Non pas que ma consommation cinéma ait diminué. Mais entre les bouses et les films sympathiques mais pas renversants, je n’avais pas grand-chose à raconter sur mes visionnages. Pour me faire revenir, il me fallait un véritable coup de cœur à partager. Et Horns est probablement le film que j’ai le plus surkiffé depuis une éternité ! (Au moins depuis Drive, histoire de mettre un rétrolien)

Horns : Photo Daniel Radcliffe

Je ne pense pas vraiment me tromper en disant que Horns est un peu passé inaperçu à la fois dans les salles et dans les bacs. J’ai vu très peu de promo et c’est complètement par hasard que j’ai vu qu’il était enfin disponible en DVD alors que je l’attendais de pied ferme. Et pourtant, je ne connais pas spécialement la filmographie d’Alexandre Aja, je n’ai pas lu le livre du fils de Stephen King. Mais le fait est que j’apprécie l’acteur Daniel Radcliffe, notamment au travers de films comme What If ou La Dame en Noir. Et dès la première bande annonce, je sentais que ce film sentait bon.

Petit florilège de pourquoi ce film est cool :

  • D’abord, les acteurs. Radcliffe porte littéralement le film sur ses épaules en montrant des facettes de son talent qu’on n’avait pas forcément vu jusque là. Torturé, déprimé certes, mais aussi pervers, sadique et vertueux, le personnage d’Ignatius passe par différents états émotionnels et on suit le personnage et son évolution avec délectation. Qu’il soit désabusé ou qu’il embrasse sa vengeance, Ignatius fait parti de ses personnages charismatiques « romantique grunge » pour lesquelles j’ai une affection toute particulière quand ils sont bien traités. Juno Temple se fait rare à l’écran mais c’est toujours un plaisir pour les yeux quand elle apparaît.
  • Avec ses décors boisés canadiens, cette petite ville où tout le monde se connait et cette histoire d’assassinat de jeune fille en fleur, l’ambiance lorgne indéniablement vers Twin Peaks ! Et vous savez à quel point j’adore Twin Peaks !
  • Et c’est dans ce contexte Twinpeaksien qu’il est intéressant de voir comment le sérum de vérité peut agir sur les gens. Le trait de génie du livre/film tient surtout à cela. En anglais, je pense que le meilleur mot pour définir ce Horns serait « twisted », et on prend un plaisir jubilatoire à voir s’effondrer le vernis de la bienséance et la ville s’enfoncer peu à peu dans la folie à mesure que Ignatius embrasse la sienne avec le pouvoir octroyé par les cornes.
  • Hormis la fin grandiloquante, peut-être trop vite expédiée, la réalisation est fine et colle parfaitement au côté intimiste de la ville et de la quête du protagoniste à la frontière entre le bien et le mal. J’ai bien aimé aussi le travail sur la photographie, notamment dans les scènes flash-back.

Horns : Photo Daniel Radcliffe

L’esthétique et le jeu des références dans la mise en scène…

  • La grande finesse de Horns, c’est de dépasser le simple cadre manichéen et la mythologie chrétienne (notamment le mythe de Lucifer) pour proposer un thriller fantastique plus subtile qu’il n’y parait sur les enjeux. Et encore « thriller fantastique », c’est réduire le champ d’expression du film. Car c’est aussi une comédie, mais aussi un teen movie, un drame, une romance, un film d’horreur… On peut saluer l’intelligence de l’écriture et de la mise en scène pour aller flirter avec brio avec de multiples genres sans jamais verser dans le pastiche ou se perdre en chemin. Du coup, le film a été très clairement markété dans l’esprit du moment : film fantastique pour ados. Ce qui est tellement frustrant et génial à la fois. Car c’est un film pour ado qui explose les limites du genre en foutant du cul, du gore, de l’humour noir et un héros prêt à bousiller la veuve et l’orphelin pour accomplir sa vengeance.
  • La bande son est vraiment fouillée et se targue de coller à l’humeur et aux motivations d’Ignatius. Heroes de David Bowie passé au ralenti dans la scène d’intro donne le ton. On trouvera aussi du Marilyn Manson, Pixies, The Flaming Lips, Fever Ray… Que du bon !

Horns : Photo Juno Temple

Bon, s’il fallait vraiment évoquer les points négatifs, on se plaindra du meurtrier évident et d’une fin soit trop facile soit trop en demi-teinte suivant votre appréciation. Mais bon, on ne va pas bouder son plaisir. J’ai même tellement apprécié le film que je me suis procuré le livre originel, ce qui n’arrive que très rarement dans le cadre des adaptations. Si ça c’est pas de la preuve.

Bref, Horns est un réel coup de coeur, un film réellement jubilatoire et je le recommande. Il arrive comme un vent de fraîcheur et il fait très clairement partie des films que j’aime voir, qui m’ont fait aimer le cinéma et qui me rappellent à mon envie d’en faire !

Divergente : Affiche

Je pourrais m’étaler sur cette affiche et sa manipulation du public, mais on n’a pas que ça à faire !

Divergent est un film de Neil Burger (Limitless) avec Shailene Woodley (The Spectacular Now), Kate Winslet (Titanic), Jai Courtney (Die Hard 5) et Theo James (Underworld : Awakening), d’après le roman éponyme de Veronica Roth.

Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente. Les Divergents sont des individus rares n’appartenant à aucun clan et sont traqués par le gouvernement. Dissimulant son secret, Tris intègre l’univers brutal des Audacieux dont l’entraînement est basé sur la maîtrise de nos peurs les plus intimes.

Comme vous le savez, j’aime rester au top de la vague hype de films pour midinettes. Twilight, Hunger Games et compagnie. Autant de livres que je ne lirai jamais mais dont les films pourraient me sauver la vie autour de la machine à café en charmante compagnie. Si tant est que je retrouve une machine à café et une charmante compagnie un jour… En plus, je bois du thé… Bref, la nouvelle vague s’intitule Divergent, c’est un roman qui se vend comme des petits pains (20 millions tout de même) et qui m’énerve parce que j’ai pas encore vendu 20 millions de Sol Sunburst moi ! J’ai vaguement lu le pitch du livre, ça m’a rappelé Hunger Games et Matrix, j’ai dit pourquoi pas.

En plus, c’est par le réalisateur de Limitless. Par contre, le scénariste c’est Evan Daugherty… qui pour mémoire nous a servi une bouse infâme : Blanche-Neige et le Chasseur ! Mais j’ai également noté au scénario la présence d’une régulière de Game of Thrones. Donc au final, avant de faire « Play », je m’attendais à l’équilibrage des forces et à voir un film moyen.

Divergente : Photo Shailene Woodley

Vous la sentez la tension sexuelle entre les deux ? Pas des audacieux comme prise de risques sur les romances..

Et c’était effectivement moyen. Même si, dans le principe, je comprends sa moyenne de 4/5 sur Allociné et que les livres soient un carton commercial. Divergent bénéficie selon moi de « l’effet Matrix » ! A partir de maintenant, je ne garantis plus que cet article ne spoile pas certaines parties de l’intrigue du film, voire du livre selon son degré de fidélité.

Mais qu’est-ce que « l’effet Matrix » ?

« L’effet Matrix », selon ma définition toute personnelle, est l’art et la manière de pomper suffisamment de références-clé au point que le produit final donne l’impression d’être totalement original. Et donc, si on regarde bien la composition de l’intrigue et de son univers, il sera facile de déceler ça et là des références appuyées à de gros succès cinématographiques et littéraires. En soi, je n’ai rien contre « L’effet Matrix », sauf quand ça se voit trop. Florilège des inspirations – volontaires ou non – relevables dans le film :

  • The Hunger Games
  • The Maze Runner
  • Matched
  • Unwind
  • Blood Red Road
  • Twillight
  • Matrix
  • Inception
  • 1984
  • Le Meilleur des Mondes
  • Harry Potter

Et j’en passe sûrement ! Mais comme je disais, c’est pas forcément dérangeant et le produit final était globalement agréable à regarder. S’il n’y avait pas ces moments où je suis sorti du film à cause d’un oeil trop détaché, trop peu investi ou alors trop peu conciliant…

  • Quand on nous présente les Audacieux, c’est une espèce de bande de Danny Zuko qui auraient été faire un stage chez les Yamakasi. Avec leur cuir noir et leur attitude « je saute d’un train en marche dans un univers où les stations et arrêts n’existent pas », je les ai tout de suite catalogué comme des branleurs trop cools pour être pris au sérieux… Mais bon, une héroïne qui serait aller planter des patates chez les Fraternels, ça l’aurait fait moyen niveau action…
  • (Je viens de parler de Danny Zuko, sachant pertinemment que le public de Divergent ne sait probablement pas qui il est…)

Divergente : Photo Shailene Woodley

Chez les Audacieux, on félicite les novices façon concert de rock… Quand je disais que c’est que des branleurs là-bas…

  • La compartimentation de la société, hormis son évident rappel à Hunger Games et au moins récent 1984, représente désormais – toujours de mon point de vue – une mise en situation de l’univers facile et peu originale. C’est sûrement pour ça que ça marche : au moins, tout le monde comprend les enjeux dès le départ.
  • La Divergence et le test. Okay, d’accord, c’est dangereux pour une société codifiée d’avoir un individu qui sort du rang, donc c’est normal qu’on le traque pour l’effacer. Soit. Mais s’ils sont si dangereux, pourquoi ne sont-ils pas exécutés au résultat du test ? C’est pas comme si le nombre de divergents était négligeable, dans le film, on en compte 3 dans une seule faction ! Pourquoi ces mêmes résultats ne sont-ils pas sauvegardés et analysés par les Erudits ou les Sincères ? Pire encore, pourquoi faire un test pour savoir dans quelle faction on serait le mieux si on nous laisse ensuite le choix de prendre la faction que l’on souhaite ? Dans une vraie société totalitaire dont le fondement même repose sur ce test, vous pouvez être sûrs que – moi auteur – j’aurais bétonné le système pour qu’il soit rigide et verrouillé. Ton résultat au test, c’est ta faction. Point barre. Et dans le cas des divergents, exécution directe. Après rien n’empêche un moniteur de test qui, par altruiste confondant, choisit de rentrer une faction au hasard pour sauver la vie du divergent, sans lui révéler sa nature profonde. Dans le cas qui nous intéresse – Tris, Altruiste – se retrouve chez les Audacieux non pas parce qu’elle le veut mais parce que Tori estime qu’elle échouera nécessairement aux tests des Audacieux, donc finira chez les sans faction, mais en vie. La crise identitaire du protagoniste se retrouve déplacée sur un autre système de valeur : non pas ce que je voudrais être, mais tout bêtement que suis-je réellement. Et ça ne change rien à la suite de l’histoire. Ce test inutile – sinon pour artificiellement révélé le potentiel de Tris – m’a ruiné une bonne partie du film parce que je n’adhérais plus à l’univers. Et quand ça arrive dans le premier acte, les deux et trois ressemblent plus à un CDLS qu’autre chose…
  • Ils sont où les vieux ? Je veux bien croire que chez les Audacieux, on meurt jeune de ses conneries acrobatiques, mais il n’empêche qu’il était perturbant de ne voir aucun plus de 25 ans dans leur quartier. Alors que soyons honnêtes, dans une faction militarisée, le sergent instructeur de service serait plutôt un baroudeur de 40 piges plutôt qu’un éphèbe – aussi doué soit-il – de 18 ans…
  • Mais comme c’est de la Young Adult, il faut bien placer de la romance hein ! Donc l’héroïne qui s’éprend du mystérieux Four, c’est mieux. En plus, l’héroïne est une grosse prude qui refuse le sexe sous-prétexte de « purity first », rappelant au passage Bella et l’influence chrétienne de l’auteur américaine qui préfère verser dans le consensuel à bonne valeur plutôt que de se cadrer sur la réalité adolescente normale. Loin de dire que la relation Four-Tris est artificielle, disons qu’elle n’est pas des plus intéressantes et qu’elle ne semble tenir que parce que Four est ténébreux et que Tris n’est pas à sa place chez les Audacieux. En même temps, par un heureux coup du hasard, les deux sont divergents. Quel chance !
  • Kate Winslet enceinte. C’est un point de détail, mais une fois que vous l’avez remarqué, vous êtes foutus et vous ne verrez plus que ça. L’actrice était enceinte, pas son personnage. De facto, tous les plans où elle apparaît sont cadrés au-dessus des épaules ou bien elle cache son ventre derrière une housse d’iPad géant…
  • Le frère de Tris. Lui aussi a fait le choix d’une faction qui n’était pas celle qui lui était destinée, le mettant chez les méchants de service. J’ai trouvé dommage sa rédemption expéditive : il aurait été plus amusant qu’il croit dur comme fer à l’éradication des Altruistes comme les autres et qu’une confrontation se fasse avec sa soeur. Là, bah il sert à rien. Il a ptête des plans pour Divergent 2, Divergent 3.1 et Divergent 3.2 (oui, parce que maintenant à Hollywood, on fait des adaptations de trilogies 4 volumes…)
  • Ce film file un sérieux coup de vieux. Bon, je ne veux pas me sentir trentenaire en complet décalage avec le reste du monde, je n’ai qu’à pas regardé des films markétés pour ados me direz-vous. Certes. Mais je dis ça surtout parce que dans ma tête les actrices sont restées les mêmes qu’à l’époque de leur sexitude : les années 90’s. Ca fait donc drôle de voir les Ashley Judd en mère d’adolescente, les Maggie Q presque ridée et les Kate Winslet en milf bien portante.

Divergente : Photo Maggie Q, Shailene Woodley

Mais ma chériiiie ! Ca va pas du tout la coiffure ! Avec ta morphologie en H, il faut tout repenser !

  • L’attaque finale. Les méchants Erudits ont décidé de faire un putsch sur les Altruistes ; pour cela ils font du Jedi mind trick avec une solution saline (ou l’équivalent) sur les Audacieux qui deviennent des marionnettes (sauf les divergents, parce que CDLS). Il est évident que dans les dernières minutes du film, Kate Winslet voulaient se faire un génocide en règle de toute façon, alors pourquoi (pourquoi !) les marionnettes n’ont pas commencé par tirer à vue sur tout ce qui n’était pas de leur clan une fois dans le quartier des Gris ? Hein, pourquoi ? Je veux, à par pour montrer qu’encore une fois les vilains sont idiots et pour laisser une chance aux gentils de s’en sortir… C’est pas comme si les Erudits n’était pas statisticiens, il y en a un bien 1 dans le lot qui aurait pu dire : « Et c’est pas plus simple de buter tout le monde à vue dans une bonne blitzkrieg des familles, histoire d’éviter à leur leader de se faire la malle avant même qu’on commence à tirer ? » Je dis ça, je dis rien.

Des interrogations parmi d’autres qui me faisaient régulièrement décroché du film et résument le laxisme de l’écriture. Au moins celle du script ; pour le livre, vous êtes libres de réagir dans les commentaires.

Comme je disais, Divergent n’est pas mauvais, c’est même un bon produit pour sa cible ! Et son succès n’est pas trop démérité pour peu que l’on fasse abstraction des points que j’ai soulevés. Les amateurs Young Adult littéraire trouveront là de quoi satisfaire leur faim s’il n’ont plus rien à lire. Au moins ça passe le temps d’une après-midi pluvieuse…

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Affiche

How I Live Now est un film réalisé par Kevin MacDonald (Jeux de Pouvoir) avec Saoirse Ronan (Hanna) et d’autres jeunes acteurs inconnus au bataillon, adapté du roman éponyme de Meg Rosoff.

Daisy, une adolescente new-yorkaise, est envoyée chez ses cousins anglais pour les vacances. Se retrouver dans le trou du cul du monde va lui faire une drôle d’impression, jusqu’à ce qu’elle s’ouvre peu à peu aux autres et à l’amour. Mais la réalité va rapidement rattraper les adolescents et leur rêve vole en éclat quand explose la troisième guerre mondiale.

Saoirse Ronan est une actrice que j’aime bien en dépit de son prénom irlandais imprononçable. Je n’irai pas jusqu’à dire que je materai tous les films où elle est annoncée au casting, mais il est fort probable que je n’aurais jamais prêté attention à ce film si elle n’y avait pas le rôle titre. En revanche, l’affiche fut suffisamment classe pour attirer mon œil averti.

Inutile de dire que je n’ai jamais lu le roman, la Young Adult étant bizarrement un genre littéraire que je consomme plutôt sous forme de manga. Il faut dire aussi que je suis plein de préjugés sans fondement à cause de Twilight et que je ne passe jamais par ces rayonnages quand je suis dans une librairie. Je n’avais donc qu’une vague idée du propos abordé par le film et ce fut avec une candeur ouverte d’esprit que je mis la galette dans le lecteur.

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Photo Saoirse Ronan

Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps, j’ai adoré ce film. Bien évidemment, il est largement porté par le talent de la jeune actrice qui nous livre une prestation changeante avec l’évolution de son personnage, mais toujours avec justesse. Rebelle, heureuse, abattue, battante, survivante… On s’accrochera au personnage comme rarement, au point d’activer un processus d’identification fort et se mettre à sa place, dans des situations littéralement cauchemardesques.

Si j’aime à faire la guerre devant mon écran d’ordinateur, c’est justement parce que c’est le concept de guerre est une chose parfaitement abstraite, nourrie à l’héroïsme de la fiction où le gentil gagne à la fin et où personne ne meurt réellement. J’ai déjà du mal à assassiner une araignée sans être pris de remords (c’est ptête pas très joli, mais même dans un coin une araignée c’est toujours utile pour bouffer des trucs gênants comme – au hasard – des moustiques) alors faire la guerre pour tuer des gens qui ne m’ont rien fait sous des prétextes plus ou moins fallacieux d’une poignée de dirigeants en soif de terres, pouvoir, reconnaissance ou pire par simple fanatisme… Croyez bien qu’en allumant le poste et en tombant sur les informations, je remercie ma bonne étoile d’être nez dans un pays qui ne connaît pas la guerre. Et parmi les choses qui me font réellement peur dans la vie, c’est l’escalade d’un conflit débile dans un coin du monde qui viendrait à déborder là où je vis. C’est tout simplement effrayant !

Et la force de How I Live Now est de nous plonger dans cette horreur et de voir la façon dont des vies normales s’en retrouvent affectées. C’est profondément tragique et viscéralement prenant. Et dans le cadre du film, nous ne voyons que le spectre réduit des conséquences sur une campagne anglaise reculée et une poignée de vies aussi anonymes que les acteurs qui les incarnent. Une guerre anonyme par des anonymes, à l’image des conflits de notre siècle.

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Photo Saoirse Ronan

L’autre vrai force du film se situe au niveau de la réalisation sobre. Kevin MacDonald est aussi un réalisateur de documentaires et pose une caméra détachée des situations, une observatrice objective qui se contente de relater les faits sans artifices. La lande britannique est sublimée par la lumière et sa beauté surréaliste rajoute à l’angoisse de cette solitude post-apo.

Dernière note sur la musique, discrète, romantique et tragique. Un autre bon point.

J’ai oublié de mentionner qu’au delà de montrer intelligemment la guerre et sa cruauté, How I Live Now est aussi le récit initiatique de l’adolescence et une romance sans trop de mièvreries (bon, un peu quand même – mais quand on a 16 ans, l’amour est un vecteur de survie suffisamment puissant pour justifier sa mise en avant). Même les plus réfractaires au genre teen-movie devraient être conquis, ou tout du moins devraient se laisser le bénéfice du doute et s’y intéresser.

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Photo Saoirse Ronan

Vous l’aurez compris How I Live Now est l’un de mes derniers coups de cœur en date ! Pour ce qui représente, pour son actrice, pour sa puissance émotionnelle, pour sa justesse à nous plonger dans l’horreur de la guerre, ce film est à voir !

Même si la bande-annonce ne spoile rien de particulier, je ne peux que vous conseiller de découvrir le film sans l’avoir vue, afin de pleinement profiter de l’impact de la troisième guerre mondiale sur les personnages, et sur vous…

Drive est un roman de James Sallis, édité en français aux éditions Rivages, collection Noir. Il a aussi été adapté en film, avec Ryan Gosling.

Un cascadeur pour Hollywood arrondi ses fins de mois en étant chauffeur pour des opérations illégales. Un jour, un des braquages tourne mal. Le Chauffeur comprend très vite qu’on a essayé de le niquer. Il n’aime pas ça et va le faire savoir.

Allez, promis, c’est la dernière fois que je saoule mes habitués avec Drive ! Si vous avez lu ma chronique sur le film, vous savez déjà que j’adore ce film.

D’ordinaire, je ne lis pas les livres qui ont servi de matériaux de base pour des adaptations si j’ai déjà vu l’adaptation. Je l’ai fait pour la saison 1 de Game of Thrones (j’aimerais vraiment lire le tome 2 avant de voir la saison 2… mais la saison 3 va sortir et c’est toujours pas à l’ordre du jour…). Je l’ai fait pour les Harry Potter (et heureusement d’ailleurs !). Blade Runner, évidement. Mais c’est tout. J’avais bien essayé avec Jurassic Park en 1994, mais je n’y étais pas arrivé (le fait que j’étais alors un jeune branleur de la lecture ne m’a sûrement pas aidé…). Donc en général si j’ai le choix, je lis d’abord et ensuite je crache dans la soupe fade de l’adaptation.

Pour Drive c’est différent. Si le film était aussi génial, qu’en était-il de son roman original ? Car il faut savoir que, en général, les adaptations sont toujours pourries pour des raisons aussi diverses que variées inhérentes à la sacro-sainte rentabilité des productions filmiques. En d’autres termes, si on peut se faire un max de blé mais que pour ça il faut sacrifier l’essence du bouquin pour attirer la ménagère de moins de 50 dans les salles obscures, on le fait. Il y a tout de même des exceptions notables. La plus connues étant sans nul doute Fight Club, dont le film surpasse le livre. (Je ne cite pas Blade Runner, les deux supports étant trop éloigné pour réellement fonder une critique sur l’adaptation.)

Dans le cas Drive, je suis partagé. L’histoire est sensiblement la même à quelques variations près, notamment dans le rôle de Carey Mulligan, celui de son mari ou la sous-histoire avec la course automobile. Chacun sera libre de trouver les changements malheureux. On trouve dans le livre des morceaux très intéressants sur le passé du chauffeur, sur son très délicat sens de l’humour, etc. Un peu comme Blade Runner, l’adaptation prend des libertés et, honnêtement, si on me demandait de ne garder que l’un ou l’autre, je garderais le film. On comprend surtout pourquoi et comment le film est devenu culte et la façon dont il a façonné le film ou l’interprétation de Ryan Gosling.

L’écriture de James Sallis est très sec, très polar noir, avec un talent particulier pour décrire les villes et les quartiers comme des protagonistes à part entière. C’est fluide et agréable, même si la déconstruction de l’histoire dans les 2 premiers tiers pourraient perturber la compréhension (si on n’a pas vu le film, ça doit demander un petit effort pour suivre les allers et retour dans le temps et les différents personnages qui popent ci et là). L’humour est présent, en touches fines et noires. Il est court, il s’avale vite.

A noter que James Sallis a vu le film est c’est dit impressionné par la qualité de celui-ci et bluffé par l’interprétation de Ryan Gosling, campant un Chauffeur parfait. C’est notamment la raison pour laquelle il a entrepris d’écrire la suite de Drive (Driven, paru l’année dernière en VO), en pensant à l’acteur comme référence. La séquelle se déroulerait plusieurs années plus tard, ailleurs, avec un Chauffeur qui s’en irait buter du malfrat en masse après l’assassinat de sa fiancée. Bien sûr, Hollywood s’est dit intéressé. On espère simplement que les atouts du premier (réalisateur et acteur) seront de la partie si cela aboutit.

Drive est un excellent roman, dispensable pour ceux qui ont vu le film, indispensable pour ceux qui ont vu le film et veulent en apprendre beaucoup plus sur le passé du protagoniste. Si vous n’avez pas vu le film, comme toujours l’ordre, c’est livre puis film.