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Dans l’épisode précédent…

Cher Journal,

Cela faisait près d’un an que j’avais raccroché mes gants qui doublent les dégâts d’attaque sournoise afin de me consacrer à la vie d’époux modèle. En effet, un jour qu’elle faisait les comptes, Muiri avait récupéré l’équivalent de mes fiches d’honoraires d’assassin et s’est rendue compte que depuis que je étais arrivé dans ce pays de fous, j’avais amassé environ 140000 pièces d’or, sans compter l’achat de la maison à Solitude et les babioles accumulées dans les coffres du sous-sol. En gros, elle m’a fait comprendre que c’était enfin l’heure de la lune de miel et que Elu, dragons ou pas, c’était pas négociable.

Ca fait donc un an que je me fais chier chez moi à écouter les « bardes » d’à-coté picoler, à acheter des fruits et légumes sur le marché, à ce que tout le monde me demande si j’ai pris une flèche dans le genou pour maintenant rester glander chez moi et que Paarthurnax m’envoie des courriers alarmants toutes les semaines au sujet d’Alduin et de la destruction prochaine de Bordeciel ! Alors que hein, Bordeciel se porte très bien et j’ai pas vu un seul dragon depuis ma fenêtre.

Et puis Muiri a eu envie d’une maison secondaire ! J’ai dit « Pas à Blancherive », le peu de fois où j’étais allé, il y a toujours eu une attaque de dragons (A mon avis, Alduin est le Jarl de Blancherive). A Solitude on craint rien, à Blancherive, autant prendre une concession directe à la nécropole !

Bref, ni une ni deux, j’ai repris mes gants et ma liberté et je m’en suis allé battre campagne. Enfin, pas très loin, j’ai rencontré un autre Argonien fort sympatique du nom de Jee-Ra sur le port de Solitude. Voir une tête qui ressemblait à la mienne m’a fait tellement plaisir (et c’est tellement rare !) que j’ai engagé la conversation. Celui-ci m’a demandé si je pouvais lui rendre un service (j’aurais du m’en douter). Éteindre le phare du coin. C’est un peu étrange comme demande, mais bon. Je lui ai demandé si ça allait pas poser problème avec les bateaux, il m’a dit que c’était le but : faire échouer un bateau précis, vider sa cargaison et faire moitié-moitié. Sympa ! J’ai demandé pourquoi c’était pas lui qui allait éteindre le phare : il avait piscine (j’aurais du m’en douter aussi).

J’avais oublié que tout le monde était des grosses feignasses en Bordeciel, en attente d’une pauvre pomme près à traverser le pays pour 5 pièces d’or un bijou enchanté inutile bien trop cher pour des marchands bien trop pauvres.

Mon affaire du phare réglée, on a essayé de me buter…

*long soupir*

Les gens ont visiblement oublié qui était l’archimage de l’académie, qui était le bras droit de la Mère de la Nuit, qui avait libéré tout le pays des Sombrages, qui a buté l’Empereur… Si tant est qu’ils l’aient su un jour. Me voilà en train de buter les rares Argoniens du pays, sans gaieté de cœur, au nom de ma résidence secondaire.

Je vais ensuite faire un tour à la guilde des voleurs, voir comment ils se portaient. inutile de dire qu’ils m’ont dit : « bah t’étais où ? ça fait un an qu’on t’attend pour te filer du boulot qu’on veut pas faire nous-même… » Chuis parti.

*long soupir*

Je ne sais plus où en chemin, après ma dose réglementaire de bandits paranoïaques et de nécromanciens berserk, je suis tombé sur un certain Sam. Sam m’a proposé de venir picoler à avec lui. Pris d’une soudaine dépression sur ma propre condition, je me suis dit que c’était pas une idée plus bête qu’une autre de se bourrer la gueule… Même si au fond de moi, j’avais le sentiment que je devrais sûrement buter ce Sam pour duplicité viscérale une fois notre sympathique communion alcoolisée terminée.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de me réveiller avec la gueule de bois du siècle certes, mais sans couteau sous la gorge. Sans l’ombre d’un Sam à mes côtés non plus d’ailleurs… J’aurais dû reprendre mes activités normales, mais je me suis réveillé en carafe dans le temple de Dibella de la ville aux escaliers. La prude nonne n’a pas manqué de me faire culpabiliser au sujet du Sam absent et me voilà parti à sa recherche comme un idiot… Et quand on ne se souvient de rien passée la rencontre, on se dit que ça va pas être facile…

Dans l’épisode précédent…

J’étais donc à la recherche d’un vrai temple pour une vraie quête pour une vraie babiole inutile donc parfaitement indispensable. J’aurais pu chercher comme un vrai explorateur et compter sur ma chance naturelle, mais arpenter les terres gelées de Bordeciel au hasard, c’est la certitude de rencontrer des nécromanciens qui voudraient me buter, ou des bandits qui voudraient me buter, ou des smil… simlo… similo… des bâtards de gros chats à dents de sabre qui voudraient me buter, ou des loups qui voudraient me buter. Pour simple, je suis quasiment certain que la seule chose qui voudrait pas me buter à vue, c’est un dragon parce qu’il aurait autre chose à glander que s’emmerder à essayer de becter 70 kg de bouffe argonienne !

Du coup, je me suis rendu à une statue que j’avais repérée pas très loin de chez moi, vers l’ouest. Au moins, si je bâclais un peu, je pourrais toujours rentrer dîner avec ma femme.

Le daedra en question (je dis « le » même si ça ressemble à une « la » parce qu’il parait que les dieux sont assexués, mon père disait toujours que si les dieux passaient plus de temps à forniquer qu’à essayer de baiser les humains en permanence, le monde irait sûrement mieux – il était vraiment empli de sagesse mon père)… Le daedra en question, disais-je, m’a vu arrivé comme la syphilis dans un bordel et il a bien vu qu’il avait pas le choix quand j’ai pas arrêté d’allumer et éteindre sa bougie pour lui taper la discut’. Du coup, il s’est décidé à l’ouvrir et me servir l’habituel couplet du « Tu es l’élu, je t’attendais, tu dois faire une quête bidon pour me servir et t’as pas le choix ».

Comme j’ai l’habitude, j’ai pas écouté. Je le connais un peu par coeur le discours.

Les daedras – en dehors d’être sévèrement casse-bonbons avec leurs petits problèmes qu’ils ne peuvent pas résoudre tout seuls alors qu’ils sont soi-disant omnipotents, je dis ça, je dis rien – sont aussi incroyablement tordus. Pour aller dans le temple susnommé, là où certains bénéficiaires de pouvoirs incommensurables se seraient contentés de me dire « va par le couchant pendant 100 pas et tourne à droite au gros rocher quelconque couvert de mousse », voire même de carrément mettre une croix magique sur ma carte, lui, non ! Môssieur le Dieu veut tellement montrer que c’est lui qu’à la plus grosse de tous les dieux et décide de me montrer où je dois aller en me faisant littéralement léviter !

Le jour où j’ai volé… et pas pour la guilde des branleurs voleurs. On pourra plus dire que je suis pas un monte-en-l’air de pacotille.

A cette hauteur, on voit bien que Bordeciel est vraiment un pays moche. Rien à voir avec mes marais natals. Bref…

Et comme le dieu avait visiblement peur de s’adresser à un résident normal du coin (à savoir un abruti de nordique avec un tonneau de bière entre ses deux seuls neurones), j’ai aussi eu le droit à des flèches lumineuses jusque et dans l’intérieur du temple ! Dans celui-ci, je suis tombé sur des fantômes plus coriaces que d’habitude. Un peu. Disons qu’il fallait deux coups de dague pour les buter. Comme je commençais à avoir faim, j’ai un peu tracé sur la fin. De toute façon, c’est toujours pareil, les dieux ont toujours des problèmes avec la crise de l’emploi en Bordeciel : en d’autres termes, c’est toujours un nécromancien qui fait chier. C’est la raison pour laquelle – même si j’avais rien bité aux explications préliminaires – j’étais pas surpris de trouver un vieux moisi puant dans la dernière salle.

Comme d’hab, il a fait un monologue qui a duré des plombes pour m’expliquer la mort, son univers et tout le reste. Assez pour lancer un sort d’illusion, me rendre invisible, glisser derrière son dos et attendre patiemment qu’il ait fini de parler. Parce que comme tout vilain qui se respecte, tant qu’il parle, il est invulnérable…

Un tranchage de gorge en règle plus tard, j’avais une merde en plus dans mon sac, avec les compliments du propriétaire des lieux qui s’était offert les services d’une femme de ménage archimage et Oreille Noire pour littéralement que dalle. Même pas le prix de la rouille sur l’arme pourrie qu’il m’a refilée.

Durant sa journée, Muiri a vendu pour 100 pièces d’or de potions… Moi, j’ai ramené une vieillerie qu’elle a honte de mettre sur la cheminée. Du coup, ça a fini dans un coffre au sous-sol et elle m’a dit:

– Chéri, c’est gentil d’essayer, mais tu veux pas bosser à la boutique avec moi plutôt ?

– Nan, mais je vais bien trouver un truc qui rapporte un jour !

– Fais voir ton journal de quête…

Elle le regarda, l’air dépité du nombre de vieux à qui j’avais promis de faire une bricole… Grises-Barbes ou pas.

– Tiens, t’as qu’à faire ça ?

– Attends, c’est une quête pour le Temple de Mara… c’est naze, c’est pas épique !

– T’as qu’à faire celle de la ruine naine alors…

J’aime pas trop ma femme quand elle use de rhétorique pour avoir le dernier mot.

– Le temple de Mara, t’as dit ?

Dans l’épisode précédent…

Une fois ma femme retrouvée, nous nous sommes rendus dans notre foyer à Solitude. Ça lui a fait un choc de se retrouver dans une ville civilisée, où les gens peuvent rentrer chez eux sans se taper 12 escaliers et où les maisons ont des fenêtres. Je ne cache pas que j’aurais souhaité convoler en justes noces, mais elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un emploi du temps chargé et qu’elle préférait que je vide un peu mon journal de quête avant de prendre des vacances. Tant de monde attend que je les aide…

On a également décidé que c’était mieux qu’elle se trouve un emploi : moi parti sur les routes, elle va finir par s’ennuyer toute seule à la maison. Solitude a désormais une nouvelle échoppe d’alchimie ! D’après nos projections, nous devrions pouvoir faire un profit substantiel de 100 pièces d’or par jour. On a également décidé que ce serait mieux de sauver la façade de notre mariage en faisant croire que j’avais un boulot légal, pas simplement « patron de la Confrérie Noire ». J’ai bien dit que j’étais archimage de l’Académie, mais Muiri m’a dit que ce serait bien que les gens ne croient pas non plus qu’elle serait à la seule à pourvoir aux besoins du foyer avec sa boutique…

Après un mariage éclair, je découvrais donc que ma femme maîtrisait le sarcasme…

Sauf que des boulots honnêtes (pas pilleurs de tombes, en somme), ça court pas vraiment les rues, en fait. Je pourrais bien faire forgeron, mais je doute que celui implanté dans la ville apprécie. Je ne vais pas faire concurrence à ma propre femme en alchimie…

Je suis donc allé me promener pour réfléchir sur la façon de passer pour un type honnête, dans une ville honnête. Mes pas m’ont porté jusqu’à la guilde des bardes (la porte en face de mon manoir – je me suis pas promené longtemps). J’ai vérifié, c’était bien des bardes, pas des guerriers ! Pour me faire rentrer à l’académie, on m’a dit d’aller chercher un vieux bouquin pourri dans une grotte moisie.

C’était louche…

Une fois sur place, je confirme que c’était louche. Je me suis tapé les zombies habituels qui ne se réveilleraient – une fois de plus – QUE pour moi. Il y avait un gentil fantôme qui me guidait pour me dire où il fallait aller. Je lui ai bien répété que c’était pas la peine, que les architectes locaux ne savaient faire rien d’autres que des couloirs, que je ne pouvais pas me perdre et qu’une fois que j’aurais zigouillé le zombie avec un casque à corne, j’aurais fini d’explorer ce qu’il y avait à explorer et qu’une porte à peine cachée me ramènerait à l’entrée. Il a rien voulu entendre… Il m’a rappelé Thofdir…

Comme prévu, j’ai fini par bousillé un zombie un peu plus costaud mais tout aussi débile que les autres. Le fantôme avait l’air content, je suppose que c’était le barde qui avait écrit le bouquin miteux que je devais récupérer pour l’académie des bardes. Il avait même pas de haches à deux mains ce barde… Comment qu’il a dû se faire charrier par ses collègues de promo ! Surtout une fois mort !

Je suis revenu à Solitude et donné le livre à ce qui semblait être le dirigeant de l’académie. Il voulait que je retrouve ce livre pour convaincre le yarl du coin qu’il fallait continuer à célébrer une fête en l’honneur du type dont on parlait dans ce fameux livre. En d’autres termes : « le yarl nous refuse qu’on se bourre la gueule comme on veut alors qu’on a une très bonne raison… là… cette fête bidon pour un type que personne connaît (pas même les bardes), c’est un scandale »

Le livre était perdu depuis tellement longtemps que des pages avaient fini bouffées par la moisissure. Le chef de l’académie était tout paniqué. Je lui ai dit que c’était pas la peine, que j’allais lui compléter les pages manquantes. De toute façon, personne connaît le blaireau dont il est question dans ce livre. J’ai raconté n’importe quoi, à propos d’un type qui se transformait en dragon pour défendre Solitude. Une histoire abracadabrantesque qui, sur un malentendu, pourrait convaincre ces bouseux de nordiques que c’est pas la peine d’attaquer à vue des dragons ! Au pire, je me paierai une bonne tranche de rire avec mes idioties quand le livre serait lu à la cour du yarl…

Le poème que j’avais ré-écrit à été plébiscité par la foule… J’avais même pas fait de rimes ou d’alexandrins ! Pays d’incultes sans éducation !

Moralité, la fête pour se bourrer la gueule est maintenue… On fait aussi brûler une effigie en paille pour le décorum…

On m’a intronisé barde à l’occasion de cette « fête »… Oui, comme ça.

— Khrimsön, pour nous avoir permis de célébrer à nouveau une fête dont tout le monde se branle mais qui est tout de même bien sympa avec son bûcher et sa bière, je te fais barde !

— Euh… Attendez, j’ai rien fait moi. Je suis juste allé chercher un livre !

— Il est modeste ! Applaudissons notre nouveau barde !

— Nan, mais je peux pas être barde ! J’ai suivi aucun cours théoriques, je sais pas chanter, je sais pas jouer d’un instrument de musique, je connais pas les grandes sagas épiques de votre pays…

— Mais on s’en fout de ça ! Tu dois connaître qu’une chanson ! Allez tous ensemble pour lui apprendre !

Mais quel pays de glands ! Muiri était contente de mes efforts et que je me fasse des nouveaux copains, mais restaurer la picole au frais du yarl ne comptait pas pour me donner un peu de prestance à Solitude…

Bon, c’était pas tout ça, mais j’avais toujours pas de vrai métier dont la dénomination n’imposerait pas un long silence quand je me présenterais dans les diners mondains. Soit parce que je gêne (Confrérie Noire), soit parce que les gens se retiennent de rire (Archimage, Barde). J’ai donc poussé la porte de l’armée impériale. C’est pas plus débile qu’un autre métier, et puis j’avais noté dans mon journal que je devais m’y engager pour bouter hors de Bordeciel ce tyran qui maltraitait mes frères de couvée.

J’allais changer la face de Bordeciel !

Dans l’épisode précédent…

Je pense qu’il est raisonnable de dire que j’ai légèrement perdu mon sang-froid avec Delphine. J’ai claqué la porte de son auberge pourrie et je me suis cassé. J’ai pris mon journal et j’ai regardé les autres quêtes que j’avais à finir.

Me marier.

Ah ! Voilà une quête qui me convenait tout à fait. Mon père serait sûrement d’accord pour dire que Archimage et Maître de la Confrérie Noire sont des professions suffisamment honorables pour prendre femme désormais. Bon, heureusement que la Confrérie Noire me rapporte un peu d’argent si je prends le temps de faire des menus travaux pour la Mère de la Nuit et que je pille des donjons moisis… Parce que archimage d’une académie de magie, c’est un boulot vraiment précaire si je regarde stricto sensu mes rentrées d’argent

Alors, dans ce pays, les cons ne sont pas seulement gélés et génitaux, ils sont aussi incapables d’exprimer leurs sentiments autrement qu’avec une hache à deux mains. Pour se déclarer auprès d’une soupirante, il faut aller à Faillaise, au temple de Mara, acheter une amulette qu’on pourrait trouver au fin fond d’un tertre et la porter en permanence. Les célibataires se reconnaissent donc entre eux et peuvent se faire la cour… Le romantisme à l’état pur.

Avoir une femme me permettrait de tempérer un peu mes humeurs et de relativiser mes expériences débiles dans ce pays de débile. Je suis donc allé au Temple de Mara, acheté une amulette (parce que celle piquée sur un cadavre ne marchait pas…) puis je filais sur le dos de mon fidèle Crindombre vers ma dulcinée.

Je me suis donc approché de Muiri (qui travaillait dans l’échoppe d’alchimie de sa grand-mère) et s’en est suivi le dialogue le plus absurde de toute l’histoire de la romance :

— Je vous plais, n’est-ce pas ?

— Oui… Et moi, je vous plais ?

— Oui. Marions-nous.

Voilà l’intégralité de ma cour auprès de Muiri ! Mot. Pour. Mot. Et elle a dit oui ! C’est juste n’importe quoi ! Mais dans quel autre pays que Bordeciel aurait pu exister une telle façon de se marier ! Bon, heureusement que Muiri et moi avons une histoire avec la Confrérie Noire et que j’ai pu lui prouver de façon plus romantique mes épanchements à son égard…

Bon… Techniquement, je l’ai fait en tranchant un nombre non négligeable de gorges, dont celle de son ex-mari… Mais c’est l’intention qui compte !

Retour à Faillaise pour le mariage. On a fait ça en petit comité. Il y avait sa grand-mère. J’avais ma garde du corps de Blancherive qui avait fait le déplacement. C’est mieux ainsi. Un mariage en grandes pompes pourrait se finir en pompes funèbres : l’air de rien, je commence à être quelqu’un de connu en Bordeciel, je pourrais mettre Muiri en danger de par mes activités si trop de monde savait qu’elle est désormais mienne.

Un beau mariage ! Pour sûr !

Une fois marié, je me suis empressé de retourner chez moi à Solitude pour partager ma vie avec Muiri et laisser un temps de côté ma vie d’aventure. Pas de Muiri… Je suis allé à l’Académie de Magie, dans mes quartiers. Pas de Muiri… Je suis allé au Sanctuaire de la Confrérie Noire. Pas de Muiri… Je suis allé dans l’échoppe de sa grand-mère. Pas de Muiri… C’est pas vrai ! A peine marié, on m’avait déjà kidnappé ma femme !

Alors j’ai été buté des daugr pour me détendre et m’effaucher : dès que je recevrais la demande de rançon, un type allait prendre très, très, très cher !

Je suis retourné à Faillaise pour demander au temple s’ils avaient pas reçu un message de la sorte à mon attention. En fait, Muiri m’attendait depuis une semaine au temple pour me demander où nous allions vivre désormais…

Ok… Cette boulette, elle est pour moi… Muiri a été sympa, elle m’a pas engueulé…

Dans l’épisode précédent…

Bon, suite à notre dernière discussion, Astrid a bien compris que j’étais nervous breakdown et que tant va à la cruche que l’eau du vase de ma patience s’est brisée avec ces conneries d’allers-retours à Solitude pour des prunes. Elle a donc juger prudent de m’offrir des vacances, vu qu’on avait encore un peu de temps avant la venue de l’Empereur en Bordeciel.

Pour mes vacances, elle m’a demandé d’aller traquer et tuer Cicéro, le fou qui se trimballe avec la Mère de la Nuit partout. Il paraîtrait que les restes de cerveau qui gigotaient dans sa boîte crânienne auraient fondu et qu’il serait devenu un danger pour lui-même et le reste de la Confrérie Noire.

Je ne suis pas sûr qu’on n’ait vraiment le même dictionnaire pour la définition de vacances, mais j’oublie souvent – à trop les fréquenter – que les Nordiques ne sont qu’un peuple de bouseux qui ne savent même pas lire ! J’aurais voulu aller voir Muiri et faire un peu connaissance avec elle, mais il faut croire que je ne suis bon qu’à faire le larbin de tout le monde…

Cicéro se cache dans un sanctuaire abandonné, près de Aubétoile (tout aussi discret que le sanctuaire actuel, avec sa porte à peine voyante…). Je l’ai traqué, je l’ai pourchassé, je l’ai blessé, mais je n’ai pas eu le cœur de le tuer pour de bon… Je crois que je l’aime bien de dingue en costume de bouffon… Et puis, ça me dérange de tuer un frère. Après tout, avant la débandade actuelle, le code interdisait de tuer ou voler un autre assassin du culte. Et mon père m’aurait dit de respecter la tradition. La tradition, c’est ce qui sépare l’assassin ténébreux du vulgaire coup-jarret.

Alors j’ai rien à Astrid. De toute façon, je dis jamais rien à personne !

Cette fois, je suis bon pour partir à Solitude et tuer l’Empereur ! Hahaha, jubilation !

Bon, en fait, j’ai dû faire un détour par une auberge perdue, tuer un cuisinier réputé et voler son accréditation. De la sorte, je peux me faire passer pour le cuistot qui va préparer le repas de sa majesté impériale, balancer un bon coup d’extrait de lotus mortel dans son ragoût et l’empoisonner. Plutôt lâche comme assassinat, mais Astrid désire qu’on procède ainsi. Aurais-je parlé que je ne me serais pas gêné pour la traiter de « p’tit slip ».

M’enfin… Grâce à ma fausse accréditation, j’ai pu aller jusqu’en cuisines. La sécurité est pour le moins légère. Ca ne dérange absolument personne que l’archimage de l’Académie de Fort d’Hiver soit cuisinier à présent… Je ne comprendrai jamais ce pays et je préfère m’en tenir là, sinon je vais encore comparer l’intelligence d’un Nordique avec celle d’un horqueur et passer pour un être arrogant et méprisant… Mais tout de même… Il n’y a que moi que ça dérange ?

Tiens, je ne vous avais jamais présenté des horqueurs… Vous avez vu cette lueur d’intelligence dans leur regard ? Comparez avec un Nordique !

Dans les cuisines, il y a une employée qui a déjà fait 82% du travail. Elle est heureuse de voir enfin arriver le grand chef-cuisinier que je suis. Bien qu’elle soit surprise que je sois un dragon… Ar-go-nien ! Idiote ! Mais j’ai rien dit, autant parler philosophie avec des horqueurs ! Et puis cette histoire d’assassinat d’empereur n’a que trop duré ! J’ai voulu m’affairer à préparer un ragoût empoisonné mais l’autre crétine ne voulait pas que je m’approche des plats avant que j’ai mis une toque… N’importe quoi…

Mais j’ai tout de même mis la toque, ça me fera un souvenir pour me rappeler du jour où j’ai tué l’empereur… Ensuite elle a demandé à m’assister dans la préparation du repas. Je lui ai dit de balancer tout et n’importe quoi dans la marmite : orteil de géant, poussière de vampire, tomate, amanite tue-mouche… Cet abrutie m’a écouté comme si j’étais le dieu de la cuisine en personne et n’a jamais levé le moindre sourcil face aux absurdités culinaires que je lui balançais (ce qui me fait douter de ses propres capacités culinaires)…

A la réflexion, je crois que c’était ça le fameux papier qu’Astrid m’avait donné la dernière fois, avec son histoire de casser les œufs… Bah, tant pis, il semblerait que l’Empereur s’étouffera en bouffant un truc dégueulasse !

Le jour où j’ai tué l’empereur, toque sur la tête et costume de bouffon sur les épaules… True story.

Et ça n’a pas manqué. Il est mort le nez dans son assiette. Inutile que ça a été un peu la panique dans la salle à manger. Ça s’est mis à crier. Ca a complètement insupporté mon Oreille Noire et j’ai tué tout le monde pour avoir un peu de silence : nobles, gardes, apprentie cuisinière… Ils y sont tous passés ! Mais bizarrement, aucun garde n’est venu en renfort… C’était louche. Je viens tout de même d’empoisonner l’Empereur et tout le monde s’en bat les noix de cajou. J’aurais pu sortir par la grande porte que personne s’en serait aperçu.

A la réflexion, j’aurais dû sortir par la grande porte et ne pas suivre les indications foireuses d’Astrid. Parce que je suis tombé dans un piège ! Me voilà encerclé par une troupe entière de gardes du corps de l’Empereur ! Encore une fois, mon salut vient de ses abrutis qui se croient intelligents et qui racontent en long, en large et travers la façon dont ils nous ont bien piégés ! Des imbéciles. Tous ! Moralité : je sais que je n’ai pas tué le véritable empereur mais un sosie, je sais le nom du type qui me menace (et que j’ai déjà oublié tant c’était déjà de la viande froide à mes yeux) et le nom de la personne qui m’a trahi au sein de la Confrérie Noire ! Oh, et je sais accessoirement que le Sanctuaire de la Confrérie Noire est actuellement en train de se faire envahir par l’armée impériale !

J’ai buté – encore – tout le monde (sauf la viande froide qui était partie vaquer à d’autres occupations) et j’ai enfourché mon fidèle Crindombre pour aider mes compagnons assassins innocents et charcuter longuement et sadiquement le traître !