Crying Freeman est un film co-écrit et réalisé par Christophe Gans (Le Pacte des Loups), avec Mark Dagascos (Kickboxer 5: La rédemption… remettons les choses en perspective, hein), Julie Condra (Viper, une série de qualité, n’est-ce pas ?) et Tchéky Karyo (Forces Spéciales).

Le Freeman est un assassin d’une ancienne organisation chinoise qui bute tout ceux qui porte atteinte à la Chine. Dont des yakuza. Ce qui constitue le cœur du film. Ensuite, le Freeman, il pleure. On sait pas trop pourquoi, mais ça émeut les jeunes filles en fleur qui en tombent aussitôt amoureuses. Surtout celles qui sont témoin d’un de ses meurtres (mauvais endroit, mauvais moment) et qu’il refuse de tuer en dépit du code. Au final, le Freeman il va devoir se farcir et les yakuza et son ordre mystique s’il veut rester en vie. Tout un programme. Ah, et le Freeman ne s’appelle pas Gordon ; aucun lien de parenté !

Je n’avais pas vu Crying Freeman depuis… au moins 10 ans. Je passais ma DVDthèque en revue à la recherche d’un film à regarder pour m’occuper et je tombe sur le DVD collector de la mort de l’époque. Et là, le black-out. Je ne me souvenais de rien ! Ni une, ni deux, ni trois, je décide de le remater. Et ça mérite bien une critique nostalgique !

A l’époque de sa sortie (1996), j’étais à fond dans le trip du Freeman. Je trouvais ça trop stylé, trop bien, trop ouf, trop génial. Un français réalisait comme les maîtres de Hong-Kong. Je ne sais pas pourquoi, mais je le comparais presque à The Killer de John Woo. Oui, mais non ! Autant je prends toujours du plaisir à mater Hard Boiled ou The Killer, autant le Freeman accuse le poids des âges et n’a pas résisté à mon œil critique post-ado.

Reconnaissons au moins les points positifs de ce film : il est français. Et pour un film français, il envoie du bois. De la belle latte de parquet vitrifié ! Tourné à Vancouver, avec des acteurs de catégorie complètement internationale (dont des balèzes côté Japonais avec des stars comme Masaya Katô ou Mako) pour un budget de malade dans une pure tradition de l’entertainment américain. Certaines scènes d’action sont impressionnantes, avec des explosions, des ralentis, des pistolets, des cascades… Bref, en 1996, j’avais toutes les raisons d’être conquis. Et honnêtement, on aurait plus de gens comme Christophe Gans passionnés de cinéma, peut-être que les pellicules françaises raconteraient autres choses que des histoires d’adultères façon cinéma d’auteur torturé !

A part le fait que j’ai vieilli, pourquoi est-ce que ce film ne me plait plus ? J’ai beau être plus sage, il n’en reste pas moins vrai que j’adore toujours les films d’action ! Et bien, en fait, le film est victime de ses propres effets de manche !

Déjà, et sans déconner, j’ai eu l’impression d’avoir maté un film entièrement tourné au ralenti ! Ça donne du style, mais trop de style tue le style… Vraiment. Les scènes d’actions ne sont pas toutes très claires (massacre dans la poissonnerie) et manquent au final du panache made in Hong Kong. Pire, elles en deviennent ridicules si on prend un tant soit peu le temps de se mettre à la place du Freeman. Il est sensé être efficace et froid, mais il perd son temps à monter sur une porte pour surprendre ses adversaires (ç’eut été trop simple de se cacher derrière la porte…), il saute au ralenti en avant alors que ça sert à rien… Mais bon, comme je disais, ça donne du style…

En fait, le vrai point noir du film, c’est son scénario. Pour information, il est adapté d’un manga des années 80 (manga que je n’ai pas lu), qui fut d’abord adapté en série animée (série animée qu’il faut que je regarde). Il y a de la matière. Pourtant… Pourtant, je n’ai pas arrêté de me demander comment c’était possible d’avoir de telles relations entre les personnages. Emu O’Hara est une jeune femme obsédée par la mort, soit. Mais pour se jeter dans les bras d’un tueur qu’elle ne connait pas, elle a un sérieux problème et besoin d’un bonne thérapie. Je passerai sur le fait qu’il couche ensemble alors qu’ils se connaissent pas (CDLS, et sûrement à mettre sur le dos du coup de foudre et du fait qu’on n’avait pas envie d’un film qui dure 2h30). Le flash-back sur le pourquoi du comment un simple potier devient tueur est expéditif (et décrébilise pas mal de choses, puisqu’on ne le voit pas s’entraîner du tout: en gros, t’as les gênes de tueur et, encore une fois, CDLS). On rajoute des méchants très méchants à caractérisation unilatérale (sauf Tchéky Kario, en flic bizarre). Au final, le pire – et c’est un vrai choix assumée – c’est la voix-off de Emu. La grande règle de l’écriture de script concernant la voix-off est : si tu peux t’en passer, fais-le absolument ! On aurait carrément pu s’en passer, et expliquer des choses autrement que « Mon père est mort dans cette maison, parce qu’il était juge et qu’il se battait contre les yakuza. Ce soir, je vais mourir aussi ». Bref, une vraie faiblesse qui m’a plombé le film. D’autant plus qu’un tel choix devrait placer la narratrice en protagoniste, ce qui n’est clairement pas le cas… Et le but était de mettre en avant la romance, bah, c’est raté aussi. Je passerai sur les incohérences et le comportement bizarre de la plupart des personnages.

Mark Dagascos n’a pas la puissance de ses pairs de l’époque (Brandon Lee, ou même Jason Scott Lee initialement prévu pour le rôle), Julie Condra mérite des baffes pour son jeu évanescent (comprendre, c’est naze), Tchéky Kario semble nous sortir le jeu du méchant double casquette façon re-sucée de Doberman… Seul les Japonais s’en sortiront honorablement pour leurs prestations plus extrêmes.

En 1996, quand t’as 14 ans, Crying Freeman, c’est genre ton film favori. En 2012, Crying Freeman, c’est genre une madeleine de Proust au goût de moisi. Je crois que c’était la dernière fois de ma vie que je regarderai ce film… Je pense que vous pouvez tous passer votre chemin et vous tourner vers d’autres grands classiques qui surfent un peu sur le même pitch. Je citerai donc pour la troisième fois The Killer

Publicités
commentaires
  1. Olivier dit :

    Tout le contraire de ce que je pense. Comme quoi, “l’égout“ et les couleurs…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s