Suicide Squad

J’avais lu et entendu un tas de choses sur Suicide Squad, et j’attendais la version longue avant de me prononcer, espérant un peu l’effet Batman v Superman (à savoir un truc moins bousique que prévu). Du coup, j’ai vu et… C’EST UNE PURGE ! C’est très mauvais ! Il y aurait tant et tant à dire sur ce film qu’il me faudrait des heures pour tout lister. Je ne comprends pas comment on peut se planter à ce point. Je ne comprends pas non plus comment après la descente en flammes que le film a connu à sa sortie on n’ait pas donné carte blanche à David Ayer pour remonter tout le film. Même moi qui n’ai aucun talent particulier, j’ai envie de remonter le film pour lui donner un semblant de sens ! Comment peut-on sincèrement laisser sortir un tel film ? Ca m’énerve, mais ça m’énerve ! Rien n’a de sens ! Rien ! Le personnage de Deadshot, la relation Harley/Joker, la dynamique de groupe, le montage pseudo « Gardians of the Galaxy », la Suicide Squad ! Mais dans quel cerveau il viendrait à l’esprit de créer une équipe avec un mec qui sait bien tirer, une folle, un crocodile pour arrêter – je cite – une menace équivalente à Superman ! Ca n’a aucun sens ! Quand l’Enchantress pète un câble, c’est pas Deadshot et sa bande de repris de justice qu’il fallait envoyer, mais CONSTANTINE ! A la rigueur Flash qui fait un caméo ! Nul, nul, nul ! La seule menace digne d’intérêt pour une telle équipe, ça aurait été juste le Joker alors que Batman se prenait des vacances en réunissant sa Justice League ! Aucun intérêt. Ca m’énerve ! Vous le sentez que ça m’énerve ? Et la musique, alors oui, la bande son est excellente, mais si je veux écouter de la bonne musique, je sors un de mes vinyles ! On a dit beaucoup de choses sur le Joker, mais Jared Leto est le seul mec investi dans son personnage et ça m’énerve d’apprendre qu’il a été coupé au montage pour laisser de la place à Will Smith et son Deadshot tout moisi et Harley Quinn (elle est cool, mais fait bien greluche de service). Saviez-vous qu’à l’origine, la relation Joker-Harley était plus proche celle canonique ? Une des scènes coupées où il a la gueule moitié arrachée aurait dû être à la fin où il vient pour chercher Queen mais décide de la planter pour la laisser dans sa cage. Je sais pas dans quelle mesure les costards cravate ont charcuté le scénario mais là on a affaire à une bande de sociopathes qui commence à se faire des calins et avoir deux doigts d’honneur l’un envers l’autre après trois minutes ensemble. Ca n’a aucun sens ! Même une saison complète des Mystères de l’Amour semble plus cohérente ! Ce film est un échec complet, une perte de temps et d’argent qui mérite une note spéciale :

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Doctor Strange

Le monde se divise en 2. Marvel et DC. Marvel domine haut la main de par les films qui sortent sur grand écran, DC propose des films d’animation qui n’ont rien à leur envier (pour la plupart). Pour le petit écran, je dirai que c’est kif-kif depuis l’arrivée de Marvel chez Netflix. Mais lorsque DC fait des longs métrages… Et bien, c’est pareil avec Marvel et les dessins animés : c’est de la bouse. Preuve en est ce Doctor Strange sur lequel peuvent se rabattre les pauvres qui ne peuvent pas aller au cinéma voir la dernière production du MCU. Et bien c’est pas terrible du tout. On va pas se mentir, c’est même très mauvais. Et c’est très très TRES laid ! J’aurais pu éventuellement faire abstraction si l’animation n’était pas complètement à la ramasse non plus et si le scénario avait moins de raccourcis. Non, décidément, les dessins animés de super héros, c’est DC et puis c’est tout !

1/5

War Dogs

J’étais pas spécialement emballé à l’idée de voir un film avec Miles Teller et Jonah Hill, mais la bande annonce était suffisamment bien foutue pour donner envie au plus réfractaire. Et puis pour être honnête, j’avais un peu envie de comparer avec Lord of War qui reste un film incontournable sur la guerre et les marchands d’armes. Au final, War Dogs est largement moins bien que le film avec Nicolas Cage mais il m’a agréablement surpris, tant sur la prestation que sur la rocambolesque histoire vraie derrière le scénario. Même le duo d’acteur fonctionne bien (bon, surtout Jonah Hill !). Bref, je recommande fortement.

4/5

Begin Again

Vous savez quoi, c’était moyen. Allez, moyen + pour nous évitez une romance forcée entre les deux protagonistes.

2.5/5

Jason Bourne

Quatrième volet de la série. Cinquième avec le spin-off de Jeremy Renier. Clairement l’épisode de trop. D’une part parce qu’il faut avoir vu (et se rappeler) des précédents, d’autre part parce que c’était bien une perte de temps et d’argent pour tout le monde. On arrive au stade où on a plus grand chose à raconter sur le personnage donc on rajoute des couches sur son passé au point que ça devienne abracadabrantesque. On arrive aussi au stade où Jason Bourne et la caméra de Paul Greengrass n’a plus rien à apporter au film d’espionnage. La caméra gerbante, c’était innovant au premier épisode. Là, c’est juste confus. L’histoire est bateau et les acteurs clairement en mode automatique (j’avais l’impression de mater un film de robots). Bref, il est temps de ranger Bourne au placard et de passer à autre chose.

1/5

Lethal Weapon 1 & 2

La rentrée série US accueillait cette année une espèce de reboot de L’Arme Fatale. Comme j’étais curieux, je me suis penché dessus, sans réellement en attendre grand chose. Comme ça, juste pour voir. Il se trouve qu’après une demie douzaine d’épisodes les audiences sont bonnes et que je suis moi-même conquis. J’avais commencé la série avec finalement assez peu de souvenir des films, sinon quelques scènes, et je me suis dit « Tiens, ça fait vraiment longtemps que j’ai pas revu ces films » (genre 20 ans, parce que j’ai pas RTL9 pour ce genre de rediffusions). C’est donc avec délectation que j’ai retrouvé le dynamique duo des années 80 et que j’ai découvert que c’est à l’origine une création de Shane Black (le seul type qui a réussi à faire un bon film cette année – The Nice Guys). Force est de constater que 1. les années sont définitivement la meilleure décennie cinématographique de tous les temps et 2. que les films ont bien vieillis. Ca permet aussi de se rappeler d’une époque où on fumait à l’écran, on montrait des nichons, on faisait des cascades sans numérique ni fond vert, on avait des téléphones portables de 8 kilos et que globalement, les films avaient une âme.

4/5

Kokoro ga Sakebitagatterunda

Ou The Anthems of the Heart, en anglais. Pas encore disponible dans les vertes contrées francophones, mais bientôt. C’est un autre anime de type « romance lycéenne japonaise » à ajouter à la longue liste de ceux que j’ai vus. Pas le plus marquant, mais il est intéressant sur certains points qui ne sont pas assez développés, notamment le poids des mots (surtout sur les enfants). Après, on va pas se mentir, ça joue sur un bon nombre de tropes du genre mais c’est effectué avec suffisamment d’humilité pour que ça passe (je recommande une bonne séance de psychanalyse pour l’héroïne…). Et puis on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent non plus en ce moment. Bref, les amateurs seront ravis, les autres passeront leur chemin comme d’habitude.

3/5

5 centimeters per Second

Your Name est probablement LE film que j’attends le plus en cette fin d’année 2016, le plus gros cartons de la décennie au Japon est un anime « tranche de vie » signé Makoto Shinkai. C’est alors que je me suis rendu compte que je n’avais vu que The Garden of Words de ce réalisateur et qu’il était grand temps de compléter avec le reste. J’ai donc commencé par 5 Centimètres par Seconde qui est en fait 3 courts métrages autour du même protagoniste à trois étapes de sa vie. Il m’a fallu un peu de temps pour digérer le film et comprendre ses intentions derrière, la fin restant assez énigmatique au premier abord. Et puis, toutes les pièces finissent par s’agencer et on comprend. C’est donc un film tout en finesse, en sous-entendus, en contemplation sur le processus de deuil amoureux, surtout le tout premier. Le genre de film auquel on pense encore des jours après. Un vrai coup de coeur !

4.5/5

Voices of a Distant Star

Il s’agit d’un cours métrage de 25 minutes par Makoto Shinkai, catégorie romance lycéenne dans l’espace. On retrouve les germes des thèmes qui seront explorés par la suite dans 5 Centimètres par Seconde, à savoir : comment gérer une relation non déclarée à distance (visiblement un thème cher à Makoto Shinkai). Ici, en plus de la distance physique, on rajoute la distance temporelle où les mails mettent des mois à atteindre leur destinataire. La 3D a pris un sacré coup de vieux, mais le film mérite tout de même le coup d’oeil. Et comme je ne vais pas parler de Macross ce mois-ci, il en est suffisamment proche pour que je cite au moins ma série favorite tout de même. Si vous avez aimé le précédent film, vous savez quoi regarder ensuite.

3.5/5

Voyage vers Agartha

Makoto Shinkai à la réalisation pour continuer dans mon run, mais cette fois-ci sur une production Ghibli. Il n’y a pas à dire, le studio japonais plane réellement au-dessus de tout le reste ! C’est beau, c’est intelligent, c’est bien écrit… Bon, c’est pas la meilleure production du studio et ça bouffe trop aux rateliers de Mononoke et Chihiro pour réellement se démarquer mais c’était tout de même agréable à regarder. On regrettera un épilogue trop vite expédié pour donner un sentiment de satisfaction, mais on ne peut pas tout avoir. Dans une autre réflexion qui n’a rien à voir, je vois régulièrement des articles passés sur le féministe et le statut de la femme en ce moment. J’avoue c’est un peu de la science-fiction quand on vit en Norvège mais je me suis dit que le Japon n’était pas spécialement en reste : quand on y regarde bien, la plupart des dessins animé Ghibli mettent en avant des héroïnes fortes, des trucs qui – de mon point de vue –  seraient nettement plus à même de plaire aux jeunes spectatrices que – au hasard – les productions américaines (il y a un léger mieux chez Disney depuis quelques années, mais c’est pas au niveau des Japonais). En tout cas, je sais ce que ma progéniture regardera comme dessins animés.

3/5

Bakemono no Ko

Ou le Garçon et la Bête en français. Un film que je me gardais en réserve pour un mois un peu pourri parce que j’étais certain qu’un film de Mamoru Hosada ne me décevrait pas (pour infos, je l’ai regardé juste après Suicide Squad pour me calmer, mais j’ai mis la Squad en premier pour attirer le chaland). Et j’avais raison ! C’est vraiment bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture sur plein de choses (notamment la relation père fils), l’animation est dingue, l’univers est cool… Bref, ça déboite ! Vous DEVEZ voir ce film !

5/5

Dragon Ball Super – Episodes 1-68

Dragon Ball et DBZ restent un pilier de ma culture et un élément fondateur de ma prime jeunesse. Aussi étais-je un peu sceptique face à l’annonce d’une nouvelle série faisant suite à DBZ. Certes elle allait permettre d’effacer l’étron GT de la chronologie canonique mais on ne peut pas dire que les premières images faisaient envie : les images venues du Japon étaient très moches à regarder et la production a pris la décision étrange de découper les deux derniers films pour en faire les 25-30 premiers épisodes de cette nouvelle série. Au passage, je ne saurais que trop recommander aux amateurs de Son Goku et sa clique de mater ces deux films (Résurrection de F et Beerus), ne serait-ce que par égard pour votre rétine et lui épargner l’horreur des premiers épisodes torchés à la va vite. Bref, j’étais pas hyper motivé pour regarder la série, jusqu’à ce que j’apprenne le retour de mon personnage favoris : Trunks du futur ! Alors, j’ai tout maté en mode binge-watch zombie ! Et mon avis est finalement assez mitigé. Il y a un tas de truc que j’adore vraiment : Beerus et Whys, Trunks, Bulma, Trunks, l’animation des derniers épisodes, Trunks, Son Gohan relégué au placard, Trunks, la cosmogonie Dragon Ball qui prend de l’ampleur… Et il y a un tas de trucs qui m’énervent : la vingtaine de premiers épisodes soporifiques si vous avez vu les films, le fait qu’on se tape un tournoi artificiel, les épisodes « filler » sans intérêt, le ton un peu gamin… Et c’est tout le problème de faire une nouvelle série DB plus de 15 ans après la fin de la série originale : le public cible est à la fois constitué de trentenaires et de jeunes à qui on a envie de faire redécouvrir l’univers. DBS a donc le cul entre deux chaises et l’une d’entre elle est moisie. Etant trentenaire, vous vous doutez de celle qui ne me plait pas…  Objectivement, je me suis ennuyé pendant 46 épisodes (sans avoir vu les deux films, mon avis n’aurait pas été le même car ces films en question sont vraiment excellents comme je disais et dans le ton que je recherche), il faut vraiment attendre l’arrivé de l’arc Trunks du futur pour en prendre plein la tronche ! Les vingt épisodes de cet arc sont complètement déments, tant sur l’animation que sur l’histoire (si vous faites abstraction des approximations sur les théories de voyage dans le temps) et c’était exactement ce que j’attendais d’une nouvelle série Dragon Ball. C’est à la fois épique et intimiste, grave et léger grâce au trio Pilaf, l’équilibre est parfait ! Rien que pour ces 20 épisodes la série vaut le coup (comprendre, matez les films, matez ces épisodes et vous serez satisfait) ! J’ai rattrapé mon retard sur la diffusion japonaise et l’arc Trunks vient malheureusement de tout juste prendre fin, ce qui veut dire qu’on va se retaper une petite série d’épisodes orientés jeune public en croisant les doigts pour qu’un nouvel arc à la hauteur de Trunks arrive (et pas juste encore un tournoi…)

6/5 (Arc Mirai no Trunks, ép. 47-67)

2.5/5 (Le reste)

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Tyranny est un jeu développé par Obsidian Entertainment et édité par Paradox Interactive

Des fois, c’est les méchants qui gagnent. Et ça tombe bien puisque vous faites partie des minions du méchant, s’en allant gaiement pacifier la dernière région insoumise, le dernier village de gaulois du coin qui fait rien que de la misère aux forces du vaillant Chef Suprême. Alors, comment est-ce que vous allez gérer le bordel pour la domination complète de votre patron ?

Après un Pillars of Eternity ma foi fort sympathique pour tous les amateurs de RPG restés à juste titre bloqués dans les années 2000 et vénérant Baldur’s Gate, Obsidian remet le couvert avec un autre RPG du même cru. Tyranny ne bénéficiant pas de la couverture médiatique d’un kickstarter à records, il y a fort à parier que beaucoup ont accueilli la nouvelle de « ah tiens, un nouveau RPG comme Baldur’s Gate » avec retard et circonspections. Il y a même fort à parier que beaucoup se fichent même de Tyranny car PoE avait un petit côté « vanilla » qui l’a empêché de se faire une vraie place aux côtés de ses aînés.

Et bien, c’est dommage, car Tyranny est un excellent jeu, largement au-dessus de PoE, à tout point de vue. Le fait de rouler pour le méchant de l’histoire qui asservit les peuples sous son joug à un petit côté libérateur et jubilatoire. En effet, en général, à moins d’être un gros sociopathes, un joueur lambda embrassera plutôt son côté loyal bon. Ici, on prend presque un malin plaisir à égorger des enfants parce que hein, c’est la volonté du chef suprême ! Le jeu propose – comme toujours avec Obsidian (Fallout New Vegas) – un univers ni tout blanc ni tout noir, avec des choix qui se répercute dans le temps et qui vont réellement avoir un impact sur votre destinée. D’ailleurs, l’équipe de développement a fait le choix d’une aventure plutôt courte (30 heures contre 100 pour PoE) avec une forte dose de réjouabilité avec ses quatre embranchements majeurs disponibles (j’en ai fait qu’un, celui de l’anarchiste qui dit fuck à tout le monde – mais je referai assurément au moins un run avec les Disgraciés).

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Le système de magie est vraiment hyper intéressant et offre une très grande liberté dans la création de sort ! En tant que sorcier rôliste, j’ai énormément apprécié la combinatoire derrière la mécanique magique (ça fait un peu comme une recette de cuisine).

Le système de progression est dit « sans classe », comme dans Skyrim. Ce qui veut dire que vous gagnez en expérience sur ce que vous utilisez. Normalement, ce genre de système a deux effets : vous vous ultra-spécialisez sur un nombre limité de compétences ou bien vous montez un peu de tout. Comme tenu de la durée de vie du jeu, autant dire que la deuxième solution est un piètre choix : vous devenez un peu mauvais partout et ne pouvez assumer aucun rôle clé dans votre groupe (tank, DPS, heal pour synthétiser). Et pour quelqu’un comme moi qui aime bien planifier et prévoir une progression, c’est pas ce que je préfère (je me rappelle avoir passer une dizaine de niveaux sur Skyrim avant de dépenser mes points de compétences, histoire de voir ce que je préférais faire). J’en profite pour glisser une astuce qui m’a desservi sur le end game : entraînez vos personnages à chaque niveau ! Il n’y pas de limite à vos compétences, donc pas de raison de se priver (surtout que la thune n’est pas un problème – et ça vous évitera de manquer de points de connaissances comme moi pour faire des sorts vraiment cools).

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La direction artistique est vraiment excellente, que ce soit sur le style un peu cartoony ou les dessins en 2D qui font très parchemin. Comme quoi on peut faire un jeu de fantasy avec un minimum d’âme sans avec l’impression de jouer à un n-ième copier-coller de poncifs génériques.

Une dernière note sur l’histoire. C’est du Obsidian et il n’y a rien à dire, c’est parfait, avec beaucoup d’embranchement avant même que vous ne commenciez à jouer (quand vous définissez l’univers de jeu en gros) et il y a énormément de moments juste jouissifs à vivre tout au long de votre aventure.

Tyranny est clairement la bonne surprise de fin d’année pour tous les amateurs de RPG sur PC. Un vrai coup de coeur, bien écrit, bien chiadé, avec une bonne durée de vie et une excellent rejouabilité. Tous les amateurs du genre devraient se ruer sur cette véritable pépite !

Bon, maintenant qu’on a fait la critique « Joueur » sympa, passons à la critique du game designer pinailleur qui ne peut pas s’empêcher de voir les défauts d’un jeu.

Et quand on y regarde bien, Tyranny souffre d’un manque d’équilibrage flagrant à l’heure actuelle. Bien sûr, comme d’habitude, vous commencez le jeu sans un rond et vous finissez riche à Crésus. Mais là n’est pas la question. Il s’agit surtout de décisions assez étrange. Déjà, on n’a pas des masses de compagnons d’aventure, soit. Mais cela pose deux problèmes : le premier, c’est que cela limite vos propres choix en matière de build et du rôle de votre personnage au sein de l’équipe. Assumez un rôle particulier vous impose à dégager celui un de vos compagnons, et malheureusement, en dépit du système sans classe, il va être difficile de faire d’un gros bourrin un magicien : déjà parce que ses arbres de talents orientent les PNJ vers deux orientations de gameplay (qui ne vous plaisent peut-être pas) et parce que la durée de vie courte du jeu vous limite très clairement dans la re-spécialisation de vos personnages en cas de mauvais choix (et à haut niveau de difficultés vous avez finalement assez peu de place pour les erreurs). Le deuxième point noir de si peu de compagnons est lié à leur histoire ; se faisant, vous avez TOUS les emplacements d’armure de DEUX personnages impossibles à changer. C’est ultra-frustrant !

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C’est d’autant plus frustrant que la répartition du loot – comme celui de la thunes – est loin d’être linéaire : pendant très longtemps vous récupérez de la bouse et quasiment immédiatement, vous croulez sous les artefacts légendaires dont vous ne savez pas quoi faire parce que 1. vous n’avez qu’un groupe de 4, 2. il est possible que dans ce groupe vous ne pouvez pas vous en équiper 3. vous n’êtes pas entraîné pour ces artefacts à cause du système sans classe et 4. vous avez déjà upgradé votre stuff à la forge.

Au final, le jeu possède trop de générosité pour sa durée de vie. Virer tout ce qui est craft n’aurait personnellement pas dérangé et aurait permis une progression de puissance moins foutraque. Précisons que le craft m’ennuie, car de façon générale, il est rarement bien fait et Tyranny n’est pas l’exception et il confirme la règle.

Je m’attendais aussi à un boss de fin ingérable comme dans PoE. Il n’en est rien. Ils sont même plutôt ridicules ! J’avoue que je n’avais pas une équipe de branleurs à leur opposer non plus, ça joue nécessairement sur mon ressenti de type « c’était trop facile », des builds bien chiadés sont donc nécessaires ! Ca a le défaut de ses inconvénients dira-t-on, suivant le type de joueur que vous êtes.

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Donc, le jeu n’est vraiment pas dur, pour peu que vous ne fassiez pas de conneries dans vos builds de personnages. Et il est facile de faire des erreurs dans ce système. Alors, ce n’est pas dramatique car à moins de faire le dernier niveau de difficulté, vous vous en sortirez sans soucis. Cependant, au niveau maximum de difficulté, vous risquez de souffrir dans 95% des cas. Croyez-moi, j’ai fait et refait le premier acte entier avec pas moins de 5 builds différents pour tester : guerrier épée-bouclier, archer, mains nues, et différentes variations de magiciens. Le constat est sans appel : la magie est LA voie royale. Et encore même là, il est facile de se planter. Mon astuce : maximiser la célérité en premier, puis l’esprit en deuxième, la vitalité au neutre et le reste en négatif à la création. Vous avez ainsi un magicien capable d’avoir un haut DPS magique dès le début. Mettez un sac à PV devant et ça devrait bien se passer (mon choix personnel s’est porté sur Sirin spé Guerre en armure lourde et max vita, il suffit de laisser chanter ses chants agressifs et de spammer vos compétences… elle est réellement OP).

La raison pour laquelle les magiciens sont complètement fumés par rapport aux autres classes (hormis le système de magie bien foutu), c’est à cause de leur nombre de capacités. Toutes les personnages commencent avec 2-3 capacités, vous les utilisez cycliquement et entre temps vous balancez vos attaques classiques. Avec un magicien, vous avez vos 3 capacités plus – au moins – 4 sorts magiques, pour peu que ce soit des sorts agressifs avec une bonne célérité, vous avez un fort taux de rotation sur vos sorts à dégâts, ce qui constitue un avantage carrément déséquilibrant pour votre groupe. Alors, certes, vous pouvez faire de n’importe quel perso un magicien avec le système sans classe, mais est-ce vraiment utile de faire de Barrik un jeteur de sorts quand ses arbres de talents vous hurlent à la tronche « Deux mains » ou « Bouclier ». Alors, c’était très rigolo de faire de Lantry un guerrier à javelot mais uniquement parce qu’il y avait un arbre prévu à cet effet (j’ai pas du tout poussé son côté magicien et ça a très bien marché).

Là où je veux en venir, c’est que le système sans classe à haut degré de liberté qu’on nous promet n’est que de la poudre aux yeux et ne fonctionne que pour votre personnage à vous. Et malheureusement, de tous les essais que j’ai pu faire, seule la voie magique possède un réel intérêt tactique. Si vous voulez autre chose que balancer vos capacités en mode brainless comme dans PoE.

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Un autre problème est la répétitivité des combats. Il n’y a finalement pas tant de variétés d’ennemis que ça, et vous finirez par rencontrer des groupes similaires plus souvent que vous ne le souhaiteriez. Gérer un combat finit par devenir du copier-coller. Astuce : tout ce qui est interruptions (étourdi, renversé) fait vraiment le café. J’en venais aussi à regretter l’absence de création de scripts. A chaque fois que je voyais le cercle rouge d’un ennemi apparaître à l’écran, je lançais ma tripotée de sort de protection pré-combat. Ce qui est bien relou à faire toutes les 5 minutes… J’aurais aimé l’automatiser d’un unique bouton.

Je pourrais aussi cracher sur l’interface qui refuse de mettre toutes mes capacités en raccourcis directs mais arriver à ce point-là, on est dans l’ultra pinaillage.

Enfin, je ne suis pas spécialement du genre à refaire des jeux une fois finis. Celui-là va avoir l’avantage de proposer des variations d’histoire donc forcer mon intérêt, mais je n’aurais clairement pas dit non sur un trame beaucoup plus longue, avec plus de quêtes annexes (notamment liées à vos compagnons), plus de donjons, plus de tout…

Si vous avez lu jusque-là (déjà, merci), rappelez-vous que c’est vraiment pour pinailler et que rien de tout cela n’entache le plaisir de jeu que vous expérimenterez au final ! 

 

Une des premières choses qu’on me demande depuis que je suis arrivé en Norvège, c’est de savoir si j’ai commencé à apprendre la langue, à quoi ça ressemble et si c’est dur.

La réponse est oui. J’ai mis un peu de temps à m’y mettre, le temps de m’installer, de voir ce que je pouvais faire, à quel prix… Il se trouve en fait qu’il y a une école juste à côté du boulot, donc plus que des considérations pécuniaires, c’est surtout le côté pratique qui m’a poussé à aller chez Alfaskolen en particulier. J’ai donc commencé en Mai dernier à apprendre la langue des locaux.

En toute honnêteté, apprendre la langue n’est pas obligatoire et entraîne des investissements en temps et en argent bien dispensables parce que tous les Norvégiens parlent anglais. Tous ! Il est donc vraiment facile de communiquer avec les autochtones, même si ces derniers commencent systématiquement par vous adresser la parole en Norvégien. Ca me fascine réellement de voir que tout est capable de parler en Anglais, allez faire l’essai à Paris qu’on se marre un coup !

En revanche, s’il est possible de faire la feignasse (j’ai un collègue américain ici depuis 8 ans qui commence seulement à apprendre…), ça devient assez vite fatiguant de vivre dans un environnement où vous pigez que dalle à ce qui se raconte. De plus, je suis assez partisan de l’effort d’intégration : la Norvège est un pays que j’adore, dans lequel j’ai envie de rester, il me semble donc naturel de me sortir les doigts du fondement pour apprendre à communiquer. A noter que nombre de papiers officiels, notamment des permis de travail permanent, des permis de séjour permanent, etc. requièrent de passer un examen pour attester que vous n’êtes pas des quiches en norvégien afin d’être validés. Et puis, je fais parti de ces gens qui apprécient apprendre des langues (ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille quand j’étais plus intéressé par l’Anglais en prépa-math et par le Japonais en école d’ingé), c’est le genre de masturbation intellectuelle qui me plaît.

Comme n’importe quel apprentissage de langue une fois que vous êtes sortis du cadre scolaire, votre progression est découpés en niveau : A1, A2, B1, B2, B3, C1, etc. Plus vous grimpez dans les niveaux, plus on rajoute des couches de complexité. Les fameux examens sus-nommés nécessitent au moins du B2 si ma mémoire est bonne. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai achevé A2. Ce qui me permet de baragouiner des trucs basiques comme commander un billet de train. Sauf qu’on commande les billets de train avec des bornes automatiques… Mais là n’est pas la question !

Je fais deux fois deux heures par semaine, sans compter les exercices à faire à la maison. L’école propose également des sessions par semestre pour avoir plus de jours par semaine. Vous apprendrez la même chose, mais sur un rythme moins intense sur une durée équivalent et pour un peu moins cher. Je paye entre 350 et 450€ chaque session de 5 à 6 semaines. C’est une école privée, donc assez chère. Après, et malheureusement, les tests que l’on passe ici ne sont pas des pré-requis pour passer au niveau supérieur, ce qui peut impliquer des gens qui n’ont pas nécessairement le niveau pour vous accompagner.

Autre point noir, je trouve certains groupes trop nombreux (>10) pour être réellement efficaces, en dépit des petits jeux de rôle pour nous faire parler.

Alors, la question qui tue : est-ce que c’est dur ?

Et bien, c’est moins dur que le Japonais, pour sûr. Et c’est moins dur pour moi que ça peut l’être pour des Indiens par exemple. En fait, si vous vous débrouillez en anglais et grâce à votre connaissance de la grammaire française, vous vous en sortirez par effet d’analogies. Après, cela dépendra essentiellement de votre faculté d’adaptation et de votre motivation.

Finalement, la prononciation des lettres norvégiennes n’est pas si éloignée du français, comparée aux diphtongues de l’Anglais qui nécessitent une patate chaude dans la bouche pour être proches du correct. Un u se dit « u », un o « ou », un a « a », un e « é/è »… Après, il y a des sonorités pas faciles à appréhender, comme le i et le y. Techniquement, les deux ont même son « i » ; le premier nécessite de le faire avec le sourire, le deuxième avec les lèvres en avant… Une subtilité qui échappe à mon oreille pas musicale pour deux sous. On vire aussi les trucs un peu inutiles genre « -que », les sons de ce type étant remplacés par des k. Les trois lettres exotiques sont å, ø et æ, respectivement prononcées « o », « eu » et « a », mais pas le même « a » que le a…

Après, les profs ont tendance à dire que vous prononcez ce que vous voyez, a contrario du français qui rajoute des trucs qui se disent pas. Les fameux « -que », x et s des pluriels, « -eau » et j’en passe. Ceci étant, plus vous avancez, plus vous constatez que c’est un peu la poêle qui se moque du chaudron, le norvégien ayant lui aussi tendance à ne pas prononcer certains d, certains g ou à changer la prononciation de k en « gue »…. Par exemple, le « fjord » que j’utilise pour titrer cette série d’articles se prononce « fiorde » à la française ; à la norvégienne (donc techniquement la vraie prononciation parce que des fjords, on n’en trouve qu’en Norvège) ça se prononce « fiour »…

Bref, tout ça pour dire que oui, j’apprends le norvégien et que non, ce n’est pas hyper compliqué. Et puis en fonction des professeurs on fait des trucs marrants et on reçoit des Kinder si on travaille bien…

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Il est temps de faire un point bouffe sur la Norvège. L’autre pays de la pizza.

En Norvège, on bouffe mal. Point barre. Pizzas, hamburgers, hot-dogs, tacos… Si c’est de la junk food, ça finira probablement dans votre estomac si vous vivez là ou passez en touriste. Vue la dose de sport qu’ils font, ils peuvent se le permettre sans mal.

Certes. Mais qu’en est-il de leurs plats typiques ? De trucs bien de chez eux ? Et bien c’est le drame. Il n’y a rien. Pire, ici, la bouffe semble être considéré comme un simple moyen de remplir les besoins essentiels en calories. La cuisine n’est pas un art et la recherche gustative se limite à bien peu de choses, en dépit d’un festival de la bouffe qui s’est tenu début septembre. Leur R&D gastronomique se limite aux saucissons, saumon fumé et aux glaces.

En dehors de ça, ne demandez pas un norvégien de cuisiner, il vous sortirait une casserole pour faire bouillir votre entrecôte !

Vous croyez qu’on ne pourrait pas descendre plus bas ? Erreur ! J’ai trouvé les plus infâmes aberrations culinaires qu’il vous sera donné de voir dans un super-marché : le fromage en tube !

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Un peu de bleu ? Du fromage avec 50% de bacon peut-être ?

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Fromage au piment ? De l’emmental ? Non ? Même pas celui goût crevette ?

Quand je disais qu’il n’y avait pas de plat typique, j’ai largement exagéré pour les besoins de mon propos. On peut facilement trouver du renne surgelé, à vous de vous débrouiller pour lui éviter la bouillante.

Mais surtout, il y a la baleine. Oui, olala, de la baleine, bouh, c’est mal, et pourquoi pas du phoque pendant qu’on y est ! Désolé, j’ai pas encore trouvé de phoque à Oslo, faut sûrement aller plus au nord… Quant à la pauvre baleine, je suis sûr qu’elle a eu une meilleure vie que la vache qui finit régulièrement dans votre assiette (j’ai d’ailleurs sérieusement réduit ma consommation de viande rouge depuis que je suis arrivé en Norvège, mais c’est un autre débat). Alors comme je suis tombé sur de la baleine et que j’en avais jamais mangé, j’ai goûté ! Et c’était vachement bon !

Il est super dur de trouver un restaurant typiquement norvégien. Celui qui s’en rapprochait le plus alors qu’on cherchait au hasard de quoi se sustenter à l’occasion de l’anniversaire de ma maman s’est trouvé à Aker Brygge. Le Lofoten. Chic (en accord avec l’environnement du port et du nouveau quartier environnant), un peu cher évident, la carte propose majoritairement des produits de la mer aux touristes de passage. Et du steak de baleine ! Ce qu’on a tous pris, parce qu’on veut pas mourir idiot dans la famille.

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Ca se mange comme un steak et bien saignant (plus vous faites cuire, plus vous aurez l’impression de bouffer de la semelle). Le goût est puissant et marin, très intéressant, a fortiori pour les amateurs de viande rouge. Car oui, la baleine est un mammifère, donc sa viande est rouge. Je n’en mangerai pas tous les jours, par respect pour les baleines, ni même tous les mois, mais je persiste à dire que pour une fois qu’il existe un plat typiquement norvégien, il serait idiot de se priver d’une telle expérience gustative si vous passez dans le grand nord !

Grimm: Dark Legacy, le jeu sur lequel j’ai bossé ces derniers mois, est désormais disponible sur Steam !

Basé sur la licence de la série télé éponyme diffusée sur NBC (SyFy & NT1 pour la France), le jeu se déroule au XVe siècle et vous jouez un ancêtre du protagoniste de la série et propose un nouveau point de vue sur l’univers de la série, toujours en affinité avec l’Histoire.

Je travaille dessus depuis février dernier, d’abord en qualité de Story Designer (donc, à défaut de vous proposer un nouveau roman, vous pouvez découvrir l’histoire que j’ai écrite dans l’univers de Grimm) puis comme Balance Designer. En gros, je n’étais pas à la barre du Game Design et high concepts mais les collègues ont produit un mix combat-survie-craft intéressant dont j’avais la lourde tâche de rendre agréablement équilibré pour une frange de population allant du casual qui arrive par hasard ici parce qu’il a tapé « Grimm » dans google jusqu’au hardcore qui a retourné Dark Souls les yeux fermés. Au final, on s’en est pas trop mal sorti je crois…

Il s’agit d’un « survival rogue-lite », un jeu de survie (Don’t Starve) de type « die & retry » (Dark Souls) mais plutôt dans la catégorie pas prise de tête. Enfin, au moins au premier niveau de difficulté ; aux suivants, je vous garantis que j’ai pas calibré le jeu pour les p’tits slips !

Grimm: Dark Legacy est la somme combinée d’une quinzaine de talents éparpillées en Norvège, Russie et Angleterre, un travail 18 mois avec des hauts et des bas et c’est donc toujours avec une certaine appréhension qu’on lâche son bébé dans la nature, entre les mains de joueurs exigeants. J’espère que vous lui réserverez un bon accueil et qu’il vous plaira. Si c’est le cas, n’hésitez pas à mettre un pouce en l’air et un commentaire sur Steam, ça aide toujours à la bonne visibilité du titre et de notre travail.

Grimm: Dark Legacy vous est proposé pour la modique somme de 15$ (donc 15 euros parce que magie de l’économie financière) et je ne peux que vous inciter à vous procurer votre copie dans les délais les plus brefs.

Attention, pour ceux à qui l’anglais donne de l’urticaire, je précise que le jeu est uniquement disponible dans la langue de Shakespeare pour le moment, MAIS la traduction française arrive bientôt pour ceux qui ne maîtriseraient pas la langue de Benny Hill.

Toutes les informations sur la page Steam du jeu.

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