Articles Tagués ‘Cyberpunk’

Assassin’s Creed

Dans un premier temps, je tiens à dire que je n’ai jamais joué aux jeux vidéo éponymes et que je ne connais pas leur mythologie, je juge donc l’oeuvre cinématographique pour ce qu’elle est en tant que telle, non dans sa filiation. Dans un deuxième temps, c’est très mauvais. Voilà. Trop d’effets spéciaux tuent les effets spéciaux, l’histoire est fumeuse au possible, les choix de réalisation pas toujours heureux (bordel de pompe à queue, arrêtez les ultra-cuts dans les scènes d’action !), les personnages bien moisis et niveau cohérence, on se posera là. En soi, l’animus est un concept bien foireux : quelle est l’intérêt de fabriquer d’une telle machine sinon pour se la péter à l’écran ? Un caisson à la Source Code aurait tout aussi bien marché… Et la mémoire génétique qui transforme un inspecteur des impôts en assassin en 3 minutes, j’ai du mal à y croire. Le personnage de Lynch est risible et montre une fois de plus le pouvoir de l’acteur sur le scénario : genre, je suis un tueur mais j’ai buté juste un mac de prostituées, donc techniquement, je suis gentil hein. C’était si compliqué de faire du protagoniste un mec vraiment sale en quête de rédemption dans sa seconde vie ? La construction globale du film ne marche pas non plus ; rien qu’avec le premier tableau qui impose 3 minutes de lecture pour présenter les Templiers et les Assassins, je savais que cette nouvelle adaptation de jeu vidéo serait ratée. Assassin’s Creed, le cyberpunk du pauvre. Assassin’s Creed, le Da Vinci Code avec du parkour. Assassin’s Creed ou la preuve que dans les mains d’exécutifs, même affiliés à Ubisoft, un film sera toujours pas terrible.

0.5/5

Arriety, le petit monde des chapardeurs

Comme toujours les studios Ghibli pondent des merveilles. Celui-ci en fait partie. Certes, on n’est pas dans la même catégorie que Mononoke Hime ou Chihiro mais le travail reste impeccable. La grande force, à mon avis, des productions Miyazaki est de réussir à mettre en valeur le quotidien, la fameuse tranche de vie, et d’en sortir des émotions. On regrettera le message écologique bien trop appuyé pour être subtil, mais bon, des fois y aller avec ses gros sabots est le meilleur moyen de se faire entendre.

4.6/5

Loserville

Depuis le temps, cela n’aura échappé à personne que je mate à peu près tout ce qui me tombe sous la main dans la catégorie « Teen Movie ». Loserville est un film de plus à ajouter à la collection. Il n’est pas exempt de défauts (genre la gueule des acteurs trentenaires…) et certains partis pris font des fours à l’écran (la vie fantasmée du protagoniste), mais certaines approches de la condition adolescente sont traitées avec suffisamment de finesse pour le faire sortir un peu du lot. Il a aussi le bon ton de nous éviter la scène cliché de la Prom Night ou la relation amicale qui dérive en sentiments.

2.5/5

Stick It

J’en attendais rien. Mais comme vous le savez déjà, j’adore les films sur le sport. J’en avais jamais vu sur la gymnastique, c’est le côté « teen » qui m’y a poussé. J’ai été agréablement surprise, tant sur la qualité de la réalisation que sur le propos. Un film par une scénariste et réalisatrice (Jessica Bendinger, celle de Bring It On) qui met en avant des figures féminines fortes et un sport assez méconnu, notamment sur les sacrifices qu’il impose et la rigidité qui régit ce milieu. A voir !

4.5/5

Miami Vice

Je ne suis pas un hyper fan de Michael Mann et de ses ambiances. Les goûts et les couleurs. Mais j’étais curieux de voir l’adaptation de cette série culte des années 80. J’ai eu du mal à rentrer dedans. Mann certes, mais surtout la façon d’aborder le sujet loin de la New Wave et des T-Shirts fluo des années 80’s. C’était trop sombre, ça manquait de la légèreté de la série original et surtout, bah sur 2 heures de film, on passe peut-être 30 minutes à Miami… Bref pas ma came.

1.5/5

Office Christmas Party

Visiblement un film qui surfe sur la vague initiée par Project X et les films de fête géante qui dégénère. Allez, c’était sympatoche malgré certains acteurs qui en font des caisses (genre Kate McKinnon qui se jimcarreyse dans tous ses films).

3/5

Why Him?

Ca cassait vraiment pas trois pattes à un canard. Mais bon, y’avait des moments qui prêtaient à sourire. Par contre, je crois vraiment que Hollywood n’a aucune idée de ce qu’est la réalité d’une entreprise de jeu vidéo…

2,5/5

Freaky Friday – Double Dose

Ca faisait un moment que je voulais regarder ce « classique » de la comédie pour adolescents. Et lors de mes recherches, voilà que je découvre que Freaky Friday avec Jamie Lee Curtis et Lindsay Lohan est en fait le remake d’un film avec Jodie Foster ! Du coup, j’ai décidé de faire un truc inédit : mater l’original et le remake coup sur coup. Les deux versions ayant plus de 25 ans d’écart, ça semblait justifié. Et puis le plus mauvais n’est pas forcément celui qu’on croit. Franchement, en dépit d’un caractère un peu daté, j’ai pris énormément de plaisir à mater l’original. Ca m’a surtout rappelé à quel point le cinéma 70’s était décomplexé tout en suivant les codes du moment : intro en dessin animé, interminable course-poursuite en bagnole à la fin, gags visuels complètement foufou (vous avez un exemple dans la mini bande annonce avec la voiture de flic qui se coupe en deux)… On sent bien aussi le côté féministe refoulé qui essaie de marquer des points au milieu des années 70. Après, je vais pas mentir, le film parle à ma corde sensible et voir une image un peu pourrie, des vraies cascades, des musiques un peu cheesy, ca m’a rappelé mon enfance où je matais tout et n’importe quoi dans le vidéo club (et j’ai été pris d’une soudaine nostalgie pour les films de Terrence Hill et Bud Spencer (littéralement mon péché mignon quand je reviens en France et que j’ai accès aux chaînes câblées) par exemple).

J’aurais bien aimé craché sur le remake à base de « c’était mieux avant » mais force est de constater que c’était moins terrible que ce que la bande-annonce laissait présager. C’est certes plus moderne mais ce qu’on perd dans le propos initial (clivage parents/enfants sur leurs tâches respectives) on le gagne dans les acteurs qui, de mon point de vue, jouent mieux l’inversion des rôles. Après, j’ai un faible pour Lindsay Loan dans sa période Disney (Mean Girl quoi !) donc ça joue forcément. La nouvelle version est aussi nettement plus cousue de fils blancs à mon sens.

L’original: 4/5

Le remake: 3.5/5

Arrival

Arrêtez tout ! Prenez votre carte bleue, allez dans le magasin culturel de votre choix et procurez-vous la galette de Arrival ! Ce film est une claque magistrale ! Scénario, réalisation, musique, propos, acteurs… Tout, absolument tout est incroyable ! Je n’avais pas été aussi pris dans un film depuis trèèèèèès longtemps. J’étais passé à côté de la hype en dépit de tout le bien que je pense de Denis Villeneuve, pour attendre d’être dans le bon état d’esprit et wow, quelle claque. Je suis passé dans tous les états, entre l’appréhension, l’angoisse, l’euphorie et la mâchoire par terre en regardant ce film. Tout est juste, et extrêmement réaliste géopolitiquement parlant. Le scénario tout en subtilité réussi tour à tour à vous faire perdre foi en l’humanité et à vous y raccrocher. Villeuneuve est vraiment un grand réalisateur, et après Enemy et Sicario, je pense sincèrement que la suite de Blade Runner et le reboot de Dune sont en de bonnes mains !

10/5

Pas de bande-annonce, décrouvrez-le !

Ergo Proxy est une série d’animation japonaise réalisée par le studio Manglobe (Samurai Champloo) d’après des scénarios de Dai Sato (Cowboy Bebop).

Rombo est une ville-dome coupée d’un monde extérieur très post-apocalyptique. A Romdo, les habitants sont assistés par des Entourages (des androïdes aux fonctions variées), sa société fleure bon le totalitarisme, et beaucoup de choses sont en train de dérailler. Les entourages attrapent un mystérieux virus qui les rend conscients de leur condition artificielle et soumise tandis qu’une espèce de démon trouble la quiétude de la ville. Vincent Law est un immigré chargé de contrôler les entourages, Ril est une enquêtrice chargée de traquer le « démon » et tout deux vont se retrouver embarqués dans une longue quête identitaire…

Ça faisait un moment que je n’avais pas maté une série japonaise. Attiré par la réputation du scénariste (Cowboy Bebop reste ma série d’animation favorite de tous les temps) et par un commentaire glané sur internet qui disait en substance « Ergo Proxy est ma plus grande claque depuis Cowboy Bebop« , je me suis laissé tenter. Force est de constater que soit on n’a pas regardé le même Cowboy Bebop, soit on n’a pas regardé le même Ergo Proxy !

Mais avant de se plonger dans les détails de l’histoire, quelques mots sur la technique. Série datant de 2006, elle mêle plus ou moins agréablement des effets 2D et 3D, la 3D permettant de considérablement réduire certains coûts de production en animation, on comprend que ce choix s’est largement démocratisé depuis 10 ans. Des fois, on ne voit rien. Des fois, c’est très moche… La 2D reste de bonne facture, les Japonais n’ayant plus grand chose à démontrer dans le domaine. Reste des choix artistiques particulièrement sombres et déprimants à base de noir, gris et sépia pour retranscrire l’atmosphère post-apocalyptique de l’histoire et à base de gris et bleu pour l’atmosphère froid et futuriste de Romdo. Et au bout d’une demi-douzaine d’épisodes, cela me gonflait ce manque d’originalité flagrante.

Les personnages sont plutôt bien définis et suivent leur propre évolution à mesure que les épisodes avancent et que les obstacles et révélations tombent. Evidemment, le plus intéressant reste celui de Ril, mais ma préférence est allée à Pino, la petite androïde infecté dont la bonne humeur naïve faisait du bien au milieu de toute cette tristitude ambiante.

Ergo Proxy était long… Terriblement long… Dramatiquement long… Un peu plus de vingt épisodes et une folle envie d’en finir au plus vite une fois que Vincent a quitté Romdo. Ca se traîne à la vitesse d’un gastéropode asthmatique. Pire, la série se paye même le luxe d’épisodes one-shot totalement décalés du ton de la série, avec des justifications scénaristiques tirées aux forceps pour les raccrocher à la trame principale. Je ne sais pas dans quelles conditions s’est vendu le pitch de la série à Manglobe, ni les décisions sur le nombre d’épisodes, mais c’est typiquement le genre de histoire qui aurait méritée de consacrer plus de temps à Romdo que dans les plaines désertiques de la planète et ne pas dépasser les 10-12 épisodes.

Résultat : un ennui profond. Après je reste totalement conscient que le monde se divise en deux : soit t’es ultra fan de la série, soit pas du tout. Après tout dépend de là où vous choisissez de placer vos exigences : sur le caractère totalement élitiste pour appréhender la série, ou sur le fond de la série.

Et le fond de la série est plutôt léger. Des androïdes qui se retrouvent doués de conscience propre me semble trop peu pour classer l’œuvre dans la catégorie cyberpunk ; c’est pourtant ce qui est fait. Donc le virus qui touche les robots, les cités-dôme au milieu d’une tragédie apocalyptique, les jeux de pouvoir… Bref, c’est comme la direction artistique, rien de nouveau sous le soleil. Hormis le fait de rendre le tout terriblement ennuyeux !

Le générique d’ouverture est plutôt sympa ceci dit, et celui de fin se déroule sur le Paranoid Android de Radiohead.

Vous l’aurez compris, trop mou, sans saveur et sans grande originalité, Ergo Proxy est une nouvelle déception à ajouter à ma déjà trop grande liste. Après, si vous vous lancez dans l’aventure, vous êtes prévenus : amateurs s’abstenir, on est dans une série trop élitiste pour convenir à tous.

Blame! Gakuen (And so on) est un recueil d’histoires courtes de Tsutomu Nihei (Biomega), paru aux éditions Glénat Manga.

C’est probablement l’une des chroniques les plus inutiles que j’ai jamais faite, pour deux raisons :

  1. Si vous êtes fan de Blame! ou de Tsutomu Nihei comme je le suis, vous avez déjà acheté ce volume.
  2. Si vous n’êtes pas fan de Blame! ou de Tsutomu Nihei, vous n’avez probablement aucun intérêt à acheter ce manga.

Si vous ne connaissez pas Blame!, d’une part, c’est dommage, d’autre part, c’est un manga si délicat à appréhender qu’il m’est impossible de vous en faire la réclame en quelques lignes. Blame! est l’un des mangas qui m’a le plus influencé, au même titre que Akira. Blame! est sûrement le summum du cyberpunk mystique, avec zéro dialogue, des architectures de ouf et des montres et combats hallucinants.

Bref. Blame Gakuen est une bizarrerie, un recueil de petites histoires qui se rattachent vaguement à Blame! ou à l’univers déjanté de son auteur. Gakuen est complètement barré et propose quelques histoires en propulsant les héros de la série originale (Killy et Shibo) dans un lycée et une ambiance moé (avec ce que ça implique comme humour raz de la petite culotte).

A côté de celles-ci, on trouvera des histoires complètes de science-fiction halluciné et un récit qui donnera une nouvelle vision de l’univers Blame!. C’est toujours aussi sombre et pessimiste, et c’est ce qu’on adore avec Nihei.

Le manga est tout en couleurs et comme j’adore l’auteur et son style si particulier, je ne peux que dire : « c’est beau !« . Après, j’ai tout à fait conscience que c’est particulier comme dessins…

Entre drôlerie et violence, Blame! Gakuen trouvera sûrement un public qui se connaît déjà. Les autres, je vous propose d’aller acheter le premier volume de Blame!

Repo Men est un film réalisé par Miguel Sapochnik, avec Jude Law (eXistenZ) et Forest Whitaker (Ghost Dog), sur un livre de Alex Garcia (The Repossession Mambo).

Dans un futur pas si loin que ça, The Union est une société qui propose à qui le souhaite l’opportunité de s’offrir un organe 100% artificiel (je vous laisse jeter un œil à l’affiche pour les prix). Si jamais, par un malheureux hasard de la vie, vous n’étiez pas capable de payer votre nouvel arteforg, un repo man de The Union (reconnaissable à leur tatouage sur le cou) viendra récupérer l’organe. Sans plus de formalité ni assistance médicale, dans votre salon ou votre bagnole, et vous laissant crever ensuite. Rémy est un repo man. Le meilleur même. Il fait joyeusement son boulot, en équipe avec son meilleur pote. Seulement voilà, Rémy a une famille et une envie de raccrocher pour passer plus de temps avec elle. Un dernier job et on en parle plus… Sauf que le dernier job tourne mal et que Rémy se retrouve malgré avec un cœur artificiel. Et, étrangement, le cœur a été livré avec une conscience : pétri de remords, Rémy ne peut plus faire son boulot comme avant. Pas de boulot, pas d’argent. Pas d’argent… Rémy va passer de l’autre côté de la barrière et être traqué par ses anciens collègues à qui il doit un cœur.

Honnêtement, Repo Men ne propose pas le scénario de l’année, remaniant la classique recette qui du chasseur devient chassé, mais si l’on sait regarder au delà de l’évidence, Repo Men est un bon film ! Un excellent petit film même, pile dans le genre que j’adore totalement par son mélange de science-fiction et de scènes d’action virile avec en sous-thèmes d’intéressantes questions et symbolismes.

Encore une fois, il s’agit d’un film qui a eu une distribution en France pourrave avec une sortie ciné intimiste et une distribution DVD massacrée malgré son casting de qualité. Il n’a pas été aidé par son flop aux USA… D’accord. Mais qu’à cela ne tienne, cet article va vous faire acheter le film.

Je disais que le scénario est somme toute classique, il réserve cependant son petit lot de rebondissements de derrière les fagots qu’on n’avait pas vu venir. Il a un côté film noir avec sa voix-off, un côté humour noir vraiment sympathique, un côté film d’anticipation un peu fauché sur les bords qui l’empêche d’avoir une débauche d’effets spéciaux. N’en ayant jamais particulièrement entendu parlé, j’avais un a priori négatif… comme tous les films qui traitent d’une façon ou d’une autre avec les scalpels et le trafic d’organes. Comme tous les préjugés sans fondement, c’était bien stupide car le film est vraiment cool et rafraîchissant. Les fameuses scènes avec les tripatouillages d’organes sont traitées avec cet humour noir susnommé qui fait que cela passe très bien. Le film est très clairement découpé en deux parties, avec deux ambiances très différentes pour symboliser les deux états d’esprits du protagoniste. Certains n’apprécieront pas la deuxième partie, je ne pourrais pas leur en vouloir, à moins de rentrer complètement dans le trip comme moi, elle pourrait apparaître comme plus faible.

Le scénario d’Alex Garcia brosse plusieurs thèmes propre au genre. Ceux de Never Let Me Go, de façon moins poétique. Mais aussi le côté humain/machine que ce soit avec le rôle de Beth ou la prise de conscience de Rémy (ça me rappelle aussi d’autres références, mais impossible de mettre le doigt dessus… anyone ?). Combien coûte la vie humaine, un tacle pour la société de consommation… La plupart des thèmes chers au cyberpunk, en fait… Il y a aussi d’intéressantes perspectives évoquées sur le fascisme en général avec des parallèles évidents entre les rafles SS et celles des Repo Men. Mais la dose d’humour noir derrière tout cela et les scènes d’action font agréablement passer les pilules « plusieurs degrés de lectures ». Je ne peux m’empêcher toutefois de souligner tout le côté sexuel de l’avant-dernière scène pour que ceux qui regarderont, la regardent avec cette idée en tête…

Tous les personnages ont le mérite d’avoir une très bonne caractérisation sur plusieurs niveaux, ce qui rend leurs interactions justes et réalistes. Certes le personnage de Rémy est très classique, mais la prestation de Jude Law est savoureuse (surtout dans les situations cyniques). Mais les personnages les plus intéressants restent ceux de Forest Whitaker en meilleur ami Repo Man jovial et pro-The Union et de Liev Shreiber en commercial uber efficace et sans âme. Le rôle de Beth est un peu plus cliché mais il fonctionne bien dans son côté « Super Jamie ». De toute façon, au regard du casting, il n’y a aucune raison d’être déçu !

Côté réalisation, on sent bien le manque de sous derrière avec des plans assez serrés dans la première partie, puis larges dans les ruines de la deuxième. C’est très propre en dépit de cela, à part deux ou trois scènes qui font intervenir trop de figurants et deviennent brouillon. Les scènes d’action sont filmées avec classe et raviront les amateurs de John Woo. Les esprits chagrin les trouveront grandguignolesques, toujours dans cette fameuse deuxième partie, les autres (surtout ceux dans le trip ou qui remettront cette deuxième partie en perspective après visionnage) les trouveront parfaitement dans le ton.

Repo Men me rappelle des films comme Minority Report, Equilibrium, Total Recal, des films comme Volte-face, des films de genre gores à petit budget comme Zombie. Pour apprécier Repo Men, il faut apprécier ces films. Il faut assez apprécier le second degré, la violence graphique, parfois le politiquement incorrect et le divertissement pop-corn. Repo Men est un film sous-estimé, dont on n’a pas assez entendu parlé, et c’est mon coup de cœur de la semaine !

Et vous, vous signez ?

Deus Ex: Human Revolution est un FPS/RPG sur PC (aussi sur 360 et PS3, mais ne blasphémons pas sur ce blog) produit par Eidos Montréal, sous l’égide de Square Enix. C’est accessoirement le troisième opus d’une série initiée par Deus Ex, mais en fait c’est une préquelle…

Adam Jensen est le chef de la Sécurité de la Sarif, une entreprise dont le fond de commerce sont les augmentations (une technologie qui permet d’améliorer l’humain). Un jour presque comme un autre, alors que Sarif est sur le point de faire une annonce publique qui va changer la face du monde, l’entreprise est victime d’une attaque terroriste. Adam n’arrive pas à la contrer, il est laissé pour mort et c’est tout une équipe scientifique qui est massacrée (celle qui devait faire la grande nouvelle, bien entendu). Six mois plus tard, en pleine convalescence après avoir été sauvé in extremis grâce à un package full-augmentations, Adam est appelé en urgence pour contrer une nouvelle attaque contre Sarif… C’est le début d’une quête pour la vérité.

Je n’attendais pas Deus Ex 3. J’avais fait le premier épisode, qui est vraiment culte à tout point de vue (histoire ou gameplay), et considérais qu’il était dans le panthéon des jeux insuitables (oui, je fais toujours des barbarismes si je veux). J’avais lu les critiques catastrophiques de Deus Ex 2 sur les différents sites de presse spécialisée, ce qui m’avait bien refroidi et confirmait mon sentiment. Alors en entendant l’annonce d’un nouvel opus, je me disais que, de toute façon, poursuivre la licence Deux Ex, c’était comme poursuivre la licence Blade Runner : du suicide. Fin de la discussion.

Et puis, il y a eu cette bande-annonce…

What. The. Duck…

En cinq minutes, Deux Ex 3 est passé du jeu dont je me fichais éperdument à celui du jeu que j’attendais le plus cette année ! En une bande-annonce ! Les deux mois qui ont précédé sa sortie ont été d’une insupportable longueur que The Witcher 2 a peiné à combler convenablement. De plus, la campagne marketing autour du jeu a été tellement bien faite (à base de faux piratage de faux sites, de mini court-métrages, etc.) que toute communication passive (bête annonce) ou agressive (bande-annonce) autour du jeu faisait monter une mayonnaise qui était déjà bien prise.

Indépendamment du fait qu’il est fait partie de l’univers Deus Ex, la bande-annonce possédait tous les ingrédients pour me faire craquer : science-fiction, cyberpunk, histoire qui a l’air riche et profonde, protagoniste charismatique, références à la mythologie, réalisation léchée et cinématographique, direction artistique dingue…

Mais analysons ça en détails Deus Ex: Human Revolution. Sinon, je vais me contenter d’un « si vous n’aimez pas, vous êtes des gros nazes » qui ne serait ni très constructif, ni très argumenté.

En premier lieu, c’est beau. Terriblement beau. Et ça ne tient pas au moteur graphique, qui – disons-le – est techniquement dépassé. Ce dernier n’est pas très dynamique (il suffit de tirer sur un verre posé sur une table pour le constater), les personnages ne peuvent pas supporter la comparaison avec un Heavy Rain MAIS cela n’a aucune importance. Mieux, on s’en fiche ! Et cela ne tient qu’à une seule chose : la direction artistique. C’est bien simple, le design enfonce de très loin n’importe quel jeu du moment, de l’année passée ou même des cinq dernières années. Preuve s’il en est que la course à la technologie n’est pas (et, de mon point de vue, n’a jamais été) la clé du succès pour un jeu. Jonathan Jacques-Belletête (Art Director) montre qu’avec un savant mélange science-fiction/art baroque/stylisation et beaucoup de jaune, on est capable de faire du magnifique sans céder à la mode désespérante du photoréalisme. Il parait qu’il faut 20 heures pour finir le jeu. C’est un mensonge ! Si vous êtes comme moi, vous vous arrêtez cinq minutes ici ou là pour tourner autour d’un fauteuil, pour regarder une lampe, pour admirer des affiches, des publicités…

Le jeu est beau. Objectivement et artistiquement beau. Premier point.

Bon, après, certes, le moteur subit ses propres limitations. Il est très bien optimisé pour pouvoir jouer (avec ma configuration) avec toutes les options au maximum, cependant tous les appartements ont tendance a se ressembler et l’uniformisation des ordinateurs, frigos, meubles, etc. donne un cachet encore plus déprimant sur l’uniformisation du monde en 2027. Les personnages sont aussi atteints de Parkinson dans certaines cut-scenes. Rien de dramatique.

Deus Ex 3 est un FPS, ce qui signifie qu’on va tuer des gens en vue subjective. C’est aussi un RPG, ce qui signifie que si on tue des gens, on gagne des points. Et plus on gagne des points, plus on va pouvoir améliorer les compétences de Jensen. Mais vous n’êtes pas obligés de tuer des gens, vous pouvez aussi leur parler, juste les assommer ou carrément les éviter en vous infiltrant. Quel que soit le choix de gameplay que vous ferez, il sera toujours gratifiant. Qui plus est, et c’est le game designer qui parle, ils sont tous intéressants et bien réalisés. Le système de couverture est cool (un peu moins dynamique que dans Mass Effect 2), le piratage des ordinateurs propose un mini-jeu bien fichu et parfois stressant (à la fin du jeu, cela reste somme toute trivial) et on se surprend à explorer partout pour récupérer un PDA qui donnerait le code d’ouverture d’un entrepôt perdu dans la ville pour récupérer 3 cartouches de revolver en plus. On retrouve donc l’essence du premier Deus Ex ; c’était un pari casse-gueule, il a été plus que réussi.

Pour le gameplay, je valide aussi.

Au niveau des augmentations de Jensen, je serais un peu plus réservé. Il est possible de faire beaucoup de choses suivant votre style de jeu. J’ai trouvé qu’il y avait trop de compétences pour le piratage, pas assez pour le social. Mais, ce qui m’a dérangé, c’est surtout l’accumulation des points Praxis (pour s’augmenter). Comme on me la fait pas, je sais qu’il ne faut pas dépenser tous ses points d’un coup et en garder pour le « au cas où » (« au cas où il y a un boss qui me fait bobo, je me mettrai des points d’armure », « au cas où il y a un ordinateur avec un piratage trop dur, je mettrai des points ici », etc.) ; j’ai donc toujours eu beaucoup de points « au cas où » qui ne me servaient pas parce que ce n’était pas mon style de jeu ou parce que je pouvais largement me débrouiller sans.

Conclusion : le jeu est facile. On pourrait arguer que je suis un vieux joueur, habitué aux jeux exigeants, particulièrement doué de ses doigts avec un clavier, etc. Ma modestie m’interdit de vous confirmer tout cela, mais par fierté, j’ai effectivement mis le jeu tout de suite sur le plus haut niveau de difficulté et je l’ai trouvé globalement facile. Pour sa défense, un profil de joueur habitué à bourrer dans le tas sans réfléchir va le trouver diablement dur ce jeu où deux balles suffisent à vous tuer. Il y a bien des moments où c’était tendu du slip (contre certains bosses pour peu qu’on n’ait pas pas de lance-grenades…, ou quand ce n’est pas la survie de Jensen qui est en jeu), mais globalement le challenge aurait pu être beaucoup plus corsé à mon goût.

Il faut bien évidemment blâmer l’intelligence artificielle qui, sans être crétine, montre souvent ses limites.

  • Exemple 1 : un garde m’aperçoit (déjà c’est pas mal, car on peut vraiment se rapprocher très près et ne pas être détecté), il va me chercher ; il ne me trouve pas, il abandonne. OK, admettons.
  • Exemple 2 : Je fais un headshot sur un garde ; j’ai mal calculé mon coup, un autre garde trouve le cadavre, il est alerté mais au bout d’un moment, il se dit que c’est sûrement finalement normal tout ce sang et retourne faire sa routine…
  • Exemple 3 : les gardes sont scriptés pour avoir une routine et patrouiller ; en toute logique, si un garde ne voit pas un autre garde (headshoté, de fait) au moment où c’était prévu depuis 4 heures qu’ils sont en train d’user leurs semelles sur le même parcours, croyez-vous qu’il sortirait de sa routine pour au moins se demander ce qui se passe ? Non…

En y repensant, le boss de fin était un peu une blague…

Si le jeu est facile (encore une fois, à mon goût), il propose une très longue aventure (d’autant plus si vous lisez tous les e-mails, faites toutes les quêtes annexes, restez en béatitude devant une poubelle parce que vous trouvez son design sympa…). Une aventure longue et prenante. Je me suis parfois couché des heures indécentes juste pour finir une quête, juste pour trouver un entrepôt perdu, ou juste pour avoir la réponse à « et maintenant ? ». Et maintenant, qu’est-ce qu’il se passe ?

Je ne vais pas vous dévoiler l’histoire mais elle va vous trimballer dans des villes futuristes à la recherche d’indices sur les vilains qui ont décidé de pourrir la Sarif. Elle nous trimballe avec un rythme très bien pensé qui nous pousse, encore et encore, à aller plus loin dans l’investigation et obtenir des indices. L’intrigue mêle complots, morales sur les technologies, ambitions personnelles, problèmes de société et ravira pleinement les amateurs de récit de science-fiction.

Par contre, scénariste oblige, je suis obligé de mentionner certaines faiblesses (toujours sans spoiler).

  • La clé du succès, c’est souvent un antagoniste fort et charismatique (Saren, Sephiroth, Roy Batty, et j’en passe). Dans Deus Ex 3, il n’y a pas proprement parler de gros vilains qu’on poursuit, on suit « juste » des pistes d’un méchant très nébuleux. C’est fort dommage.
  • Qu’est-ce que l’humain ? Sans aller à sortir une copie de philosophie, ça aurait gagner à être approfondi de façon à ce que le joueur se pose parfois certaines questions morales. Pourtant, cette question est au cœur du jeu. Adam Jensen a été augmenté contre sa volonté. Si dans la vidéo plus haut dans l’article, il paraît aigri par la chose, c’est transparent dans le jeu. Alors, ce n’est pas facile mais il y avait des moyens de donner des vraies interrogations sur le personnage. Sur une combo scénariste+game designer, j’aurais proposé un système « humanité vs augmentations » où le joueur qui se refuse à utiliser des points de Praxis les gagne en point d’humanité et développe d’autres compétences (en social par exemple).
  • Les motivations de Jensen sont un peu floues. Certes on ne peut pas tout faire dans un jeu, certes Adam a un emploi du temps de ministre mais j’aurais apprécié qu’il se pose, qu’on me donne des clés pour le décrypter ou pour orienter ma façon d’appréhender le personnage. J’ai cité le sa dualité homme/machine à l’instant, mais j’aurais aimé pouvoir agir sur sa relation amoureuse (comment je me place vis-à-vis de la disparition de sa chérie ?), ses relations personnelles (si je bute du monde en pagaille et qu’on commence à me surnommer « le boucher », comment pourrais-je réagir ?), ses relations professionnelles (pourrais-je juste envoyer paître mon boss parce que je ne suis pas d’accord ?), etc.
  • La fin implique une décision. Ça reste une décision bidon sans impact, ouverte par l’accomplissement de quêtes secondaires dans le dernier niveau. Mais une vraie décision tout de même puisque c’est Jensen qui la prend (et non pas un PNJ qui lui dit qu’il est temps de faire ci ou ça). Et bien, j’ai mis du temps pour prendre cette décision :
  1. Parce que, comme je viens de le dire, mon niveau de réflexion en tant que joueur n’a pas été suffisamment sollicité durant le jeu,
  2. Parce que c’était limite de me proposer des choix uniquement sur 2 quêtes secondaires à la fin et non pas une série de quêtes secondaires tout au long du jeu…

Ceci étant dit, ce n’est que le reflet de mes goûts personnels qui – pour ceux qui n’auraient pas déjà lu mes chroniques jeu vidéo – sont très exigeants. Surtout en matière d’histoire. Mais pour rassurer ceux qui me trouveraient un peu esprit-chagrin, le fait de connaître les rouages de la narration me permet comprendre assez tôt, compte tenu des données que le joueur reçoit (je n’ai pas la science infuse en regardant la jaquette du jeu, sinon, pensez bien que je jouerai au loto), quels vont être les moments-clés du scénario et les rebondissements classiques/attendus de l’histoire (classique/attendu n’est pas forcément négatif, mais je ne vais pas entrer dans les détails maintenant). J’ai tout de même été surpris deux-trois fois avec des révélations auxquelles je ne m’attendais pas. De toute façon, comme je disais, l’intrigue ravira les amateurs de science-fiction.

Pour conclure, on citera que le jeu existe en plusieurs versions (classique, augmentée, collector) qui offrent plus ou moins d’avantages et de bonus suivant l’argent investi. Augmentée est un excellent compromis, notamment pour le documentaire making-of, la musique…

Je n’ai pas parlé du son. Steam propose de changer les voix via un petit système détourné (ouais, de la bidouille quoi…). Je profite une nouvelle fois de l’occasion que je m’offre à moi-même pour râler et supplier les développeurs de proposer par défaut le choix de la langue et pour les voix et pour les textes, dans les options et indépendamment l’un et l’autre ! J’ai à peine écouté les voix VF, de toute façon, il est de notoriété publique que je préfère les intonations anglaises, surtout pour ce type de jeu ou de personnages. En plus, j’adore les voix anglaises de Adam et Eliza. Le design sonore et les musiques sont à la hauteur du design graphique, ce qui n’est pas peu dire ! En plus, le Lead Audio Designer porte des T-shirts estampillés KISS, preuve que c’est aussi un homme de goût et qu’il mérite mon respect.

Bien évidemment, le jeu est à peine sorti qu’on vous propose déjà un DLC… Vous connaissez ma politique sur ces choses. J’attends plus d’annonces à son sujet, histoire de ne pas passer pour un aigri complet.

Pour conclure, je pense que la longueur de cet article se suffit à lui-même pour dire à quel point j’ai apprécié Deus Ex Human Revolution ! Impressionant, beau, riche, jouissif… Je n’avais pas autant pris mon pied sur un jeu depuis Mass Effect premier du nom ; c’est dire si ça remonte ! Deus Ex 3 a été fait par des gens qui avaient un investissement sincère pour leur jeu et qui ont la même passion du jeu que moi (m’incitant à postuler chez Eidos Montréal, accessoirement). Et ce genre de passion transpire littéralement sur un produit fini de très, très, très haute qualité à tous points de vue ! L’année n’est certes pas encore finie, je n’ai certes pas fait tous les jeux sortis, mais si un jeu devait recevoir la mention « Jeux de l’année », ce devrait être Deux Ex Human Revolution, 10 ans après l’original.