Articles Tagués ‘Ecole’

Une des premières choses qu’on me demande depuis que je suis arrivé en Norvège, c’est de savoir si j’ai commencé à apprendre la langue, à quoi ça ressemble et si c’est dur.

La réponse est oui. J’ai mis un peu de temps à m’y mettre, le temps de m’installer, de voir ce que je pouvais faire, à quel prix… Il se trouve en fait qu’il y a une école juste à côté du boulot, donc plus que des considérations pécuniaires, c’est surtout le côté pratique qui m’a poussé à aller chez Alfaskolen en particulier. J’ai donc commencé en Mai dernier à apprendre la langue des locaux.

En toute honnêteté, apprendre la langue n’est pas obligatoire et entraîne des investissements en temps et en argent bien dispensables parce que tous les Norvégiens parlent anglais. Tous ! Il est donc vraiment facile de communiquer avec les autochtones, même si ces derniers commencent systématiquement par vous adresser la parole en Norvégien. Ca me fascine réellement de voir que tout est capable de parler en Anglais, allez faire l’essai à Paris qu’on se marre un coup !

En revanche, s’il est possible de faire la feignasse (j’ai un collègue américain ici depuis 8 ans qui commence seulement à apprendre…), ça devient assez vite fatiguant de vivre dans un environnement où vous pigez que dalle à ce qui se raconte. De plus, je suis assez partisan de l’effort d’intégration : la Norvège est un pays que j’adore, dans lequel j’ai envie de rester, il me semble donc naturel de me sortir les doigts du fondement pour apprendre à communiquer. A noter que nombre de papiers officiels, notamment des permis de travail permanent, des permis de séjour permanent, etc. requièrent de passer un examen pour attester que vous n’êtes pas des quiches en norvégien afin d’être validés. Et puis, je fais parti de ces gens qui apprécient apprendre des langues (ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille quand j’étais plus intéressé par l’Anglais en prépa-math et par le Japonais en école d’ingé), c’est le genre de masturbation intellectuelle qui me plaît.

Comme n’importe quel apprentissage de langue une fois que vous êtes sortis du cadre scolaire, votre progression est découpés en niveau : A1, A2, B1, B2, B3, C1, etc. Plus vous grimpez dans les niveaux, plus on rajoute des couches de complexité. Les fameux examens sus-nommés nécessitent au moins du B2 si ma mémoire est bonne. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai achevé A2. Ce qui me permet de baragouiner des trucs basiques comme commander un billet de train. Sauf qu’on commande les billets de train avec des bornes automatiques… Mais là n’est pas la question !

Je fais deux fois deux heures par semaine, sans compter les exercices à faire à la maison. L’école propose également des sessions par semestre pour avoir plus de jours par semaine. Vous apprendrez la même chose, mais sur un rythme moins intense sur une durée équivalent et pour un peu moins cher. Je paye entre 350 et 450€ chaque session de 5 à 6 semaines. C’est une école privée, donc assez chère. Après, et malheureusement, les tests que l’on passe ici ne sont pas des pré-requis pour passer au niveau supérieur, ce qui peut impliquer des gens qui n’ont pas nécessairement le niveau pour vous accompagner.

Autre point noir, je trouve certains groupes trop nombreux (>10) pour être réellement efficaces, en dépit des petits jeux de rôle pour nous faire parler.

Alors, la question qui tue : est-ce que c’est dur ?

Et bien, c’est moins dur que le Japonais, pour sûr. Et c’est moins dur pour moi que ça peut l’être pour des Indiens par exemple. En fait, si vous vous débrouillez en anglais et grâce à votre connaissance de la grammaire française, vous vous en sortirez par effet d’analogies. Après, cela dépendra essentiellement de votre faculté d’adaptation et de votre motivation.

Finalement, la prononciation des lettres norvégiennes n’est pas si éloignée du français, comparée aux diphtongues de l’Anglais qui nécessitent une patate chaude dans la bouche pour être proches du correct. Un u se dit « u », un o « ou », un a « a », un e « é/è »… Après, il y a des sonorités pas faciles à appréhender, comme le i et le y. Techniquement, les deux ont même son « i » ; le premier nécessite de le faire avec le sourire, le deuxième avec les lèvres en avant… Une subtilité qui échappe à mon oreille pas musicale pour deux sous. On vire aussi les trucs un peu inutiles genre « -que », les sons de ce type étant remplacés par des k. Les trois lettres exotiques sont å, ø et æ, respectivement prononcées « o », « eu » et « a », mais pas le même « a » que le a…

Après, les profs ont tendance à dire que vous prononcez ce que vous voyez, a contrario du français qui rajoute des trucs qui se disent pas. Les fameux « -que », x et s des pluriels, « -eau » et j’en passe. Ceci étant, plus vous avancez, plus vous constatez que c’est un peu la poêle qui se moque du chaudron, le norvégien ayant lui aussi tendance à ne pas prononcer certains d, certains g ou à changer la prononciation de k en « gue »…. Par exemple, le « fjord » que j’utilise pour titrer cette série d’articles se prononce « fiorde » à la française ; à la norvégienne (donc techniquement la vraie prononciation parce que des fjords, on n’en trouve qu’en Norvège) ça se prononce « fiour »…

Bref, tout ça pour dire que oui, j’apprends le norvégien et que non, ce n’est pas hyper compliqué. Et puis en fonction des professeurs on fait des trucs marrants et on reçoit des Kinder si on travaille bien…

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Les Mystères de l’Amour est toujours une série créée, produite et écrite par Jean-Luc Azoulay (a.k.a Jean-François Porry) toujours avec les acteurs habituels qu’on a toujours l’habitude de voir dans les séries estampillées Jean-Luc Azoulay (Hélène Rollès, Patrick Puydebat, Isabelle Bouysse, Sébastien Roch et j’en passe toujours environ une demi-douzaine…). Oui, je fais toujours les mêmes introductions pour cette série si je veux.

Il faut bien le clap de  fin d’une saison des Mystères de l’Amour pour sortir ce blog de sa léthargie et relancer la machine avec le désormais habituel debrief. A noter que j’ai tout de même hésité à le faire : rien qu’en listant les tags de l’article, je savais que j’aillais faire du copier-coller de choses que je répète de saison en saison, inlassablement, tel Sisyphe avec son rocher, avec l’espoir vain que quelqu’un m’entendra crier. Mais visiblement, dans le 78, c’est comme dans l’espace…

Car les épisodes passent et le spectateur aboie. J’avais laissé sous-entendre dans l’article précédent que la saison 5 était qualitativement meilleure que les autres… Disons qu’elle surnageait au-dessus de la médiocrité des autres et qu’avec un minimum d’application elle aurait pu être très agréable à regarder. Cette saison s’étant conclue sur la « mort » d’Audrey, on était en droit d’attendre une saison 6 qui naviguerait dans les mêmes eaux dramatiques que la précédente. Et bien non. Je vais même sauter directement à la conclusion : la saison 6 est nulle. Pas aussi nulle que la saison 2, hein. Mais nulle quand même.

Oh ? Ca m’étonne. J’y suis même pas dans cette saison…

Pourquoi donc ? Parce qu’elle est inintéressante. Sur une saison de 26 épisodes, l’équivalent en durée de 14 sont à jeter à la poubelle faute d’apporter quoi que ce soit à la série ou aux personnages. Je ne comprends pas pourquoi JLA s’obstine à faire des saisons calibrées sur 26 épisodes puisque :

  1. Il n’y a pas d’arc narratif cohérent qui tienne sur l’intégralité de la saison
  2. Rien, y a pas de 2. Quand on définit une saison, on définit des enjeux pour des personnages pour les entraîner vers une nouvelle étape, en veillant à conserver une certaine unité de personnages, de temps, de lieu et/ou de noeuds narratifs.

Si je prends la saison écoulée, qu’avons-nous eu ?

  • La mort de José, dont on n’apprend qu’il n’est pas mort AVANT l’épisode 26
  • Le retour « miraculeux » d’Audrey, qui traîne en longueur de façon proprement insupportable (et complètement artificielle) et qui ne correspond même pas à la fin de saison
  • La création du disque de Fanny qui était en cours au début et qui est encore en cours à la fin
  • Le parcours personnel de Nicolas qui n’a aucune logique puisqu’il entre le début et la fin, il est au même point
  • Les déboires judiciaires de Peter qui débutent après l’épisode 1 pour se conclure avant l’épisode 26
  • Je ne vais même pas citer leur restaurant qui se résume à une vaste blague…

En gros, il n’y a aucune cohérence narrative pour aucune des trames dans le cadre d’une saison complète. Prise indépendamment les unes des autres, les idées ne sont pas forcément idiotes, au contraire. Surtout le complot initial autour de Peter qui était – de loin – ce qui tenait le plus la route. Mais comme c’est noyé au milieu de sous-intrigues toutes plus anti-climatiques les unes que les autres, elles n’a finalement qu’une portée limitée.

Sauf pour moi ! Je suis devenue PDG alors que j’ai aucune compétence pour diriger une holding à plusieurs milliards de dollars !

C’est sûrement un détail, mais ne pensez-vous pas qu’il aurait été plus logique d’avoir une saison de 12 épisodes dont l’enjeu était la Watson Corp victime d’une OPA ? Puis une autre saison dont l’enjeu était la recherche d’Audrey et le jeu du chat et de la souris avec Ingrid ? Deux blocks qui font sens en tant que saison, avec le drame resserré sur une durée plus courte et dans lesquels le spectateur pourrait plus facilement s’investir émotionnellement ? Le tout n’empêchant pas des sous intrigues d’importance moindre comme Laly et ses doutes pour Antonio, la mort factice de José, le disque de Fanny… (on aurait aussi pu avoir une saison de 12 épisodes avec tout ça, mais bon…)

Je pose les questions, vous êtes libres d’exprimer votre avis dans les commentaires.

Je m’attaque encore une fois à l’écriture de Jean-François Porry. C’est triste, mais le scénario est le nerf de la guerre. S’il ne tient pas de debout, le spectateur finit par regarder la série par habitude, non par intérêt, et par passer plus de temps sur Twitter à lire les commentaires en direct plutôt qu’à s’intéresser au sort des personnages. Je reconnais les impératifs de production propres à la méthode JLA, qui torchent les mises en boite d’épisodes afin d’avoir du matériel d’avance pour les diffusions TMC. Mais, écrire les scénarios entre la poire et le fromage, en accumulant les scènes d’une vacuité sans fond pour remplir les bobines nuit d’une part à la qualité de la série et d’autre part à la reconnaissance du métier de scénariste et à l’importance de son travail.

Si vous suivez un peu l’actualité cinéma dans notre hexagone, vous n’êtes pas sans savoir que le salaire des acteurs représente une part non négligeable du budget, laissant de moins en moins de place à la valorisation des métiers de l’ombre. En bas de l’échelle de reconnaissance se trouve le scénariste, forcé d’accepter des royalties de misère et des conditions de travail pourraves sous le prétexte que 1. « n’importe qui peut écrire une histoire » et 2. « l’histoire qu’il écrit doit être calibrée pour vendre ». Sous entendu, si le scénariste n’écrit pas (ou pire ne ré-écrit pas) pas selon les directives de la chaîne ou du producteur, il n’a qu’à aller voir ailleurs. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, je ne pense pas secouer le cocotier en disant que la fiction française (surtout à la télé) est d’une pauvreté sans nom, sans imagination (vive les copiés-collés) et dénigrée par le consommateur. Les choses semblent vaguement bouger quand on lit ci et là « il faut remettre le scénario au cœur des processus créatifs et financiers », mais vous pourriez gueuler dans le cul d’un poney que vous auriez la même avancée.

Pour compenser la véhémence de mes propos, je vous offre une image de petits chats

Et à mon avis, la pauvreté des scénarios des Mystères de l’Amour contribue à entretenir l’idée que le spectateur se fout de l’histoire pourvu qu’il voit des acteurs qu’il aime bien (que ce soit la nostalgie pour Hélène Rollès ou pour voir les grandes oreilles de Dany Boon). Le producteur (et pour le coup, un bon) JLA se faisant mauvais scénariste JFP pour des besoins de coûts de production ou pour son plaisir personnel entretient une télévision malheureusement poubelle où le consommateur n’a plus vraiment le choix des déchets qu’il souhaite manger (fictions bas de gamme, télé-réalité affligeantes, documentaires alarmistes…) sinon se tourner – souvent illégalement – vers ceux qui savent créer des shows fictionnels de qualité : les américains, les anglais les danois et les suédois ! Oui, parce que le Danemark produit de la série dramatique qui défonce, pas forcément avec des budgets plus élevés mais avec une part allouée aux scénarios plus juste.

Et si on regarde les scènes de la série de Nicolas, il faut bien admettre que toutes ou presque sont navrantes de facilité :

  1. Les scènes en bagnoles coûtent moins chères à produire mais sont particulièrement ennuyeuses et redondantes
  2. Je maudis les téléphones portables : dans quasiment une scène sur deux, les personnages se parlent par téléphones interposés. C’est bien pratique, sauf qu’ils répètent au téléphone ce que le spectateur sait déjà et puis cela renforce l’impression d’une série sans enjeux puisque les personnages ne sont même pas là pour partager des émotions dans la même pièce. (Et c’est particulièrement paradoxal quand on sait qu’ils vivent tous ensemble !)
  3. Toutes les filles (à l’exception notable d’Hélène qui ne s’accomplit plus qu’à travers Peter) passent leur journée le cul vissé sur une chaise. Si c’est pas un fauteuil du salon, c’est une chaise de la cuisine. Sauf pour aller voir Tom et aller à l’école, je ne suis pas certain d’avoir vu Bénédicte faire autre chose que se plaindre sans rien faire, engluée dans sa baraque.

Avant même d’aborder les personnages, leurs mises en situation contribuent à les enfoncer dans une routine sans intérêt, accumulant des lignes de dialogues minables pour le plaisir de combler le vide angoissant d’un habitacle d’Audi. On ne va plus chercher le pain, on va à l’école… Le propre d’une fiction reste de vous sortir un peu du quotidien, dans cette saison hormis une poignée de personnages, tous s’y enfoncent avec délectation (même pour faire un truc cool, comme un album de musique).

Chaque scénariste choisit la méthode qu’il souhaite pour concrétiser une scène. Loin de dire que celle que j’utilise pour mes romans (Sol Sunburst, disponible sur Kobo et Amazon) (c’est mon blog, je me fais de la pub si je veux !) (d’ailleurs, j’ajoute Le Tabouret gratuit dans le tas aussi tiens) est la meilleure, mais elle a le mérite d’être proche de celle de John August (The Nines, Big Fish), scénariste reconnu au pays de l’Oncle Sam. Imaginez maintenant un épisode écrit suivant sa méthode:

Source: Scénario Buzz

Pour les moins anglophones d’entre vous, voici les grands points:

  1. Qu’est-ce qui doit nécessairement se produire dans cette scène?
  2. Qu’est-ce qui arriverait de pire si cette scène était supprimée?
  3. Quels personnages ont besoin de figurer dans cette scène?
  4. Où cette scène pourrait-elle se dérouler?
  5. Quelle est la chose la plus surprenante qui pourrait se dérouler au cours de cette scène?
  6. Est-ce que c’est une longue scène ou une scène brève?
  7. Trouvez trois façons différentes de la faire débuter.
  8. Visualiser-la à l’écran.
  9. Ecrivez une simple ébauche de la scène.
  10. Ecrivez la scène in extenso.
  11. Recommencez 200 fois.

Rien que les points 1, 2, 3 et 5 écrémeraient la majorité des scènes sans intérêt qui jalonnent tous les épisodes. A ce niveau de ma plaidoirie, je ne peux que supplier Jean-Luc Azoulay de prendre un scénariste pour l’épauler dans l’écriture de sa série. J’en profite également pour lui rappeler que je suis disponible. (c’est mon blog, je me fais ma pub si je veux !).

Le seul épisode réellement digne d’intérêt se révèle être le dernier, certes à cause du cliffhanger, mais surtout parce que faute d’intrigues à démêler sinon celles pour préparer la suite, le rythme tend à être plus efficace. Sans être mauvaise langue, la saison aurait été calibrée sur 27 épisodes, le 26 aurait sûrement été insipide et le 27 condensé…

En règle générale, j’enchaîne mes articles en analysant chaque personnage les uns après les autres pour montrer qu’ils n’évoluent pas, aussi bien les uns que les autres. Comme il est fort probable que ceux qui s’intéresseront à cette chronique auront déjà vu la série, j’ai décidé de changer et de faire un top 10 des événements les plus CLDS/improbables/décevants qu’il nous ait été donné de voir au cours des mois passés.

  • Ingrid enceinte. En soi, pourquoi pas. Hormis le fait que ça met Nicolas dans une position inconfortable (encore !) et qu’il serait bon pour le personnage qu’elle se sente plus en danger vis-à-vis de sa double-vie, il m’est difficile d’accueillir la nouvelle sans arquer le sourcil. Premièrement, on sait tous comment finissent les grossesses dans cette série. Donc à moins que Carole Dechantre ne soit elle-même enceinte, on peut estimer qu’une nouvelle fausse couche se prépare ou qu’il ne s’agisse que d’une n-ième manipulation du personnage. Je peux me tromper, mais l’annonce fait également l’effet de manche de fin de saison afin d’appâter le chaland pour le 31 août. On ne me fera pas croire que c’était pas l’idée de dernière minute. Pour me convaincre, il aurait fallu me montrer le personnage en proie à des nausées dans les épisodes précédents (et c’était pas dur de faire passer la pilule et de brouiller les pistes grâce à un mal des transports après son vol pour Caracas…) !
  • Le double épisode comique façon OVNI. Déjà pour mettre un OVNI dans la scène d’intro… Ensuite parce que la résolution catapultée en 2 minutes montre en main prouve les problèmes de rythme et d’écriture et se révèle être le plus incroyable bordel qu’on ait pu voir dans cette série. De tous les CDLS, celui remporte l’oscar très haut la main. A côté de ça, on se surprend à accepter le rip-off de Pretty Woman avec un soupir et à ne même plus relever la vulgarité ambiante dès lors que JFP parle de sexe.
  • Le complot autour de Peter. Ou comment les bonnes idées sont sacrifiées sur l’autel du laxisme. On avait les bons ingrédients : Jean-Paul, le commanditaire secret, la médiatisation, l’impact sur la holding, la journaliste sans foi, etc. Et c’est gâché par le quotidien routinier de leur tribu. Où est la perquisition de la police ? Où sont les interrogatoires des inspecteurs ? Où est Peter ? La seule qui s’en sorte très honorablement, c’est Hélène en miraculeuse patronne qui se met à faire de la diffamation en public. Ressortir le baron de machin-chose et son sourire niais pouvait marcher, mais il aurait fallu une caractérisation plus agressive et égoïste, plus proche d’Ingrid quoi. Ca faisait partie des intrigues les plus palpitantes de la saison, mais sa résolution et ses conséquences n’ont pas été à la hauteur de mes attentes. Rien que de faire perdre à la Holding un bout de son patrimoine aurait augmenté la tension. Voir Peter en prison aussi. Là, rien. Même pas un frissonnement d’inquiétude à l’égard des personnages.

Peter, je suis ton père.

  • La révélation de Jean-Paul. In-com-pré-hen-si-ble. Elle n’a aucun sens. En soi, Jean-Paul pourrait être le père de Peter. Après tout pourquoi pas : on ne connaît pas la mère de Peter, mais on sait que JP est un queutard comme un autre dans cette série. Là où ce n’est pas crédible, c’est quand on remet en perspective la révélation dans les événements de la série entière : JP qui couche avec la soeur de Peter, JP qui envoie son fils en prison, JP qui cherche à ruiner son fils, JP qui couche avec la femme de son fils (Audrey, et oui). On a beau être un sale enfoiré, on a beau ne pas être le père idéal, mais là, c’est carrément abusé ! Au final, on accueille la nouvelle sans surprise (au contraire de Star Wars…). Le pire reste une justification moisie au comportement de Jean-Paul : « tu comprends, c’est à cause d’une femme… » NON. Non, non et non ! Faire des trucs débiles par amour, c’est le truc d’Ingrid ! Arrêtez d’avoir la même justification pourrie ! Si Jean-Paul avait sorti son insatiable soif de pouvoir comme excuse, c’était à la limite plausible, acceptable et raccord avec une pathologie psychologique. Anakin Skywalker n’a pas basculé vers le côté obscur à cause de son amour pour Padmé, c’est sa propre faiblesse à protéger les autres et les moyens faciles qu’offraient un régime totalitaire pour assouvir sa fin qui l’y ont poussé…
  • La mort de José. Il est de notoriété publique que JLA est proche de ses acteurs et concilie volontiers à s’adapter à leurs besoins/envies. L’envie de Philippe Vasseur était de prendre un peu de distance avec le show pour s’oxygéner, notamment grâce à ses nouvelles activités théâtrales. Comme il était marié et bien coincé dans sa maison du bonheur, il fallait trouver une pirouette cacahouète pour emmener José loin. Heureusement, les infidélités (enfin, surtout sa faiblesse) de Bénédicte lui offrent l’opportunité d’une crise de nerfs débile (je doute qu’on jette ses papiers par la fenêtre comme ça sous le coup de la colère, mais pourquoi pas) et un accident dramatique. En soi, la fausse mort de José n’est pas dérangeante, elle est même plutôt rigolote quoique incroyablement égoïste et surdimensionnée de la part du mec qui couche avec le premier cul venu mais refuse que sa femme fasse de même. Là où elle fut mal traitée, c’est sur son impact. Nicolas est plus effondré que Bénédicte certes, mais surtout on passe trop vite à l’option « la vie continue ».  Certes, personne n’y croyait à cette mort, mais plutôt que de faire un plan pathos avec la caméra qui monte vers le ciel, combien auraient préféré voir une scène au cimetière avec la bande réunie autour d’une tombe ? Le deuil est une chose incroyablement complexe passant par plusieurs étapes intéressantes en terme de drame ; bien sûr, la série passe outre pour laisser toute latitude à Jimmy de faire le rapace. De plus, dans mon scénario où on va dans le détail des répercussions de sa disparition, au moment où le public aurait autant persuadé que Nicolas que José était mort, là on secouait leurs certitudes d’un cliff de fin de saison avec une photo de José prise à l’aéroport… Bref, bonne idée, mauvaise exécution.

« Et moi, je peux être dans ton classement ? »

Non, toi, tu sers à rien sinon attirer l’audimat 15-25 ans.

  • L’album de Fanny. Ca va faire deux saisons qu’on se tape les mêmes bandes-son en boucle. Tout le monde se fiche de cette intrigue. Alors pour la relancer, on sort le fils de Thomas Fava en producteur de musique véreux qui volent les chansons. Parce que, oui, la musique, c’est juste un gros business d’enfoirés ! Et quand on apprend que leur musique « Fidélité » s’est faite pirater pour être mise sur le net, je suis désolé de le dire, mais le spectateur s’en branle. Pire, il montre du doigt cette bande de professionnels composée de pas moins de 5 cerveaux différents en hurlant qu’ils ne sont que des blaireaux pour n’être allés protéger leur travail à la SACEM ou tout autre organisme de gestion de droits.
  • Le retour d’Audrey. J’avais espoir que sa mort serait définitive. Espoir qui tenait plus du voeu pieu qu’autre chose. On a donc retrouver Audrey amnésique dans un hôpital à Caracas. Amnésique… Deux balles dans le dos, des truands qui ne prennent pas le temps de faire 15 mètres pour achever le travail et elle finit amnésique… Je suis démuni, franchement. Dans une histoire un peu ficelée, les truands n’auraient pas été en mousse et lui aurait logé une balle dans la tête (justifiant le fait qu’ils n’aillent pas finir le travail), une mare de sang se serait répandu dans le parking et ensuite – par miracle – Audrey serait toujours en vie mais amnésique à juste titre. Un artifice facile mais nettement plus probable. Il suffit de lire la BD XIII pour avoir un exemple explicatif de ce genre de cas plausibles… Là, c’est du bon CDLS des familles cette amnésie !
  • Le retour d’Audrey bis. Ou plus exactement, la traque d’Ingrid. C’était à la fois pitoyable (Nicolas), navrant (Sidonie) et mou (24 épisodes). JFP a bien essayé de se la jouer Spy vs Spy avec le duel à distance Ingrid/Jeanne (vive le téléphone, encore une fois) et en ajoutant des indics et la pauvre Mylène, mais c’était sans espoir. Honnêtement, je ne sais pas trop ce qu’il aurait fallu pour sauver cet intrigue sinon investir plus Nicolas, investir moins Jeanne, virer Mylène, se débarrasser de Sidonie, mettre Ingrid en danger, éviter de faire croire que le service de protection des témoins laisse une amnésique dans la nature, raccourcir son retour…
  • La nuisette Léopard d’Ingrid. Ou comment ce personnage finit par perdre tout crédibilité et le peu de respect qu’il m’inspirait. Prenez le personnage dans l’ensemble de la série, depuis son rôle de mère macquerelle jusqu’à sa double tentative d’assassinat sur Audrey au milieu desquels se trouvent un petit suicide raté et sa rédemption en dénonçant Jean-Paul (pour ensuite comploter de nouveau avec lui). Je suis à cours d’explications pour justifier les retournements de veste du personnage. Elle ne fait même pas de politique ! J’en suis venu à la conclusion qu’Emilie souffre d’une schizophrénie à tendance paranoïaque et sociopathe avec dédoublement de la personnalité. Je ne vois rien d’autres qui puissent justifier son comportement. Ses scènes avec Mylène sont vulgaires  et sans intérêt… enfin, disons plutôt qu’à chaque fois que JFP insiste sur le caractère sexuel d’Ingrid, c’est ultra-vulgaire avec ou sans Mylène. Son côté génie du mal est finalement tourné en ridicule parce qu’on n’arrive plus à s’attacher émotionnellement au personnage (et parce qu’elle est entourée d’une belle bande de bras cassés). Bref, je ne vais pas faire la liste des contradictions du personnage, ce serait trop long, mais il est temps de passer à autre chose niveau antagoniste.
  • Nicolas.

« Quoi ? Tu détailles même pas mon cas ? »

Non, ça sert plus à rien.

« Cool, je suis pas dans le top 10 ! Vous avez vu Madame ? »

Non, toi, t’es hors compétition…

Il faudrait ajouter le fait que le personnage de Laly devient complètement amorale (sexuellement parlant) sous le couvert d’être un ressort comique. Olga, autre ressort comique, ne sert à rien sinon parler de fromages (et tirer les cartes, à défaut d’autres choses). Jimmy qui ne sert que de co-pilote à Nico pour envoyer les gosses à l’école tout en dansant sur les cendres de José pour serrer Bénédicte. Cette dernière qui, après un bref moment de tristesse, se la joue veuve joyeuse en faisant péter les petites robes à décolleté pour essuyer des verres en prétextant que son restaurant va ré-ouvrir (sérieusement, j’en viens presque à espérer le retour de Frank pour elle…). Heureusement que j’ai dit que je faisais qu’un top 10 !

Parmi les autres trucs improbables de la série, je me dois de mentionner le décomplexe de la relation Laly-Fanny qui s’échangent des plans érotiques dans une ambiance assez malsaine.

« Je vais m’envoyer en l’air avec ton père pendant ton petit déj’ ! On va baiser comme des furieux et je vais même le fouetter. »

Réaction de Fanny dans la série :  » Hihihi ! Christian aime bien m’arracher la culotte avec les dents, demande à mon père de faire pareil ! »

Réaction de n’importe quel enfant dans la vraie vie : « LALALALALALALAJ’ENTENDSRIENLALALALALALAA »

Même si Léa est insupportable, il faut bien avouer que son trio (quatuor avec Laura) avec les autres gosses n’est pas dénué d’intérêt. Je me surprends à les espérer tous dans le même lycée et à avoir des aventures qui leur sont propres en marge (mais connectées) de ce qui arriveraient à leurs parents. Encore faudrait-il qu’ils apparaissent pour autre chose qu’être amenés à l’école le matin…

L’introduction de Marie apporta un bref vent de fraîcheur, jusqu’à ce qu’elle finisse cataloguée « grosse chaudasse hormonale », comme à peu près 82% des femmes dans cette série. C’est une pierre de plus au harem de Nicolas, qui devrait sérieusement apprendre à dire « non » ou « merde » à certaines et à se poser pour réfléchir à l’essentiel (commence donc par reconnaître ton fils d’ailleurs !).

Je voulais mettre un commentaire amusant, mais les voir encore en bagnole me déprime…

T’aurais pu dire que c’est des gros faux-culs qui se sont toujours enorgueillis de dire « on n’appelle pas la police » et dès qu’une fliquette arrive dans la bande, le commissariat de Plaisir croule sous le boulot…

Il y aurait tant et tant à dire, mais j’ai une vie et un roman sur le feu. Songeons à conclure ! Cette saison 6 fut des plus ennuyantes, ce qui justifie amplement mon « nulle » de début d’article. Beaucoup de bonnes idées mal exploitées entachent sérieusement la qualité de la série. L’un des rares soulagement que l’on puisse tirer de cette saison est qu’elle marque enfin une rupture avec ce qui s’est fait avant. On est en droit d’espérer une saison 7 avec quelques cartes redistribuées, notamment de par la disparition de la Villa Bonheur suite à la « maladresse » de Peter. Maison qu’il aurait fallu brûler depuis le départ au lieu de nous imposer ses tapisseries à tous les épisodes !

Quelles sont les pistes pour la suite ?

  • Nicolas et son harem.
  • Un nouvel endroit à squatter. Même si c’est plus pratique pour tourner, j’espère que des gens vont enfin se comporter en adulte et arrêter de vivre en bande pour certains (Peter/Hélène, Christian/Fanny, Nicolas/une nana…)
  • Visiblement plus d’humour, ce qui me fait craindre le pire.
  • Une évolution pour Hélène/Peter. Ce qui fera peut-être plaisir à Etienne…
  • Fanny, vedette de la chanson. Honnêtement, tant qu’elle arrête de chanter en studio, ça me va…

Ce que, moi, je voudrais :

  • Autre chose pour Nicolas. J’espère qu’il se mettra avec Audrey et qu’il commence à avoir des intrigues qui s’intéresse à autre chose que son pénis.
  • Des intrigues pour les ados.
  • De nouveaux emplois. Vu que le restau de Béné est parti en fumée, peut-être va-t-elle se sortir les doigts pour faire un truc de sa vie. Ce qui vaut aussi pour Olga, Nico, José, Jeanne, Laly…
  • Qu’on arrête avec Jeanne, qu’elle soit Wonder ou pas. On a le droit de passer à autre chose.
  • Un nouveau méchant crédible (ce qui me rappelle mon intro pour la saison 3).
  • Que José et Jeanne restent sur leur ile.
  • Que d’autres aillent les rejoindre sur leur ile.
  • Des épisodes ovni qui ressemblent à quelque chose (je milite pour mon épisode zombie avec le seul vrai mort de cette série, Antoine !)
  • Et surtout – surtout ! – de bons scénarios !

Cher Journal,

Si Deira est un quartier relativement pourri en soi (harcèlement des vendeurs, pas d’architecture sympa, magasins tape-à-l’œil bling-bling… Tiens un peu comme cette galerie des Champs-Elysées…), il y a tout de même un endroit préservé. Restauré et préservé pour être exact.

Ca tient sur un pâté de maisons qui propose un charme arabisant d’époque autour de l’école Al Ahmadiya. Vous y trouverez deux musées : l’Heritage House et Al Ahmadiya. Les deux sont gratuits, à entrée libre. Comme ma balade tirait sur sa fin, je n’ai visité que le second, laissant l’Héritage House pour un autre jour.

Al Ahmadiya est la toute première école de Dubaï. Fondée en 1912 par le Sheik Ahmed bin Dalmouk (un marchand de perles) en sa demeure, elle était d’abord réservée à une certaine élite (disons la caste supérieure) et ramenait de prestigieux professeurs de toute l’Arabie Saoudite. Gratuite puis payante à partir des années 20, on étudie surtout la vie du Prophète, le Coran et la loi islamique. On s’assoit en cercle sur des feuilles de palmiers autour du professeur et on écoute. Les étudiants sont divisés suivant leur âge et leurs facultés de mémorisation, les plus doués devenants souvent des maîtres pour les plus jeunes.

Quand le marché de la perle s’est cassé la gueule en 1932, l’école a fermé ses portes. Il faut attendre 1937 pour qu’elle rouvre sous l’impulsion du gouvernement, l’étage inférieur étant réservé à la scolarisation et le supérieur à la disposition des juges. Il faut attendre 1957 pour qu’on commence à introduire autre chose que de l’éducation religieuse (Anglais, Sciences, Sociologie). L’école n’a cessé de gagner en prospérité au point d’accueillir plus de 800 élèves en 1962, soit 21 classes.

L’école ferme ses portes en 1963, pour cause de surpopulation estudiantine et se voit délocalisée ailleurs. Reste le musée pour se donner une idée de l’éducation des petits dubaïotes dans la première moitié du 19ème siècle.

Pour le coup, il s’agit vraiment du premier bâtiment réellement dépaysant que j’ai eu l’occasion de voir et visiter à Dubaï. C’est peut-être un vestige du passé mais ça a déjà plus de gueule qu’un building haut de 30 étages !

A part ces musées et les souks du précédent article, on aura vite fait le tour de Deira et on s’empressera de retourner vers la station de métro Al Raz pour aller voir autre chose. Une après-midi suffit à se faire une idée de l’intérêt intrinsèque du quartier « historique » et de le cataloguer rapidement comme « sans charme ». 

A noter que j’ai également vu un hôtel 1 étoile. Je comprends pourquoi les guides touristiques recommandent de taper dans le 3 étoiles au minimum. Au regard de l’environnement et des gens qui attendaient dans le « lobby », on y loue visiblement des chambres très petites, partagées par au moins 5 personnes, assez bruyantes compte tenu du quartier… Le côté « maison de passe » n’est pas forcément volé.

The Awakening est un film écrit et réalisé par Nick Murphy avec Rebecca Hall (The Town) et Dominic West (John Carter).

Florence est une chasseuse de fantômes. Pas genre Ghostbuster, mais plutôt façon scientifique démystificatrice de charlatans. Sa notoriété pousse un responsable d’une école à la faire venir pour enquêter sur les mystérieux phénomènes qui s’y produise depuis la mort d’un petit garçon…

On n’a pas tous la chance d’avoir une carte cinoch illimité pour aller voir toutes les bouses qui sortent sur grand écran. Souvent, on doit troquer la climatisation des salles obscures pour celles de la FNAC. On se trouve alors à explorer des rayonnages DVD à la recherche de trucs sympas. Les trucs sympas sont loin de déborder des bacs. Alors on se retrouve à prendre des trucs un peu au pif, en suivant l’habile marketing à coups de phrases chocs ou de synopsis bien troussés. The Awakening fait partie de ces films obscurs dont on entend parler qu’en fréquentant les cercles d’initiés (dans lequel j’imagine ce blog). La bonne nouvelle, c’est que c’est un petit film qui mérite qu’on s’y attarde !

On est face à un film de fantômes qui fait pas peur. Pas vraiment.Les ambiances d’établissements scolaires abandonnés et les enfants sont toujours de bons arguments pour vous faire stresser mais là n’est pas le premier objectif de La Maison des Ombres (encore heureux que je ne m’arrête pas aux titres français pour choisir mes films…). Pour le coup, rien à voir avec le très raté Grave Encounters niveau ambiance… On va plus s’intéresser au parcours de Florence et à son histoire, pourquoi elle recherche les fantômes et leur (non-)existence, les traumas qui l’accompagnent… Pas question de se voir faire pipi dessus parce qu’il y a un chat qui sort d’un placard. Et Rebecca Hall fait un superbe travail d’actrice pour camper cette scientifique plus fragile qu’il n’y parait. Elle éclipse un peu le reste du casting, surtout Dominic West qui devient plus faire-valoir qu’autre chose.

L’évolution du scénario est judicieuse et suit le personnage principal qui bascule du scepticisme total à un « I want to believe » cher à Mulder (en gros, c’est un Scully des années 20 quoi). Les décors anglais et le gigantesque manoir jouent le rôle flippant sans jamais tirer le film vers l’horreur ou l’angoisse profonde. Même si la maison de poupées devrait faire son petit effet…

Par contre, c’est un film de fantômes. Et pour qui à l’habitude des films de genre, les twists finaux sont prévisibles et attendus (indice: les gens morts sont vivants, les gens vivants sont en fait morts et on a peu près fait le tour). En gros, il est facile de deviner le ressort scénaristique de base, après la raison derrière est plus intéressante et on comprend mieux le pourquoi du titre. Non, pas la Maison des Ombres, The Awakening. La maison des Ombres, ça veut rien dire, y’a pas d’ombres dans le film…

The Awakening devrait combler les amateurs de films à ambiance autour des fantômes et son originalité d’après première guerre mondiale. Un direct-to-video qui vaut bien plus que des sorties en salles, ça, c’est sûr !