Les Beaux Gosses

Publié: 15/06/2010 dans Cinema
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Sorti il y a à peu près un an au cinéma, les Beaux Gosses est le premier film de Riad Sattouf. Habitué aux bandes dessinées (un peu underground, il faut l’avouer), l’auteur recycle son thème de prédilection qu’est l’adolescence dans un film aussi cru que touchant sur cette période délicate de notre vie qu’on aimerait bien laisser derrière.

Hervé, 14 ans, est le prototype même de l’ado basique (mais du genre en bas de la base) sans phyisque de bogoss, dans cerveau d’intello et à la libido débordante. Il n’est pas aidé par sa mère célibataire, déprimé et envahissante ni par par ses potes, gentils mais tout aussi looser. Question jardinage, Hervé est plutôt du genre à accumuler les râteaux plutôt que les pelles, mais reste confiant. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe. Camel, meilleur ami d’Hervé (et grand amateur de branlettes et de films X à fort complexe oedipien) convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine…

Bon, exposer de la sorte, le film n’a pas l’air réellement plus intelligent que American Pie. Ce serait une terrible erreur que de les mettre dans le même panier, car, en dépit de son propos a priori primaire, Les Beaux Gosses est sans conteste un film intelligemment écrit, intelligemment mise en scène et bien joué.

Car tout se situe dans la justesse de l’expression des sentiments contradictoires : l’envie d’être aimé – la peur d’être repoussé, le paraître devant ses potes et celui devant sa copine, la douceur et amertume des sentiments, etc. Les personnages gravitant dans la sphère d’Hervé sont clairement tous des loosers (mais on l’était tous en troisième, hein) alors les situations qui découlent de leurs maladresses et de leurs efforts respirent le vécu et la sincérité qui rend la comédie de Riad Sattouf « vraie », touchante et justifie le succès qu’elle a eu auprès du public et des critiques.

A côté du scénario aux émotions fines et distinguées, on trouve le côté cru sans jamais être vulgaire du sexe adolescent (du point de vue masculin) avec ce qu’il comporte de chaussettes, d’internet et de catalogues La Redoute. Ce qui donne toujours des situations pour le moins pittoresque.

Le film est mis en valeur par une foule de petits détails qui permettent de le hisser encore un peu plus sur l’échelle de la qualité : les textes sous-jacents (ou sous-textes visuels). On trouvera nombre de références phalliques (bananes, manches de guitare…) pour représenter l’évident désir de ces jeunes collégiens ou le fait qu’il porte toujours les mêmes vêtements tout le temps (peut-être pour symboliser la situation du collégien, perpétuellement coincé dans son propre schéma et sa propre condition de looser).

Je ne les ai plus en tête mais je sais que le film fut nominé aux Césars et qu’il a, entre autres, le Prix Jacques Prévert du scénario.

Toujours est-il que, même pour moi qui ne suit pas particulièrement fan des films français en général, Les Beaux Gosses mérite un sérieux coup d’oeil ! Avis aux amateurs de très bonnes comédies. En plus, il y a gros potentiel de phrases cultes.

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