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Tank Girl est un comic-book écrit par Alan Martin et dessiné par Jamie Hewlett, plus connu pour sa participation à Gorillaz que pour ce comic-book underground dans l’hexagone.

Comme tout adolescent aux goûts douteux des années 90, j’ai d’abord connu Tank Girl via son adaptation cinématographique avec Lori Petty dans le rôle titre. Mais si, Lori Petty, vous savez, l’espèce de bombe dans ce film culte qu’était Point Break. Je me souviens que je l’avais enregistré suite à une diffusion sur Canal+. Je me souviens aussi qu’avant de mater le film, j’avais une vague connaissance du titre original, sinon, je ne m’y serais jamais intéressé. J’avais dû lire un article sur ce personnage dans un magazine de l’époque, genre Player One.

Bref, disais-je, j’ai connu Tank Girl grâce au cinéma…

En soi, Miss Petty campait une Tank Girl crédible sur le physique… La bande annonce et le film était rythmée, entre autres, par Hole et son Violet… Il y avait le grand Malcom McDowell… Mais bizarrement, le seul souvenir que j’en ai est l’impression d’avoir maté une bouse d’une heure et demie.

Et jusqu’à ce qu’un éditeur providentiel français décide d’imprimer un recueil chronologique des aventures de l’anarchiste féministe qu’est Tank Girl, on peut dire que ça fait bien 15 ans que je n’avais pas abordé ce personnage (ça fait aussi 15 ans que j’assimile Tank Girl à de la bouse en canette). Béni soit Ankama pour ses choix éditoriaux !

L’édition qu’ils proposent une préface du scénariste qui détaille la genèse du personnage et de ses premiers balbutiements. Elle est aussi agrémentée de moults notes pour aider tout ceux qui n’ont pas grandi dans des années 70-80 pour comprendre toutes les références pop-culturesques glissées à tout bout de champ par les auteurs (et des Rolling Stones à un obscur soap-opera australien, il y a de quoi en faire des notes).

Le personnage est né en 1988 dans une Angleterre morose frappée d’un thatcherisme sévère, au milieu d’un petit fanzine étudiant nommé Deadline. Adolescente attardée, perdue dans un out-back australien parsemé de kangourous aussi lubriques que dangereux, Tank Girl est rapidement devenue une icone de la pop-culture underground, au point de devenir une icone tout court (elle a notamment servie pour la campagne pub d’une marque de jeans connue). Le contexte politique susnommé est important pour bien comprendre son évolution, évolution qui puise dans les racines même de la série : le féminisme, les pensées anarchiques du punk-rock, une Angleterre en crise et brimée ainsi qu’une grosse envie de foutre le bordel et de s’amuser.

Il en résulte un comic-book ultra-foutraque, parfois difficile à lire tant il éclate la tronche des structures narratives classiques à grands coups de batte de base-ball et jongle entre l’absurde et le psychédélisme. Entre simples délires étudiants et volontés de construire un univers cohérent, ce premier volume de Tank Girl n’est qu’une toute petite introduction, et pour comprendre et apprécier à sa juste valeur cette oeuvre bi-céphale Martin-Hewlett, il n’y a qu’un seul chemin : il faut rentrer dans le trip et se laisser porter par l’iconoclasmitude (oui, j’invente toujours des mots si je veux).

En d’autres termes, ça ne plaira pas à tout le monde. De là à dire que les amateurs de BD franco-belges classiques et bien propres n’y voient là qu’un gigantesque foutoir, il n’y a qu’un pas. Peut-être est-ce parce que j’ai fermé cette porte il y a des années et que je préfère désormais les productions étrangères, Tank Girl fait résolument partie des oeuvres qui m’éclatent ! Certes, je n’ai lu que le premier tome, faute d’avoir un budget extensible, mais j’adore. Le graphisme très urbain, fouillé et détaillé de Hewlett n’est pas étranger à mon appréciation globale, mais au-delà de ça, j’ai aimé le goût de liberté qui exhalait de cette Australie post-apocalyptique et de ce personnage qui suit ses propres règles.

Tank Girl est assurément un comic-book qui aura marqué des générations (même la mienne à contre-temps) et qui mérite amplement cette édition française complète, chronologique et détaillée. Amateurs d’ovnis geekesques sur papier, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Pour moi, c’est un vrai coup de coeur !

Dans l’épisode précédent…

Une fois ma femme retrouvée, nous nous sommes rendus dans notre foyer à Solitude. Ça lui a fait un choc de se retrouver dans une ville civilisée, où les gens peuvent rentrer chez eux sans se taper 12 escaliers et où les maisons ont des fenêtres. Je ne cache pas que j’aurais souhaité convoler en justes noces, mais elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un emploi du temps chargé et qu’elle préférait que je vide un peu mon journal de quête avant de prendre des vacances. Tant de monde attend que je les aide…

On a également décidé que c’était mieux qu’elle se trouve un emploi : moi parti sur les routes, elle va finir par s’ennuyer toute seule à la maison. Solitude a désormais une nouvelle échoppe d’alchimie ! D’après nos projections, nous devrions pouvoir faire un profit substantiel de 100 pièces d’or par jour. On a également décidé que ce serait mieux de sauver la façade de notre mariage en faisant croire que j’avais un boulot légal, pas simplement « patron de la Confrérie Noire ». J’ai bien dit que j’étais archimage de l’Académie, mais Muiri m’a dit que ce serait bien que les gens ne croient pas non plus qu’elle serait à la seule à pourvoir aux besoins du foyer avec sa boutique…

Après un mariage éclair, je découvrais donc que ma femme maîtrisait le sarcasme…

Sauf que des boulots honnêtes (pas pilleurs de tombes, en somme), ça court pas vraiment les rues, en fait. Je pourrais bien faire forgeron, mais je doute que celui implanté dans la ville apprécie. Je ne vais pas faire concurrence à ma propre femme en alchimie…

Je suis donc allé me promener pour réfléchir sur la façon de passer pour un type honnête, dans une ville honnête. Mes pas m’ont porté jusqu’à la guilde des bardes (la porte en face de mon manoir – je me suis pas promené longtemps). J’ai vérifié, c’était bien des bardes, pas des guerriers ! Pour me faire rentrer à l’académie, on m’a dit d’aller chercher un vieux bouquin pourri dans une grotte moisie.

C’était louche…

Une fois sur place, je confirme que c’était louche. Je me suis tapé les zombies habituels qui ne se réveilleraient – une fois de plus – QUE pour moi. Il y avait un gentil fantôme qui me guidait pour me dire où il fallait aller. Je lui ai bien répété que c’était pas la peine, que les architectes locaux ne savaient faire rien d’autres que des couloirs, que je ne pouvais pas me perdre et qu’une fois que j’aurais zigouillé le zombie avec un casque à corne, j’aurais fini d’explorer ce qu’il y avait à explorer et qu’une porte à peine cachée me ramènerait à l’entrée. Il a rien voulu entendre… Il m’a rappelé Thofdir…

Comme prévu, j’ai fini par bousillé un zombie un peu plus costaud mais tout aussi débile que les autres. Le fantôme avait l’air content, je suppose que c’était le barde qui avait écrit le bouquin miteux que je devais récupérer pour l’académie des bardes. Il avait même pas de haches à deux mains ce barde… Comment qu’il a dû se faire charrier par ses collègues de promo ! Surtout une fois mort !

Je suis revenu à Solitude et donné le livre à ce qui semblait être le dirigeant de l’académie. Il voulait que je retrouve ce livre pour convaincre le yarl du coin qu’il fallait continuer à célébrer une fête en l’honneur du type dont on parlait dans ce fameux livre. En d’autres termes : « le yarl nous refuse qu’on se bourre la gueule comme on veut alors qu’on a une très bonne raison… là… cette fête bidon pour un type que personne connaît (pas même les bardes), c’est un scandale »

Le livre était perdu depuis tellement longtemps que des pages avaient fini bouffées par la moisissure. Le chef de l’académie était tout paniqué. Je lui ai dit que c’était pas la peine, que j’allais lui compléter les pages manquantes. De toute façon, personne connaît le blaireau dont il est question dans ce livre. J’ai raconté n’importe quoi, à propos d’un type qui se transformait en dragon pour défendre Solitude. Une histoire abracadabrantesque qui, sur un malentendu, pourrait convaincre ces bouseux de nordiques que c’est pas la peine d’attaquer à vue des dragons ! Au pire, je me paierai une bonne tranche de rire avec mes idioties quand le livre serait lu à la cour du yarl…

Le poème que j’avais ré-écrit à été plébiscité par la foule… J’avais même pas fait de rimes ou d’alexandrins ! Pays d’incultes sans éducation !

Moralité, la fête pour se bourrer la gueule est maintenue… On fait aussi brûler une effigie en paille pour le décorum…

On m’a intronisé barde à l’occasion de cette « fête »… Oui, comme ça.

— Khrimsön, pour nous avoir permis de célébrer à nouveau une fête dont tout le monde se branle mais qui est tout de même bien sympa avec son bûcher et sa bière, je te fais barde !

— Euh… Attendez, j’ai rien fait moi. Je suis juste allé chercher un livre !

— Il est modeste ! Applaudissons notre nouveau barde !

— Nan, mais je peux pas être barde ! J’ai suivi aucun cours théoriques, je sais pas chanter, je sais pas jouer d’un instrument de musique, je connais pas les grandes sagas épiques de votre pays…

— Mais on s’en fout de ça ! Tu dois connaître qu’une chanson ! Allez tous ensemble pour lui apprendre !

Mais quel pays de glands ! Muiri était contente de mes efforts et que je me fasse des nouveaux copains, mais restaurer la picole au frais du yarl ne comptait pas pour me donner un peu de prestance à Solitude…

Bon, c’était pas tout ça, mais j’avais toujours pas de vrai métier dont la dénomination n’imposerait pas un long silence quand je me présenterais dans les diners mondains. Soit parce que je gêne (Confrérie Noire), soit parce que les gens se retiennent de rire (Archimage, Barde). J’ai donc poussé la porte de l’armée impériale. C’est pas plus débile qu’un autre métier, et puis j’avais noté dans mon journal que je devais m’y engager pour bouter hors de Bordeciel ce tyran qui maltraitait mes frères de couvée.

J’allais changer la face de Bordeciel !