Articles Tagués ‘Barde’

Dans l’épisode précédent…

Une fois ma femme retrouvée, nous nous sommes rendus dans notre foyer à Solitude. Ça lui a fait un choc de se retrouver dans une ville civilisée, où les gens peuvent rentrer chez eux sans se taper 12 escaliers et où les maisons ont des fenêtres. Je ne cache pas que j’aurais souhaité convoler en justes noces, mais elle m’a dit qu’elle savait que j’avais un emploi du temps chargé et qu’elle préférait que je vide un peu mon journal de quête avant de prendre des vacances. Tant de monde attend que je les aide…

On a également décidé que c’était mieux qu’elle se trouve un emploi : moi parti sur les routes, elle va finir par s’ennuyer toute seule à la maison. Solitude a désormais une nouvelle échoppe d’alchimie ! D’après nos projections, nous devrions pouvoir faire un profit substantiel de 100 pièces d’or par jour. On a également décidé que ce serait mieux de sauver la façade de notre mariage en faisant croire que j’avais un boulot légal, pas simplement « patron de la Confrérie Noire ». J’ai bien dit que j’étais archimage de l’Académie, mais Muiri m’a dit que ce serait bien que les gens ne croient pas non plus qu’elle serait à la seule à pourvoir aux besoins du foyer avec sa boutique…

Après un mariage éclair, je découvrais donc que ma femme maîtrisait le sarcasme…

Sauf que des boulots honnêtes (pas pilleurs de tombes, en somme), ça court pas vraiment les rues, en fait. Je pourrais bien faire forgeron, mais je doute que celui implanté dans la ville apprécie. Je ne vais pas faire concurrence à ma propre femme en alchimie…

Je suis donc allé me promener pour réfléchir sur la façon de passer pour un type honnête, dans une ville honnête. Mes pas m’ont porté jusqu’à la guilde des bardes (la porte en face de mon manoir – je me suis pas promené longtemps). J’ai vérifié, c’était bien des bardes, pas des guerriers ! Pour me faire rentrer à l’académie, on m’a dit d’aller chercher un vieux bouquin pourri dans une grotte moisie.

C’était louche…

Une fois sur place, je confirme que c’était louche. Je me suis tapé les zombies habituels qui ne se réveilleraient – une fois de plus – QUE pour moi. Il y avait un gentil fantôme qui me guidait pour me dire où il fallait aller. Je lui ai bien répété que c’était pas la peine, que les architectes locaux ne savaient faire rien d’autres que des couloirs, que je ne pouvais pas me perdre et qu’une fois que j’aurais zigouillé le zombie avec un casque à corne, j’aurais fini d’explorer ce qu’il y avait à explorer et qu’une porte à peine cachée me ramènerait à l’entrée. Il a rien voulu entendre… Il m’a rappelé Thofdir…

Comme prévu, j’ai fini par bousillé un zombie un peu plus costaud mais tout aussi débile que les autres. Le fantôme avait l’air content, je suppose que c’était le barde qui avait écrit le bouquin miteux que je devais récupérer pour l’académie des bardes. Il avait même pas de haches à deux mains ce barde… Comment qu’il a dû se faire charrier par ses collègues de promo ! Surtout une fois mort !

Je suis revenu à Solitude et donné le livre à ce qui semblait être le dirigeant de l’académie. Il voulait que je retrouve ce livre pour convaincre le yarl du coin qu’il fallait continuer à célébrer une fête en l’honneur du type dont on parlait dans ce fameux livre. En d’autres termes : « le yarl nous refuse qu’on se bourre la gueule comme on veut alors qu’on a une très bonne raison… là… cette fête bidon pour un type que personne connaît (pas même les bardes), c’est un scandale »

Le livre était perdu depuis tellement longtemps que des pages avaient fini bouffées par la moisissure. Le chef de l’académie était tout paniqué. Je lui ai dit que c’était pas la peine, que j’allais lui compléter les pages manquantes. De toute façon, personne connaît le blaireau dont il est question dans ce livre. J’ai raconté n’importe quoi, à propos d’un type qui se transformait en dragon pour défendre Solitude. Une histoire abracadabrantesque qui, sur un malentendu, pourrait convaincre ces bouseux de nordiques que c’est pas la peine d’attaquer à vue des dragons ! Au pire, je me paierai une bonne tranche de rire avec mes idioties quand le livre serait lu à la cour du yarl…

Le poème que j’avais ré-écrit à été plébiscité par la foule… J’avais même pas fait de rimes ou d’alexandrins ! Pays d’incultes sans éducation !

Moralité, la fête pour se bourrer la gueule est maintenue… On fait aussi brûler une effigie en paille pour le décorum…

On m’a intronisé barde à l’occasion de cette « fête »… Oui, comme ça.

— Khrimsön, pour nous avoir permis de célébrer à nouveau une fête dont tout le monde se branle mais qui est tout de même bien sympa avec son bûcher et sa bière, je te fais barde !

— Euh… Attendez, j’ai rien fait moi. Je suis juste allé chercher un livre !

— Il est modeste ! Applaudissons notre nouveau barde !

— Nan, mais je peux pas être barde ! J’ai suivi aucun cours théoriques, je sais pas chanter, je sais pas jouer d’un instrument de musique, je connais pas les grandes sagas épiques de votre pays…

— Mais on s’en fout de ça ! Tu dois connaître qu’une chanson ! Allez tous ensemble pour lui apprendre !

Mais quel pays de glands ! Muiri était contente de mes efforts et que je me fasse des nouveaux copains, mais restaurer la picole au frais du yarl ne comptait pas pour me donner un peu de prestance à Solitude…

Bon, c’était pas tout ça, mais j’avais toujours pas de vrai métier dont la dénomination n’imposerait pas un long silence quand je me présenterais dans les diners mondains. Soit parce que je gêne (Confrérie Noire), soit parce que les gens se retiennent de rire (Archimage, Barde). J’ai donc poussé la porte de l’armée impériale. C’est pas plus débile qu’un autre métier, et puis j’avais noté dans mon journal que je devais m’y engager pour bouter hors de Bordeciel ce tyran qui maltraitait mes frères de couvée.

J’allais changer la face de Bordeciel !

Dans l’épisode précédent…

Maintenant que je suis le chef incontesté et incontestable de la Confrérie Noire, j’avais décidé de me mettre un peu au vert et parcourir du pays. La Mère de la Nuit me donne toujours des indications pour tuer des clampins ici ou là, et bizarrement, c’est toujours moi qui m’y colle… Entre mon super-intendant qui fait du recrutement et de la formation, la fillette vampire absolument pas sortable et Cicéro le bon à rien, il n’y a que moi de disponible…

J’aurais pu retourner à l’Académie de Fort d’Hiver mais, comme disait mon père, « pas de nouvelle, bonne nouvelle ».

J’ai donc pu me promener un peu au hasard dans les contrées gelées de Bordeciel et vider mon journal de quelques entrées polluantes. J’ai par exemple massacré des bandits qui encombraient des yarls trop flemmards pour envoyer un détachement de leur garde personnelle s’en occuper. Enfin, je les comprends, pourquoi s’embêter à surpayer des gardes qui pourraient mourir quand on peut sous payer un mercenaire sans expérience… Après faut pas s’étonner que les bandits vivent leur vie sans jamais être inquiétés… D’ailleurs, c’est amusant ; comme j’en ai tué pas mal des bandits, j’ai pu remarquer des choses fascinantes sur la communautés des coupe-jarrets, malandrins et autres scélérats.

Tiens, ça t’apprendra à tricher !

Déjà, ils jouent tous aux cartes. Tous. Et ils sont tous plus malins les uns que les autres car ils cachent tous un as dans leur botte. Tous. Tout le temps ! Moi, maintenant, quand je vais jouer à la taverne, c’est la première chose que je fais : vérifier les bottes de mes adversaires !

Ensuite, la racaille de Bordeciel est en fait constituée de grands romantiques. Combien en ai-je entendu qui se plaignaient de leur femme qui les avait trompé tandis qu’ils étaient en prison… Je me suis d’ailleurs demandé s’il ne s’agissait pas de la même et unique femme pour tous les bandits, et qu’elle parcourait tout Bordeciel de mari en mari à mesure qu’ils allaient et venaient en prison…

J’avais déjà fait étalage des aberrations de ce pays et de la violence inculte qui le caractérisait. C’était sans faire mention des bardes…

Evidemment, avec des bardes aussi raffinés que celui-ci, on ne s’étonne plus des salles de torture que l’on peut croiser dans les donjons. Je vous laisse admirer la finesse du travail. La guilde des tortureurs doit connaître des jours plus heureux que la guilde des embaumeurs (visiblement, ils ont tous laissé leurs outils dans les tertres… pour mystérieusement disparaître ensuite). Ceci dit, en considérant les outils de travail de bourreaux, je me demande si l’une et l’autre ne sont pas en fait la même guilde…

Et pire, c’est tellement un pays de malades mentaux sans pitié que la moindre gousse d’ail devient un instrument de torture !

Notez aussi la présence des outils de la guilde des embaumeurs…

Le revers de la médaille de se promener au hasard pour finir des quêtes en cours, c’est que vous n’êtes pas à l’abri de récupérer plus de quêtes à commencer que vous n’en achevez ! C’est ainsi que je suis tombé sur…

un chien qui parle !

Il m’a baratiné comme quoi son maître l’aimait plus, et patati et patata. Barbas, qu’il s’appelait. Le chien, pas le maître. Comme je trouvais ça rigolo un chien qui parle et que je me disais que je pourrais sûrement monter un spectacle de comique troupier avec (ce qui n’est pas moins débile ni moins lucratif que archimage d’une académie comme métier), je l’ai suivi.

Bon, en fait, le maître du chien, c’était un dieu… Il avait encore une quête à la noix à me filer, genre chercher une hache dans une grotte encore plus moisie que la sienne.

Je l’ai rapidement expédiée cette histoire de hache, j’avais pas que ça à faire ! Le dieu était content, j’ai pas succombé à ses offres pourries pour me corrompre… alors déçu, il a récupéré son chien. Même comique troupier, on me refuse cette alternative ! Il semblerait que je doive me contenter de trancher des gorges pour assurer ma pitance…

La bonne nouvelle, c’est que mon travail commence enfin à porter ses fruits et il y a au moins une personne parmi tous ces congelés qui apprécie ce que je fais. C’est ainsi que j’ai pu recevoir ce courrier par coursier.

Cool ! Un fan !

Bon, en fait, c’était une quête déguisée pour m’envoyer tué un dragon ! Combien de fois devrais-je le répéter ! Je. Ne. Tue. Pas. De. Dragons. Ils ne m’ont rien fait, je ne vois pas pourquoi je rentrerais dans la psychose de ce pays avec ses envies de buter tous les animaux de la création ! Du coup, j’ai pas tué le dragon, mais j’ai récupéré le mot de pouvoir qu’il gardait. Je suppose qu’on peut considérer que j’ai accompli ma quête.

Une journée bien remplie, ceci dit ! J’avais bien mérité une bonne nuit de sommeil !

Sauf qu’on peut pas dormir à la belle étoile dans ce pays, c’est perpétuellement un spectacle sons & lumières…