Firefly

Publié: 06/07/2009 dans Cinema, Télévision
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Auréolé du succès de Buffy et d’Angel, la Fox demande à Joss Whedon de leur pondre un nouveau concept de série télé sur laquelle il a carte blanche. La fox signe Firefly d’ailleurs rien qu’à l’énonciation du pitch de base.

Mal Reynolds est un vétéran d’une guerre qu’il a perdue. Pour fuir l’Alliance, le nouveau régime totalitaire mis en place, il s’achète un vieux vaisseau de transport modèle Firefly, recrute un maigre équipage et va vivre en marge dans l’espace, au gré des contrats plus ou légaux qu’il réussit à récupérer.

Dans l’équipage, on compte donc le Capitaine Reynolds (Nathan Fillon, un habitué des séries télé, a fortiori celles de Whedon), son second Zoe, un pilote qui joue le rôle assumé de comique (Alan Tudik, qu’on a pu voir à poil et défoncé dans Joyeuses Funérailles), un mercenaire aussi crétin que vénal (Adam Baldwin, sans rire elle a combien de membres cette famille Baldwin), une mécano de génie et une espèce de geisha des temps modernes et le côté prostitué assumée (une demoiselle qu’on a vue dans Stargate Atlantis et qu’on retrouvera dans V). A cela va s’ajouter un prêtre, un médécin et sa soeur. C’est d’ailleurs l’arrivée de ces derniers qui déclenche l’histoire : le frère a enlevé sa soeur d’un centre médical où l’on faisait des expériences sur elle, depuis elle est dérangée et télépathe. Et très accessoirement recherchée par l’Alliance.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, mais Joss Whedon est un génie en matière de création d’univers, de rédaction des dialogues et en story-telling. Encore une fois, il nous a créé une oeuvre devenue culte.

Firefly est une série de science-fiction datant de 2002 (diffusée en France en 2005…) qui place l’humanité 500 dans le futur. Elle sait allier le passé et le futur, l’orient et l’occident dans un mélange de genre très réussi. Firefly, c’est du western et du space opera (deux styles que j’affectionne particulièrement, c’est dire si je ne prenais pas de risque à regarder cette série), c’est du spacern ! Ca se passe dans l’espace, mais il y a des tables et des chaises en bois dans la salle à manger, on trouve des boutons bien old-school sur les tableaux de bord. Ca se passe 500 ans de le futur et pourtant à terre on se déplace à cheval, on vit dans des baraquements en bois et on se bat avec des pétoires à balles. Firefly possède indéniablement un atout charme esthétique qui plaira aux amateurs de genre et qui rebutera ceux qui manquent de goût les intellectuels méprisants les autres.

Je me répète encore mais j’adore ce qui a été fait avec l’univers et son background ; il rappelle un peu Trigun, un peu Cowboy Bebop, un peu Star Wars et l’on retrouve pas mal de référence aux classiques du genre western. Pour info, et c’est toujours intéressant à placer dans une soirée mondaine, pour créer cette univers retro-futuriste, Joss Whedon est partie du principe que les deux supers puissances qui émergerait pour supplanter les autres seraient les USA et Chine – d’où la fusion esthétique qui s’en dégage.

Côté acteurs, ils sont tous particulièrement bon et bien choisis tant ils collent parfaitement à leur rôle de types paumés dans l’espace avec un passé un peu trouble dont on glane ici où là quelques informations. Chacun possède sa personnalité mis en ensemble au sein du vaisseau, les 9 forment un groupe très hétérogène dont il est plaisant de suivre les aventures.

Inutile de faire l’apologie de l’écriture ou de la réalisation, tout est parfaitement maîtrisé.

En un mot comme en cent, Firefly est un vrai petit bijou de science-fiction, peu de temps avant qu’elle soit remise au goût du jour avec Battlestar Galactica. Un série que je ne peux que recommander aux admirateurs de Whedon, aux fans d’univers de genre ou à ceux qui cherchent juste une série de qualité.

Bien sûr, il y a un point noir. Un gros. Whedon avait prévu du matériel pour 3 saisons. La série a été annulée par la Fox avant même la fin de la première… Elle ne compte que 16 épisodes (la chaîne n’avait même pas daigné passer les 3 derniers à l’antenne, mais vous les retrouvez dans le coffret DVD). Il faut dire que toute enjouée que fut la chaine à l’énonciation du pitch, elle a vite déchanté en voyant le script du premier double épisode pilote (quasiment pas d’action). Au point de demander le scénario des deux suivants, de les commander puis de diffuser à l’antenne le deuxième épisode avant le pilote… C’est bête, c’est bizarrement dans le pilote qu’on récupère les nouveaux arrivants. Quand on connait l’importance aux Etats-Unis du premier épisode, de son horaire de diffusion et des séries qui le précèdent et le suivent, Firefly naissait quasiment pour mourir. Dans le genre se mettre une balle dans le pied, la Fox aurait difficilement pu faire mieux. Ah si ! En diffusant les épisodes dans le désordre, ce qu’a aussi fait la chaîne…

L’art et la manière de sacrifier une série grandiose et le travail de l’auteur original sur l’autel de l’incompétence et de la rentabilité…

(Je pourrais filer la métaphore sur autre chose… mais je vais m’abstenir, tout le monde m’a compris.)

Mais c’était sans compter sur les fans et leur soutien qui réussirent à arracher à Whedon et aux studios Universal un film, Serenity, qui fait suite à la série et dont je parlerai dès que je l’aurai vu.

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commentaires
  1. Jaessa dit :

    Je l’ai aussi en DVD. Donc si tu le veux… 😉

  2. fenrhyr dit :

    J’ai aussi, c’est pour ça que je t’avais demandé la série ^^

  3. Laetho dit :

    Ah, enfin ! Il était temps que tu rendes hommages à Firefly sur ton blog !
    Serenity risque de te décevoir un peu : le film est plus orienté action et « grand public » que la série. Mais bon, ça conclut d’une certaine façon l’histoire de la série.

  4. […] de Firefly (je ne sais plus son nom, vous n’aurez qu’à relire l’article sur Firefly). A rayon recyclage Firefly/Dollhouse, Alan Tudik. Laura Vandernoot (ou quelque chose approchant) […]

  5. […] western et space opera« … Vous comprendrez qu’appréciant tout particulière Firefly basé un peu sur le concept, je l’ai quasiment acheté les yeux […]

  6. […] Super est un film écrit et réalisé par James Gunn (Horribilis) avec Ellen Page (Whip it), Rainn Wilson (The Office), Kevin Bacon (Footlose) et Liv Tyler (les clips d’Aerosmith…) et Nathan Fillon (Firefly). […]

  7. […] pour les fanboys, dans ce dessin animé, Hal Jordan est doublé par Nathan Fillon (Firefly, Serenity, Buffy, Super et j’en passe) […]

  8. […] réalisé et co-écrit par Eli Graig, co-écrit et produit par Morgan Jurgenson, avec Alan Tudyk (Firefly), Tyler Labine (La planète des Singes: Les origines) et Katrina Bowden (30 […]

  9. […] commun entre Twin Peaks, le Caméléon et Code Quantum (et d’autres séries cultes comme Firefly) ? Toutes ont été fauchées par des décisions éditoriales, sacrifiées sur l’autel des […]

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