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Spec Ops: The Line est un jeu développé par Yager et édité par 2K Games (Bioshock Infinite… un bon exemple d’un jeu diamétralement opposé à ce que je vais raconter).

Le Capitaine Martin Walker, le Sergent John Lugo et le Lieutenant Alphonse Adams, membres des Delta Force sont chargés de retrouver le Colonel John Konrad suite à la captation de son signal de détresse, dans une ville de Dubaï post-apocalyptique après avoir été frappée par des tempêtes de sable.

Entre le plot qui a l’air d’avoir été généré aléatoirement en mixant à peu près tous les jeux de guerre récents, la couverture ultra-formatée et le héros en copier-coller, inutile de dire que Spec Ops: The Line avaient toutes les chances de finir dans le bac des soldes. Et c’est à peu près le cas, le dernier épisode en date de la série Spec Ops a fait un four, plombant les résultats de 2K pour l’année 2013.

Considérant mon peu d’amour pour les jeux de guerre, j’aurais bien laissé la boite dans le bac idoine. Et puis, au détour d’un article à titre racoleur du genre « les 10 jeux que vous n’avez pas faits et qui pourtant retournent des chaussettes à petits pois », on faisait l’éloge de ce The Line. Pas chien mais pas convaincu,  je le prends et je le commence. Et puis je pars en Norvège. Du coup le jeu reste dans une étagère virtuelle de Steam jusqu’à ce week-end où je décide de réduire de 1 la liste des jeux qui attendent d’être faits.

En recommençant de zéro, je me souviens m’être arrêté après une séquence assez fun dans un casino où on doit descendre tout en survivant aux assauts des vilains de service. Après deux heures de jeu, je ne retrouve pas cette séquence. C’est alors que je réalise que la séquence en question provient du très mauvais Call of Duty: Ghost. L’anecdote est importante: pendant tout le début du jeu, vous allez avoir l’impression de jouer à un n-ième shooter militaire qui n’a d’original que son univers particulier, Dubaï.

Et puis, à un moment, tout va basculer et vous comprenez que vous êtes tombés dans le panneau. La jaquette inintéressante, le héros moyen crâne rasé et gros bras, le pitch bidon pour tirer sur tout ce qui bouge… C’était un leurre !

Un leurre avec une grosse paire de baloches qui aura coûté cher à 2K. Le choix artistique était assumé dès le départ, tout ça pour mieux filer un coup de trique derrière la nuque au joueur assez curieux pour se pencher sur le cas Spec Ops: The Line. Ce jeu était probablement une galère monstrueuse pour l’équipe marketing chez 2K. Et face à la concurrence qui assume son côté décérébré, difficile d’assurer.

N’y allons pas par 4 chemins, Spec Ops: The Line est l’un des jeux les plus intelligemment écrits que j’ai pu faire ces dernières années. Un vraie baffe. Une vraie descente aux enfers et dans la folie ! Il n’est pas s’en rappeler le passage cramage de champs de cannabis dans Far Cry 3, quand vous vous rendez compte que le jeu vient d’atteindre un autre niveau dans ce qu’il essaie de dire au joueur. The Line met le joueur face à ses propres décisions et c’est pas toujours agréable. C’est probablement l’un des rares jeux sur le marché qui vous prend par les tripes et vous tirent de force vers l’horreur de la guerre, les choix que doivent faire les soldats (en l’occurrence, toi, joueur, avec ta moralité). Avec les guerres récentes et les biopics associés (Démineurs ou American Sniper par exemple), vous avez sûrement dû entendre parler du syndrome de stress post-traumatique des soldats qui rentrent au pays : et bien ce jeu est un manuel du soldat qui part en vrille jusqu’au point où le retour à la maison n’est plus possible.

La fameuse ligne du titre, c’est celle que l’on franchit…

(Et vous la franchirez, c’est le but…)

The Line est largement inspiré par Heart of Darkness, la nouvelle elle-même à l’origine d’Apocalypse Now de Francis For Coppola. On peut également citer dans le désordre L’échelle de Jacob, Platoon, Full Metal Jacket ou le mythe de la construction de la Tour de Babel. Je ne dirai rien sur l’histoire ou ses rebondissements, mais vous allez vivre des grands moments, du genre qui marquent les esprits… L’attaque au phosphore blanc, pour ne citer qu’elle, est une des séquences les plus dérangeantes que vous vivrez. C’est mature et engagé, je me limiterai à ça sur l’histoire.

J’avoue aussi que j’étais curieux de voir le traitement réservé à la ville de Dubaï. Après tout, j’ai vécu là-bas ! L’expérience était donc différente à un certain niveau pour moi. Après, on regrettera que en dehors de quelques name dropping ça et là, vous n’aurez pas réellement l’occasion de visiter des vrais lieux mais l’expérience reste toutefois dépaysante.

Les plus attentifs reconnaîtront la voix de Nolan North (Nathan Drake dans Uncharted) derrière le protagoniste. Toujours au rayon sonore, on notera l’excellente bande son, faite de classiques du rock et de perles psychédéliques qui collent parfaitement à l’ambiance du jeu :

  • Deep Purple – Hush
  • Alice in Chains – Rooster
  • Bjork – Storm
  • Mogwai – Glasgow Mega-Snake
  • Mogwai – R U Still In 2 It
  • Giuseppe Verdi – Dies Irae, Libera me
  • Nine Inch Nails – The day the world went away
  • Martha and the Vandellas – Nowhere to run
  • Black Mountain – Stormy High
  • The Black Angels – Bad Vibrations
  • Jimi Hendrix – A Merman I Should Turn To Be
  • The Black Angels – The First Vietnamese War
  • Jimi Hendrix – Star spangled banner
  • Inner Circle – Bad boys

(Je vous mets des liens vers the Black Angels, un groupe que vous pouvez aussi retrouver sur la bande-son de la série Californication)

Il faut une dizaine d’heure pour boucler le jeu au plus haut niveau de difficulté et à part 2 moments bien relou, vous n’aurez guère de problèmes pour boucler le jeu, pour peu que vous ayez l’habitude de tirer sur des gens… Oubliez le multijoueur, c’est sûrement une bouse infâme et contractuelle qui a tiré vers le bas les ventes du jeu (et oui, parce que toi, jeune abruti joueur de Callof, tu ne t’intéresses pas à une histoire, tu veux juste tirer sur des gens comme un blaireau sans réfléchir – alors que The Line te met justement face à tes émotions contradictoires quand tu tues quelqu’un… un truc appelé la dissonance cognitive)!

The Line n’aura pas de suite. The Line et son échec commercial cuisant a probablement enterré l’envie des éditeurs de se risquer dans les shooters complexes et matures. Alors profitez du cadeau que Yager vous a fait en assument son design de bout en bout, vous n’êtes pas prêts de refaire un jeu de la trempe de celui-ci !

Spec Ops: The Line vaut assurément le coup d’être fait. De vrais choix couillus en matière de Narrative Design ont été faits, des choix qui permettront aux joueurs d’en faire et de se rendre compte graduellement que The Line n’est PAS votre shooter remaché qui vente les mérites de l’American Hero et de la bannière étoilée. The Line est une expérience unique, un véritable jeu sur la guerre, la folie et la nature humaine. Un jeu qui laissera une empreinte sur votre mémoire de joueur, bien plus que les Battlefield ou les Call of Duty sans saveur qu’on vous pond chaque année. Si vous en avez l’occasion, foncez sur Spec Ops: The Line, vous ne le regrettez pas !

Difficile de trouver un trailer pas complètement pourri pour vous donnez un véritable aperçu de ce qu’est le jeu…

Les Mystères de l’Amour est toujours une série créée, produite et écrite par Jean-Luc Azoulay (a.k.a Jean-François Porry) toujours avec les acteurs habituels qu’on a toujours l’habitude de voir dans les séries estampillées Jean-Luc Azoulay (Hélène Rollès, Patrick Puydebat, Isabelle Bouysse, Sébastien Roch et j’en passe toujours environ une demi-douzaine…). Oui, je fais toujours les mêmes introductions pour cette série si je veux.

Les mystères de l’amour, c’est un peu comme le mariage de José et Bénédicte : quand vous commencez un épisode, vous devez vous attendre au meilleur comme au pire ! Et au cours de de ces dernières saisons, on a eu l’occasion de côtoyer les deux ! Mais avec maintenant autant de chroniques sur ce blog, je pense qu’il conviendrait de débuter celle-ci par une citation de Rita Mae Brown, qui résume tout à fait mon état d’esprit alors que je me mets derrière mon clavier une nouvelle fois pour critiquer les derniers épisodes en date :

 La folie consiste à faire la même chose encore et encore et à attendre des résultats différents.

En d’autres termes, la série demeure fidèle à elle-même dans son désir de se complaire dans ses défauts et je sais déjà en commençant cet article que je vais répéter ce que j’ai déjà dit par le passé ! Comme j’ai envie d’économiser le peu de santé mentale qui me reste après avoir visionné certains épisodes relevants clairement de la lie télévisuelle, je me suis dit que j’allais plutôt pointer vers des articles précédents. Mon propos restant le même, imaginez que je fasse du copié-collé brutal :

  • Saison 1: les personnages qui font du surplace, le vide des scénarios, Wonder Jeanne, le recyclage, les CDLS…
  • Saison 2: le vide des scènes, le rapport à l’argent, Ingrid, la gestion du sexe, les CDLS…
  • Saison 2.5: le n’importe quoi de l’écriture, la gestion désastreuse des couples lesbiens, Wonder Jeanne, les CDLS…
  • Saison 3: le vide des épisodes, la qualité des scénarios, la qualité de l’acting/improvisation, les problèmes de raccords et cohérences, Nicolas le mou, Wonder Jeanne, les CDLS…
  • Saison 4: la qualité des scénarios, la qualité de l’acting/improvisation, Nicolas le mou, les téléphones, les scènes de voitures, les personnages sans intérêt ni utilité, les CDLS…
  • Saison 5: la longueur des saisons, la relation Laly/John, useless Bénédicte, la gestion désastreuse des couples lesbiens, Nicolas le mou, les CDLS…
  • Saison 6: la longueur des saisons, les problèmes de cohérences narratives par arc, l’écriture laxiste, les scènes de bagnoles, les téléphones, le vide des scènes, la gestion du sexe, les CDLS…

Je me suis longtemps posé la question de continuer à chroniquer cette série. L’effet d’usure et de « folie » m’ayant tenu éloigné de l’absurdité de recommencer avec la saison 7, la saison 8 et la saison 9 ! Et puis dans une optique de proposer quelque chose de frais à l’aube de la saison 10, je me suis dit que j’allais m’occuper d’un bloc de saisons complètement arbitraire (à l’image de la cohésion des susdites saisons), à savoir les trois dernières, et voir ce que j’en avais à en dire à froid. Très froid puisque cela fait plusieurs semaines depuis la fin de la saison 9, plusieurs mois depuis la 7. Et au final, qu’est-ce que j’en retiens des aventures des quarantenaires qui agissent comme s’ils allaient toujours se prendre un diabolo à la cafèt’ ?

Et pour continuer dans la nouveauté, je vais faire un système de notations pour les intrigues qui me reviennent en mémoire. Ca me paraît une bonne idée. Des notes avec des petits cacas Dr Slump, en hommage au Club Dorothée. caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropPlus y’a du caca, plus ça pue  !

Il y a encore eu des histoires de lesbiennes gérées n’importe comment

Chaque épisode avec Chloé et sa nouvelle copine nymphomane bisexuelle touche littéralement le fond de la poubelle de la vulgarité. C’est bien simple, Jean-François Porry ne sait pas gérer ce genre de relations et cela ne s’apparente qu’à une vision fantasmée et scabreuse d’une réalité de couple. Franchement, entre Mylène, Ingrid, Angèle, Choé, Alex et l’autre folle dont j’ai déjà oublié le nom, on ne peut pas dire que ce thème est anodin : il est réellement présent dans la série et toujours, toujours, toujours traité de façon presque sale. Si en plus on rajoute Christian dans l’équation qui veut se faire un plan à trois, difficile de faire plus malsain…

Jean-Luc Azoulay

Si vous voulez, je peux faire plus malsain en remplaçant Christian et Alex juste par Hélène…

Tant qu’on est sur le traitement de la sexualité et du ridicule des situations qu’on nous impose pour rien, je rappelle la scène où Ingrid et Marie sont en train de comparer leurs sous-vêtements au lieu d’appréhender un suspect dans la pièce à côté. D’une part ça sert à rien, d’autre part ce n’est même pas drôle. Je ne sais pas quelle est la motivation profonde du scénariste à nécessairement évoquer l’érotisme dans cette série, mais je pense qu’il faut arrêter maintenant. Ou alors bien le faire. Donc autant arrêter.

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Et c’est pas fini, Audrey et Eve…

Dans la catégorie complètement tordue, je pense que ça se pose là. En fait, c’est même plus tordu, c’est du recyclage autour du personnage d’Audrey qui – en bon personnage monolithique et mono-maniaque – n’a qu’une seule passion dans la vie : récupérer la Watson Holding. Il y a des milliers de compagnies à travers le monde sur lesquelles faire des OPA hostiles et gagner de la thune, mais non ! C’est Watson qu’elle veut. Et comme le personnage est « méchant-méchant oulala », il n’a pas de morale et couche avec Eve.

(Cela dit en passant, pour une femme qui a passé des mois à Caracas à jouer la prostituée probablement régulièrement violée, elle a un rapport avec le sexe particulièrement libéré de traumas…)

C’est usant de voir les mêmes idées passer d’un personnage à l’autre indistinctement. C’est d’autant plus triste pour Audrey, un personnage pour lequel il y avait un vague espoir d’amélioration suite à son amnésie. En faire un personnage neuf et se trouver un nouveau méchant, un crédible, par exemple.

Mars, et ça repart dans le mur…

Donc, voilà, Audrey, femme d’affaires, se retrouve à jouer les lesbiennes avec Eve pour récupérer la Watson Holding via un mariage idiot d’après des lois de mariages belges sur la succession. Franchement, quand on en est rendu là pour faire des OPA hostiles, il est sérieusement temps de remettre en question ses capacités de business-woman. Peut-être faire un bilan de compétences et tenter une reconversion…

En plus, c’était même pas son idée à elle mais celle d’un type qui couchait avec Eve avant. Et avec Audrey, accessoirement. Le recyclage de scénario fait maintenant sa propre mise en abîme…

Franchement,  s’il y a un jour une MST dans ce groupe, c’est la fin de la série…

Voilà ma solution: j’attrape une MST sale, je couche avec Eve qui couche avec Rudy qui couche avec Mylène qui couche avec Ingrid qui couche avec Nico qui « embrasse » Hélène qui couche avec Peter, qui attrape la MST et meurt. Je récupère sa société. Un plan sans faille, réaliste. Mouhahaha!

 

Note: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Fanny et Christian

Ross et Rachel. Difficile de mieux définir le couple le plus relou de la série. Je t’aime, je t’aime plus, je t’aime, je t’aime plus, je vais en studio, je t’aime plus, je te trompe, je t’aime, je te trompe, je vais en studio, je vais en studio, je vais en studio, je vais en studio, je fais des clips, je fais des clips, je fais des clips, je vais des clips… J’ai cru qu’il sortirait jamais cet album ! Je me demande quel était le plus ridicule dans toute cette histoire:

  • Christian qui se fait des films et va picoler pour finir en CDLS chez Cloé et sa copine
  • Favat, en mode pathos enculé (avec une nana dont j’ai oublié le nom pour rendre la jalouse Fanny)
  • Fanny…

Et tu dis rien sur moi ?

Si. Tiens ! caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Note: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La double vie de John

Tu ne le sais pas encore spectateur, mais j’ai une double vie depuis le début avec une autre famille quand je suis en concert…

Le truc totalement sorti du chapeau et qui tombe littéralement à plat car, dans le même épisode (ou peu s’en faut), on apprenait que le nouveau chéri de Bénédicte avait aussi une double vie avec une autre femme. Après être tombé à plat, ça se dégonfle puisque toute la tension autour de la double vie et des envies de Laly de se poser façon Paladin Loyal Bon s’évanouissent au bout de deux épisodes quand l’autre femme de retourner avec le père de l’enfant…

C’est dommage, en plus, ça tombait pile-poil au moment où Fanny redécouvrait son père biologique. Le truc propre à secouer un père adoptif et le faire réfléchir sur sa propre condition et la notion de famille. Au lieu de ça, la puissance dramatique de la série se limite à John qui va boire des canons avec Antonio…

Note théorique: 

Note pratique: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La grossesse de Diego

Enfin, celle de Laura. Avec Diego comme papa. De l’irresponsabilité des jeunes qui n’ont pas eu de cours d’éducation sexuelle, donc ne savent pas qu’il faut mettre des préservatifs. Si encore, l’accident avait été utilisé pour faire passer un minimum de responsabilisation sur le port du préservatif, le planning social, la pilule du lendemain, etc. C’était sûrement trop en demander. C’est plus marrant de faire des scoubidou-gags avec Fanny qui fait des allers-retours pour porter de la bouffe…

Ceci dit, c’est probablement une des meilleures idées de ces dernières années. Sauf que la série est limitée par ses propres contraintes, notamment la disponibilité des acteurs adolescents. Au final, on en verra pas grand chose de cette grossesse, encore moins l’impact que ça peut avoir sur la vie d’adolescents ou celle des personnages principaux (Laly va devenir grand-mère… mais vu comment elle a élevé son fils…).

Encore une fois, le plus intéressant de la série se situe au niveau des ados. Sauf qu’on en voit rien et que c’est visiblement mieux pour la ménagère de voir Laly aller chez son marabout dingo… Si seulement on avait une espèce de rip-off de Premiers Baisers pour parler de ce genre de choses…

Note : caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La paternité de José

Sachant à quel point le personnage est un queutard, il était évident qu’il devait y avoir quelques bâtards dans son sillage. En soi, apprendre qu’il est père n’a rien de surprenant. Ca fait carrément doublon avec ce qui s’est passé avec Nicky et Nicolas. Mais si je devais rajouter le recyclage des idées à mes analyses, on aurait des petits cacas partout. (Une différence fondamentale c’est que les tests de paternité sont désormais assurés par la police via Marie…) J’ai trouvé particulièrement intéressante l’idée de lui faire découvrir un fils caché homosexuel et secouer le personnage de macho-womanizer.

Après, la bonne idée est éclaboussée du retour de Cathy. Je n’ai rien contre Cathy, c’est un personnage détestable de plus puisqu’elle pense avec son vagin, comme a peu près tous les personnages féminins de Jean-François Porry. Ce que je lui reproche c’est d’être la mère par rétroaction: « En fait, on a couché ensemble y’a vingt ans quand on était bourrés, et paf, ça fait des chocapics ! Mais j’en ai jamais parlé, parce que voilà dans la vraie vie, on ne parle plus à ses potes de fac 20 ans après… ».

Jean-Luc Azoulay

J’ai longuement hésité avec Johana, mais je pense que ça se serait vu que je me fous n’importe quoi avec mes personnages…

Note théorique: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Note à cause de Cathy: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Note retour de Cathy: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Les nouveaux enfants de Peter et Hélène

Le couple star adoptent des enfants. Des ados de 15 ans… Personne l’avait vu venir ça ! Que les Watson adoptent, ça paraissait une bonne idée. En plus, ça aurait permis de voir combien le processus est long et délicat, ça aurait même pu permettre de les emmener à l’étranger pour adopter un petit asiatique et apporter des intrigues exotiques… Sauf que des enfants, c’est relou. Déjà, parce que si t’as moins de seize ans, tu peux pas tourner plus de x heures pas jours, entre 9h et 18h… Donc pas vraiment dans l’optique de la série de torcher les épisodes à tour de bras.

Du coup, quoi de mieux pour la série que d’adopter des adolescents presque majeurs, aux prénoms bien bretons et qui jouent comme des patates ? Et puis comme on les veut vite dans la série, on va se débrouiller pour balancer quelques passe-droits à la Watson…

Après un kidnapping. Parce qu’il faut un kidnapping tous les 15 épisodes…

Note théorique: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Note pratique: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Cloé la cam-girl

J’ai l’impression qu’on s’acharne sur cette pauvre Cloé… Au fil des saisons, on peut raisonnablement admettre qu’elle a une vie de merde. Elle a été dépendante aux drogues dures, elle est sortie avec le seul personnage qu’on a fait mourir (Antoine), on lui a collé une nouvelle sexualité et une ex- psychopathe dérangée du bulbe, elle était prostituée dans un épisode spécial et la voilà désormais cam-girl… Ce qui revient à de la prostitution, au regard de son patron…

Notez que ça me fait toujours plaisir de voir Marion Huguenin en petite tenue ! Mais là… c’est gênant…

Les Mystères de l’amour : Hélène et Nicolas inséparables, Chloé en danger ?

En plus, je ne valide pas les choix de maquillage…

Et histoire de rajouter une couche de n’importe quoi, on lui colle un amoureux transi soumis (et pété de thunes)… Parce que visiblement, on n’en a pas eu assez des personnages de carpettes dans ce genre depuis 20 ans…

Et pourtant… Pousser le personnage dans un tel extrême pourrait se révéler intéressant. En effet, comment une personne « a priori » normale (« a priori » car elle est bien poissarde, la benjamine Girard) arrive-t-elle à tomber dans un tel réseau ? Il y aurait un côté social que n’importe quelle autre série se délecterait de pousser, chercher à comprendre la psyché du personnage, l’impact sur sa vie, son rapport à soi, aux autres, etc. Et avec l’arrivée d’Hélène dans sa maison, les tensions interpersonnelles sont intéressantes pour ce perso…

Bref, une mine d’or ! Qui tourne à la mine de plomb, parce que – encore une fois – rien ne dépasse le simple cadre du voyeurisme en petite tenue.

Note théorique: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Note pratique: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La « mort » de Jeanne et l’enquête associée

Très honnêtement, j’ai oublié les circonstances de son retour à Paris. Je me rappelle juste qu’elle a été la cible d’une vengeance d’Ingrid. Avec une bombe. Le truc définitif, quoi.

Mais pas pour Wonder Jeanne. Que ceux qui y ont cru une seule seconde lève la main. Elle ne sera que défigurée (ce ne sera jamais que la deuxième fois, hein !). Ne vous demandez pas comment elle a survécu, comment elle s’est échappée, comment elle n’a pas été à l’hôpital (ma théorie, elle a été voir son pote vétérinaire de la saison 1), comment elle a encore tous ses membres… En gros, CDLS.

Et c’est dommage, parce que faire mourir un personnage dont l’actrice n’a clairement plus envie de revenir dans la série aurait marqué d’une pierre blanche la série et ses personnages. Nicolas certes, mais aussi Ingrid. Et surtout, tous ceux qui voulaient se casser à Love Island plutôt que d’affronter la réalité de leur vie… Comme un procès pour le meurtre d’une prostituée…

Désormais, il faudra se méfier de Burqa-Jeanne, une super-héroïne qui fait régner sa justice dans le 77…

Note: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La Watson Corp.

J’ai l’impression que ces dernières saisons ont surtout été marquées par des aventures qui se passent au sein de(s) W.C. et autour de Peter Watson. Enlevez cette composante et vous n’aurez plus qu’Olga qui regarde à la fenêtre en attendant qu’il se passe un truc dans la vie de Bénédicte. La plupart des intrigues sont souvent plates mais je garde un vague souvenir intéressé de la croisade médiatique contre Peter, avant d’apprendre que Jean-Paul est son père…

– C’était dans la saison 6…

– Non ?

Peter (Les Mystères de l'Amour saison 7, épisode 5 "Les fruits du mensonge")

– Si…

– Merde alors, il s’est passé quoi alors dans les saisons suivantes alors ?

– On s’est mariés !

– Je voulais dire « passé quoi d’intéressant » ?

Étienne (Les Mystères de l'Amour saison 7, épisode 19 "Démasqué !")

– Moi !

– Ok, on va passer à la note alors…

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– J’ai tout de même pris les rênes de la société et sauvé des milliers d’emplois !

– Au temps pour moi, avec ton DEUG de socio, ça change tout…

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Pour finir, en vrac

La grossesse imprévue de Bénédicte (et encore un foetus mort…):caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Christian alcoolique qui se fait draguer par un homosexuel:caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Fanny qui vit son rêve américain avec Favat (qui peut me citer un chanteur français à qui c’est arrivé ?): caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Le futur enfant d’Ingrid:caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La jalousie compulsive de Marie: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Le truc sordide qui semble arriver à Olga: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

L’amnésique omnipotent de Laly: caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

La réaction immature/illogique d’Hélène face à la vidéo incestueuse de son mari:caca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_cropcaca-de-la-arale.jpg.230x160_q85_crop

Alors quel bilan tirer de ses dernières saisons ?

Du caca. Mais du caca rose qui fait coucou.

En gros.

La série n’évolue pas, les personnages non plus (ou alors pour mieux régresser par la suite). Les intrigues tournent en rond, les personnages aussi. Aucune amélioration dans l’écriture, aucune amélioration à prévoir non plus. Je vais citer le créateur de la série:

Je suis tombé par hasard sur votre blog. Merci pour votre intérêt… Mais j entends le même genre de critiques depuis plus de 20 ans et ça marche quand même… Alors…

TMC est contente de la série (sous-entendu, on gagne assez d’argent sur le créneau de diffusion avec la pub) alors pourquoi chercher à s’améliorer ou améliorer la série ? On risque donc de se lamenter encore longtemps sur le vide cosmique qui hante les épisodes, sur la qualité des scénarios, sur la vacuité des dialogues, sur l’érotisme sordide, sur l’humour ras des pâquerettes…

Le plus triste dans l’histoire, c’est que le rythme de tournage est élevé, presque autant que Plus Belle La Vie, et que les personnages ont la sympathie du public. Donc – dès le départ – Les Mystères de l’Amour avait toutes les clés en main pour proposer un access-prime quotidien solide à l’image de la série susnommée… Mais là où le groupe TF1 préfère simplement ramasser la thune qui se présente, chez France Télévisions on a :

  1. compris l’intérêt d’avoir un pool de scénaristes, à l’Américaine…
  2. su se remettre en question…

Dans l’épisode précédent…

De retour au Palais Bleu, le balai à la main, je me rends donc dans l’aile Pelagius. Je confirme que personne n’y a foutu les pieds depuis des lustres, c’est plein de toiles d’araignées et de bordel. A croire que personne ne leur a dit qu’il fallait couvrir les meubles pour les protéger de la poussière. La bonne nouvelle dans l’histoire, c’est que je ne suis pas tombé sur des givrépeires. En général, quand il y a des toiles d’araignée, il y a toujours au moins une de ces saloperies d’arachnides qui traînent au plafond. Parfois, elles traînent suffisamment longtemps pour que j’ai le temps de les dégommer avant qu’elles descendent.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a pas de fantômes. J’ai vite découvert qu’il y avait une rupture du continuum espace-temps vers une dimension parallèle contrôlée par un seigneur daedra. Je suppose que « fantôme » fera l’affaire quand j’expliquerai aux bas du front qui régissent ce palais que j’ai résolu leur problème…

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Le taulier de la dimension en question s’appelle Shéogorath, a.k.a. le prince de la folie, a.k.a. « je n’aurais jamais une discussion sensée avec qui que ce soit ». Bref, j’interromps le bonhomme en plein banquet avec Pelagius lui-même qui ne demande rien d’autres que le repos éternel. Sur ce, n’ayant rien de mieux à faire, Shéogorath me mets au défi de sortir de la folie de Pelagius en résolvant ses peurs intimes qui le tourmentent et donnent une excuse aux femmes de ménage du Palais Bleu pour ne pas en branler une. Le dieu me file donc un bâton (encore !) et me dit de me débrouiller. J’ai beau soupiré et dire que les traumas de l’enfance, les complexes d’Oedipe et autres névroses de Pelagius m’en touchent une sans faire bouger l’autre, je suis tout de même coincé ici parce que – comme tous les dieux – Shéogorath se fait passablement chier et préfère s’en prendre au seul Argonien de Bordeciel plutôt que de vaquer à des occupations de dieux comme déclencher des calamités sur le monde.

Me voilà donc à jouer d’un bâton pour résoudre des énigmes dignes d’un gosse de 4 ans… J’ai torché cette affaire en 3 minutes, une par épreuve, au désespoir du taulier qui espérait que je reste à tailler une bavette avec lui une éternité. Je gage que pour le QI d’un nordique moyen faire grandir Pelagius et changer des loups en chèvres auraient pu prendre du temps, mais j’étais pressé. Mon journal de quêtes était encore loin d’être vide. Comme avec Sam, Shéogorath me refile « en cadeau » son bâton idiot qui peut aussi bien me sauver la vie en combat que me téléporter sur un nuage. Sérieusement, si des daedras veulent se débarrasser de leurs encombrants, qu’ils les mettent à la cave ! L’aventurier de passage n’est pas leur poubelle ! Merci !

« Fantôme » du Palais Bleu : check

Tant que j’étais à régler les problèmes des daedras, j’en ai profité pour régler dans la foulée celui de Molag Bal dans la maison abandonnée de Markath. Il fallait que je ramène un prêtre gentil dans la maison. J’en ai trouvé un pas trop loin. Il se vantait de servir je-ne-sais-quelle-divinité et d’avoir une foi assez forte pour résister au côté obscur. Alors Molag Bal m’a filé sa masse pour que je le batte à mort et que le prêtre sympa se convertisse dans la foulée. Honnêtement, je pourrais faire tout un traité moral sur l’évangélisation, le fanatisme religieux et le pouvoir de conviction de celui qui possède la plus grosse massue mais, à la place, je suis allé pisser dans un violon. Et j’ai battu le prêtre à mort.

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Parce que quand un daedraqui a littéralement le droit de vie et de mort sur toi, y compris celui de t’enfermer dans une dimension parallèle en te racontant blague minable sur minable autour d’un banquet pour l’éternité, tu fermes ta gueule et tu fais ce qu’il te dit. Et puis ça lui a donné une leçon à cet idiot de prêtre : « c’est pas la peine de faire croire que t’as la plus grosse quand t’es pas capable de pisser dans le trou » comme dirait mon père. Je sais pas si ça s’applique particulièrement à ce cas-là, mais je trouve ça suffisamment profond pour le citer. L’autre morale que tous les crétins de Bordeciel devraient retenir est : « ARRÊTEZ DE ME FAIRE PERDRE MON TEMPS, BORDEL ! »

Pour avoir correctement servi Molag Bal, il m’a filé sa cochonnerie de masse parce que « aventurier = poubelle ». J’ai même plus envie de discuter : tant que je raye des trucs sur ma to-do list, ça me va, je vais ranger l’arme inutile dans un coffre d’une de mes nombreuses baraques et l’oublier de toute façon. Evitons de froisser les dieux susceptibles.

Tant que je suis dans la ville aux 1000 escaliers, autant en profiter pour gérer cette histoire de meurtre qui traîne depuis des lustres !

Un jeu 18+! Fuck yeah!

Far Cry 3 est un jeu développé et édité par Ubisoft Montréal et quelques succursales diverses et variées (comme Massive Entertainment en Suède, pour le multijoueurs par exemple).

En préambule, il convient de dire que je ne parlerai absolument pas des modes multijoueurs (coopératif ou compétitif) parce que jouer en ligne avec des inconnus, c’est sale et je n’aime pas ça. Nous nous intéresserons globalement au solo, son histoire, le gameplay, abordant – comme d’habitude – autant les points positifs que les points négatifs. Comme d’habitude aussi, il est possible que l’article comporte quelques spoilers minimes (de toute façon, vous vous doutez bien que le méchant meure à un moment ou à un autre).

Pour ceux qui n’ont pas une énorme culture vidéoludique, Far Cry était à l’origine un jeu de Crytek édité par Ubisoft qui s’est empressé de mettre la licence dans son escarcelle. On incarnait un baroudeur lambda catapulté sur une ile lambda avec sa bite et son couteau contre une une horde de mercenaires plus vicieux et encore mieux organisés le SWAT. On allait donc percer les secrets de l’ile en défouraillant sévère dans la jungle.

Après un épisode 2 des plus dispensables, Ubisoft remet le couvert en revenant aux fondamentaux :

  • Un type lambda,
  • Une ile,
  • Une bite,
  • Un couteau.

Jason Brody était parti en Thaïlande avec des potes pour faire la fête. Les choses tournent mal, ils se retrouvent capturés par une bande de pirates qui fait dans le trafic d’esclaves. Jason réussi à s’enfuir, il se fait recueillir par des locaux qui voient en lui le Guerrier, et voilà le brave Jason qui part dans la cambrousse pour égorger tout ce qui se trouvera entre lui et ses potes en captivité.

Et c’est parti pour un grand trip initiatique à la découverte de soi, entre violence et psychotropes !

Je juge toujours un jeu ou un film à la qualité de son scénario. En effet, on aura bien avoir le meilleur gameplay du monde, si l’histoire ne m’intéresse pas, je n’aurais aucune motivation profonde pour finir le jeu. Et comme je ne suis plus un ado avec des heures à perdre dans tous les coins, le simple plaisir/challenge de finir un jeu pour finir un jeu n’est plus une carotte suffisante. Et comme je ne suis pas un ado de cette génération, j’en ai un peu rien à branler des petits achievements inutiles qui me félicitent d’avoir passé des heures à chercher des artefacts moisis dans la forêt.

J’ai fini le jeu. Sous-entendu : le scénario a réussi à me faire aller du point A au point Z. La grande force de Far Cry 3, c’est sa galerie de personnage haut en couleur, très bien caractérisés et très bien interprétés (en anglais, vous savez que je ne m’abaisse même plus à mettre des voix françaises). Brody possède un tempérament un peu passe-partout comme tout bon héros qui se respecte. Mais les méchants et les personnages secondaires ont la classe : Buck, Sam, Hoyt et bien évidemment Vaas, sur qui s’est fait le plus gros de la communication. A juste tire, Vaas est un personnage en or ; vous allez l’aimer, peu importe la scène où il apparaît !

Vaas, un méchant complètement barré et crédible comme on en voudrait plus souvent !

Comme je le répète souvent, une histoire réussie, c’est avant tout un antagoniste réussi. Et Vaas est vraiment très réussi. L’écriture du personnage certes, l’interprétation de Michael Mondo sûrement aussi, mais c’est surtout que Vaas synthétise deux choses essentielles à ce Far Cry :

  • La folie
  • L’ile
  • (Et le fait qu’on veuille réellement buter ce dingue)

L’ile est un personnage à part entière. Vaste, plein de surprises, vous allez apprendre à la découvrir, à la comprendre et à la maîtriser à mesure de votre aventure. Honnêtement, dans la tête de Brody, votre envie première est de secourir vos amis et buter Vaas. Pourtant, naturellement, vous allez avoir envie de découvrir l’ile, de l’aider, de la débarrasser des pirates. Un petit tour de force, un brin de magie qui transforme un simple jeu en une véritable immersion dans une nouvelle culture. (Oui, bon, d’accord, la belle Citra donne un surplus de motivation pour faire l’habituel travail de nègre avec les quêtes accessoires.)

Citra, un autre argument de vente…

Le thème phare de Far Cry 3, c’est la folie. Qu’est-ce que la folie ? Vous avez une vingtaine d’heure de durée de vie (plus si vous cherchez vraiment tous les achievements inutiles) pour le découvrir. Et on y touche dès le départ avec Vaas et avec ce pauvre Jason qui se retrouve littéralement au pied du mur et qui doit faire des choix. En effet, même si ça aurait pu être encore mieux fait, ils ne seront pas rares les moments où en tant que joueur, vous vous regarderez en train de jouer pour vous rendre compte que votre protagoniste perd littéralement pied avec la réalité. Les passages sous LSD (séquences oniriques sous influence toxiques très réussies) d’un part, mais surtout les gros défourraillages en règles à la sulfateuse avec Jason qui trippe et se marre. Vous avez pleinement conscience que Jason bascule petit à petit et sciemment dans une folie orchestrée.

Pour peu que vous ayez un minimum de sens moral, vous ne pourrez vous empêcher de réfléchir sur la folie inhérente au genre du FPS : ou comment un type qui n’a jamais tenu une arme de sa vie en vient à massacrer au couteau type après type avec une espèce de jouissance malsaine ?

Le thème de la folie est bien évidemment supporté par l’utilisation de nombreuses drogues, soit par besoin du scénario, soit par du crafting de seringues… Pour ajouter à l’ambiance, l’équipe narrative a fait le choix d’accompagner la piste de Jason Brody par Alice au Pays des Merveilles avec de nombreuses références textuelles ou symbolique (« Mange-moi », les grottes, etc.). Un choix judicieux. Après un récent visionnage, Far Cry 3 et le parcours de Jason n’est pas très éloigné de celui du film La Plage de Danny Boyle. Le film est une bouse enrobée de sable fin, mais les analogies sont trop nombreuses pour être une coïncidence (l’isolement fou de DiCaprio, l’insertion volontaire dans la culture Rakyat, etc.).

Quoi de mieux que Vaas et Buck pour bien prendre conscience de ce qui vous attend sur l’ile ? J’adore ces personnages !

Même si certains choses auraient pu être mieux traitées, mieux organisées et mieux travaillées, force est de constater que pour un FPS somme toute bien bourrin et qui revendique le côté série B propre à la série, le scénario est surtout ses personnages méritent le détour. Au moins, vous avez une vague excuse pour jouer du lance-flamme dans des champs de cannabis…

En plus, beaucoup de scènes-clé sont bien mis en scène et renforcent le côté mystique, le côté jouissif, le côté épique, etc. propre à chacun des passages-clé du scénario. La Chevauché des Valkyries dans un hélicoptère, je ne dirais que ça.

Parmi les points noirs de la narration qui personnellement m’ont dérangé :

  • J’ai arrêté de jouer pendant plusieurs semaines suite à la mort de Vaas, sans envie de continuer. Pourquoi ? Parce que la mort de Vaas sonnait comme le climax du jeu. Bien sûr, il a un boss au-dessus de lui, mais on n’a aucune antipathie pour le grand Grand Méchant. Tout simplement parce qu’on n’a jamais vu ce dernier et parce que l’enfoiré qui a enlevé nos amis et buter notre frère, c’est Vaas ! Pas Hoyt.
  • De fait, toute la fin du jeu tire en longueur pour pas grand chose et aurait mérité d’être bien plus fouillée en donnant des rebondissements dignes de ce nom et une réelle envie d’explorer une nouvelle ile. Citra est bien mignonne, mais une paire de nibards, c’est un peu léger pour se farcir tout seul une armée entière… (on retrouve ces fameux moments sus-nommés où la folie du jeu déborde sur celle du joueur, qui en redemande).
  • L’histoire principale se décline en une quinzaine de missions. En soi, c’est raisonnable. Pas ouf mais raisonnable. Mais le rythme est plombé par cette foule de missions annexes sans intérêt qui s’accumulent sur la carte ! A partir d’un moment, j’ai arrêté de les faire. Ca m’intéressait tout simplement pas de faire le coursier ! Ni même de jouer au poker.
  • Encore un choix entre A et B avec un bouton à la fin… Après Deux Ex: Human Revolution et Mass Effect 3, n’y a-t-il plus un jeu qui ait le courage d’assumer sa fin ? Ou mieux, une fin en conséquence des actions du joueur, non d’un choix final du joueur ?

Ca reste raisonnable. Pour une fois, c’est pas sur l’histoire en général que porteront mes griefs. Au contraire ! Ma casquette de scénariste est très satisfaite. Mais des trucs qui m’ont énervé, il y en a un tas ! Mais c’est ma casquette de Game Designer que je dois mettre !

  • Trop de missions annexes tuent les missions annexes. Chasser des animaux, c’est marrant, mais c’est bon, c’est pas le coeur du jeu. Idem pour les courses en bagnole pour apporter des médocs d’un point A à un point B. Pour les Rakyats, Jason Brody est l’incarnation du Guerrier ! En d’autres termes, Jason Brody décapite des mecs ! Il est pas venu pour faire l’ambulance ou pour ramener de la bouffe de sanglier au village !
  • Les recherches d’objets perdus sont trop nombreuses pour être réellement significatives ! 20 cartes mémoires ? 120 reliques ? Plus des lettres de militaires ? C’est complètement abusé et ça nuit très largement au rythme du jeu ! On joue à Far Cry, pas Tomb Raider ! Tout divisé par deux auraient été appréciable ! Ca aurait été d’autant plus appréciable si on avait une carotte pour se farcir des explorations chiantes comme la mort ! Et pas un achievement moisi. Une nouvelle arme, une quête final unique… Un truc fun quoi !
  • La geste de la thune est catastrophique ! Il y a un milliard de coffres où on récupère de tout. Si je traduis : Jason ramasse des merdes qu’il vend pour 5 $. Une tête de poupée ? Bien sûr, je prends ! Une carte à jouer ? Allez, je prends aussi, je tomberai peut-être sur les 51 manquantes ! Tout, tout, tout. Vous récupérez tout ! Personne dans la vraie vie ramasserait une seringue usagée ; Jason, il se dit qu’il va la garder dans ses poches pour vendre ça 8 $. Regardons la vérité en face, cette ile est un vaste dépotoir !
  • Toujours sur l’argent, je ne comprends pas pourquoi on me file des armes gratos et qu’on continue de me filer de la thune dans des coffres ou sur des corps (oui, parce que j’ouvre tous les coffres et je fouille tous les corps sur mon chemin). On se retrouve à vider son portefeuille pour acheter des améliorations (200$ le silencieux… on n’est pas prêt de vider ses 10.000$) et des peintures de flingues. Des peintures de flingues ! Qu’est-ce qu’on s’en fout d’avoir un flingue rouge ou jaune ? On est pas un orc, le peindre en rouge ne le rend pas plus efficace ! Moi, Game Designer, j’aurais demandé qu’on ait pas le cul entre deux chaises :
    1. Soit on me file tout gratos parce que je suis Rakyat/pilleur de corps/crafteur et c’est pas la peine d’avoir d’argent,
    2. Soit on me file rien gratos et on justifie la tonne de trucs pourris que je récupère sur les corps et dans les coffres.
  • J’ai rien contre le poker en soi. J’ai pas envie d’y jouer, mais j’ai rien contre. En revanche, jouer au poker avec les milliards de jetons inutiles qu’on récupère dans des coffres, ça, ça aurait été intéressant ! Tricher au poker avec les milliards de cartes à joueur inutiles qu’on récupère dans des coffres, ça, ça aurait été intéressant !
  • Le crafting… Chasser pour se fabriquer de l’équipement, c’est une bonne idée. C’est juste très mal réglé et trop vite expédié ! Se fabriquer des seringues, c’est une bonne idée. C’est juste bien inutile parce que les formules ne servent à rien ! (à part la seringue de soin remplaçable par les innombrables médikit qu’on trouve ou qu’on achète…) (à part la plongée prolongée remplaçable en virant justement les plongées inutiles pour récupérer de la thune ou des reliques inutiles).
  • L’IA ennemie. Elle est VRAIMENT très permissive. Certes c’est rigolo de s’approcher d’un ennemi pour lui planter un couteau dans le dos ; mais là, on peut s’approcher quasiment de face ! Les ennemis sont 6 dans un camp et personne ne s’étonne de voir la vigie sniper manquante depuis 5 minutes ? Sérieusement… Et ceux qui ont déjà parcouru une de mes autres chroniques de jeux vidéo savent que je met de base la difficulté au maximum… (A noter que je n’ai pas tester la difficulté ++ rajoutée récemment, difficulté qui aurait dû être là de base, à mon humble avis.) Je ne vais même pas revenir sur ces PNJ suicidaires qui sautent littéralement du pont pour mourir en bas !
  • Le mensonge marketing. Oui, parce que dans la plupart des vidéos que j’ai pu voir, les programmeurs, producteurs et compagnie me vantaient les mérites d’un univers au gameplay systémique émergent. Oui, mais non… Tirer sur une cage pour libérer un tigre qui bute tout le monde a votre place n’est pas émergent puisqu’il était très clairement là pour ça ce gros chat ! Il est un peu systémique parce que son boulot est de boulotter des bipèdes à son bon vouloir, mais bon… Tirer sur un bidon d’essence pour qu’il explose, c’est pas vraiment ce que j’appelle inventer la foudre. Reste le feu et sa propagation héritée de Far Cry 2 qui est rigolote. J’aurais tellement aimé une ile deux fois moins grande mais aux possibilités plus grande (tirer sur des cales pour virer des rondins ou des bagnoles, activer des machines, créer des éboulements…)

J’adore quand un plan systémique émergent se déroule sans accroc…

  • L’arbre des talents. Ou comment maintenant la plupart des jeux se sentent obligé de mettre un côté RPG… Il est très mal fait. D’une part parce que avant la fin du jeu, vous aurez tout débloqué (quel intérêt alors ?). D’autre part, parce ce que quitte à mettre du RPG et des choix, autant faire en sorte que ça ait du sens en le limitant : un arbre « corps à corps furtif », un arbre « armes légères polyvalent », un arbre dit « de bourrin avec lance-roquettes et tout le toutim », agrémenté ça et là de compétences utiles pour son type de gameplay. Là, on coche juste des cases au fur et à mesure. Mais bon, on essaie de ratisser large sur le public, alors on fait des concessions…
  • Un arc, des flèches. Qu’est-ce qu’on ferait pas pour être à la mode ! Hein Lara Croft ? Hein Crysis 3 !
  • L’interface… L’interface… Je sais bien que c’est relou pour les développeurs et les Game Designer de faire une interface spécifique au PC, mais il faut ! C’est juste insupportable pour nous autres sinon ! A chaque fois qu’un développeur fait le choix de garder son interface de consoleux en changeant « gachette droit » par « clic droit » ou « Bouton X » par « clic gauche », un chaton meurt dans le monde ! C’est juste pas possible ! L’inventaire est à vomir, les interfaces pour les 120 reliques et consorts risibles sur mon support de prédilection, la molette n’est même pas prise en compte pour les ascenseurs ! Pire ! Il y a plus de 120 touches sur mon clavier, ça vous fatiguerait de mettre en plus « i » pour ouvrir l’Inventaire, « j » pour mon journal, « k » pour mes Kompétences, « o » pour mes cOnfections ?
  • Des DLC bien inutiles (gratuit, encore heureux) qui n’apporte rien sinon une augmentation artificielle de la durée de vie.
  • L’ile est vraiment peu peuplée. Plus ça va, plus vous récupérer des avant-postes qui marquent l’avancée des Rakyats. J’aurais aimé – en toute logique – que pour les derniers avant-postes, les PNJ fouettent un peu leur mouille et renforcent leurs patrouilles et le nombre d’hommes qui me traquent. Je veux pas dire que toute l’aventure avait l’air d’un séjour au club Med, mais… dadadirladada tout de même !
  • Depuis les derniers patchs, mon jeu a souffert d’un insupportable manque de stabilité (crash toutes les heures environ, et non, ça ne vient pas du manque de mémoire).
  • Pas de sauvegardes quand on veut ! Genre… Combien de fois j’ai dû recommencer des segments entiers parce que j’ai voulu tenter un truc et que ma sauvegarde auto était à un checkpoint antérieur (soit 20 mecs à rebuter, refouiller, idem pour les coffres)

Vous l’aurez compris, Far Cry 3 souffre surtout par de sa trop grande générosité qui en font un jeu finalement mal réglé et qui force le joueur à papillonner pour des prunes.

(Evidemment, je crache que sur les points négatifs. C’est plus facile. C’est oublier les bonnes idées comme l’appareil-photo, les différents types d’éliminations, les tyroliennes, les antennes radio pour la carte, certaines missions bien trippantes, l’opportunité de jouer ultra bourrin ou ultra fin, la liberté open-world, etc.)

Reste que le jeu est tout de même très joli, surtout avec une grosse configuration de brutasses. Il n’atteint pas un Crysis 3, les animations ne sont pas toujours top, mais on ne va vraiment pas se plaindre, c’est vraiment beau. Les scènes oniriques sont vraiment magnifiques et très bien mises en scène. Ca reste vraiment très agréable de parcourir l’ile sur terre, mer ou air grâce au très nombreux moyens de locomotion ! Je recommande, autant que faire se peu, de limiter l’utilisation des déplacements rapides.

Là, c’est beau, mais c’est photoshopé, ça compte pas !

Far Cry 3

Là, c’est beau comme dans le jeu

Terminons avec une petite note sur la musique (hu hu). Déjà, il faut aimer le dub-step, parce que vous allez en bouffer. Mais pas au point de vous saouler. Cela va même resté assez discret grâce un excellent travail des sound designers et du déclenchement des ambiances sonores à des moments précis. Repéré, animaux qui rôdent, gunfight en règle… la bande son suit vos pas et les accompagnent avec efficacité.

Far Cry 3 possède littéralement les crédits de fin les plus longs qu’il m’ait été donné de lire ! Limite la serveuse du Starbucks est remerciée ! Cela ne manquerait pas de me faire digresser sur la machinerie pour produire du AAA, mais non. Et oui, je lis les crédits de la fin en entier, par respect pour la profession et trouver des noms que je connais (2, en l’occurrence).

Pour conclure, je me suis certes longtemps attardé sur les défauts du jeu (parce qu’en tant que Game Designer, je me dois de ne pas laisser des choses évidentes  inhérentes à mon métier ; parce que, toujours en tant que Game Designer et scénariste, je milite pour des choses qui ont du sens ; parce que qui aime bien châtie bien), mais très honnêtement Far Cry 3 est un excellent jeu, un open-world dans lequel on s’immerge avec délectation grâce à une histoire qui mérite d’être vécue et des personnages charismatiques. Vaas restera dans les annales du jeu vidéo, rien que pour lui, Far Cry 3 mérite l’investissement. Ca faisait très longtemps que je ne m’étais pas autant amusé et pris au jeu sur un FPS !

En cadeau bonux, le trailer, absolument pas représentatif du jeu (CGI trop réalistes par rapport au parti pris graphique final), mais qui déchirait bien !

Sucker Punch est un film écrit, produit et réalisé par Zack Snyder (300), avec Emily Browning (Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire), Abbie Cornish (Limitless), Vanessa Hudgens (High School Musical), Scott Glenn (Apocalypse Now) et Carla Gugino (The Watchmen).

Une pauvre fille vient de perdre sa mère. C’est triste. Ce qui est encore plus triste, c’est que son beau-père n’est pas sur le testament. Du coup, il va se débrouiller pour que sa belle-fille finisse dans une institution mentale avec, comme point de mire, une trépanation en règle. La jeune fille en question va alors s’enfermer dans son univers pour découvrir les clés qui lui permettront de s’échapper…

En gros.

Zack Snyder est surtout connu et reconnu pour ses adaptations de licences de comics. Si vous n’êtes encore familier de mon blog, vous ne savez donc peut-être pas qu’il est aux commandes du prochain reboot de Superman et que j’attends ce dernier comme un dingue. Ce qui fait que je m’intéresse un peu à la technique de Zack Snyder en terme de rendu et de mise en scène. Et jusqu’à présent, j’avais bien apprécié ses 300 et The Watchmen. Au regard de ces deux films et de Sucker Punch, je pense que, visuellement, Superman va envoyer du petit poney en orbite ! Après, aucune idée si ce sera une vraie réussite, hein ! Encore faudra-t-il un bon scénario et une bonne mise en scène.

Mais Sucker Punch est vraiment une claque visuelle. Je crois qu’il n’y a pas un seul plan qui ne soit pas retouché. J’ai trouvé ça très beau, très esthétique et techniquement ultra-maîtrisé. Il n’y a pas à dire, c’était vraiment classe à regarder. Les bastons envoient du bois, ça dézingue de tous les côtés, ça ralentit, accélère, tourne, gyroscope à mort.

Sucker Punch, c’est bien un gros film de gros nerd qui s’est fait bien plaisir. Ou comment mettre des nanas en jupette dans des combats contre des samurais géants, des soldats nazis zombis, des robots futuristes ou des dragons ! Oui, tout ça dans le même film. Un gigantesque « What the duck » en pleine face ! Un melting pot de n’importe quoi !

Et c’est bien là le point noir de ce film. On n’a pas vraiment l’impression de mater un film. Au mieux, vous regardez des courts-métrages mis bout à bout les uns des autres avec pour seule excuse « je veux faire un film méga-jouissif ». Au pire, vous avez juste l’impression de mater de superbes clips pour des chansons cultes…

Et pourtant, l’intrigue suit le bon canon de la quête mythique : la plongée dans un univers inconnu, le vieux maître sage qui donne des conseils, l’élève qui accepte sa destinée, les objets mystiques à récupérer, le retour avec l’elixir… Rien d’exceptionnel, du grand classique. Chose qui ne me dérange jamais quand c’est bien fait. Là, le fait que Babydoll (oui, l’héroïne s’appelle comme ça, les autres ont des surnoms tout aussi improbables : Sweet Pea, Rocket, Blondie…) plonge dans « ses » univers façon Inception quand elle danse pour justifier qu’elle récupère les fameux objets mystiques, c’était un peu facile. Voire même, osons, carrément bidon. De toute façon, le cahier des charges semblait bien clair au départ (cf supra, le paragraphe avec le mot samurai dedans) et il fallait bien trouver une façon de lier tout ça…

Le mieux pour apprécier Sucker Punch, c’est très clairement de déposer son cerveau à l’entrée et de regarder une blonde en costume d’écolière dézinguer du monstre en pagaille. Sinon, vous vous demandez « mais pourquoi ? », ou « comment ça se passe en vrai ? » ou « ah, en fait, c’est une allégorie sur la folie, l’enfermement sur soi pour contrer une réalité trop sombre ». Ce qui est le cas, au deuxième degré de lecture… pour ceux qui iraient jusque là. Si l’intention est louable, on regrettera que cela ait été traité avec autant de facilité et que quelques dialogues de trop à la fin gâche cette interprétation. (Je veux pas dire, mais encore une fois, un épisode de Buffy avait mieux traité ça…)

Comme je disais plus haut, Sucker Punch, c’est aussi un gigantesque clip. De grands classiques sont réinterprétés pour supporter l’image et les différentes scènes de combat : Sweet Dreams, Where is my mind, White Rabbit, Army of me, Search and Destroy C’est à en point douter une des grandes forces du film.

Avec les jolies filles, cela va de soi.

Au final, Sucker Punch est un joli film à tout point de vue, très maîtrisé techniquement, un gros n’importe quoi d’influences qui partent dans tous les sens, de la branlette de geek qui s’assume mais qui frôle l’overdose et l’ennui si vous n’êtes pas dans le trip !