Wolfenstein: The New Order est un jeu de MachineGames, édité par Zenimax/Bethesda.

Nous sommes en 1960 et les nazis ont remporté la seconde guerre mondiale. Le héros de guerre B.J. Blazkowicz s’apprête à lancer une contre-offensive désespérée contre le monstrueux régime nazi qui gouverne le monde.

Wolfenstein fait partie des licences que j’apprécie. Essentiellement à cause du fait que, contrairement à d’autres FPS, celui-ci ne se prend pas spécialement au sérieux et qu’il ne fait pas réellement l’apologie de la guerre en mettant le brave soldat américain contre une batterie de terroristes. Après un reboot très agréable (Return to Castle Wolfenstein) et une suite médiocre complètement dispensable, qu’en est-il de ce nouvel opus ?

Et bien ce fut une très agréable surprise venant offrir un petit vent de fraîcheur dans le morne paysage des jeux de tir à la première personne ! Le fait d’avoir placé l’histoire dans un contexte alternatif n’y est pas étranger. Si la trame du scénario est dénuée de réelles surprises durant la campagne et ne prend pas de risques, elle est toutefois menée avec suffisamment de panache pour ne pas lui tenir rigueur d’être trop classique. Il faudra compter entre 15 et 20 heures pour compléter l’histoire ; une rejouabilité avec un choix en début de partie doublant cette durée de vie. Honnêtement, pour un FPS, c’est riche.

L’énorme travail pour créer un univers nazi crédible durant les années 60 m’a personnellement conquis et j’en redemande encore ! Entre les affiches de propagande, les disques (genre les Beatles en allemand), les articles de journaux, les villes remodelées sauce nazi progressionniste, tout est fait pour immerger le joueur dans un monde alternatif riche et avec lequel on a envie de jouer au 7 différences. Les personnages qui nous accompagnent sont suffisamment travaillés pour qu’on s’y attache (Anya, surtout). L’accent est très clairement mis sur la narration et c’est agréable pour une fois. Il aurait été encore plus appréciable que le traitement des personnages et de l’histoire soit jusqu’auboutiste et propose un aventure mieux définie sur ses objectifs : entre épique badass premier dégré et potacherie série B, le titre a parfois du mal à s’assumer ! Inutile de dire que j’aurais préféré un traitement qui ne se prenait clairement pas au sérieux tout en distillant des messages qui l’étaient pour qui prenait le temps de lire entre les gerbes de sang et des passages purement gratuits.

La trame principale n’est pas sans défaut qui vous laisseront comme un goût d’inachevé envers tel compagnon, tel méchant ou tel événement… Il y a des choix que je n’aurais pas fait, d’autres que j’aurais imposés pour augmenter le drame. Il ne manquait pas grand chose pour faire passer ce nouvel opus de la série du statut de bon jeu à celui de jeu culte ! Dommage. Mais on lui pardonne. D’autant plus que mon petit doigt pense qu’une suite est dans les cartons… enfin, si le retour sur investissements est dans les caisses avant.

Techniquement très agréable à regarder, le jeu souffre toutefois un peu de la comparaison avec des moteurs purement next-gen du dernier E3. Pas d’inquiétude, c’est très propre et très beau tout de même. On fera aussi face à quelques bugs parfois gênants comme les synchronisations de voix à la ramasse et des combinaisons de touches malheureuses au chargement des niveaux (boum, tu passes sous le sol et meurt ; tac, je te remplis toute la mémoire…). Pas d’inquiétude encore une fois, cela reste très rare. Niveau optimisation, on repassera aussi avec ces 45 Go d’installation et Steam qui m’a réinstallé le jeu pour le plaisir de faire son truc dans son coin.

Ultra classique dans son exécution, Wolfenstein: The New Order reste un jeu de tir sans excentricité. Il n’y a pas de bon chasseur et de mauvais chasseur, quand vous voyez un truc qui bouge avec une croix gammée dessus, vous tirez ! Le jeu vous proposera deux alternatives de gameplay : l’ultra-bourrine et l’infiltration. Les deux étant librement jouables avec leurs avantages et leurs défauts. La bourrine est amusante mais peut vite vous compliquer la vie. La discrète est efficace mais peut vous rendre la vie trop facile. Et puis, plutôt deux fois qu’une, le jeu aura tendance à vous imposer l’une ou l’autre suivant les niveaux. Ajoutons au système de base des possibilités d’évolutions suivant votre façon de jouer : plus vous faites des actions discrètes, plus vous devenez doués en discrétion. Malheureusement, à l’image de Far Cry 3, l’arbre sera complètement débloqué d’ici la fin de votre aventure pour peu que vous ne soyez pas manchot, ce qui tend à prouver que votre spécialisation n’en est pas vraiment une et qu’elle aurait mérité d’être plus hardcore.

Et avec le mot hardcore arrive le véritable point noir du jeu : son intelligence artificielle. Plusieurs niveaux de difficulté vous sont proposés. J’ai mis le jeu en Uber parce que mon Blazkowicz, il a des bollocks ! Force est de constater que même au niveau le plus élevé, le jeu ne propose pas de vrais challenges. J’ai compté 5 à 6 passages tendus nécessitant une quinzaine d’essais. Je conçois que certains puissent rager de perdre face à la machine, j’y vois une opportunité de sortir de ma zone de confort et de pousser le personnage à faire des trucs épiques ! Uber semble donc proposer le juste milieu que j’attendais et je n’ose donc imager l’intérêt réduit que peuvent présenter les modes de difficultés inférieures. Et ceux qui voudront un challenge encore plus dur, il faudra se tourner vers les modes bonus déblocables en récupérant des codes secret dans la campagne. Une façon comme une autre d’explorer les niveaux pour les chercher et de ne pas complètement suivre les couloirs comme un idiot.

A ce propos, le level design du jeu est particulièrement bien foutu. Le joueur n’est jamais perdu et peu profiter de l’environnement (destructible et dynamique) pour le tirer à son avantage. Mention toute spéciale pour le niveau de Gibraltar, un parmi d’autres particulièrement jouissif à faire.

La facilité du jeu est en partie dû à l’intelligence des ennemis. Ils ne sont même pas aux fraises, ils ont pris tout le panier de fruits rouges ! Leur champ de vision se limite à un angle d’une vingtaine de degrés, et passés deux mètres, ils sont atteints d’une grave myopie qui vous permettra d’aller accroupi un peu partout comme vous voulez. Les ennemis – sauf scène bien scriptée – n’auront aucune coordination de groupe et préféreront venir se suicider un par un…

La bande-son est une autre bonne note à ajouter au titre. Il ne sera pas rare de vous arrêter quelques secondes pour l’écouter et vous rendre compte qu’elle supporte parfaitement le moment, qu’elle soit calme ou en pleine montée de puissance, à l’image d’une situation qui dégénère vers la boucherie organisée. Notons que par pure flemmardise, je n’ai pas cherché à passer le jeu en version originale (encore un de ses jeux qui ne proposent pas les voix qu’on veut avec les textes qu’on veut). La bonne nouvelle est que mes oreilles n’ont pas saigné, c’est déjà ça. En revanche, comme toujours, c’est loin de la qualité des acteurs américains…

Enfin, le jeu ne propose pas de mode multijoueurs. Beaucoup le lui reprocheront, moi, je m’en fous, j’aime pas jouer avec les autres !

L’édition occupée sur PC s’accompagne de quelques cartes postales et un mini-livre.

Wolfenstein: The New Order fait partie des excellentes surprises jeux vidéo de cette année ! Doté d’une histoire longue et d’un excellent level design, le titre vous transportera dans un univers riche et fouillé qui mérite d’être découvert. Assurément le FPS qu’il vous faut pour combler l’attente de Far Cry 4 et Battlefield: Hardline ! Loin d’être parfait, je valide pourtant et le recommande chaudement car les bonnes intentions – tout comme les FPS qui sortent un peu de la routine – méritent de l’être ! Jouissif !

Sur ce, j’ai la deuxième histoire à faire.

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commentaires
  1. […] Wolfenstein: The New Order […]

  2. […] Wolfenstein: The New Order […]

  3. […] faire la guerre. Surtout si c’est pour dégommer de l’alien vindicatif, du nazi mégalomaniaque, du guerillo déséquilibré ou pour sauver l’univers. En revanche, les jeux de guerre […]

  4. […] bon FPS solo qui ne donne pas l’impression de vous enfumer, allez voir du côté du dernier Wolfenstein ! Et si vous voulez un vrai bon jeu sur le thème de la guerre, je recommande une fois de plus […]

  5. […] graphisme, voix, gameplay et fun, je vous renvoie à ma chronique de Wolfenstein: The New Order, The Old Blood fonctionnant sur la même recette de base (n’espérez aucune nouveauté […]

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