Articles Tagués ‘Nuit’

D’ordinaire, je commence toujours la nouvelle année par un article sur celle qui vient de s’achever. La routine étant ce qu’elle est, j’ai décidé de passer outre et de directement donner des nouvelles du pays des fjords pour accompagner mes voeux.

Donc, à quiconque passera par là plus ou moins par hasard: Bonne et heureuse année ! Que celle-ci vous apporte santé, joie, amour, argent, félicité, compassion et j’en passe. Pas de mention à biffer, prenez tout ce qui vous intéresse !

J’ai donc passé mon premier Noël et premier de l’An en Norvège. L’occasion d’observer les us et coutumes d’un pays qui connaît des jours qui durent moins à peine 6 heures. Il s’avère que Noël est une vraie fête ici. Pas spécialement commerciale, d’ailleurs. Au contraire d’Halloween, qui est elle aussi beaucoup marquée si j’en crois la longueur de la file d’attente du magasin de déguisements juste en face de mon boulot toute la semaine qui a précédé le 31 octobre.

Pour  vous dire à quel point Noël est marqué, il suffit de savoir que le 25 est férié, qu’on ne travaille pas le 24 dans l’après-midi et qu’on ne travaille pas non plus le 26 toute la journée ! Le hasard du calendrier étant ce qu’il est, ça faisait comme un pont de Mai du jeudi midi au lundi matin. Autant dire qu’il fallait prévoir ses courses parce que vraiment TOUT est fermé, épiceries, magasins et restaurants. (Notons également que le 23 également un jour de glande au boulot, 82% des collègues jouaient à League of Legends pendant que le reste cherchait comment dépenser leur prime de fin d’année sur un site de vente en ligne…)

Pour le premier de l’an, l’histoire est sensiblement la même, 1er férié et 31 à demi férié.

En soi, avoir autant de temps permettrait de faire beaucoup de choses. Mais comme je disais, les journées durent à peu près 6 heures. A 15h, la nuit commence déjà à tomber, ce qui limite les activités en extérieur. D’autant plus que même si, aux dires des locaux, on a eu un hiver relativement chaud en Novembre-Décembre, le temps s’est mis à prendre sérieusement cette histoire de neige et de froid. Le premier week-end de Janvier, il est tombé en une journée l’équivalent d’un hiver entier de neige. Avec les températures qui flirtent avec les -10 degrés, les 20-30 centimètres de neige sont partis pour rester jusqu’au printemps. Aujourd’hui, il fait -16, ce qui pour l’Osloïte moyen est vraiment froid, pas juste « vivifiant ». Il fait tellement froid que je le sens sur le cable des écouteurs de mon iPhone avec le cuivre qui se durcit.

Bref, depuis debut janvier, on vit un véritable hiver à la Norvégienne !

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Avant…

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… Après

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La pelleteuse passe virer la neige quand il y a trop. Elle est généralement accompagnée d’un autre engin qui balance du gravier sur la route (pas de sel). Et ils font ça à trois heures du mat’… parce que c’est plus rigolo de faire du boucan au milieu de la nuit !

Eden : Affiche

EDEN est un film de Mia Hansen-Løve (Un amour de jeunesse) avec Félix de Givry (Après Mai), Pauline Etienne (Tokyo Fiancée), Greta Gerwig (Frances Ha), Vincent Lacoste (Les Beaux Gosses) et Laura Smet (Yves Saint Laurent), d’après un scénario de la réalisatrice et son frère Sven.

Début des années 90, début de la scène électronique française. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». C’est le début d’un grand huit pour le jeune homme, tiraillé entre le succès naissant de sa musique et ses histoires d’amour foireuses.

En premier lieu, je remarque ça fait un moment que je n’ai pas consacré un article au cinéma. Mais je ne fais pas que jouer aux jeux vidéo, je regarde aussi des films. Des films que j’aimerais partager ici-même mais que j’ai du mal à argumenter autrement que par « regardez-le, c’est génial ». Mon constat étant plus mitigé sur Eden, ce dernier me semble donc parfait pour relancer en douceur les chroniques de films.

Deuxièmement, j’ai grave fait du name-dropping dans la liste des acteurs, certains ayant parfois un temps à l’écran inférieur à 5 minutes… La méthode est putassière pour ramener du monde depuis Google, faites-moi un procès.

Enfin, Eden est typiquement le genre de film dont j’avais vu la bande annonce, que je n’avais jamais vu, que j’avais décidé de regarder avant de faire comme tout le monde et le bouder sans raison particulière, comme le font les hipsters parisiens. Mais comme je suis en train de penser à mon prochain roman, je fais le tour des références pour nourrir mon imagination et l’ancrer dans une certaine forme de réalité. Le nombre de films dédiés à la musique électronique ou aux DJ étant particulièrement limité, Eden était un passage obligé. Malgré mes préjugés sans fondement.

Eden : Photo Félix de Givry

En matière de scène électronique française, hormis les Daft Punk qu’on a bouffé en boucle il y a deux ans et Cassius qu’on a bouffé en boucle il y a vingt ans,  je n’y connais pas grand-chose. Je n’y connais rien de plus après avoir vu le film, d’ailleurs. (Je sais ce qu’est le Garage House maintenant, c’est déjà ça.) Mais au moins, ça m’a permis de saisir l’ambiance effervescente dans laquelle est née la scène française, notamment portée par les Daft Punk. Ce qui ne me servira pas non plus pour mon livre, ce dernier se calant entre 2005 et 2010… Toutefois, il faut bien reconnaître que le film de Mia Hansen-Løve possède cet aspect touchant et empreint de véracité qui vous plonge dans le monde de la nuit des années 90. Le fait que son propre frère, co-scénariste, est également DJ et a connu cette époque (en construisant les soirées Cheers dont il est question dans le film, en écrivant pour le fanzine eDEN qui donne son titre au film, etc.) participe pour beaucoup la fibre (auto-)biographique du long métrage.

Après… Après… Après, force est de constater que c’était chiant. On va encore me reprocher de taxer les films français d’être aussi intéressants qu’un documentaire de tortues sous Prozac, mais c’était le cas. Hormis la scène d’ouverture assez intéressante et l’ultime scène parfaitement raccord à la mélancolie du personnage et révélatrice de sa propre condition, on se tape deux heures d’une longueur parfois insoutenable avec un acteur principal très monolithique dans son jeu. Sans aller à dire que c’était une torture, c’était looooooooooooong.

C’était d’autant plus long qu’il m’a fallu beaucoup de temps pour cerner les véritables enjeux du films, perdus entre la volonté de peindre les années 90 dans le milieu de l’électro et celle de montrer un personnage à la dérive, incapable de se controler, de se fixer ni de se construire. L’un et l’autre sont indissociables mais l’un et l’autre souffre de leurs propres limitations artistiques :

  • Dans le premier cas, c’est à cause des Daft Punk. En effet, les Daft Punk sont emblématiques de cette génération et leur ascension est montrée dans le film, mais en contre-point. Leur succès grandissant contrebalançant la médiocrité dans laquelle plonge le protagoniste. Cheers, le duo musical du film, étant 100% fictif, on finit par perdre l’intérêt à suivre leur parcours au détriment de ce qui se passe en arrière-plan pour les Daft. En gros, je suis en train de dire qu’un biopic sur le duo de la bande originale de l’étron Tron 2 aurait été plus intéressant et plus grand public (limitant aussi l’échec public de ce film…).

Eden : Photo Arnaud Azoulay, Vincent Lacoste

Les Daft Punk, le meilleur d’un film qui ne leur est pas consacré…

  • Et pour ce qui est du personnage principal perpétuellement confronté à ses démons, on a vite eu fait de tourner en rond. Entre le « je nique à tout va », « je me drogue », « j’ai plus d’argent », « je m’apitoie », le personnage perd rapidement de sa substance et finit par ennuyer. Sous le couvert de peindre un portrait réaliste des dérives d’un DJ qui a du mal à joindre les deux bouts et se remettre en question, on assiste – impuissant – à une succession de scènes répétitives qui ne font avancer ni le schlimblick, ni le personnage. L’effet pervers, c’est que le personnage devient vite antipatique. D’autant plus que Félix de Givry ne fait rien pour le rendre intéressant.

Bref, perdus, les enjeux l’étaient bien.

Le scénario s’en retrouve donc réduit à accumuler des scènes vides de sens, comblant tant bien que mal la vacuité générale du propos autour du personnage de Paul et de son évolution. C’est d’autant plus idiot qu’entre l’américaine, Margot et le personnage de Louise, il y avait matière à faire un film logique et cohérent sur les relations amoureuses de Paul (un peu à l’image des Poupées Russes). Là, c’est raté. A trop vouloir jouer la commisération, on finit par s’en battre les steaks. Et c’est dommage, car vous savez que j’apprécie les comédies romantiques, et c’était à moitié gagné rien qu’avec Pauline Etienne au casting…

Eden : Photo Félix de Givry, Pauline Etienne

New-York, le tournant du film. Ou comment passer à côté de la deuxième partie.

Et je ne parle même pas des autres personnages sans profondeur, présents juste pour le décorum dont les actions nous laissent froids. Je réalise d’ailleurs que pour un film sensé montrer l’émergence de la scène française, on n’a même pas le droit au processus créatif de la musique, juste à une succession de soirées les bras en l’air…

Vous avez compris le côté branlant d’un scénario mal foutu, ou j’en rajoute encore des couches ?

Sur la réalisation, j’ai eu un peu de mal sur certains choix de montage et une caméra un peu trop libre, effet gerbant en option pour quelques scènes.

Les amateurs profiteront toutefois d’une musique de qualité, avec des grands noms tels que Cassius, Frankie Knuckles, La India, Sueño Latino…

Si je comprends les intentions derrière Eden, son propos initial et ses ambitions, je me suis ennuyé. Essentiellement parce qu’il se perd dans ces propres intentions typées « film d’auteur » en oubliant les règles de bases de la dramaturgie, de construction de personnages et d’évolution. Très mal écrit, Eden est un film qui manque de rythme (!) et ne vaut le détour que pour les amateurs de Garage House et les clubbeurs des années 90. Si musicalement, Eden tient la route ; cinématographiquement, c’est une sortie de piste (de danse).

(Oui, je fais des métaphores filées sur la musique et la sécurité routière en même temps si je veux.)

This War of Mine est un jeu de 11bit Studios, disponible sur PC, Mac et Linux via Steam notamment. Au regard du style de jeu, je ne serai pas étonné de le voir un jour débarqué sur les tablettes…

Comme n’importe quel gamer, j’apprécie faire la guerre. Surtout si c’est pour dégommer de l’alien vindicatif, du nazi mégalomaniaque, du guerillo déséquilibré ou pour sauver l’univers. En revanche, les jeux de guerre réalistes type Call of Duty ou Battlefield m’ennuient profondément, essentiellement parce que même si j’adore les jeux vidéo, dépeindre la vraie guerre en glorifiant le troufion idiot va à l’encontre de mes aspirations pacifiques. En tant que game designer, j’ai d’ailleurs deux concepts de jeu que j’ai toujours voulu faire autour du thème de la guerre :

  1. Vous êtes un trouffion de base, vous faîtes la guerre mais vous n’avez qu’une vie et pas de respawn possible. On va voir si c’est toujours rigolo de faire la guerre…
  2. Vous êtes un simple civil et vous devez vivre au quotidien dans un pays en guerre et voir les choix que ça implique en terme de survie…

Et This War of Mine, c’est précisément ce deuxième concept ! Alors, au milieu de la semaine des grosses sorties AAA (Assassin Creed Unity, Far Cry 4, Dragon Age 3…), j’ai décidé, une fois n’était pas coutume, que j’allais donner des sous à un studio indépendant qui prend des vrais risques, impose une vision alternative du jeu et surtout, ne me gonfle pas avec une économie free-to-play !

Dans This War of Mine donc, vous incarnez un groupe de civil dans une ville (genre dans les Balkans ou Europe de l’Est) déchirée par une guerre civile et votre but est unique : survivre ! 

Le jeu se déroule en deux phases distinctes, jour et nuit. Le jour, vous devrez gérer vos survivants dans votre maison, en effectuant diverses actions :

  • Vous nourrir
  • Dormir
  • Soigner les malades et blessés
  • Crafter des objets (bouffe, équipement, armes…)
  • Améliorer votre maison (barricades, lits, fauteuils, chauffage…)
  • Allez voir qui frappe à votre porte (demande aide, échange de marchandise, délation de voisins…)

Oui, en gros, c’est Les Sims. Sauf que c’est une extension guerre et que c’est tout le temps la dèche : pas assez de médocs, pas assez de bouffe, pas assez de ressources pour crafter, des survivants déprimés, malades, affamés…

La nuit, vous avez le droit de planifier une expédition avec l’un de vos survivants pour qu’il explore des bâtiments pour qu’il vous ramène ce qui vous fait défaut le jour. Avec un peu de chance, le bâtiment est vide. Avec beaucoup de chance, vous tombez sur un mec qui veut bien faire du troc. Mais vous pouvez aussi bien tombé sur des militaires ou des groupes armés qui défendent à coups de pistolets leurs biens et territoires (donc à vous de vous infiltrer). Bien sûr, votre inventaire est limité et vous ne pourrez pas toujours ramené la bouffe ET les médocs ET les planches qu’ils vous manquent chauffer votre baraque ! Et si vous tardez trop dans la nuit, vous êtes obligé de rentrer de jour, sous les tirs de sniper…

La grande force de This War is Mine, c’est de réellement vous plonger dans l’horreur de la guerre avec tout ce que ça implique :

  • Se rationner, être malade si on ne prend pas soin de soi
  • Avoir des choix moraux sur oui ou non aider ceux qui frappent à votre porte, parce qu’il n’est pas dit que le type à qui vous filer de précieux médocs vous rendra la pareille (ou dans un autre genre, on va voir si ça vous plait de dénoncer à la milice le voisin qui vous a filé des médocs parce qu’elle propose trois conserves…)
  • Voler des maisons alors que d’autres personnes dans la même galère que vous essaient aussi de survivre
  • Buter d’autres civil parce qu’ils ont de la bouffe et pas vous
  • Accepter de faire mourir de fait un de vos survivant pour que les autres puissent continuer à survivre
  • Et j’en passe…

En soi, This War of Mine est un jeu absolument horrible ! Comme la vraie guerre. Et paradoxalement, en le dotant d’un gameplay survivaliste particulièrement chiadé et d’une direction artistique brillante, les polonais de 11bit Studios ont réussi à créer un jeu très efficace, addictif et beau !

Le jeu ne possède pas de tutoriel, ni d’aide, ni de sauvegarde multiple. Un peu comme le survivant, vous apprenez sur le tas et souvent de vos erreurs et découvrez – parfois chèrement – comment réussir à survivre un jour de plus dans l’horreur de la guerre. Les décors sont toujours les mêmes d’une partie à l’autre, le contenu des loots est en revanche aléatoire, tout comme votre équipe de départ. Ainsi, à l’image de personnes qui se regroupent pour survivre, vous n’avez pas le choix de vos compagnons d’aventure et il faut tirer profit de ce que vous avez quand vous l’avez.

Inutile de dire que le jeu est dur ! Dur, mais jamais injuste. Après tout, c’est vous qui définissez vos propres objectifs de survie. Si vos personnages dorment mal et se mettent à déprimer, il fallait probablement construire un lit avant de faire une distillerie et cramer vos bouquins dedans pour la faire marcher… Bref, tout est une histoire de choix et chaque choix est contextualisé par ce que vous vivez. Et les petits malins qui voudront se la jouer Call of Duty avec des civils découvriront que l’impact que cela aura sur leurs personnages…

Mort d’un personnage… L’un des pires écrans de jeu… quasi l’équivalent d’un game over…

Honnêtement, je ne suis pas sûr qu’il existe un moyen de gagner à ce jeu. Après plusieurs essais, j’en suis actuellement à 36 jours de survie et plus ça va, plus le calvaire prend des proportions ingérables dans ses fameux choix qu’il faut faire, dans la course à la bouffe, la course au médocs, le combats contre les pillards, les vols, les prises de risques… Vous vivez votre retour au petit matin avec l’angoisse de savoir si personne ne vous a attaqué, vous redoutez la tombée de la nuit vos options de survie se rapprochent dangereusement d’aller buter des innocents ou vous aventurez chez des mecs à avec des flingues…

D’ici quelques jours, pour combler l’absence de tutoriel, je ferai un petit article d’astuces pour mieux appréhender votre survie d’après mes retours d’expériences.

Le jeu est disponible sur Steam pour 20 euros. Je précise qu’il s’agit bien d’un jeu complet, non d’un early access moisi, et qu’il est entièrement en français. Si certains trouvent ce prix élevé pour de l’indie, sachez qu’il les vaut largement d’une part, et que d’autres par une partie de ce prix est reversé à l’association War Child qui vient en aide aux enfants en pays de guerre. Alors pas la peine de chipoter.

Ajoutons une bande-son absolument magnifique au tout et vous avez là, de mon point de vue, un vrai grand jeu riche, profond et qui se targue de faire réfléchir le joueur (et c’est un truc qui se fait de moins en moins…)

This War of Mine est un véritable coup de coeur. Un jeu absolument brillant tant sur le propos que sur la façon de l’aborder, tout en mettant en avant des mécaniques de jeu tendues et profondes. 11bit Studios a pondu une véritable merveille, une expérience vraiment à part, que vous pouvez vous procurez les yeux fermés ! Vraiment !

Cher Journal,

J’avoue, je n’ai pas pris le temps d’écrire des nouveaux articles de mes pérégrinations à DubaÏ. A vrai dire, entre le travail assez prenant, le manque de sommeil et les projets personnels, le blog passe en dernière priorités.

Autant pour la somme de travail inhérente à mon rôle de Producer/Game Designer/Narrative Designer/Recruteur/Autre (ne biffez aucune mention) et des choses comme Lithium Breed, je pourrais difficilement rogner. Autant pour le manque de sommeil, la solution était assez simple. Pénible parce que je déteste ça, mais simple. Changer d’appartement.

En effet, vous n’êtes pas sans savoir que ma première déconvenue dans mon nouvel appartement à IMPZ était le bruit (si vous êtes sans savoir, relisez tous mes J.E.D pour trouver le bon). Placé juste au-dessus du système de ventilations alimentant tout le building, j’étais 24/7 dans un environnement sonore équivalent à l’engeance malsaine d’un aspirateur et d’un réacteur d’avion. Comme j’avais payé 3 mois à l’avance (comme c’est souvent coutume pour les appartements à court terme), je m’étais fait à l’idée que je serais defracté en permanence, alternant nuits quasiment blanches et nuits quasiment complètes une fois que je tomberais de fatigue.

Au bout de deux mois, c’était la fin des pois chiche et j’avais atteint ma limite de tolérance. Aussi me fendis-je d’un coup de téléphone à mon proprio pour lui demander s’il n’avait pas d’autres appartements dans un quartier moins pourri perdu. Coup de bol, il se trouve qu’un appartement se libérait deux jours plus tard !

Très gentil, mon proprio a accepté de me rembourser les jours non consommés dans l’appartement à IMPZ et ma caution si je voulais switché dès la libération de l’autre appartement.

Une visite et un déménagement plus tard, me voici dans mon nouvel appartement !

J’habite désormais à Jumeira Lake Tower. Un quartier à la limite du financièrement acceptable pour se rendre au travail (35 AED le voyage vers la pampa de Studio City) mais un quartier qui a l’avantage non négligeable d’avoir:

  • Des commerces de proximité
  • Des restaurants
  • Une station de métro (et ça, c’est bien)
  • Des taxi quasiment toute la journée (de part la présence de la précédente, de zones commerciales et résidentielles)
  • Des buildings et un environnement finis !

L’appartement est dans la catégorie des « à court terme », donc à payer d’avance. Comme l’autre, plus je prends de mois, moins je débourse. Pour information, je paye le studio meublé 5600 AED/mois. On reste dans la limite des bons rapports qualité/prix/quartier. Evidemment, moins cher, c’est toujours possible.

L’appartement est silencieux. Ca fait un bien fou ! Deux nuit où j’ai pu quasiment m’endormir une fois la tête sur l’oreiller. La vue est vraiment pas dégueu (lac, pas de vis-a-vis, 22ème étage). Après un poil de ménage (surtout dans la salle de bain où le coin douche avait une couleur orange suspecte avant Mr Propre… les carreaux étaient en fait gris…), on s’y sent comme chez soi.  Il parait qu’il y a une salle de sport et une piscine au premier. Dans un premier temps, je note surtout le lac qui sera parfait pour la course à pied.

Vous noterez qu’une fois de plus, je n’ai pas de drap à la bonne taille et que les rideaux se résument encore une fois à une vaste blague. Sauf que les vitres sont teintées noir, donc que la pollution lumineuse n’existe pas le soir et que le matin, ça fait un réveil en douceur.

Bref. Un nouvel appartement qu’il est bien ! (après toutes les échecs depuis que je suis arrivé, il fallait au moins ça)

Cher Journal,

Puisque j’écris ce premier numéro, cela veut dire que je n’ai donc pas péri en d’atroces souffrances durant mon voyage. Ce qui est plutôt une bonne chose. C’était la première fois de ma vie que je prenais l’avion. J’ai pris le train, j’ai pris le bateau, j’ai pris une douche, mais j’avais jamais pris l’avion.

Mon premier avion qui ne soit pas un Lego

Un voyage de plus de 10 heures modulo les retards. Car finalement, même si les films tendent a légèrement exagéré la réalité, la SNCF n’a pas spécialement à rougir face au transit aérien. Départ depuis Charles de Gaulle, anciennement Roissy. Un aéroport qui fleure bon les années 70. 22kg dans une valise, 17 dans l’autre, 7kg dans le bagage à main. Je pars sûrement avec trop de trucs inutiles mais mieux vaut prévenir que guérir. Au moins partir à Dubaï est moins compliqué que dans d’autres pays. Pas de vaccin, pas de prévention particulière… Dubaï est riche et accueille ouvertement ses touristes.

Des révisions pour occuper le trajet

Comme c’était la première fois que je prenais l’avion disais-je, Hermes a été sympa avec moi et m’a placé à côté du hublot, de façon à ce que je puisse jouir du paysage, des nuages et de tout ce qui fait le charme du touriste innocent qui se prend à photographier tout et n’importe quoi. Surtout si ça fait ultra-cliché !

Photo cliché numéro 1

A l’arrivée au Caire, je prends la pleine mesure du choc des cultures. Rien qu’avec la douane, je peux juger à quel point les Egyptiens n’en ont rien à branler de la sécurité. Ca fait un peu club med. Honnêtement, j’aurais même pu passer trois grammes de coke dans mes mouchoirs. L’anecdote me marque parce que le douanier me demande ce que j’ai dans les poches, je réponds des mouchoirs en lui montrant les tissus usagés. Par excès de zèle, il les prends pour les tripoter sans chercher plus loin. J’aurais peut-être dû déclarer mes microbes à la douane…

De la place pour les jambes et une sortie rapide en cas de pépin…

J’ai moins de chance dans le deuxième avion. Si j’ai toujours l’opportunité d’étendre mes jambes, je n’ai plus le hublot pour espérer voir mon premier Dubaï by night from sky. On a eu le privilège du retard et de légères turbulences. Je m’étonne de voir à quel point je suis resté zen dans cette situation. Alors que mon voisin de droite était cramponné à siège et récitait doucement une prière en arabe, je me disais qu’il fallait faire confiance à la science et à l’industrie française (Airbus A320) et que ce serait vraiment pas de bol de nourrir les statistiques d’accident d’avion. Surtout au premier voyage !

Deux plateaux repas ont été distribués pour les deux avions. Ce qui fait qu’en mangeant à 17h et minuit, j’avais déjà niqué mon rythme de bouffe et mon rythme de sommeil.

Oui, je partage aussi des photos de bouffe comme sur instagram si je veux

L’avion s’est posé à 4:30. Une demi-heure de retard. Avec la SNCF, j’aurais reçu un petit papier. Première constatation : il fait chaud. J’arrive dans la phase ascendante des températures estivales et ont frôle déjà les 30°. Deuxième si l’aéroport de Paris était très typé 70’s, celui de Dubaï est flambant neuf.

Tout le monde se presse vers l’enregistrement des visas. Des écrans géants vous souhaitent la bienvenue et vante la candidature de Dubaï à l’expo universelle de 2020. Le temps de changer mes euros (125€ contre 565 AED) et me voilà en train de faire la queue. Devant moi, une Hongroise se fait gentiment dragouiller par Indien débonnaire. Je suis décalqué et en manque de sommeil, j’ai juste envie d’avancer mais la situation m’amuserait presque.

Comme je suis d’abord là en tant que touriste (ma nouvelle entreprise doit faire les démarches nécessaires pour le visa travail… pratique, si je conviens pas, je me ferais simplement expulser…), je n’ai pas le droit à la petite photo qui vous taggera dans tous vos déplacements grâce aux caméras. Je réserve ma première impression sur la population locale avec l’employé d’accueil pour un autre journal.

Aéroport de Dubai, prêt à accueillir des tonnes de touristes !

Après 5 minutes devant un tapis tournant qui ne correspondait pas à mon vol (oui, j’étais défracté), il est presque 6 heures du matin quand je quitte la climatisation de l’aéroport et prenne ma première bouffée d’air dubaïote...