Une fois n’est pas coutume, intéressons à une analyse de film. Un peu comme ce que j’avais fait pour Twin Peaks. A savoir, c’est mon blog, j’y raconte ce que je veux, a fortiori ce que je pense (même si je ne suis peut-être pas le seul à le penser). Et aujourd’hui, on va s’intéresser à une des plus grandes interrogations autour du plus culte des films de science-fiction : Blade Runner, réalisé par Ridley Scott, scénario de Hampton Fancher et David Webb Peoples, avec Harrison Ford et Rutger Hauer.

Deckard est-il un Replicant ?

L’article est long, je vais dire « oui » tout de suite, pour vous forcer à aller lire les preuves plus bas. Mais avant toute chose, il convient de faire un petit point. Plusieurs en fait.

  1. Ceux qui n’ont jamais vu Blade Runner sont priés de s’esquiver pendant que j’ai le dos tourné (afin que je ne sache pas qui c’est) et d’aller mater le film illico. Bien évidemment, ça risque de spoiler à mort
  2. Il existe 7 versions différentes de Blade Runner. 7 ! Certaines anecdotiques, d’autres changeant les interprétations du tout au tout. Celle de 1982 sortie en salle US par exemple fait la part belle à une happy end moisi pour ne pas déstabiliser ceux qui ne connaissaient Harrison qu’à travers ses rôles récents de Han Solo et Indiana Jones. Afin que tout le monde parte sur la même base, on va étudier la Director’s Cut finale de 2007, sensée correspondre à la vision de Ridley Scott. Ce n’est pas nécessairement ma préférée, mais c’est la plus aboutie et la plus intemporelle (disons qu’on n’a pas l’impression que le film a déjà 30 ans).
  3. Cette analyse n’implique que moi et probablement d’autres personnes qui ont dû dire la même chose ailleurs sur la toile, j’ai pas tout vérifier. Si on est plusieurs, ça pourrait impliquer qu’on ait raison. De toute façon, jamais on aura la réponse à la question et c’est d’autant mieux de préserver cette part de doute autour de l’origine de Deckard. Disons que j’essaie de faire avancer le débat et le mythe.

File:Blade Runner poster.jpg

Maintenant que tout est aplani, commençons avec une analyse de la question, comme on m’a appris en cours quand on se lançait dans une dissertation de philo. Deckard est-il un Replicant ?

  • Deckard est le héros de Blade Runner, interprété par Harrison Ford. Deckard est un Blade Runner à la retraite, retiré des affaires. Un Blade Runner est le nom donné à un agent de cette section particulière de la police chargée de traquer et retirer (bousiller, quoi) des replicants. Si on rappelle Deckard à rempiler, c’est tout simplement parce qu’il s’agit du meilleur et qu’il a 4 replicant qui viennent d’arriver illégalement sur Terre et qu’ils sont pas spécialement jouasses vis-à-vis de leur créateur.
  • Est-il. Bon, bah, c’est un état. Une constante qui définit son identité profonde.
  • Un Replicant. Un Replicant est un être artificiel créé de toute pièce, un machine génétique identique à l’être humain mais supérieurement développée physiquement et intellectuellement. Aujourd’hui, on considérerait plus le produit fini comme un clone que comme un androïde. Ils sont appelés Nexus, se déclinent en différents modèles (plaisir, travailleur, etc), servent principalement aux tâches ingrates (notamment pour la colonisation de Mars et possèdent une obsolescence programmée (ils meurent quand ils sont plus de piles, en gros). Deux points de détails sont à souligner : un Replicant ne possède pas la faculté d’empathie propre à l’être humain, le test Void-Khamph est notamment un des outils du Blade Runner pour déceler ce manque d’empathie ; il possède des souvenirs artificiels génériques ou bien issus de personnes réelles qui leur permettent de leur donner l’illusion de l’existence. Ce qui paraît logique, en leur offrant une vie, il travaille dans de meilleurs conditions psychiques (bien que ça reste des esclaves…)

Si Roy Batty ou Pris ont parfaitement conscience de leur statut factice, ce n’est pas le cas de Rachel – interprétée par Sean Young – à laquelle on a implanté les souvenir de la nièce de Tyroll et qui se croit absolument humaine. En d’autres termes, les Nexus-6 ont conscience de leur état (malgré eux ?), la génération suivante – Rachel – non. Si Rachel n’est pas humaine et n’en a pas conscience, se pourrait-il qu’il en soit de même pour Deckard ? La question est légitime, d’autant plus légitime qu’il n’est jamais  dit que Deckard ait été soumis au test Void-Khamph. Quand bien même il y aurait été soumis, le Blade Runner analyste aurait pu se faire berner tout comme Rachel aurait pu passer au travers des mails du test s’il avait été effectué par quelqu’un d’autre que le meilleurs des Blade Runners !

Avant de répondre à la question, il convient de s’attarder à la genèse du film et à l’opinion des différents intervenants.

  • Harrison Ford pense que Deckard n’est pas un Replicant.
  • Ridley Scott veut que Deckard soit un Replicant. Au cours d’une interview pour un documentaire autour du film, il lâche la bombe et affirme devant la caméra que Deckard est un Replicant.

Oui, certes, mais j’en envie de dire : Quelle est la légitimité de Ford ou Scott pour affirmer telle ou telle chose sur un personnage ? Et j’ai envie de répondre : aucune ! La véritable personne qu’il faut interroger, c’est le scénariste ! C’est lui qui pense les personnages, leurs émotions et leurs péripéties ! Ridley Scott est mignon, mais il n’est pas le seul porteur du film et tiré la couverture à lui sous prétexte qu’il est le garant artistique final ne justifie en rien son droit à briser des années de débat en le tranchant d’un abrupt et satisfait « He’s a Replicant. »

Si on pose la question à Hampton, le scénariste répondra qu’il a envisagé Deckard comme humain. Suite à un quiproquo sur une ligne du script où Deckard était sensé rencontrer son créateur (métaphore habituel de Dieu, qui prend une autre valeur dans un script comme celui de Blade Runner où on a déjà rencontré le personnage de Tyrell), l’autre scénariste Peoples découvre une faille dans laquelle l’un et l’autre ne manqueront pas de s’engouffrer.

La question de l’existentialisme apparaît dans le script de Blade Runner non plus au niveau des Nexus-6 (Roy Batty), mais au niveau de Deckard lui-même qui s’interroge alors sur sa propre identité. Toute l’intelligence du script est là : on ne donne pas de réponse à la question !

Mais on a peut-être glissé des indices. Indices qui au fil de l’interprétation des acteurs, des choix du directeur et de la sensibilité du spectateur finissent par créer autant d’interprétation qu’il y a d’intervenants, noyant peut-être l’idée originale des scénaristes dans la masse.

Mais voilà, et si les scénaristes avait eu un plan dans le plan non dévoilé. Alors interviennent autant de fan lambda comme moi qui y vont de leurs propres fantasmes pour dénouer le fil de la destinée de Deckard. Voilà, ce que je pense :

Deckard est-il un Replicant ? Oui, c’est même le Replicant de Gaff !

Mind-blowing instant!

C’est qui Gaff ? demanderont ceux qui ont vu le film moins d’une demi-douzaine de fois.

Gaff est le personnage joué par Edward James Olmos, le flic un peu taquin qui vient chercher Deckard pour l’amener voir Bryant, le flic qui est continuellement dans son dos et fait le mariole avec ses petits origamis au lieu de clairement dire ce qu’il pense. Gaff, quoi. Pendant très longtemps, je me suis demandé à quoi servait ce personnage… Rien, fut longtemps ma réponse.

Je pense qu’on est d’accord pour dire que Gaff et Deckard sont le jour et la nuit en terme de comportement et de fringues. Et surtout Deckard ne ressemble en rien à Gaff physiquement. C’est pas grave, c’est juste un corps. L’important, c’est que je crois que Deckard est un Replicant avec les souvenirs de Gaff !

Gaff est un inspecteur de police. Il marche avec une canne et boite énormément. Si on part du principe que cette canne et son handicap physique l’aient poussé vers cette carrière, on pourrait aisément l’imaginer comme un Blade Runner à la retraite. Comme Deckard. On pourrait même l’imaginer comme le meilleur Blade Runner de la profession. On pourrait même l’imaginer comme le type qui a grillé 2 des 6 replicants, et qu’il a été blessé à ce moment là. Son handicap physique l’empêchant de rattraper les 4 Replicants fuyards, la police (Bryant) fait appel à la Tyrell corps pour créer un nouveau Gaff, plus jeune, en parfaite condition physique, auquel on ajoute la mémoire de Gaff et son talent de Blade Runner.

Partant de cette conjecture folle, certains passages du film prennent une nouvelle dimension !

Au moment de partir avec Rachel à la fin, Deckard trouve un origami de licorne. Etrange. La licorne n’apparaît que dans les rêve de Deckard. Comment Gaff pourrait-il être au courant ? A moins de lui-même rêver d’une licorne…

File:BladeRunner Unicorn.jpg

J’ai dit que Gaff avait la désagréable habitude de communiquer avec Deckard en jouant avec des origamis. Au moment où Bryant expose la mission à Deckard, Gaff est présent dans le bureau (techniquement, il n’y a rien à y faire… sauf si…). L’origami qu’il présente à Deckad est une poule. Métaphore évidente de la « poule mouillé ». Gaff réagit de la manière dont il aurait réagi si (enfin… « quand » dans ma théorie) on lui avait proposé la mission : retrouver et buter 4 Nexus-6 en un minimum de temps, ça fait peur. Gaff sait donc ce que ressent Deckard à ce moment-là.

Après avoir rencontré Rachel, Deckard reçoit une autre surprise de Gaff. Un petit bonhomme en allumette avec ce qui ressemble très fortement à une érection. Ce que j’y lis moi, c’est « Je sais ce que tu penses de Rachel… moi aussi avant toi ».

Gaff prêterait donc son propre appartement en attendant que l’histoire soit résolue, Deckard évolue dans un environnement familier duquel il se sent pourtant détaché (cf. la scène du piano, tellement « aérienne » où l’on sent le pauvre Deckard en décalage avec son propre environnement). L’attachement aux vieilles photos en noir et blanc dont Deckard fait montre est un argument de plus pour la thèse du Replicant : en manque fondamental de preuves de sa propre identité, Deckard se rattache à des souvenirs matériels.

Après la scène finale et le monologue improvisé de Roy Batty, Gaff retrouve Deckard et le complimente d’un « you’ve done a man’s job, sir » dont les interprétations varient la façon dont on l’aborde. « Tu as fait un travail d’homme » littéralement peut devenir un bateau « t’as fait du bon boulot », un « tu as fait le boulot qui revient à un homme » ironique, voire même en poussant un peu « tu as fait mon boulot ».

Pendant une grosse partie du film, Gaff sert littéralement de chaperon à Deckard, jouant pour ainsi dire le rôle du taxi. Honnêtement, Deckard était présenté comme le meilleur des meilleurs. Cela impliquait nécessairement un permis de conduire et une liberté totale. En mettant Gaff qui suit chacun de ses faits et gestes (mais en lui laissant les parties physiques), Gaff s’assure que son Replicant suit l’enquête comme lui-même l’aurait effectuée. En faisant le taxi, c’est aussi un moyen de s’assurer que Deckard se fera pas la malle en cas de découvert fortuite sur sa propre identité.

Pourquoi le laisser partir à la fin ?

  • Le boulot est fait.
  • Remplacer des Blade Runner par des Replicant de Blade Runner, c’est viable (c’est d’autant plus viable que peu importe où ira Deckard, Gaff le saura puisque ce sont ses souvenirs et sa manière de réagir).
  • Un Replicant possède une durée de vie limitée, alors bon pourquoi s’enquiquiner plus que ça…
  • Ou bien tout simplement pour prouver un point : un Replicant – peu importe son boulot – reste un Replicant instable…

Mais il est alors intéressant de se poser la question de savoir si l’incident « Roy Batty » était bien un accident. Et si, tout cela n’était qu’un gigantesque complot/test pour tester la viabilité d’un Replicant pour traquer des Replicants ? Personnellement, j’y crois moins, mais la question mérite d’être posée dans le cadre d’un « Deckard est un réplicant ». Sans aller à parler de « complot », il est toujours assez alléchant de penser à la perfection d’un Nexus-7 (potentiellement le modèle de Rachel) pour traquer les imprévisibles Nexus-6

Allons un tout petit peu plus loin dans la réflexion autour de Gaff. Souvenez-vous de la phrase-clé du film :

« C’est dommage qu’elle ne vivra pas. Mais encore une fois, qui le fait »  à comprendre soit comme un « Elle ne sera jamais heureuse (vivre pleinement sa vie), mais qui l’est » ou plus littéralement « Elle va mourir. On meure tous ». La plupart des débats sur la Replicantitude de Deckard sont nés de cette phrase, répétée juste avant le noir final. A ce moment de la scène, Gaff se casse, laissant à Deckard une occasion de s’évanouir avec Rachel. Pas très professionnel… (même en admettant que c’est un humain, le laisser partir avec un Nexus, ça fait pas sérieux de sa part) Le rappel de la licorne à Deckard sonne désormais comme un « Je sais, maintenant tu le sais, profites-en ça va pas durer ».

Certains font aussi état des lueurs dans les yeux de Rachel et Deckard pour appuyer leur propos…

MAIS, et SI cette phrase ne s’appliquait pas seulement à Deckard mais à Gaff lui-même. Non en tant qu’humain, mais tant que Replicant !

Souvenez-vous, plus haut j’ai dit que les Nexus-6 avait conscience de leur état de Replicant ET de leur mortalité. Pas les Nexus-7 (ou l’équivalent du prototype de Rachel, donc du prototype de Deckard). Ajoutons, comme on a pu le voir dans le film avec Roy qui a de plus en plus de mal a se servir de ses mains, que les Nexus-6 ont une dégénérescence programmée, le boitement de Gaff ne serait plus l’effet d’un accident mais l’effet de la dégénérescence programmée, signe de sa proche fin de vie !

Deckard est un Nexus-7, Gaff un Nexus-6, héritier des souvenirs d’un Nexus-5, héritier d’un Nexus-4…  

Ce voudrait dont dire que, pendant des années, le meilleur tueur de Replicant était un Replicant cloné de génération en génération jusqu’à retourner aux origines des souvenirs et à ces incompréhensibles et anachroniques photos en noir et blanc dans l’appartement de Deckard, qui auraient en fait appartenues au premier vrai Blade Runner (ou à la première programmation du meilleur Blade Runner) !

Mind-blowing instant!

Gaff passe donc ainsi du personnage-taxi quasi-inutile à celui de personnage-clé. Nexus-6 en fin de vie, il devait s’assurer du transfert et de la validité de la prochaine génération. En laissant Deckard partir, Gaff rompt avec la chaîne, avec ses souvenirs et offre à Blade Runner une véritable libération de l’espèce artificielle chère à la science fiction, celle que cherchait Roy Batty à sa façon (et qu’il donne, aussi à sa façon, à Deckard avec le monologue final).

N’hésitez pas à commenter si vous adhérez ou non à tout ou partie de mes théories sur la Replicantitude de Deckard. L’une dans l’autre, le meilleur dans ce film, c’est de toujours arriver à la fin et – même aprés 2400 mots dans un article – ne jamais être sûr de rien !

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commentaires
  1. JB dit :

    Super article pour un super film ! Ca donne envie de le revoir ^^

  2. stephanero dit :

    Ou alors en disant « tu as fait un travail d’homme » cela peut être entendu : « pour un robot, tu as fait un travail d’homme ».

  3. Revolhed dit :

    Vos théories m’ont bluffées tellement elles regorgeaient de pertinence !
    La dernière expliquerait ma question sur les photos en noir et blanc et c’est pour quoi je serai tenté d’y adhérer mais la première me paraît être la plus fiable.
    Merci beaucoup pour vos interprétations. Dommage peut être que le côté philosophique est délaissé mais si compliqué à analyser aussi..

    • Oliver Castle dit :

      Hello Revolhed et bienvenue.

      Merci pour votre commentaire. Ces théories sont les miennes, mais bon en fouillant sur l’internet mondiale, on se rend compte qu’elles n’ont rien de novatrices en fait =) (au moins pour Deckard = Gaff).

      Je me suis effectivement cantonné à une analyse factuelle, nettement plus facile à cadrer dans le cadre d’un article de blog. On perd le côté philosophico-metaphysique, mais ça reste dans ce qui fait le charme de Blade Runner =)

  4. […] Blade Runner: Deckard est-il un Replicant ? (351 vues) : probablement le seul article vraiment intelligent que j’ai pu pondre en 2013 […]

  5. JCCCP dit :

    Bonjour,
    Heureux que vous apportiez autant d’arguments à un sujet aussi passionnant. Comme vous le rappelez l’intérêt de cette question est de rester posée. On peut donc faire avancer le débat comme vous le faites en la reformulant avec des hypothèses (et si) et en apportant des réponses. Vous avez vu dans le film que Deckard est un réplicant, je vais donc contester votre position et tenter de montrer que Deckard est un humain.
    D’abord parce que les réplicants ne copient que nos qualités et les dépassent même et c’est toute leur force pour assurer une fonction. Il sont parfaits dans leur mission, pas Deckard si vulnérable même armé. Il ne peut être un réplicant voué à « retirer » les meilleurs de ses congénères. En revanche Roy Batty aurait pu le tuer cent fois.

    Ok, vous allez me dire que justement, notre Deckard est un nexus 7, dont la particularité est de se rapprocher de l’humain par ses défauts. Mais le doute, l’alcool, la faiblesse physique, etc, vont-ils lui permettre de réaliser sa mission ? Pas le moins du monde. Son imperfection, toute humaine, le pousse à trahir sa mission (et s’il est un homme, les siens) et se sauver en sauvant une élégante replicante dont il a compris grâce à la leçon donné par Roy que l’humanité (ici l’empathie, l’amour) n’était pas révélée par un test Void-Khamph. Alors, si nos amis de la police, Graf compris, qu’il soit lui même Nexus ou humain, avait un peu de jugeotte, ils auraient choisi un bon vieux Nexus 6 pour ce sale boulot d' »esclave » réclamant le maximum d’efficacité, au lieu de notre détective tatonnant façon années 40. D’ailleurs, notre flic n’a pas pu empêcher l’assassinat de Tyrell, si important pour cette société si dépendante de ses créations.
    Mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Suffisait de passer commande au grand Tyrell et sa bande de passionnés (JF Sebastien, le chinois) pour nous concocter le meilleur des réplicants blade runner. Oui mais voilà, ça pose un gros problème, celui de la confiance. Même en lui téléchargeant tous les souvenirs du meilleur des flics dans la caboche, il reste qu’un réplicant est un réplicant et qu’on peut pas lui faire totalement confiance lorsqu’il s’agit de s’autodetruire. Ces Nexus à abattre ont trahi leur maitre. Ca devient une habitude.
    Imaginez que notre blade runner nexus se ligue avec ses congénères. Où même qu’ils finisse par se barrer avec le joli modèle qu’il aurait le moins de raison de supprimer. Catastrophe.
    Non, y a des limites à la délégation. Donc on fait appel à ce bon vieux roublard de Deckard. Oui mais voilà, le hic, c’est que notre flic en question est humain, et que la rédemption il va la voir dans la trahison et le sauvetage de l’individu qui porte la plus grande humanité, peu importe son origine, Rachel. Et que coté émotions, il me semble que le Deckard est prêt à lui compléter son apprentissage.

    Bon, mais revenons à l’hypothèse d’un Deckard qui ignore sa nature de replicant.
    Là, ça marche. Va pas nous trahir celui-là. Sauf s’il découvre sa vrai nature.
    Mais je n’arrive pas à penser que notre Deckard, s’il est un réplicant soit du même bois que Graf, qui d’ailleurs ne boit pas. Comme vous le dîtes, tout les distingue. Et c’est heureux. Car sinon, on aurait deux Graf ou deux Decakrd, comme ces scénars toujours ratés sur les machines à remonter dans le temps. Coté clonage, on repassera aussi. Ni la physique, ni la psychologie qui se répondent pour faire un individu ne permettent de faire un lien, à mon avis.

    Qu’il soit ou non un replicant, ce qui fait douter Deckard, ce n’est pas sa nature mais les rôles. Les flics humains, le jette dans la fosse aux réplicants, dont le dernier lui sauve la vie et dont le dernier modèle donne un sens à son avenir. Y a de quoi vous faire douter.
    N’agit-il pas alors comme un humain, sur un coup de tête ?
    Sursaut plus vital qu’aléatoire, en réponse à ces questions déconcertantes et sans réponses sur l’existence.
    Là se trouve à mon goût une grande part de la force de cette histoire. Reposer la question de notre nature et de notre existence.

    Alors reste la question dingue de la licorne.
    Il me manque, comme tant d’autres choses, la référence symbolique qu’elle pourrait porter et dont on se sert comme langage universel. Alors, je vais me mettre à délirer (un peu plus). Et si la licorne était Rachel ?
    Cette créature pure, unique et fragile, sauvage et inaccessible, que l’homme a (créée), cherché à approcher, apprivoiser, et certains posséder ?

    Et si Graf qui dépose cette licorne en origami avait lui aussi douté ?
    Sinon pourquoi Graf leur laisse la vie sauve ?
    Et si Graf avait la même envie que Deckard de se barrer ?

    Comme vous, Oliver, je suis impressionné par cette histoire qui bat et rebat les cartes subtilement nous laissant incapable d’avoir une position claire et surtout définitive car nos protagonistes s’emparent tour à tour de l’humanité.

    En attente d’avis…

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour JCCCP et bienvenue ! Merci pour votre commentaire qui décroche la palme du plus long jamais posté ici-bas.

      Encore une pierre à l’édifice ! Ce film est merveilleux et ne cessera jamais de surprendre. Tant qu’on aura pas le point de vue définitif du scénariste, la question sera toujours ouverte. Deckard humain est a priori le point de vue le plus sensé. Il est humain dans le matériau d’origine, c’est plus facile pour le spectateur de créer une empathie, ça fait plus de sens (en effet, pourquoi risquer un replicant à chasser des réplicants : ça coute cher et on n’est pas à l’abri d’une mutinerie de masse), le couple Deckard/Rachel donne une dimension particulière à l’humanité, l’opposition Roy plus humain que l’humain, etc.

      (La vraie différence entre Gaff et Deckard replicant tous les deux c’est leur propre connaissance de soi et de leur statut de réplicant. Se savoir replicant, c’est se savoir au-dessus des travers de l’humanité (comme l’alcool) et ne plus y accorder d’attrait.)

      La licorne, c’est bien LE truc barré du film. Absente suivant les montages du film, il semblerait pourtant que ce soit une des clés pour répondre à la question. Il faudrait que je revois les différentes versions pour voir si avec ou sans la licorne l’impression humain/pas humain change.

      D’ailleurs, tiens, je pense que je vais faire un nouvel article un jour sur Blade Runner, l’intérêt de cette fichue licorne et la symbolique derrière ! En voilà une idée qu’elle est bonne !

      A bientot donc !

      • JCCCP dit :

        Merci 🙂
        Et surtout poursuivez la quête.. Seul le chemin compte.
        Je vous suis.
        A votre avis, quels sont les films de ce niveau de questionnement ?
        A bientôt.

      • Oliver Castle dit :

        Merci. Je pense que cette licorne mérite qu’on s’y attarde. Au moins pour la masturbation intellectuelle qu’elle offre. Les symboles animiques sont nombreux dans Blade Runner.

        Mmmh, pour les films qui posent autant de questions, la question est vaste… Les premiers qui me viennent à l’esprit seraient : Ghost in the Shell, Shining, Twin Peaks (je t’invite à jeter un oeil aux articles que j’y ai consacré).

        Basiquement, des films qui remettent en question la réalité et l’identité de soi. Dans une moindre mesure aussi, on aurait Eternal Sunshine of the spotless mind, Moon, Triangle, Mr Nobody, Black Swan, Fight Club, Vanilla Sky, Inception, Total Recall, ExistenZ… qui même s’ils laissent une part de doute restent plus explicites sur certains points.

  6. […] en long, en large et en travers mon point de vue sur LA question qui enflamme les esprits : Deckard est-il un replicant ? Si ce n’est déjà fait, je vous invite à le lire ou le relire en préambule de cet article […]

  7. lheretic dit :

    Bonjour !

    En 2007 quand l’édition director’s cut est sorti j’étais convaincu que Deckard était un replicant et ce en parti grâce à la licorne. En effet la licorne symbolise la révélation et est capable de déceler l’impur. Celle ci apparaît juste après que Deckard ait regardé les photos. En faisant ça le Réal nous donne subtilement l’information.
    A la fin, en trouvant la licorne en origami, il comprend son état et comprend également que Gaff sait.
    Il y a un autre élément qui m’a marqué : les pupilles. Quand un réplicant va mal ses pupilles s’affolent et à la fin, quand Deckard est sur le toit, si vous vous concentrer sur ses yeux, vous remarquerez qu’ils n’ont pas l’air toujours naturels…

    Je ne suis pas d’accord quand tu dis que le scénariste a forcément le mot de la fin. Un réalisateur ne suis pas bêtement un script à la lettre. C’est la patte de Scott que l’on voit à l’écran et les informations qu’il nous donne sont étudiés et magnifiés. Il sait où il veut en venir et donc connait la réelle nature du personnage. De plus, il a dû attendre 25 ans avant d’avoir tous les droits artistique sur le film et c’est bien dans la dernière version du montage que les éléments les plus troublants sont présents. (Même si la licorne est apparu pour la première fois en 1992)

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour lheretic et merci pour ton commentaire !

      J’ai fait un article consacré à la licorne dans Blade Runner et le pourquoi du comment, si ça t’intéresse. http://wp.me/p1NtfR-1cL

      Ca me rappelle qu’il faudrait que j’en fasse également un sur l’oeil et sa symbolique dans le film.

      Ce qui me dérange avec les réalisateurs, c’est qu’ils ont tendance à s’approprier une oeuvre, je dirai même vampiriser au point de faire ce qu’ils veulent des intentions du films. Alors qu’à l’origine, celui qui a toutes les cartes en main et qui décide de TOUT, c’est le scénariste. Mais comme le scénariste est la dernière roue du carrosse, on s’en fout un peu de lui. Après, il y a les bons réalisateurs et les mauvais réalisateurs. Par chance, Scott était un bon. Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’au fur et à mesure des années et des montages, il a fini par prendre le contrôle de Blade Runner pour en imposer sa vision : Deckard est un replicant. Au point de l’avouer texto dans une interview. Mais pour moi, la vraie magie de Blade Runner, c’est de pouvoir rester dans l’incertitude de Deckard sur sa vraie nature 🙂

  8. Nicolas dit :

    Bravo pour ton article très intéressant …
    Je voulais ajouter une réplique de Roy en ta faveur  » je croyais que tu étais le bon dans cette histoire, ce n’est pas toi le héros allé deckard montres moi DE QUOI TU ES FAIT » ceci provient de la VF !!!!!
    De plus le fait que Roy laisse deckard en vie alors qu’il a tué JF (qqun de moins hostile mais il est vrai un employé important de the tyrell corpo donc un méchant créateur pour Roy)
    Deckard est quand même un tueur de réplicant, il a tué la copine et l’ami de Roy !!!! Pourquoi le laisser en vie, par résignation ? Ou bien psk il sait que deckard est un réplicant !

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Nicolas et merci pour ton message.

      Je pense que le fait que Roy laisse Deckard en vie peut être interpréter de plusieurs façons, dont celle du « compagnon replicant ». De mon point de vue, je pense surtout que Roy laisse Deckard en vie, replicant ou humain, pour avoir un héritage, une personne à qui léguer son savoir, une personne qui se souviendrait de Roy Batty. A la porte de la mort, les gens ont une façon toute particulière de remettre en perspective leur vie et ce qu’ils vont laisser derrière eux. Tuer Deckard aurait pu provoquer une certaine satisfaction, mais ça devient finalement assez accessoire face à ce qu’il reste à dire dans les dernières minutes de vie.

      Encore une fois, l’androide fait preuve d’un comportement tout à fait humain qui contribue à flouter les frontières humain/androide, bon/méchant… Ca rend la scène finale d’autant plus importante.

  9. […] appuyée à la décennie 80 et revendique ses influences maître-étalon que sont Blade Runner et […]

  10. ytsuka452 dit :

    Bonjour, j’ai lu tout l’article ainsi que tout les commentaires, et j’en reste sans voix. Beaucoup de bonnes idées, de théories passionnantes !

    Je pense avoir un élément qui contredirait la théorie sur la copie de copie de copie de réplicant au travers des générations.
    Comme tu l’as expliqué dans cette théorie, Deckard serait dans l’appartement du premier Blade Runner, étant lui-même le descendant de ce même Blade Runner. Mais d’après ce que je retire du film (je me trompe peut-être) Deckard n’a pas l’air de savoir jouer du piano, Rachel en joue mieux même. Peut-être que les souvenirs concernant l’art de jouer un instrument s’est perdu mais c’est étonnant si c’est la copie de Gaff. A moins que lui aussi ne savent pas en jouer, ou que sont « Père » ? « Ancienne version » ? Ou que cela remonte jusqu’au premier Blade Runner.

    De mon interprétation personnel, je suis d’avis que Deckard est un humain (peut-être à cause de ma vision des choses) car l’humain, on le définit comme un être bon. Hors nous humain on n’est pas forcément bon. Mais même un androïde comme Roy finira par se montrer plus humain qu’un humain. En fait cette notion d’humain ou machine est abstraite. Peut-être que la question n’a pas lieu d’être.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour ytsuka et merci pour ton commentaire.

      La question du piano est une fausse interrogation à mon sens. Ce n’est pas parce qu’on possède un piano chez soi qu’on sait forcément en jouer. Chez mes grands-parents, il y avait un piano, et personne savait appuyer sur deux touches consécutivement et mélodieusement. Comme tu dis, ça pourrait appartenir à quelqu’un d’autre d’une génération antérieure. Genre la femme du premier Blade Runner dont la mystérieuse photo est posée dessus.

      Cependant, ta conclusion est parfaitement dans le ton du film et du débat : « Peut-être que la question n’a pas lieu d’être. » 😉

  11. Okf dit :

    Salut, et merci pour la démonstration, je vais fissa revisionner une énième fois le film, peut-être cache t-il encor de fabuleux trésors. Je voudrais soumettre l’idée que le mystère reste et restera entier quand à la véritable identité du personnage de Deckard. Le personnage de Gaff mériterai lui aussi un article d’une page, je pense qu’il y a beaucoup matière à réfléchir: son regard étrange, ça manière de s’habiller tout aussi originale, son passe temps pour le pliage…. il m’obsède, surtout ses chapeaux….
    Ce film est fini dans son format cinématographique… aux fan à présent de le faire évoluer, grâce à l’imagination. a+

    • Oliver Castle dit :

      Merci pour ton commentaire. A mon avis, le mystère sur Deckard est déjà levé suivant les personnes que tu écoutes. Fort heureusement, elles ont des avis divergents. Ce qui risque malheureusement de mettre tout le monde à la page, c’est ce futur projet dont j’ai pas envie : Blade Runner 2…

  12. Philippe dit :

    Salut, ton analyse du film est vraiment bien! Par contre il y’a quelque chose qui m’échappe, puisque Deckard est un répliquant du même type que Rachel (donc avec des souvenirs implantés, donc un prototype de répliquant puisque Tyrell dis à Deckard que Rachel est un prototype…) comment se fait-il que Bryant connaisse aussi bien Deckard alors que c’est un modèle récent? Fait-il simplement comme si? Est-ce un jeu d’acteur? Fait-il comme si il s’adressait à Gaff si Deckard à bien les souvenirs de Gaff?

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour, merci pour ton commentaire.

      Dans ma théorie, Bryant sait que Deckard est un replicant, tout comme il sait que Gaff en est un. Il s’adresse à l’entité « Deckard Ford » comme il s’adresserait à l’entité « Deckard Gaff » ou à ses précédentes itérations. Le fait que le modèle n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est la mémoire implantée.

      A bientôt

  13. laurent dit :

    Bonjour tout le monde. Moi aussi je me pose beaucoup de questions sur ce film. En voici une: Qui est la femme qu’il découvre en zoommant (par commande vocale svp) sur la photo retrouvée?

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Laurent et bienvenue. Pour répondre à ta question, il s’agit de la « danseuse exotique » Zhora. Cette indice ajouté à l’écaille de serpent lance ainsi Deckard à sa poursuite :).

  14. peetoresque dit :

    La suite de blade runner se profile. Et la théorie selon laquelle il serait un replissant aussi.

    Serait. Car. .. non. Quelles sont les preuves?

    Basiquement, j’ai envie de dire: tous vos arguments peuvent êtres retournés. Vous n’avez que des appréciations. aucun faits.

    Mais reprenons à la base.

    Les nexus sont, pour la dernière génération, hyper bien faits. Mais dégénèrent (et meurent) car durée de vie limitée.

    Ils sont très forts. Ils sont adaptés à leur travail.

    Deckard serait donc un nexus plus ancien en terme d’ancienneté « sur le terrain », mais construit sur une technologie supérieure. On laisse sous-entendre que les nexus se rebellent car ils se rendent compte de leur situation. Que c’est nouveau. Mais Deckard, qui aurait une technologie d’avance, aurait eu ce défaut corrigé à la base. Sans que ce problème soit connu…

    Si on se met 2 secondes dans la peau d’un programmeur, ou dans une optique de production industrielle, ça ne tient pas. Mais soit.

    Ensuite, Deckard serait donc une machine destinée à tuer des répliquants. Nous avons vu que les nexus étaient « spécialisés » pour leur travail. Ils ont des capacités acrobatiques, une force exceptionnelle.

    Ne ressentent pas la douleur.

    Or Deckard n’est vraiment pas balaise. Il est vieux. Il s’essouffle. Il souffre quand on lui casse les doigts (un nexus supporte l’eau bouillante ou l’azote…… sans broncher…).

    On l’aurait donc fait.. imparfait car.. c’est un nexus supérieur qui imite vachement bien les humains…

    Tant d’années de recherches, de développement, pour faire un produit qui est… moins bon qu’un être humain normal ? ici, la ressemblance n’est recherchée que chez les animaux qui ont disparu. Les clones d’humains sont « meilleurs » car destinés à des tâches spécifiques.

    On passera totalement sur le fait de la nourriture, des boissons: Deckard mange au début du film. Il boit de l’alcool. Etc. Les autres non. Pour moi, c’est une preuve suffisante, mais je suis sûr que des gens sont capables de « ressentir la possibilité qu’on lui ai fabriqué un système digestif et un foie pour métaboliser l’alcool ».

    Métaboliser de l’alcool. Et de la drogue. Dans la boite de Zhora, il se fait plomber son verre par le patron du rade. donc, on a créé un « robot » qui non seulement doit se nourrir, mais en plus se laisse droguer comme un vulgaire humain.

    Je pense que le minimum aurait été de faire un blade runner hyper-balaise, qui résiste aux « intempéries », un peu plus solide et sportif, et qui connait plein de trucs.

    LES FAMEUX IMPLANTS DE MEMOIRE.

    Or donc, les nexus ont la particularité de se voir octroyer une mémoire de départ. Encore une fois, selon le rôle, les implants sont différents. Pour Rachel, on lui implante la mémoire de la nièce de Tyrell (ce qui pour moi est une des clés de l’intrigue). Ici, encore une fois, Deckard est le petit pauvre qui ne reçoit rien: il ne parle pas d’autres langues que l’anglais (dites-lui que je mange). Il ne sait pas jouer du piano, et j’en passe des meilleures.

    Tous les nexus n’ont pas les même mémoires de base, contrairement à ce que beaucoup peuvent croire ou écrire.

    Ici, ma version personnelle de ce film, Deckard, toutes ces choses est: C’est une histoire d’amour.

    Développons: C’est une histoire d’amour entre un humain et une répliquante. Pas n’importe laquelle: celle qui a les implants de la nièce de Tyrell. Dont Deckard connait les souvenirs. Et il les connait, car il connaissait la nièce de Tyrell. La scène ou il l’embrasse en lui demandant de dire des mots précis est assez révélatrice : il rejoue une scène. il y a certes beaucoup de sentiments contradictoires chez Deckard (quoique.. Rachel ne « fait rien », donc il n’a pas à la « retirer », mauvaise traduction de « mettre à la retraite », donc éliminer). Mais il hait les répliquants.

    Pourquoi?

    Il est seul. La nièce de tyrell est absente. Pour rappel, la nièce est la fille du frère ou de la soeur (federal?)(c’était une private joke, je suis assez fan de TP:FWWM aussi 😉 ). Tyrell est super vieux. Donc sa nièce aurait bien pu avoir l’âge de Deckard. Bref. Deckard l’a aimée, et elle est soit partie, soit morte. Dans les deux cas, soit le travail, soit un répliquant en est la cause. Et si c’est son travail, les répliquants sont une cause in fine.

    Si Tyrell a mis la mémoire de sa nièce dans un nexus, c’est soit qu’elle travaillait dans sa boite (ce qui amène des pistes pour rencontrer un bladerunner), soit qu’elle est morte et qu’il (Tyrell) l’aimait beaucoup, ou sur demande de son frère/sa soeur.

    Les petits objets laissés par Gaff: Ne sont là que pour se ficher de la gueule de Deckard. (et c’est aussi un truc que l’on retrouve dans l’oeuvre de P.K Dick: les petits objets fabriqués mains. C’est hyper symbolique pour lui).

    La licorne: c’est Rachel, de fait. Que ce soit pour dire que c’est la seule dans son genre, qu’elle est unique, qu’il faut la protéger, etc. LE seul problème, c’est cette scène qui a été ajoutée quand Deckard joue au piano, et qu’il « rêve » d’une licorne. Ça a été ajouté par R. Scott uniquement dans le but d’induire que Deckard serait un répliquant. Je pense ( à vérifier) que cette scène est arrivée après 1 ou 2 remontage du film.

    Car voilà le problème du film. Ridley Scott a fait un bon film. un chef-d’oeuvre. Mais, je pense, que, à l’instar de nombreuse autres erreurs du films qui ont été gommées ou refaites, je pense donc qu’il n’a pas bien compris l’histoire et que donc, il a ajouté cette scène pour s’auto-justifier. Il pense depuis le début que Deckard est un répliquant, et finalement il ne voit pas où ni comment, donc il ajoute une scène, qui induit des présomptions (car il ne peut pas dire: oui, c’en est un car..).

    ET DONC: le problème de la suite de ce film, c’est que si les responsables prennent le parti de RS, ils risquent de faire de la maaarde, et contredire des points du film original. Ou alors, ils vont faire une suite qui ne touchera pas à ce point de « suspens », et si ce qui est autour du film n’est pas attrayant (les plans, l’urbanisme futuriste, les « inventions », la musique, etc.), on risque fort d’avoir un film assez mauvais…. nous verrons.

    ps: « Gaff les laisse partir car Rachel va mourir ». Wabon?

    « Rachel was special. No termination date ». 😉

    • Oliver Castle dit :

      Merci Peetoresque pour cette longue argumentation ! Le moins qu’on puisse dire, c’est que quel que soit le point de vue, il y a toujours des ardents défenseurs de chaque théorie. Au final, je pense que je me fiche de savoir qui a tort ou raison, chaque débat est intéressant et aide à la compréhension du film.

      Dans mon interprétation, Deckard était bel et un bien un nexus de dernière génération, comme Rachel, dont la mémoire est recyclée. Effectivement, on pourrait arguer le problème de la douleur et de la métabolisation des aliments. Ca ne semble pas incompatible avec le fait que ce soit un Replicant next gen, ni avec les implants de souvenirs. Aujourd’hui, pour replacer le débat sur la programmation d’un androide, il me semble plus juste de dire que les développeurs cherchent à se rapprocher de l’intelligence humaine, y compris dans ses faiblesses (une réaction psycho-somatique de douleur quand son intégrité physique est attaqué n’est pas inadmissible) et ses besoins. En tant que développeur aussi, j’aurais tendance à me dire que de faire des Nexus invincibles, c’est une très mauvais idée puisqu’on sait que les Nexus peuvent s’affranchir d’eux-même. Induire un « défaut » de fabrication reste un moyen sûr de contrôler sa création (ironiquement au regard de la fin, pas tant que ça…). Et puis, un Deckard badass, ça aurait été chiant et pas super intéressant pour le film 😉

      Pour la licorne, j’y ai dédié un article entier sur sa signification, je t’invite aussi à le lire (le rétro-lien doit être un peu plus haut dans les commentaires) et à éventuellement partager ton avis.

      Pour la version histoire d’amour, il faudrait que je relise le script original pour voir, mais je pense que c’est trop « anecdotique » pour affirmer que c’est le coeur du propos de Blade Runner (Rachel n’est pas dans les noeuds narratifs importants, notamment le premier acte du film).

      Là où tout le monde est d’accord actuellement, c’est sur la suite, son inutilité et les craintes qu’elle inspire au sujet de ses répercussions sur le chef d’oeuvre originale. Elle me fait très très peur. Et vu que Harrison est casté, qu’il est vieux, ça met déjà un coup à la thèse du Deckard Replicant. Et si c’est pour nous sortir le tissu qui vieillit à la Terminator Genesys, j’aimerais autant mieux qu’on s’abstienne ! Au mieux, ca pourrait éventuellement être un Replicant typé second rôle avec la mémoire de Deckard…

      • elendil dit :

        Hello,

        merci, super analyse qui m’a donné envie de revoir le film en étant plus attentifs aux détails 🙂

        Un truc m’a interpellé, c’est qu’on voit la rétine des réplicants briller (nexus 6 et rachel) selon les éclairages, mais jamais celles de deckard.

        Ça fait un point pour l’humanité du bladerunner mais c’est vrai que le coup de la licorne est très perturbant et incite vraiment à penser qu’il y a un lien entre gaff et deckard.

        Peut être qu’ils sont justes potes, se connaissent bien et du coup gaff a une bonne intuition sur ce qu’il se passe dans la tête de deckard et que c’est pour cette raison que bryant l’a choisi pour aller le chercher (ok ils ne parlent pas la même langue mais alors d’ou vient-il ce gaff et pourquoi bryant l’a envoyé ?)

        Peut être que le fait de ne pas voir les pupilles de deckard briller comme les replicants n’est pas une preuve, peut être que deckard n’est jamais éclairer sous le bon angle pour faire briller ses pupilles.

        Ceci dit j’aime bien l’idée que deckard soit un réplicant et que les valeurs de l’humanité puissent être portées par des non-humains. Après tout il y a tellement d’humains qui ont un comportement extrêmement éloigné de ces valeurs !

      • Oliver Castle dit :

        Bonjour Elendil et merci pour ton commentaire.

        Il faut que je prenne le temps de faire un article sur la symbolique de l’oeil dans Blade Runner. Si beaucoup y voit là un argument pour attester de la nature exacte de Deckard, je pense qu’il faut voir un peu plus loin que des simples histoires techniques sur l’éclairage.

        Il est très improbable que Gaff et Deckard soit potes, il suffit de regarder leur première scène ensemble. En revanche, il s’agit peut-être simplement d’un excellent flic/profiler pour qu’il réussisse à cerner le comportement de Deckard, quelle que soit sa nature (même si je préfère l’hypothèse que j’ai avancé dans l’article :))

      • elendil dit :

        Désolé, ça n’a pas posté au bon endroit la première fois.

        Oui je ne crois pas vraiment au fait qu’ils soient potes ^^ la barrière de la langue pose d’emblée problème.

        Je pense aussi que la meilleure explication du lien entre deckard et gaff est l’implantation de la mémoire de gaff dans le répliquant deckard, car dans le cas contraire cela signifierait que gaff a des fonctions precog chères à Philip K Dick ou bien que l’origami en forme de licorne ne serait qu’une énorme coïncidence et pas une référence au rêve de deckard !

        A t-on connaissance d’interview de ridley scott au sujet de gaff ?

    • elendil dit :

      Trouvé une référence sur http://bladerunner.wikia.com/wiki/Deckard_as_Replicant où ridley scott s’exprime sur le sujet :
      « Now, the unicorn in Deckard’s daydream tells me that Deckard wouldn’t normally talk about such a thing to anyone. If Gaff knew about that, it’s Gaff’s message to say, « I’ve read your file, mate. »  »

      Si on sait transférer la mémoire d’un individu dans un répliquant, on doit pouvoir la manipuler et la consulter sous quelque forme que ce soit (image, texte, etc…), ça se tient aussi 🙂

    • Francklin dit :

      Je suis dans l’ensemble en accord avec les grandes lignes de cette analyse.

    • Stroggar dit :

      Pour rappel, Rachel se retrouve saoule aussi chez Deckard.

      Quant à la douleur non ressenti par Zorha, Roy et Leon, il ne faut pas oublier que les répliquants sont spécialisés, et qu’ils ont pour fonction de base d’être soldat. La douleur serait un handicap à leur fonction.
      La spécialisation de Deckard est avant tout d’être un blade runner, c’est à dire un humain chassant des repliquants. Il doit donc sembler humain en tout point, même sur la réaction aux stupéfiants et à la douleur.

  15. Francklin dit :

    J’ai lu rapidement..,Mais si c’est Gaff qui conduit le Spiner c’est parce que celui ci était finalement trop petit pour que Deckard (Harrison Ford) puisse s’y installer aux commandes de pilotage (Ce qui était initialement prévu). Il a fallut trouver un acteur assez petit pour pouvoir s’installer aux commandes de pilotage pour conduire Deckard. Harrison ford ne passait pas ^^ C’est pour cette raison que Gaff sert de taxi a Deckard.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Francklin et merci pour ton commentaire.
      Non pas que je doute de l’anecdote, mais si j’en crois le script original, c’est bel et bien Gaff qui conduit le spinner.

      INT. SPINNER – NIGHT
      Deckard is sitting gloomily in the passenger seat, still eating from his bowl with chopsticks as Gaff maneuvers the spinner through the city canyons hattering in rapid Japanese.

      Donc…

  16. Francklin dit :

    L’ anectode du Spiner est dans l’un des DVD bonus du coffret Blade Runner l’édition Ultime (5 DVD) sortit en 2007.
    Le scénario du film a été écrit et réécrit maintes en maintes fois par plusieurs personnes différentes, il a du y avoir autant de scripts..
    Dans tous les cas il est manifeste que Riddley Scott ait voulu dans la director’s cut et la final cut que Deckard soit un replicant, il le dit lui même ^^ mais c’est moins évident dans les éditions de 1982. Après Ridley Scott est le réalisateur du film mais pas scénariste. Il n’aurait d’ailleurs pas lu le livre original Les androids rêvent ils de moutons électriques, de P.K Dick dont est inspiré le film. Dans le livre Deckard tomberait dans un piège tendu par les replicants dans un faux poste de Police. Il ne serait pas un replicant lui même, mais d’après K. Dick tendrait a le devenir en perdant son humanité..

    • Oliver Castle dit :

      La version du script que j’ai date du 23 février 1981, soit deux semaines avant le début du tournage. On peut donc raisonnablement penser à une ré-écriture suite à des tests décors et avant le tournage. En revanche, je pense que le personnage de Gaff était présent depuis le début et pas seulement ajouté pour cette scène. Son rôle me semble trop important pour le limiter à taxi-driver.
      Je suis tout à fait d’accord avec le fait que Ridley Scott n’est pas le scénariste et je suis un peu déçu qu’il impose SA vision sur un matériau de base assez évasif sur la question…
      En tout cas, ça me rappelle qu’il faut que je me débloque un peu de temps pour me visionner une version commentée…

  17. Francklin dit :

    Salut elendil,

    Il y a justement une scène où la rétine de Deckard brille comme celle de Rachel. La scène se passe chez Deckard après que Rachel ait tué Léon. A l’instant où Deckard passe derrière Rachel et dit « mais un autre mec le fera » Ce détail a bien sur été voulu par Ridley Scott comme indice pour dire que Deckard est un réplicant. A priori Ridley Scott a fait cela de son propre chef se heurtant a la volonté de certains scénaristes ou ex scénaristes, les mettant devant le fait accompli..

    • elendil dit :

      Merci, j’étais donc passé à coté, mais en même temps c’est cohérent avec la vue que défend ridley scott, donc c’est rassurant !

  18. ytsuka452 dit :

    Rebonjour ^^
    Après être passé parfois et récemment sur cette analyse de Blade Runner, je me suis attardé sur le commentaire de peetoresque et je dois dire qu’il a de bon argument et j’ai moi-même des preuves sur l’interprétation qu’a eu Ridley Scott.
    Ces preuves sont présentes sur la vidéo du Fossoyeur de Films concernant le film Blade Runner. Dans une interview, Scott annonce à tout le monde que Deckard est un réplicant, « Deckard ? It’s a replicant » en souriant. Or on le sait, il a remonter plusieurs fois le film afin qu’il colle à son idée, il a tout fait pour avoir les droits de l’oeuvre, comme à la Star Wars, il a refait des scènes, corrigé des « erreurs ». Mais dans la version originale, on est loin de tout ce qui peut faire que Deckard est un réplicant. La question reste ouverte sur les nombreuses symboliques cachés, malheureusement, si je me souviens bien, selon le scénariste, Deckard est un humain. Ou du moins il tend à prétendre que Deckard est un humain, car comme je l’ai dit, la question est ouverte à l’interprétation.
    Le fait est que Ridley Scott s’est accaparé l’oeuvre pour la remanier selon sa vision.

    Il faudrait que je le reregarde par ailleurs (j’ai la version final cut 2007), afin de voir si mon avis sur le sujet a changé.

    Merci d’avoir lu ^^ 🙂

  19. Sélène dit :

    J’ai choisi Blade runner comme oeuvre pour mon épreuve d’histoire des Arts. Il y a tellement de choses à dire quej’ai du mal à croire que je vais réussir à tout raconter en 10 min.. D’autant plus que je viens de voir votre analyse.. Il faut vraiment que j’abborde ce sujet qui est en fait fondamentale ! Votre analyse m’a bluffé!

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Sélène et merci pour ton commentaire. C’est assurément un sujet challenging que tu as pris, avec beaucoup à analyser et beaucoup d’analyses qui dépendent de la version que tu choisiras. Entre le propos de la nature de Deckard présenté l’article et discuté dans les commentaires, la licorne et sa métaphore, la signification des yeux, la condition humaine, le rapport au livre et j’en passe, ca va être un sujet compliqué à aborder mais, j’en suis sûr, très gratifiant à exposer ! Bon courage en tout cas !

      • Sélène dit :

        Merci beaucoup votre analyse ainsi que les commentaires ont enrichi mon exposé.

  20. Sélène dit :

    Je voulais savoir quelque chose qui m’intriguait,pourquoi Roy batty embrasse t-il Tyrell ? est-ce une symbolique ?

    • Sélène dit :

      Avant de le tuer en plus

    • Oliver Castle dit :

      Ce n’est pas une symbolique particulière. Il faut remettre les deux personnages en correspondance, Tyrell est techniquement le père de Roy, le lien d’amour filial existe et se concrétise à l’écran par le baiser (c’est le « merci de m’avoir donné la vie », en gros). Après il le tue, autant pour se venger de lui avoir filé une vie trop courte, que pour empêcher une autre génération de Roy Batty condamnés, que pour s’affranchir de l’image paternelle et s’affirmer en tant qu’individu. C’est très tragique, dans le sens grecque du terme… Après, on peut continuer d’analyser la scène et la mettre en perspective avec d’autres cas de régicide tragique, mais globalement, l’idée est là. 🙂

      • commedeslarmessouslapluie dit :

        Bonjour Olivier castel !

        Mon dieu j’ai fini le film aujourd’hui (ça doit faire 2 heures que je lis les articles et les commentaires^^) et à la fin je me suis juste dis « c’est bizarre la licorne, ça veut dire que gaff est venu et n’a pas tué Rachel » du coup j’ai voulu aller voir sur internet savoir ce que les gens pensaient… et maintenant je suis limite effrayé par ce que j’ai découvert et compris après toute cette lecture ! La portée caché de ce film ! C’est formidable et c’est ce qui me fait aimer le cinéma 🙂

        En tout cas il y’ a beaucoup d’ambiguïté dans ce film, les indices laissés laissent fortement penser à Deckard = répliquant mais pourtant quand on repense à certaines choses basiques (capacités physiques, douleur, humanité) on remet sans cesse en question cette hypothèse…

        Je pense qu’en lisant le livre originel on doit pouvoir comprendre à travers la pensée de l’auteur et les indications qu’il laisse dans l’histoire ce qu’ il pense non ?
        Il faudra que je regarde aussi les autres versions du film!

        Et j’ai encore quelque scène qui me préoccupent (même si il faudrait que je revois le film avant de poser des questions je peux pas m’empêcher) : Que penses tu de la théorie sur une relation avec la nièce de tirell ? ça me parait plausible et me perturbe … De plus la photo de la femme sur le piano ressemble beaucoup à Rachel .. (pendant le rêve de la licorne)
        Pareil pour la scène ou il demande à rachel de répeter « kiss me » c’est bizarre…

        Je reviens à tirell, quand Deckard retrouve bryant et que bryant lui annonce qu’il reste encore 4 répliquants à tuer comment pouvait il savoir que Rachel était une répliquante ? Tyrell l’aurait dit à Bryant ? …

        Ah et aussi, dans ton article sur la licorne tu dis qu’a la fin il retourne avec rachel dans la forêt ? J’ai la version du réalisateur qui date de 1992 il me semble et je n’ai pas cette scène ! peut être voulait-il laisser encore plus de place à l’interprétation dans cette version
        En tout cas toutes ces versions différentes du film veulent bien dire que ça a du psychoter dans la tête de ridley scott !

        Bref il faut que je re-regarde ce film plusieurs fois et je pense que je reviendrait en parler sur ce site !

        En tout cas super article ! Le spécial sur la licorne aussi, heureusement que y’a des gens pour se poser des questions (très existentielles ^^) et parler de ce film parce que y’a rien de plus horrible que de rester comme un con à la fin d’un film, en sachant qu’on est passé à coté de 80 % du film !
        Sur à bientôt j’espère !

      • Oliver Castle dit :

        Bonjour et merci de ton commentaire.

        Pour répondre à quelques questions et interrogations, voilà ce que je peux te dire.

        Lire le livre est intéressant en soi mais il n’a rien à voir avec le film. Ils partagent l’univers, la trame de Deckard qui pourchassent des replicants mais ça s’arrêtera globalement là. Par exemple, dans le livre, il est clairement statué que Deckard est un humain. Cela dit, ça reste un excellent livre mais je préfère le film.

        Bryant donne à Deckard 4 replicants à chasser : Roy, Leon, Zhora et Priss. Rachel n’est pas comprise dans les quatre.

        Je ne comprends pas ta question sur la nièce de Tyrel et sa relation. Entre qui et qui ?

        La scène dans les bois à laquelle je fais référence est présente dans le script original de Fancher. Elle n’est pas présente dans le film, soit parce qu’elle n’a jamais été tournée, soit parce que Scott n’a pas jugée bon de la mettre au montage final.

        A bientôt.

  21. Guifou45 dit :

    Superbe article. J aimerais cependant avoir ton avis sur un point. Si Deckhart est un replicant, pourquoi se fait-il defoncer à chaque combat contre les autres replicants. On voit bien qu il n a aucune force contre eux… Ca appuierait la theorie de l humain. Mais d un autre côté si Deckhart est humain, la licorne ne sert à rien à la fin…

    • Oliver Castle dit :

      Hello Guifou et merci de ton commentaire. Comme je le disais un peu plus haut, un androide étant de facto programmé, rien n’empêche de lui faire un programmation « humaine » réagissant à la douleur et bridée dans son potentiel offensif… Pour la justification de la licorne, je t’invite à lire mon article dédié à l’animal et sa symbolique dans Blade Runner 🙂

  22. rico dit :

    Hello, je m’accorde avec la version que tu donnes de Deckhart et de Gaff, mais je me demande même si les pulsions qu’il a pour Rachel ne seraient pas justement celles que Gaff avait pour la nièce de Tyrell (supposée morte…ou pas?); Gaff aurait fricoté avec la nièce et vécu une belle histoire d’amour…
    Et Deckhart aussi, par les souvenirs de Gaff.

    La scène de sexe avec Rachel ne serait alors qu’une réminiscence, Deckhart essayant effectivement de « revivre » les souvenirs qu’il a eu avec la nièce.

    Et puisque Rachel est l’image de la nièce et que Deckhart est l’image de Gaff, ce dernier sait très bien qu’il y’a anguille sous roche, et nous le montre subtilement tout le long du film.

    De même, la dernère phrase de Gaff « She Won’t Live, But Who Does? » peut être compris implicitement en « elle mourra, comme celle que j’ai aimé », et plein d’empathie, celui-ci laissera Rachel et Deckhart avoir la même histoire d’amour que lui même a vécu avec la nièce.

    Ce n’est que sur la fin, en voyant l’origami de Licorne, que Deckhart comprend qu’en fait il est la copie de Gaff. Et qu’il n’a eu de relations physiques avec la nièce que par le biais des souvenirs de Gaff.

    L’appartement qu’il quittent serait alors celui de Gaff et la nièce…

    • dede dit :

      Bonjour Rico.
      Justement c’est là que ça ne colle pas. Si Deckard réalisait à ce moment qu’il était un répliquant, il devrait avoir une réaction beaucoup moins intériorisée que celle vue à l’écran (m’enfin quand même, toute son humanité n’était qu’un leurre, ça n’est as rien !)

    • JCCCP dit :

      Bonjour
      Il y a bien longtemps (un an et demi) que je n’ai pas posté sur ce fil et je voulais, avec du retard, remercier Rico et répondre a l’éternelle question du Dechard replicant, licorne ou pas.
      Je reste un défenseur de l’humanité de Deckard mais j’aime bien l’histoire que tu proposes.
      En fait s’il n’y avait pas la fragilité de Deckard et sa haine du replicant, je pourrai changer de conviction.
      Mais je ne crois pas les humains assez subtiles et assez audacieux pour laisser croire à un replicant chasseur de l’ultime perfectionnement robotisé (le grand mechant Nexus6) qu’il est humain et pour cela le doter de faiblesses humaines (fragilité physique et psychologique) et de souvenirs implantés qu’en plus Graff s’amuserait à faire vaciller l’authenticité, fondement de sa motivtion, par ses petites phrases et cocotes en papier, indices d’une manipulation sous jacente.
      Audace qu’une administration n’aurait pas pris pour retirer de dangereux mutins qui ont quand même zigouillé tout l’équipage humain d’un vaisseau.
      Audace qui a coûté la vie au patron des patrons, Tyrell himself.
      Le lendemain de cet assassinat, il y aurait eu des têtes tombées coté administration policière. Au lieu de cela on laisse Deckard « le replicant » s’en aller gentiment avec sa non moins dangereuse copine replicante qui s’est échappée de chez son « Tonton » flingué. Ça fait beaucoup (trop) de faux pas.. Pour prendre encore un tel risiqe supplémentaire. Et puis au delà de l’exemple faut la de dérogations à la règle. Un bon replicant fugitif est un replicant retiré. Pas d’exception.
      Car si la flicaille avait voulu confier le travail de Blade Runner à un replicant, ils auraient choisi et lancé un bon nexus 6 bien costaud chasser les autres. Ça se serait terminé en bataille bouille façon terminâtor.
      Pour le motiver, je crois volontiers que le chef flic aurait pipoter au Replicant Blade Runner un discours du genre, « t’es plus costaud qu’eux, on est derrière toi, tu nous dégommes tous ces mutins N6 et ensuite on te donne la vie sauve avec la rallonge de vie ». Comme dans tous les polars ricains, notre Deckard n’ayant d’autre choix se serait laissé convaincre.

  23. vincentim dit :

    Bonjour, je viens de revoir le film, je ne l’avais pas vu depuis, pfiu ! 10 ou 15 ans.
    Ce qui me gène dans vos hypothèses, c’est juste la partie avec les vieilles photos (le reste est très pertinent).

    « (…) pendant des années, le meilleur tueur de Replicant était un Replicant cloné de génération en génération jusqu’à retourner aux origines des souvenirs et à ces incompréhensibles et anachroniques photos en noir et blanc dans l’appartement de Deckard, qui auraient en fait appartenues au premier vrai Blade Runner (ou à la première programmation du meilleur Blade Runner) »

    A moins que le film se passe dans un univers parallele où le premier réplicant a été en 1920, je ne vois vraiment pas comment on pourrait lier ces vieilles photos en noir et blanc aux anciennes générations de réplicants. Et si c’est illogique, alors on peut supposer n’importe quoi: en fait, le film est le rêve d’un photographe du début du siècle dernier, qui a laissé dériver son esprit après avoir fumé un exemplaire de « L’origine des espèces » de Darwin. 🙂

    Par contre, à mon avis supposer que ces photos antédiluviennes et argentiques ne permettent pas à Deckard de faire des recherches sur son passé (même accidentellement), et donc que ses souvenirs de famille ont été inventés de toute pièce ou du moins ne lui appartiennent pas (chose à éviter absolument, pour gérer un Nexus 7), me semble plus plausible… 🙂 (et montré dans le film de manière pas trop subtile afin que le specateur comprenne l’allusion aux fausses photos et donc au faux passé).

    Amicalement

  24. dede dit :

    Bonjour très bel article.
    Hélas je fais partie des fans de la 1ère heure de « Blade runner » et de la 1ère version.
    Je n’ai jamais aimé la nouvelle version (celle de 1992 ou le final cut), l’absence de « voix-off » me déstabilise, le fait de laisser planer le doute que Deckard soit un répliquent est fortement tiré par les cheveux et change complètement la relation de celui-ci avec Rachel, la fin est trop abrupte. De plus, j’adorais le final (pris sur les rushs de « Shining ».
    Je crois qu’il ne faut pas chercher à décortiquer tous les petits détails (hors scène de la Licorne) qui démontreraient que Deckard est un réliquant, puisque dans la 1ère version, ces détails existaient déjà et n’étaient pas là pour cela (puisque quand le film est sorti, Deckard était humain, et la scène des photos, etc… étaient déjà présentes).
    Pour ma part, ces nouvelles versions correspondent plus à du révisionnisme qu’autre chose.

    • Oliver Castle dit :

      La toute première version est celle du scénariste, assez fidèle au matériau de base. Les autres sont effectivement plus de l’ordre du révisionnisme et reflète la vision du réalisateur.

  25. Juiop dit :

    Merci pour tout, c’était très intéressant de vous lire tous !

  26. Cécile diz' dit :

    Bonsoir, je suis tombée (si j’ose dire) sur ton site via un commentaire de l’auteur d’un article sur le film sur Rue89 et ton analyse est effectivement passionnante et très déstabilisante. Je n’avais jamais envisagé cet aspect de Deckard via Gaff même si pour moi depuis des années je me disais que Deckard était un replicant. Merci pour cet excellent article (je n’ai pas encore lu celui sur la licorne) et tu m’as donné envie de me replonger dans le film. Je crois que je vais ressortir mon coffret dès demain 🙂 . Bonne soirée.

    • Oliver Castle dit :

      Merci à toi d’avoir lu mon article et laissé un commentaire :). Dès que je suis un peu posé, je pense faire un nouvelle article sur Blade Runner, notamment sur la symbolique de l’oeil…
      Bon revisionnage et à bientôt !

  27. […] Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les fameuses théories: Blade Runner: Deckard est-il un Replicant ? Et pour ceux qui veulent écouter notre cher Scotty annoncé la fameuse […]

  28. Laurent SFN dit :

    Grand fan de Blade Runner depuis toujours, j’ai lu ton dossier avec intérêt. A mon humble avis, on se focalise trop sur des détails insignifiants (comme les soit-disant yeux oranges de Deckard) mais on omet certaines questions pourtant essentielles. Le personnage de Gaf est le plus mystérieux de la série. On ne connait rien de son passé, ni même son activité précise, pourquoi il boite et les raisons de sa passion pour les origamis. A ce titre, je trouve ton hypothèse comme quoi Deckard serait un Nexus-7 avec la mémoire de Gaf implantée particulièrement cohérente et résous bien des mystères.

    Cependant je ne suis pas d’accord avec la seconde partie : si Deckard « clone de Gaf » se tient, émettre l’idée que Gaf est lui aussi un répliquant est tirée par les cheveux. Dans ces cas-la, on peut tout aussi bien extrapoler que tous les habitants de la Terre sont des répliquants, Tyrell compris, tandis que les « vrais » humains vivent à présent sur les colonies. 😉

    Le background diégétique du film est aussi très succinct : on ne sait pas grand chose de cette année 2019. On devine que le climat est bien détraqué, que la pollution est omniprésente, que les animaux ont pratiquement disparu et que la vie dans les colonies vantée au début du film ne doit pas être si rose (présence de militaires…). Le livre original réponds à certaines de ses questions mais diffère aussi sur pas mal de points. Et quid aussi de ces mystérieuses photos jaunies datant d’un autre âge, contrastant de manière saisissante avec ce futur post-apocalyptique pourtant pas si éloigné au moment de la sortie du film. La aussi se trouve une clé du film.

    Mais au fond, ce qui fait la force du film c’est de ne pas connaitre la vraie nature de Deckard et de pouvoir spéculer sans fin . Scott a eu beau vociférer que c’était un répliquant, on peut toujours légitimement en douter, surtout que Ridley aime bien jouer sur les ambiguïtés : comme le fait que Blade Runner serait une préquelle d’Alien, d’autant plus que certains effets visuels et sonores sont présent dans les deux films. J’avoue que l’idée me plait bien mais ça n’a absolument rien d’officiel 😉

    C’est aussi pour cette raison que je n’attends pas la suite de Blade Runner avec impatience, j’ai peur qu’elle révèle trop de choses, ou de manière trop téléphonée et finisse par nous gâcher toute cette part de mystère qui donne au film son charme.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Laurent et merci pour ton commentaire.

      Faire une suite à Blade Runner est une mauvaise idée, de base. Notamment pour le fait qu’il risque de définitivement lever les interrogations qu’on se pose depuis la sortie du film. Faire un film dans l’univers de Blade Runner est une bonne idée. Et sur le papier, les premières infos sur le film sont bonnes : Ryan Gosling, le scénariste de Blade Runner, un directeur photo réputé et Denis Villeneuve à la réalisation (j’ai chroniqué un de ses films sur ce blog pour les plus curieux). Le plus gros problème reste Scott à la production et au final cut… (ce qui est paradoxal de ne pas laisser Villeneuve avoir le dernier mot, compte tenu du combat que Scott a du mener contre les producteurs pour cette même raison…)

      • Jcccp dit :

        Tu dis vrai Olivier, mais que veux tu,la tentation de faire une pseudo suite, donc de l’argent, est probablement plus forte que la volonté artistique qui s’en tiendrait a laisser intact un chef d’œuvre.
        D’autant que tout est dit dans Blade Runner y compris les questions qu’il amène volontairement à se poser. D’un autre côté, la guerre de étoile n’appelait pas forcément à une suite et pourtant l’empire contre attaque qui l’a suivie fut le seul chef d’œuvre de la saga.
        Je comprends Scott qui ne s’est pas battu seulement pour avoir le final cut mais pour s’approprier le film, non pas au sens financier, mais artistique. Il doit désormais penser être le seul auteur. Donc il ne lâchera pas le manche.
        Pourquoi désespérer alors ? Parce que j’ai préféré la version originale au final cut de Scott !

  29. Coco l asticot dit :

    Une question : au début, il me semble que deskart et dans resto japonais, il ne parle pa s japonais et quand les flics, dont Gaff, ils se comprennent pas tout de suite, c est même le chef japonais qui aide Deskart a les comprendre.

  30. Laurent SFN dit :

    Ca peut sembler paradoxal de voir Scott endosser le rôle du producteur castrateur qu’il a tant détester, mais on peut aussi comprendre qu’il ne souhaite pas que l’on modifie trop son bébé.

    J’ai revu la version « cinéma » l’autre jour. Finalement, il n’y a pas que des mauvaises idées. La voix-off donne une ambiance de polar assez unique pour un film de science-fiction. Et la je vais sans doute en choquer plus d’un, mais même la fin à grands coups de rushs de Shinning n’est pas si ridicule. Elle rajoute encore plus de mystère au film, ses paysages de montagnes bucoliques pouvant être mis en parallèle avec les vieilles photos jaunies si chères à Deckard et aux répliquants…comme si finalement Los Angeles n’était qu’une épine noire dans un monde finalement pas si sombre.

    • Oliver Castle dit :

      Ce qui me gène avec les rushs bucoliques, c’est qu’ils diminuent le côté « fin de vie »/surexploitaion de la Terre que les plans de ville tendaient à suggérer…

      • Laurent SFN dit :

        Oui…mais si on se base sur ces « précieuses photos » représentant un passé pas si lointain, on ne me fera pas croire que la terre est passé quasiment du jour au lendemain d’une planète comme on la connait à peu près de nos jours (et pas si différente du début des années 80…) à un cauchemar cyberpunk ultrapollué. Excusez mon excès de réalisme 😉

        Mais bon on se prends le chou pour rien, puisque ces rushs n’étaient prévu au départ que pour atténuer la fin sombre et ouverte du film. Mais moi aussi j’aime bien élaborer mes petites théories 😉

  31. Jaapsouninou dit :

    Article intéressant, merci pour ce point de vue !
    Juste par rapport à la métaphore de la poule mouillé, es-tu sûr qu’en anglais ils utilisent bien la même expression ?

    • Oliver Castle dit :

      Merci pour ton commentaire.
      Il faudrait vérifier sur le script ou mater à nouveau la scène en VO pour récupérer le terme exact, mais « se dégonfler » est traduisible par « to chicken out », et « poule mouillée » par « chickenhearted », donc bon…

  32. Tintin dit :

    Deckard, Gaff et Rachel sont tous les trois des Réplicants. En effet, à la fin du film lorsque Deckard trouve l’origamie de Licorne par terre, la voix off de Gaff nous rappelle la phrase qu’il avait prononcé sur le toit : « Dommage qu’elle doive mourir, mais c’est NOTRE lot à TOUS! ».
    Notre : l’obsolescence programmée (la mort) est une caractéristique des Réplicants
    Tous : Gaff, Deckard, Rachel, et tous les Réplicants en général

    • Stéphane dit :

      Comme pour les humains, il n’y aura pas survivants,

    • Elendil dit :

      En disant que « Notre » équivaut à « l’obsolescence programmée » tu prends un raccourci un peu rapide car dans la citation Gaff parle de la mort et pas explicitement de terminaison programmée.

      Je pense qu’on peut interpréter la mort dans les 2 sens (mort naturelle des humains ou programmée), c’est justement l’ambiguïté qui fait la qualité du film. L’idéal serait de de soulever un point qui n’est pas ambigu et qui permettrait de trancher sur tous ceux qui le sont.

  33. Grand Nago dit :

    Salut à tous, hier j’ai finalement vue pour la première fois Blade runner (mea culpa) et évidement la question de la licorne est venue foutre le bordel.

    Les deux théories; Deckard humain ou Deckard réplique ont chacune leurs arguments. Je penche plus largement sur l’humanité de Deckard, homme névrosé dans un monde en perdition, mais ton article est très intéressant et en effet l’origami de la licorne à la fin laisse penser à une similitude de souvenirs entre Deckard et Gaff.

    Alors ma théorie c’est que Deckard est l’humain et Gaff sa réplique; en effet entre Deckard alcoolique et paumé et Gaff qui a un contact humain digne d’une enclume, la possibilité que Gaff soit la réplique me semble plus forte.

    -On sait que Deckard est retiré, qu’il ne veut pas rempilé alors qu’ils aient décidé de le répliquer pour continuer son boulot me semble plausible.

    – J’ai lu plus haut dans un commentaire que Deckard connaissait peut être Rachel de son vivant, l’idée me semble intéressante, dans la scène où il va à la Tyrell corporation il n’est pas motivé pour passer le test à la réplique de Rachel, comme si il savait déjà le résultat et cela donne à Tyrell un côté bien plus sombre.

    -Pour moi la symbolique de la licorne est bien plus simple, c’est simplement un mythe, quelque chose d’impossible à atteindre, en effet tout les personnages cherchent à dépasser leurs conditions qu’ils soient humains ou répliques; Deckard cherche à moins souffrir dans un monde décadent, les Nexus 6 à dépasser leur durée de vie alors que c’est impossible (Tyrell « nous vous avons construit du mieux que nous pouvons » « la bougie qui brillent deux fois plus fort brillent deux fois moins longtemps »), Sebastian vieillit prématurèment, Rachel croit être ce qu’elle n’est pas.

    Tous agissent cherchant à s’extraire de leurs conditions et tous échouent. Tous sauf Gaff qui lui attend, il pourchasse Deckard (l’origami de la poule, tu dois retirer Rachel aussi) car il le hait pour être son original et si c’est lui qui a été envoyé en premier et qu’il ait échoué, le fait de le laisser partir lui permet de dépasser sa condition.

    En effet on passe d’un humain qui poursuit des répliques dans le cadre de la loi, à une réplique qui poursuit l’humain dans le cadre de la loi, qui est en plus son original. La réplique dépasse enfin l’homme. Lorsque Deckard trouve l’origami de la licorne métallique c’est pas le soulagement qui se voit sur son visage mais plutôt la peur, perso je m’attendais à ce que Gaff surgisse et les abattent.

    • Oliver Castle dit :

      Hello Grand Nago.

      Ta contre-théorie de la mienne est intéressante. J’ai du mal à y adhérer essentiellement parce que Gaff boite, ce qui est un défaut de fabrication majeur (même si on le considère en fin de vie), et parce que à moins que ce soit un modèle obsolète (mais qui devrait déjà être mort), les nexus dernière génération montre plus d’empathie que ce que dévoile Gaff. Pour la symbolique de la licorne, je te renvoie à cet autre article de mon cru.

      Ceci étant dit, je suis 100% d’accord avec toi sur ce point: « Tous agissent cherchant à s’extraire de leurs conditions et tous échouent. » Ca rend le personnage de Gaff d’autant plus intéressant car comme tu dis, il n’a pas vraiment d’aspirations à cela.

      • Grand Nago dit :

        Il est vrai que Gaff boîte mais je ne pense pas qu’il ait été crée comme ça, il a pu être blesser par la suite vu que techniquement des balles tuent les répliques. Si Deckard est la réplique pourquoi les policiers ne l’aurait t-il pas détruit lorsqu’il a décidé de laisser tomber son travail de blade runner, en abandonnant sa fonction ne devient il pas aussi dangereux que les Nexus 6 à plus ou moins long terme (surtout si il est la copie du meilleur des chasseurs)?

        Le problème pour compararer l’empathie des réplicants, c’est que l’on a affaire avec certitude qu’à Rachel qui est une expérience et aux Nexus 6 en révolte donc défaillants.

        Je vais laisser passer du temps avant de le revoir, et puis on verra bien ce que le 2 peut apporter (sueur froide)…

      • Oliver Castle dit :

        Je ne sais pas quelle version tu as vue, mais je te conseille de regarder un montage différent pour ton prochain visionnage =).

        Pour le 2, je dois avouer que sur le papier, il y a quand même des trucs positifs : Hampton Fancher (1/2 scénariste du 1), Ryan Gosling et Denis Villeneuve. Le point noir, c’est sûrement Ridley Scott lui-même qui nous fait un délire égomaniaque à la George Lucas sur la licence.

    • Philippe dit :

      Bonjour à tous et à toutes,

      Étant un grand fan de ce merveilleux film depuis sa sortie en 1982 ,je viens de lire sur 2 jours tous vos avis,toutes vos idées et interprétations.
      Pas mal d’idées m’impressionne.

      Pour ce qui est de la licorne ,je pensais que c’était Ridley Scott qui avait pour habitude de mettre un indice pour son prochain film à venir (dans ce cas présent c’était Légend avec Tom Cruise) vu qu’il y a une licorne.

      Je ne pense pas que Deckard soit un réplicant …
      C’est un homme qui cherche à comprendre pourquoi les réplicants reviennent sur terre …Ce qu’ils recherchent (un peu d’humanité je pense) …
      Les replicants sont comme des enfants …
      Ils veulent un père …Ils veulent être aimé …Ils sont capricieux …Ils veulent savoir où ils vont …

      Des enfants … Mais des enfants avec de grandes capacités de grandes forces …

      Comme dit Tyrell à Roy …Vous avez fait de belles choses …Vous avez bien profité de votre temps …Vous êtes le fils prodigue …

      Et puis quelque part ,ça m’embêterait que Deckard soit un replicant …

      Je pense que chacun doit interpréter ce film à sa façon … Comme pour 2001 l’Odyssée de l’espace.

      Sinon je suis mal à l’aise avec la suite prévue pour cette année.
      Attendre 35 ans pour faire une suite ,ce n’est pas une bonne idée.

      • Oliver Castle dit :

        Merci pour ton commentaire Philippe. Ta note sur le côté « enfant » des replicants et leur recherche de père est intéressante, j’aurais dû l’ajouter pour les détracteurs de la théorie Deckard Replicant (après on pourrait arguer que la quête personnelle de Deckard n’en est pas si éloignée si on associe la scène du piano à une recherche affective, peut-être plus maternelle).

        Encore une fois, ici, le motto reste « chacun se fait sa propre idée sur la théorie, et c’est tant mieux » =)

  34. Ecrepont Pierre dit :

    Alors j’adore l’idée sur le coté littéraire, mais la théorie d’un Deckard replicant vu ces performances physiques plus que moyenne face aux autres ça ne tient pas debout… L’origami me semble un simple message que son collège le couvre. Alors oui il y a bien une volonté de corrélation entre ces deux licornes, celle du rêve, l’autre de papier. Le réalisateur à surement un message à faire passer, mais à mon sens c’est uniquement pour ouvrir le film sur le plan symbolique, la réalité (cohésion ?) du film ne permet pas toutes vos interprétations pourtant très enrichissantes intellectuellement.

  35. REGIS dit :

    « Pas une bonne idée »
    Je suis d’accord car il est prevu on dirait que l’on considère cela comme une suite ou un remake, même nom et même réalisateur. Au secours, au crime.
    Mais j’ai besoin d’histoires, de mise en scène, d’émotions autant que de scénario même si le dernier aura du mal à nous faire autant parler. Et puis au pire cela scellera le premier opus au rang d’œuvre magistrale. Et ce blog plus historique sera nourri de pleins d’autres commentaires intéressants.
    Alors je ne boude pas mon plaisir d’attendre la naissance d’une nouvelle création artistique d’un grand pro.
    PS Deckard est un humain…car il est inhumain….mais chut c’est un secret

    • Oliver Castle dit :

      Je suis toujours assez mitigé sur l’idée de Blade Runner 2049. Sur le papier, il y a beaucoup de bonnes (Villeneuve, Gosling, Fancher) comme de mauvaises (final cut à Scott) idées. Après le premier teaser qu’on a eu il y a quelques semaines, je reste du même avis et un peu rassuré par les bonnes idées susnomées. Après y avoir réfléchi, je crois que c’est la présence de Ford qui me dérange rapport au film d’origine, rapport aux théories (surtout si c’est pour laisser sous entendre que les Nexus 6 ont des tissus qui vieillissent, pas vraiment le genre d’explications qui ont réussi au dernier Terminator…)

      Etant optimiste de nature, je préfère rester confiant en attendant de me faire mon propre avis (dans le pire du pire des cas, on se retrouve avec un film du gabarit de Suicide Squad, donc pain béni pour un article assassin :))

  36. Fred dit :

    Bonjour,
    j’ai découvert avec grand plaisir votre théorie sur la « répliquantitude de Deckard. Vos arguments sont très intéressants et particulièrement cohérent. J’aime beaucoup l’idée du Blade Runner nexus 7 héritier d’un 6, héritier d’un 5, …
    Il y a quand même un point qui me turlupine. Même si mes souvenirs du livres sont ancien, plusieurs points vont à l’encontre de cette théorie.
    – Dans le livre la Terre est en train de mourir, la population à émigré, seul reste des fonctionnaires, des pauvres ou des infirmes. Les animaux n’existent plus (ou presque) et les gens ont recourt à des répliquant d’animaux. Deckard accepte le contrat en espérant pouvoir se payer un vrai mouton.
    – Toujours dans le bouquin, on a le concept de la machine à empathie. Les humains en ont de moins en moins et ont recourt à une boite qui leur en file pour la journée. La femme à Deckard l’utilise souvent mais pas lui me semble t il.
    – Dans le livre, le manque d’empathie des répliquant est très sensible, y compris quand Deckard couche avec Rachel.

    De fait cette théorie que l’on peut emmètre dans le film est quasi inexistante dans le livre.
    De plus Dans « The long Tomorrow, le comics de Moebius et de Dan O’Bannon, cité comme étant une des sources majeure d’inspiration de Blade Runner, Le héro n’est nullement un Androïde.

    A suivre 🙂

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Fred, et merci pour votre commentaire. Oui, il faut absolument préciser que ma théorie s’applique uniquement à l’univers du film, non celui du livre.

      • Macolo dit :

        Juste, incroyable, votre acticle devient mondialement connue. Cela fait 3 heures que j’ai lu tout les commentaires. Juste INCROYABLE.

  37. […] vraiment un grand réalisateur, et après Enemy et Sicario, je pense sincèrement que la suite de Blade Runner et le reboot de Dune sont en de bonnes mains […]

  38. Oncle-june dit :

    Enorme ton interprétation… bravo ! Bon

    • Oliver Castle dit :

      Merci. Ca ne reste qu’un interprétation, à voir bientôt si elle tiendra l’épreuve 2049

      • philippe dit :

        à voir bientôt si l’interprétation tiendra l’épreuve 2049 ???

        Pas sur que le réalisateur ou que le scénariste se soit autant cassé la tete comme ce que l’on vient de faire …

        Wait and see

  39. detcherry dit :

    Blade runner 2049 rebat les cartes quant a l eventualite que Deckard soit ou non un nexus. Personellement je ne le pense pas meme si tes arguments sont coherents a moins bien entendu que rick appartiennent a un nouveau genre hybride humain replicant et cel a expliquerai le fait qu il soit encore en vie. Dans le roman d origine c est un humain il n y a pas de doute la dessus.

  40. Warny dit :

    Personnellement, je préfère que Deckard soit humain. Parce que s’il est humain, on peut poser la question : les répliquants sont-ils devenus « plus humain que l’humain » ? Parce que dans le film, Deckard tue sans état d’âme, la scène de sexe se rapproche plutôt d’un viol, et il fait fait finalement face à un authentique répliquant qui lui explique que tout ce qu’il a vécu sera perdu avec sa mort et décide donc de le sauver pour lui éviter une fin prématurée.
    Ma vision est basée sur le fait que j’ai d’abord vu la version de 1982 (avec la voix off).

    • Oliver Castle dit :

      C’est effectivement l’angle d’approche le plus intéressant dans la théorie de l’humain… A l’époque, ça faisait sens. Depuis le thème est devenu un peu éculé…

    • Laurent SFN dit :

      Dans la version de 1982, il ne fait aucun doute que Deckard soit humain. C’est la version de 1992 avec la licorne, le comportement froid et autistique de Deckard (ses réflexions en voix off nous permettaient de comprendre sa pensée) et la fin très sombre et très ouverte qui a foutu le bordel dans cette théorie…ou même qui a crée la théorie.

      • Oliver Castle dit :

        C’est la version de Ridley Scott qui a foutu le bordel, en d’autres termes. Ce dernier s’est toujours battu pour faire imposer SA vision.
        C’est un comportement assez moyen, je trouve, dépossédant le scénariste du travail de réflexion et de construction de son oeuvre. Scott aurait été à l’origine du scénario, pourquoi pas. Là, ça fait des années qu’il s’approprie avec des propos parfois véhéments l’univers Blade Runner comme étant le sien, reléguant Fletcher au rang de gratte-papier sans importance. (La version de Fletcher était indéniablement humaine.)
        Je crois qu’au delà de la théorie, c’est ça qui m’énerve le plus : Scott et son rôle de Dieu sur l’univers. Deckard est un replicant, et je vous emmerde. Blade Runner est une extension de l’univers d’Alien, et je vous emmerde.

  41. SEPULVEDA Nathalie dit :

    Je viens de voir la BO de Blade Runner 2049. Et j’ai revu aussitôt la version la plus récente du premier film.
    Tout d’abord, après avoir lu ce blog, je dirais simplement qu’il est le plus passionnant et abouti sur ce film, qui pour poser encore autant d’interrogations est bel et bien un chef d’œuvre.

    Personne ne peut s’approprier une fiction, on pourrait remonter à l’auteur du livre, qui a fait de Dekcard un humain, ou alors faut-il respecter le scénariste, mais en tout cas, je suis d’accord : RS n’a pas à s’approprier l’interprétation de la nature de Deckard.

    Ce qui est passionnant est justement qu’on peut faire de Deckard ce que l’on veut.

    VERSION : DECKARD EST UN REPLICANT
    C’est bien la licorne qui est l’élément le plus troublant. Tous les autres indices peuvent être des interprétations, ou pas.
    Je trouve passionnante l’idée que Deckard soit le replicant de Gaff. Mais Gaff ne peut pas être un Nexus 6, sinon il serait mort. C’est un ancien Blade Runner, sans aucun doute, mais pour moi c’est plutôt un humain (un nexus aurait été plus remarquable physiquement, en dehors de son handicap), et la façon dont « il suit » Deckard peut indiquer que ce dernier est bien son double, cela explique aussi qu’il les laisse partir.

    VERSION : DECKARD EST UN HUMAIN
    C’est celle que je retiens (chacun choisit celle qu’il veut, et surtout Oliver Castle !), pourquoi : parce que l’une des beautés de ce film (qui en détient bien d’autres) est justement, qu’un humain ait une histoire d’amour véritable avec une replicant, ce n’est pas par romantisme, mais cela casse un peu l’une des « règles » hollywoodiennes, selon laquelle il vaut mieux éviter les unions entres races (mais si, l’inverse est encore et toujours une transgression)…
    Car selon moi, un replicant est bien un clone, et donc pas une espèce différente, mais une autre race.
    On est bien alors dans la transgression, car la replicant n’est plus un objet de plaisir, mais d’amour, et c’est encore plus beau qu’une histoire entre 2 replicants.
    Enfin, et surtout : oui, je suis d’accord : Deckard humain pose le problème de la nature humaine sur le plan moral, si douteuse, qu’elle pourra un jour être dépassée par celle du robot…

    J’espère que la version 2049 entretiendra le mystère, afin que chacun garde sa liberté d’interprétation… La question étant bien le vieillissement du Nexus 7, avec un H. FORD qui aborde le 3ème âge !
    NS

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Nathalie et merci pour ton commentaire !

      J’ai vu Alien Covenant il n’y a pas longtemps. Un film que je qualifierai de sombre bouse s’il n’y avait pas déjà Prometheus… Mais peu importe. Covenant se passe 10 après Promotheus et SPOILER ALERT SPOILER ALERT SPOILER ALERT SPOILER ALERT SPOILER ALERT le personnage de Fassbender se retrouve dans la suite. David était un cyborg, et on le retrouve avec les cheveux longs… Ce qui m’a laissé dubitatif sur le moment est peut-être un indice sur la vieillesse des Nexus et leur evolution physique dans le temps.

      Car vous n’êtes pas sans savoir que Ridley Scott a décidé de ruiner deux licences d’un coup en liant Blade Runner et Alien par l’intermédiaire de l’usine fabriquant les androides…

      Bref, j’espère que le mystère ne sera pas levé dans 2049 et qu’on pourra continuer de se palucher avec nos théories toutes plus viables les unes que les autres, dans le respect et l’ouverture des points de vue 🙂

      • philippe dit :

        Bonjour à tous et à toutes les fans …

        J’espére beaucoup de BLADE RUNNER 2049 et en meme temps ,j’ai peur de ce film.
        Car par expérience ,je sais que faire une suite à un chef d’oeuvre (comme BLADE RUNNER) plus de 20-30 ans après est dangeureux.
        Cela peut nuire à l’original et détruire le mythe.

        Ce que j’ai pu voir sur la Bande Annonce (les Bandes Annonces) de 2049 me laiiser perplexe …
        Certains plans sont beaux ,mais d’autres ….aie aie aie …
        J’ai l’impression que la ville est désertique (comme dans la roman initial de Philip K DICK )…
        Et qu’est devenue RACHEL ?

        Patientons encore et j’espére que je ne serais pas déçu …enfin pas complétement déÇu …

        Mais je sais une chose et j’en suis sur.
        Ce BLADE RUNNER 2049 ne pourra pas surpasser l’ORIGINAL.
        Non ,il ne le pourra pas.

      • Oliver Castle dit :

        Bonjour Philippe et merci de ton commentaire.

        J’émettrai une réserve qui peut donner de l’espoir sur les attentes d’une suite : L’empire contre-attaque 🙂

        Wait & See

  42. Nathalie Sepulveda dit :

    Bonjour !

    La Bande Annonce que j’ai vue au cinéma m’a paru à la fois prometteuse ET inquiétante (je n’ai vu qu’une seule BA). Il est impossible que 2049 surpasse l’original, je suis tout à fait d’accord.
    Mais à mes yeux, l’original ne peut pas en être affecté, si le 2ème film est raté, il faudra s’empresser de l’oublier, c’est le 2ème qui sera mauvais, point.
    J’ai cru comprendre aussi qu’on avait fait disparaître Rachel… Le contraire m’aurait étonnée.
    Je suis donc impatiente, mais peut-être plus curieuse qu’impatiente.
    Il est très difficile de faire d’une « suite » un 2ème chef d’oeuvre ! Alors oui, j’ai moi aussi un peu peur de ce film… mais on se remet d’une déception
    NS

    • Oliver Castle dit :

      Je n’ai été déçu par aucun film de Denis Villeneuve et je pense sincèrement qu’il a les capacités pour faire un grand film. Après, je reste extrêmement naïf sur les bandes-annonces et il est facile de me vendre du rêve (Suicide Squad, anyone?), j’ai été assez surpris par le ton de la deuxième BA, qui me vendait presque un film que je n’ai pas envie de voir. De plus, il semblerait que Ford ne revienne que pour le dernier acte du film, je ne vous cache pas qu’une BA qui me spoile le dernier acte, ça me gonfle un peu…

      Donc, je reste prudent et fais confiance à Villeneuve. Encore une fois, c’est la variable Scott dans l’équation qui me fait peur… Je rappelle que contractuellement, c’est lui a le dernier mot sur le final cut…

      La disparition de Rachel me parait logique (She will die, but again, who doesn’t?) et Fletcher étant aux commandes du scénar, c’est rassurant qu’elle ne soit « a priori » pas là.

    • Laurent SFN dit :

      « J’ai l’impression que la ville est désertique (comme dans la roman initial de Philip K DICK )… »

      Dans les bande-annonces, ce sont ces plans qui m’ont le plus fascinés et qui me donne envie d’en savoir plus : cette ville désertique et abandonnée avec ces ruines surréalistes…et aussi les clins d’oeil aux « années 80 » et à l’esthétique du premier film (le logo « Atari », la danseuse soviétique, ces radars sortis d’un autre âge). Même si c’est plus « coloré » l’ambiance très particulière du premier métrage semble respectée.

  43. philippe dit :

    Oui L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE est merveilleux …
    Mieux que n’importe quels STAR WARS …

    Sur ce coup la ,j’ai tort …
    Je l’avoue …

    Je dirais meme plus que AUSTIN POWER 3 est meilleur que le 2 qui était meilleur que le 1 …
    Mais ceci est une autre histoire.

  44. Nathalie Sepulveda dit :

    Bonjour à tous ! 2049 enfin en salles… De nombreuses critiques élogieuses. Oliver Castel a eu raison de souligner que Denis Villeneuve avait les capacités nécessaires, vu sa filmographie, c’est vrai ! Je vais voir la suite de Blade Runner le 8 octobre en Imax 3D, la réalisation semble au rendez-vous, j’espère que la part d’émotion et de mystère du premier le seront aussi…

  45. Sylvain B dit :

    Bonjour Oliver,

    Bravo pour ton article passionnant, une des analyses les plus fouillées sur le sujet, et très bien argumentée…
    J’ai toujours cru pour ma part que Deckard était un humain, sans doute pas pleinement attentif à tous les détails du film pouvant laisser penser le contraire, et l’histoire d’amour entre un humain et une réplicante qu’il est en outre chargé d’éliminer n’en était que plus forte!
    En visionnant ensuite les remontages de Scott et en prenant connaissance de cette théorie selon laquelle Deckard est un réplicant, j’ai changé d’avis : trop d’indices semblent aujourd’hui l’indiquer, à commencer bien sûr par celui de la licorne…
    Mais ce qui est formidable avec ce film (enfin, une des nombreuses choses rendant le film unique, car bien évidemment c’est d’abord un film visuellement splendide, à l’univers envoûtant, d’une rare profondeur), c’est qu’on pourra toujours avoir un doute!
    Il y a des arguments pour chaque théorie, aucune n’est irréfutable, sinon il n’y aurait plus de débat, et on serait sans doute déjà tous d’accord…
    Ne pas avoir de certitude, et le fait qu’on laisse exister le doute, doit probablement en agacer certains, qui n’ont pas envie de se poser de question, et sont rassurés par le sentiment d’avoir bien compris le film…
    Pour ma part je pense au contraire que cette incertitude contribue à la réussite du film, et à son intelligence : on est tellement habitués avec le cinéma hollywoodien à ce qu’on nous évite surtout de penser, pour ne pas risquer de déstabiliser le spectateur, que ça fait du bien une histoire ouvrant tant d’horizons…
    Et tous ces débats prolongent le plaisir de la vision du film, donnant envie de le revoir de nouveau!
    Un peu comme un grand film de David Lynch, je pense tout particulièrement à Mulholland Drive… Bien sûr à côté d’un film de Lynch le film de Scott, malgré ces débats, est plutôt limpide, tant chez Lynch c’est le film entier qui est sujet à de nombreuses interprétations…
    Mais cette part de doute et d’ambiguïté l’en rapproche tout de même un peu, et c’est appréciable!

    Sinon moi aussi je redoutais terriblement Blade Runner 2049, pensant que cette suite allait être sans doute très décevante, mais les critiques, à de rares exceptions près, ne tarissent pas d’éloges!
    Il semblerait que, grâce notamment au talent de Villeneuve, cette suite retrouve le côté artistique et contemplatif du 1er film, même si forcément on doit être un peu en dessous…
    J’imagine que tu l’as déjà vu, et je serais intéressé par savoir ce que tu en penses!
    Pour ma part je devrais le voir le vendredi 13, donc je vais devoir attendre un peu, j’espère que vous n’allez pas trop « spoiler » dans vos prochains commentaires que je lirai tout de même, notamment sur l’identité de Deckard, mais il semblerait que Villeneuve ait préféré continuer à entretenir le doute, tant mieux pour nos débats!

    Sylvain

    • POP's dit :

      Deckard n’a jamais été pensé comme étant un répliquant dans la version d’origine. C’est un changement de point de vue de RS en 1992 qui a amené un remontage qui en a fait changer le sens, mais pour moins ça reste un artifice assez gratuit. J’ai toujours préféré la version de 1981 avec la voix-off que celle de 1992, n’en déplaise à Ridley.

      • Sylvain B dit :

        Le fait que Deckard n’ait à l’origine pas été pensé comme un réplicant n’a à mes yeux que peu d’intérêt, peu importe les intentions de départ, seul importe le résultat à l’écran!
        De ce que j’ai pu lire sur la genèse du film, RS n’a pas changé de point de vue, c’était déjà son point de vue lorsqu’il a réalisé le film, d’où d’ailleurs les indices disséminés dans le film et bien tournés à l’origine… Simplement les producteurs lui ont imposé le happy end plus commercial et la voix off pour aider les spectateurs à mieux comprendre le film…
        Je comprends donc parfaitement la frustration de RS et son besoin de remonter le film afin qu’il corresponde à ce qu’il voulait qu’il soit au départ, et bien d’accord avec lui sur le fait que le happy end, par sa tonalité et son esthétique radicalement différente (d’autant plus que ce sont des rushes de « Shining », donc réalisés par un autre cinéaste, ce qui est d’une certaine façon sinon du vol, au moins de la tricherie), s’intègre assez mal au film.
        En ce sens, la scène de la licorne, bien tournée par RS quant à elle, est bien moins artificielle, et plus dans la tonalité du reste du film.
        Content aussi que RS ait supprimé la voix off, qui alourdit le film et n’apporte pas grand chose.
        Mais c’est bien que chacun ait ses préférences, ça justifie le fait qu’il y ait plusieurs versions!
        Et même si je préfère les remontages, donnant plus d’unité et de force au film, j’apprécie aussi la version d’origine…

  46. Nathalie Sepulveda dit :

    Tout à fait d’accord avec POP’S, l’ajout du rêve de la Licorne est en effet quasiment de l’ordre du subterfuge. J’avoue préférer également la version d’origine, qu’il est aujourd’hui difficile de se procurer. On a beaucoup dit que la voix-off était une explication gratuite et sans intérêt, laissons donc certains l’apprécier, c’est mon cas… Je l’assume.
    Il n’y aura pas de « spoiler » de mon fait sur 2049 : promis ! Bonne séance à tous ceux qui vont aller voir le film. En attendant, il n’est pas interdit de rêver qu’il puisse être digne du premier, sinon à sa hauteur…
    NS

  47. Nathalie Sepulveda dit :

    D’accord avec Sylvain B : le happy end est douteux, plus que la scène de la licorne, qui reste néanmoins un ajout de RS pour contrer ce qui lui avait été imposé, donc on peut dire que c’est artificiel aussi. Les autres indices disséminés sont moins probants, et sont pour la plupart des interprétations visant à étayer la théorie Deckard = Replicant.
    Pour ce qui est de l’explication donnée par la voix-off : elle en donne une pour ceux qui manquent peut-être d’imagination, on peut en trouver d’autres bien sûr, mais celle donnée qui exalte l’amour de la vie du Nexus 7 à l’agonie n’est pas si mal. Alors, oui, pour les cyniques, elle est « téléphonée » et lourde, et il ne faut jamais tout expliquer dans l’art, mais je ne l’ai pas trouvée nulle. De là à ce que RS fasse une crise et impose sa théorie à la terre entière : non.
    Chacun fait ce qu’il veut de Deckard, il ne faut pas nous en priver, c’est en partie le génie du film, que RS ne devrait pas s’acharner à détruire. L’œuvre échappe à son créateur dès lors qu’il la livre au public, il faut l’accepter, sinon on la garde pour soi !
    NS

    • Oliver Castle dit :

      Voui, attention pas de spoilers autorisés dans les commentaires de cet article (ou de l’autre dédié à cette licorne rajoutée)!
      Je ferai probablement un article dédié à 2049 une fois que j’aurais vu le film, normalement ce week-end ou on aura toute liberté de débattre autour du nouvel opus :).

    • Sylvain B dit :

      Pour la scène de la licorne, on peut la trouver artificielle si on se demande ce qu’une scène purement ornirique vient faire dans le film… A titre personnel, je trouve cette scène visuellement superbe, ce qui me semble déjà une bonne raison de la faire figurer dans le film. Ridley Scott semble aimer les licornes puisqu’il y reviendra avec Legend…
      Mais lorqu’on voit la scène finale avec la licorne en origami, prouvant bien que ces scènes ont été tournées à l’origine et donc bien prévues par Scott pour intégrer le premier montage, la scène onirique se justifie alors pleinement, elle fait le lien entre le rêve de Deckard et la réalité.
      En réalité ce sont les producteurs de l’époque qui ont demandé à Scott de retirer cette scène, pour ne pas perturber le spectateur… Il fallait que Blade Runner reste un film lisible, avec des scènes d’action et du grans spectacle, mais surtout pas trop de poésie, de peur que le film ne marche pas en salles. Déjà qu’il était très artistique, alors si on rajoutait en plus une scène purement onirique…
      Donc que RS la rajoute des années après, me semble plutôt légitime.
      Certes l’oeuvre échappe à son créateur dès sa sortie en salles, mais faut-il pour autant que ce soient les producteurs qui décident du sort et du sens profond du film?
      OK, RS n’était pas tout seul quand il a fait son film. Il y a le roman de P. K. Dick au départ, les deux scénaristes aussi… Mais l’avis de Scott sur son film me semble tout de même mieux placé que celui de producteurs plus concernés par des considérations purement commerciales.
      C’est surtout pour ça que je défends le réalisateur, un peu par principe.
      Après je trouve aussi sa version meilleure, plus cohérente, même si je n’ai rien contre la 1ère version qui était déjà très belle : même avec son happy end et sa voix off, elle se regarde toujours très bien aujourd’hui, et apporte une autre signification…

      • POP's dit :

        La version originale de 1982 est surtout boudée aux US à cause de la voix-off de Harrison Ford récitée sans la moindre envergure, alors que le doublage français est -lui- magnifique.

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Les producteurs qui s’imposent dans un film ont souvent en effet deux motivations : ils se projettent à la place du « spectateur moyen », dont ils pensent connaître les limites, et ce qu’il attend d’un film, et cette approche est éminemment mercantile, et souvent erronée, ou pire : ils se prennent pour des artistes, et veulent « participer » au film, autrement que financièrement. Je comprends la frustration de RS…
        Cela dit, RS a dénaturé lui-même la nature humaine de Deckard voulue par l’auteur du livre, alors pourquoi n’accepte-t-il pas une autre vision que la sienne, qu’il entend imposer à tout prix. Après tout, ceux qui voient un humain en Deckard, sont en conformité avec la vision de Dick, et si RS a choisi de modifier la vision de Dick, on peut quand même ne pas y adhérer : liberté pour chacun !
        La scène de la licorne – origami peut être interprétée tout simplement comme : je suis passé, mais je vous laisse partir. C’est une licorne, cela aurait pu être un autre animal, peu importe, Gaff fait beaucoup d’origamis. Oui RS aime les licornes, mais le dernier origami ne prouve pas que la scène onirique ait été réalisée à ce moment là (je ne conteste pas que RS l’ait tournée).
        Elle est visuellement belle, et apporte une touche artistico-onirique au film (en avait-il besoin ?), mais elle ressemble furieusement à un rush de Legend…
        Enfin, pourquoi ce rêve serait-il un implant mémoriel : un rêve de licorne est peu compatible avec un implant destiné à faire croire à un Nexus 7 qu’il est un humain (cf l’implant chez Rachel : souvenir d’enfance non onirique). La Tyrell Corporation aurait pu choisir autre chose… Voilà essentiellement pourquoi je continue à considérer que l’introduction de ce rêve est artificielle et ressemble à un subterfuge.
        Mais je suis d’accord : les versions sont assez nombreuses, pour que chacun choisisse celle qui lui va, et correspond le mieux à ses propres interprétations ! Personne ne peut prétendre détenir LA vérité… mais c’est sympa pour chacun d’argumenter pour défendre la sienne !
        NS

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Oui, tout à fait d’accord avec POP’S : le doublage de la voix-off en français est magnifique ! Les doublages sont généralement très bien faits en France, parfois plus réussis que la VO…

  48. Nathalie Sepulveda dit :

    Parfait, merci Oliver, NO SPOILERS !! Je rectifie mon erreur de 16h36 sur le numéro du Nexus : Roy sur le toit : c’est un 6…
    NS

    • Sylvain B dit :

      Nathalie, je pense avoir une réponse à ton interrogation sur la volonté de RS de faire de Deckard un réplicant, ce qui n’était pas le cas dans le roman de P. K. Dick.
      Il a déclaré : « À mes yeux, il est clairement logique, surtout quand vous réalisez un film noir, […] de faire en sorte que le personnage principal soit lui-même ce qu’il poursuit. »
      Cela rajoutait donc, selon lui, une dimension intéressante au personnage : il déteste les réplicants, les chasse froidement, sans savoir que lui-même en est un… Cela expliquerait son obsession à les traquer, car peut-être se sent-il des affinités avec eux, tout en rejetant cette idée : son appartement truffé de photos, par exemple, témoigne d’une volonté farouche de se prouver qu’il a des souvenirs, comme pour s’assurer de ne surtout pas être comme eux, démontrant bien qu’il n’est pas à l’aise avec son identité…
      Les réplicants semblent eux-mêmes sentir qu’il est différent des humains habituels qui les traquent : la question de Rachel pour savoir s’il a fait le test, le fait que Roy Batty lui sauve la vie, etc.
      Après, je te l’accorde, c’est mon interprétation, et c’est tout l’intérêt de ce film, il est tellement riche qu’on peut y voir ce que l’on veut, et y trouver ce qui nous convient…

      Oui la licorne aurait sans doute pu être remplacée par un autre animal, ce qui importait étant de faire le lien entre le rêve de Deckard et la réalité, pour sous-entendre que ses souvenirs ne lui appartiennent pas, ou sont en tout cas connus d’autres personnes…
      Mais le choix me paraît tout de même judicieux : la licorne est un animal hybride, à la fois cheval et animal légendaire, faisant le pont entre l’imaginaire et le réel, soit un peu ce que sont les réplicants? Je pense que ce choix ne relève donc pas du hasard, malgré l’attirance de RS pour ce type de créature qu’on retrouvera dans Legend…

      Pour ce qui est du doublage, je viens de revoir celui du Final Cut de 2007 (qui passera dimanche soir sur Arte), j’imagine que ce sont les mêmes voix de doublage pour toutes les versions, et je le trouve assez inégal : si la voix doublant Harrison Ford est très séduisante (donc cela doit être la même que celle de la voix off), ce n’est pas du tout le cas de celle doublant Sean Young, je trouve que la voix française est très fade à côté de celle de l’actrice américaine… C’était flagrant en zappant sur mon DVD de la VO à la VF, la voix française en devenait horripilante et me gâchait la vision du film!
      Donc mon conseil : si vous voulez continuer d’aimer la VF, ne regardez surtout pas la VO…

      • Oliver Castle dit :

        Pour mon interprétation sur la licorne -> Le complexe de la Licorne

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Les raisons de RS lui appartiennent et sont sans doute intéressantes, il lui est seulement demandé de respecter ceux qui veulent que Deckard soit humain…
        La question de Rachel, selon moi, ne veut rien dire : elle est simplement dans le défi. Je ne pense pas que les Nexus « sentent » particulièrement que Deckard soit un Replicant, Roy lui dit bien sur le toit « petit homme ». Deckard a certes des photos, mais sa « volonté farouche » de prouver qu’il a des souvenirs ne m’a pas sauté aux yeux… Chacun son interprétation 🙂
        Je suis d’accord : la licorne, animal mythique sublime, ouvre la porte à beaucoup d’interprétations. J’ai seulement dit qu’on ne peut pas établir que le rêve avait été décidé initialement par RS, je reste sur l’idée qu’il s’agit d’un moyen a posteriori de préciser sa vision de la nature de Deckard, avec de belles images oniriques.
        Et je maintiens qu’un rêve de licorne n’est pas un implant mémoriel crédible pour un Nexus 7.
        Personnellement, j’ai le Final Cut dans les 2 langues, j’ai entendu la VO, tous les doublages ne se valent pas, évidemment, et je suis d’accord pour la voix de Sean Young… Mais celle de H. Ford est suberbe !
        NS

    • POP's dit :

      Oui en effet Nathalie, la scène de la licorne était un rush de Legend (ça se voit), à l’époque je l’avais lu dans -je crois- Starfix , à la sortie de la nouvelle mouture du film. Le problème de la version de 92 est qu’elle a été repensée à partir de la version de 82, où Deckard évolue comme un humain et non un répliquant (peu importe ce que RS avait en tête juste avant de concrétiser son film, ce qui importe, c’est l’ état d’esprit dans lequel il a été réalisé et il semble bien qu’il était sous le joug de la production du début à la fin de sa réalisation). Transformer en androïde un personnage qui évoluait dans le film tant qu’humain, est clairement un contresens. De plus, il y a plein d’indices qui indiquent que Deckard est un humain dans la version de 82, preuve que le film avait été pensé ainsi, et non remonté en fin de course pour le faire croire.

      • Laurent SFN dit :

        « Un Rush de légende », joli lapsus 😉

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Tu as raison POP’S, tes remarques sont pertinentes.
        Désolée pour RS que les producteurs ont empêché au départ de faire SA version. Mais il était trop tard ensuite pour transformer Deckard en Replicant, les spectateurs s’étaient déjà approprié Deckard en tant qu’humain, ce qui est clair en effet dans la version de 82..
        NS

      • Sylvain B dit :

        Si on lit les interviews de Scott et Ford, on voit bien que dès l’origine ils avaient une interprétation différentes du personnage de Deckard : Scott voulait à l’origine qu’il soit un réplicant, ce qui n’était pas le cas de Ford, et non indiqué dans le scénario, et il a bien dès le départ donné des indices dans plusieurs scènes en ce sens.
        Dans la version de 82, effectivement Deckard évolue plus comme un humain, car les producteurs et Harrison Ford ont eu le dernier mot, c’était moins vendeur de faire de Deckard un réplicant.
        Donc il n’y a pas de contresens de faire dans les montages suivants de Deckard un réplicant, puisque les scènes l’indiquant étaient bien tournées à l’origine… La seule différence entre les versions étant que la première a été contrôlée par les producteurs, les suivantes par Scott.
        Ce qui est un contresens, c’est uniquement le happy end, emprunté aux rushes de Shining, totalement à l’encontre de l’esprit du film…
        Mais en réalité, je vais peut-être mettre tout le monde d’accord : Scott voulant dès le départ que Deckard soit un réplicant, mais pas les producteurs, il semblerait tout simplement qu’il ait tourné des scènes accréditant les 2 théories.
        Donc oui, dans la version de 82, certaines scènes peuvent laisser penser qu’il est humain, d’autres le contraire (surtout dans les remontages)…
        Cela a été sans doute fait pour satisfaire tout le monde (peut-être Scott avait-il même dès le départ le projet de remonter son film par la suite en utilisant certaines scènes refusées par les producteurs), mais peut-être aussi pour instaurer le doute, inclure une ambiguïté, afin que le film soit d’autant plus mystérieux.
        Les multiples débats et différentes prises de position, rien que sur ce blog, montrent que c’est réussi!

  49. Nathalie Sepulveda dit :

    En effet ! Finalement, le désaccord entre producteurs, acteur principal et réalisateur, a contribué à faire de Blade Runner un film culte, induisant de nombreux débats…
    Mais la scène du rêve de la licorne qui est le pilier de la « démonstration » de Scott ne semble pas du tout avoir été tournée à l’origine : il suffit de revoir Legend.
    Nous avons eu droit à plusieurs versions, et c’est bien, mais RS doit « accepter » que celle de 82 puisse avoir marqué bien des esprits… On ne peut pas défaire ce qui a été fait.
    NS

    • Sylvain B dit :

      Bien d’accord avec toi Nathalie!
      Sans cela, Blade Runner serait sans doute déjà culte du fait de ses qualités, mais ça en rajoute encore un peu dans le mystère et le côté unique du film…
      Quand on pense qu’on ne débat juste ici que sur le fait de savoir si Deckard est un réplicant ou non, alors qu’au fond c’est vraiment un point de détail du film, lequel film peut créer une multitude d’autres débats, tant le film est profond, riche, philosophique, métaphysique, et j’en passe (les manipulations génétiques, l’intelligence artificielle, le sens de la vie, et tant d’autres sujets)…
      Quant à la scène de la licorne, elle s’intègre pour moi bien dans le film par rapport à la licorne en origami retrouvée à la fin par Deckard, son côté onirique détonne moins avec le reste du film que le happy end, après pas certain qu’elle vienne des rushes de Legend, mais je veux bien vous croire, je n’ai pas vérifié, ni revu Legend depuis bien longtemps!
      Mais encore une fois, quitte à intégrer des scènes d’un autre film, ça me choque moins si ça provient d’un autre film de Scott que si ça vient du film d’un autre réalisateur, comme le happy end…
      Sinon je ne pense pas que, comme tu le dis, RS n’accepte pas que la version 82 ait pu marqué les esprits… Et même si lui a envie de faire de Deckard un réplicant, ça n’empêchera jamais les spectateurs d’avoir leur avis et leur préférence (à priori RS ne devrait pas débarquer chez toi et t’imposer de croire en sa vision ;-))
      Tu as le droit de croire ce que tu veux, les producteurs étaient dans leur droit d’imposer leur vision à Scott en 82, et Scott étaient lui aussi dans son droit de remonter le film à sa convenance pour lui donner l’orientation qu’il souhaitait au départ… Du coup il y a plusieurs versions avec différentes significations, et c’est très bien que chacun puisse avoir sa préférence!

  50. Nathalie Sepoulveda dit :

    Nous ne débattons QUE sur le fait de savoir si Deckard est un replicant, parce que toutes les autres richesses du film sont incontestables et s’imposent à tous, c’est ce qui en fait un chef d’oeuvre, mais ce sont des débats « classiques », que l’on pourrait avoir en dehors du film. Et on se demande même si ce type de débat ne ferait pas consensus assez rapidement, sans discussions passionnées !…

    La nature de Deckard fait en revanche l’objet d’une controverse, avec 2 camps, et nous adorons cela (visiblement). Mais n’oublions pas que c’est RS lui même qui a créé cette controverse, même si je comprends qu’il a voulu nous révéler SA version, après celle des producteurs. Ceux qui s’étaient approprié Deckard en tant qu’humain, n’ont pas forcément apprécié !… Cela explique tout ce temps passé à en débattre 🙂

    Pour en finir sur le happy end de la version de 82 : je crois que peu contestent sa nullité… C’est vraiment le pire point faible de cette version.

    Je ne pense pas que la nature de Deckard soit un détail, au contraire, elle est fondamentale. Deckard en humain, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire ici, pose le problème de la nature humaine sur le plan moral, si douteuse, qu’elle pourra un jour être dépassée par celle du robot… Par ailleurs, sa relation amoureuse avec Rachel est beaucoup plus intéressante qu’une relation entre 2 Replicants : la Nexus n’est plus seulement un objet de plaisir, elle devient un sujet d’amour De plus, il s’agit d’une transgression, ce qui enrichit aussi le film.

    Tu écris : « à priori RS ne devrait pas débarquer chez toi et t’imposer de croire en sa vision ». Ben si, justement, comme Oliver l’a souligné, c’est lui qui a eu le dernier mot (en principe) pour 2049. Donc, même si Villeneuve a voulu conserver le doute, nous ne pouvons qu’espérer (nous qui n’avons pas encore vu le film) que RS ne nous impose pas Deckard en replicant dans 2049, de façon absolue et définitive ! Un jour, je pense que je verrai ce film chez moi, alors oui : dans ce cas, RS débarquerait littéralement pour me l’imposer 🙂
    Qui sait, le nouveau héros de Blade Runner joué par R. Gossling va peut être générer d’autres débats sur sa propre nature, dont nous ne savons encore rien…
    NS

    • Sylvain B dit :

      Lorsque je parle de détail sur la nature de Deckard, c’est par rapport à l’ensemble du film qui dépasse largement cette question, je ne dis pas que c’est sans importance… Bien sur que ça a son importance, et nos débats passionnés en sont bien la preuve effectivement!
      Mais lorsque tu dis que la relation entre Deckard et Rachel aurait été bien moins intéressante si c’était 2 réplicants, je ne suis absolument pas d’accord pour une raison très simple : Deckard ne sait pas qu’il est un réplicant, il se croit humain, donc sa relation avec Rachel est bien celle d’un humain avec une réplicante, puisqu’il pense être humain et se comporte comme tel. Leur relation est donc bien dans l’esprit des deux personnages transgressive, tant qu’ils ne connaissent pas la nature réelle de Deckard.
      Donc qu’il soit un replicant ou non en realité, cela ne change strictement rien, cela apporterait un changement pour la suite de l’histoire qu’on ne voit pas, à partir du moment où il découvre la licorne en origami et que la porte de l’ascenseur se referme…
      Je suis bien d’accord sur le fait que la relation est plus intéressante avec cette transgression, et elle le reste bien de fait!

      Pour ce qui est de la suite, je ne l’ai pas encore vue non plus, mais de ce que je crois savoir après avoir lu quelques interviews et critiques, il semblerait que Villeuneuve préserve le doute…
      En disant cela je ne pense pas « spoiler » puisque je ne révèle aucune information nouvelle qui donnerait raison à un camp ou à un autre… Et de plus peut-être que je me trompe, c’est ce que j’ai cru comprendre…
      Donc si c’est bien le cas, cela signifierait que Scott n’ait pas imposé sa vision « de façon absolue et définitive », et qu’il ne risque pas de débarquer chez toi 🙂
      Peut-être en revanche a-t-il disséminé, comme dans le 1er film, des incides ci et là pouvant accréditer une fois de plus les deux théories, en tout cas il semblerait que Villeneuve soit plutôt allé dans ce sens, à vérifier en allant le voir!

      • POP's dit :

        Le fait que Deckard soit lui-aussi in fine un répliquant, ça fait vraiment gimmick à 2 balles digne d’un épisode de la « Twilight zone » je trouve, et l’effet un peu facile. Dans la version de 82, je ne vois AUCUN élément qui montre que ça peut être un répliquant mais UNIQUEMENT des scènes qui traduisent son humanité. Pour moi il n’y a aucune ambiguïté dans cette version. L’origami de Gaff n’est là que pour montrer à Deckard son passage. L’objet a été détourné dans la version de 92 avec le rêve de la Licorne pour lui donner un sens plus profond de l’identité de Deckard. Car aucun des autres éléments n’indiquent sa nature de répliquant, et pour cause : le reste des images proviennent en quasi-totalité de la version de 82, où il est humain.
        L’absence de voix-off (tout au moins celle en VF) me déstabilise complètement (la voix-off n’était pas redondante et donnait un côté « film noir » qui associé à ce conte futuriste donnait un genre Cyberpunk. Je trouve par ailleurs que la version de 92 pêche opar le « pas assez » pas assez de voix-off (comprendre ici « pas du tout ») qui amène un statisme au film et un détachement des personnages durant les premières minutes, comme si on les observaient mais que l’on restait extérieur à tout ça.

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Tu as raison : Deckard ne sait pas, au moins au départ, qu’il est un replicant. Mais il est beaucoup plus intéressant de se dire que c’est une réelle transgression, plutôt que d’imaginer qu’un jour Deckard se dise : « finalement, je suis aussi un Nexus 7, tout s’explique », car à ce moment là, la transgression s’effondre, et on retrouve la bonne vieille morale hollywoodienne.

        La licorne est devenue une énigme, simplement parce qu’elle ne règle pas le mystère, elle ne fait que semer le doute, à mon avis. En effet, RS ne pouvait pas refaire le film, c’était trop tard… donc c’est finalement une démonstration plutôt faible qu’il a faite a posteriori, qui est devenue une énigme du final cut, et sa force finalement, et c’est très bien, vu les débats qu’il suscite encore aujourd’hui : nous aimons les doutes et les énigmes, et chercher des indices !…
        On ne sait même pas si RS avait prévu tout cela, pas plus que quand il a choisi cet origami d’ailleurs (l’idée de l’exploiter par le rêve avec le rush de Legend a pu ne lui venir qu’après, on n’en sait rien, et supposer n’est pas détenir la vérité), mais ce n’est pas le plus important…

        J’en reste là de ce débat, je vais savourer l’attente d’aller voir 2049 demain.
        C’est le blog d’Oliver, qui j’espère, fera le premier commentaire !
        A bientôt ! 🙂
        NS

      • Nathalie Sepulveda dit :

        PS : quand je dis « Deckard ne sait pas au moins au départ qu’il est un replicant » : je reprends volontairement ton hypothèse pour mieux la contredire. En ce qui me concerne, je reste sur la version Deckard humain 🙂
        nos échanges ont été très intéressants !
        NS

  51. Sylvain B dit :

    Oliver Castle, j’ai lu ton article sur la licorne, intéressant et fouillé…
    En résumé, la licorne pourrait selon toi symboliser autant Deckard que Rachel, voire les deux en même temps, ou encore autre chose, sachant que la symbolique de cet animal légendaire est très riche en significations…
    Tu proposes donc de nombreuses pistes d’interprétation différentes, qui peuvent toutes se tenir, et peut-être qu’aucune d’entre elles ne correspond aux intentions réelles de RS (même si je t’accorde que tu as balayé assez largement le champs des possibles) !
    Mais au fond, on l’a bien compris avec ce débat, peu importe en vérité ses intentions, chacun peut y voir ce qu’il veut, c’est un des nombreux intérêts du film comme cela a souvent été dit!
    Et le fait qu’on puisse disserter autant sur cette scène de la licorne semble donner raison à RS de l’avoir intégré dans le film… Cela démontre en tout cas que le choix de cet animal pour l’origami retrouvé à la fin ne relève pas du hasard!

    • Oliver Castle dit :

      Comme tu dis, on est tous en train de se pignoler sur des interprétations, plus ou moins large, plus ou moins fumeuses, mais toujours en rapport avec nos propres affinités ou envies (ce qui reste humain). Si ça se trouve (et c’est certain), c’est exactement la même chose que pour les poésies au lycée : on se prend le chou en interprétations sur les couleurs et les mots (« le rideau est bleu, c’est le symbole de la tristesse qui empêche l’auteur de voir le monde, vous comprenez ?) alors si ça se trouve, ce putain de rideau était juste bleu dans la chambre du poète ! Et parce que rideau, ça faisait plus de sens que rat d’eau, dans la globalité de la rime…

      Tout ça pour dire que ce n’est pas tant l’interprétation qui est importante, mais le débat qui en naît (comme le prouve les 130+ commentaires respectueux ici, vous êtes tous merveilleux). La vérité, c’est que Fletcher le scénariste voulait un humain, Scott un replicant. Le film final est bâtard entre les deux et est devenu culte sur un coup de chance (les deux visions marchent au sein d’un même film).

      Je reproche toujours à Scott de s’être approprié le film (tout comme il s’est approprié la licence Alien) alors qu’au final il n’a pas participé à l’écriture des films en question. On aurait une génèse de Blade Runner avec Scott qui discute avec Fletcher « je veux qu’il soit un replicant, mais fais-le agir comme un humain », je n’aurais aucun problème avec son ego et la présence de la licorne par exemple aurait un véritable sens symbolique réfléchi, pas juste une dizaine d’interprétations dont peut-être une qui tape dans le mille au pif !

      Mais là on dérive sur un autre débat : qui est le plus légitime entre le scénariste et le réalisateur sur la vision du film ? 🙂

      • Sylvain B dit :

        Bien d’accord avec toi Oliver : c’est un film sujet à de nombreuses interprétations contradictoires, et on aura tous tendance à vouloir lui donner le sens qui nous plaît le plus, nos théories sont aussi passionnantes qu’hasardeuses dans la mesure où personne ne détient la vérité. P. K. Dick ne détient à la rigueur que la vérité sur son roman, et encore (une fois son roman publié, il lui échappe et les lecteurs se l’approprient). Idem pour les scénaristes: à partir du moment où le scénario est remis au réalisateur il leur échappe… Encore pareil pour le réalisateur : il a bien son inteprétation, mais le film lui échappe aussi une fois sorti en salles (même si dans le cas présent il fait tout pour reprendre le contrôle avec les remontages)…
        En disant cela, je réponds en partie à ta question sur la légitimité entre le scénariste et le réalisateur : les deux sont légitimes, ayant participé chacun à la création du film et à son histoire. J’aurais tendance à dire que le plus légitime est peut-être tout de même le réalisateur : c’est lui qui au final fait le film, le met en scène, dirige les acteurs, et du coup raconte l’histoire… Il peut alors faire ce qu’il veut du scénario, qui n’est plus qu’un outil, qu’un élément du film comme tant d’autres (décor, musique, etc.).
        D’où sans doute ma position à défendre plutôt la vision de Scott, que je comprends en outre pleinement (et là je réponds à Nathalie) : même si je comprends parfaitement qu’on puisse préférer voir Deckard comme humain, pour mieux s’identifier à lui notamment, et parce que cette histoire d’amour entre un humain et une réplicante est belle, je trouve quant à moi, comme Scott, que le fait qu’il soit un réplicant rajoute de la complexité, enrichit l’histoire.
        Cela a un côté bouleversant et tragique : se découvrir comme réplicant, la création de quelqu’un d’autre, avec les souvenirs d’une autre personne, alors qu’on était convaincu de sa propre humanité, et alors que soi-même on est chargé d’éliminer les réplicants, et qu’on les considère sans doute comme inférieurs, ou en tout cas bien inhumains…
        Loin d’être artificiel (sinon Scott ne serait pas autant attaché à cette théorie, ni une partie du public), cet argument est au contraire passionnant, et rapproche le personnage d’un personnage de film noir, ce qui tenait à coeur au réalisateur. En effet, les héros de films noir sont souvent des policiers qui sont loin d’être irréprochables, et partagent parfois plus de points communs avec leurs ennemis qu’avec les autres policiers… Le fait que Deckard puisse être semblable à ceux qu’il traque est pour moi un atout supplémentaire au film.
        Et pas du tout d’accord avec POP’s sur sa vision du film de 82 : à partir où Deckard serait un réplicant qui s’ignore, un modèle plus perfectionné que les autres capable de resembler à 2 gouttes d’eau à n’importe quel humain, il n’y a pas vraiment de « preuve » qu’il est humain, et c’est normal que tout tende à le faire croire… Il y a également d’autres signes, hormis la licorne, pouvant laisser supposer qu’il est réplicant, ou que du moins il n’est pas parfaitement à l’aise avec son identité, comme son attachement aux nombreuses photos dans son appartement, comme s’il cherchait à se prouver quelque chose et à se rassurer, ou encore comme son refus de faire le test permettant de démasquer les réplicants, entre autres indices…
        La seule vérité, c’est qu’un partie du public à l’instar de Nathalie et POP’s (ou de Ford) est plus à l’aise et séduite avec cette théorie de Deckard humain, et une autre, à laquelle j’appartiens (comme Scott) préfère la théorie Deckard réplicant.
        Et c’est au final très bien que les deux théories se justifient chacune, alimentant des débats comme le nôtre, et qu’il n’y ait pas de vérité absolue, il n’y en aura d’ailleurs sans doute jamais…

  52. Sylvain B dit :

    Pour revenir une dernière fois sur ce débat Deckard = réplicant?, nous avons beaucoup parlé de la scène de la licorne, dont on peut discuter du fait qu’elle ait été voulue à l’origine par RS ou rajoutée après un peu par « opportunisme », à partir de rushes de Legend, lorsqu’il cherchait toujours plus à suggérer la nature de réplicant de Deckard…
    Si POP’s a raison sur le fait que la version 82 laisse plus percevoir le côté humain de Deckard, c’est bien parce que les producteurs l’ont voulu ainsi, car hormis la licorne, RS Scott avait bien tourné à l’origine plusieurs scènes laissant entrevoir l’hypothèse que Deckard était un réplicant.
    Par exemple, une scène coupée au 1er montage : Deckard regarde une photo de lui où il pose avec son ex femme, devant une maison ressemblant fortement à celle présente sur les photos d’enfance de Rachel. La déduction est évidente : Deckard a des souvenirs communs avec Rachel, ses souvenirs seraient donc également des implants.
    Pourtant, sauf erreur de ma part, RS n’a pas rajouté cette scène dans les versions suivantes.
    J’en fait donc la déduction suivante, bien personnelle bien sûr comme toutes les hypothèses qu’on peut émettre dans ce débat : si RS a tourné ce type de scènes à l’origine, c’est qu’il comptait bien suggérer dès la 1ère version la nature « réplicante » de Deckard, une volonté à priori personnelle car ce n’était pas vraiment suggéré dans le roman ni dans le scénario, pensant sans doute que cela enrichissait le film, comme je l’ai dit dans mon précédent post.
    Et je le maintiens : si Blade Runner brasse de nombreux thèmes et réfléxions sur l’évolution de notre société, le thème de l’identité me semble central dans le film. Identité des réplicants bien sûr, réflexion sur le sens de la vie et de la nature humaine… Le fait de suggérer que deckard soit un réplicant va bien dans ce sens, et également dans le sens de l’univers de P. K. Dick : même si l’écrivain ne faisait peut-être pas cette suggestion dans son roman, il est clair que la question de l’identité est centrale dans ses livres, tout comme l’idée que le monde qui nous entoure n’est peut-être qu’illusion… C’est plus clair dans le fim Total Recall, la réalité n’est pas celle que nous voyons ou croyons. L’écrivan le pensait y compris pour lui-même, étant plutôt parano et sujet aux hallunications… C’est aussi cette thématique qui a inspiré de nombreux films de SF par la suite, on peut notamment penser à Matrix.
    Là encore, le fait de suggérer que Deckard puisse être un réplicant va dans ce sens, la réalité n’est peut-être pas celle que l’on croit y compris pour le personnage principal.
    Mais pour revenir sur cette scène supprimée de la photo, si RS ne l’a pas rajoutée dans les versions suivantes, c’est sans doute parce qu’elle était trop explicite. Il aurait pu le faire pour vraiment affirmer plus clairement la nature de réplicant de Deckard, mais je pense qu’il ne l’a justement pas fait car il souhaite maintenir l’ambiguité sur cette nature.
    En cela je réponds aussi à Nathalie : pour moi c’eest la preuve que RS n’a pas cherché avec ses différents remontages à imposer la théorie Deckard = réplicant, car il aurait pu le faire de manière bien plus efficace et explicite (certaines scènes coupées mettraient fin au doute s’il les rajoutait), il a simplement cherché à rajouter du doute et de l’ambiguité par rapport à une première version voulue par les producteurs et qui était probablement selon lui trop « lisse », trop « commerciale », plus lisible.
    Il me semble que RS souhaite surtout que chaque spectacteut puisse se faire sa propre opinion, et doute, remette peut-être en question son raisonnement, débate comme nous le faisons.
    Il pense sans doute, et je le comprends, que cela ajoute encore un peu plus de mystère et d’intérêt à son film, et ce questionnement sur l’identité parsemé de doute est bien en adéquation avec l’univers de P. K. Dick…
    C’est sans doute la raison pour laquelle ce doute semble être maintenu dans Blade Runner 2049, volonté commune de RS et de Denis Villeuneuve, mais à vérifier quand même en allant voir le film!

  53. Philippe dit :

    Ca y est …
    J’ai vu BLADE RUNNER 2049 …

    • Sylvain B dit :

      Moi je le vois normalement vendredi, je vais d’abord revoir ce soir le premier pour bien me remettre dans cet univers…

      • Philippe dit :

        J’avais revu le 1er hier au soir (samedi) ,la version 2007 …histoire de me mettre dans le bain.

    • POP's dit :

      Moi aussi.

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Moi aussi, j’ai vu 2049 hier dimanche, et j’ai revu le premier avant également (on apprécie mieux 2049 ainsi)…

  54. Sylvain B dit :

    J’ai revu Blade Runner hier soir (le 1er dans sa version 2007, donc), c’est censé être celui qui nous donnerait le plus d’indices sur la nature « réplicante » de Deckard…
    Même en étant fan de cette théorie, et malgré les indices disséminés par RS, je dois reconnaître que c’est loin d’être une évidence. On est tellement dans la suggestion…
    Deckard = humain ou réplicant, finalement les deux théories me vont très bien, et continueront de m’interroger.
    Je verrai vendredi soir avec la suite si cela m’éclairera un peu plus sur le sujet…
    J’imagine qu’Oliver Castle aura ses hypothèses sur le sujet!

    • Philippe dit :

      Vivement que tout le monde l’ai vu ,le BLADE RUNNER 2049 et que l’on parle …

      J’ai beaucoup à dire sur ce film …
      Et je pense que tout sera clair une bonne fois pour toute …lol

      A plus tard

  55. POP's dit :

    On pourrait aussi débattre sur l’absence totale de force physique de Deckard, qui est pour moi un nonsens si l’on considère que c’est un répliquant (tous les répliquants sont physiquement très forts).

    • Sylvain B dit :

      POP’s tu as raison, normalement les réplicants sont très forts, sauf à considérer que Deckard est un modèle particulier de réplicant plus proche des humains, intégrant leurs faiblesses…
      Ne pas oublier non plus qu’ils ne sont pas invincibles, ils souffrent, ils saignent, ils meurent… Une ou deux balles suffisent à les tuer, comme les humains…

  56. Nathalie Sepulveda dit :

    Les Replicants sont forts et résistants mais non invincibles, en effet. Mais, à faire d’un Replicant Nexus 7 un Blade Runner, on l’aurait doté d’au moins la même force que les Replicants qu’il avait à pourchasser… non de la faiblesse d’un humain.

    • Nicolas dit :

      Ca dépend 🙂

      D’une part tous les réplicants ne sont pas forts. Rachel fait partie de la génération de réplicants n’ayant pas connaissance de sa condition et qui est proche des humains émotionnellement et physiquement. On imagine bien que si elle pouvait soulever des voitures avec un bras cela trahirait sa condition de réplicant et grosse crise existentielle qui s’ensuit car conscience que tous ses souvenirs ne sont pas les siens…

      D’autre part si on fait un réplicant blade runner, c’est délicat de le concevoir comme un réplicant conscient de son état car cela peut engendrer des conflits intérieurs chez lui. Les réplicants ont une liberté de conscience (le choix de Roy de sauver Deckard à la fin en est une preuve) et le fait de traquer ses congénères pourrait poser problème. Donc on s’oriente plus vers un réplicant nextGen type Rachel qui bénéficierait de l’expérience des précédents blade runner humains grâce à des implants mémoriels.

      Et puis le choix de concevoir un être qui serait fort et intelligent, on voit les problèmes que ça pose avec les nexus 6, ça fait d’eux des surhommes, ne leur manque que la longévité.

      Deckard réplicant ça ajoute plus de profondeur à mon sens. J’imagine le kiff de Tyrell lorsque son réplicant de blade runner fait passer un test voight kampf à sa réplicante de nièce – ça colle bien à son personnage je trouve.

      De même pour l’histoire d’amour entre Deckard et Rachel, c’est l’aboutissement de la création : si 2 androïdes partagent des sentiments humains c’est qu’on ne peut plus distinguer l’humain de l’androïde. D’ailleurs c’est précisément l’objet du débat, la difficulté à distinguer un humain d’un androïde 🙂

      Si on ne peut les distinguer alors il faut traiter les 2 comme des humains, c’est un peu la morale que je retiens et c’est peut être ce qui fait que Gaff les laisse s’en aller à la fin, ne les considérant pas/plus comme des androïdes.

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Rachel n ‘est pas censée être un Blade Runner mais une séductrice… Et tout l’intérêt de sa conception, en effet, est de lui faire croire qu’elle est humaine. Cela peut s’appliquer à Deckard… ou pas. Chacun est libre de son choix.

        Selon moi, Deckard est un humain qui s’entoure de ses photos souvenirs pour se rappeler qu’il est humain, donc différent de ceux qu’il pourchasse. Comme je l’ai dit plus haut, le rêve de licorne n’est pas un implant mémoriel crédible qu’aurait utilisé la Tyrell Corporation.

        Nous sommes toujours dans la même problématique : notre préférence pour Deckard Replicant ou Humain oriente toutes nos interprétations… La version Final Cut est ouverte aux deux versions, comme l’a dit récemment Oliver 🙂 Mais tu as de bons arguments, que je ne peux pas tous réfuter, en partie pour ne pas spoiler 2049 !

        Pour ce qui me concerne : Deckard humain ajoute plus de profondeur : cf ce que j’ai écrit plus haut, sur la transgression avec Rachel (et on a déjà une histoire d’amour entre Roy et Pris, pourquoi en avoir une seconde entre deux replicants : aucun intérêt), + le fait que les robots puissent être supérieurs sur le plan moral aux humains (thèse de l’auteur du livre qu’on oublie trop souvent).

      • POP's dit :

        Il me semble aussi que si Deckard était un répliquant Roy Batty et sa « bande » le sauraient forcément hors ils s’adressent à lui comme s’ils était un humain…

  57. Sylvain B dit :

    Plutôt d’accord avec toi. En lisant le commentaire de Nathalie je me suis fait la même réflexion que toi : si un réplicant est conçu pour ne pas savoir qu’il est un réplicant, le doter d’une force surhumaine égale aux réplicants dangereux qu’ils pourchassent, conscients de leur condition, est un non-sens, car cela les fera nécessairement douter de leur humanité…
    Après, Nathalie n’a pas tort sur le fait qu’il semble dans un sens absurde de lancer des réplicants blade runner aussi faibles que les humains à la poursuite de réplicants bien plus forts qu’eux… Sauf à considérer, et là je rejoins Nicolas, que si les blade runners sont conscients de leur condition de réplicants, ça risque de créer une confusion dans leur esprit et leur faire risquer d’échouer, voire plus encore de basculer dans le camps adverse, comme par soutien envers leurs congénères, ou rejet de leur statut de réplicant manipulé par l’homme pour chasser d’autres réplicants…
    Et puisqu’il est difficile pour les hommes d’éliminer des réplicants avec leur force surpuissante, concevoir d’autres réplicants pour ce sale boulot afin de ne pas risquer de perte humaine ne me paraît pas incohérent, et dans ce cas mieux vaut que ces blade runners réplicants ne soient pas conscients de leur condition de réplicants, donc pas trop forts pour ne pas éveiller leur doute… Une théorie qui se tient plutôt je trouve.

  58. Nathalie Sepulveda dit :

    Un peu alambiquée cette théorie, mais pourquoi pas. Ce n’est qu’une interprétation parmi d’autres, alors qu’il est si simple de considérer Deckard comme un humain… Comme l’auteur du livre, et comme le scénariste… RS n’ayant même pas participé à l’écriture. Je ne parle même pas des producteurs, qui n’ont que des considérations mercantiles…
    A bientôt pour commenter 2049 ! 🙂
    NS

  59. Sylvain B dit :

    Théorie alambiquée peut-être, d’autant plus que cela n’a même pas traversé l’esprit de RS si ça se trouve, et qu’il ne s’est pas senti le besoin de devoir justifier plus que ça son hypothèse 🙂
    Mais si on y réfléchit et tente des analyses, celle-ci peut tenir la route, en tout cas j’y vois une vraie cohérence.
    Concernant le livre, P. K. Dick ne dit effectivement pas que Deckard est un réplicant, mais à un moment du livre cette théorie est envisagée : des policiers tentent de le convaincre qu’il est un androïde (on ne parle pas de réplicant dans le roman), ce que le lecteur finit pas envisager aussi, avant que Deckard ne s’aperçoive que ces policiers étaient en fait des androïdes essayant de le tromper.
    Donc P. K. Dick s’essaie bien à cette théorie à un moment donné, signe qu’il la trouvait intéressante, ou propre en tout cas à semer plus de doute, plus mélanger réalité et illusion…
    D’une certaine façon, RS ne lui est pas totalement infidèle…
    Et au plaisir de pouvoir bientôt commenter 2049! 🙂 🙂

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Voilà pourquoi je la trouve un peu tirée par les cheveux et moins profonde cette théorie :

      – parce que l’amour entre 2 Replicants nous fait retrouver la bonne vieille morale Hollywoodienne

      – parce qu’un Nexus 7 qui est un androïde de nouvelle génération « plus humain que l’humain » n’aurait pas été testé directement en Blade Runner. En séductrice avec les implants mémoriels de la nièce de Tyrell : oui. Trop risqué qu’un replicant/blade runner qui s’ignore le découvre (d’ailleurs c’est bien ce qu’il se passe avec Rachel), et se retourne, venant renforcer la rébellion androïde, alors qu’on veut l’anéantir rapidement. Si on avait voulu tester un Nexus 7 masculin, il y avait bien d’autres choix qu’un Blade Runner.

      – le kiff de Tyrell sur le test de voight kampf est plutôt de faire tester Rachel par un spécialiste (le précédent accrédité venant de se faire dessouder…), pour vérifier si avec ce nouveau « chef d’oeuvre androïde » la non-humanité est détectable… et au bout de combien de questions. Il est fier de Rachel, avec une relation presque teintée d’affect (si tant est que Tyrell aie des affects…)

      Pour ce qui est du roman, je l’ai lu il y a longtemps, je ne me rappelle pas ce passage, mais cela ne veut pas dire que Dick « s’essayait à cette théorie », il a toujours précisé qu’il voulait opposer l’humain à l’androïde.
      2049 va nous réserver bien d’autres débats 🙂 au plaisir d’échanger à ce sujet !

      • Laurent SFN dit :

        Justement à propos de 2049…Je précise que je ne spoile pas, n’ayant encore pas vu moi même le film.

        Mais cela fait tout de même plusieurs mois que l’on peut visionner plusieurs bandes annonces avec un Harrison Ford vieillissant…donc on peut imaginer que c’est un répliquant « nouvelle génération » sans limitation de durée de vie, comme expliqué pour Rachel à la fin de la première version, ce qui signifierait que Villeneuve a totalement zappé les « director’s » et « final » cut », et fait un gros bras d’honneur à tous les gens qui élaborent des théories alambiquées depuis des décennies. Ou l’on peut supposer plus simplement que Deckard est un humain.

        De même cela fait une semaine que pléthore d’articles et de critiques sont sorties, et même en lisant uniquement les titres je n’en ai vu aucun racoleur du type « Enfin : 25 ans après, la vérité sur la nature de Deckard ! »

        Et il semblerait d’ailleurs que 2049 fasse poser encore plus de questions que le premier film sur la « nature humaine ». Bref hâte de le voir cet après-midi.

      • Nicolas dit :

        Moi ça ne me parait pas alambiqué.

        Je ne vois pas bien ce que tu veux dire par bonne vieille morale hollywoodienne pour ce qui concerne l’amour entre 2 réplicants.

        On peut le voir comme une fin à l’eau de rose mais s’agissant de réplicant c’est forcément bien plus que ça. Pour moi ça rejoint les sujets abordés dans la série Westworld et du statut qu’on doit accorder aux androïdes – même droits que les humains ou pas. Si on arrive à concevoir de tels androïdes, cette question devra être posée un jour. En cela, la réflexion portée par le film s’en trouve élargie. Traquer et tuer des êtres qui sont capables de sentiments humains mais qui ne sont pas considérés comme tel (couleur de peaux par ex) rappellent des heures bien sombres de l’Histoire. Le parallèle avec l’esclavagisme est assez clair, les réplicants souhaitent s’émanciper et les humains souhaitent qu’ils continuent à travailler pour eux.

        A travers le choix de R Scott d’avoir un deckar réplicant, on a un Gaff qui laisse donc s’échapper 2 réplicants à la fin, preuve d’une évolution dans le regard porté sur eux sinon ils seraient traqués comme les autres (Rachel tout du moins). S’il s’agit d’un humain et d’un réplicant le choix de les laisser partir est moins clair : ça peut être une faveur faite à l’humain pour services rendus sans considérer le réplicant autrement, ça n’enrichit pas le débat sur le statut de ces derniers.

        « parce qu’un Nexus 7 qui est un androïde de nouvelle génération « plus humain que l’humain » n’aurait pas été testé directement en Blade Runner ».
        Là je pense que tu t’avances un peu. Considérant que les pertes humaines doivent être limitées, imaginer un nexus 7 avec des capacités humaines (dont on peut supposer que la conception est ok et validée, rien ne laisse présager du contraire) pour courir après les 6 ne me parait pas aberrant. Rachel découvre sa condition parce que Tyrell l’a décidé, mais avant le test elle était persuadée d’être humaine. Rien ne montre qu’elle avait des doutes, pour quelle raison en aurait-elle ? Personne ne remet en question les souvenirs qui constituent son identité ! Le masque tombe réellement lorsque Deckard lui montre qu’il connait les souvenirs qu’on lui a implanté, c’est la preuve ultime et le drame pour elle. Et nous en tant qu’humain on compatit à sa douleur de réplicante !

        Dans tous les cas, je pense que les 2 approches sont valables car à l’origine Deckard a été pensé comme étant humain et R. Scott a voulu changer la donne par la suite.

        Ce film me fait penser aux images flip lenticulaires qui affichent une image différente selon l’angle de vue : d’un coté on a un deckard humain et de l’autre un deckard androïde, les 2 cohabitent.

        Même si le director’s cut prend ses distances avec le roman en faisant de Deckard un réplicant, je trouve que c’est pour mieux se rapprocher de son univers schizophrénique. On a un film où le doute persiste comme dans les romans de K. Dick, je trouve ça vraiment intelligent de la part de R. Scott, il s’approprie l’oeuvre tout en respectant l’univers dont elle provient.

        Ce director’s cut créé le doute qui est l’ingrédient principal du succès de des romans de K. Dick, pour moi le film est juste parfait tel qu’il est aujourd’hui grâce à ça 🙂

  60. Nathalie Sepulveda dit :

    La meilleure option qu’avait Villeneuve était de laisser le doute subsister… Mais il y aura tout autant de démonstrations acharnées dans un sens ou dans l’autre avec 2049 ! On peut le parier…

  61. Nathalie Sepulveda dit :

    Je te réponds sur qq points :
    – la bonne vieille morale hollywoodienne consiste le plus souvent à limiter les « mélanges », sa préférence irait vers une histoire d’amour entre 2 replicants plutôt qu’entre un humain et une replicant… « On » n’aime pas les transgressions, pourtant, elles sont bien plus intéressantes. On peut même en trouver qq exemples… à Hollywood.

    – sur le statut d’esclaves des androïdes et le fait qu’ils soient pourchassés parce que différents et voulant s’émanciper, bien sûr : d’accord sur le parallèle, c’est évident pour tout le monde, je crois

    – je n’ai jamais dit que Rachel avait des doutes sur sa condition, mais, comme tu le rappelles, elle finit par en avoir connaissance : une fuite est toujours possible. C’est en effet un drame, et nous ne pouvons que compatir !

    – sur le fait qu’un tout nouveau prototype n’aurait pas été testé directement en Blade Runner, je ne pense pas m’avancer en disant que le risque qu’il découvre sa vraie condition et se retourne contre sa mission était trop important pour être ignoré (il aurait pu aussi en résulter des pertes humaines possiblement en grand nombre).

    parfaitement d’accord avec toi : c’est ce doute qui a largement contribué à faire de la dernière version un film culte :):) Les deux approches sont en effet valables, et sans ce doute, ce blog n’existerait pas !!

  62. Sylvain B dit :

    Lorsque je dis que Dick « s’essaie à cette théorie », c’est bien parce qu’elle est intégrée dans l’histoire à un moment, même si on se rend compte quelques pages après que c’était une duperie pour tromper Deckard. Mais force est de constater que cette théorie a plu à Dick pour qu’il l’inclut dans l’histoire, tout simplement…
    Et c’est assez logique de sa part, quand on sait que l’écrivain aimait mêler la réalité à l’illusion, s’intéressait au vol de mémoire, s’interrogeait aussi sur ce qui pouvait distinguer, et rapprocher aussi, l’humain de l’androïde…
    J’ai lu d’ailleurs récemment le commentaire d’une personne ayant lu le livre et considérant que Ridley Scott aurait dû intégrer cette scène dans son film, à la fois par fidélité au livre et plus encore parce qu’elle avait un fort potentiel cinématographique : Deckard croyant être un réplicant, le rêve se mélangeant à la réalité, avant qu’il se rende compte de la duperie… Pourquoi pas après tout?
    Même si j’aime le film comme il est et ne vois pas la nécessité d’inclure cette scène, elle aurait sans doute apporté quelque chose d’intéressant…

    Pour l’amour entre 2 réplicants, non pas de rapport avec la « bonne vieille morale hollywoodienne » puisque Deckard tombe amoureux de Rachel à un moment où il se croit humain, donc il y a bien cette transgression, et nous ne sommes pas dans une quelconque morale…
    Simplement semer le doute à la fin du film sur son identité, et suggérer qu’il puisse être lui aussi un réplicant, enrichit le film, rajoute une dimension supplémentaire intéressante, également une mise en abîme (tout ce qu’on croyait jusqu’ici n’était peut-être qu’illusion, si on se met à sa place) assez fidèle à l’esprit de Dick…

    Quant au choix de faire d’un réplicant un blade runner pour chasser d’autres réplicants, afin de ne pas risquer la vie d’humains, reste une hypothèse tout à fait crédible. Et dans ce cas, autant éviter qu’il se sache réplicant, et donc ne pas le doter de la même force surhumaine que ceux qu’ils pourchassent, là aussi ça peut se tenir.
    D’autant plus que, en dépit de sa force physique inférieure, Deckard parvient à éliminer plusieurs d’entre eux : il vient à bout notamment de Zhora et Pris ! Il échoue certes avec Leon et Batty, le premier étant tué par Rachel et le second mourant tout seul, sans doute ayant atteint sa date limite, mais 2 réplicants éliminés sur les 4 c’est pas mal… Il aurait aussi pu tuer Rachel, s’il n’était pas tombé amoureux d’elle et ne lui été pas redevable qu’elle lui ait sauvé la vie…
    Donc le choix d’envoyer un réplicant qui, même moins fort, est capable d’en éliminer d’autres, n’est pas forcément une idée stupide, c’est tout bénéf pour les humains souhaitant éliminer les réplicants sans risquer la vie de leurs policiers… Un peu comme lorsque aujourd’hui on envoie des robots démineurs afin de contrôler des colis piégés : si on le fait déjà aujourd’hui, pourquoi pas demain avec des androïdes?

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Je te réponds sur un seul point, bien que je t’aie déjà répondu : la bonne vieille morale hollywoodienne concernant l’amour Deckard-Rachel.
      Si Deckard est un replicant, pour le spectateur, on est en plein dans cette morale : pas de transgression.
      Dans TON hypothèse : Deckard ne sait pas en effet, au moins au départ, qu’il est un replicant, mais ce n’est pas une vraie transgression s’il n’est pas humain. Qu’il ne connaisse pas sa nature de replicant n’est pas essentiel : ce qui l’est pour « la morale hollywoodienne » est qu’il n’y ait pas une réelle transgression : pas de « mélange ». Ce ne serait même pas « une vraie faute », il aurait simplement été attiré par quelqu’un de la même nature que lui… au fond.
      Enfin, imaginons simplement qu’un jour Deckard découvre qu’il est un androïde et se dise : «finalement, je suis aussi un Nexus 7, tout s’explique » 🙂 : à ce moment là, la transgression s’effondre, et on retrouve aussi la bonne vieille morale.

      En revanche, une REELLE transgression humain-replicante est bien plus intéressante. J’en reste là.

      Pour le reste, nous reconnaissons tous que le doute enrichit le film, mais nous campons tous sur notre hypothèse préférée, ce qui est très humain quand on participe à un débat… On va de plus en plus loin dans des démonstrations invérifiables, et on essaie de les rendre logiques et crédibles.

      Tu as écrit toi même récemment quand tu as revu Blade Runner (2007) :
      « Même en étant fan de cette théorie, et malgré les indices disséminés par RS, je dois reconnaître que c’est loin d’être une évidence. On est tellement dans la suggestion…
      Deckard = humain ou réplicant, finalement les deux théories me vont très bien, et continueront de m’interroger. »
      C’était une très belle conclusion !…

      J’attends maintenant le premier commentaire d’Oliver sur 2049… 🙂

      • Sylvain B dit :

        Pour l’aspect de la morale hollywoodienne et l’aspect transgressif, on ne se mettra sans doute pas d’accord, car pour moi le fait que Deckard puisse être un réplicant mais sans le savoir fait toute la différence. Et de toute façon cet aspect que tu trouves transgressif ne l’est pas tant à mes yeux, c’est une différence de perception sur ce qui est important ou non dans le film : l’histoire d’amour entre Deckard et celle qu’il doit tuer mais dont il tombe amoureux est suffisamment forte en elle-même, qu’il soit ou non un réplicant importe peu selon moi…
        Mais je comprends tout à fait ta vision, c’est aussi la force de ce film de pouvoir suggérer autant d’hypothèses et d’idées intéressantes, de choses qui nous touchent selon notre sensibilité et point de vue personnel.

        Et effectivement, le fait que le doute soit fort sur cette identité, sans qu’il soit possible de trancher, est une qualité supplémentaire au film, qui déjà en avait pas mal…
        Merci pour ma conclusion 🙂 Elle résume un peu nos échanges, chacun ayant ses préférences et la plupart doutant au moins un peu, ce qui est bien mon cas…

      • Laurent SFN dit :

        Ca y est j’ai vu 2049 !

        Visuellement le film est très réussi, tout en raccord avec le film de Scott. Et surtout pour avoir l’avoir revu hier soir, on ne sent vraiment pas les décennies qui séparent la réalisation des deux métrages, contrairement à des saga comme Alien ou Star Wars. L’univers est cohérent de bout en bout !

        La musique, sans atteindre la magie des compositions de Vangelis, reste dans le même ton, du bon boulot de la part de Hans Zimmer et Benjamin Wallfish.

        Pour le reste, bah on ne va pas spoiler hein 😉 Je veux juste signaler que pour un film contemporain de science-fiction, la réflexion sur l’âme humaine, les souvenirs, les rêves et les sentiments est poussée assez loin. En ce sens, le film est bien plus Dickien que le métrage de 1982.

  63. Sylvain B dit :

    Je reviens une dernière fois sur l’avis de Nathalie sur l’aspect transgressif de l’histoire d’amour entre Deckard et Rachel, je sais maintenant pourquoi je ne suis pas convaincu par cette idée après y avoir un peu réfléchi : il ne me semble tout simplement pas qu’il y ait d’aspect transgressif à cette histoire!
    Une histoire d’amour entre un Blanc et une Noire, par exemple, dans une Amérique raciste ou au temps de l’Apartheid en Afrique, là oui il y a bien une transgression, nul besoin de le développer, chacun le perçoit naturellement : il s’agit de deux êtres humains, doués des mêmes caractéristiques, qui se distinguent essentiellement par la couleur de peau et la culture. On comprend aisément le risque qu’ils prennent, et la bêtise humaine à condamner cet amour.
    Ce serait valable aussi pour une histoire d’amour entre un soldat de l’armée américaine et une indienne, dans l’Ouest américain du XIXème siècle…
    Entre un humain et une réplicante, et en partant donc du principe que Deckard est humain, c’est très différent : la réplicante est une création de l’homme. Il ne s’agit pas d’une autre race, dune autre culture…
    Le fait qu’un humain tombe amoureux d’une réplicante, c’est donc comme s’il tombait amoureux de sa création, de son art, et je ne vois pas bien où se situe la transgression… C’est un peu comme s’il tombait amoureux de lui-même en quelque sorte, il aime en tout cas ce qu’il a créé.
    A la rigueur, et si on cherche à trouver une transgression dans ce type de rapport, cela pourrait avoir plus de rapport avec l’inceste : c’est comme avoir une liaison avec son enfant, si on considère Rachel comme la création de l’homme et donc par extension de Deckard. Il y a bien une transgression dans l’inceste, oui… Mais en tout cas pas dans le rapport entre un homme et sa création artistique ou technologique, ça ne me saute pas aux yeux en tout cas.
    Mais je m’arrête là, parce que c’est évidemment un tout autre débat, même s’il est également intéressant!
    Cela juste pour dire pourquoi, sur le fond, je n’étais pas sensible à cette idée d’amour « transgressif » par rapport à une morale hollywoodienne : je crois tout simplement que c’est hors sujet dans ce film.
    Et donc, que Deckard soit un humain ou un réplicant, ne change absolument rien à la force de son histoire d’amour avec Rachel pour moi.
    Et j’en finis là sur cette question pour ce qui me concerne.

    Vivement maintenant que je vois 2049 pour échanger sur le sujet!
    Et l’avis que vient de poster Laurent SFN me donne encore plus envie de le voir et d’en parler…

  64. Nathalie Sepulveda dit :

    Nous avons chacun notre propre perception sur ce qui est important dans un film comme dans la vie, et nos propres analyses, en fonction de qui nous sommes, de notre histoire, et de nos valeurs. Je ne pense pas que ce point soit hors sujet, disons que tu ne l’analyses pas comme moi…

    Je ne suis évidemment pas du tout d’accord avec ce que tu écris.. J’élimine d’abord le rapport avec un inceste, selon moi cela n’a rien à voir, ni avec le mythe de Pygmalion d’ailleurs.

    Les Replicants sont considérés et traités comme des esclaves (pour le travail et le sexe) : comme une sous-race. Ils deviennent des proies s’ils veulent s’émanciper (la métaphore est d’ailleurs évidente). Même si Rachel n’est pas traitée comme une esclave au départ, elle va être assez rapidement considérée comme un nexus à abattre. Les Replicants n’ont pas la même nature que les humains du point de vue de leurs créateurs, il s’agit bien d’une race « inférieure », qui est traitée comme il semble bon aux humains de le faire.
    La transgression est là : dans une véritable histoire d’amour entre un humain (selon moi), et une replicante. Une barrière raciale et sociale est en effet franchie.
    Je t’accorde que Deckard ne sait pas, dans ton hypothèse, qu’il est un replicant au départ, mais comme je l’ai déjà expliqué : la transgression n’est pas réelle, puisque nous le savons, et qu’il va finir par le comprendre (origami-licorne), toujours dans ton hypothèse.

    Nous n’arriverons pas à nous convaincre, cependant selon moi, mon analyse enrichit la relation entre Rachel et Deckard, qui ne se limite pas seulement au drame de l’homme chargé de tuer la femme qu’il aime, ce qui est fort, mais un peu réducteur.

    Comme tu l’as toi-même reconnu : j’avoue à mon tour que je fais aussi partie de ceux qui ont des doutes, au moins un peu 🙂 sur la nature de Deckard, même si je garde ma préférence ! 🙂

  65. Sylvain B dit :

    Bien d’accord avec toi Nathalie : lorsque je dis que ce point est hors sujet, c’est un avis très personnel, nos désaccords correspondant avant tout, comme tu le dis, à des différences de perception et d’analyse.
    Je ne remets nullement en question cette évidence, ni la pertinence du point que tu soulèves, je préfère le préciser 🙂
    Pour moi cette question d’un amour transgressif est hors sujet, pour toi non, juste une question de point de vue!

    Ton raisonnement sur une sous-race se défend, c’est plutôt bien argumenté, et bien évidemment que le sujet d’esclaves souhaitant s’émanciper a son importance dans le film.

    Reste après l’interprétation que l’on en fait, différente entre nous deux par exemple (et sans doute pas qu’entre nous deux je pense, ce forum le prouve d’ailleurs :-))

    Plus j’y réfléchis, et plus les aspects que tu évacues de ton côté du mythe de Pygmalion et de l’inceste me semblent évidents. Je pense d’ailleurs que si Freud avait vu Blade Runner, il aurait sans doute élaboré une réflexion qui ne m’aurait pas déplu (reste après à savoir ce qui a été fait intentionnellement ou non par le réalisateur et les scénaristes, mais au fond cela importe-t-il, du tant que nous nous interrogeons?)…
    On peut donc y voir aussi selon moi une dimension psychanalytique, en plus des dimensions sociétales et métaphysiques peut-être plus apparentes à première vue…

    En fait, je pense que nos deux interprétations, celle d’un amour transgressif entre un humain et la représentante d’une sous-race souhaitant s’émanciper, et celle du mythe de Pygmalion ou de l’inceste, en tout cas du rapport entre l’humain et sa créature qui cherche à lui échapper, sont intéressantes toutes les deux, peuvent se défendre et enrichir chacune le film, et, au fond, ne s’opposent pas forcément…

    Comme tu le dis, on a surtout une préférence pour telle ou telle interprétation en fonction de notre sensibilité et notre perception, notamment.

    Et c’est bien parce qu’en dépit de nos préférences différentes, nous doutons tous les deux, que nous avons autant réagi sur ces derniers posts : c’est un film très riche, avec différentes grilles de lecture possibles, et rien d’évident pour autant, tout a été fait pour laisser au spectateur la possibilité de se faire son propre jugement… C’est aussi un signe d’intelligence, une autre qualité du film! 🙂

    Au plaisir de débattre avec toi (et d’autres) sur Blade Runner 2049, dès que je l’aurais vu!

  66. Nathalie Sepulveda dit :

    Nous pouvons nous interroger et faire nos propres analyses, mais je ne me hasarderai pas personnellement à m’avancer par des « projections », sur ce qu’aurait pu penser Freud, pas plus que sur ce qu’a pensé ou pense RS, et à quel moment, pour étayer des analyses qui m’appartiennent en propre. C’est ainsi que je « fonctionne », mais je peux comprendre qu’il puisse en être autrement pour d’autres personnes.

    Interpréter des aspects qui semblent plus ou moins importants à nos yeux, défendre notre perception et notre analyse, oui, c’est là tout l’intérêt du débat : l’échange d’arguments logiques et structurés, avec chacun son point de vue…

    Pour ce qui me concerne : la dimension psychanalytique me paraît secondaire, la relation créateur /créature est davantage d’ordre métaphysique. Les interrogations de la créature (Roy en l’occurrence) à l ‘égard de son créateur/père existent et sont l’une des richesses du film, mais cet aspect est avant tout philosophique, et existentiel. Les Nexus n’ont pas eu d’enfance, période dans laquelle se construit la psyché, les implants mémoriels ne peuvent pas tout remplacer, c’est pourquoi je considère que la dimension psychanalytique est un peu hors sujet…

    Pour ce qui est du mythe de Pygmalion, mon avis est que Tyrell qui se prend (un peu) pour Dieu, considère Rachel comme son dernier chef d’oeuvre, et qu’il en est fier, mais le fait qu’il la soumette au test est bien la preuve qu’il l’a voit surtout comme un jouet, un sujet d’expérience, qu’il va d’ailleurs rejeter et condamner à mort ; peut-être parce qu’il est dans un quête de perfection.
    Cela diffère de Pygmalion amoureux de son oeuvre, je pense.
    Mais je te fais une concession : si Roy lui en avait laissé le temps, est-ce que Tyrell aurait pu un jour être amoureux d’une Nexus « plus humaine qu’une humaine » ? Pourquoi pas ?… Je ne ferme pas cette porte, bien que je crois Tyrell plus dans l’orgueil que dans l’amour…

    Enfin dans la relation Deckard-Rachel : non, je rejette complètement cette idée, d’ailleurs Deckard n’a pas créé d’androïde, c’est la Tyrell Corporation qui s’en charge…

    J’en reste là sur ce thème.
    Bien d’autres débats nous attendent avec 2049 ! 🙂 Plus qu’un jour à attendre pour toi !

    • Laurent SFN dit :

      Pour ceux qui n’ont encore pas vu 2049, je leur conseille chaudement de regarder ces trois courts-métrages relatant des évènements se déroulant entre les deux films et qui permettront de comprendre certaine subtilités du scénario :

  67. Sylvain B dit :

    Bien sûr que n’étant pas dans la tête de Freud, et ne l’ayant pas tout lu non plus, loin de là même, je ne me permettrai pas de penser à sa place…
    Simplement c’est le type même de film, compte-tenu de ses thèmes (relation entre l’homme et sa création, amour entre un humain – ou pas! – et une androïde, et sans doute d’autres sur lesquels on s’est moins penchés), qui pourrait facilement se prêter à des interprétations psychanalytiques.
    Interprétations uniquement, bien évidemment…
    Idem pour RS, nous ne sommes pas dans sa tête, nous ne pouvons que lui prêter des intentions, même s’il nous met forcément sur une piste lorsqu’il nous balance que « Deckard est un putain de réplicant »…

    Tu as raison, Tyrell est plus dans l’orgueil que dans l’amour, c’est certain. Mais il semble tout de même fasciné par ses créations, même s’il ne ressent pas grand chose pour elles : il n’a pas l’air très ému lorsque Roy lui demande comment rallonger sa durée de vie (ou supprimer cette limitation), il lui répond froidement…
    A ce moment, comme d’ailleurs un peu auparavant avec Rachel, le réplicant semble bien plus sensible que l’humain.
    Ce n’est donc pas le mythe de Pygmalion adapté à la lettre, c’est sûr, mais cette dimension me semble présente tout de même.

    Pour la relation Deckard-Rachel, bien sûr que Deckard n’a pas créé lui-même Rachel, cela serait d’ailleurs trop grossier et facile comme lien. Mais il s’agit bien d’un amour entre un humain et un androïde créé par l’homme, catégorie à laquelle appartient bien Deckard, donc par extension, d’une certaine façon, on peut y voir un lien.
    Là encore, je ne dis pas que le lien est évident et existe en soi, mais on peut tout à fait le concevoir, en creusant un peu plus cette analyse du lien entre l’homme et l’androïde.

    Après, on pourra toujours trouver que c’est aller un peu loin dans l’analyse et les hypothèses, pour un film de SF à grand spectacle qui a certes une profondeur mais auquel il n’a pas forcément été prêté toutes ces intentions ou idées à l’origine…

    Mais c’est aussi, je trouve, ce qui peut faire le sel d’une réflexion, en allant bien plus loin que ce qui a pu être imaginé à l’origine, quitte à se tromper, juste pour creuser un sujet…
    Et à titre perso, ça me fait encore plus apprécier le film de m’apercevoir qu’il peut faire autant réfléchir, et qu’il peut avoir plus de profondeur ou de résonance, que ce que j’avais perçu à l’origine.

    D’ailleurs merci à toi Nathalie, parce que je suis venu au départ sur ce forum pour réfléchir à l’hypothèse Deckard réplicant, qui reste passionnante et très ouverte, et de fil en aiguille, grâce aux idées des uns et des autres, dont les tiennes, j’ai été amené à me poser d’autres questions finalement tout aussi intéressantes! Et ce n’est sans doute pas fini…

    Sinon oui, impatient de voir 2049, d’abord parce que c’est la suite, et aussi parce que les images m’ont fait saliver, le film a au moins l’air d’être visuellement magnifique (et pas que visuellement), et j’espère bien plus…

    Donc à bientôt pour en discuter!

  68. Philippe dit :

    Vivement que tout le monde voit BLADE RUNNER 2049 …

    Ca va relancer le débat encore plus intensivement …

    A plus tard.

  69. POP's dit :

    C’est drôle parce que dans les années 80s ce débat sur l’éventualité que Deckard est peut-être un répliquant n’aurait même pas osé étre envisagée. Deckard était un humain, c’était un fait. Pour moi ça l’a toujours été, bien au-delà de 1992, et j’ai toujours pris la décision de RS comme un caprice de diva. Certes c’était son film, mais ça n’était pas son histoire. Il ne s’agit pas d’ajouter numériquement un reflet dans l’iris d’Harrison Ford ou une scène de Licorne et de se dire « voyez comme tout peut correspondre » pour déclarer que Deckard est soudainement un répliquant. Même si certaines scènes non retenues étaient filmées dans ce sens, la majorité des séquences validées montraient un Deckard humain (et joué dans cet esprit de l’aveu même de Ford) et on ne peut pas changer la nature des choses. Et puis il reste pour moi beaucoup trop de contresens qui indiquent et indiqueront toujours le contraire, à l’instar de ce magnifique monologue final de Roy (« J’ai vu tant de choses que vous humains… »), qui n’aurait aucune valeur allégorique ni puissance métaphorique si c’était dicté sous les yeux d’un Deckard répliquant.

    • Sylvain B dit :

      Il est clair aujourd’hui qu’il y a une ambiguité sur ce point et un doute, d’où ce débat d’ailleurs.
      Et comme nous le savons tous, RS avait une préférence pour cette interprétation, en ayant effectivement tourné plusieurs scènes dans ce sens… Je ne vois pas trop où se situe le « caprice de diva », dans la vision d’un réalisateur sur son film, mais c’est votre perception et votre droit de le penser bien sûr. Vous défendez ardemment la théorie Deckard = humain, d’autres aussi ardemment Deckard = réplicant, c’est tout aussi respectable.
      Vous dites : « c’était son film, mais pas son histoire ». A qui appartient cette histoire selon vous? A l’écrivain? En ce qui concerne son roman c’est sûr, moins pour le film… Aux scénaristes? D’ailleurs il y en a eu 2 sur ce film, lequel des 2 alors? Ou on dit 50/50? Doit-on considérer que c’est toujours leur histoire à partir du moment où le réalisateur prend le scénario en main et le met en images, avec donc forcément sa vision, fait lire les dialogues par les acteurs, etc. ?
      Je ne dis pas pour autant que l’histoire appartient plus à RS qu’aux scénaristes, ni même qu’à P.K. Dick d’ailleurs, mais qu’affirmer de la sorte que « ce n’est pas son histoire » ne me semble pas tout à fait juste… Après, que la vision de RS ne vous plaise pas, cela semble évident, et c’est tout à fait votre droit encore une fois.
      Lorsque vous dites « on ne peut pas changer la nature des choses », pareil : les choses sont-elles aussi immuables que vous le dites, un film témoignant par nature de la vision de plusieurs personnes (réalisateur, scénaristes notamment) et donc plutôt subjectif? Et êtes vous si sûr de vous en ce qui concerne « la nature des choses »? Apparemment oui j’imagine…
      Pour ce qui concerne Ford, il était libre de jouer son personnage comme il le souhaitait, c’est sûr.
      Quant à Roy, lorsqu’il dit sa phrase à Deckard, oui il pense s’adresser à un humain, sa phrase est donc cohérente…
      Après bien sûr, comme précisé, je ne remets pas en question votre droit à défendre la théorie Deckard = humain. C’est votre perception, et tout comme l’autre théorie, on pourra aussi trouver des arguments pour l’étayer…
      D’où ce vaste débat, pas prêt de finir, et ce n’est pas BR 2049 qui va changer la donne!

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Réponse à POP’s : VRAI ! Dans la version de 82 : Deckard est un bien humain. La faiblesse du film est le happy end plutôt raté, quant à la voix off de Ford juste après la mort de Roy : personnellement, j’ai apprécié, en VF en tout cas…
      Deckard humain donne plus de profondeur et de puissance au film, à mon avis. Et il était artificiel de déclarer ensuite qu’il était un réplicant. Bien que je comprenne la frustration de RS à l’égard des producteurs… Mais il faut savoir perdre, surtout face à la loi de l’argent…
      Le final cut ne pouvait pas démontrer parfaitement la replicantude de Deckard, puisqu’il était trop tard pour refaire le film, la démonstration fut donc très imparfaite, mais la conséquence est qu’elle a semé un doute, surtout chez ceux qui aiment la SF et les androïdes, et a contribué largement à ce qu’on en parle encore tant d’années après… Donc, je trouve « finalement » cela positif !
      Je reproche néanmoins à Scott, après avoir lui même voulu modifier un élément essentiel de l’histoire (le livre) et du scénario, d’affirmer « Deckard est un p… de replicant » : chacun est libre de sa préférence, tout comme lui-même…
      En tout cas, il ne pouvait pas effacer de nos mémoires la version de 82, bien qu’il soit très difficile de la trouver aujourd’hui…

  70. Sylvain B dit :

    Ca y est, moi aussi j’ai enfin vu BR 2049!
    Et de nouveau, concernant la théorie Deckard réplicant, il y a du pour et du contre, mais je ne vais pas lancer le débat tout de suite…
    D’autres débats pourront être également lancés, concernant d’autres personnages notamment, mais je n’en dirai pas plus, ne voulant pas « spoiler » par rapport à ceux qui ne l’ont pas encore vu…
    En tout cas, film visuellement magnifique comme l’annonçait la bande annonce, bande son merveilleuse aussi, belle atmosphère, des scènes puissantes, et pas mal de bonnes idées dans le scénario…
    A voir assurément, surtout pour les fans du 1er film, même si tout n’est pas parfait…

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Je suis tout à fait d’accord avec cette appréciation du film, moins pour la bande son, qui est tout à fait cohérente avec celle du premier, mais n’en a pas la magie sublime Elle est simplement dans le ton du film, qui n’en est pas magnifié.
      Mais c’est une affaire personnelle d’aimer ou pas la bande son, je ne pense pas que cela puisse se discuter : on aime ou on aime moins, ou pas du tout.
      Je n’en dis pas plus pour le moment sur 2049…
      J’attends aussi pour commenter, surtout le commentaire d’Oliver…
      A bientôt !
      NS

      • Sylvain B dit :

        Lorsque tu dis de RS par rapport aux producteurs « il faut savoir perdre », pas tout à fait d’accord dans la mesure où doit-il y avoir obligatoirement un gagnant et un perdant? Simplement dans la version d’origine, les producteurs avaient le contrôle, quitte à prendre des décisions assez râtées (le happy end ne fait pas débat), et dans les version suivantes RS a repris le contrôle? Il n’est pas le premier, ni le dernier réalisateur a remonter son film, à nous présenter une version « director’s cut », et c’est son droit.
        Bien sûr que dans la 1ère version Deckard apparaît bien plus comme un humain, surtout à la demande des producteurs, mais il y avait déjà dans cette première version des éléments propres à nous questionner sur son identité… Evidemment, le doute s’est installé encore plus dans les versions suivantes.
        Lorsque tu reproches à RS d’avoir modifié un élément essentiel du livre, en réalité ce sont surtout les scénaristes qui ont totalement modifié le roman de P.K. Dick! Car de nombreux éléments du livre ont été modifiés : Deckard dans le livre était marié, une secte religieuse y avait une forte influence (absente du film, et ça change un peu son sens), la scène où des réplicants déguisés en flics tentent de faire croire à Deckard qu’il est un réplicant a été supprimée (tiens, pourtant ça allait plus dans le sens de RS!), et il n’y a pas d’histoire d’amour entre Deckard et Rachel comme dans le film… Pourtant, est-ce un mal d’avoir mis l’accent sur cette histoire d’amour?
        Parfois, il est dans l’intérêt d’un film de modifier l’histoire de départ, celle du roman, ou même celle des scénaristes! Contrairement au roman, le scénario n’est pas destiné à être publié, il n’a d’existence « justifiée » que par rapport à un film, qui en est la finalité… Cela explique que certtains réalisateurs modifient des élements d’un scénario, en change au dernier moment des dialogues ou des scènes, un scénario n’est pas « sacré », il n’est là que pour servir le film, et c’est là que l’avis du réalisateur a son importance…
        Il ne s’agit pas là de nier l’intérêt du rôle des scénaristes, mais juste de souligner un point qui me paraît essentiel, à la source de la confusion avec POP’s : il faut différencier l’histoire du scénario. Le roman appartient au romancier, le scénario aux scénaristes, mais l’histoire appartient à tous ceux qui la racontent, soit le romancier qui en est à l’origine, les scénaristes qui l’adaptent, et le realisateur qui la raconte en la filmant, et qui dont peut parfois s’autoriser à la modifier s’il juge que c’est dans l’intérêt de son film…
        Donc encore une fois dire que « ce n’est pas l’histoire » de RS est faux sur le fond, mêem si cette histoire n’est pas plus la sienne que celle du romancier ou des scénaristes…

        Quant à BR 2049, je trouve personnellement la bande son très réussie, Hans Zimmer a bien réussi à retrouver le style et l’ambiance de celle de Vangelis (bravo à lui, sacrée prouesse, surtout que cette musique est très différente de ce qu’il a fait auparavant, souvent moins « synthétique » et plus symphonique), cela contribue avec les images à l’impression de se retrouver dans l’univers du 1er film…
        Après, je te l’accorde, Hans Zimmer n’est pas Vangelis, il est moins inspiré, la BO du 1er BR est une merveille, on n’en dira peut-être pas tant de la suite… Mais bravo tout de même pour son travail, fidèle à Vangelis et en même temps intéressant.
        Mais bon, tu n’es pas la seule à porter un avis négatif sur cette bande son, d’autres ont même porté un avis négatif sur l’image, la mise en scène (là je trouve que c’est très injuste!) ou le scénario… Concernant le scénario, il y a fort à dire d’ailleurs, j’imagine qu’on en rediscutera!

  71. Nathalie Sepulveda dit :

    « Il faut savoir perdre » était évidemment un clin d’œil, une petite taquinerie, à ne pas prendre au premier degré… 🙂

    Tu ne m’as pas comprise : je ne reproche en aucun cas à RS d’avoir modifié un élément essentiel du premier film ou de l’histoire, il fait ce qu’il veut ! Il fallait seulement admettre que le film de 82, avec un Deckard humain, convenait à certains… Le film était bel et bien sorti, tel quel, et le Final Cut ne pouvait pas le détruire dans les mémoires.

    Je reproche simplement à RS d’avoir voulu essayer d’imposer « sa » vision de Deckard à ceux qui préfèrent l’autre, comme la seule valable, comme s’il voulait effacer celle de 82, qui a d’ailleurs quasiment disparu de la circulation…
    Sa vision, je la respecte, à condition qu’il respecte l’autre. Sauf que sa démonstration fut imparfaite, avec les conséquences « positives » que l’on sait…
    Tu as déjà écrit qu’il ne l’avait pas imposée, mais c’est faux : Il a bel et bien essayé de l’imposer à travers son Final Cut (FINAL : ça veut tout dire), et en disant que Deckard ETAIT un replicant (comme si Deckard lui appartenait !) alors qu’il lui suffisait de dire : « certains préfèrent la vision de Deckard humain, j’ai une autre perception, chacun la sienne, je la révèle dans Final Cut ». Et peut-être que s’il n’a fait QUE semer le doute, c’est qu’il ne pouvait pas refaire le film… Mais tant mieux, autrement ce blog n’existerait pas… 🙂

    Modifier l’histoire de départ (le livre) : d’accord avec toi, cela ne pose pas forcément de problème, souvent même, cela enrichit le film ; et en effet, le film ne suit pas le livre à la lettre, mais là, il s’agit de la NATURE du héros, c’est bien autre chose, et c’est fondamental dans l’histoire (et dans la démonstration de Dick). Il ne s’agit plus de modifier, mais de dénaturer. Quant à la scène où des replicants cherchent à faire croire à Deckard qu’il est comme eux : comme ce n’était que du bluff, elle ne présentait pas grand intérêt…
    Quant à modifier le scénario, je suis un peu moins convaincue, je préfère un réalisateur qui négocie avec le scénariste, sans tout s’approprier, surtout pas la nature du héros.
    Comme l’a dit Oliver récemment : « On aurait une genèse de Blade Runner avec Scott qui discute avec Fletcher « je veux qu’il soit un replicant, mais fais-le agir comme un humain », je n’aurais aucun problème avec son ego ».
    J’en reste là, je me réserve pour 2049, sinon, j’aurais l’impression de rabâcher…

    Pour la bande son : Hans Zimmer s’en est sorti, sa musique est un reflet de celle du premier Blade Runner, elle ne la trahit donc pas, et j’ai seulement dit qu’elle n’est pas un plus pour le film, contrairement à celle de Vangelis.qui était effectivement merveilleuse, et donnait au film une dimension supplémentaire.
    En revanche, je suis tout à fait d’accord avec tout ce qui tu as dit d’autre de 2049 ! Mais ce n’est que mon avis. Je ne suis pas d’accord avec pas mal d’autres avis négatifs sur le film, bien que je respecte les opinions de chacun… Mais je suis quand même surprise que l’on puisse nier que le film soit visuellement exceptionnel !

    • Sylvain B dit :

      Je vois bien, en te lisant ou en en lisant d’autres qui sont critiques vis à vis de RS, ce qui vous dérange au fond, peut-être plus encore que la théorie Deckard = réplicant : vous avez le sentiment que RS a cherché à vous « imposer » quelque chose, sa vision en l’occurence, puisque vous le répétez…
      Il chercherait, si je vous suis, à « détruire » la version de 82, ou le souvenir que l’on peut en avoir…
      Je crois qu’une de nos différences de point de vue tient à cette manière de voir les choses : pour moi, RS n’a pas cherché à « détruire » la version 82 ou à vous imposer sa vision à tout prix, en résumé son but ultime n’a pas été de vous faire changer d’avis, ou penser différemment, je crois qu’il s’en moque un peu de ce que chacun peut penser…
      Je pense que tout simplement il a voulu en remontant le film, faire celui qu’il souhaitait faire à l’origine… Il est sans doute plus dans cette dimension perfectionniste, obsessionnelle, et égoïste bien sûr aussi, qu’ont de nombreux artistes, souvent les plus grands d’ailleurs, de faire « son » film, que de vouloir absolument convaincre les autres, ou de vouloir détruire ce qui a été fait avant. Et le fait que la production lui ait imposé ce happy end et la voix off qu’il détestait a sans doute renforcé ce désir de sa part…

      Parce qu’au fond, rien ne vous empêche de penser ce que vous voulez, de croire ou non à son hypothèse, de préférer une version à une autre… La version de 82 n’est pas introuvable,on peut encore se la procurer, notamment via l’Ultimate Edition de 5 DVD où figurent toutes les versions, RS n’empêche pas sa distribution…

      Et de toute façon, le débat sur ce forum n’est pas vraiment de savoir si RS a eu raison ou non de remonter le film (il fait ce qu’il veut après tout, ce que tu ne contestes pas), mais de savoir si la théorie Deckard = réplicant tient la route, de voir selon les versions ce qui peut ou pas nous l’indiquer ou le suggérer. Les différentes versions existent, il ne s’agit plus selon moi, ou il est inutile en tout cas à mes yeux, de vouloir en contester la légitimité, cela n’apporte pas grand chose.

      Après, si je peux tout à fait comprendre que ça puisse en agacer certains très attachés à la 1ère version, je comprends un peu moins ce refus catégorique d’envisager d’autres pistes de réflexion que celles qi’ils avaient pu avoir au départ… Je ne dis pas Nathalie que c’est ton cas, je sais que tu es ouverte au débat et à la réflexion, je parle de manière générale 🙂

      Que Deckard puisse être envisagé comme réplicant ne fait pour moi qu’enrichir le film, et surtout être assez fidèle à l’univers de P. K. Dick qui aimait se questionner sur notre identité, et suggérer que ce que nous croyons être la réalité ne l’est peut-être pas… Et cela ne change rien au reste dufilm, qui conserve toute sa puissance et sa beauté, d’autant plus qu’on est dans la suggestion, ce qui est encore mieux. Cela rajoute un mystère de plus au film…

      Pas d’accord avec toi sur le fait que le réalisateur se devrait de négocier avec le scénariste, pas plus qu’avec les acteurs ou le décorateur : c’est à lui d’imposer sa vision, c’est son film, le but n’est pas de demander ou de respecter l’avis de chacun, mais de tenter de faire le film qu’on estime être le meilleur possible. Il ne faut pas voir cela comme un rapport de force, une tentative de trahir, mais simplement une volonté de réussir son film et d’être fidèle d’abord à soi-même, faire confiance à sa vision…

      Mais c’est toujours le même débat!
      Le meilleur exemple en la matière, ou en tout cas le plus connu, est sans doute le Shining de Stanley Kubrick, qui adaptait Stephen King. Oui, le film de Kubrick est radicalement différent du roman de King, pour la simple et bonne raison que c’est bien plus un film de Kubrick, totalement dans son style et son univers, qu’une adaptation de King…
      Du coup King s’est senti trahi, et déteste le film. Pour lui c’est le plus mauvais film issu d’un de ses romans… Alors qu’au final Shining est peut-être le plus grand film fantastique de l’histoire du cinéma, et les autres adaptations beaucoup plus fidèles des romans de King ne lui arrivent généralement pas à la cheville, même si certaines sont honorables.
      Donc je serais tenté de dire : heureusement que Kubrick a trahi King, sinon il n’aurait pas réalisé un tel chef d’oeuvre!

      Tout ça pour dire que si un réalisateur adapte très personnellement, voire modifie un livre ou un scénario, parce qu’il estime que son film en sera meilleur, est-ce vraiment une erreur? Moi je préfère un film brillant qui est une adaptation infidèle que l’inverse…

      Donc que RS ait pu prendre quelques libertés personnelles avec le scénario, et pouvait avoir une vision différente, ne me choque pas : c’est lui qui fait le film, c’est lui qui décide. Après on peut toujours discuter du résultat final et estimer qu’il a eu raison ou non de faire ce choix, ce que nous faisons ici et qui peut nous opposer…

      Mais c’est vrai que tout cela n’en dit guère plus sur le thème de ce forum, aussi vivement qu’on élargisse le débat avec Blade Runner 2049!

      Il y a pas mal de choses à dire sur cette théorie Deckard = réplicant dans la suite, comme il y a pas mal de choses à dire sur l’identité du héros aussi, entre autres choses…

      • nA dit :

        Je te confirme que la version de 82 est difficile à trouver ! Y compris l’Ultimate Edition de 5 DVD…
        Il est reconnu que RS a un ego « important » et a voulu imposer sa vision de Deckard, mais je comprends que cela t’ennuie de le reconnaître, comme je comprends aussi pourquoi il a voulu le faire, tu l’expliques bien d’ailleurs ! 🙂
        L’important est que la version Final Cut aie créé le doute, et que RS n’aie pas pu faire plus. Le doute a créé et entretenu le débat !

        A mes yeux, s’il y a bien une personne que le réalisateur doit respecter, c’est bien le scénariste : c’est son imaginaire et son talent créatif qui sont à l’origine du film (rien à voir avec les décorateurs ou les acteurs…). Rappelons-nous la grève des scénaristes à Hollywood il y a quelques années : ils en avaient marre d’être piétinés et sous-payés… et ils avaient raison. Les histoires proviennent de leur imagination, sans eux : pas de film, cela se respecte. Ce sont aussi des artistes.

        Dans l’exemple que tu donne, S. King était l’auteur du livre, c’est autre chose, comme je l’ai écrit dans mon dernier post. Son œuvre était rendue publique, d’autres pouvaient se l’approprier, le scénariste, c’est différent, il participe à la création même du film.
        Qui est le plus légitime sur la vision d’un film , et à qui « appartient »-il ? C’est un débat, j’ai toujours déploré que ce soit le producteur qui reçoive la récompense du meilleur film dans les grandes compétitions !… Pour ce qui me concerne, le film revient au scénariste autant qu’au réalisateur (pour répondre à une question récente d’Oliver : « qui est le plus légitime entre le scénariste et le réalisateur sur la vision du film ? »).

        Comme je l’ai écrit, les écarts de BR par rapport au livre de Dick ne me gênent pas, mais je trouve que c’était aller trop loin que de changer la nature même du héros, ce n’était pas prendre « quelques libertés personnelles », c’était dénaturer. Ce n’est que mon opinion… Je réaffirme que chacun fait ce qu’il veut !

        Enfin, dans l’un de tes posts, tu déplorais presque que l’on ne parle QUE de la nature de Deckard, alors qu’il y avait bien d’autres thèmes plus riches à aborder au sujet du film… 🙂
        C’est le thème de ce blog en effet : la nature de Deckard.
        Mais il n’est pas interdit d’en aborder d’autres sur BR, c’est notre liberté. L’important est de débattre 🙂
        Ben oui, hein, il faut bien parler d’autres aspects, en attendant de relancer le thème du forum avec 2049, entre autre choses ! !

      • Oliver Castle dit :

        Juste pour info, je n’ai toujours pas vu 2049. Une deadline importante au boulot combinée à des horaires de projections peu commodes (genre une séance à 17h quoi…) font que je repousse de week-end en week-end. J’aurais pu y aller aujourd’hui. Ah bah non, je bosse ! Bref, c’est pas encore pour aujourd’hui :,(

  72. Nathalie Sepulveda dit :

    le post de 8h20 est bien de moi ! Nathalie S. Mon doigt a glissé 🙂

  73. POP's dit :

    Aux questionnements « le film appartient-il au scénariste ? au réalisateur ? aux producteurs? »… j’ai envie de répondre : le film appartient « à son histoire », avec ses qualités, ses imperfections, ses imprévus, ses contrariétés… Le changer 10 ans après sa sortie alors qu’il a été réalisé dans un état d’esprit -même si celui-ci a échappé en grande partie à son metteur en scène- tendrait presque à rendre la chose illégitime. Les gens qui ont vu Blade Runner en 82 l’adoraient pour l’ « humanité » de Deckard, la voix-off, le happy end (et oui!)… Sortir une vision différente du film 10 ans plus tard à partir du même matériau d’origine est presque renier le pouvoir de fascination qu’il exerça lors de sa première heure, ou bien encore dire que la vision cinéma initiale était un ratage ou un leurre. Beaucoup d’artistes et d’amateurs se sont offusqués de ne plus trouver cette version de 82 pendant longtemps; arguant (à juste titre) que l’absence de voix-off créait un manque et une distance par rapport au personnage principal, ou que le final devenait trop abrupt… Je ne peux pas dire que je n’aime pas les versions de 92 et 2007, ce serait réducteur, puisque BR quelque soit la version reste un grand film ne serait-ce ses qualités intrinsèques… Je dirai que, pour moi, les versions ultérieures (et le fait qu’elles soient beaucoup plus conformes à la vision de l’auteur) sont en comparaison (et à mes yeux) plus imparfaites. Et les contresens, comme je l’ai signalé, fusent si l’on considère que Deckard est un répliquant (outre la scène finale précitée du monologue de Roy, on pourrait mentionner la séquence où Tyrell demande à Deckard -à quelque chose près- « combien a-t-il fallut de questions pour démontrer que Rachel est une répliquante ? », scène qui n’aurait là-aussi que bien peu de sens si Deckard lui-même était un répliquant…

    • Sylvain B dit :

      Pas vraiment d’accord avec cette conception d’une nature immuable des choses, d’un refus du temps qui change et de l’évolution des choses… Rien d’illégitime dans la démarche de RS, c’est un choix personnel de sa part, c’est son film, il a réussi à reprendre un contrôle qu’il aurait eu naturellement en Europe et qui revient souvent d’abord aux producteurs aux USA, ce qui s’est passé en 82.
      Pas de souci avec le fait que les gens aient pu aimer la version de 82, même sa voix-off et son happy-end, et oui 🙂 Tous les goûts sont dans la nature, bien sûr que les gens ont le droit d’apprécier cette version. Tout comme d’autres ont le droit de préférer les versions suivantes, c’est tout aussi légitime, juste une question de goût.
      Encore une fois, sortir une version différente des années après n’efface pas la première version, rien ne l’effacera, et comme précisé on peut aujourd’hgui toujours se la procurer facilement, un peu moins que les dernières peut-être, mais pas impossible…
      Il y a peut-être des personnes qui ont pu trouver des qualités à la voix-off, ce ne semble plus être la tendance aujourd’hui. La plupart des critiques s’accordent à dire que cette vois off alourdit le film.
      Quant au happy end, on a le droit de l’aimer, mais il est évident qu’il tranche avec le reste du film, absolument pas dans la tonalité, et cela s’explique notamment par le fait qu’il n’a pas été réalisé par RS, volé à un autre cinéaste (sorry Kubrick!). Aujourd’hui, peu de personnes le défendent encore, mais comme dit précédemment, tous les goûts sont dans la nature, c’est votre droit de l’apprécier. Moi qui adore Shining, je ne vous dirai jamais que la scène est médiocre, elle est belle en soi, elle aurait été parfaite dans le film de Kubrick, sauf qu’elle n’a rien à faire dans le film de RS, et a été utilisée à des fins purement mercantiles par les producteurs.
      Enfin, pour ce qui est de la scène avec Tyrell, qui n’aurait « que bien peu de sens si Deckard lui-même était un répliquant », pas d’accord non plus car à ce moment là du film, Deckard ne sait pas qu’il est un réplicant, le spectateur non plus d’ailleurs… Et cette scène s’intéresse de toute façon plus au cas de Rachel qu’à celui de Deckard…

      • POP's dit :

        Je considérais en effet que Deckard ne savais pas qu’il était un répliquant, et même avec ça je trouve que le scène n’a plus vraiment de sens (on voit bien que Tyrell interroge un humain à propos de la non-humanité de Deckard – il me semble impossible de la façon dont est montrée cette scène que Tyrell ironise au fond de lui-même en se disant qu’il s’adresse également à un répliquant..ce serait assez grotesque.

      • POP's dit :

        Dans le message précédent je voulais dire « à propos de la non-humanité de Rachel » (et non de Deckard.

  74. Sylvain B dit :

    Pour la version de 82 et l’Ultimate Edition de 5 DVD, je l’avais acheté il y a quelques temps à sa sortie, et lorsque je t’ai dit cela, j’ai vérifié juste avant sur Amazon et vu qu’elle était proposée à la vente (donc hier soir encore). Donc pas besoin de chercher longtemps pour la trouver et se la procurer à priori… Si tu veux je te passe le lien 🙂

    Je n’ai jamais dit que RS n’avait pas d’égo, j’ai même dit très précisément : ‘Il est sans doute plus dans cette dimension perfectionniste, obsessionnelle, et égoïste bien sûr aussi, qu’ont de nombreux artistes, souvent les plus grands d’ailleurs, de faire « son » film »…
    Et comme tous les plus grands artistes, et ce n’est pas un hasard si je fais référence à Kubrick ensuite, bien sûr qu’il a beaucoup d’égo, cet égo était sous-entendu dans le terme « égoïste » notamment…
    Donc vraiment aucun souci sur ce point 🙂 Tous les plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma, Kubrick, Orson Welles, et tant d’autres, avaient des égo démesurés… Ce que je retiens surtout ce sont leurs grands films, idem pour RS (que je ne mets pas pour autant à la même place que ceux que je viens de citer, mais qui a beaucoup de points communs avec eux, notamment une vraie vision d’auteur).

    Pas d’accord avec toi non plus sur le scénariste : bien sûr qu’il est important, mais le décorateur et les acteurs aussi! Certains films reposent d’ailleurs parfois bien sur les décors ou les acteurs que sur le scénario… Pour le cinéaste, le scénario est un « outil », un des nombreux éléments dont il va se servir (avec les acteurs, les décors, la photographie, etc.), pour réaliser son film.
    Bien sûr que si le scénario est brillant, il peut jouer un rôle majeur dans la réussite du film, surtout si le reste du film n’est pas à la hauteur (mise en scène, acteurs, etc.)
    Oui les scénaristes peuvent être considérés comme des artistes, mais des décorateurs ou acteurs ne peuvent pas l’être aussi? Je rappelle juste qu’un scénario n’est rien sans le film qui va le mettre en images : contrairement à un roman, il n’est pas destiné à être publié, ni lu par un grand nombre de personnes, sa destination finale est d’être mis en images et de servir le film.
    C’est à ce titre que le cinéaste a une liberté personnelle, et qu’il peut effectivement modifier le scénario s’il le juge utile voire nécessaire. En quoi un scénario serait « intouchable »? Rien ne le justifie. Le réalisateur peut bien sûr le suivre à la lettre, se reposer même totalement dessus, à plus forte raison s’il n’a pas de vision personnelle (dans ce cas il aura même intérêt à le faire!), tout comme il peut ne pas le faire.
    Ce qui importe au final ce n’est pas d’avoir respecté un scénario à la lettre, surtout s’il n’est pas parfait, c’est surtout de faire le meilleur film possible, et le cinéaste est lors du tournage le mieux placé pour avoir ce jugement me semble-t-il.

    Lorsque tu dis que les histoires viennent de l’imagination des scénaristes, ce n’est notamment pas tout à fait le cas pour une adaptation comme « Blade Runner », l’histoire vient d’abord de l’imagination du romancier, P. K. Dick ici en l’occurence…
    Et je ne vois pas non plus, sous prétexte que le scénariste participe à l’élaboration initiale du film, en quoi le cinéaste ne pourrait pas s’approprier le scénario comme il peut le faire avec un roman. Une fois que le scénariste a fini son scénario, le cinéaste en prend possession, il se l’approprie donc! Il va même le décortiquer, faire lui-même ou faire faire un storyboard à partir de ce scénario, il va donc l’adapter pour être mis en image, comme le scénariste avant lui a adapté le roman…

    En revanche, tout à fait d’accord avec la fin de ton post, j’ai également précisé que BR 2049 pourrait nous amener à parler de bien d’autres choses que de la nature de Deckard, et j’espère bien que nous allons le faire… J’ai juste rappelé le thème de ce post, et que BR 2049 nous apporte des éléments intéressants sur ce sujet.
    Et tu le vois bien avec mes différents posts, s’il y a bien une chose que je ne me refuse pas, c’est de débattre 🙂 Et toi non plus, ce qui est très bien 🙂

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Chacun sa conception du respect : je préfère la négociation, y compris avec les autres métiers du cinéma d’ailleurs. Faire de grands films ne justifie pas que l’on se comporte comme une diva, seul détentrice de « la vérité ».

      Je ne vais pas discuter plus avant du respect dû au scénariste, à l’origine de l’histoire, bien que parfois, en effet, elle soit tirée d’un livre. Le scénariste fait partie de l’équipe (l’auteur du livre rarement, et le plus souvent il a « vendu » ses droits, ou bien l’œuvre est dans le domaine public).

      Les autres appropriations par rapport à une œuvre dont j’ai déjà parlé sont du domaine du ressenti, de l’imaginaire, chacun ayant sa liberté de pensée pleine et entière, y compris celle d’en débattre d’ailleurs 🙂
      Dénaturer une œuvre pour un réalisateur : c’est une tout autre dimension. Le résultat peut éventuellement le justifier en effet, mais pas toujours.

      La dernière fois que j’ai vérifié sur Amazon (récemment) : rupture de stock pour la version 5 DVD. Sur d’autres sites, le prix est prohibitif (ce doit être lié à la sortie de 2049) : plusieurs centaines d’euro. Donc ce sont plutôt les gens « très aisés » qui y ont accès aujourd’hui (cela diminuera certainement avec le temps..)
      J’ai dit de ce fait que la version était presque impossible à trouver… J’aurais dû dire à acheter 🙂

      • Sylvain B dit :

        Peut-être n’avons nous pas finalement la même idée de ce qu’est, ou peut être, un cinéaste… Bien sûr que le respect c’est bien, seulement le réalisateur n’est pas un membre de l’équipe comme un autre : c’est lui qui coordonne tout le monde, dirige, doit aussi prendre des décisions avant, pendant et même après le tournage, sur tous les éléments constitutifs du film, le scénario en étant un.

        Après, tu peux, dans ta conception du respect, vouloir considérer le réalisateur comme un simple membre de l’équipe, et le mettre à égalité des autres, donc effectivement au même niveau que le scénariste, et dans cette logique effectivement je peux comprendre ton point de vue. Simplement je ne le partage pas tout à fait, pour moi le réalisateur se doit de prendre de la hauteur, et peut se l’autoriser, pas par simple « irrespect » ou sentiment de supériorité (même s’il peut se sentir supérieur, on en revient à l’ego), mais surtout dans l’intérêt du film.

        Les critiques vis à vis de RS et de son ego, de sa volonté de contrôle du film, sont les mêmes que celles qui ont été formulées envers tous les plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma, j’en ai cité quelques uns, il y en a pas mal d’autres dans le même cas.
        Tous les grands cinéastes, ceux qui justement ont une vision et l’imposent, fascinent, séduisent autant qu’ils peuvent agacer certains, qui préféreraient sans doute qu’un cinéaste « reste à sa place », n’en fasse pas trop…
        Qualifier RS de « diva » me semble également inapproprié, c’est un peu s’emporter juste parce qu’il a tenu à remonter le film en lui donnant un sens qui ne vous plaît pas, ou moins, et qui plaît pourtant à d’autres… D’une part, ses remontages sont légitimes, cela reste son film, et d’ailleurs s’il a eu droit de le faire c’est que ce procédé n’est pas en soi inconcevable… D’autre part, la plupart des critiques s’accordent à dire que ces remontages sont meilleurs que le montage d’origine, notamment avec la suppression de la voix off et du happy-end. Lorsque je lis ces critiques vis à vis de RS, je vois surtout que ce qui ne vous plaît pas, ce n’est pas tant le comportement de RS, que le fait qu’il ait « osé », d’une certaine façon, contester la version d’origine qui vous plaît plus… De là le terme de diva, l’irrespect des scénaristes, entre autres choses. Je trouve juste que c’est un peu disproportionné…

        Quant au fait comme tu le dis de « dénaturer » le film, là aussi cela me semble excessif, juste parce qu’il peut y avoir une interrogation sur l’identité de Deckard… Il n’est jamais dit explicitement qu’il est un réplicant, c’est bien pour ça qu’on en débat d’ailleurs, il a juste instauré un peu de doute, ce qui renforce le mystère du film, et va plus dans le sens de l’univers de P.k. Dick par ailleurs.
        Mais ça ne change rien au reste du film, à sa beauté, à sa réflexion, à a puissance…

        Donc comme tu dis, chacun son avis, et nous avons le droit de ne pas être d’accord bien sûr : vous avez le droit de faire des reproches à RS et de trouver qu’il se comporte en diva et dénature le film, et j’ai le droit de trouver cela excessif 🙂

        Concernant la difficulté à se procurer la version de 82, d’accord avec toi si tu juges avant tout l’aspect financier : c’est vrai que l’Ultimate Edition coûte aujourd’hui très cher, j’avais dû l’acheter pour 30 ou 40 € alors qu’aujourd’hui elle semble approcher les 200 €.
        Mais il y a fort à parier qu’elle ressortira prochainement à un tarif plus abordable, comme c’est généralement le cas de ce type de coffret collector, faudra juste attendre un peu…

        Après, de la même façon que pendant longtemps on n’a connu que la version de 82, que l’on puisse aujourd’hui surtout se procurer les autres versions qui me paraissent meilleures, et passer à côté de la voix off et du happy end, ne me paraît pas si dramatique… Cela n’empêchera pas les gens qui découvriront Blade Runner via ces versions de l’apprécier, ne serait-ce que parce que ses principales qualités ont été préservées (et même plus, la dernière version Final Cut a été restaurée et est la meilleure concernant la qualité du son et de l’image).

        Chipoter sur ces versions me paraît être essentiellement un débat de cinéphiles et de fans aguerris, auxquels je revendique appartenir d’ailleurs 🙂 mais je ne pense pas que le grand public s’y intéresse, pour lui le film Blade Runner existe bien aujourd’hui, quelle que soit sa version, et cela reste un film majeur de la SF…

  75. Sylvain B dit :

    Bon bah on attendra alors un peu pour avoir l’avis d’Oliver! En tout cas, BR 2049 apporte bien un peu d’eau au moulin concernant cette théorie. Je me retiens néamoins de « spoiler »…
    Et comme dit à Nathalie, il n’y a pas que ce sujet qui pose question dans le film, je dirais même que ce n’est sans doute pas un des principaux mystères et sujets à débat du film, mais là aussi, je me retiens de « spoiler » 🙂
    Et sur ce, je me retire temporairement de ce post 🙂

  76. Nathalie Sepulveda dit :

    Un boss dans n’importe quel domaine n’est pas un membre de l’équipe comme un autre évidemment, tout comme un réalisateur, mais les meilleurs patrons sont ceux qui écoutent et négocient, même avec les plus « humbles » de l’équipe… On perd un peu de temps, mais on s’enrichit des idées des autres, on peut s’enrichir de leur sympathie, et l’oeuvre peut même en bénéficier…

    Je maintiens le terme DIVA qui s’applique à tous les artistes à l’égo un peu démesuré, qui imposent aux autres leurs caprices, pour ne pas dire leur tyrannie.
    Même si on les remercie pour leurs oeuvres quant elles sont géniales !

    Pour en terminer sur le sujet, je te copie un post d’Oliver Castle de juin dernier, je partage tout à fait son avis :
    «  » C’est la version de Ridley Scott qui a foutu le bordel, en d’autres termes. Ce dernier s’est toujours battu pour faire imposer SA vision.
    C’est un comportement assez moyen, je trouve, dépossédant le scénariste du travail de réflexion et de construction de son oeuvre. Scott aurait été à l’origine du scénario, pourquoi pas. Là, ça fait des années qu’il s’approprie avec des propos parfois véhéments l’univers Blade Runner comme étant le sien, reléguant Fletcher au rang de gratte-papier sans importance. (La version de Fletcher était indéniablement humaine.)
    Je crois qu’au delà de la théorie, c’est ça qui m’énerve le plus : Scott et son rôle de Dieu sur l’univers. « Deckard est un replicant, et je vous emmerde. Blade Runner est une extension de l’univers d’Alien, et je vous emmerde. » dixit OC 🙂

    • Sylvain B dit :

      Dis comme cela, je comprends mieux ta position 🙂

      Oliver Castle partage peut-être ton avis, aussi je ne suis pas d’accord avec lui non plus!
      D’accord sur le fait que « la version de RS a foutu le bordel », si on observe les débats que cela génère et nos différences de point de vue, et qu’il « s’est toujours battu pour faire imposer SA vision », c’est une évidence (et pour moi pas du tout un défaut par ailleurs!).
      En revanche, le reste de son discours qui rejoint le tiens, ne me convainc pas. Le fait d’estimer que c’est « un comportement assez moyen », c’est déjà un avis tout à fait subjectif et personnel, plutôt moraliste, que je peux encore une fois comprendre car on juge tous avec notre subjectivité et notre ressenti, mais que je ne partage pas.

      Là encore, pour ce qui est de « déposséder le scénariste du travail de réflexion et de construction de son oeuvre », je me suis déjà bien exprimé sur le sujet pour démontrer en quoi, selon moi, un tel raisonnement ne me semble pas justifié. Le roman est bien une oeuvre finale, qui se suffit en elle-même, destinée à être publiée, pas le scénario, qui n’est qu’une étape dans l’élaboration du film, la création finale se faisant lors du tournage sous la direction du réalisateur. Je ne dis pas pour autant que le scénario n’a pas d’importance, et ne peut pas être intéressant ou témoigner d’un vrai talent d’écriture, je dis simplement qu’il faut le resituer dans le contexte de son rôle et de sa finalité, de sa raison d’être en quelque sorte…
      En outre, RS n’a pas non plus modifié de fond en comble le scénario, ce qu’on pourrait parfois croire en lisant ce genre de propos tant les réactions me semblent excessives, mais tant bien même il l’aurait fait cela ne me choquerait pas si c’était dans l’intérêt du film selon lui…

      Qu’il se soit approprié l’univers de BR « comme étant le sien », cela peut se comprendre dans la mesure où c’est lui qui a fait le film. Il n’a pas été tout seul certes, mais c’est lui l’artisan qui a réuni tous les talents et a su en tirer le meilleur, pour que cela aboutisse au chef d’oeuvre que l’on sait. Ce qui ne fait pas oublier l’immense talent de chacun d’entre eux bien sûr!
      Les scénaristes étaient talentueux, je ne le remet pas en question. Mais concernant l’histoire, je tirerai plus mon chapeau à P. K. Dick qui a inventé cet univers que les scénaristes, qui ont eu plus un talent d’adaptateurs que de créateurs. Personnellement, je suis plus admiratif du travail de Vangelis sur la BO par exemple, là c’est quelque chose de totalement personnel qui aboutit à une bande son mythique, et vraiment unique. Ou encore du travail et du talent du directeur de la photographie, car là aussi il y a quelque chose de très personnel et extraordinaire dans cette image. Ou encore justement de celui de RS, qui signe une de ses plus belles mises en scène et un de ses plus beaux films avec « Alien » (allez, disons le, sans doute son plus beau!).

      Que RS ait un sacré ego, sans doute comme beaucoup de très grands cinéastes, et vous avez tout à fait le droit de le déplorer sur un plan humain notamment. Moi je vois surtout qu’il a réussi un très grand film, peut-être aussi grâce à cet ego, point commun de ces grands cinéastes qui ont une vision personnelle, et je porte plus attention au résultat à l’écran.
      De là encore une fois à parler de « diva » ou de « Dieu », évidemment vous vous emportez, et évidemment c’est un avis très personnel, mais c’est aussi tout le charme d’un débat comme celui-ci : on est souvent dans l’excès avec des prises de position bien différentes, mais cela permet aussi de pousser la réflexion un peu plus loin…

      Après, voir BR comme une « extension de l’univers d’Alien », là aussi c’est un peu osé… Si c’est juste parce qu’il est suggéré que Deckard puisse être un réplicant (ce qui n’est donc mêem pas sûr ni explicite) dans ce monde où humains et réplicants sont mélangés et les réplicants sont « plus humains que les humains », cela n’est donc pas totalement incohérents, mais on reste très loin d’Alien tout de même… Les réplicants appartiennent à l’univers de BR, les monstres à celui d’Alien, on reste bien dans l’univers de BR même si Deckard était un réplicant… On s’égare, on s’égare, mais c’est inévitable quand on théorise et envisage autant d’hypothèses…

      Donc pas d’accord avec vous, mais votre position a déjà le mérite de faire réagir, ce qui est une bonne chose 🙂

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Oui ! Tout l’intérêt est de débattre. Je laisse le soin à Oliver de te répondre… s’il le souhaite. Quant à moi, je dirais que chacun a le droit de choisir les termes qu’il veut, comme tu en le droit aussi, et tu ne t’en prives pas, et c’est très bien !
        Ce n’est pas de l’emportement à mon avis, ou alors nous nous emportons tous… par moment, et c’est en effet bien le charme d’un débat comme celui-ci 🙂

      • Nathalie Sepulveda dit :

        Je te copie un post d’Oliver, qui peut-être t’éclairera sur le rapport avec Alien… ou pas

         » J’ai vu Alien Covenant il n’y a pas longtemps. Un film que je qualifierai de sombre bouse s’il n’y avait pas déjà Prometheus… Mais peu importe. Covenant se passe 10 après Promotheus et SPOILER ALERT SPOILER ALERT SPOILER ALERT SPOILER ALERT SPOILER ALERT le personnage de Fassbender se retrouve dans la suite. David était un cyborg, et on le retrouve avec les cheveux longs… Ce qui m’a laissé dubitatif sur le moment est peut-être un indice sur la vieillesse des Nexus et leur evolution physique dans le temps.

        Car vous n’êtes pas sans savoir que Ridley Scott a décidé de ruiner deux licences d’un coup en liant Blade Runner et Alien par l’intermédiaire de l’usine fabriquant les androides… « 

  77. Sylvain B dit :

    Et bien cette fois-fois, entièrement d’accord avec toi, on y est arrivés 🙂
    Oui bien sûr moi aussi je peux m’emporter, c’est aussi la passion du cinéma et de ce film qui nous réunit sur ce forum, et qui dit passion…
    Même si j’argumente à fond pour exprimer ma position, je respecte évidemment totalement la vôtre, qui se tient aussi bien sûr. Et comme j’adore les débats d’idées, c’est sûr que je ne m’en prive pas…

    On aura bien compris je pense ce qui nous oppose et ce qui nous rapproche… J’espère qu’on pourra bientôt débattre de BR 2049, car je suis sûr que tu seras d’accord, il y a là aussi matière à débats 🙂

    Je reviens juste sur ce que tu m’avais dit sur la musique, et je vais être d’accord avec toi une seconde fois (on y est vraiment arrivés :-)) : j’ai réécouté la BO de Vangelis hier soir, via plusieurs éditions très complètes, et j’étais totalement subjugué par la beauté de la musique sur tous les morceaux…
    J’ai réécouté vite fait celle de BR 2049, et je t’accorde que, même si je trouve qu’Hans Zimmer a fait du bon boulot en retrouvant l’ambiance (grâce notamment à la sonorité du synthétiseur bien particulier), on est trèèèès loin de la réussite du chef d’oeuvre de Vangelis!
    Bien moins inventive et mélodique, plus une succession de sonorités angoissantes… Mais pourquoi diable Villeneuve n’a pas fait de nouveau appel à Vangelis? Trop âgé (74 ans)? Moins inspiré aujourd’hui? Ou alors Vangelis a refusé? En tout cas, on peut imaginer ce que la BO aurait pu être avec un Vangelis inspiré…
    Mais bon, j’ouvre peut-être là un autre débat! Ou alors je n’ai pas toutes les infos, j’avoue que je ne me suis pas trop renseigné sur le sujet…
    On va dire que la musique, si elle n’est pas dénué de qualités, est peut-être ce qu’il y a de moins réussi dans cette suite, alors que dans le 1er film, j’aurais tendance à dire que c’était sans doute la plus belle réussite du film, et pourtant j’adore tout le reste…

    • Laurent SFN dit :

      A propos de la BO, j’ai effectivement écouté celle de 2049. Et si on peut considérer qu’elle est tout de même est très réussie, c’est d’avantage du « sound design » pur et dur qui, si il s’accorde parfaitement à l’image et aux situations, a plus de mal à passer « seul », contrairement à celle de Vangelis dont j’écoute l’album régulièrement (édition « 25th anniversary » avec des musiques que l’on entends que dans le film et pas mal d’inédits…)

      • Sylvain B dit :

        Effectivement, la musique du 1er film peut se passer des images, c’est plus difficilement le cas de celle de la suite, vraiment musique d’ambiance, et d’ambiance sombre…
        Concernant les éditions de la BO de Vangelis, je recommande de mon côté le coffret de 3 CD « EMS Recombination », censé être celui qui offre le meilleur son de toutes les versions des morceaux de Vangelis (et je confirme que le son est « pur » et excellent), et le coffret de 4 CD « 29th Anniversary Limited Edition », qui me semble être le plus complet… Des heures d’écoute et de pur plaisir. Ces 2 coffrets sont sortis en 2011/2012.

  78. POP's dit :

    Apparemment la version ultimate bluray n’est sortie qu’aux US. La version ciné 1982 du film contient-elle la VF ?

  79. Nathalie Sepulveda dit :

    Je crois que mon problème au sujet de la musique de 2049, est qu’elle semble n’avoir qu’un seul but : accentuer la noirceur triste du film, et effectivement, elle se passe difficilement des images. Elle se fait à peine plus douce sur les images de fin : sur l’escalier. Et, si elle est surtout une sorte de reflet de celle du premier film, elle n’en a pas la magie sublime, bien qu’elle la prolonge : mais une musique complètement différente aurait pu nous heurter (pourquoi pas Vangelis en effet ? A priori : mésententes).
    La musique du premier, outre sa beauté, apportait par moment une respiration dans l’ambiance du film. 2049 ne compte pas l’équivalent du « Love theme », merveilleux selon moi… Mais toute tentative non vangelisienne était très difficile ! Zimmer a fait le job.

  80. Sylvain B dit :

    La musique de 2049 se fait effectivement plus douce l’escalier à la fin, il se trouve que le thème est alors la reprise du fameux « Tears in Rain » de Vangelis qui accompagnait la mort de Roy à la fin du premier film… Donc le seul moment doux, et également mélodique, de la musique de cette suite vient justement de Vangelis, tout le reste est soit sombre, soit assez simpliste au niveau mélodique.
    La BO de cette suite est nettement inférieure à celle de Vangelis, tout le monde (ou presque) sera d’accord, sans doute en partie parce que les compositeurs Hanz Zimmer et Benjamin Wallfisch n’ont pas le génie de Vangelis et sont moins inspirés, également peut-être aussi parce qu’il n’ont eu que 3 mois pour composer la musique, au lieu d’un an pour Vangelis, donc moins le temps de fignoler…
    Après, même si la BO de 2049 se passe difficilement des images, force est de constater qu’elle les accompagne très bien dans le film, il faut le reconnaître pour ne pas être totalement injuste non plus.

    Pour ce qui est du score de Vangelis, le Love Theme de Vangelis est superbe, c’est vrai… De mon côté, le morceau que je préfère est « Rachel’s song ». J’adore aussi « Memories of Green », « Blush Response » et « Tales of the Future », entre autres, vu que toute la BO est formidable…

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Oui !! Toute la BO de Vangelis est formidable.
      J’avais bien reconnu le thème de la mort de Roy, on ne peut pas oublier la fin de Roy, moment somptueux dans le film ! Je n’en dis pas plus sur 2049, j’ai revu le film, la musique accompagne très bien les images, c’est vrai, je dois à l’honnêteté de dire que j’ai davantage apprécié la musique la 2ème fois :)… malgré l’absence du Love theme !

  81. Sylvain B dit :

    En réponse à votre question sur le coffret Bluray « Ultimate Collector’s Edition », oui il est indiqué que le langage des film est anglais ET français, et les sous-titres anglais, français et espagnol :
    https://www.amazon.com/Runner-Five-Disc-Ultimate-Collectors-Blu-ray/dp/B000R6PKP2

    • Nathalie Sepulveda dit :

      Merci, je n’avais pas regardé sur le site US…

      • Laurent SFN dit :

        Pour en revenir aux BO. Le disque « officiel » sorti en 1994 contient des musiques inédites, des compositions développées dont on n’entends que quelques extraits dans le film,, tout ça mixé avec des extraits de dialogues. C’est d’avantage un album composé à partir du « score movie » du film, (le triptyque « Blush Response-Wait for Me-Rachel Son » entre autre) à l’inverse de la BO de 2049, qui est juste un copier-coller des musiques que l’on entends dans le film, rien de plus rien de moins.

        Ah et petit détail sympa qui va ravir les fanas de sound-design. Je spoile juste légèrement en disant que l’on a de nouveau l’occasion d’entendre (très brièvement) le son si caractéristique de l’appartement de Deckard (et aussi dans le Nostromo)…dans son nouvel habitat 😉

  82. Sylvain B dit :

    Voilà un détail qui lors de mon unique vision du film m’a échappé! J’essaierai d’y être attentif lors d’une prochaine vision 🙂

    A propos des différences entre les versions de la BO : oui effectivement il y a dans les BO plus complètes des musiques que l’on entend pas toujours dans le film…
    Mais d’une part il y a aussi de très nombreuses musiques que l’on entend dans le film et absentes de la première BO, laquelle était tout de même très limitée (8 morceaux) et en outre réinterprétée par le New American Orchestra… Il ne s’agissait donc pas dans cette 1ère BO de la vraie musique issue du film, laquelle ne sera découverte qu’à partir des versions suivantes.
    D’autre part, cette 1ère BO réussissait le tour de force de surexploiter certains thèmes entendus qu’une seule fois dans le film, comme le End Title présent 2 fois (dont une « Reprise » très personnelle de l’orchestre), alors que le film était déjà en 82 si riche de thèmes différents…

    Vous l’aurez compris, je ne suis pas très fan de cette 1ère BO. Bien sûr à l’époque je l’avais achetée (ah les fameuses cassettes audio :-)) car c’était la seule, et j’avais réussi à l’apprécier un peu. Mais évidemment quand sort en 1994 une nouvelle BO avec les vraies musiques du film non réorchestrées, plus nombreuses, j’ai tout de suite préféré! Et les titres non présents, ou non présents intégralement, que tu cites, tels que « Blush Response », « Wait for me » ou « Rachel’s song », sont magnifiques, parmi les plus beaux de la BO, et totalement dans l’esprit du film…
    C’est ce qui faisait le charme de cette nouvelle BO : la vraie musique du film enfin présente, et de nouveaux titres sublimes, la propulsant instantanément au rang de pur chef d’oeuvre (peut-être même le plus bel album de Vangelis, pour bien connaître le reste de sa discographie, dont les autres BO et tous ses albums studio).

    Et les éditions suivantes ont constamment rajouté de nouveaux titres (les 25th, 29th et 30th Anniversary par exemple, avec souvent 4 disques), bien présents dans le film (« The Prodigal Son Brings Death », « Taffey Lewis Night Club », etc.).

    Certaines compilations ont même fait un gros travail pour proposer un son optimum, comme l' »EMS Recombination » (2011) : il suffit de comparer le 3ème titre « Leon’s Test » avec les autres versions (notamment les 25/29/30th Anniversary ») pour voir une sacrée différence qualitative…

    D’autres intègrent des bruits du film dans les musiques (le « Deck Art Edition » de 2001 ou le double disque « Esper Edition » de 2003) voire des dialogues : le 4ème disque bonus de l’EMS Recombination » nommé « The Japanese Tracks » intègre par exemple de très nombreux sons et dialogues du film, scènes avec quasiment tous les protagonistes…
    Et dans le « Esper Edition » (2ème disque), l’avant dernier titre « Rachael Sleeps » intègre les derniers dialogues du film (D: « Do you love me? », R: « I love you », D: « Do you trust me? », R: « I trust you »), j’avoue que c’est un bonheur de les écouter quand on aime ce passage du film…

    Bref, un grand choix d’éditions pour ravir les fans que nous sommes…

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