Le Grand Bleu est un film écrit et réalisé par Luc Besson (Le Cinquième Elément), avec Jean-Marc Barr (American Translation), Jean Reno (Wasabi) et Rosanna Arquette (Pulp Fiction).

C’est l’histoire de Jacques et Enzo qui veulent savoir qui c’est qu’a la plus grosse. Apnée.

En gros.

Sans rire, ça va pas vraiment chercher plus loin.

Croyez-le ou non, je n’avais jamais vu Le Grand Bleu ! En entier. J’avais dû voir un bout vers la fin, un bout vers le milieu et un bout avec des dauphins. Par un heureux hasard, j’ai pu le voir en entier. Attention, hein, pas le film normal, la version top-moumoute du 20ième anniversaire d’une durée effective de 2h43. 2h43 de flotte… Bizarrement, j’ai fini le film avec une grosse envie de pisser…

Je vais donc juger de cette version-là, pas de la version cinéma, avec ce que j’en ai vu et compris. A priori, on pourrait classer cette version en unrated, celle où le réalisateur se fait plaisir et décide de montrer tous les trucs inutiles qu’il avait – à raison – virés du montage initial. Et par voie de conséquence, mon jugement sur ce film est surement un peu biaisé, mais bon, ça reste du guano !

Premièrement, j’ai eu un mal fou à définir les réels enjeux du film. Est-ce une romance ? Un film sur la rivalité entre deux hommes ? Un biopic ? Au final, je ne sais toujours pas. Mais prenons-les un par un.

  • Biopic: Naïvement, on aurait pu s’imaginer qu’il s’agissait d’un biopic sur Jacques Mayol. Oui, mais non. Un rapide tour sur wikipédia vous apprendra que la vie du recordman en apnée français n’a rien (mais alors rien !) à voir avec les images à l’écran. On se demande encore pourquoi les personnages principaux portent le nom de personnes réelles tant on s’écarte de la réalité historique. Ce fut aussi une belle source d’ennuis pour la production puisque le vrai Enzo réussit à faire interdire la projection du film en Italie pendant 14 ans (en même temps, même si Jean Reno nous sort une excellente prestation, son personnage soi-disant inspiré du vrai passe pour un gros crétin prétentieux et opportuniste…) (rassurez-vous aussi, même si Jean-Marc Barr reste potable, son rôle reste tout de même celui d’un gros autiste !). Le Grand Bleu n’est pas un biopic.
  • Romance: Avec la rencontre au ralenti entre Johana et Jacques, on se dit « Paf, c’est une romance ». Oui, mais non. Au mieux, la romance est une sous-intrigue. Johana a tellement peu d’impact dans la vie du protagoniste qu’elle fait un peu cruche de service pour montrer ses nibards de temps en temps (oui, bon, de jolis nibards, mais ça ne suffira pas). Et puis comme je le mentionnais plus haut, le personnage de Jacques est vraiment un gros autiste. Exemple ? Moi, Oliver Castle suit un mec relativement lambda et on pourrait dire que ma passion, ce n’est pas la plongée ou les dauphins mais – au hasard, l’écriture de roman. Dans la vraie vie, si j’ai une nana telle que Rosanna Arquette dans mon lit, il n’y a pas moyen que je quitte le pieu pour aller écrire ! Et bien, Jacques, lui il se lève et il va nager avec les dauphins… Sérieux… J’avais envie de le baffer. A un moment, il faut tout de même regarder la crédibilité du script. Rosanna Arquette quoi ! Bon, en définitive, si ce n’est pas une romance, c’est surtout parce qu’il en a rien à battre de Johana et que la fin ne supporte pas cette théorie.
  • Bromance (romance pour des bro, film sur l’amitié et la compétition): Au regard de la scène d’intro, la rivalité Jacques/Enzo semble être le plus gros ressort narratif du film. Oui, mais non. Si ça avait été le cas, on se serait pas tapé un dernier acte aussi long et foireux.

(Spoiler Alert: Un mot sur la fin, puisque je l’ai évoquée. Je n’ai rien contre en soi, ça semble un choix qui prête à discussions et qui a ses bons et mauvais arguments. Ce que je lui reproche, c’est d’être complètement anti-climatique par rapport à la mort d’Enzo. Il n’y a rien pour appuyer le choix de Jacques ni pour lui donner une dimension profondément négative. Et qu’on vienne pas me sortir l’excuse de Johana enceinte, comme je disais, il s’en contrefout d’elle… Être enceinte n’est positif que pour son personnage et jusqu’à preuve du contraire, c’est pas elle la protagoniste ! Et puis c’est quoi cette lubby de vouloir être enceinte après 6 mois de vie commune, sans même en avoir discuté avec l’autre pourvoyeur de zigotes ? C’était nul, mal amené et sans tension dramatique. Point.)

Au final, c’est juste un film sur un autiste qui aurait dû naître poisson et c’est tout. La plupart des traumas du film sont évacués (la mort d’Enzo, le rapport au père, celui à la mère) pour mettre à la place un tas de stock-shots avec des dauphins qui rigolent et font des pirouettes ! Sic !

Deuxièment, le film est tout de même ultra-typé années 80. Ca peut avoir du charme, mais là, c’est très kitch. Surtout à cause de la musique électro-planante de Eric Serra ! Moi, j’aime pas. Ça reste un goût perso.

Et puis 2h43, c’est long. Très long. Avec des personnages victimes de leur propre statut incapables de se prendre en main (sauf Enzo), et bien ça devient encore plus long !

On a compris que t’aimais les dauphins, hein ! C’est juste la cinquième fois du film que tu te fous à l’eau jusque pour eux. T’es sûr que tu veux pas revenir sur la mort de ton père et comprendre pourquoi t’as envie de te foutre en l’air alors que ta femme a visiblement besoin d’affection et d’un rendez-vous chez le coiffeur ?

Luc Besson, grand amateur de plongée, a surtout voulu se faire plaisir avec ce film. Alors ya pas à dire, c’est joli, c’est la Grèce, c’est l’Italie, c’est la mer profonde, mais c’est surtout précurseur de Taxi et compagnie : Mr Besson ne sait pas écrire des personnages et situations intéressantes, jetant un maximum de poudre aux yeux technique dans l’espoir que le spectateur n’y fera pas attention. Sauf qu’on me la fait pas à moi, que le film est mal rythmé, mal construit (mon dieu, le dernier, j’en reviens toujours pas tellement c’était moisi) et moyennement bien joué. Dommage, il y avait un vrai potentiel !

Le Grand Bleu, au risque de défriser un paquet de monde, ça m’a évoqué un gros chiotte avec du canard WC bleu dedans. Et l’étron qui flotte au milieu, c’est le scénario.

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commentaires
  1. Le chevalier au taureau dit :

    Tu as raison. C’est lamentable, mais tu as raison. Le scénario est nul, Jacques joue comme un balai, Johanna est hystériquement débile, Reno cabotine à fond les ballons. Mais j’aime beaucoup quand même. Pour la petite anecdote, les machines à descendre utilisées par les apnéistes n’existent plus, c’est donc un témoignage historique. En fait, c’est un « monde du silence » à grand spectacle. Et du coup, moi ça me fait rêver.

  2. Le chevalier au taureau dit :

    Déjà, j’ai pas vu la version king size remasteurizède directeur cut avec des scènes en plus, donc non, pas 2h43. Ensuite, ayant du mal à rêver d’autre chose que de poursuites par un lapin de 2m armé d’une machette, j’apprécie plus ce zen glougloutant qu’une bonne sieste. Mais je le répète : objectivement, le grand bleu est nul. Au moins, avec Cousteau, on a les aventures de Jojo le mérou. D’ailleurs, je préfère Cousteau.
    Mais je m’étonne que ta sagacité n’ait pas relevé cette virilité du titre. Normalement, c’est LA grande bleue, aka la Méditerranée. Lieu principal de l’action, d’ailleurs. Pourquoi ce passage au masculin, à part par idiotie ?

  3. Cédric dit :

    Cette critique n’a aucuns sens (même si relativement bien écrite)
    Il faut laisser le film dans son époque, c’est a dire les années 80. C’est comme si on critiquais « Le jour le plus long » (putain de bon film de guerre sur le débarquement) maintenant, après avoir vu des film comme « La chute du faucon noir » , « Il faut sauvé le soldat Ryan », ou autre film de guerre bien filmé
    Ce film est et restera un classique du cinéma malgré sa lenteur, surtout après la mort d’Enzo (sorry les jeunes qui ne l’auront pas encore vu)

    L’enjeu du film est simple, simplement évoqué la rivalité/amitié entre 2 être ayant une passion commune et jusqu’ou celle-ci peut amené a s’autodétruire.

    Ce qui m’a le plus agacé, c’est le role joué par arquette. Conne finie éperdument amoureuse, qui souhaite vivre la grande histoire d’amour ….elle est chiante, niannian et n’apporte rien au film.

    L’apnéiste/plongeur qui parle: très beau film, le rapport de l’homme et la mer, le bien être éprouvé dans l’eau est présent et resenti.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Cédric et bienvenue.

      Au final, je constate que nos appréciations se rejoignent sur les points principaux : le traitement de Rosanna Arquette, la lenteur du film, l’hommage à la mer de Besson, la bromance…

      Là où nos avis divergent c’est sur la façon d’aborder le film. Replacer le film dans son contexte est – pour moi – synonyme de constat d’échec puisque c’est la dernière excuse pour le sauver. Si on prend d’autres classiques tels que – au hasard – Dune, Casablanca, Blade Runner, le Jour le plus long ou même la Grande Vadrouille ou les Tontons Flingueurs pour prendre du franco-français, même s’ils sont datés, on n’a pas besoin de prendre l’excuse du « c’était fait dans les années x, il faut se replacer dans l’époque pour l’apprécier ».

      La grande faiblesse du Grand Bleu, comme la plupart des films de Besson où il est scénariste (à quelques exceptions notables comme Léon), c’est que son scénario, ses personnages et ses enjeux sont bancals et possèdent moins d’impact que les images…

      Sans aller à dire que c’est du niveau de Banlieue 13, le scénario du Grand Bleu – a fortiori dans sa version longue – possède un intérêt, des enjeux et des personnages somme toute limités.

  4. orieux dit :

    bonjour je trouve ce film genial!

  5. kafoul dit :

    Cette article est complétement débile et surement écrit par une personne qui n’avait pas 15 ans lorsque ce film est sorti. comme Cédric le dit faut laisser ce film dans son époque et…avoir vécu à cette époque pour comprendre…chose que vous ne pouvez pas. A l’époque c’était nouveau, extraordinaire,de nombreux jeunes en sont meme mort. Il faut aussi connaitre le monde de l’apnée et du free diving et ne pas juger trop vite. Les films qui sortent en ce moment je les trouve débile et nul mais pas la jeunesses actuelle ce qui montre quoi: que je suis plus à la page, et des années plus tard on ne voit plus les choses pareils. Vous voyez ce film et le trouvez nul, moi aussi je le regarde maintenant et le trouve plate. Mais je me rapelle du sentiment lorsque j’étais jeune comme si c’était hier….attendons 10 ans et regardons le premiers batman et james bond et on va aussi trouver ça ringard et nos enfants, et enfants de nos enfants nous dirons papa il craint ce film :- )….

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour et merci de votre message. Effectivement, je n’avais pas 15 quand le film est sorti en 1988, mais 6. Ce qui fait que j’ai dû le voir pour la toute première fois vers 10-12 ans quand il est passé sur Canal+ ou TF1… Je ne remet pas en cause les valeurs portées par le film mais sa structure narrative délaissée au profit du message. Luc Besson a toujours été dans un kif de faire ce qui lui plaisait, au détriment de scénarios qui tiennent la route (Banlieue 13, Lucy et j’en passe, et le Grand Bleu n’est pas en reste. A choisir, je prendrais plutôt le Batman de Burton (1989) ou James Bond 007 contre Dr No (1962) =).

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