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Kimi No Na Wa

Un film grandiose. C’est tout. Les amateurs de Makoto Shinkai seront ravis et peu surpris, tant pas la qualité que par les twists narratifs. Les autres se prendront juste une claque visuelle et narrative dans la tronche. Your Name. est désormais le plus gros succès mondial pour un film d’animation, détrônant Le Voyage de Chihiro, et c’est amplement mérité. S’il n’y a qu’un film que vous DEVEZ voir, c’est Kimi No Na Wa ! (en japonais, de préférence). Énorme coup de cœur !

8/5

Live By Night

Descendu par la critique et flop au box office, la dernière réalisation de Ben Affleck avait la lourde tâche de passer après des pépites comme The Town ou Argo. Force est de constater Live by Night n’a rien du génie de ses prédécesseurs mais cela ne mérite pas d’en faire une montagne. C’est sympatique et on passe un bon moment. Le scénario souffre de certaines lourdeurs (voix off, épilogue à n’en plus finir, retournements attendus une heure avant) mais pas plus que d’autres productions hollywoodiennes plus mises en avant. Le film est surtout assez symptomatique de ce qui se passe à Hollywood : personne en a rien à branler de ce « petit » film de gangster de Ben Affleck, tout le monde le veut en Batman ; félicitations, vous tuez la diversité et vous fatiguez l’acteur-scénariste-réalisateur-producteur qui, se murmure-t-on, voudrait quitter son rôle de chevalier noir au plus vite…

3.5/5

Justice League Dark

Preuve s’il en est que DC, c’est en anime et nulle part ailleurs. Justice League Dark est une production « grand luxe » qui en met vraiment plein la tronche dans les combats. On regrettera l’ajout un peu artificielle de la vraie Justice League pour aider les gens à raccrocher aux personnages moins connus. Personnellement, j’adore l’univers Magie de DC (Constantine, Zatanna, Swamp Thing…) et je suis vraiment ravi du traitement que ce film a reçu. Après une trilogie centrée sur Batman qui m’a gonflé à titre personnel, j’ai vraiment apprécié ce nouvel anime. On espère maintenant qu’il y en aura plus, voire même que la branche live des films donne enfin carte blanche à Guillermo Del Toro pour faire son Justice League Dark.

4.5/5

The Lucky One

Une rom-com bien calibrée pour les midinettes, avec du Zac Effron en mode bogoss et un trame qui se contente de mixer les poncifs, comme à peu près tous les Spark. J’ai bien aimé la fin qui dédouane complètement le héros de se taper la meuf avec un bon deus ex machina des familles…

2.5/5

Jack Reacher – Never Go Back

C’était d’un ennui ! Mais d’un ennui ! Et pourtant, j’avais apprécié le premier opus. C’est mou, catapulté et probablement pas le bon moment pour introduire sa fille (où comment les films sérialisés ne prennent plus le temps de penser ni en film, ni en série). Mention spéciale pour Tom « bouffi » Cruise que j’ai rarement vu aussi peu investi.

1.5/5

The Good Place – Saison 1

On va pas y aller par quatre chemins, la nouvelle série du papa de Parks & Recreations et Brooklyn Nine Nine est « FORKING AMAZING ». C’est drôle, intelligent, bien interprété, bien écrit, souvent avec un degré de lecture plus profond que la moyenne. Tout, absolument tout est génial ! C’est à voir d’urgence et un énorme coup de cœur !

5/5

Bleed For This

D’habitude, je suis assez bon public sur les films biographiques sportifs. Celui-ci est malheureusement assez mal écrit, manque réellement de rythme et de punch pour un film sur la boxe. On est à des années lumière d’un Rocky, Creed ou Southpaw. En plus, Miles Teller n’est pas spécialement un acteur que j’apprécie à titre personnel. Bref, j’ai pas aimé du tout. Allez plutôt voir les autres films mentionnés.

1.5/5

Hacksaw Ridge

D’habitude, j’aime pas les films de guerre, par extension du fait que j’aime pas particulièrement la guerre de façon générale. Mais là, le postulat de base historique réel m’a intéressé : un objecteur de conscience qui part à la guerre avec ses convictions, dont celle d’aller au front en tant qu’infirmier sans une seule arme. Et franchement, j’ai passé un agréable moment. Le film rappelle au passage que Mel Gibson n’est pas un manche derrière la caméra (les scènes au front sont réellement impressionnantes). Le seul gros point noir pour moi – historiquement justifié, mais sans doute trop appuyé – est l’inlassable rappelle de la religion catholique derrière le moindre fait et geste du protagoniste. Je le comprends, mais la façon peu finaude dont c’est mis en avant pourrait presque faire passer le film pour de la propagande chrétienne…

4/5

The Beat Beneath My Feet

Encore un film avec un jeune nerd qui trouve sa voix grâce à la musique (pun intended). On est loin du brio de Sing Street, très loin. Mais cela n’empêche pas le film d’avoir ses qualités et de faire un boulot propre sur les personnages. Mention spéciale à Luke Perry, dans un de ses meilleurs rôles (en même temps, c’est pas très compliqué). Après, on regretta le côté facile de certains passages qui ne sont au final que des clips musicaux insérés au milieu du film.

3/5

East Side Sushi

Encore un film dont j’en attendais rien et qui fut une agréable surprise. Une mère célibataire latino qui entre dans un restaurant japonais en aide de cuisine et décide de devenir maître sushi, dont qui va au devant des emmerdes en étant 1. une femme, 2. latino. Et le film évite de tomber dans le cliché ou le pathos, en montrant d’abord une femme volontaire, décidée et qui montre qu’elle n’est pas moins capable qu’un homme, au contraire. Quand on ne peut plus ouvrir Twitter sans être envahi de propos sur le féministe ou la place des femmes dans la société, East Side Sushi tient un propos cohérent et juste, sans le revendiquer.

4/5

Jiro’s Dreams of Sushi

Bon, c’est bien beau de voir un film où un cuisinier devient maître sushi en un an, mais qu’en est-il dans la vraie vie ? Ce documentaire vous plonge dans le quotidien du seul maitre sushi triplement étoilé au Michelin et montre une facette du Japon méconnu. C’est une excellente plongée dans l’état d’esprit japonais sur le travail et le devoir (à l’époque, Jiro Ono avait 85 ans et était toujours derrière son comptoir… il en a 91 aujourd’hui, il est probablement toujours derrière son comptoir à faire des sushis à 13 euros pièce…), sur le monde du sushi, la tradition et la cuisine. Au passage, il faut 10 ans pour devenir maitre sushi… Seul bémol, le manque d’historique sur les débuts de sa carrière et de son restaurant.

4/5

Passengers

On va pas se mentir, je me suis ennuyé. Il ressort de ce film une grande sensation de vide. Ca manque d’une touche d’originalité et n’est porté que par les noms sur l’affiche. Remplacez Chris Pratt par n’importe quel autre acteur limite un peu seconde zone, Jennifer Lawrence par une bimbo x ou y et vous avez un film de série B à moyen budget que personne n’aurait été voir en salle. Une grosse, grosse déception.

1.5/5

Fantastic Beasts and where to find them

Sans être un Potter-fan, j’avoue apprécié la saga de JK Rowling. Les adaptations ciné ne sont pas transcendantes comparées aux livres mais divertissent agréablement. C’est pareil pour ce spin-off que je découvrais avec l’oeil neuf du type qui n’a pas lu le livre. Donc, j’ai pu avoir quelques surprises auquel je ne m’attendais pas, tout comme j’ai pu voir les grosses ficelles de narration. J’ai aussi eu du mal avec certains personnages trop lisses (c’est dommage, c’était les roles-titres). Après, c’était cool de revenir dans l’univers d’Harry Potter, donc bon on passera sur les facilités…

3/5

Collateral Beauty

Le film de Noël de l’année dernière. Le mélo pour faire pleurer dans les chaumières. Sauf que les ficelles font 2 kilomètres de long. Will Smith continue son trip égo-paternaliste au point de tourner sa carrière en cliché. Encore une fois, il s’accapare le film (avec le tour de force d’avoir un minimum de lignes à dire) au détriment des autres acteurs qui n’ont pas des rôles moins intéressants. Dommage, dommage…

1.5/5

Wolfenstein: The Old Blood est un jeu développé par Machine Games et édité par Bethesda, disponible sur PC et consoles.

1946. B.J. Blazkowicz est encore le troufion de service pour accomplir une mission d’importance capitale pour porter un coup fatal au régime nazi. Evidemment, ça va mal se passer : capture, évasion et nazis zombies enflammés au programme !

The Old Blood est une extension stand alone de l’excellent The New Order. Vous pourrez donc en profiter sans avoir à vous procurer le précédent « reboot » de la série. Ceci étant dit, on ne va pas se leurrer, The Old Blood n’aura d’intérêt que pour ceux qui ont aimé New Order et pour les fans de la licence comme moi.

The Old Blood est techniquement une préquelle de New Order, Blazkowicz est en effet envoyé à la poursuite d’un bon gros MacGuffin des familles rappelant le début du jeu précédent. La sensation d’un Wolfenstein à l’ancienne est donc plus présente que dans l’épisode situé des années 60 contrôlées par les nazis. Ici, on est dans le connu, le classique : des nazis un peu crétins et pas spécialement surdopés, le château Wolfenstein à explorer, des expériences mystiques qui tournent mal et un Blazkowicz avec sa bite et son couteau pour s’en sortir. Le feeling est donc old school dans une licence qui s’était vue rafraîchie.

L’histoire n’est un vague prétexte linéaire pour descendre du porteur de croix gammée en masse, dans des couloirs, avec deux approches possibles : bien bourrine ou en infiltration. L’un dans l’autre, ça ne changera rien, vous buterez tout le monde sur votre chemin. N’espérez pas la profondeur ni la richesse ni la diversité d’un New Order, cet opus se rapproche plus d’un gros DLC pour faire patienter qu’autre chose. Mais au moins, l’histoire est rigolote en dépit de sa simplicité.

Niveau graphisme, voix, gameplay et fun, je vous renvoie à ma chronique de Wolfenstein: The New OrderThe Old Blood fonctionnant sur la même recette de base (n’espérez aucune nouveauté transcendante). Du coup, le constat est le même que pour New Order : moi, j’ai pris mon pied ! C’est fun, ça se prend pas au sérieux, ça défouraille, ça rappelle des souvenirs aux vieux gamers… J’en demandais pas plus et j’ai été servi !

Le seul véritable bémol est le prix de base : 20 €. En terme de durée de vie, si on exclut les divers défis qui – de mon point de vue – n’apportent pas grand chose à l’expérience de jeu, on table sur 10-15 heures en difficulté élevée. J’ai mis 15, mais c’est parce que je faisais de l’infiltration où on passe son temps accroupi en avançant à deux à l’heure… Honnêtement, en mode berserk et avec un peu de technicité, on doit tomber sous la barre des 10 heures. Bref, tout ça pour dire que mon ratio prix/temps désiré n’est pas atteint, ce qui ne serait pas forcément dérangeant dans le cadre d’une expérience inédite… Sauf que là c’est du Wolfenstein ultra-classique. Essayez donc de le récupérer plutôt en solde.

Wolfenstein: The Old Blood est une petite pastille FPS réservée aux amateurs de la saga qui se replongeront avec plaisir dans la peau de B.J. Pour les autres, ça va être compliqué de justifier un tel achat. En revanche, si vous étiez sûrs de vous mettre à The New Order, je conseillerais de faire The Old Blood avant, de façon à avoir une expérience narrative intéressante avec un prologue de 10 heures avant d’attaquer un excellent jeu !

En tout cas, ça m’a donné envie de refaire The New Order, et surtout, (surtout !) j’attends sa suite de pied ferme !

Captain America: The First Avenger est un film réalisé par Joe Johnston (The Rocketeer), avec Chris Evans (Les Quatre Fantastiques et le Surfeur d’Argent), Hugo Weaving (Matrix), Hayley Atwell (The Duchess) et Tommy Lee Jones (Le Fugitif). Par les scénaristes des films Narnia

La seconde guerre mondiale fait rage en Europe. Le jeune Steeve Rogers veut en être. La première ligne, celle qui sert le mieux son pays. Mais voilà, Steeve Rogers est un petit maigrichon asthmatique qui se fait refouler à tous les examens. Jusqu’à ce que quelqu’un croit en lui et ses valeurs et lui propose de faire partie de l’expérience Super-Soldat qui va le transformer en véritable machine de guerre boostée à la testostérone et à la vitamine C. Vite rebaptisé Captain America par une solide campagne de propagande, Steevy va vite démontrer que ses muscles et son bouclier sont plus utiles sur le terrain qu’à faire le pantin avec des demoiselles en jupette. Non, parce que c’est pas tout ça, mais il y a un méchant pire que les Nazis qui menacent de détruire le monde et ce serait bien de s’en occuper !

Créé comme un véritable outil de propagande contre la menace nazie en 1941, j’ai dû mal à croire que le Captain America existe encore de nos jours. On peut remercier les Avengers de lui avoir offert un poste de titulaire dans les comics ! Pour reformuler ma pensée, Captain America fait partie de ces super-héros pour qui je n’accorde absolument aucun intérêt ! Déjà, c’est chez Marvel, la maison d’en face. Mais comme ils sont les seuls à faire régulièrement du film avec des types en costumes moulants, je me mets sous la dent ce que je trouve.

Captain America est le dernier film après Iron Man, Thor et Hulk à mettre en place le gros blockbuster de cette année : The Avengers, qui va réunir tout ce beau monde sous la direction de Nick Fury (plus la Veuve Noire parce que Scarlett Johansson a bien montré que ses fesses arrivaient à créer le buzz et plus un archer dont j’ai oublié le nom, c’est dire si j’y accorde de l’importance aux héros Marvel !). La mythologie est en place, il n’y a plus qu’à !

Je ne vais pas spécialement me faire des amis (ou en perdre, hein Rafpark) mais Captain America n’est pas le meilleur film Marvel pré-Avengers. Je préfère Thor. Voilà, c’est dit !

Je ne dis pas que c’est un mauvais film, hein ! Je dis juste que si je devais classer les films Marvel, il y aurait Thor et Iron Man avant, ne serait-ce que pour le plaisir éprouvé au visionnage et parce que j’avais moins l’impression de mater un film à Mac Guffin.

Il faut bien reconnaître que les scénaristes se sont bien débrouillés pour faire plaisir aux fanboys en proposant le costume original un peu naze, le premier bouclier, le bouclier made in Stark, les liens avec les autres films (l’expo Stark, le sang de Cap’, etc.). Il faut reconnaître que les effets spéciaux sont tout de même bien foutus avec le remplacement de tête de Chris Evans sur un corps tout fluet. Il faut reconnaître que les acteurs sont plutôt justes dans ce qu’ils font (et pourtant Evans doit nous faire oublier sa prestation de La Torche dans un autre film Marvel). Il faut bien reconnaître aussi que la chef-costumière a fait du super boulot !

Mais, pour moi, la sauce n’a pas spécialement pris.

Car j’avais du mal à accrocher à certains éléments de scénario catapultés sans crier gare ou expédiés en deux temps trois mouvements (ou tout simplement bidons).

  • Le vilain voit Captain America pour la première fois et sa première pensée c’est : « ah oui, c’est sûrement le produit du super-soldat que Schmit a mis au point comme il l’avait fait avant avec mwahahaha ! Je vais bien prendre le temps qu’il détruise toute ma base secrète pour aller lui foutre un gnon et lui dire que c’est mwahahaha le plus fort avant de me casser comme un lâche ! »
  • Captain America a le droit à sa petite escouade de barbouzes et jamais on ne prend le temps de faire connaissance avec eux (hormis autour d’un verre, c’est bien léger pour s’y attacher).
  • La mort de Bucky est anti-climatique au possible. Et elle va imposer un revirement de psyché chez le Cap’ pour le moins improbable : tout au long du film, Rogers s’est toujours posé en défenseur de la vie et des pertes minimales à coup d’opérations commandos ; son pote meurt et hop, il te balance des « bon, ça suffit les conneries, on va attaquer la base secrète du méchant, en masse, avec tous nos hommes qui vont mourir par trouzaines, parce que là, j’ai bien les boules et ce film ne se finira jamais sinon ! Et puis là, on n’atteint pas vraiment notre quota d’explosions pour le moment ! ».
  • Et si l’hydra est capable d’avoir des armes de folie, quelqu’un peut m’expliquer pourquoi le Crâne Rouge passe son temps à se toucher la nouille en se plaignant que 6 gars et un type en costume sont plus forts que son armée sur-équipée ? Pourquoi attendre le dernier acte pour se bouger le fion ?
  • Toujours à propos de ce même idiot de crâne rouge : T’as pas remarqué que les américains ont littéralement rasé toutes tes bases supposées secrètes ? Tu crois pas qu’il serait judicieux de déménager ton quartier général pour éviter de te faire encore défoncer ? (Parce que, statistiquement, ça va arriver au rythme où on va !)
  • Et compte tenu de la mentalité du vilain de service, pourquoi il prend la peine de faire des prisonniers de guerre quand il n’hésite pas à buter ses copains nazis en visite ? C’est un peu donner le bâton pour se faire battre et faciliter le travail des scénaristes non ?
  • « Ah tiens, on est en 2012 ; la dernière fois, j’étais en 1942… OK » (résumé du choc psychologique ressenti par Rogers à la fin du film)

(Vous commencez à sentir pourquoi j’ai eu du mal à rentrer dans le film ?)

Je ne vais pas passer sur la fin que j’ai pas spécialement comprise : l’avion est en pilotage automatique (visiblement) direction New-York pour la détruire (parce que le grand vilain est comme ça), Cap’ et sa meuf vont avoir le droit à de poignantes séparations à base de « Ne pleure pas chérie, je vais me sacrifier pour le bien de l’humanité ». Si l’avion est réellement en pilotage automatique, comment est-ce qu’il arrive à le faire piquer du nez pour le faire s’écraser dans le pole nord ? Il aurait pas pu lui faire faire demi-tour et le faire s’écraser sur une ville nazie quitte à se sacrifier ? Il aurait pas pu appeler ses potes de l’armée de l’air et dire « bon bah voilà, je suis dans un avion, ce serait bien d’envoyer quelques chasseurs pour l’abattre avant sa destination finale… vous inquiétez pas pour moi, je prendrais un parachute ».

C’est un peu rapide comme excuse pour justifier la disparition de Rogers.

Pour reprendre un terme que je viens d’utiliser, beaucoup d’éléments de ce film sont – de mon point de vue – trop anti-climatiques pour réellement être épiques ! Et non, une succession de scènes de guerre montées façon clip ne rend pas le personnage épique. A aucun moment on ne se rend compte de la seconde guerre mondiale et du potentiel que pourrait avoir Captain America. Je ne demandais pas un remake du Soldat Ryan, mais le premier des Vengeurs ne réussit pas à dépasser sa dimension de pop-corn movie ni à m’inspirer quoi que ce soit (déjà que c’était pas gagné de base, mais en mettant les scénaristes de Narnia dessus…).

Ca me paraît bien comme conclusion ça : un film de super-héros pop-corn sans plus, sans réels enjeux dramatiques comme en avait Thor, ni enjeux psychologiques comme en avait Iron Man (et Thor)…

La séparation

Publié: 27/11/2009 dans Lecture, Roman
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Il y a peu de livres qui me laissent sur le carreau. Ou bien c’est nul, et j’arrête de lire avant la fin ; ou bien je finis, parfois avec difficulté. La séparation de Christopher Priest est l’un des rares livres que j’ai lu jusqu’au bout avec perpétuellement le sourcil haussé.

Dans l’absolu, je voulais lire du Priest. Parce que j’avais bien aimé Existenz (le film). Parce que j’avais adoré Le Prestige (le film). Les deux étant issus d’une oeuvre de ce monsieur, j’ai donc décidé de prendre un livre. Mon choix s’était porté par défaut sur son dernier poche français en date. En plus, la quatrième de couverture vantait les récompenses qu’il avait gagné ici ou là pour ce livre.

On suit l’histoire de deux jumeaux portant les mêmes initiales (J. L. Sawyer) pendant la deuxième guerre mondiale, l’un pilote de la Royal Air Force, l’autre objecteur de conscience pour la Croix Rouge, amoureux de la même nana, ayant tout deux rencontré et oeuvré avec Churchill et son homologue allemand, Hess.

Je m’attendais à de la science-fiction, tout du moins à une revisitation de l’a seconde guerre mondiale avec un soupçon de fantastique (sans pour autant demander du Wolfenstein). Et bien non. Rien.

Le livre est particulièrement déroutant à plusieurs niveaux. D’une part, le narrateur n’est pas une source d’information factuelle et avérée. Comprendre que à mesure ce la lecture avance, ce qui avait été dit avant peu se retrouver invalidé sans plus d’explications. D’autre part, le livre se considère faussement comme une uchronie, mais le point de pivot entre l’Histoire et la fiction n’est jamais clairement défini, et pire de part le narrateur approximatif, ce point de pivot est sans doute multiple, un pour chaque frère, les deux complètement dissociés chronologiquement. En gros, c’est le bordel et Priest l’assume sans le cacher ni le justifier plus que par « j’avais envie d’écrire ça ».

Connaissant un peu l’auteur, au moins de réputation, je me suis forcé à aller jusqu’au bout pour au moins avoir le twist final qui explique tout. Et bien, il n’explique pas grand chose…

Et puis, il faut bien avouer qu’il ne se passe pas grand chose. De là à dire qu’on s’ennuie, il n’y a qu’un pas.

Au final, il en ressort une grande frustration du point de vue du lecteur, y compris l’impression d’être un gros blaireau pour avoir lu 400 pages sans avoir rien compris

Je reste persuadé que ce genre de livre n’existe et ne sont signé que sur la notoriété de l’auteur. Un jeune débutant (au hasard moi) aurait écrit ça, jamais il n’aurait été publié dans le cadre d’un premier roman, en dépit d’une construction intéressante et de l’effort de recherche historique.

Je voulais lire le Maitre du Haut Chateau de Philip K. Dick. D’après ce que j’ai compris, c’est tout aussi sutil que la Séparation… Je vais attendre un peu finalement. (Ceci dit mauvaise pioche, je sens que je vais avoir du mal à finir sans lutter le livre que j’ai commencé ensuite.)

Le Tarantino nouveau est arrivé ! En gestation depuis une dizaine d’année, on a rarement eu l’impression d’un film aussi rapidement tourné et mis en boite : annoncé en Novembre, il fut en présentation officielle à Cannes sept mois plus tard ! L’objectif du père Quentin était pourtant plus qu’ambitieux : faire un remake de Une poignée de salopards, mixé avec Les 12 salopards, à la sauce western spaghetti tout en ré-écrivant la fin de la seconde guerre mondiale et en montrant qu’il reste un génie de la caméra

Le Colonel Hans Landa est surnommé le chasseur de juif, Shoshanna lui doit la mort de toute sa famille. Après avoir refait sa vie sous une autre identité à Paris en tant que gérante de cinéma, son établissement se voit choisi par le IIIème Reich pour diffuser la dernière oeuvre de Goebbels, ministre de la propagande. Hitler lui-même pourrait y assister. Pendant ce temps-là, ailleurs en France, le commando d’Aldo Raines sème la terreur parmi les rangs nazis…

Je fais volontairement succinct en mettant de côté quelques subtilités du scénario, de toute manière c’est du Tarantino, ça reste bien barré ! Les personnages comme les situations sont totalement exacerbés au-delà du crédible et c’est justement ce qui fait la force de ce film. Il repose presque entièrement sur des gueules caricaturées : Aldo Raines, Hans Landa, Bridget von Hammersmark, L’ours Juif, Hugo Stigliz… C’est grandiloquent et exactement ce qu’on demandait depuis Pulp Fiction.

Côté casting, inutile de dire que la palme revient à Christoph Waltz totalement habité par le personnage du Colonel. Comme d’habitude, Brad Pitt reste fidèle à son niveau de jeu. Diane Kruger aussi, Eli Roth aussi… Pour faire court, je pense que les personnages étaient suffisamment bien écrit pour qu’ils soient suffisamment bien interprétés.

La réalisation est une leçon de cinéma de la part de Tarantino qui déverse dans ce film tout les influences digérées du western spaghetti. Mention spéciale au premier acte qui rappelle bien évidemment Il était une fois dans l’Ouest. On retrouve toute la patte de Tarantino avec des plans improbables sur de la bouffe, des angles de caméras osés qui ont fait sa réputation, les incrustations de textes back from les 70’s, le découpage en petits épisodes et les incohérences flagrantes dans les raccords entre les plans (regardez le verre de lait, regardez la fille de l’aubergiste) mais c’est pas grave ! Le rythme est maîtrisé à la perfection dans la montée des climax jusqu’à l’arrivée des gerbes d’hémoglobine.

Le scénario est dégomme la grande Histoire pour notre plus grand plaisir, le scénario ne s’embarrasse pas spécialement de fouiller le passé et les motivations des personnages (il y aura des films spin-off pour ça), le scénario est truffé de phrases qui vont devenir aussi culte que la tirade d’Ezéchiel (‘on est dans la liquidation de nazis, les affaires sont en plein boom‘).

La bande son qui tue est désormais une marque de fabrique de la part de Tarantino, c’est encore le cas.

Evidemment, ça reste un Tarantino. Les gens adhèrent ou n’adhèrent pas. On n’y peut pas grand chose et cet article ne convaincra pas ceux qui n’aimaient pas et ceux qui aiment iront le voir par défaut. Donc…

Moi, j’ai adoré !