Articles Tagués ‘Vaisseau’

Kimi No Na Wa

Un film grandiose. C’est tout. Les amateurs de Makoto Shinkai seront ravis et peu surpris, tant pas la qualité que par les twists narratifs. Les autres se prendront juste une claque visuelle et narrative dans la tronche. Your Name. est désormais le plus gros succès mondial pour un film d’animation, détrônant Le Voyage de Chihiro, et c’est amplement mérité. S’il n’y a qu’un film que vous DEVEZ voir, c’est Kimi No Na Wa ! (en japonais, de préférence). Énorme coup de cœur !

8/5

Live By Night

Descendu par la critique et flop au box office, la dernière réalisation de Ben Affleck avait la lourde tâche de passer après des pépites comme The Town ou Argo. Force est de constater Live by Night n’a rien du génie de ses prédécesseurs mais cela ne mérite pas d’en faire une montagne. C’est sympatique et on passe un bon moment. Le scénario souffre de certaines lourdeurs (voix off, épilogue à n’en plus finir, retournements attendus une heure avant) mais pas plus que d’autres productions hollywoodiennes plus mises en avant. Le film est surtout assez symptomatique de ce qui se passe à Hollywood : personne en a rien à branler de ce « petit » film de gangster de Ben Affleck, tout le monde le veut en Batman ; félicitations, vous tuez la diversité et vous fatiguez l’acteur-scénariste-réalisateur-producteur qui, se murmure-t-on, voudrait quitter son rôle de chevalier noir au plus vite…

3.5/5

Justice League Dark

Preuve s’il en est que DC, c’est en anime et nulle part ailleurs. Justice League Dark est une production « grand luxe » qui en met vraiment plein la tronche dans les combats. On regrettera l’ajout un peu artificielle de la vraie Justice League pour aider les gens à raccrocher aux personnages moins connus. Personnellement, j’adore l’univers Magie de DC (Constantine, Zatanna, Swamp Thing…) et je suis vraiment ravi du traitement que ce film a reçu. Après une trilogie centrée sur Batman qui m’a gonflé à titre personnel, j’ai vraiment apprécié ce nouvel anime. On espère maintenant qu’il y en aura plus, voire même que la branche live des films donne enfin carte blanche à Guillermo Del Toro pour faire son Justice League Dark.

4.5/5

The Lucky One

Une rom-com bien calibrée pour les midinettes, avec du Zac Effron en mode bogoss et un trame qui se contente de mixer les poncifs, comme à peu près tous les Spark. J’ai bien aimé la fin qui dédouane complètement le héros de se taper la meuf avec un bon deus ex machina des familles…

2.5/5

Jack Reacher – Never Go Back

C’était d’un ennui ! Mais d’un ennui ! Et pourtant, j’avais apprécié le premier opus. C’est mou, catapulté et probablement pas le bon moment pour introduire sa fille (où comment les films sérialisés ne prennent plus le temps de penser ni en film, ni en série). Mention spéciale pour Tom « bouffi » Cruise que j’ai rarement vu aussi peu investi.

1.5/5

The Good Place – Saison 1

On va pas y aller par quatre chemins, la nouvelle série du papa de Parks & Recreations et Brooklyn Nine Nine est « FORKING AMAZING ». C’est drôle, intelligent, bien interprété, bien écrit, souvent avec un degré de lecture plus profond que la moyenne. Tout, absolument tout est génial ! C’est à voir d’urgence et un énorme coup de cœur !

5/5

Bleed For This

D’habitude, je suis assez bon public sur les films biographiques sportifs. Celui-ci est malheureusement assez mal écrit, manque réellement de rythme et de punch pour un film sur la boxe. On est à des années lumière d’un Rocky, Creed ou Southpaw. En plus, Miles Teller n’est pas spécialement un acteur que j’apprécie à titre personnel. Bref, j’ai pas aimé du tout. Allez plutôt voir les autres films mentionnés.

1.5/5

Hacksaw Ridge

D’habitude, j’aime pas les films de guerre, par extension du fait que j’aime pas particulièrement la guerre de façon générale. Mais là, le postulat de base historique réel m’a intéressé : un objecteur de conscience qui part à la guerre avec ses convictions, dont celle d’aller au front en tant qu’infirmier sans une seule arme. Et franchement, j’ai passé un agréable moment. Le film rappelle au passage que Mel Gibson n’est pas un manche derrière la caméra (les scènes au front sont réellement impressionnantes). Le seul gros point noir pour moi – historiquement justifié, mais sans doute trop appuyé – est l’inlassable rappelle de la religion catholique derrière le moindre fait et geste du protagoniste. Je le comprends, mais la façon peu finaude dont c’est mis en avant pourrait presque faire passer le film pour de la propagande chrétienne…

4/5

The Beat Beneath My Feet

Encore un film avec un jeune nerd qui trouve sa voix grâce à la musique (pun intended). On est loin du brio de Sing Street, très loin. Mais cela n’empêche pas le film d’avoir ses qualités et de faire un boulot propre sur les personnages. Mention spéciale à Luke Perry, dans un de ses meilleurs rôles (en même temps, c’est pas très compliqué). Après, on regretta le côté facile de certains passages qui ne sont au final que des clips musicaux insérés au milieu du film.

3/5

East Side Sushi

Encore un film dont j’en attendais rien et qui fut une agréable surprise. Une mère célibataire latino qui entre dans un restaurant japonais en aide de cuisine et décide de devenir maître sushi, dont qui va au devant des emmerdes en étant 1. une femme, 2. latino. Et le film évite de tomber dans le cliché ou le pathos, en montrant d’abord une femme volontaire, décidée et qui montre qu’elle n’est pas moins capable qu’un homme, au contraire. Quand on ne peut plus ouvrir Twitter sans être envahi de propos sur le féministe ou la place des femmes dans la société, East Side Sushi tient un propos cohérent et juste, sans le revendiquer.

4/5

Jiro’s Dreams of Sushi

Bon, c’est bien beau de voir un film où un cuisinier devient maître sushi en un an, mais qu’en est-il dans la vraie vie ? Ce documentaire vous plonge dans le quotidien du seul maitre sushi triplement étoilé au Michelin et montre une facette du Japon méconnu. C’est une excellente plongée dans l’état d’esprit japonais sur le travail et le devoir (à l’époque, Jiro Ono avait 85 ans et était toujours derrière son comptoir… il en a 91 aujourd’hui, il est probablement toujours derrière son comptoir à faire des sushis à 13 euros pièce…), sur le monde du sushi, la tradition et la cuisine. Au passage, il faut 10 ans pour devenir maitre sushi… Seul bémol, le manque d’historique sur les débuts de sa carrière et de son restaurant.

4/5

Passengers

On va pas se mentir, je me suis ennuyé. Il ressort de ce film une grande sensation de vide. Ca manque d’une touche d’originalité et n’est porté que par les noms sur l’affiche. Remplacez Chris Pratt par n’importe quel autre acteur limite un peu seconde zone, Jennifer Lawrence par une bimbo x ou y et vous avez un film de série B à moyen budget que personne n’aurait été voir en salle. Une grosse, grosse déception.

1.5/5

Fantastic Beasts and where to find them

Sans être un Potter-fan, j’avoue apprécié la saga de JK Rowling. Les adaptations ciné ne sont pas transcendantes comparées aux livres mais divertissent agréablement. C’est pareil pour ce spin-off que je découvrais avec l’oeil neuf du type qui n’a pas lu le livre. Donc, j’ai pu avoir quelques surprises auquel je ne m’attendais pas, tout comme j’ai pu voir les grosses ficelles de narration. J’ai aussi eu du mal avec certains personnages trop lisses (c’est dommage, c’était les roles-titres). Après, c’était cool de revenir dans l’univers d’Harry Potter, donc bon on passera sur les facilités…

3/5

Collateral Beauty

Le film de Noël de l’année dernière. Le mélo pour faire pleurer dans les chaumières. Sauf que les ficelles font 2 kilomètres de long. Will Smith continue son trip égo-paternaliste au point de tourner sa carrière en cliché. Encore une fois, il s’accapare le film (avec le tour de force d’avoir un minimum de lignes à dire) au détriment des autres acteurs qui n’ont pas des rôles moins intéressants. Dommage, dommage…

1.5/5

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Prometheus est un film réalisé par Ridley Scott, avec Charlize Theron (Young Adult), Michael Fassbenber (X-Men: Le commencement) et Noomi Rapace (Sherlock Holmes 2: A Shadow Game).

Un couple d’archéologues/anthropologues pensent détenir la clé de l’origine de l’humanité grâce à d’anciennes peintures rupestres et autres signes mystiques. Ils réussissent et un mec bourré de fric de leur monter une expédition aux confins de l’espace, vers la planète qui porterait nos supposés géniteurs. Bien sûr, comme le film est vendu comme les origines du film Alien, ça va mal se passer…

En allant voir un film au cinéma, je suis toujours ravi en sortant. C’est sûrement l’effet « j’ai donné un rein pour payer ma place de cinéma alors le film se devait d’être cool ». Les semaines passant, j’y repense et mon jugement change petit à petit, retourne au point d’équilibre objective et je peux me fendre d’une chronique qui ne soit pas biaisée. Ainsi, mon verdict sur Prometheus est :

Bah c’était pas terrible du tout… limite bien naze.

Et comme toujours, la seule raison au coeur d’un tel couperet tient en un seul mot : scénario. Le scénario est débile. Si en plus on ajoute des personnages crétins aux réactions idiotes, il ne reste plus grand chose pour rattraper le coup. Je pense que la plus belle preuve de ce que j’avance est : deux personnages décide de faire un groupe de 2 (ce qui est toujours, toujours, toujours débile) et se perdent. Ils arrivent à se perdre alors que :

  1. L’un des types est le responsable de la cartographie
  2. Ils sont en liaison permanente avec le vaisseau qui reçoit les données cartographiques, donc ils auraient pu demander leur chemin… … …

Et ce n’est qu’un exemple de décisions crétines qui seront prises constamment par les membres de l’équipage (mention spéciale au scientifique de service qui ne prend aucune précaution avant de pénétrer dans le tombeau alors qu’il me semblait clair depuis les premières explorations de pyramides égyptiennes qu’il fallait prendre son temps et envoyer d’abord les robots…). Les responsables de cette perle de script sont Ridley Scott himself, Damon Lindelof et Jon Spaihts. Comme quoi la présence du premier est fantoche, celle du second n’est définitivement pas un gage de qualité (Lost) et le troisième devrait bénéficier d’un accélérateur de carrière.

Bref, on n’ira pas voir Prometheus pour son écriture. On n’ira pas le voir non plus pour sa direction artistique fade et sans intérêt. N’est pas HR Giger qui veut !

On pourrait éventuellement aller voir Prometheus pour les performances de Charlize Theron et Noomi Rapace, plutôt crédible en dépit des caractérisations de leur personnage et leur manque de subtilité (oui, c’est toi que je regarde, le complexe d’Electre foireux !). Mais de toute façon, leurs prestations sont éclipsées par celle de Fassbenber, en androïde complexe. Il s’est inspiré de Blade Runner et de Rutger Hauer (la référence de base, donc) et le résultat se sent.

En parlant de Blade Runner, inutile de dire que le nouveau film en préparation avec Ridley Scott aux commandes me fait désormais particulièrement peur…

On pourrait aller voir Prometheus pour sa scène de césarienne un peu craspect mais sans réelle tension dramatique (et oui, on ne va pas faire claquer l’héroine à la moitié du film, hein). Mais comme après elle se met à courir le 200 mètres sprintés sans faire péter ses sutures, on ne peut que lever le sourcil et ajouter cette aberration à la longue liste de débilités d’un scénario pondu par trois types qui ont dû passer plus de temps à se toucher la nouille qu’à travailler sérieusement.

On pourrait aller voir Prometheus parce que sa bande annonce était plutôt bien foutue et rappelle dans l’inconscient cinématographique celle d’Alien, le 8ième passager mais ce serait faire la même erreur de jugement que moi…

On pourrait aller voir Prometheus comme moi, mais ce serait une perte d’argent. Limite, je me demande si on ne ferait pas mieux d’aller voir Promotheus: le commando stellaire

On pourrait aller voir Prometheus en se disant que c’est une allégorie à propos du mythe de Prométhée, de la façon dont il a volé le feu des dieux pour se retrouver en enfer, une espèce de deuxième degré de lecture sur le conflit et les interrogations de l’homme sur son créateur… Honnêtement, si ça avait été aussi intelligemment réfléchi que ça, j’aurais pas besoin de cracher sur tout le reste…

En conclusion, vous ferez mieux de ne pas aller voir Prometheus

Pour l’anecdote rigolote, la bande son avait sauté durant ma projection avant d’être remplacée par la musique d’ascenseur qui comble en attendant que la séance démarre. En pleine scène de tension, ça casse encore un peu plus le film…

Cowboys & Aliens est un film réalisé par Jon Favreau (Iron Man 1 et 2) d’après le comic-book éponyme, avec Daniel Craig (La Boussole d’Or), Olivia Wilde (Time Out), Harrison Ford (Indiana Jones 4, oui, j’ai honte mais je n’ai que ce film pour des rétro-liens) et Sam Rockwell (Moon).

Un type se réveille perdu dans le désert. Il est amnésique, il a un bracelet étrange au bras et visiblement c’est pas le genre de gars à quil il faut chercher des embrouilles. C’est ballot, parce que c’est justement le type qui s’attire les embrouilles en qualité de criminel notoire. C’est la raison pour laquelle l’amnésique est pourchassé par un vieux colonel bourru. De toute façon, amnésique ou pas, recherché ou pas, il va devenir le fer de lance d’une rébellion humaine contre des extraterrestres venus chercher de l’or sur terre… En soi, ça dérangerait pas grand monde, c’est juste qu’ils dissèquent aussi des humains, et ça, c’est moche !

Cowboys & Aliens, c’est un pitch improbable en soi. Un pitch comme je les aime ! Du western et des aliens, c’est cool ! Ça me rappelait Santiago dans le principe… même si ça n’a rien à voir. Là, on parle bien des vrais cowboys d’Amérique, pas de pistoleros futuristes, d’où le mélange des genres a priori sympa sur le papier.

Sauf que c’est un échec. N’y allons pas part quatre chemins : c’est un échec. Et les scores au box-office sont là pour appuyer mon propos. On n’est pas dans de la bouse absolue, mais la sauce ne prend carrément pas. La faute à qui ?

Déjà à Jon Favreau. J’avais trouvé sa mise en scène sur Iron Man 2 particulièrement peu inspirée, celle de son nouveau film est du même genre. On aura le droit à un tas de plans où on montre les personnages en position mystico-badass façon jaquette. A part ça, pas de moment d’éclat, pas de surprise, pas de réelle mise en valeur… de là à dire que la caméra à été posée dans un coin et qu’on fait passer les acteurs devant…

Ensuite, aux acteurs. Daniel Craig nous sort un faciès monolithique en béton armé. Harrison Ford, du fait de sa notoriété, a demandé un rôle plus grand (à part égale avec le héros, en fait), s’accapare de fait presque la vedette avec un personnage plus développé que la moyenne et casse donc complètement la dynamique du protagoniste. Il sort la carte du vieux grincheux (à peu près la même que dans Morning Glory) mais au moins, il la joue bien. Sam Rockwell n’est pas aidé par un rôle minimaliste mais sa présence est cool. Reste Olivia Wilde… Comment décrire au mieux son rôle… Potiche de service ? Et ne me sortez pas l’excuse de l’importance de son personnage pour le scénario, elle n’est clairement pas à la hauteur et se limite à une gageure esthétique tout au plus.

Car finalement, le point noir du film, c’est surtout son scénario sans âme. Je n’ai pas lu la bande dessinée, je ne peux donc pas comparer ou cracher sur le matériau original. Le personnage de Daniel Craig est fade au possible, pas vraiment badass et, il faut bien le dire, constipé. Son histoire n’intéresse personne. Les motivations des aliens sont aussi ridicules (des chercheurs d’or…) qu’ils sont moches. Les rebondissements sont limite sortis du chapeau (chapeau, cowboy… oui, je fais de l’humour pourrave si je veux). L’attaque finale d’un banal sans nom, sa résolution anti-climatique (ah oui, en fait, le héros sert à rien…). On était en droit d’attendre une espèce de truc complètement barré avec un mélange des codes et des genres entre la SF et le western, il n’en est absolument rien !

En fait, le vrai problème de ce film, c’est qu’il se prend carrément au sérieux quand l’idée de base lorgne du côté de la série B et son écriture du côté de la série Z. J’exagère à peine. On a beau avoir Damon Lindelof (Lost) à l’écriture le pèpère était loin d’être tout seul ! Et quand le scénario finit par être remanié successivement à 6 personnes différentes, il ne faut s’attendre à des miracles… On attendait un peu d’humour dans le tas. Bordel, c’est tout de même un film avec des cowboys qui vont se battre contre des aliens avec des pistolets lasers… ah non, même pas, même les aliens sont des glandus !

Ralala, ça m’énerve. Ecrire cette chronique est à l’image du film : une perte de temps. C’était nul. Voilà. C’est dit. Cowboys & Aliens est nul ! Personnages bidons et inintéressants, aliens bidons et nazes, scénario bidon et prévisible. Ce film est simplement une espèce de petit plaisir narcissique que s’est fait Favreau au détriment de tout le reste, à commencer par le plaisir du spectateur. Vous savez quoi ? Passez votre chemin. Si vous voulez un film avec des aliens et pitch improbable, allez plutôt chercher la galette de Attack The Block !

Mass Effect 3 est le dernier volume de la trilogie space-opera orchestrée par Bioware et EA.

Je pense avoir suffisamment fait étalage, depuis le temps que j’écris sur ce blog, du fait que j’adore Mass Effect. Je pense également avoir bien déversé ma bile sur le second opus. Au regard de la piètre qualité de l’histoire proposée dans Mass Effect 2, je dois avouer que c’était non sans une certaine appréhension que je voyais se pointer le dernier volume. Entre les effets d’annonce, le matraquage marketing et les premières vidéos, c’était avec fébrilité que j’installais le jeu, me demandant bien ce que j’allais pouvoir trouver de bien et de moins bien dans ce Mass Effect 3

Au final, que vaut le final de la série ? Et c’est parti pour une chronique sans concession ! Comme d’habitude, quoi…

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par les gros points noirs de ce troisième opus.

Déjà, le moteur graphique accuse un peu le poids des ans. Il y a un certain nombre de choses perfectibles, à commencer par les animations des personnages, les plans sur les visages pas toujours expressifs et la qualité des textures. Mais c’est du détail et si vous refusez de faire les Mass Effect sur ce seul argument, je ne peux pas grand-chose pour vous.

Niveau traduction, autant le dire de suite, c’est loin d’être brillant dans les textes français (encore de la sous-traitance qui n’avait que les textes source…). Quant aux voix, j’avouerais que j’ai commencé par mettre celles en VO (Martin Sheen, Freddie Prinze Jr, Seth Green, Tricia Helfer…) sans même passer la case FR.

On avait bien compris au regard de la direction générale du 2 que l’aspect RPG était devenu une espèce de blagounette, et les fans hard-core comme moi n’espéraient même plus avoir du RPG et de la customisation de personnage dignes de ce nom. Un effort a cependant été fait. On reste loin des options qu’on était en droit d’attendre pour son groupe. Un peu d’armure par-ci, un peu d’armes par là, rien d’exceptionnel. De là à dire que c’est ridicule et que cela ne sert à rien, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement ! Quant à la personnalisation de votre Commandant Shepard (ou des ses compagnons), on reste dans le minimum syndical… Bref, la série des Mass Effect n’est pas un vrai RPG et c’est bien dommage. Une fois qu’on s’est fait à cette idée, cela n’enlève rien au plaisir de jeu, c’est déjà ça.

Tant que je suis sur l’équipement, j’aimerais bien qu’on m’explique l’une des plus grosses aberrations qui m’ait été donnée de voir depuis des années dans le milieu ! Qu’on m’amène le (lead) game designer ou le combat game designer, puisqu’il semblerait désormais que les professionnels de la profession aient envie d’appuyer les différences et bien séparer les tâches chacun dans son coin. Chaque arme possède 5 mods pour personnaliser ses différents attributs (un vestige de ME1 et vague effort pour calmer la horde des puristes). Je joue, je joue, et je ne comprends pas l’utilité des mods. Jusqu’à ce que je réalise… Les bonus donnés par les mods aux attributs sont exprimés en % ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Un pourcentage de bonus indexé sur la valeur de l’attribut ! Pour les deux-trois du fond qui auraient besoin d’un exemple pratique, exemple ! J’ai deux armes et un mod. La première fait 10 en dégâts. La deuxième fait 50. Le mod donne un bonus de 20%. En l’installant sur la première, mon arme fait désormais 12 de dégâts… tandis que sur la deuxième, le mod la passe à 60 ! En gros vos armes qui ont déjà des bonnes caractéristiques ont encore de meilleures caractéristiques !  (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Et les armes pourries n’ont aucune chance de s’améliorer… Une débilité absolue qui rend obsolètes tout les mods ou presque du jeu !

Puisque le système RPG est bien naze, rabattons-nous sur le cœur du jeu : les combats. Alors il n’y a pas à dire, les combats sont cools, dynamiques, parfois stressants, parfois épiques… Sauf que, encore une fois, le combat game designer s’est fendu d’une nouvelle aberration pour le joueur PC. Il faut savoir qu’un clavier moyen comprend entre 116 et 128 touches suivant les configurations. Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi la touche espace sert à tout faire ? Espace permet à votre Commandant Shepard de : sprinter, se mettre à couvert, changer de couvert, sortir du couvert, ouvrir un objet, ramasser un objet ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Résultat : vous allez mourir un nombre inconsidérable de fois parce que, contextuellement, vous allez vous mettre à couvert quand vous vouliez ramasser un truc (ou fuir) ou bien sortir d’un couvert quand vous vouliez faire une roulade. Au bout d’un moment, ça m’a carrément pris la tête et j’ai décidé d’arrêter de jouer avec les couverts et d’essayer d’avoir un peu de stratégie ! Ma classe de vanguard bien bourrine m’autorisait à jouer uniquement en bourrin sans même m’occuper de mes co-équipiers qui servaient à peine de chair à canon. Alors c’était fun, mais avec une classe comme l’infiltrator, je n’imagine pas la galère.

Donc, je jouais en fonçant dans le tas, comptant sur le temps de rechargement de mes pouvoirs et de mes boucliers pour survivre et traverser les zones de conflits en long en large et en travers sans vergogne. Les combats étaient donc intenses comme je les aime, mais particulièrement expéditifs. Je me souviens d’une interview d’un type de Bioware qui disait « le mode Démentiel de Mass Effect 2, c’est le mode normal de ME3 ». Je me gausse. J’ai pas osé me mettre en démentiel directement pour m’autoriser une rejouabilité ultérieure, préférant celui juste en dessous (donc plus difficile que le normal) et la plupart du jeu – à deux combats près – était d’une facilité déconcertante pour peu que vous utilisiez intelligemment vos coéquipiers au bon moment. Je suis peut-être un vieux routard, mais la tendance bisounours du jeu vidéo en général se confirme !

En fait, la difficulté se situe à un autre niveau. Toujours dans la même interview, « si vous voulez avoir la meilleure fin, il va falloir faire du multiplayer ». What the duck ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) En gros, l’histoire nécessite de ralier des ressources de guerre ; en faisant du multi, vous augmentez ces ressources en plus de celles que vous récupéreriez en faisant les quêtes du jeu. Sauf que pour moi, le jeu vidéo, c’est comme un magazine Playboy, ça reste un plaisir solitaire ! Donc, j’ai absolument pas envie de faire du multi avec des inconnus. Je joue à Mass Effect pour être le commandant Shepard, pas le trouffion de base ! Moralité, si je veux avoir la meilleure des fins, il faut soi que je fasse du multi (ce que je ne ferai pas !) soit que j’ai pris tout au long de la trilogie toutes les meilleurs décisions pour que leurs conséquences dans Mass Effect 3 me soient favorables ! Ce qui revient à pondérer le libre-arbitre du joueur, à uniformiser ses décisions et à l’empêcher de jouer le personnage qu’il souhaite jouer ! Ce qui ne devrait pas être le but et n’était pas le but annoncé et affiché des ambitions de la trilogie Mass Effect !

On en arrive donc à la polémique qui fait rage actuellement sur la toile à propos de la fin de Mass Effect. Soyez sans crainte, je ne déflorerai pas la conclusion de l’histoire. Comme je n’ai pas fait de multi, je n’ai pas eu le droit à l’ultime conclusion (soit 3 secondes de cinématique en plus) mais vous savez quoi, je m’en fiche : j’ai eu la conclusion que je voulais avoir et qui correspondait exactement à la caractérisation que j’avais fait de mon protagoniste. J’ai refait le jeu pour voir une deuxième fin pour satisfaire ma curiosité. L’une et l’autre, en terme de conclusion narrative, me semblent très bonnes pour la série (en terme d’idées, pas d’exécution). Tout ceux qui se disent déçus par les fins « sinistres » ont du yaourt à la place de leur sens critique !

Mais, je dois bien avouer que les fins que j’ai vues sont décevantes, car elles manquent de souffle épique (si ce n’est la musique) et d’un véritable épilogue pour les personnages qui ont fait de Mass Effect la trilogie qu’elle est. On vous balance une cinématique limite générique ET avec des incohérences… Epic Fail !

Il faut également savoir que le choix de la fin (oui, parce qu’on vous répète que vos actions conditionnent votre conclusion, mais c’est faux !) dépend d’un bête choix à la Deus Ex Human Revolution. En d’autres termes, c’est bidon, absolument pas lié à la façon dont vous avez conduit votre trilogie et absolument pas satisfaisant en terme d’exécution et de mise en scène. Moi, j’ai joué un Shepard ultra renegade, ma fin aurait dû être conditionnée par ça, pas par un ultime choix qui se contrefout de toutes les ressources que j’ai pu amasser avec ou sans multi. Mon choix de romance aurait dû jouer sur la fin (‘tain, c’était si compliqué de faire un plan sur une Ashley enceinte en guise d’épilogue ?). Le choix des personnages que j’embarque dans l’assaut final aurait du jouer sur la fin (et là, il y avait moyen de gérer le taux de survie des PNJ avec votre taux de ressources de guerre…). Le temps que j’ai mis à faire le jeu aurait dû jouer sur la fin. Etc.

(Entre parenthèses, il est vraiment temps que je retourne dans le milieu du jeu vidéo pour produire des histoires sur lesquelles je serai intransigeant en qualité de scénariste !)

Oui, la fin de Mass Effect pue un peu, mais uniquement par fainéantise des développeurs, et pas au point de se lancer dans une grande pétition mondiale pour réclamer un changement radical de fin pour les bisounours de service ! Pour comparer, ça reviendrait à faire une pétition pour changer la fin de Titanic ou de Drive (je cite un film avec un mort et un film avec un pas mort, comme ça vous savez pas ce qui se passe dans ME3) parce que la fin ne remplit pas des espérances personnelles ! La bonne nouvelle, c’est que comme ça gueule assez fort et que les développeurs manqueront indubitablement 1. soit de couilles pour assumer leurs choix 2. soit de transparence, il y a fort à parier qu’on aura le droit à un DLC épilogue 1. bien consensuel pour satisfaire tout le monde ou 2. déjà réalisé mais non communiqué parce que c’est la mode de faire des faire des jeux en kits !

Bref, j’estime les deux fins que j’ai eu satisfaisantes mais trop minimalistes (et je peux vous assurer que, si j’avais été designer chez Bioware, j’aurais milité pour des fins moins foutage de gueule, sans aucun regard pour des coûts de production supplémentaires).

Le vrai problème de la série Mass Effect en terme d’écriture, c’est qu’il n’y a pas eu unique Lead Writer tout au long de la série pour s’assurer de la cohérence du tout, depuis le 1 jusqu’au 3. C’est un fait avérer que 1, 2 et 3 ont été écrits séparément les uns des autres, sans chercher à créer une unité narrative. En conséquence de quoi, ça sent parfois un peu le bricolage. Et nous avons très clairement l’impression de s’être fait enfumé dans le 2, car aucun des personnages qui furent nos compagnons n’auront l’opportunité de jouer un réel rôle dans le 3 aux côtés de Shepard. Des fois, c’est pour le mieux avec Mordin (assurément le meilleur arc de ce dernier opus), des fois pour le pire (Zaeed, au hasard).

J’ai évoqué les DLC. Celui avec la version collector permet de jouer avec un Prothéen… C’est un DLC très important pour l’univers de Mass Effect. En jeu, c’est complètement accessoire… Un paradoxe total, entre indispensable et inutile. Une chose qui aurait dû être dans le jeu de base (au moins l’explication des Prothéens, le personnage jouable, on s’en fout…)

Bon, j’ai pas mal craché sur Mass Effect 3, mais qu’on se ne méprenne pas, c’est un excellent jeu ! Car en dépit d’une fin très clairement en demi-teinte, tout le reste de la narration vous réserve de vrais moments épiques, de vrais moments de gloire, de doutes et de décisions parfois difficiles. Certains arcs narratifs sont absolument grandioses et font honneur à la série de bout en bout ! (Mordin… j’ai déjà dit, non ?) Les conséquences de vos actions précédentes ont une réelle importance dans la préparation à la guerre et l’assaut final contre les Moissonneurs.

Le travail sur les personnages est très satisfaisants, a fortiori sur Shepard, encore une fois propulsé sauveur de la galaxie. Et trois fois, ça commence à faire beaucoup. Shepard est fatigué. Presque au bout du rouleau, dommage que cela ne se ressente pas plus en jeu. Ses relations avec ses compagnons ont gagnés en intensité (évidemment, on ne jouera avec – ou presque – que les PNJ routards de la série), même le petit nouveau James Vega (uniquement présent dans ME3 pour justifier sa future présence dans la série d’animation dérivée de la série, hein). Il y a une véritable vie dans le vaisseau, avec les PNJ qui bougent, discutent entre eux…

Et les relations que vous allez nouer ou renouer avec des PNJ va être au cœur des montagnes russes émotionnelles que vous allez parcourir tout au long de cet opus. De plus, les scènes tragique ou poignantes ou clés sont supportés par la musique de Clint Mansell, ce qui finit parfois de vous achever !

Hormis la cinématique de fin, donc, la qualité narrative des différents segments de jeu est plutôt bien foutue, avec des transitions fluides entre séquences discussion et séquences d’action. Et puis, il faut avouer que régulièrement vous allez avoir des situations bien badass, totalement hallucinantes et incroyables à jouer. Et certains passages resteront des moments très forts de votre vie de gamers. Loin des niveaux copiés-collés des 1 et 2, le 3 offre des décors variés, avec un level design intéressants, des opportunités de jeu variées et une intelligence artificielle un peu agressive (contournements d’obstacles, jetés de grenades, variétés des comportements…)

Ce que j’ai toujours apprécié dans la série, c’est la possibilité d’effectuer sa propre caractérisation de Shepard sans pour autant en faire un pantin ridicule comme dans – au hasard – les Elder Scrolls. Mon Shepard était un pragmatique absolu, du genre à sacrifier une personne si ça en sauve 10 ou à coller des mandales au premier journaliste venu. Pourtant, cela ne l’empêche pas de considérer l’équipage du Normandy comme sa famille, et les écouter patiemment lui raconter leurs malheurs et les aider sans rien calculer d’autres que ses amis ont besoin d’aide. Le nouveau système de réputation vous permet de mieux explorer la propre psychologie que vous vous faîtes de votre Shepard sans forcément être totalement paragon ou totalement renegade pour débloquer les options de dialogues intéressantes (bon, je dis ça, mais le niveau de réputation a été réglé avec les pieds…)

Se retrouver ultime espoir de la galaxie, la Terre prise en otage, à faire de la politique et de la résistance, c’était une excellente façon de conclure la série. Alala, si seulement, Mac Walters – le Lead Writer sur le 3 – avait bien voulu pousser jusqu’au bout l’impact de cette guerre, la fatigue émotionnelle de Shepard et les choix du joueur jusqu’à leur paroxysme… On aurait eu un jeu totalement jouissif, titanesque et émotionnellement puissant.

Mass Effect est un univers que j’adore (d’ailleurs, j’ai même commandé l’ultime art-book, ce qui me fera encore une occasion de revenir vous parler de la série). Il est riche à tous niveaux et les aventures du Commandant Shepard ont marqué d’une pierre blanche ces dernières années. Est-ce que Mass Effect 3 est un bon jeu ? Indéniablement oui ! Est-ce une bonne conclusion à la trilogie ? Encore une fois, oui ! Est-ce la meilleure conclusion à la trilogie ? Malheureusement non… La faute aux scénaristes, qui a trop se concentrer sur du bricolage narratif d’épisode en épisode ont oublié qu’il s’agissait de la conclusion de la trilogie et qu’elle méritait rien de moins que du grandiose-tout-le-temps ! (Il manque pas grand-chose pourtant…)