Articles Tagués ‘Trilogie’

Turbo Kid

Stop ! Arrêtez tout ! Posez ce DVD ultra générique que vous alliez acheter (sûrement un truc avec des types en collants puisque c’est à la mode) et demandez au vendeur d’aller vous chercher celui de Turbo Kid ! Turbo Kid est probablement le film le plus cool que j’ai vu depuis des mois ! La musique synthwave déboite, l’univers rétro-futuriste est génial, les personnages sont attachants, les effets gores rigolos, le casting permet de revoir Michael Ironside et de découvrir une pétillante Laurence Lebœuf ! Je ne veux pas en dévoiler plus pour vous laisser la surprise de la découverte ! Combien de points d’exclamation dois-je mettre pour prouver que ce film est extraordinaire ?! Foncez, foncez, foncez !

5/5

Rurouni Kenshin – Meiji Inferno & The Legend Ends

Comme je disais le mois dernier, le premier film live sur la licence Rurouni Kenshin a trouvé son public en salle. Donc, une suite s’est rapidement mise en chantier. Et dans la tête d’un producteur, on s’intéresse avant tout aux billets verts donc « la suite » s’est aussitôt muée en trilogie. Une trilogie rushée (le premier opus est sorti en 2012, les suites en 2014) qui souffre du syndrome trilogie Matrix. Donc un épisode 2 sans fin conclusive et un épisode 3 vide. C’était long et ennuyeux, tout juste rattrapé par les combats qui arrivent ça et là. Mieux écrit, on aurait pu avoir un seul film potable, avec plein d’action. Bref, potentiel gâché sur un autel de billets, encore une fois…

1/5

Gate: jieitai kanochi nite, kaku tatakaeri

Une série anime qui propose un pitch un peu éculé : quelqu’un de notre monde se retrouve dans un univers de fantasy. Le gros point innovant reste de se placer à l’échelle d’un pays (le Japon) et de se focaliser sur l’aspect diplomatique de la découverte d’un nouveau monde. Beaucoup de critiques semblaient dire que le pro-militarisme était gavant mais pas tant que ça si on y réfléchit. Certes, des Japonais avec des fusils automatiques bousillent par paquet de douze des trouffions dont le summum de la technologie militaire est l’épée. Mais ce serait pareil dans un film américain. On regrettera que certains passages aient vite été expédiés, que la fin n’en est pas vraiment une (comme d’hab’ avec les séries animées) mais si vous aimez, rien ne vous empêchera de vous rabattre sur les manga. La galerie de personnages est intéressante (à part l’elfe, comme tous les elfes…) et présente des archétypes qu’on voit assez peu, comme la déesse de la guerre en lolita ou l’otaku fainéant comme héros (encore que, on est borderline cliché là). Un anime divertissant en somme. Profitez qu’on puisse trouver le premier épisode sur youtube…

4/5

You Again

Il m’avait tellement marqué qu’aux 3/4 du film, je me suis dit « Mais en fait, je l’ai déjà vu ! ». Donc voilà, ça en dit assez long sur l’intérêt du film et l’impact qu’il aura sur votre vie. Sa seule curiosité est de réunir Sigourney Weaver et Jamie Lee Curtis et de les opposer autour d’un prétexte adolescent un peu bidon. Avouez qu’on aurait préféré voir les stars de Alien et Halloween dans un film d’action badass plutôt que dans une comédie pleine de bons sentiments. Les amateurs de Kristen Bell trouveront également une raison supplémentaire de regarder. Les autres ont déjà un DVD de Turbo Kid à regarder.

2/5

Kokoro Connect

Deuxième série animée du mois. C’est le pitch de base qui m’a semblé intéressant : un groupe d’adolescents commence à changer de corps. En soi, c’est pas nouveau-nouveau comme concept surtout avec un couple qui ne peut pas se piffer pour finir ensemble à la fin. Du coup, oui, c’est un anime romantique. Mais la notion de groupe apporte un petit plus. Et surtout, le côté échange de corps ne dure quelques épisodes avant de passer à d’autres types de phénomènes et d’échanges. Ce qui est intéressant dans Kokoro Connect, au-delà de romances un peu clichés, c’est que les interactions entre ados finissent par poser des questions plus profondes sur la nature de l’homme : qu’est-ce que l’âme ? le corps est-il une composante de soi ? Ce genre de considérations que je ne m’attendais pas à trouver dans un anime vendu comme de la romance ados. On regrettera que l’anime reste évanescent sur l’origine des phénomènes. Avis aux amateurs qui n’aurait pas fait le tour du genre.

3.5/5

Pelé

Dire que j’en ai rien à battre du foot relève de l’euphémisme. Mais j’adore les biopics. Du coup, ma curiosité m’a poussé à regarder celui sur la légende vivante du ballon rond brésilien. Donc la bonne nouvelle, c’est que même si ce sport, la FIFA, les stades, les beaufs ou la grammaire approximative de Ribéry vous filent de l’urticaire, c’est que cela ne vous empêchera pas d’apprécier ce film, découvrir une facette du Brésil méconnue ainsi que l’ascension de celui que l’on nomme Pelé. C’était étrange de voir des Brésiliens parler anglais et non portugais mais je suppose qu’on ne peux pas tout avoir… Divertissant, bien calibré pour la gloire du sport et du pays de Pelé (et non à la gloire du personnage lui-même). Je ne suis pas assez calé pour juger de la véracité de l’histoire racontée mais ça fait le job pour les ignares comme moi.

3.5/5

Friday Night Lights

Avant d’être une série de 5 saisons de qualité, Friday Night Light était un film, toujours de Peter Berg. Le film reprend globalement la trame de la première saison, avec les mêmes personnages et parfois les mêmes acteurs. La grande force de FNL est non pas de proposer un classique film de sport, avec une équipe de losers, des discours enflammés dans les vestiaires, des moments de bravoure… Non, FNL est un film nettement plus profond et s’intéresse à ce que cela signifie de jouer au football dans un trou du Texas où l’on considère ce sport sur une religion. Fardeau, contrainte, libération, promesse… chacun porte une croix avec une chaîne reliée au ballon ovale. C’est touchant, dur, intéressant mais ne mérite pas le note parfaite à cause d’une caméra un peu gerbante. A choisir également, je penche plutôt pour la série.

4/5

The Trust

J’ai un nouveau théorème : « si Nicolas Cage porte une moustache, son film sera bon ». J’attendais pas grand chose de ce direct-to-DVD, avec un acteur qui accepte tous les rôles que son agent propose pour assurer son train de vie onéreux, même – surtout – si le film est pourri et tourné au fin fond de la Moldavie. Il se trouve que c’était bien, ce film de braquage peu conventionnel. Pas le film du siècle, mais il est porté un duo d’acteurs sympathique (Cage et Frodon) sur un scénario qui se permet d’être un peu plus profond qu’il n’y parait. En fait, c’est un des rares scénarios récents qui évite l’écueil facile de tout raconter pour laisser place à des expositions et explications tacites. Bref, je recommande.

4/5

Un Fauteuil pour Deux

C’était la séance vidéo-club du mois, avec un film que je n’avais pas vu depuis genre 20 ans après l’avoir loué dans mon ancien vidéo-club qui puait le tabac. Etrangement, le film n’a pas tant vieilli que ça et il est toujours agréable à regarder. J’avais complètement oublié que Jamie Lee Curtis était au casting, aux côtés de Dan Aykroyd et Eddie Murphy (qu’il est décidément difficile d’entendre autrement qu’en français…) Ca fleure bon la nostalgie et Hollywood n’a pas encore eu la brillante idée d’en refaire un remake avec gender-swap à la mode. On ne boudera pas son plaisir devant cette comédie culte des années 80.

4/5

The Big Short

J’ai dû m’y reprendre à trois fois avant de rentrer dedans. Et même une fois dedans, c’était chaud à suivre. Car même si Margot Robbie ou Selena Gomez expliquent des concepts financiers de haute volée en termes simplifiés, ça reste tout de même hyper compliqué à suivre ! Pourtant, c’est un film intéressant qui retrace le pourquoi du comment de la crise financière de 2008 (en gros, on sait que c’est la faute aux banques, mais c’est largement plus compliqué que ça). On regrettera que le film est américano-centré (en même temps, c’est de leur faute si on a eu tout ce caca). Le casting 4 étoiles est parfait, surtout Steve Carell dont le potentiel dramatique ne cessera jamais de me surprendre.

3/5

The Nice Guys

Stop ! Arrêtez tout ! Gardez votre DVD de Turbo Kid dans le panier, mais faîtes demi-tour et demandez au même vendeur de vous indiquer le chemin le plus court vert le DVD de The Nice Guys. C’est drôle, c’est fun, ça se prend pas au sérieux, c’est intelligemment mis en scène, la musique des 70’s est cool, les acteurs prennent visiblement leur pied. Au milieu de tous les films en copier-coller qu’on est en train de se taper soit parce que c’est des mecs en collants, soit parce que c’est des reboots, soit parce que c’est des suites, soit parce que c’est des remakes, autant dire que le duo Russel Crowe – Ryan Gosling souffle comme un vent de fraîcheur sur les collines d’Hollywood ! Coup de cœur !

5/5

Switch

Voici le premier film 100% norvégien que j’ai vu. Dans le cadre de mes cours, pour être précis. Donc sans sous-titres, même dans la langue locale. Autant dire que j’ai eu du mal à piger toute la subtilité des dialogues de ses films pour ados. Ceci étant dit, Switch est un plagiat à peine éhonté de Karate Kid ! Remplacez les arts martiaux par le snowboard et voilà. Je me demande combien de producteurs et scénaristes norvégiens ont sérieusement cru que ça se verrait pas… Je veux dire : tout y est, absolument tout. Le gamin qui déménage avec sa mère célibataire à l’autre bout du pays, le héros qui tombe amoureux d’une nana qui a déjà un mec qui se trouve être le rival du héros, le rival se fait larguer par la gonz’ parce qu’il a été méchant, les humiliations du rival, le mentor qui sert d’homme à tout faire, qui est également un exilé (d’Amérique), qui prend en pitié le héros pour lui apprendre les arcanes secrètes d’un sport, le tournoi, le héros blessé au tournoi, le mentor qui rasfistole le héros au tournoi, le héros qui gagne le tournoi et la nana, l’entraînement mystique qu’on croit qu’il veut rien dire au départ… Pomme+C, Pomme+V. Littéralement. Mais comme je doute que quelqu’un regardera un jour Switch, autant que je conseille de mater à nouveau l’excellent Karate Kid ! Ou Turbo Kid

1.5/5

Now You See Me 2

Le premier volet pourrait être considéré comme « sympathique ». Genre un 2.5/5 avec un casting intéressant et une idée peu exploitée avec des magiciens mais à des lieux de qu’est Le Prestige. Et comme le premier film a fait un score décent au box office US, les exécutifs se sont dit que ce serait orignal de faire une suite… Le résultat est d’un ennui profond, accumulant des scènes de m’as-tu-vu à rallonge (comme le vol de la carte…), des couches d’épaisseur ridicule sur des personnages dont on se fichait dans le premier (Mark Ruffalo…). Globalement, le film cachetonne sur le précédent et n’a aucun intérêt. D’ici à ce que ça tourne en trilogie, y’a pas loin…

1/5

Les Délices de Tokyo

Stop ! Arrêtez tout ! Un dernier DVD dans votre panier et on en a fini avec ce mois. Les japonais ont un art particulier de filmer la vie, tout en pudeur et en contemplation, sans renfort de surexposition, de blabla ou d’effets de manche. Un film magnifique, tout simplement ! Dernier coup de cœur du mois !

5/5

Deponia est un jeu de Daedalic Entertainement, disponible sur Steam ou via une galette Micro Application.

Deponia est une gigantesque décharge dans laquelle vit Rufus, un égocentrique monomaniaque qui veut à tout prix s’en échapper pour gagner Elysium, une ville paradisiaque dans le ciel. Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu…

Cela faisait bien des années que je n’avais pas fait un point & click ! Nourri aux Monkey Island et autres Discworld, j’ai un goût assez particulier pour ce genre de jeux et la plupart me semblent bien fades s’il n’y a pas d’humour ou d’énigmes débiles. C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai eu du mal à me mettre à Runaway ou aux Chevaliers de Baphomet. En effet, dans ses derniers, plus réalistes, il est facile de pester contre le manque de latitude offerte (combien de fois vous vous êtes retrouvé face à une énigme simple dans laquelle il aurait suffit que votre personnage monte sur une chaise ou lève les bras pour la résoudre de façon logique). Avec les univers ouvertement débiles, le cerveau change d’optique et est prêt à accepter que l’évidence requiert un poulet-poulie pour être accomplie…

Bref, Deponia est dans la veine des point & click old school avec des énignes tordues (qui nécessitent parfois une soluce par que, hein, fuck it, on a plus la patience de passer 3 heures à essayer toutes les combinaisons possibles), des dialogues et interactions travaillés, un anti-héros looser comme il le faut et de l’humour. Les amateurs seront en terrain connu et retrouveront vite leurs marques à ramasser tout et n’importe quoi parce que « forcément, ça aura une utilité ».

La réalisation tout en 2D est jolie, pas transcendante sur les animations mais si vous n’êtes pas un gros pinailleur, ça passe largement. Après n’espérez pas des effets de malades…

Le jeu souffre toutefois de quelques bugs qui, sans être gênants, induisent parfois en erreur sur la réelle utilisation d’un objet. Le doublage anglaise est – comme toujours – de qualité, les sous-titres français permettent de suivre mais peuvent là encore certaines fois induire en erreur. Les personnages ne sont tous pas spécialement attachants, cherchant parfois trop à coller sur les clichés inhérents à ce type de jeu, mais le couple principal est réussi (Toni aussi). Le jeu est très bien écrit et l’humour fait mouche. Il faut bien avouer que le caractère bien débile de Rufus fait régulièrement sourire (et comme toujours, le personnage principal et ses sarcasmes restent la raison majeure de se plonger dans ce genre de jeux).

Au milieu d’énigmes, vous aurez quelques fois des puzzles à résoudre. Hormis celui avec les aiguillages ou j’ai rien pigé, c’est toujours rafraîchissant de couper le rythme du jeu avec ce genre d’initiatives.

J’ai bien aimé Lotti, « la » secrétaire à droite…

Je ne fais pas assez de point & click pour réellement juger la durée de vie mais celui-ci m’a semblé bien court avec ses 7-8 heures. C’est d’autant plus frustrant que Deponia n’est en fait que la première partie d’une trilogie. La fin n’en est pas vraiment une et on reste très clairement sur sa fin. En fait, on n’a pas vraiment l’impression de réellement avancer dans une histoire mais plus d’accomplir des mini-missions immédiates dans un environnement réduits (on n’explore pas grand-chose et il y a beaucoup d’allers-retours assez pénibles à effectuer). Considérant la durée de vie et le manque d’effets waouh, je me dois de pousser un petit coup de gueule contre le prix de base du jeu à 19,99€ sur Steam. 8 heures  à 20 euros pour la première partie d’une trilogie, c’est tout de même abusé. J’ai moins ce ressenti pour l’avoir récupéré -90% durant les soldes mais ça m’a clairement refroidi pour acquérir la suite (à ce même prix). Pour le coup, il faut très clairement se tourner vers les alternatives physiques et Amazon pour acquérir Deponia ou la trilogie entière à un prix raisonnable.

Deponia est un petit point & click old school sympathique qui ravira les amateurs du genre, plus particulièrement ceux qui apprécient les titres de la trempe de Monkey Island et si tant est que vous pouvez le récupérer pour un prix abordable. Un jeu à faire, surtout pour Rufus ! Pour tous les autres… je dirais « meh, pourquoi pas ».

Divergente : Affiche

Je pourrais m’étaler sur cette affiche et sa manipulation du public, mais on n’a pas que ça à faire !

Divergent est un film de Neil Burger (Limitless) avec Shailene Woodley (The Spectacular Now), Kate Winslet (Titanic), Jai Courtney (Die Hard 5) et Theo James (Underworld : Awakening), d’après le roman éponyme de Veronica Roth.

Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente. Les Divergents sont des individus rares n’appartenant à aucun clan et sont traqués par le gouvernement. Dissimulant son secret, Tris intègre l’univers brutal des Audacieux dont l’entraînement est basé sur la maîtrise de nos peurs les plus intimes.

Comme vous le savez, j’aime rester au top de la vague hype de films pour midinettes. Twilight, Hunger Games et compagnie. Autant de livres que je ne lirai jamais mais dont les films pourraient me sauver la vie autour de la machine à café en charmante compagnie. Si tant est que je retrouve une machine à café et une charmante compagnie un jour… En plus, je bois du thé… Bref, la nouvelle vague s’intitule Divergent, c’est un roman qui se vend comme des petits pains (20 millions tout de même) et qui m’énerve parce que j’ai pas encore vendu 20 millions de Sol Sunburst moi ! J’ai vaguement lu le pitch du livre, ça m’a rappelé Hunger Games et Matrix, j’ai dit pourquoi pas.

En plus, c’est par le réalisateur de Limitless. Par contre, le scénariste c’est Evan Daugherty… qui pour mémoire nous a servi une bouse infâme : Blanche-Neige et le Chasseur ! Mais j’ai également noté au scénario la présence d’une régulière de Game of Thrones. Donc au final, avant de faire « Play », je m’attendais à l’équilibrage des forces et à voir un film moyen.

Divergente : Photo Shailene Woodley

Vous la sentez la tension sexuelle entre les deux ? Pas des audacieux comme prise de risques sur les romances..

Et c’était effectivement moyen. Même si, dans le principe, je comprends sa moyenne de 4/5 sur Allociné et que les livres soient un carton commercial. Divergent bénéficie selon moi de « l’effet Matrix » ! A partir de maintenant, je ne garantis plus que cet article ne spoile pas certaines parties de l’intrigue du film, voire du livre selon son degré de fidélité.

Mais qu’est-ce que « l’effet Matrix » ?

« L’effet Matrix », selon ma définition toute personnelle, est l’art et la manière de pomper suffisamment de références-clé au point que le produit final donne l’impression d’être totalement original. Et donc, si on regarde bien la composition de l’intrigue et de son univers, il sera facile de déceler ça et là des références appuyées à de gros succès cinématographiques et littéraires. En soi, je n’ai rien contre « L’effet Matrix », sauf quand ça se voit trop. Florilège des inspirations – volontaires ou non – relevables dans le film :

  • The Hunger Games
  • The Maze Runner
  • Matched
  • Unwind
  • Blood Red Road
  • Twillight
  • Matrix
  • Inception
  • 1984
  • Le Meilleur des Mondes
  • Harry Potter

Et j’en passe sûrement ! Mais comme je disais, c’est pas forcément dérangeant et le produit final était globalement agréable à regarder. S’il n’y avait pas ces moments où je suis sorti du film à cause d’un oeil trop détaché, trop peu investi ou alors trop peu conciliant…

  • Quand on nous présente les Audacieux, c’est une espèce de bande de Danny Zuko qui auraient été faire un stage chez les Yamakasi. Avec leur cuir noir et leur attitude « je saute d’un train en marche dans un univers où les stations et arrêts n’existent pas », je les ai tout de suite catalogué comme des branleurs trop cools pour être pris au sérieux… Mais bon, une héroïne qui serait aller planter des patates chez les Fraternels, ça l’aurait fait moyen niveau action…
  • (Je viens de parler de Danny Zuko, sachant pertinemment que le public de Divergent ne sait probablement pas qui il est…)

Divergente : Photo Shailene Woodley

Chez les Audacieux, on félicite les novices façon concert de rock… Quand je disais que c’est que des branleurs là-bas…

  • La compartimentation de la société, hormis son évident rappel à Hunger Games et au moins récent 1984, représente désormais – toujours de mon point de vue – une mise en situation de l’univers facile et peu originale. C’est sûrement pour ça que ça marche : au moins, tout le monde comprend les enjeux dès le départ.
  • La Divergence et le test. Okay, d’accord, c’est dangereux pour une société codifiée d’avoir un individu qui sort du rang, donc c’est normal qu’on le traque pour l’effacer. Soit. Mais s’ils sont si dangereux, pourquoi ne sont-ils pas exécutés au résultat du test ? C’est pas comme si le nombre de divergents était négligeable, dans le film, on en compte 3 dans une seule faction ! Pourquoi ces mêmes résultats ne sont-ils pas sauvegardés et analysés par les Erudits ou les Sincères ? Pire encore, pourquoi faire un test pour savoir dans quelle faction on serait le mieux si on nous laisse ensuite le choix de prendre la faction que l’on souhaite ? Dans une vraie société totalitaire dont le fondement même repose sur ce test, vous pouvez être sûrs que – moi auteur – j’aurais bétonné le système pour qu’il soit rigide et verrouillé. Ton résultat au test, c’est ta faction. Point barre. Et dans le cas des divergents, exécution directe. Après rien n’empêche un moniteur de test qui, par altruiste confondant, choisit de rentrer une faction au hasard pour sauver la vie du divergent, sans lui révéler sa nature profonde. Dans le cas qui nous intéresse – Tris, Altruiste – se retrouve chez les Audacieux non pas parce qu’elle le veut mais parce que Tori estime qu’elle échouera nécessairement aux tests des Audacieux, donc finira chez les sans faction, mais en vie. La crise identitaire du protagoniste se retrouve déplacée sur un autre système de valeur : non pas ce que je voudrais être, mais tout bêtement que suis-je réellement. Et ça ne change rien à la suite de l’histoire. Ce test inutile – sinon pour artificiellement révélé le potentiel de Tris – m’a ruiné une bonne partie du film parce que je n’adhérais plus à l’univers. Et quand ça arrive dans le premier acte, les deux et trois ressemblent plus à un CDLS qu’autre chose…
  • Ils sont où les vieux ? Je veux bien croire que chez les Audacieux, on meurt jeune de ses conneries acrobatiques, mais il n’empêche qu’il était perturbant de ne voir aucun plus de 25 ans dans leur quartier. Alors que soyons honnêtes, dans une faction militarisée, le sergent instructeur de service serait plutôt un baroudeur de 40 piges plutôt qu’un éphèbe – aussi doué soit-il – de 18 ans…
  • Mais comme c’est de la Young Adult, il faut bien placer de la romance hein ! Donc l’héroïne qui s’éprend du mystérieux Four, c’est mieux. En plus, l’héroïne est une grosse prude qui refuse le sexe sous-prétexte de « purity first », rappelant au passage Bella et l’influence chrétienne de l’auteur américaine qui préfère verser dans le consensuel à bonne valeur plutôt que de se cadrer sur la réalité adolescente normale. Loin de dire que la relation Four-Tris est artificielle, disons qu’elle n’est pas des plus intéressantes et qu’elle ne semble tenir que parce que Four est ténébreux et que Tris n’est pas à sa place chez les Audacieux. En même temps, par un heureux coup du hasard, les deux sont divergents. Quel chance !
  • Kate Winslet enceinte. C’est un point de détail, mais une fois que vous l’avez remarqué, vous êtes foutus et vous ne verrez plus que ça. L’actrice était enceinte, pas son personnage. De facto, tous les plans où elle apparaît sont cadrés au-dessus des épaules ou bien elle cache son ventre derrière une housse d’iPad géant…
  • Le frère de Tris. Lui aussi a fait le choix d’une faction qui n’était pas celle qui lui était destinée, le mettant chez les méchants de service. J’ai trouvé dommage sa rédemption expéditive : il aurait été plus amusant qu’il croit dur comme fer à l’éradication des Altruistes comme les autres et qu’une confrontation se fasse avec sa soeur. Là, bah il sert à rien. Il a ptête des plans pour Divergent 2, Divergent 3.1 et Divergent 3.2 (oui, parce que maintenant à Hollywood, on fait des adaptations de trilogies 4 volumes…)
  • Ce film file un sérieux coup de vieux. Bon, je ne veux pas me sentir trentenaire en complet décalage avec le reste du monde, je n’ai qu’à pas regardé des films markétés pour ados me direz-vous. Certes. Mais je dis ça surtout parce que dans ma tête les actrices sont restées les mêmes qu’à l’époque de leur sexitude : les années 90’s. Ca fait donc drôle de voir les Ashley Judd en mère d’adolescente, les Maggie Q presque ridée et les Kate Winslet en milf bien portante.

Divergente : Photo Maggie Q, Shailene Woodley

Mais ma chériiiie ! Ca va pas du tout la coiffure ! Avec ta morphologie en H, il faut tout repenser !

  • L’attaque finale. Les méchants Erudits ont décidé de faire un putsch sur les Altruistes ; pour cela ils font du Jedi mind trick avec une solution saline (ou l’équivalent) sur les Audacieux qui deviennent des marionnettes (sauf les divergents, parce que CDLS). Il est évident que dans les dernières minutes du film, Kate Winslet voulaient se faire un génocide en règle de toute façon, alors pourquoi (pourquoi !) les marionnettes n’ont pas commencé par tirer à vue sur tout ce qui n’était pas de leur clan une fois dans le quartier des Gris ? Hein, pourquoi ? Je veux, à par pour montrer qu’encore une fois les vilains sont idiots et pour laisser une chance aux gentils de s’en sortir… C’est pas comme si les Erudits n’était pas statisticiens, il y en a un bien 1 dans le lot qui aurait pu dire : « Et c’est pas plus simple de buter tout le monde à vue dans une bonne blitzkrieg des familles, histoire d’éviter à leur leader de se faire la malle avant même qu’on commence à tirer ? » Je dis ça, je dis rien.

Des interrogations parmi d’autres qui me faisaient régulièrement décroché du film et résument le laxisme de l’écriture. Au moins celle du script ; pour le livre, vous êtes libres de réagir dans les commentaires.

Comme je disais, Divergent n’est pas mauvais, c’est même un bon produit pour sa cible ! Et son succès n’est pas trop démérité pour peu que l’on fasse abstraction des points que j’ai soulevés. Les amateurs Young Adult littéraire trouveront là de quoi satisfaire leur faim s’il n’ont plus rien à lire. Au moins ça passe le temps d’une après-midi pluvieuse…

Quantum Leap est une série de Donald P. Bellisario (Magnum) avec Scott Bakula (Chuck) et Dean Stockwell (Battlestar Galactica).

Le Dr Sam Beckett est un brillant scientifique qui a mis au point le projet Quantum Leap, un mode de voyage dans le temps qui lui permet de sauter dans le corps d’autres personnes pour réparer les erreurs du passé.

Les années 90 étaient réellement du pain béni pour quelqu’un comme moi, né au début des années 80, nourri dès son plus jeune âge au Club Dorothée, aux séries d’animation japonaises piètrement doublées, aux dessins animés, à feu la 5, l’émergence de Canal + et j’en passe. En d’autres termes, je suis réellement un enfant de la télé. Un vrai, un pur, un dur, un tatoué. J’ai décroché peu à peu en quittant le foyer familial (en gros, l’époque où Loft Story était devenu le standard d’audience sur le créneau des séries – le fameux access prime time) pour complètement m’en être séparé au profit du service à la carte (comprendre DVD et autres moyens d’avoir des produits de qualité sans se farcir des doublages foireux, ou des pubs (inter)minables, ou pire des animateurs télé).

J’ai donc passé un nombre incalculable d’heures devant la télévision. Mais vraiment incalculable ! Et ça aurait pu être encore pire si j’avais décidé de pas écouter ma mère et de continuer de mater Olive et Tom à 19h plutôt que de faire mes devoirs. Les années 90, loin de l’hégémonie de Dorothée, c’était aussi l’âge d’or des séries. Bon, « âge d’or », c’est juste un terme de vieux con qui se rappelle la larme à l’œil combien la Trilogie du Samedi, le Mardi C’est Permis et la diffusion quotidienne de séries étaient des moments cultes et incontournables pour moi. Je ne dis pas que maintenant on ne sait plus faire de série (au contraire !) ou que toutes les séries de l’époque étaient géniales (parce qu’il y avait bien des bouses comme The Sentinel…), mais je dis que peu importe la série que je mate aujourd’hui, elle n’aura jamais la saveur d’une série de mon top 5 des années 90 !

  1. Code Quantum
  2. X-Files
  3. Buffy contre les Vampires
  4. Twin Peaks
  5. Le Caméléon

Plus ou moins dans cet ordre. Et encore, pour limiter les prises de tête sur le classement, je me suis limité aux 45 minutes.

Le cas d’X-Files est un peu particulier, puis que c’est la seule série susnommée que j’ai choisi sciemment de ne pas continuer de regarder (et grand bien m’en fit quand on regarde la qualité d’un show qu’on ne continue que pour la tune des annonceurs). Pour l’anecdote, je me suis arrêté  au double épisode où l’on apprend la (une) vérité sur la disparition de la sœur de Mulder. L’épisode se conclut avec un plan sur des trous, des « fantômes » en sortent, le tout sur une musique de Moby. Bref, pour moi, on avait résolu la quête de Mulder, aucune raison de continuer de show…

J’ai déjà fait étalage de tout le bien que je pensais de Buffy et de Josh Whedon, inutile dans rajouter une couche. En revanche, je n’ai jamais parlé de mon amour pour les trois autres. Enfin, si pour Twin Peaks ici et . Restent donc le Caméléon (dont je ne ferai jamais d’article) et le présent Quantum Leap.

Quel est le point commun entre Twin Peaks, le Caméléon et Code Quantum (et d’autres séries cultes comme Firefly) ? Toutes ont été fauchées par des décisions éditoriales, sacrifiées sur l’autel des parts de marché et jetées aux panthéons des séries qui n’auront jamais de réelles fins !

Je me souviens encore de la fois où j’ai vu en direct le dernier épisode sur M6… J’en avais pleuré ! Après, il y avait une série très pourrie qui s’appelait Raven et je devais faire mes devoirs…

Diffusée entre 89 et 93 sur NBC, Code Quantum est – pour moi – la plus culte des séries et la plus incomprise de sa génération. Audiences basses, sauvée par des fans en furie à la fin de la troisième saison, récompensée par des Golden Globes, elle finira tout de même la tête tranchée, dans un épisode absolument poignant à la fin de la saison 5. Pas vraiment en queue de poisson, mais carrément pas satisfaisante, la fin est ce qu’elle est. Une fin. Pourtant le concept était absolument génial : le voyage dans le temps ! Pas à la Doctor Who, mais avec des restrictions et une base scénaristique qui tenaient suffisamment la route pour rester crédibles tout en apportant une tension à chaque épisode.

Au regard des audiences peu satisfaisantes, le créateur s’est vu obligé de revoir très légèrement sa copie à pour les saisons 4 et 5 en incorporant beaucoup de références à des célébrités pour garder à flots l’intérêt des spectateurs qui regardaient le show plus en dilettante qu’en réel fan. Marilyn Monroe, Stephen, Michael Jackson, Lee Harvey Oswald et j’en passe. Ça n’empêchera pas la série de mourir en dépit d’une saison 6 prévue…

C’est l’heure du point spoiler sur la fin de Code Quantum, telle qu’elle aurait dû être pour rester sur un cliffhanger pour embrayer sur la 6. C’est aussi l’occasion de vous la péter au bord de la machine à café. Après que Sam ait réparé son « erreur », nous aurions eu le droit d’apprécier les répercussions sur la vie d’Al (pour le coup, je spoile pas cette partie). Mais encore une fois, Sam serait perdu dans le temps. Al, voulant sauver son meilleur ami, sauterait de plein gré dans le quantum leap accelerator et se retrouverait le 8 aout 1953 où il rencontrerait le barman et aurait une discussion avec lui. Al apprendrait donc que Sam est parti dans le futur (!), hors de sa propre continuité (et des restrictions de la série) et que les 5 saisons d’avant, c’était la partie facile de son voyage ! Pour sauver son ami, Al demande au barman de le faire sauter dans le futur, avec Sam : Al serait donc devenu – temporairement ou pas – lui aussi un leaper et non plus un hologramme !

100% véridique. Ça vous la coupe hein ? Moi, ça me rend triste, et j’attends en vain que Bellisario remette à flots sa série (tout comme j’attends la suite de Twin Peaks !) dans une suite ou un reboot… Il y avait des rumeurs en 2009…

Autres anecdotes pour faire pleurer le fan : il y avait aussi dans les cartons des épisodes dans la peau de Kennedy, en full dessins animés et un cross-over avec Magnum himself !

Pourquoi Code Quantum n’a pas réussi à attirer le grand public ? Le but de Sam est de rentrer chez lui. Sauf qu’il ne contrôle rien. Donc le public n’avait aucune raison de s’intéresser à la série sur la continuité, et regardait uniquement pour les épisodes pour ce qu’ils étaient: des one-shots. Il manque à la série des grands arcs par saison, avec une thématique et des répercussions d’épisodes en épisodes. A la manière d’X-Files en fait, une fois de temps en temps, on fait avancer le schmilblick (façon 1 pas en avant, 3 pas en arrière, hein) et le public se sent concerné de façon plus intime. De temps en temps, faire revenir Sam dans des corps qu’il a possédé pour voir l’évolution (ou des répercussions) de la situation, faire de épisodes encore plus liés au passé de Sam ou Al, faire des séries d’épisodes qui s’étalent dans la saison pour dénouer un gros nœud historique, introduire un antagoniste… Tout cela aurait pu grandement aider… La saison 5 le fait, mais c’était déjà mettre un pansement sur une jambe de bois… Le Caméléon n’avait pas le même problème, mais lui s’est embourbé dans l’effet inverse : trop de fluff tue le fluff.

Quantum Leap, c’est aussi l’occasion de revoir tout un tas d’acteurs issu des autres séries de l’époque (Twin Peaks, encore une fois) ou de voir des têtes encore peu connues : Jennifer Aniston, Brooke Shields, Joseph Gordon-Lewitt, Teri Hatcher, Jason Prestley, Tia Carrere ou encore Neil Patrick Harris.

J’adore Quantum Leap. Je vénère Quantum Leap. Si vous avez bon goût, vous faites de même. Sinon, je dois être diablement intéressant à lire pour que vous soyez rendus à lire ces lignes. Tout les épisodes ne sont pas de qualité, mais globalement la série l’est. Quantum Leap est définitivement quelque chose qui a marqué mon adolescence et mes goûts ! C’est même tellement inscrit dans mon code télé-génétique qu’il m’a fallu du temps pour me rendre compte que mon livre en cours d’écriture – Lithium Breed – est en fait très inspiré de mes souvenirs Code Quantum et l’affection de que je porte à cette série !

Mass Effect 3 est le dernier volume de la trilogie space-opera orchestrée par Bioware et EA.

Je pense avoir suffisamment fait étalage, depuis le temps que j’écris sur ce blog, du fait que j’adore Mass Effect. Je pense également avoir bien déversé ma bile sur le second opus. Au regard de la piètre qualité de l’histoire proposée dans Mass Effect 2, je dois avouer que c’était non sans une certaine appréhension que je voyais se pointer le dernier volume. Entre les effets d’annonce, le matraquage marketing et les premières vidéos, c’était avec fébrilité que j’installais le jeu, me demandant bien ce que j’allais pouvoir trouver de bien et de moins bien dans ce Mass Effect 3

Au final, que vaut le final de la série ? Et c’est parti pour une chronique sans concession ! Comme d’habitude, quoi…

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par les gros points noirs de ce troisième opus.

Déjà, le moteur graphique accuse un peu le poids des ans. Il y a un certain nombre de choses perfectibles, à commencer par les animations des personnages, les plans sur les visages pas toujours expressifs et la qualité des textures. Mais c’est du détail et si vous refusez de faire les Mass Effect sur ce seul argument, je ne peux pas grand-chose pour vous.

Niveau traduction, autant le dire de suite, c’est loin d’être brillant dans les textes français (encore de la sous-traitance qui n’avait que les textes source…). Quant aux voix, j’avouerais que j’ai commencé par mettre celles en VO (Martin Sheen, Freddie Prinze Jr, Seth Green, Tricia Helfer…) sans même passer la case FR.

On avait bien compris au regard de la direction générale du 2 que l’aspect RPG était devenu une espèce de blagounette, et les fans hard-core comme moi n’espéraient même plus avoir du RPG et de la customisation de personnage dignes de ce nom. Un effort a cependant été fait. On reste loin des options qu’on était en droit d’attendre pour son groupe. Un peu d’armure par-ci, un peu d’armes par là, rien d’exceptionnel. De là à dire que c’est ridicule et que cela ne sert à rien, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement ! Quant à la personnalisation de votre Commandant Shepard (ou des ses compagnons), on reste dans le minimum syndical… Bref, la série des Mass Effect n’est pas un vrai RPG et c’est bien dommage. Une fois qu’on s’est fait à cette idée, cela n’enlève rien au plaisir de jeu, c’est déjà ça.

Tant que je suis sur l’équipement, j’aimerais bien qu’on m’explique l’une des plus grosses aberrations qui m’ait été donnée de voir depuis des années dans le milieu ! Qu’on m’amène le (lead) game designer ou le combat game designer, puisqu’il semblerait désormais que les professionnels de la profession aient envie d’appuyer les différences et bien séparer les tâches chacun dans son coin. Chaque arme possède 5 mods pour personnaliser ses différents attributs (un vestige de ME1 et vague effort pour calmer la horde des puristes). Je joue, je joue, et je ne comprends pas l’utilité des mods. Jusqu’à ce que je réalise… Les bonus donnés par les mods aux attributs sont exprimés en % ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Un pourcentage de bonus indexé sur la valeur de l’attribut ! Pour les deux-trois du fond qui auraient besoin d’un exemple pratique, exemple ! J’ai deux armes et un mod. La première fait 10 en dégâts. La deuxième fait 50. Le mod donne un bonus de 20%. En l’installant sur la première, mon arme fait désormais 12 de dégâts… tandis que sur la deuxième, le mod la passe à 60 ! En gros vos armes qui ont déjà des bonnes caractéristiques ont encore de meilleures caractéristiques !  (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Et les armes pourries n’ont aucune chance de s’améliorer… Une débilité absolue qui rend obsolètes tout les mods ou presque du jeu !

Puisque le système RPG est bien naze, rabattons-nous sur le cœur du jeu : les combats. Alors il n’y a pas à dire, les combats sont cools, dynamiques, parfois stressants, parfois épiques… Sauf que, encore une fois, le combat game designer s’est fendu d’une nouvelle aberration pour le joueur PC. Il faut savoir qu’un clavier moyen comprend entre 116 et 128 touches suivant les configurations. Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi la touche espace sert à tout faire ? Espace permet à votre Commandant Shepard de : sprinter, se mettre à couvert, changer de couvert, sortir du couvert, ouvrir un objet, ramasser un objet ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Résultat : vous allez mourir un nombre inconsidérable de fois parce que, contextuellement, vous allez vous mettre à couvert quand vous vouliez ramasser un truc (ou fuir) ou bien sortir d’un couvert quand vous vouliez faire une roulade. Au bout d’un moment, ça m’a carrément pris la tête et j’ai décidé d’arrêter de jouer avec les couverts et d’essayer d’avoir un peu de stratégie ! Ma classe de vanguard bien bourrine m’autorisait à jouer uniquement en bourrin sans même m’occuper de mes co-équipiers qui servaient à peine de chair à canon. Alors c’était fun, mais avec une classe comme l’infiltrator, je n’imagine pas la galère.

Donc, je jouais en fonçant dans le tas, comptant sur le temps de rechargement de mes pouvoirs et de mes boucliers pour survivre et traverser les zones de conflits en long en large et en travers sans vergogne. Les combats étaient donc intenses comme je les aime, mais particulièrement expéditifs. Je me souviens d’une interview d’un type de Bioware qui disait « le mode Démentiel de Mass Effect 2, c’est le mode normal de ME3 ». Je me gausse. J’ai pas osé me mettre en démentiel directement pour m’autoriser une rejouabilité ultérieure, préférant celui juste en dessous (donc plus difficile que le normal) et la plupart du jeu – à deux combats près – était d’une facilité déconcertante pour peu que vous utilisiez intelligemment vos coéquipiers au bon moment. Je suis peut-être un vieux routard, mais la tendance bisounours du jeu vidéo en général se confirme !

En fait, la difficulté se situe à un autre niveau. Toujours dans la même interview, « si vous voulez avoir la meilleure fin, il va falloir faire du multiplayer ». What the duck ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) En gros, l’histoire nécessite de ralier des ressources de guerre ; en faisant du multi, vous augmentez ces ressources en plus de celles que vous récupéreriez en faisant les quêtes du jeu. Sauf que pour moi, le jeu vidéo, c’est comme un magazine Playboy, ça reste un plaisir solitaire ! Donc, j’ai absolument pas envie de faire du multi avec des inconnus. Je joue à Mass Effect pour être le commandant Shepard, pas le trouffion de base ! Moralité, si je veux avoir la meilleure des fins, il faut soi que je fasse du multi (ce que je ne ferai pas !) soit que j’ai pris tout au long de la trilogie toutes les meilleurs décisions pour que leurs conséquences dans Mass Effect 3 me soient favorables ! Ce qui revient à pondérer le libre-arbitre du joueur, à uniformiser ses décisions et à l’empêcher de jouer le personnage qu’il souhaite jouer ! Ce qui ne devrait pas être le but et n’était pas le but annoncé et affiché des ambitions de la trilogie Mass Effect !

On en arrive donc à la polémique qui fait rage actuellement sur la toile à propos de la fin de Mass Effect. Soyez sans crainte, je ne déflorerai pas la conclusion de l’histoire. Comme je n’ai pas fait de multi, je n’ai pas eu le droit à l’ultime conclusion (soit 3 secondes de cinématique en plus) mais vous savez quoi, je m’en fiche : j’ai eu la conclusion que je voulais avoir et qui correspondait exactement à la caractérisation que j’avais fait de mon protagoniste. J’ai refait le jeu pour voir une deuxième fin pour satisfaire ma curiosité. L’une et l’autre, en terme de conclusion narrative, me semblent très bonnes pour la série (en terme d’idées, pas d’exécution). Tout ceux qui se disent déçus par les fins « sinistres » ont du yaourt à la place de leur sens critique !

Mais, je dois bien avouer que les fins que j’ai vues sont décevantes, car elles manquent de souffle épique (si ce n’est la musique) et d’un véritable épilogue pour les personnages qui ont fait de Mass Effect la trilogie qu’elle est. On vous balance une cinématique limite générique ET avec des incohérences… Epic Fail !

Il faut également savoir que le choix de la fin (oui, parce qu’on vous répète que vos actions conditionnent votre conclusion, mais c’est faux !) dépend d’un bête choix à la Deus Ex Human Revolution. En d’autres termes, c’est bidon, absolument pas lié à la façon dont vous avez conduit votre trilogie et absolument pas satisfaisant en terme d’exécution et de mise en scène. Moi, j’ai joué un Shepard ultra renegade, ma fin aurait dû être conditionnée par ça, pas par un ultime choix qui se contrefout de toutes les ressources que j’ai pu amasser avec ou sans multi. Mon choix de romance aurait dû jouer sur la fin (‘tain, c’était si compliqué de faire un plan sur une Ashley enceinte en guise d’épilogue ?). Le choix des personnages que j’embarque dans l’assaut final aurait du jouer sur la fin (et là, il y avait moyen de gérer le taux de survie des PNJ avec votre taux de ressources de guerre…). Le temps que j’ai mis à faire le jeu aurait dû jouer sur la fin. Etc.

(Entre parenthèses, il est vraiment temps que je retourne dans le milieu du jeu vidéo pour produire des histoires sur lesquelles je serai intransigeant en qualité de scénariste !)

Oui, la fin de Mass Effect pue un peu, mais uniquement par fainéantise des développeurs, et pas au point de se lancer dans une grande pétition mondiale pour réclamer un changement radical de fin pour les bisounours de service ! Pour comparer, ça reviendrait à faire une pétition pour changer la fin de Titanic ou de Drive (je cite un film avec un mort et un film avec un pas mort, comme ça vous savez pas ce qui se passe dans ME3) parce que la fin ne remplit pas des espérances personnelles ! La bonne nouvelle, c’est que comme ça gueule assez fort et que les développeurs manqueront indubitablement 1. soit de couilles pour assumer leurs choix 2. soit de transparence, il y a fort à parier qu’on aura le droit à un DLC épilogue 1. bien consensuel pour satisfaire tout le monde ou 2. déjà réalisé mais non communiqué parce que c’est la mode de faire des faire des jeux en kits !

Bref, j’estime les deux fins que j’ai eu satisfaisantes mais trop minimalistes (et je peux vous assurer que, si j’avais été designer chez Bioware, j’aurais milité pour des fins moins foutage de gueule, sans aucun regard pour des coûts de production supplémentaires).

Le vrai problème de la série Mass Effect en terme d’écriture, c’est qu’il n’y a pas eu unique Lead Writer tout au long de la série pour s’assurer de la cohérence du tout, depuis le 1 jusqu’au 3. C’est un fait avérer que 1, 2 et 3 ont été écrits séparément les uns des autres, sans chercher à créer une unité narrative. En conséquence de quoi, ça sent parfois un peu le bricolage. Et nous avons très clairement l’impression de s’être fait enfumé dans le 2, car aucun des personnages qui furent nos compagnons n’auront l’opportunité de jouer un réel rôle dans le 3 aux côtés de Shepard. Des fois, c’est pour le mieux avec Mordin (assurément le meilleur arc de ce dernier opus), des fois pour le pire (Zaeed, au hasard).

J’ai évoqué les DLC. Celui avec la version collector permet de jouer avec un Prothéen… C’est un DLC très important pour l’univers de Mass Effect. En jeu, c’est complètement accessoire… Un paradoxe total, entre indispensable et inutile. Une chose qui aurait dû être dans le jeu de base (au moins l’explication des Prothéens, le personnage jouable, on s’en fout…)

Bon, j’ai pas mal craché sur Mass Effect 3, mais qu’on se ne méprenne pas, c’est un excellent jeu ! Car en dépit d’une fin très clairement en demi-teinte, tout le reste de la narration vous réserve de vrais moments épiques, de vrais moments de gloire, de doutes et de décisions parfois difficiles. Certains arcs narratifs sont absolument grandioses et font honneur à la série de bout en bout ! (Mordin… j’ai déjà dit, non ?) Les conséquences de vos actions précédentes ont une réelle importance dans la préparation à la guerre et l’assaut final contre les Moissonneurs.

Le travail sur les personnages est très satisfaisants, a fortiori sur Shepard, encore une fois propulsé sauveur de la galaxie. Et trois fois, ça commence à faire beaucoup. Shepard est fatigué. Presque au bout du rouleau, dommage que cela ne se ressente pas plus en jeu. Ses relations avec ses compagnons ont gagnés en intensité (évidemment, on ne jouera avec – ou presque – que les PNJ routards de la série), même le petit nouveau James Vega (uniquement présent dans ME3 pour justifier sa future présence dans la série d’animation dérivée de la série, hein). Il y a une véritable vie dans le vaisseau, avec les PNJ qui bougent, discutent entre eux…

Et les relations que vous allez nouer ou renouer avec des PNJ va être au cœur des montagnes russes émotionnelles que vous allez parcourir tout au long de cet opus. De plus, les scènes tragique ou poignantes ou clés sont supportés par la musique de Clint Mansell, ce qui finit parfois de vous achever !

Hormis la cinématique de fin, donc, la qualité narrative des différents segments de jeu est plutôt bien foutue, avec des transitions fluides entre séquences discussion et séquences d’action. Et puis, il faut avouer que régulièrement vous allez avoir des situations bien badass, totalement hallucinantes et incroyables à jouer. Et certains passages resteront des moments très forts de votre vie de gamers. Loin des niveaux copiés-collés des 1 et 2, le 3 offre des décors variés, avec un level design intéressants, des opportunités de jeu variées et une intelligence artificielle un peu agressive (contournements d’obstacles, jetés de grenades, variétés des comportements…)

Ce que j’ai toujours apprécié dans la série, c’est la possibilité d’effectuer sa propre caractérisation de Shepard sans pour autant en faire un pantin ridicule comme dans – au hasard – les Elder Scrolls. Mon Shepard était un pragmatique absolu, du genre à sacrifier une personne si ça en sauve 10 ou à coller des mandales au premier journaliste venu. Pourtant, cela ne l’empêche pas de considérer l’équipage du Normandy comme sa famille, et les écouter patiemment lui raconter leurs malheurs et les aider sans rien calculer d’autres que ses amis ont besoin d’aide. Le nouveau système de réputation vous permet de mieux explorer la propre psychologie que vous vous faîtes de votre Shepard sans forcément être totalement paragon ou totalement renegade pour débloquer les options de dialogues intéressantes (bon, je dis ça, mais le niveau de réputation a été réglé avec les pieds…)

Se retrouver ultime espoir de la galaxie, la Terre prise en otage, à faire de la politique et de la résistance, c’était une excellente façon de conclure la série. Alala, si seulement, Mac Walters – le Lead Writer sur le 3 – avait bien voulu pousser jusqu’au bout l’impact de cette guerre, la fatigue émotionnelle de Shepard et les choix du joueur jusqu’à leur paroxysme… On aurait eu un jeu totalement jouissif, titanesque et émotionnellement puissant.

Mass Effect est un univers que j’adore (d’ailleurs, j’ai même commandé l’ultime art-book, ce qui me fera encore une occasion de revenir vous parler de la série). Il est riche à tous niveaux et les aventures du Commandant Shepard ont marqué d’une pierre blanche ces dernières années. Est-ce que Mass Effect 3 est un bon jeu ? Indéniablement oui ! Est-ce une bonne conclusion à la trilogie ? Encore une fois, oui ! Est-ce la meilleure conclusion à la trilogie ? Malheureusement non… La faute aux scénaristes, qui a trop se concentrer sur du bricolage narratif d’épisode en épisode ont oublié qu’il s’agissait de la conclusion de la trilogie et qu’elle méritait rien de moins que du grandiose-tout-le-temps ! (Il manque pas grand-chose pourtant…)