Articles Tagués ‘Star Wars’

D’habitude, je fais plutôt un article par film marquant. Soit parce qu’il est très bon, soit parce qu’il est très mauvais. Comme je vois beaucoup de choses et que je n’ai pas forcément le temps de faire de chroniques pour tout, je vais faire des mini-appréciations cette fois. Au pire, il y aura un film que vous ne connaîtrez pas dans le tas et qui attisera votre curiosité. Je ne sais pas ce que je ferai le mois prochain, à vous de me dire si vous souhaitez avoir l’avis succinct sur plein de films ou l’avis détaillé sur un seul film.

Pitch Perfect

Je n’aime pas les comédies musicales (exception faite de Grease) mais j’apprécie les films à base musicale (genre les biopics façon Runaways ou les trucs un peu débiles comme Rock Academy). Mais Pitch Perfect, j’étais clairement pas dans la cible (c’est un peu beaucoup markété « pour les filles »). Du coup, c’est un peu par hasard que je suis tombé dessus et que j’ai maté. C’était nettement moins pire ce que je pensais, c’était même assez rigolo en définitif avec deux-trois passages un peu trashouille et une construction de film ultra-classique qui n’est pas sans rappeler les films de sport où une équipe de minables finit première d’un tournoi. Ca fait le boulot sans sortir des clous, on en demande pas plus.

4/5

Pitch Perfect 2

Du coup, la suite. Globalement du même accabit.

3/5

When Marnie Was Here

J’apprécie toujours un Ghibli quand il me tombe sous la main. Je ne vais pas spécialement les chercher ceci dit. Au delà d’une maîtrise technique toujours au top, le film souffre de certaines longueurs et de rebondissements étranges façon TGCM. Pas mon préféré, mais au moins, je l’ai rayé de ma liste.

2.5/5

The Hunger Games 3, partie 2

Conclusion d’une série trop longue avec un film trop long tirant sur une corde déjà bien usée. Ce fut un calvaire sans fin, plus encore si on se rappelle de la partie 1 (pour ceux qui le peuvent, perso, j’avais déjà occulté ces deux heures et quelques de ma vie). La plupart souffriront ce dernier épisode pour boucler la boucle commencée avec un premier opus qui tenait globalement la route. Les autres sont cordialement invités à passer leur chemin ou à mater Battle Royale à la place.

0.1/5

Cloverfield

J’avoue, j’ai seulement maté parce que la presse s’est montrée enthousiaste devant le mystérieux 10 Cloverfield Lane et que celui-ci est supposé faire partie d’un univers partagé ou un truc du genre. C’était sympa. Pas dingo. Mais sympa. Plus vraiment à la mode puisque le film-footage est « so 2010 » et pas vraiment mon genre préféré non plus. Ca se regarde comme un film pop-corn et ne cherchez pas plus loin.

3/5

Mr Baseball

J’ai revu the Ramen Girl. Pas parce que j’apprécie le film, mais parce que je voulais une petite dose de Tokyo. Et puis c’était ça ou Fast & Furious 3… Et puis, ça m’a rappelé que je n’avais pas encore vu Mr Baseball, un peu sur le même concept du gaijin perdu au Japon. Et puis, j’adore les films sur le baseball (n’ayant pas ce sport en France, il m’apparait un peu exotique) ou le sport en général. Le film souffre un peu de son âge, de personnages caricaturaux, d’un manque de souffle sportif épique, mais ça détend. A ne recommander que si vous vous sentez l’âme d’un complétionniste sur les films de baseball ou de Tom Selleck.

2.5/5

Creed

Comme j’étais dans un run film sportif, j’ai décidé d’enchaîné avec Creed. Ou le retour en grâce de Stallone après des Expendables catastrophiques. C’était une agréable surprise, bien mise en scène et qui va lancer une nouvelle série de film sur la boxe pour succéder à Rocky. On n’est plus dans le même contexte social, mais c’est suffisamment bien foutu pour qu’on s’y intéresse.

4/5

Southpaw

Voir Creed m’a rappelé que je n’avais pas encore vu celui-ci. Comme j’ai vu les deux à la suite, je peux plus facilement les juger. Si le premier vaut surtout pour la prestation d’un Stallone proche de la retraite (quoiqu’un brin dans le pathos) et l’émergence du « fils de », il est enterré par KO par Southpaw (qui aurait lui aussi mérité un article complet). Si vous ne deviez voir qu’un film de boxe, c’est bien celui-ci ! L’univers de la boxe est dépeint avec réalisme, le drame personnel aussi, la quête de rédemption, les combats brutaux… tout y est ! Un coup de coeur indéniable. A voir !

5/5

Star Wars 7

N’étant pas un fan boy de la licence comme 82% de mes amis, j’étais volontairement passé à côté, prenant le risque de me faire spoiler de tous les côtes jusqu’à sa sortie en DVD. J’avais entendu beaucoup de choses, et durant mon visionnage j’ai été agréablement surpris d’être surpris par des choses que je ne savais pas ou par des choses que j’avais entendues qui étaient fausses. Toujours est-il que ça fait le job comme film. Et ça fonctionne parce que c’est très clairement un remake d’Un Nouvel Espoir, parfois au plan par plan. Rien de révolutionnaire donc, mais au vue de la prélogie, il fallait assurer et la jouer pas trop foufou. Du coup, c’est un clone de l’épisode 4 qui passe allègrement sous silence les épisodes 1, 2 et 3 (allô, les midichloriens ?) et prend vraiment des raccourcis pour mettre tout le monde ensemble et pour qu’il le reste. Probablement le film qui va relancer la SF familiale dans les années à venir et un succès public qui n’est pas démérité.

3.5/5

Point Break (2015)

Un belle bouse dopée à l’adrénaline qui aurait mérité une descente en flamme dans un article consacré. Tout est à jeter. Le casting, la réal, le casting, l’histoire, le casting, la philosophie de comptoir, le casting… Tout. Je suis tout de même allé revoir l’original, pour comparer. Pas de comparaison possible. Le film de Katherine Bigelow est un chef d’oeuvre (je vous invite d’ailleurs à regarder le reste de la filmographie de la réalisatrice : Démineurs, Strange Days…). Ce remake est une nouvelle preuve que Hollywood est en mal d’inspiration… Fuyez, pauvres fous !

-8/5

Sérieusement, l’original !

The Sure Thing

Dans ma grande quête de mater tous les films typés comédie romantique et ados pour nourrir un futur roman, celui-ci était passé entre les mailles du filet. On a pourtant l’icone du genre des années 80 dedans. Une agréable surprise, moins datée que ce que je pensais en voyant la bande annonce. L’un des premiers road-trip romantique à la sauce ado si je ne m’abuse. A réserver aux ultras fans du genre, ceux qui n’ont pas peur de mater des choses un peu désuètes mais qu’on ne trouve plus sur le marché (à moins de taper dans le très bas de gamme).

4/5

Man of Steel

J’avais déjà vu et chroniqué ce film. Mais je voulais me faire un rappel avant d’aller dans les salles obscures voir Batman v Superman. Mon avis n’a pas vraiment bougé : le film passe à côté de son propos à cause d’un scénariste assez mauvais quand il vole en solo et d’un Snyder qui impose sa vision sur un univers (et sa vision n’est pas forcément la même). Tout n’est pas à jeter, mais les effets de manche inutiles sont bien là. Mais surtout, ça m’a dissuadé d’aller payer ma place plein pot pour une « suite » jugée globalement décevante. Ca, et le fait que Warner a déjà annoncé une version longue du film en DVD. Du coup, j’attendrais la version longue.

3/5

Superman/Shazam – The Return of Black Adam

Quoi de mieux quand on est déçu des adaptations live que de se jeter à corps perdu dans des adaptations qui respectent un tant soit peu le matériau de base ? J’ai toujours apprécié (dans leur majorité) les films animés DC, celui-là est une petite pastille d’une vingtaine de minutes dont on aurait tort de se priver. D’autant plus que d’ici l’horizon 2018, Shazam va devenir hype avec une adaptation live avec The Rock. Au moins, vous ferez partie des initiés avant l’heure.

4/5

10 Things I hate about you

Encore une rom-com ado un peu vintage à côté de laquelle j’étais passée. Souvent cité comme l’un des meilleurs films du genre, j’aurais un avis plus mitigé. Le film a assez mal vieilli et on sent assez les artifices shakespeariens qui ont forgés le scénario. Au final, peut-être parce que j’ai vu quasiment tous les films post-80 du genre, celui-ci n’apporte rien de neuf, surtout à côté des mètres-étalons de John Hughes. La musique date aussi clairement le film dans une décennie révolue qui n’a pas le charme suranné des blazers à épaulettes et des coiffures bouffantes. A réserver aux complétionnistes des comédies romantiques adolescentes.

2/5

Dragon Ball Z, Résurrection de F

Les derniers films sont un véritable retour en grâce de la licence après le naufrage qu’était GT. Ce film est dans la continuité de ce qui a été initié avec Beerus. Super techniquement, une histoire sympa, des combats péchus, de l’humour… Du très grand DBZ comme je l’aime. Paf, coup de coeur ! Il n’y a plus qu’à patienter pour la série DB Super en DVD.

5/5

The Perks of Being a Wallflower

De toute la liste, c’est probablement l’un des films sur lequel j’aurais fait un article dédié. C’est un véritable coup de coeur ! Un film qui dépasse le simple cadre du passage à l’âge adulte pour proposer des personnages riches et une étude assez juste de la vie lycéenne au sens large du terme, surtout au travers l’oeil d’un « outcast ». Le trio d’acteurs est investi et crédible, la réal’ simple mais pas simpliste. Pour faire très court, foncez dessus ! Le meilleur film de mon mois de mars.

5/5

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Les Mystères de l’Amour est toujours une série créée, produite et écrite par Jean-Luc Azoulay (a.k.a Jean-François Porry) toujours avec les acteurs habituels qu’on a toujours l’habitude de voir dans les séries estampillées Jean-Luc Azoulay (Hélène Rollès, Patrick Puydebat, Isabelle Bouysse, Sébastien Roch et j’en passe toujours environ une demi-douzaine…). Oui, je fais toujours les mêmes introductions pour cette série si je veux.

Il faut bien le clap de  fin d’une saison des Mystères de l’Amour pour sortir ce blog de sa léthargie et relancer la machine avec le désormais habituel debrief. A noter que j’ai tout de même hésité à le faire : rien qu’en listant les tags de l’article, je savais que j’aillais faire du copier-coller de choses que je répète de saison en saison, inlassablement, tel Sisyphe avec son rocher, avec l’espoir vain que quelqu’un m’entendra crier. Mais visiblement, dans le 78, c’est comme dans l’espace…

Car les épisodes passent et le spectateur aboie. J’avais laissé sous-entendre dans l’article précédent que la saison 5 était qualitativement meilleure que les autres… Disons qu’elle surnageait au-dessus de la médiocrité des autres et qu’avec un minimum d’application elle aurait pu être très agréable à regarder. Cette saison s’étant conclue sur la « mort » d’Audrey, on était en droit d’attendre une saison 6 qui naviguerait dans les mêmes eaux dramatiques que la précédente. Et bien non. Je vais même sauter directement à la conclusion : la saison 6 est nulle. Pas aussi nulle que la saison 2, hein. Mais nulle quand même.

Oh ? Ca m’étonne. J’y suis même pas dans cette saison…

Pourquoi donc ? Parce qu’elle est inintéressante. Sur une saison de 26 épisodes, l’équivalent en durée de 14 sont à jeter à la poubelle faute d’apporter quoi que ce soit à la série ou aux personnages. Je ne comprends pas pourquoi JLA s’obstine à faire des saisons calibrées sur 26 épisodes puisque :

  1. Il n’y a pas d’arc narratif cohérent qui tienne sur l’intégralité de la saison
  2. Rien, y a pas de 2. Quand on définit une saison, on définit des enjeux pour des personnages pour les entraîner vers une nouvelle étape, en veillant à conserver une certaine unité de personnages, de temps, de lieu et/ou de noeuds narratifs.

Si je prends la saison écoulée, qu’avons-nous eu ?

  • La mort de José, dont on n’apprend qu’il n’est pas mort AVANT l’épisode 26
  • Le retour « miraculeux » d’Audrey, qui traîne en longueur de façon proprement insupportable (et complètement artificielle) et qui ne correspond même pas à la fin de saison
  • La création du disque de Fanny qui était en cours au début et qui est encore en cours à la fin
  • Le parcours personnel de Nicolas qui n’a aucune logique puisqu’il entre le début et la fin, il est au même point
  • Les déboires judiciaires de Peter qui débutent après l’épisode 1 pour se conclure avant l’épisode 26
  • Je ne vais même pas citer leur restaurant qui se résume à une vaste blague…

En gros, il n’y a aucune cohérence narrative pour aucune des trames dans le cadre d’une saison complète. Prise indépendamment les unes des autres, les idées ne sont pas forcément idiotes, au contraire. Surtout le complot initial autour de Peter qui était – de loin – ce qui tenait le plus la route. Mais comme c’est noyé au milieu de sous-intrigues toutes plus anti-climatiques les unes que les autres, elles n’a finalement qu’une portée limitée.

Sauf pour moi ! Je suis devenue PDG alors que j’ai aucune compétence pour diriger une holding à plusieurs milliards de dollars !

C’est sûrement un détail, mais ne pensez-vous pas qu’il aurait été plus logique d’avoir une saison de 12 épisodes dont l’enjeu était la Watson Corp victime d’une OPA ? Puis une autre saison dont l’enjeu était la recherche d’Audrey et le jeu du chat et de la souris avec Ingrid ? Deux blocks qui font sens en tant que saison, avec le drame resserré sur une durée plus courte et dans lesquels le spectateur pourrait plus facilement s’investir émotionnellement ? Le tout n’empêchant pas des sous intrigues d’importance moindre comme Laly et ses doutes pour Antonio, la mort factice de José, le disque de Fanny… (on aurait aussi pu avoir une saison de 12 épisodes avec tout ça, mais bon…)

Je pose les questions, vous êtes libres d’exprimer votre avis dans les commentaires.

Je m’attaque encore une fois à l’écriture de Jean-François Porry. C’est triste, mais le scénario est le nerf de la guerre. S’il ne tient pas de debout, le spectateur finit par regarder la série par habitude, non par intérêt, et par passer plus de temps sur Twitter à lire les commentaires en direct plutôt qu’à s’intéresser au sort des personnages. Je reconnais les impératifs de production propres à la méthode JLA, qui torchent les mises en boite d’épisodes afin d’avoir du matériel d’avance pour les diffusions TMC. Mais, écrire les scénarios entre la poire et le fromage, en accumulant les scènes d’une vacuité sans fond pour remplir les bobines nuit d’une part à la qualité de la série et d’autre part à la reconnaissance du métier de scénariste et à l’importance de son travail.

Si vous suivez un peu l’actualité cinéma dans notre hexagone, vous n’êtes pas sans savoir que le salaire des acteurs représente une part non négligeable du budget, laissant de moins en moins de place à la valorisation des métiers de l’ombre. En bas de l’échelle de reconnaissance se trouve le scénariste, forcé d’accepter des royalties de misère et des conditions de travail pourraves sous le prétexte que 1. « n’importe qui peut écrire une histoire » et 2. « l’histoire qu’il écrit doit être calibrée pour vendre ». Sous entendu, si le scénariste n’écrit pas (ou pire ne ré-écrit pas) pas selon les directives de la chaîne ou du producteur, il n’a qu’à aller voir ailleurs. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, je ne pense pas secouer le cocotier en disant que la fiction française (surtout à la télé) est d’une pauvreté sans nom, sans imagination (vive les copiés-collés) et dénigrée par le consommateur. Les choses semblent vaguement bouger quand on lit ci et là « il faut remettre le scénario au cœur des processus créatifs et financiers », mais vous pourriez gueuler dans le cul d’un poney que vous auriez la même avancée.

Pour compenser la véhémence de mes propos, je vous offre une image de petits chats

Et à mon avis, la pauvreté des scénarios des Mystères de l’Amour contribue à entretenir l’idée que le spectateur se fout de l’histoire pourvu qu’il voit des acteurs qu’il aime bien (que ce soit la nostalgie pour Hélène Rollès ou pour voir les grandes oreilles de Dany Boon). Le producteur (et pour le coup, un bon) JLA se faisant mauvais scénariste JFP pour des besoins de coûts de production ou pour son plaisir personnel entretient une télévision malheureusement poubelle où le consommateur n’a plus vraiment le choix des déchets qu’il souhaite manger (fictions bas de gamme, télé-réalité affligeantes, documentaires alarmistes…) sinon se tourner – souvent illégalement – vers ceux qui savent créer des shows fictionnels de qualité : les américains, les anglais les danois et les suédois ! Oui, parce que le Danemark produit de la série dramatique qui défonce, pas forcément avec des budgets plus élevés mais avec une part allouée aux scénarios plus juste.

Et si on regarde les scènes de la série de Nicolas, il faut bien admettre que toutes ou presque sont navrantes de facilité :

  1. Les scènes en bagnoles coûtent moins chères à produire mais sont particulièrement ennuyeuses et redondantes
  2. Je maudis les téléphones portables : dans quasiment une scène sur deux, les personnages se parlent par téléphones interposés. C’est bien pratique, sauf qu’ils répètent au téléphone ce que le spectateur sait déjà et puis cela renforce l’impression d’une série sans enjeux puisque les personnages ne sont même pas là pour partager des émotions dans la même pièce. (Et c’est particulièrement paradoxal quand on sait qu’ils vivent tous ensemble !)
  3. Toutes les filles (à l’exception notable d’Hélène qui ne s’accomplit plus qu’à travers Peter) passent leur journée le cul vissé sur une chaise. Si c’est pas un fauteuil du salon, c’est une chaise de la cuisine. Sauf pour aller voir Tom et aller à l’école, je ne suis pas certain d’avoir vu Bénédicte faire autre chose que se plaindre sans rien faire, engluée dans sa baraque.

Avant même d’aborder les personnages, leurs mises en situation contribuent à les enfoncer dans une routine sans intérêt, accumulant des lignes de dialogues minables pour le plaisir de combler le vide angoissant d’un habitacle d’Audi. On ne va plus chercher le pain, on va à l’école… Le propre d’une fiction reste de vous sortir un peu du quotidien, dans cette saison hormis une poignée de personnages, tous s’y enfoncent avec délectation (même pour faire un truc cool, comme un album de musique).

Chaque scénariste choisit la méthode qu’il souhaite pour concrétiser une scène. Loin de dire que celle que j’utilise pour mes romans (Sol Sunburst, disponible sur Kobo et Amazon) (c’est mon blog, je me fais de la pub si je veux !) (d’ailleurs, j’ajoute Le Tabouret gratuit dans le tas aussi tiens) est la meilleure, mais elle a le mérite d’être proche de celle de John August (The Nines, Big Fish), scénariste reconnu au pays de l’Oncle Sam. Imaginez maintenant un épisode écrit suivant sa méthode:

Source: Scénario Buzz

Pour les moins anglophones d’entre vous, voici les grands points:

  1. Qu’est-ce qui doit nécessairement se produire dans cette scène?
  2. Qu’est-ce qui arriverait de pire si cette scène était supprimée?
  3. Quels personnages ont besoin de figurer dans cette scène?
  4. Où cette scène pourrait-elle se dérouler?
  5. Quelle est la chose la plus surprenante qui pourrait se dérouler au cours de cette scène?
  6. Est-ce que c’est une longue scène ou une scène brève?
  7. Trouvez trois façons différentes de la faire débuter.
  8. Visualiser-la à l’écran.
  9. Ecrivez une simple ébauche de la scène.
  10. Ecrivez la scène in extenso.
  11. Recommencez 200 fois.

Rien que les points 1, 2, 3 et 5 écrémeraient la majorité des scènes sans intérêt qui jalonnent tous les épisodes. A ce niveau de ma plaidoirie, je ne peux que supplier Jean-Luc Azoulay de prendre un scénariste pour l’épauler dans l’écriture de sa série. J’en profite également pour lui rappeler que je suis disponible. (c’est mon blog, je me fais ma pub si je veux !).

Le seul épisode réellement digne d’intérêt se révèle être le dernier, certes à cause du cliffhanger, mais surtout parce que faute d’intrigues à démêler sinon celles pour préparer la suite, le rythme tend à être plus efficace. Sans être mauvaise langue, la saison aurait été calibrée sur 27 épisodes, le 26 aurait sûrement été insipide et le 27 condensé…

En règle générale, j’enchaîne mes articles en analysant chaque personnage les uns après les autres pour montrer qu’ils n’évoluent pas, aussi bien les uns que les autres. Comme il est fort probable que ceux qui s’intéresseront à cette chronique auront déjà vu la série, j’ai décidé de changer et de faire un top 10 des événements les plus CLDS/improbables/décevants qu’il nous ait été donné de voir au cours des mois passés.

  • Ingrid enceinte. En soi, pourquoi pas. Hormis le fait que ça met Nicolas dans une position inconfortable (encore !) et qu’il serait bon pour le personnage qu’elle se sente plus en danger vis-à-vis de sa double-vie, il m’est difficile d’accueillir la nouvelle sans arquer le sourcil. Premièrement, on sait tous comment finissent les grossesses dans cette série. Donc à moins que Carole Dechantre ne soit elle-même enceinte, on peut estimer qu’une nouvelle fausse couche se prépare ou qu’il ne s’agisse que d’une n-ième manipulation du personnage. Je peux me tromper, mais l’annonce fait également l’effet de manche de fin de saison afin d’appâter le chaland pour le 31 août. On ne me fera pas croire que c’était pas l’idée de dernière minute. Pour me convaincre, il aurait fallu me montrer le personnage en proie à des nausées dans les épisodes précédents (et c’était pas dur de faire passer la pilule et de brouiller les pistes grâce à un mal des transports après son vol pour Caracas…) !
  • Le double épisode comique façon OVNI. Déjà pour mettre un OVNI dans la scène d’intro… Ensuite parce que la résolution catapultée en 2 minutes montre en main prouve les problèmes de rythme et d’écriture et se révèle être le plus incroyable bordel qu’on ait pu voir dans cette série. De tous les CDLS, celui remporte l’oscar très haut la main. A côté de ça, on se surprend à accepter le rip-off de Pretty Woman avec un soupir et à ne même plus relever la vulgarité ambiante dès lors que JFP parle de sexe.
  • Le complot autour de Peter. Ou comment les bonnes idées sont sacrifiées sur l’autel du laxisme. On avait les bons ingrédients : Jean-Paul, le commanditaire secret, la médiatisation, l’impact sur la holding, la journaliste sans foi, etc. Et c’est gâché par le quotidien routinier de leur tribu. Où est la perquisition de la police ? Où sont les interrogatoires des inspecteurs ? Où est Peter ? La seule qui s’en sorte très honorablement, c’est Hélène en miraculeuse patronne qui se met à faire de la diffamation en public. Ressortir le baron de machin-chose et son sourire niais pouvait marcher, mais il aurait fallu une caractérisation plus agressive et égoïste, plus proche d’Ingrid quoi. Ca faisait partie des intrigues les plus palpitantes de la saison, mais sa résolution et ses conséquences n’ont pas été à la hauteur de mes attentes. Rien que de faire perdre à la Holding un bout de son patrimoine aurait augmenté la tension. Voir Peter en prison aussi. Là, rien. Même pas un frissonnement d’inquiétude à l’égard des personnages.

Peter, je suis ton père.

  • La révélation de Jean-Paul. In-com-pré-hen-si-ble. Elle n’a aucun sens. En soi, Jean-Paul pourrait être le père de Peter. Après tout pourquoi pas : on ne connaît pas la mère de Peter, mais on sait que JP est un queutard comme un autre dans cette série. Là où ce n’est pas crédible, c’est quand on remet en perspective la révélation dans les événements de la série entière : JP qui couche avec la soeur de Peter, JP qui envoie son fils en prison, JP qui cherche à ruiner son fils, JP qui couche avec la femme de son fils (Audrey, et oui). On a beau être un sale enfoiré, on a beau ne pas être le père idéal, mais là, c’est carrément abusé ! Au final, on accueille la nouvelle sans surprise (au contraire de Star Wars…). Le pire reste une justification moisie au comportement de Jean-Paul : « tu comprends, c’est à cause d’une femme… » NON. Non, non et non ! Faire des trucs débiles par amour, c’est le truc d’Ingrid ! Arrêtez d’avoir la même justification pourrie ! Si Jean-Paul avait sorti son insatiable soif de pouvoir comme excuse, c’était à la limite plausible, acceptable et raccord avec une pathologie psychologique. Anakin Skywalker n’a pas basculé vers le côté obscur à cause de son amour pour Padmé, c’est sa propre faiblesse à protéger les autres et les moyens faciles qu’offraient un régime totalitaire pour assouvir sa fin qui l’y ont poussé…
  • La mort de José. Il est de notoriété publique que JLA est proche de ses acteurs et concilie volontiers à s’adapter à leurs besoins/envies. L’envie de Philippe Vasseur était de prendre un peu de distance avec le show pour s’oxygéner, notamment grâce à ses nouvelles activités théâtrales. Comme il était marié et bien coincé dans sa maison du bonheur, il fallait trouver une pirouette cacahouète pour emmener José loin. Heureusement, les infidélités (enfin, surtout sa faiblesse) de Bénédicte lui offrent l’opportunité d’une crise de nerfs débile (je doute qu’on jette ses papiers par la fenêtre comme ça sous le coup de la colère, mais pourquoi pas) et un accident dramatique. En soi, la fausse mort de José n’est pas dérangeante, elle est même plutôt rigolote quoique incroyablement égoïste et surdimensionnée de la part du mec qui couche avec le premier cul venu mais refuse que sa femme fasse de même. Là où elle fut mal traitée, c’est sur son impact. Nicolas est plus effondré que Bénédicte certes, mais surtout on passe trop vite à l’option « la vie continue ».  Certes, personne n’y croyait à cette mort, mais plutôt que de faire un plan pathos avec la caméra qui monte vers le ciel, combien auraient préféré voir une scène au cimetière avec la bande réunie autour d’une tombe ? Le deuil est une chose incroyablement complexe passant par plusieurs étapes intéressantes en terme de drame ; bien sûr, la série passe outre pour laisser toute latitude à Jimmy de faire le rapace. De plus, dans mon scénario où on va dans le détail des répercussions de sa disparition, au moment où le public aurait autant persuadé que Nicolas que José était mort, là on secouait leurs certitudes d’un cliff de fin de saison avec une photo de José prise à l’aéroport… Bref, bonne idée, mauvaise exécution.

« Et moi, je peux être dans ton classement ? »

Non, toi, tu sers à rien sinon attirer l’audimat 15-25 ans.

  • L’album de Fanny. Ca va faire deux saisons qu’on se tape les mêmes bandes-son en boucle. Tout le monde se fiche de cette intrigue. Alors pour la relancer, on sort le fils de Thomas Fava en producteur de musique véreux qui volent les chansons. Parce que, oui, la musique, c’est juste un gros business d’enfoirés ! Et quand on apprend que leur musique « Fidélité » s’est faite pirater pour être mise sur le net, je suis désolé de le dire, mais le spectateur s’en branle. Pire, il montre du doigt cette bande de professionnels composée de pas moins de 5 cerveaux différents en hurlant qu’ils ne sont que des blaireaux pour n’être allés protéger leur travail à la SACEM ou tout autre organisme de gestion de droits.
  • Le retour d’Audrey. J’avais espoir que sa mort serait définitive. Espoir qui tenait plus du voeu pieu qu’autre chose. On a donc retrouver Audrey amnésique dans un hôpital à Caracas. Amnésique… Deux balles dans le dos, des truands qui ne prennent pas le temps de faire 15 mètres pour achever le travail et elle finit amnésique… Je suis démuni, franchement. Dans une histoire un peu ficelée, les truands n’auraient pas été en mousse et lui aurait logé une balle dans la tête (justifiant le fait qu’ils n’aillent pas finir le travail), une mare de sang se serait répandu dans le parking et ensuite – par miracle – Audrey serait toujours en vie mais amnésique à juste titre. Un artifice facile mais nettement plus probable. Il suffit de lire la BD XIII pour avoir un exemple explicatif de ce genre de cas plausibles… Là, c’est du bon CDLS des familles cette amnésie !
  • Le retour d’Audrey bis. Ou plus exactement, la traque d’Ingrid. C’était à la fois pitoyable (Nicolas), navrant (Sidonie) et mou (24 épisodes). JFP a bien essayé de se la jouer Spy vs Spy avec le duel à distance Ingrid/Jeanne (vive le téléphone, encore une fois) et en ajoutant des indics et la pauvre Mylène, mais c’était sans espoir. Honnêtement, je ne sais pas trop ce qu’il aurait fallu pour sauver cet intrigue sinon investir plus Nicolas, investir moins Jeanne, virer Mylène, se débarrasser de Sidonie, mettre Ingrid en danger, éviter de faire croire que le service de protection des témoins laisse une amnésique dans la nature, raccourcir son retour…
  • La nuisette Léopard d’Ingrid. Ou comment ce personnage finit par perdre tout crédibilité et le peu de respect qu’il m’inspirait. Prenez le personnage dans l’ensemble de la série, depuis son rôle de mère macquerelle jusqu’à sa double tentative d’assassinat sur Audrey au milieu desquels se trouvent un petit suicide raté et sa rédemption en dénonçant Jean-Paul (pour ensuite comploter de nouveau avec lui). Je suis à cours d’explications pour justifier les retournements de veste du personnage. Elle ne fait même pas de politique ! J’en suis venu à la conclusion qu’Emilie souffre d’une schizophrénie à tendance paranoïaque et sociopathe avec dédoublement de la personnalité. Je ne vois rien d’autres qui puissent justifier son comportement. Ses scènes avec Mylène sont vulgaires  et sans intérêt… enfin, disons plutôt qu’à chaque fois que JFP insiste sur le caractère sexuel d’Ingrid, c’est ultra-vulgaire avec ou sans Mylène. Son côté génie du mal est finalement tourné en ridicule parce qu’on n’arrive plus à s’attacher émotionnellement au personnage (et parce qu’elle est entourée d’une belle bande de bras cassés). Bref, je ne vais pas faire la liste des contradictions du personnage, ce serait trop long, mais il est temps de passer à autre chose niveau antagoniste.
  • Nicolas.

« Quoi ? Tu détailles même pas mon cas ? »

Non, ça sert plus à rien.

« Cool, je suis pas dans le top 10 ! Vous avez vu Madame ? »

Non, toi, t’es hors compétition…

Il faudrait ajouter le fait que le personnage de Laly devient complètement amorale (sexuellement parlant) sous le couvert d’être un ressort comique. Olga, autre ressort comique, ne sert à rien sinon parler de fromages (et tirer les cartes, à défaut d’autres choses). Jimmy qui ne sert que de co-pilote à Nico pour envoyer les gosses à l’école tout en dansant sur les cendres de José pour serrer Bénédicte. Cette dernière qui, après un bref moment de tristesse, se la joue veuve joyeuse en faisant péter les petites robes à décolleté pour essuyer des verres en prétextant que son restaurant va ré-ouvrir (sérieusement, j’en viens presque à espérer le retour de Frank pour elle…). Heureusement que j’ai dit que je faisais qu’un top 10 !

Parmi les autres trucs improbables de la série, je me dois de mentionner le décomplexe de la relation Laly-Fanny qui s’échangent des plans érotiques dans une ambiance assez malsaine.

« Je vais m’envoyer en l’air avec ton père pendant ton petit déj’ ! On va baiser comme des furieux et je vais même le fouetter. »

Réaction de Fanny dans la série :  » Hihihi ! Christian aime bien m’arracher la culotte avec les dents, demande à mon père de faire pareil ! »

Réaction de n’importe quel enfant dans la vraie vie : « LALALALALALALAJ’ENTENDSRIENLALALALALALAA »

Même si Léa est insupportable, il faut bien avouer que son trio (quatuor avec Laura) avec les autres gosses n’est pas dénué d’intérêt. Je me surprends à les espérer tous dans le même lycée et à avoir des aventures qui leur sont propres en marge (mais connectées) de ce qui arriveraient à leurs parents. Encore faudrait-il qu’ils apparaissent pour autre chose qu’être amenés à l’école le matin…

L’introduction de Marie apporta un bref vent de fraîcheur, jusqu’à ce qu’elle finisse cataloguée « grosse chaudasse hormonale », comme à peu près 82% des femmes dans cette série. C’est une pierre de plus au harem de Nicolas, qui devrait sérieusement apprendre à dire « non » ou « merde » à certaines et à se poser pour réfléchir à l’essentiel (commence donc par reconnaître ton fils d’ailleurs !).

Je voulais mettre un commentaire amusant, mais les voir encore en bagnole me déprime…

T’aurais pu dire que c’est des gros faux-culs qui se sont toujours enorgueillis de dire « on n’appelle pas la police » et dès qu’une fliquette arrive dans la bande, le commissariat de Plaisir croule sous le boulot…

Il y aurait tant et tant à dire, mais j’ai une vie et un roman sur le feu. Songeons à conclure ! Cette saison 6 fut des plus ennuyantes, ce qui justifie amplement mon « nulle » de début d’article. Beaucoup de bonnes idées mal exploitées entachent sérieusement la qualité de la série. L’un des rares soulagement que l’on puisse tirer de cette saison est qu’elle marque enfin une rupture avec ce qui s’est fait avant. On est en droit d’espérer une saison 7 avec quelques cartes redistribuées, notamment de par la disparition de la Villa Bonheur suite à la « maladresse » de Peter. Maison qu’il aurait fallu brûler depuis le départ au lieu de nous imposer ses tapisseries à tous les épisodes !

Quelles sont les pistes pour la suite ?

  • Nicolas et son harem.
  • Un nouvel endroit à squatter. Même si c’est plus pratique pour tourner, j’espère que des gens vont enfin se comporter en adulte et arrêter de vivre en bande pour certains (Peter/Hélène, Christian/Fanny, Nicolas/une nana…)
  • Visiblement plus d’humour, ce qui me fait craindre le pire.
  • Une évolution pour Hélène/Peter. Ce qui fera peut-être plaisir à Etienne…
  • Fanny, vedette de la chanson. Honnêtement, tant qu’elle arrête de chanter en studio, ça me va…

Ce que, moi, je voudrais :

  • Autre chose pour Nicolas. J’espère qu’il se mettra avec Audrey et qu’il commence à avoir des intrigues qui s’intéresse à autre chose que son pénis.
  • Des intrigues pour les ados.
  • De nouveaux emplois. Vu que le restau de Béné est parti en fumée, peut-être va-t-elle se sortir les doigts pour faire un truc de sa vie. Ce qui vaut aussi pour Olga, Nico, José, Jeanne, Laly…
  • Qu’on arrête avec Jeanne, qu’elle soit Wonder ou pas. On a le droit de passer à autre chose.
  • Un nouveau méchant crédible (ce qui me rappelle mon intro pour la saison 3).
  • Que José et Jeanne restent sur leur ile.
  • Que d’autres aillent les rejoindre sur leur ile.
  • Des épisodes ovni qui ressemblent à quelque chose (je milite pour mon épisode zombie avec le seul vrai mort de cette série, Antoine !)
  • Et surtout – surtout ! – de bons scénarios !

Hughes The Force est un court-métrage de J.C Reifenberg et Jason Mewes, avec des acteurs que je ne connais pas, pas connus en dehors d’une apparition de Kevin Smith mais j’ai tout de même noté la présence de la très jolie Taylor Treadwell… Bizarrement…

Deux nerds exclus et têtes de turc vont à une soirée étudiante. Mais ils savent qu’ils n’ont aucune chance d’être socialement intégrés ! Alors, ils vont faire appel à la Princesse Leia…

Ça ne s’invente pas ! Pour pondre un pitch aussi délirant, il faut une idée étrange : mélanger les productions John Hughes (Weird Science, Breakfast Club…) avec Star Wars. Je pense que l’un des créateurs/producteurs rangent ses DVD n’importe comment et a mis Un nouvel espoir dans la boite de Ferris Bueller pour trouver une telle association… Ça donne un film de fans assez sympatique, plutôt bien troussé, avec des clins d’œil un peu partout à l’un ou l’autre des univers en question.

Honnêtement, c’est plus le côté John Hughes qui m’a attiré tant les fan-films sur l’univers Star Wars sont légion, et pas tous de qualité (loin s’en faut… déjà que les films sans être « fan »…). C’était donc la partie la plus rigolote du film, un hommage au maître du teen-movie avec des acteurs bien trop vieux en somme. Quant à la partie Star Wars… disons qu’elle est accessoire, en fait. On aurait pu choisir n’importe quelle autre licence connotée « geek » que le résultat aurait été sensiblement pareil… Oui, mais bon, je sais, dans les autres licences, il n’y aurait pas Taylor Treadwell en bikini métal façon Leia.

Le scénario est somme toute basique, mais dans l’esprit Hughes, ça m’a suffi pour aller au bout et globalement apprécier les 35 minutes de film. Après, ça reste du petit budget mais c’est nettement et globalement mieux que La Menace Fantôme

Les plus hardcores fans de Star Wars et de la série animée qui parle de clones reconnaîtront les voix de Obi-Wan Kenobi (James Arnold Taylor) et Padme Amidala (Cat Taber), deux acteurs dont vous pourrez apprécier le visage en vrai dans leurs rôles respectifs.

Si vous êtes fan des films de John Hughes comme moi ou de l’univers Star Wars comme les autres, vous devriez y trouver votre bonheur du jour !

Et hop, maintenant, le film en entier !

Twin Peaks est toujours une série créée par David Lynch et Mark Frost, toujours avec Kyle MacLachlan (Dune) et plein d’autres acteurs dont un certain nombre d’invités amusants : David Duchovny (Californication), Heather Graham (From Hell), Billy Zane (Le Fantôme du Bengale), David Lynch…

Si vous ne connaissez pas Twin Peaks, c’est que visiblement vous êtes passé soit à côté des années 90, soit à côté de mon article sur la première saison. Cela étant dit, je me dois de faire un avant-propos de mise en garde.

  • Si vous n’avez jamais regardé Twin Peaks, déjà, c’est mal.
  • Si vous n’avez jamais regardé Twin Peaks, je vous invite dès à présent à fermer l’onglet de mon blog, à ouvrir un onglet Amazon et à en commander le coffret DVD.
  • Si vous n’avez jamais regardé Twin Peaks, vous risquez de vous gâcher tout le plaisir que cette série comporte puisque je vais raconter beaucoup de choses qui lèveront tout le voile de mystères inhérents à l’univers de Twin Peaks.

Vous avez été prévenu !

La première saison avait posé les bases d’un phénomène qui ne tardera pas à être nommé peakmania tant la série jouissait d’une popularité énorme. Au démarrage de la saison 2, tous les foyers américains suivent la suite des enquêtes de l’Agent Dale Cooper avec une ferveur quasi-religieuse. Mais il faut savoir que si le créateur de la série est le garant de son intégrité, il n’a pas les pleins pouvoirs. Comme souvent, ce sont les personnes qui mettent les billes sur la table qui décident de la façon dont doit avancer le show.

Twin Peaks, Mark Frost et David Lynch vont être victimes d’une des plus grosses conneries qu’ait jamais fait une chaîne de télévision pour l’une de ses séries-phare ! En effet, les dirigeants de la chaîne avaient peur que l’identité de l’assassin de Laura Palmer ne soit jamais révélée et que la série perde peu à peu de son intérêt. Sauf que cette question – que tout le monde se pose (« Qui a tué Laura Palmer ? ») – est au cœur même de la réussite de la série et de ses scores d’audience. La chaîne force donc la main aux créateurs et la révélation tombe dans l’épisode 7 de la saison 2 !

Sauf que la saison 2 est loin d’être finie avec ses 22 épisodes commandés ! A partir du moment où le public a obtenu sa réponse, les scores d’audience chutent dramatiquement (et très logiquement !).

Les scénaristes vont alors sortir les rames et devoir souquer ferme pour tenir à flots une série dont on vient d’exploser la structure et l’intérêt premier ! Démarre alors un deuxième arc narratif au sein de cette même saison (!), arc qui ne tient sur aucun fondement réel préalablement introduit (à peine, en fait) et qui propulse le spectateur lambda dans une incompréhension bien justifiée.

C’est bien simple, on a l’impression que les épisodes sont écrits les uns à la suite des autres sans qu’il existe de réelle bible pour supporter la mythologie. De là à dire que tout fout le camp, il n’y a qu’un pas ! Le couple Audrey-Cooper était une chose que le public attendait (à juste titre) et se voit détruit par l’arrivée de Billy Zane. En réponse à ce personnage arrive celui de Heather Graham pour donner le change à Cooper. Et au regard de ce qui se produira, c’était complètement accessoire ! Bref, le public décroche. La chaîne aussi. Au milieu de la saison 2, Twin Peaks connaît un arrêt de la diffusion indéterminée (ce qui bien souvent est le signe avant-coureur de la mort annoncée d’une série). Les scénaristes essaient de raccrocher la fin de la saison avec l’essence première de Twin Peaks et son côté mythologique avec notamment Bob. Cela ne suffira pas et la série meurent dans l’indifférence presque générale. Et les fans les plus hardcore n’ont que leurs yeux pour pleurer sur les cliffhangers en chaîne du dernier épisode.

Le plus gros des cliffhangers, c’est bien évidemment le comportement de Dale Cooper ! Que s’est-il passé dans la Black Lodge ? Puisque seuls ceux qui ont vu la série sont sensés cet article, je ne vais pas m’attarder à rappeler ce qu’est la Black Lodge mais plutôt la mettre en comparaison avec l’épreuve de la caverne de Star Wars. Pour maîtriser la force, Luke ne doit pas connaître la peur et doit vivre une épreuve qui déterminera s’il est prêt ou non. Il s’avance dans la caverne, est confronté à l’image de son père et échoue lamentablement à se contrôler. Son maître lui dit qu’il n’est pas prêt, Luke est un jeune abruti et il en perdra une main. La Black Lodge fait connaître à ceux qui y pénètre le même genre d’épreuve : pour dominer cette espace hors du temps, il faut maîtriser sa peur (puisque c’est la peur qui est une des composantes de cette Lodge). Dale Cooper va échouer, prendre peur et laisser son double maléfique sortir de ce lieu.

Dale Cooper était un personnage mystique au sens premier du terme. Un personnage aux méthodes pour le moins pas du tout orthodoxes et qui n’hésitaient pas à accepter le mystique, les rêves, les symboles et les signes comme une composante de la vie. En d’autres termes, Cooper était sur le chemin de l’Eveil. L’épreuve de la caverne était initiatique et chargée de symboles. C’est bien évidemment une allégorie d’Orphée qui s’en va dans les enfers pour aller récupérer Eurydice (le personnage d’Annie, qui aurait dû encore être Audrey si les scénaristes avaient eu deux doigts de bon sens en évitant d’introduire le personnage de Jack… Vous sentez là, que le personnage d’Annie m’énerve ?). Mais de mon point de vue, pour bien comprendre le personnage de Dale Cooper et ce qu’il représente (ainsi que le potentiel qu’il portait en lui), il faut se tourner vers une des clés qui a été donnée dans la saison 1 : le Tibet. Car s’il y a bien une force que possédait Twin Peaks, c’était de proposer une vision du monde complètement païenne par rapport à la bien-séance chrétienne américaine.

Quel est la religion du Tibet ? Le bouddhisme ! De mon point de vue, disais-je – vous êtes libre de le suivre ou non, Cooper était une nouvelle incarnation d’un Bodhisattva. Un Bodhisattva, c’est un être sur le point d’atteindre l’état de Bouddha. Selon les interprétations, Bouddha est un héros humain/saint/sage suprême, ou bien un sauveur du monde, ou bien un Illuminé (dans le sens qui fait parti du Tout). Bob étant défini comme le Mal absolu, l’hypothèse sauveur du monde est acceptable, bien que je préfère celle de l’Illumination.

En entrant dans la Black Lodge, Dale Cooper devait affronter l’ultime épreuve qui l’aurait emporté vers son Illumination et aurait fait de lui un Être Complet, dépassant sa propre condition, capable de vivre dans le monde réel ET de traverser les Lodges. Comme nous sommes dans une série bien piloté par des scénaristes qui n’avait pas encore tout à fait jeté l’éponge, il était tout à fait logique que l’échec soit au bout du chemin (comme dans Star Wars), de manière à nous proposer une saison 3 puis éventuellement 4 (si tout cela avait été bien fait à l’époque), pour nous porter tout au long du chemin initiatique de Cooper. Et là, les fans de Twin Peaks comme moi n’ont toujours que leurs yeux pour pleurer ! Ils peuvent se consoler en se disant que le Cooper bon est resté dans la loge et attend 25 ans que son lui-même plus jeune rêve de lui-même plus vieux afin de lui révéler qui est le meurtrier de Laura Palmer. Les plus optimistes de chez optimiste peuvent toujours rêver d’un Twin Peaks 25 ans plus tard qui reprendrait la suite de la série et permettrait l’accomplissement de la quête de Cooper. Officiellement, David Lynch a déjà tué cette rumeur… Mais bon, Ridley Scott avait bien dit qu’il ne ferait jamais de suite à Blade Runner, alors…

En soi, je pense que le Tibet était l’une des clés pour bien saisir toute l’importance de la symbolique qu’il y avait autour de Twin Peaks. La White Lodge et la Black Lodge pourraient trop facilement se confondre avec les anti-chambres du Paradis et de l’Enfer (ce qui me semble invalidé par le fait que Laura Palmer continue de traverser la Black Lodge tandis que son père la décrit comme « dans la lumière » en expirant ses derniers souffles de vie). Je préfère les ramener autour des symboles orientaux du Yang et du Yin (respectivement donc, la lumière et l’obscurité) dont l’union forme le cosmos (étrangement, c’est aussi une autre interprétation du Bouddha suprême) et réside en toute chose créée . « Réside en toute chose créée », de ce fait on pourrait ainsi comprendre comment Bob réussit à s’extirper de la Black Lodge pour prendre le contrôle de Leland, ou pourquoi les chouettes peuvent être considérées comme des avatars de la Black Lodge (justifiant par la même « The owls are not what they seem » proféré par le géant pour prévenir Cooper).

Ces mêmes chouettes, dans une autre religion – celle des natifs-américains-, étaient considérées comme le symbole des vérités cachées. La vérité cachée du show étant bien : Mais qui a tué Laura Palmer ? (et accessoirement le fait que les chouettes étaient un avatar de Bob, disais-je)

Toujours en terme de mythe et symbole, je trouve intéressant de s’intéresser au fameux « Fire, walk with me » de Bob. Le feu est bien évidemment un élément destructeur et on pourrait s’en tenir là : Bob est un guedin dans sa tête et il invoque la puissance du feu pour l’accompagner dans sa quête de folie. Soit. Mais allons un brin plus loin. Dans le dernier épisode, Earl demande l’âme de Cooper (qui accepte comme un gros naze, son premier vrai échec dans sa quête arrive à ce moment-là), Bob arrive et clame qu’il est le seul à pouvoir collecter les âmes. Sur ce, un panache de feu sort de la tête de Windom Earl alors que Bob s’empare de son âme. Le feu devient une métaphore de l’âme, la litanie de Bob devenant ainsi une image de ce qu’il accomplit dans le monde réel : un collecteur d’âmes (dans quel but…?). Autre interprétation pour rester dans tout ce que le Tibet aurait pu offrir à la série, le Feu est présenté sous trois formes : le Désir, l’Hostilité et l’Illusion. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire que je détaille plus pour associer le Désir, l’Hostilité ou l’Illusion au personnage de Bob…

« C’est tout à fait fascinant » comme dirait ce bon vieux ThofdirJe crois que je pourrais encore continuer des heures en parlant de la forêt matricielle, du rôle des bois, de la symbolique derrière le chiffre 12 (les 12 sycomores de Glastonbury Grove, pour rappel), de la facilité avec laquelle on pourrait associer les personnages de Twin Peaks avec les figures d’un tarot divinatoire (Le Magicien, l’Impératrice, le Fou, la Tour, etc.) et j’en passe. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : je n’ai pas encore lu tout ce que je devrais lire pour décrypter ce qu’il y aurait à décrypter, je n’ai pas forcément le temps de tout décrypter non plus et vous êtes déjà bien courageux si vous lisez ces lignes !

La puissance du mythe en narration et storytelling est d’une rare intensité et possède cette formidable capacité à parler à l’inconscient de l’audience (je ne vais même pas re-citer Star Wars qui suit point par point et à la lettre la structure narrative du mythe, telle que l’a décrite Joseph Campbell dans son livre que je suis en train de lire et que je finirai bien par chroniquer ici un jour ou l’autre). C’est en partie pour cela que Twin Peaks s’est forgé un noyau d’indécrottables fanboys et que 20 ans plus tard, la série n’a pas pris une seule et se regarde toujours avec grand plaisir.

En espérant que cette toute petite plongée dans Twin Peaks et son mythe vu par mes yeux vous ait plus…

Ou Les loups des étoiles en français dans le texte est une trilogie écrite par Edmond Hamilton et reliée en un seul volume au sein de la collection Folio SF (numéro 135).

Commençons par un léger cours d’histoire littéraire. Né en 1904, Edmond Hamilton est – avec E.E. Doc Smith – le père fondateur d’un genre à part entière dans la science-fiction : le space opera. Pour mémoire et de manière hautement grossière, le space opera, c’est du western dans l’espace avec des combats au milieu des étoiles et des découvertes de nouveaux mondes extraordinaires. Hamilton a aussi officié sur des épisodes du comic-book Superman dans les années 50. Toujours au rayon historique, Edmond Hamilton est aussi le créateur du Captain Future, plus connu sous nos lattitudes pour son adaptation en manga et en série animée de part le nom de Capitaine Flam (« Tu n’es pas de notre galaxiiiiie »). Au rayon people, il est à noter qu’il a été marié à Leigh Brackett, scénariste de L’Empire contre-attaque.

Dans la galaxie, aucune autre race n’est plus crainte que les Loups des étoiles, originaires de la planète Varna, qui écument les planètes de pillage en pillage sans jamais être inquiétés. Les dures conditions de vie de la planète font des Loups des adversaires robustes et infatigables. Morgan Chane, fils de missionnaires terriens, est le seul terrien à être un Loup des étoiles et à vivre au milieu de la meute. Pour avoir grandi (et survécu) sur Varna, son corps et sa mentalité font de lui un être redoutable.

Suite à une altercation avec un de ses congénères, Chane est devenu un paria : chassé par ses anciens amis pirates pour trahison, pendu sur-le-champ si on venait à découvrir sa véritable nature, il n’a guère de réelles perspectives à court terme dans la vie. A moitié mort, il est récupéré par un groupe de Mercenaires terriens et va les suivre dans leurs aventures tout aussi périlleuses que les pillages auxquels ils s’adonnaient avec les Loups.

La trilogie est donc composée de L’arme de nulle part, Les mondes interdits et Le monde des Loups, chacun donnant au petit groupe de Mercenaires l’occasion de remplir une dangereuse mission, de rencontrer des peuplades exotiques, d’explorer des mondes chatoyants et d’accumuler les moments de bravoure au sein de multiples batailles, spatiales ou non.

Il faut bien avouer que les trames scénaristiques perdent en originalité ce qu’elles gagnent en efficacité. Le rythme est mené tambour battant par un Morgan Chane dopé à l’adrénaline, l’écriture est très accessible, les clichés inévitables (« vous avez un corps alléchant mademoiselle, mais où est votre cerveau ? », le vieux baroudeur, etc.) les personnages principaux charismatiques et assez influencés par les Pulp de l’époque. Les histoires sont peut-être cousues de fil blancs, avec quelques incohérences, mais elles ont un tel élan épique qui fleure bon la testostérone et la poudre (enfin, plutôt l’ozone des lasers) qu’il n’y a qu’un mot pour les qualifier :  ultra-divertissantes ! (« Mais du fond de la nuiiiiiiit »)

Il n’y a pas de débauche d’effets scientifiques à deux balles qui font sérieux, l’univers et les situations sont très western et se rapprochent indéniablement de Star Wars quelques années avant que ce dernier ne soit une lueur d’espoir dans l’oeil humide de George Lucas (tiens, c’est marrant, c’est pas sa femme qui a aidé à l’écriture de l’Empire contre-attaque ?). La technologie est assez roots (ouais, désuète…), on voit sans mal un Han Solo dans le personnage de Chane (et un Chewbacca dans Le monde des Loups).

Les Loups des étoiles est sans conteste une oeuvre majeure dans de la science-fiction et du space opera qui saura ravir tous les amateurs et tous les curieux envieux de découvrir le genre sans prendre de risque. Bref, un classique indispensable !