Articles Tagués ‘Shônen’

Mr. Right

Sam Rockwell est probablement l’un des acteurs les plus sous-estimés d’Hollywood. L’un des rares capable de porter un film tout seul (Moon) ou de sauver un film du naufrage total (Iron Man 2). Bref, un acteur que j’adore. Mr. Right fait partie de ses films complètement décomplexés qui font mouche. C’est drôle, rafraîchissant, explosif ! Un vrai coup de cœur. Le film repose sur des personnages tout plus déjantés les uns que les autres, un scénario pas prise de tête et on passe un agréablement moment. Si vous avez kiffez American Ultra par exemple, je recommande Mr. Right. Et vice versa. De toute façon, c’est par le même scénariste Max Landis, un gars qu’il est bien et qui redonne des lettres de noblesse aux comédies d’action sans passer par la case débile ! Coup de coeur !

5/5

Numb

On peut dire que l’après Friends est délicat pour Matthew Perry. Ses séries peinent à décrocher une première saison complète et sa présence dans les salles obscures frôle le néant. Il faut dire aussi que s’il prenait soin de choisir ses scénarios, on n’en serait peut-être pas là. Numb fait partie de ses films qui ne savent pas exposer personnages et situations sans avoir recours à une voix-off (bien souvent équivalente à un cache-misère). Il en résulte une comédie romantique d’une incroyable longueur et téléphonée de tous les côtés au point de sortir les clichés par paquet de douze. Aucun intérêt sinon celui de se rappeler que des meilleurs films existent dans le genre, y compris avec des personnages en souffrance psychologique ou physique.

1/5

The Graduate

Face à la déception des films récents, il convient parfois de se tourner vers des classiques. Il se trouve que hormis les westerns, j’ai finalement vu assez peu de films qui remontent avant les années 80. Le Lauréat était sur ma liste depuis un moment et honnêtement j’aurais dû le voir il y a bien longtemps (imaginez que ça faisait prêt de 20 ans qu’une des scènes de fin de Wayne’s World 2 me passait au-dessus du cigare par manque de culture ciné pré-70’s !). Le film souffre un peu du poids des âges, ce qui le rendait outrageux  en 1967 passe nettement mieux 40 ans plus tard (surtout qu’on a vu nettement plus sordide depuis…). Le film vaut surtout pour le personnage principal, à la fois anti-conformiste et borderline antipathique quand on y réfléchit bien. Il faut surtout réfléchir en terme de musique, qui permet de décrypter des clés de lecture du caractère du protagoniste (et notamment comprendre la fin qui pourrait laisser des spectateurs sur le carreau). Musique de Simon & Garfunkel qui a grandement participé au succès du film, et vice versa. En 2016, regarder Le Lauréat relève plus de l’exercice de style ou d’une soirée thématique sur Arte que d’une soirée cinoch’ détente pop-corn. Ce qui n’enlève rien à la qualité du film, hein, juste que ça ne plaira pas à tout le monde !

4/5

The Final Girls

Malin Akerman (The Proposal) est vraiment une actrice que j’adore ! Et pourtant, c’est un peu par hasard que je suis tombé sur ce film : si vous êtes un peu comme moi, vous regardez une bande-annonce sur youtube, qui vous en propose ensuite une autre assez proche, puis une autre, puis un autre… Bref, c’est avec ce genre de téléphone arabe moderne que je suis tombé sur The Final Girls, un film tellement méta dans le méta-concept que je devais le regarder. L’histoire d’une fille d’actrice de séries Z qui se retrouve catapultée par le truchement du scénario actrice du film dans laquelle jouait sa mère, aux côtés d’icelle. Au final, ça donne un film barré qui explore le genre slasher tout en surfant sur les codes établis. C’était rigolo, pas prise de tête et intelligemment foutu ! Une très bonne surprise que je conseille et qui ravira les fans de films genre Tucker & Dale fighent le Mal.

4/5

10 Cloverfield Lane

Comme je disais dans un précédent billet, j’ai regardé Cloverfield dans l’attente de sa « suite ». Il s’avère que si le film fait bien partie d’un univers partagé, le lien entre les deux Cloverfield est toutefois tenu : l’un comme l’autre pouvant s’apprécier sans avoir vu le reste de la franchise. Complètement différent, 10CL n’en est pas moins intéressant. Au contraire, ayant un peu ma claque des film-footage, le huis-clos psychologique était fort bienvenu. Mary Elizabeth Winstead fonctionne bien avec John Goodman, très imposant dans son rôle. Pas de déluge d’effets spéciaux, une ambiance pesante, un film sorti un peu de nulle part, une production qui montre qu’on n’a pas forcément besoin de beaucoup, encore moins du marketing pompeux, pour réussir un blockbuster ! Que du bon !

4.5/5

One Punch Man – Saison 1

Je précise saison 1 car la probabilité d’une future saison 2 est quasiment certaine face au succès de l’anime. Le succès n’est clairement pas volé ! C’est fun, vif, drôle, punchy ! Ca fight dans tous les coins avec une énergie folle qui n’est pas sans rappeler des plans barrés de Fuli Culi. Les personnages sont attachants, tous à leur manière, mais ce qui fait le plus plaisir, c’est de regarder un shônen de baston qui s’affranchit des entraînements pour devenir plus fort. Ici, Saitama est déjà le plus fort, le type qui terrasse n’importe qui en un seul coup de poing ; du coup, la dynamique de l’anime se situe ailleurs. Le concept était casse-gueule mais il s’en sort avec brio. La musique de Jam Project dépote. Bref, regardez One Punch Man ! Vous êtes obligés !

5/5

Macross – Do you remember love?

La licence Macross est largement dans mon top 5 des animes que je préfère toutes catégories confondues. La première série en dépit de ses 30 ans tient toujours la route, Zero est top, Frontier est fantastique. Il n’a pas une série que je n’aime pas. Pour les films, le constat est un peu plus mitigé. On a eu du bon, et du très mauvais. Plutôt que de remater pour la n-ième fois la première série avec « Rick Hunter », je me suis dit que j’allais regarder le résumé, à savoir le film Do You Remember Love?. Durant toute la durée du film, j’étais tiraillé entre mon amour pour la série et le ridicule du film. C’est bien simple, il y a des incohérences partout ! Des trucs totalement improbables à mettre sur le dos des raccourcis que le créateur s’en sentit obligé de faire pour caler 36 épisodes de 20 minutes dans un long de 90. Le plus triste dans l’histoire, c’est que le film est devenu canonique et toutes les séries post-84 se raccrochent au film et non la série (parfois, elles se raccrochent un peu aux branches en citant le film comme étant un film dans la série). Il prend même des libertés étranges sur la mythologie. Sauf le film n’est pas à la hauteur de la série, alors épargnez votre cerveau et regarder plutôt la série originale à la place (Macross, hein, pas le découpage moisi américain appelé Robotech!). Vous aurez alors un 5/5 !

1.5/5

Zoolander 2

Il est des films qui vont tellement loin dans le débile qu’il en deviennent géniaux ! Zoolander fait partie de ceux-là. C’est vraiment très, très, très con. Et c’est en cela que c’est génial ! Derrière les vannes parfois haut perchées se cachent un fond de vérité ironique qui donne au film un autre degré de lecture derrière la dérision. Après, on va pas se leurrer, il faut être dans le trip et avoir vu le premier. Si vous avez aimez, vous apprécierez le second opus. Sinon, vous détesterez tout autant !

4/5

Pride and Prejudices and Zombies

Je pense qu’il est raisonnable de dire que Jane Austen n’est pas ma tasse de thé. Du coup, aucune chance que je lise ou regarde un film Pride and Prejudices. Oui, mais si on balance des zombies dedans, hein ? Et bien vous avez toute mon attention. Alors, c’est pas le film de l’année, loin de là. C’est pas un bon film de zombies, c’est pas un bon film romantique, c’est pas un bon film d’époque, mais c’est un bon film bien foutraque qui mélange tout en balançant des acteurs de Doctor Who et Game of Thrones dans le tas pour lui donner du cachet victorien. Le méchant est méchant, les gentils font des trucs au ralenti comme des poseurs, ça se prend pas au sérieux à l’image du pitch de base « et si on mettait des zombies chez Jane Austen ? ».  Bref, c’est pour les amateurs de zombies qui ont déjà fait le tour de la question et qui cherche un nouveau concept idiot pour passer une soirée. Je travaille moi-même sur un nouveau concept idiot pour me faire des tunes sur la vague de la mode : Pride and Prejudices and Sharks !

3/5

Shigatsu wa Kimi no Uso (Your Lie In April)

Deux séries animées dans le même mois, il faut croire que j’avais pas grand chose à faire ! Complètement différente du shônen présenté un peu plus haut, Your Lie in April s’adresse plutôt aux amateurs d’anime type Golden Time et autre romcom. Tiré d’un manga, on suit la vie assez déprimante d’un jeune pianiste brisé qui va tomber sous le charme d’une violoniste un peu fofolle. Il va falloir aimer la musique classique, les scénarios cousus de fils blancs, les personnages qui chialent à tous les épisodes (tous !), des bricolages un peu forcés sur les relations entre les personnages pour apprécier cet anime. J’aurais pu largement descendre la note à cause de tout ça, mais comme je l’ai binge watché comme une brute ce serait comme mentir. Bref, c’est pas l’anime du siècle mais certains épisodes, dont le dernier valait le coup d’oeil.

2.5/5

The Fault In Our Stars

Enchainer Shigatsu wa Kimi no Uso avec The Fault In Our Stars n’était probablement pas la meilleure des idées. A moins de vouloir se taper un weekend top dépression ! La bonne nouvelle, c’est que peu d’histoires arrivent réellement à me surprendre ; du coup, dès le premier quart d’heure, j’étais mentalement préparé au grand huit émotionnel du dernier acte. Le sujet du film est dur, surtout pour un film estampillé Young Adult comme l’est le roman originel. Heureusement, le scénario comme les acteurs et la réalisation ont le bon goût d’éviter le pathos pour finalement délivrer un message positif sur la vie et l’amour. C’est un film que je recommande chaudement, même si vous n’aimez pas les romances, mêmes si vous n’aimez pas les films pour ados et même si, comme moi, vous n’aimez pas les films qui traitent de maladies et d’hôpitaux !

4.5/5

Zootopia

Passer après Vice Versa aurait été un défi pour n’importe quel dessin animé, Disney ou pas. Zootopia avait un lourd héritage à assumer et c’est l’échec : long, pas hyper bien écrit, avec des personnages pas super attachants, des musiques pas géniales (Shakira ? Erk…), un univers particulièrement hermétique (sérieusement, une scène d’exposition pour expliquer pourquoi des animaux vivent comme des humains ? On n’avait pas besoin de ça dans Robin des Bois et c’était mille fois mieux).

0.5/5

Man Up

Je fais mon résumé mensuel en fin de mois, pour éviter de faire une critique trop à chaud (en bien comme en mal). Mais pour ne pas en oublier, je fais la liste au fur et à mesure. Et quand j’ai relu le titre « Man Up » pour faire l’article, bim, le blanc. Ce qui en dit assez long sur le caractère ultra-générique du titre et de cette rom-com. Honnêtement, ça cassait pas trois pattes à un canard. Le quiproquo de base est intéressant, avant de retourner sur le chemin ultra-balisé de la rom-com façon hollywood avec les clichés du genre « ils se détestent », « il veut faire rager son ex », « je cours à la fin pour la rattraper »… blablabla. Vite vu, vite oublié, malgré la présence de Simon Pegg.

1/5

Geek Charming

Si le sujet de The Fault in Our Stars est trop lourd pour vous mais que vous voulez satisfaire votre soif de films Young Adult tirés de romans, Geek Charming est à l’autre extrémité du spectre (vous savez, le côté niant-niant bisounours). Il faut aussi préciser que c’est un téléfilm pour le Disney Channel. Mais comme c’est de la YA et que j’ai pas le temps de lire tous les romans du genre pour nourrir un cerveau qui a envie d’écrire un roman du genre, bah je regarde les adaptations. Donc globalement, c’est pas terrible, l’acteur principal a le charisme d’une moule, l’humour bon enfant est à l’image du network de diffusion, ça suit un chemin classique pour le genre, il y a des parti-pris de narration étranges et ça a son lot de raccourcis et d’incohérences mais ça fait exactement le boulot qu’on attend d’un téléfilm sur Disney Channel. Si vous n’aimez pas le genre, si vous n’avez pas 15 ans ou si vous n’avez pas envie de proposer une oeuvre pour les ados, vous ne regarderez pas de toute façon… Moi, je rêve d’écrire un truc du genre !

3/5

Avatar

Croyez-le ou non, mais je n’avais pas encore vu Avatar. La faute à la hype et mon côté rebelle qui refusait de regarder. La faute à mon côté plein de préjugés sans fondement (« olala, mais on dirait l’histoire de Pocahontas », « olala, ça pique les yeux tout ce bleu-vert-violet »). Du coup, j’ai fini par m’y intéresser un peu parce que je ne savais pas quoi regarder. Le verdict est somme toute assez simple : bien mais pas top. Le film souffre d’un scénario carrément passe-partout avec des personnages bien stéréotypés (le méchant capitaliste, le vilain militaire bornée, le gentil samaritain, le faux antagoniste, etc.) qui m’ont fait régulièrement décrocher durant les trois heures de film. Si Avatar a réussi à faire le carton plein à sa sortie, c’est – à mon avis – à cause de sa révolution technologique (aujourd’hui encore ça reste impressionnant mais le côté fake ressort clairement sur certains plans). Ca reste un film qui brasse des idées très génériques, que j’oublierai d’ici deux mois à l’exception de scènes vraiment intéressantes mais qui aurait pu être traitées dans un western avec des indiens ou un documentaire sur l’Afrique Noire (je parle du côté shamanique des Na’Vi, ce qui m’a le plus plu). Le véritable point positif d’Avatar du film s’appelle James Cameron, et c’est surtout grâce à lui que le cinéma franchit certains caps, notamment technologiques…

3/5

Suzuka est un manga Kôji Seo, paru aux éditions Pika.

Yamato Akitsuki quitte sa campagne pour s’installer chez sa tante à Tokyo, qui tient une pension de jeunes filles et des bains. Dès son arrivée dans la capitale, il tombe immédiatement amoureux d’une inconnue qui fait du saut en hauteur. La jeune fille en question s’appelle Suzuka, c’est sa voisine et il va se retrouver dans la même classe. Va alors commencer une lente et douloureuse conquête de son coeur…

Quand j’ai envie de dépenser de l’argent en petite quantité et que je ne sais pas quoi prendre pour me faire plaisir, en général, je vais dans un manga-shop et je fouine. Après quelques gerbes sur des shojos piochés au hasard puis reposés immédiatement, il m’arrive parfois de trouver un truc que je ne connais pas et qui me plait. C’est comme ça que j’ai trouvé A Town Where You Live, manga de Kôji Seo, typiquement dans mon péché mignon : les comédies romantiques adolescentes. Sauf que celle-ci est en cours de publication et que je suis rapidement venu à bout des tomes parus. J’ai donc essayé Suzuka, la série que l’auteur avait réalisée avant.

Les deux sont finalement assez proches et s’inspirent grandement du vécu du mangaka, expatrié de son Hiroshima natale pour vivre sa carrière à Tokyo (on retrouve d’ailleurs beaucoup de thèmes commun, que je détaillerai un jour dans la chronique de A Town Where You Live, quand la série sera achevée (oui, je ne fais plus que des chroniques de séries complètes (sauf pour faire de la pub à des amis talentueux, comme Appartement 44))). Mais la série est moins à propos des petites anecdotes du bouseux qui découvre la vie à la ville (ou vice versa) que des troubles affectifs du jeune Yamato. On est dans du bon gros shônen romantique avec son lot de passages obligatoires (je ne vais pas tous les lister encore… rendez-vous ici) et son héros qui accumule les quiproquos et les gaffes à la chaîne.

Je vais pas vous la faire à l’envers, Suzuka n’est pas le meilleur manga du genre et on lui préférera allègrement les moins bonnes des oeuvres de Kawashita (allez, au pif, Ane Doki). Pourtant, il n’est pas dénué d’intérêt, loin s’en faut, mais il faut plus considérer Suzuka pour ce que peu de manga du genre sont réellement : un reflet réaliste de la société japonaise.

Et oui, car si les premiers volumes insistent avec générosité sur le caractère sein/petites culottes cher aux amateurs du genre, le manga finira par se concentrer sur la relation en Suzuka et Yamato et les tourments qui en découlent. S’il est évident que le couple finira ensemble à la fin de la série, le manga a réussi le tour de force de me surprendre plus d’une fois. Parfois en bien, parfois en mal (il y a un nombre considérable de scènes qui frôlent le pathos insupportable et des décisions du protagoniste qui méritent des baffes). Et c’est finalement au travers de cette relation faite de non-dits et de « je t’aime moi non plus » qu’on peut lever un coin de voile sur cette question : qu’est-ce que c’est qu’être un lycéen amoureux au Japon dans les années 2000 ?

Finalement, quand on lit un manga romantique pour garçons dans le Weekly Shônen Jump, on retrouve souvent un grand nombre de poncifs qui relèvent plus du fan-service qu’autres choses. La question de la sexualité n’est jamais évoquée (ou alors avec un préservatif malheureux donné par un ami bienveillant), les rapports entre garçons et filles sont très stéréotypés, le top du top de l’érotisme se limite à deux mains qui se frôlent, etc. Du coup, Suzuka, prenant parfois le contre-pied, offre – au milieu de pas mal de défauts – une certaine vision plus juste d’une relation adolescente :

  • Manque de communication réciproque,
  • Manque d’information sur les bases de la vie sexuelle (on voit rien, je rassure les plus prudes… de la à dire que la frustration déborde sur l’irréalisme, il n’y a qu’un pas),
  • Relation à distance,
  • Responsabilités familiales,
  • Le poids de la famille et des engagements,
  • Etc.

Dans ma tête, au fur et à mesure de ma lecture, j’en venais à me demander comment – au-delà des nécessaires circonvolutions scénaristiques pour faire tenir la distance à la série – un tel couple pouvait exister avec deux êtres incapables d’exprimer correctement leurs sentiments. Je ne vais pas dire qu’on est capable de mieux gérer tout cela en occident (pas du tout même), mais derrière l’inadéquation sociale et les résolutions débiles de Yamato, j’ai pu y voir une facette peu explorée du Japon dans ce medium (a fortiori dans cette tranche bien particulière du manga), celle de personnes intraverties, subissant de plein fouet diverses contraintes sociales (notamment vis-à-vis de la scolarité) et tentant tant bien que mal de s’y accorder avec les sacrifices nécessaires.

Le manga prend certaines tournures qui m’ont parfois dépassé, me laissant parfois sur un goût de « mais comment peuvent-ils être pleinement accomplis en tant que personnes », mais c’était sans remettre le manga en perspective et en accord avec sa société : ils peuvent être heureux car ils ont dépassé ce que la société (parents, école, amis, etc.) attendait d’eux. Loin du genre harem qui fleurit en pagaille, il préfère se concentrer sur les personnages, leur personnalité et leur relation.

Bref, il s’agit d’un manga un peu plus mature qu’il n’y paraît, donc forcément intéressant.

On pourra mentionner pour ceux qui n’aiment pas lire qu’il existe un anime qui ne couvre que le début de la série. C’est pour cette raison que je n’ai même pas pris la peine de perdre mon temps à mater. Si certains s’y sont penchés, un commentaire à son propos sera le bienvenu.

Suzuka n’est pas le meilleur des shônens romantiques en milieu scolaire, ni le plus drôle, ni le mieux dessiné mais il s’en dégage une certaine fraîcheur et un sentiment de « vécu » certain qui le rendent particulièrement attachant. Il ravivera toutefois les amateurs en manque de came du genre !

Summer Wars est un long métrage d’animation réalisé par Mamoru Hosoda (Les Enfants Loups, Ame et Yuki) et le studio Madhouse (Redline). Distribué chez nous par Kaze.

OZ est un monde virtuel à l’échelle mondiale. Tout le monde possède son petit avatar, l’univers est découpé en ville, les applications en ligne se compte en milliards et même les entreprises les plus reconnues possède une façade électronique pour être représentées. En gros, OZ, c’est l’internet de dans 50 ans. Sauf que l’histoire se passe en 2010. Passons. OZ est génial. Sauf que OZ est piraté par une intelligence artificielle et que c’est l’économie mondiale et la sécurité (physique ou virtuelle) de chacun qui est en jeu. Qui va pouvoir se soulever et mater l’IA gourmande ?

Voilà pour les grandes lignes. Mais ce serait occulter ce qui se passe en dehors de OZ et qui occupe la plus grande partie du film. En effet, l’histoire est celle de Kenji, 17 ans, lycéen qui a échoué de peu aux Olympiades mathématiques. Oui, c’est ça, un gros nerd. Sur un malentendu, Kenji se retrouve embarqué à Nagano pour se faire passer pour le petit ami de Natsuki (encore une tsundere, tiens…) à l’occasion des 90 ans de sa grand-mère. Vous l’aurez compris, Kenji, c’est probablement celui qui devra affronter OZ, une famille étrangère, une grand-mère étrange et un tas de quiproquos.

Lors de sa sortie en 2010, je m’étais dit que ce serait vachement bien que j’aille le voir au cinéma. Manque de bol, j’ai pas pu. Ca aurait pourtant bien claquer sur grand écran. En 2010 toujours, je m’étais fait une idée complètement absurde du pitch : les avatars d’un MMO sortaient de leur univers pour prendre le contrôle du monde réel… Rien à voir avec la choucroute, donc.

Et c’est pas plus mal, car sous ses dehors de film ultra-techno-nerd, il s’avère que le vrai propos du film est complètement détaché de OZ ou des mondes virtuels. Le film se déroule pendant l’été, dans une très verdoyante campagne, au milieu d’une famille nombreuse et soudée. Le choc des mondes entre l’hyper-internet et le côté intimiste de cette famille est pour le moins flagrant, l’un et l’autre se contrebalançant en permanence pour appuyer les différents propos et thème sous-jacents :

  • Les dangers de l’infomatique non maîtrisé
  • L’importance de la famille
  • L’importance de se serrer les coudes, même en tant qu’étranger et surtout en temps de crise
  • Le passage à l’âge adulte (pour Kenji et Natsuki) si cher aux Japonais
  • Les valeurs familiales
  • Le courage et le surpassement de soi
  • Le deuil
  • Tradition vs modernité

Des thèmes que je qualifierai de « typiquement japonais ». Tous bien retranscrits et exploités, avec justesse et finesse, sans renforts de mots ou de poudre aux yeux. On retrouve dans la réalisation de Mamoru Hosoda une délicatesse rare et appréciable, un talent indéniable qui contribue à la très grosse réussite de ce film tant au box-office japonais que dans les divers festivals d’animation internationaux. J’avais déjà ressenti cela en matant son précédent film, The Girl who leapt through Time, et force est de constater que c’est devenu un réalisateur qui compte réellement dans le milieu et dont les amateurs attendent chaque nouveau film avec impatience.

Riche, complexe, en couches superposées, Summer Wars s’apprécie sur plusieurs degrés de lecture, grâce à une écriture subtile, une écriture fine et des personnages fouillés et attachants. J’allais faire une métaphore avec un tiramisu, je me suis retenu, mais l’idée gustative est là. Film catastrophe, d’anticipation, familial, d’adolescents… difficile de le cataloguer tant il jongle avec virtuosité sur plusieurs genres.

Bon, par contre, je vais pas vous la faire à l’envers, on se situe au niveau ++ du film d’animation, du genre qu’il sera délicat de placer devant des mirettes complètement néophytes (commencez par du plus accessible, genre Totoro…).

Bon, c’est bien les films contemplatifs sur fond de ciel bleu sans nuage et de cigales, mais dans Summer Wars, il y a War, et le film sert à l’amateur des combats bien shonen avec du poing qui va dans la gueule, des gros moments de tension, des cliffhangers de ouf, des climax de folie et des hurlements quand on appuie sur la touche « Entrée » qui vous feront jubiler sur votre canapé.

Le design de OZ est certes particulier et ne manquera pas de  choquer l’œil non averti ou habitué aux univers virtuels made in USA (j’étais pas averti avec mon pitch bidon, je le dis, ça m’a surpris). De base, je ne suis pas fan de la 3D dans les films d’animation, mais je reconnais sans mal que son utilisation et le choix couillu du design permet de renforcer le clivage technologie/tradition susnommé. Une fois qu’on est dedans, on s’y fait très vite. Je dirais même plus : une fois qu’on est dedans, ça déboite un poney !

Summer Wars est à l’image du Japon d’aujourd’hui : à la recherche d’un équilibre entre ses valeurs traditionnelles et sa conquête technologique. Oeuvre ambitieuse et complexe mais parfaitement maîtrisée, le film est une vraie réussite, une petite perle à placer sur l’étagère des Hayao Miyazaki et des Satoshi Kon. Un indispensable quoi !

Ane Doki est un manga de Mizuki Kawashita (Hatsukoi Limited), paru en 3 volumes aux éditions Tonkam.

Kota a 13 ans, il est au collège. Normal. Natsuki a 17 ans, elle est au lycée. Normal. Kota rentre de chez lui avec une glace parce qu’il fait chaud. Normal. Natsuki a chaud aussi, elle lui taxe sa glace. Ils se connaissent ni d’Eve ni d’Adam, hein, mais passons. Ensuite, Natsuki apprend que Kota vit tout seul, elle décide alors de s’installer chez lui. (Complètement CDLS) Et c’est parti pour un festival de clichés du genre.

Ah… La magie des prémices d’une série romantique d’une comédie adolescente complètement improbable ! Celles que je préfère ! Il faut dire que celle-ci tient le pompon de la débilité par abus de n’importe quoi ! Déjà qu’avec Ichigo 100% je trouvais que c’était limite (mais plausible – on ne sait jamais quand une petite culotte à fraises peut vous tomber sur le coin de la tronche !), mais là avouez qu’on devrait carrément classer Ane Doki dans le rayon science-fiction.

Inutile de dire que ce n’est pas le meilleur manga de l’auteur. Mais bon, on reçoit tellement peu de Kawashita-like en France qu’on est bien forcé de lire ce qu’on trouve et de l’apprécier pour ce qu’il est. Au moins, c’est court. Mais on sent très clairement de la repompe des ficelles utilisées dans son premier succès critique et public (Ichigo). Petit florilège :

  • La nana délurée dont on voit souvent la petite culotte
  • Le héros empêtré dans un harem potentiel (et bien sûr, il ne saura pas qui choisir avant la fin)
  • La nana qui ne peut s’empêcher de finir dans le lit du héros par hasard
  • La jeune fille amoureuse du héros, mais qui n’est pas la nana susnommée
  • Les copains un peu relous
  • La fête de l’école
  • Le père totalement absent
  • La fin 4 ans plus tard (qui pour le coup, est vraiment abusé vis à vis de celle de Ichigo, limite copiée-collée)
  • La psycho-rigide anti-comportements sexuels bordeline
  • La scène du bain
  • Et j’en passe.

Il faut vraiment attendre la fin du tome 2 et le 3 pour que l’histoire décolle et devienne autre chose que de la resucée. En même temps, c’est probablement à cette époque-là que le directeur de publication à dû dire à la managaka: « Ton manga marche pas, il sombre dans les votes, il va falloir faire quelques choses ou t’es bonne pour un arrêt ma cocotte. » (Oui, j’imagine très bien un directeur éditorial dire « ma cocotte » si je veux)

Note qui n’a rien à voir parce que je sais pas quand et si j’en ferai une chronique : Pour ceux qui s’interroge sur le mode éditorial des mangas au Japon, je recommande la très bonne série Bakuman

Ça n’a pas dû suffire et la fin est catapultée sans crier gare. Tant mieux, j’ai envie de dire. Au moins, notre porte-monnaie ne souffrira pas et on s’offre un petit shot de comédie romantique adolescente loin d’être révolutionnaire mais toujours amusante à lire. Comme d’habitude, je conseillerais Ichigo 100% en version papier.

Et puis, bon, même si c’est pas très original, un peu débile dans le pitch de base, pas spécialement bien exécuté dans le scénario, je n’ai pas boudé mon petit plaisir de fan-boy. Si vous aimez le genre et la mangaka, aucune raison de ne pas aller chez votre libraire.

Il ne reste malheureusement plus beaucoup de mangas de Kawashita à se mettre sous la dent, pour nous autres fans : Un Boku no Idol qui a l’air de ressembler à un obscur one-shot et un (G)Edition qui lui marche plutôt bien au Japon. Reste à savoir si Tonkam l’éditera et si oui, quand ?

Note pour moi-même : il faudrait aussi que j’écrive un manga romantico-ecchi dans une ambiance lycée-collège ! Chercher un dessinateur balèze en petites culottes…

Ichigo 100% est un anime japonais des studios Madhouse (Redline), d’après le manga éponyme de Mizuki Kawashita (Hatsukoi Limited), distribué chez nous par Kaze.

Je venais de finir le dernier manga en date paru en version française de Kawashita (et dont je vous parlerai bientôt) et je me disais que je me relirai bien les Ichigo 100% qu’elle avait faits. Sauf que je n’ai pas les mangas en question sous la main. Je me suis donc rabattu sur la version animée de celui-ci. Verdict…

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire : résumé. Manaka Jumpei est un garçon normal, limite bateau, passe-partout et insignifiant. Un jour une demoiselle avec une petite culotte avec des imprimés de fraises lui tombe littéralement sur le coin de la tronche. Il en tombe amoureux mais ne la reconnait pas (quel idiot, c’est Tôjô, elle est dans sa classe…). Dans le même temps, il va se déclarer à Tsukasa qui est accessoirement la plus jolie fille du lycée (qui lui dit oui). On rajoute l’inconnue trouvée par hasard qui va devenir sa meilleure pote, l’amie d’enfance qui ne peut s’empêcher de dormir à poil dans son lit et une autre tripotée de jeunes filles en fleur et vous avez la sauce de Ichigo 100% : un ado qui n’a globalement rien pour lui mais dont toutes les filles tombent amoureuses, et comme elles sont aussi charmantes les unes que les autres, il n’arrive pas à se décider…

Ca dure pendant 19 volumes papier, à grands renforts d’érotisme léger façon ecchi et petites culottes, ça utilise tous les poncifs du manga romantique pour garçons, mais j’adore ! De la comédie harem quoi ! A la Is, Video Girl Aï et j’en passe. Sauf que pour le coup, Ichigo 100% met trois longueurs d’avance à toutes les autres !

Après, on aime ou on n’aime pas ce genre de manga. Mais la question n’est pas tant de juger de la qualité du scénario (qui est, à la base, particulièrement débile) mais la qualité et l’intérêt de son adaptation.

L’idée de retrouver Jumpei et Tsukasa animés me réjouissait, j’ai vite déchanté. La production a visiblement été fait à la va-vite et la qualité varie grandement d’un épisode à l’autre, jusqu’à rendre des visages parfaitement méconnaissables ! La voix de Jumpei japonaise n’est pas celle que je m’imaginais, celle de Tôjô carrément insupportable ! On devra aussi se frapper une bande son des plus insupportables ici et là (mention spéciale à l’outro, qui rappellera des bons souvenirs aux amateurs de Dance Dance Revolution).

L’anime se découpe en 12 épisodes de 20 minutes bien tassées, ces épisodes étant en fait une combinaison de 2 mini-épisodes vaguement reliés entre eux. S’en suit une OAV de 20 minutes qui leur fait directement suite et 4 OAV qui reprennent des passages du manga sans être la suite de la série… Production chaotique et choix bizarres, disais-je.

Première frustration : vous n’avez pas toute la série, vous ne connaîtrez pas la fin ! Exactement comme pour Kare Kano ! En plus la fin de la série est intéressante à plus d’un titre, notamment de par la multiplication des intrigues amoureuses qui débordent du pentacle originel.

Deuxième frustration : à super-hacher le manga papier pour tirer des épisodes de globalement 8 minutes, le rythme est ultra-rapide ! Des coupes sévères ont été effectuées dans la narration au point qu’il est difficilement de saisir l’intégralité des ellipses si on n’a pas lu le manga. Pire encore, l’anime s’attarde sur des moments particuliers qui, manquant de corrélations avec les précédents ou les états d’âme des personnages, rendent certaines scènes ridicules (oui, encore plus ridicule que le synopsis ultra-réducteur que j’ai fait).

Au final, cet anime dérivé d’un manga n’en vaut très clairement pas la peine ! Passez votre chemin ou, mieux, investissez l’argent du coffret DVD pour vous procurer les premiers volumes de la série papier ! Là vous ne regretterez pas si vous aimez le shônen romantique.