Articles Tagués ‘Ryan Gosling’

The Founder

Un biopic sur l’empire Mc Donald’s avec Mickael Keaton, qui pourrait dire non ? Pour connaître l’histoire derrière la plus grande chaîne de restaurant du monde, et accessoirement pleurer devant l’ultra-capitalisme à dents longues made in America.

4/5

Teen Titans – The Judas Contract

La branche DCA continue de développer son univers avec un nouveau film Teen Titans. J’ai été agréablement surpris, tout comme j’avais été surpris par le dernier Teen Titans et Justice League Dark que j’avais pu voir. C’est fun et dynamique. Un excellent dessin animé en somme. Ca m’a donné envie de lire les comics et de revoir Young Justice !

4/5

La La Land

J’ai pris mon temps pour voir le grand gagnant de Oscars. Il faut dire que les comédies musicales, ce n’est pas ce que je préfère. En fait, dès que ça chante, ça me saoule (oui, Disney, je pense à toi). Il n’y a guère que Grease que je tolère et ça tient essentiellement au fait que je l’ai vu petit et qu’ j’avais kiffé. Bref, j’étais pas emballé par La La Land sur le papier. Et force est de reconnaître que c’est vachement bien foutu ! Je me suis surpris plusieurs fois à avoir un sourire en coin pendant mon visionnage. Damien Chazelle est loin d’être un manche derrière sa caméra et l’alchimie Gosling-Stone marche toujours. Je ne le reverrai pas 8 fois comme certains, mais c’était plaisant.

4/5

K-ON! Saison 1

Je n’étais pas spécialement emballé à l’idée de mater un anime sur un groupe de filles, c’est la partie « groupe de musique » qui m’y a poussé. Et franchement, c’est très drôle ! Je ne regrette pas. Les musiques sont un peu bateau dans cette première saison et elle est surtout portée par ses personnages un peu déjantés (la prof en tête). J’enchaînerai avec la saison 2 et le film.

4/5

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Turbo Kid

Stop ! Arrêtez tout ! Posez ce DVD ultra générique que vous alliez acheter (sûrement un truc avec des types en collants puisque c’est à la mode) et demandez au vendeur d’aller vous chercher celui de Turbo Kid ! Turbo Kid est probablement le film le plus cool que j’ai vu depuis des mois ! La musique synthwave déboite, l’univers rétro-futuriste est génial, les personnages sont attachants, les effets gores rigolos, le casting permet de revoir Michael Ironside et de découvrir une pétillante Laurence Lebœuf ! Je ne veux pas en dévoiler plus pour vous laisser la surprise de la découverte ! Combien de points d’exclamation dois-je mettre pour prouver que ce film est extraordinaire ?! Foncez, foncez, foncez !

5/5

Rurouni Kenshin – Meiji Inferno & The Legend Ends

Comme je disais le mois dernier, le premier film live sur la licence Rurouni Kenshin a trouvé son public en salle. Donc, une suite s’est rapidement mise en chantier. Et dans la tête d’un producteur, on s’intéresse avant tout aux billets verts donc « la suite » s’est aussitôt muée en trilogie. Une trilogie rushée (le premier opus est sorti en 2012, les suites en 2014) qui souffre du syndrome trilogie Matrix. Donc un épisode 2 sans fin conclusive et un épisode 3 vide. C’était long et ennuyeux, tout juste rattrapé par les combats qui arrivent ça et là. Mieux écrit, on aurait pu avoir un seul film potable, avec plein d’action. Bref, potentiel gâché sur un autel de billets, encore une fois…

1/5

Gate: jieitai kanochi nite, kaku tatakaeri

Une série anime qui propose un pitch un peu éculé : quelqu’un de notre monde se retrouve dans un univers de fantasy. Le gros point innovant reste de se placer à l’échelle d’un pays (le Japon) et de se focaliser sur l’aspect diplomatique de la découverte d’un nouveau monde. Beaucoup de critiques semblaient dire que le pro-militarisme était gavant mais pas tant que ça si on y réfléchit. Certes, des Japonais avec des fusils automatiques bousillent par paquet de douze des trouffions dont le summum de la technologie militaire est l’épée. Mais ce serait pareil dans un film américain. On regrettera que certains passages aient vite été expédiés, que la fin n’en est pas vraiment une (comme d’hab’ avec les séries animées) mais si vous aimez, rien ne vous empêchera de vous rabattre sur les manga. La galerie de personnages est intéressante (à part l’elfe, comme tous les elfes…) et présente des archétypes qu’on voit assez peu, comme la déesse de la guerre en lolita ou l’otaku fainéant comme héros (encore que, on est borderline cliché là). Un anime divertissant en somme. Profitez qu’on puisse trouver le premier épisode sur youtube…

4/5

You Again

Il m’avait tellement marqué qu’aux 3/4 du film, je me suis dit « Mais en fait, je l’ai déjà vu ! ». Donc voilà, ça en dit assez long sur l’intérêt du film et l’impact qu’il aura sur votre vie. Sa seule curiosité est de réunir Sigourney Weaver et Jamie Lee Curtis et de les opposer autour d’un prétexte adolescent un peu bidon. Avouez qu’on aurait préféré voir les stars de Alien et Halloween dans un film d’action badass plutôt que dans une comédie pleine de bons sentiments. Les amateurs de Kristen Bell trouveront également une raison supplémentaire de regarder. Les autres ont déjà un DVD de Turbo Kid à regarder.

2/5

Kokoro Connect

Deuxième série animée du mois. C’est le pitch de base qui m’a semblé intéressant : un groupe d’adolescents commence à changer de corps. En soi, c’est pas nouveau-nouveau comme concept surtout avec un couple qui ne peut pas se piffer pour finir ensemble à la fin. Du coup, oui, c’est un anime romantique. Mais la notion de groupe apporte un petit plus. Et surtout, le côté échange de corps ne dure quelques épisodes avant de passer à d’autres types de phénomènes et d’échanges. Ce qui est intéressant dans Kokoro Connect, au-delà de romances un peu clichés, c’est que les interactions entre ados finissent par poser des questions plus profondes sur la nature de l’homme : qu’est-ce que l’âme ? le corps est-il une composante de soi ? Ce genre de considérations que je ne m’attendais pas à trouver dans un anime vendu comme de la romance ados. On regrettera que l’anime reste évanescent sur l’origine des phénomènes. Avis aux amateurs qui n’aurait pas fait le tour du genre.

3.5/5

Pelé

Dire que j’en ai rien à battre du foot relève de l’euphémisme. Mais j’adore les biopics. Du coup, ma curiosité m’a poussé à regarder celui sur la légende vivante du ballon rond brésilien. Donc la bonne nouvelle, c’est que même si ce sport, la FIFA, les stades, les beaufs ou la grammaire approximative de Ribéry vous filent de l’urticaire, c’est que cela ne vous empêchera pas d’apprécier ce film, découvrir une facette du Brésil méconnue ainsi que l’ascension de celui que l’on nomme Pelé. C’était étrange de voir des Brésiliens parler anglais et non portugais mais je suppose qu’on ne peux pas tout avoir… Divertissant, bien calibré pour la gloire du sport et du pays de Pelé (et non à la gloire du personnage lui-même). Je ne suis pas assez calé pour juger de la véracité de l’histoire racontée mais ça fait le job pour les ignares comme moi.

3.5/5

Friday Night Lights

Avant d’être une série de 5 saisons de qualité, Friday Night Light était un film, toujours de Peter Berg. Le film reprend globalement la trame de la première saison, avec les mêmes personnages et parfois les mêmes acteurs. La grande force de FNL est non pas de proposer un classique film de sport, avec une équipe de losers, des discours enflammés dans les vestiaires, des moments de bravoure… Non, FNL est un film nettement plus profond et s’intéresse à ce que cela signifie de jouer au football dans un trou du Texas où l’on considère ce sport sur une religion. Fardeau, contrainte, libération, promesse… chacun porte une croix avec une chaîne reliée au ballon ovale. C’est touchant, dur, intéressant mais ne mérite pas le note parfaite à cause d’une caméra un peu gerbante. A choisir également, je penche plutôt pour la série.

4/5

The Trust

J’ai un nouveau théorème : « si Nicolas Cage porte une moustache, son film sera bon ». J’attendais pas grand chose de ce direct-to-DVD, avec un acteur qui accepte tous les rôles que son agent propose pour assurer son train de vie onéreux, même – surtout – si le film est pourri et tourné au fin fond de la Moldavie. Il se trouve que c’était bien, ce film de braquage peu conventionnel. Pas le film du siècle, mais il est porté un duo d’acteurs sympathique (Cage et Frodon) sur un scénario qui se permet d’être un peu plus profond qu’il n’y parait. En fait, c’est un des rares scénarios récents qui évite l’écueil facile de tout raconter pour laisser place à des expositions et explications tacites. Bref, je recommande.

4/5

Un Fauteuil pour Deux

C’était la séance vidéo-club du mois, avec un film que je n’avais pas vu depuis genre 20 ans après l’avoir loué dans mon ancien vidéo-club qui puait le tabac. Etrangement, le film n’a pas tant vieilli que ça et il est toujours agréable à regarder. J’avais complètement oublié que Jamie Lee Curtis était au casting, aux côtés de Dan Aykroyd et Eddie Murphy (qu’il est décidément difficile d’entendre autrement qu’en français…) Ca fleure bon la nostalgie et Hollywood n’a pas encore eu la brillante idée d’en refaire un remake avec gender-swap à la mode. On ne boudera pas son plaisir devant cette comédie culte des années 80.

4/5

The Big Short

J’ai dû m’y reprendre à trois fois avant de rentrer dedans. Et même une fois dedans, c’était chaud à suivre. Car même si Margot Robbie ou Selena Gomez expliquent des concepts financiers de haute volée en termes simplifiés, ça reste tout de même hyper compliqué à suivre ! Pourtant, c’est un film intéressant qui retrace le pourquoi du comment de la crise financière de 2008 (en gros, on sait que c’est la faute aux banques, mais c’est largement plus compliqué que ça). On regrettera que le film est américano-centré (en même temps, c’est de leur faute si on a eu tout ce caca). Le casting 4 étoiles est parfait, surtout Steve Carell dont le potentiel dramatique ne cessera jamais de me surprendre.

3/5

The Nice Guys

Stop ! Arrêtez tout ! Gardez votre DVD de Turbo Kid dans le panier, mais faîtes demi-tour et demandez au même vendeur de vous indiquer le chemin le plus court vert le DVD de The Nice Guys. C’est drôle, c’est fun, ça se prend pas au sérieux, c’est intelligemment mis en scène, la musique des 70’s est cool, les acteurs prennent visiblement leur pied. Au milieu de tous les films en copier-coller qu’on est en train de se taper soit parce que c’est des mecs en collants, soit parce que c’est des reboots, soit parce que c’est des suites, soit parce que c’est des remakes, autant dire que le duo Russel Crowe – Ryan Gosling souffle comme un vent de fraîcheur sur les collines d’Hollywood ! Coup de cœur !

5/5

Switch

Voici le premier film 100% norvégien que j’ai vu. Dans le cadre de mes cours, pour être précis. Donc sans sous-titres, même dans la langue locale. Autant dire que j’ai eu du mal à piger toute la subtilité des dialogues de ses films pour ados. Ceci étant dit, Switch est un plagiat à peine éhonté de Karate Kid ! Remplacez les arts martiaux par le snowboard et voilà. Je me demande combien de producteurs et scénaristes norvégiens ont sérieusement cru que ça se verrait pas… Je veux dire : tout y est, absolument tout. Le gamin qui déménage avec sa mère célibataire à l’autre bout du pays, le héros qui tombe amoureux d’une nana qui a déjà un mec qui se trouve être le rival du héros, le rival se fait larguer par la gonz’ parce qu’il a été méchant, les humiliations du rival, le mentor qui sert d’homme à tout faire, qui est également un exilé (d’Amérique), qui prend en pitié le héros pour lui apprendre les arcanes secrètes d’un sport, le tournoi, le héros blessé au tournoi, le mentor qui rasfistole le héros au tournoi, le héros qui gagne le tournoi et la nana, l’entraînement mystique qu’on croit qu’il veut rien dire au départ… Pomme+C, Pomme+V. Littéralement. Mais comme je doute que quelqu’un regardera un jour Switch, autant que je conseille de mater à nouveau l’excellent Karate Kid ! Ou Turbo Kid

1.5/5

Now You See Me 2

Le premier volet pourrait être considéré comme « sympathique ». Genre un 2.5/5 avec un casting intéressant et une idée peu exploitée avec des magiciens mais à des lieux de qu’est Le Prestige. Et comme le premier film a fait un score décent au box office US, les exécutifs se sont dit que ce serait orignal de faire une suite… Le résultat est d’un ennui profond, accumulant des scènes de m’as-tu-vu à rallonge (comme le vol de la carte…), des couches d’épaisseur ridicule sur des personnages dont on se fichait dans le premier (Mark Ruffalo…). Globalement, le film cachetonne sur le précédent et n’a aucun intérêt. D’ici à ce que ça tourne en trilogie, y’a pas loin…

1/5

Les Délices de Tokyo

Stop ! Arrêtez tout ! Un dernier DVD dans votre panier et on en a fini avec ce mois. Les japonais ont un art particulier de filmer la vie, tout en pudeur et en contemplation, sans renfort de surexposition, de blabla ou d’effets de manche. Un film magnifique, tout simplement ! Dernier coup de cœur du mois !

5/5

Only God Forgives : Affiche

Only God Forgives est un film écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn (Drive) avec Ryan Gosling (Crazy, Stupid, Love) et Kristin Scott Thomas (Le Patient Anglais)

À Bangkok, Julian dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture au trafic de drogue familial. Sa mère débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chan, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics…

Voilà un film que j’ai fait trainé avant de le regarder. La faute aux mauvaises critiques qui ont jalonné la carrière du film depuis sa présentation à Cannes en 2013. « Simple », « idiot », « sans scénario », « vide », « chiant »… Il faut dire aussi qu’après le coup de massue qu’avait asséné Drive, les gens devaient attendre autre chose du duo Refn/Gosling. Sauf que Drive n’était pas un scénario de Refn, et que si ce dernier s’est vu offrir des ponts d’or, il a préféré finir un film qui le hantait : Only God Forgives.

Only God Forgives : Photo Ryan Gosling

Et je comprends le sentiment des gens qui tomberaient sur ce film avec l’espoir de voir un film à la Drive. Car c’est un film de Nicolas Winding Refn et sa filmographie loin du formatage hollywoodien est difficile à appréhender. Pourquoi ? Parce que Refn, inspiré par Scorsese et Jodorowsky, est un réalisateur qui implique dans la nature même de ses cadrages, compositions et choix de couleurs des éléments narratifs.

Pour mémoire, je vous invite d’abord à consulter cette vidéo très bien faite expliquant des logiques de cadrages sur Drive, ce qui devrait vous aider à saisir le style « Refn » :

Une fois que vous commencez à appréhender ce genre de techniques quand vous regardez un (bon) film, vous saisissez des non-dits du scénario. Aussi un scénario qui pourrait vous paraître creux ne l’est peut-être pas autant que vous le croyez… Et un personnage qui ne parle pas ne veut pas forcément dire qu’il n’a rien à dire…

Cette longue introduction étant faite, passons au coeur du sujet : Only God Forgives est en vérité un excellent film, et ne méritait absolument pas de se faire siffler à Cannes ! Attention, spoilers ! Donc allez voir le film avant !

La charmante Yayaying Rhatha Phongam qui joue la prostituée vous offre une chance supplémentaire de vous détourner des spoilers à venir !

Beaucoup ont reproché à Refn d’avoir dirigé Gosling de la même façon que dans Drive, en mode taciturne. Sauf que les deux personnages sont diamétralement opposés dans leur caractérisation. Le driver était un personnage très westernien, dont le silence reflète son contrôle sur l’environnement et sa puissance. Au contraire, le personnage de Julian est silencieux pour caractériser son impuissance et son vide intérieur.

Il apparait clair dans les dernières minutes du film que Julian, sous ordre de sa mère, est le meurtrier de son père et que c’est ce qu’il l’a poussé à quitter l’Amérique pour se réfugier à Bangkok. Et depuis, il est hanté par ce meurtre et cherche à la fois un sens à sa vie (un Dieu, une religion, quelque chose à laquelle se racrocher) et une rédemption pour son acte.

De nombreux plans du film sont consacrés aux mains, de façon très littérale avec des plans en vue subjective. Les mains de Julian représente indubitablement ce qui le hante au quotidien : le meurtre de son père. C’est la raison pour laquelle il n’arrive pas à les fermer, pour laquelle, il voit du sang sortir du robinet quand il se les lave… Ses mains sont vectrices de mort et il n’arrive pas à vivre avec. Mai la prostituée les attachent pendant qu’elle se masturbe. Au fond du fond, la culpabilité du héros est enfouie dans ses mains.

Aussi quand la scène finale arrive, avec Julian qui offre ses mains à Chan – que cette scène soit réelle ou non (personnellement, je ne pense pas) – il accepte la rédemption et de se libérer de la culpabilité qui le rongeait (car au fond, Julian est un type « bien » avec un sens aigu de la justice comme le prouvent ses choix hors de l’influence de sa mère).

Only God Forgives : Photo Kristin Scott Thomas

Cette « libération » fait suite à la découverte du corps sans vie de sa mère. Jouée par une Kristin Scott Thomas méconnaissable en Donna Versace du crime, la mère castratrice avait tellement d’emprise sur lui (je vous rappelle cette scène complètement folle au restaurant avec Mai et Julian où elle compare les tailles de bites de ses enfants…) que sa mort libère le protagoniste. Cette libération n’intervient qu’après une scène hallucinante où le héros découpe le bide du cadavre de sa mère pour y plonger la main… rappelant par la même la scène où il plonge la main dans l’intimité de Mai et le fait que sa mère entretenait des rapports incestueux avec ses deux enfants…

Only Gods Forgives, c’est un mythe d’Oedipe en trash.

Only God Forgives : Photo Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm

Disais-je plus haut, Julian offre ses mains à Chan, dans une scène mystique au milieu de la forêt. Chan représente donc la finalité de la recherche de Julian : Dieu. Et Julian va le reconnaître comme tel.

  • Quand il s’empare du sabre dans la maison de Chan, c’est comme s’il s’emparait d’une relique sacrée, de la symbolique du pouvoir de Chan (celle avec laquelle il rend son jugement) (et c’est avec cette arme que Julian tue symboliquement sa mère dans cette fameuse scène finale). L’arme étant un katana, il y a bien évidemment un symbole phallique évident, faisant de Chan une figure paternelle de substition…
  • Quand Julian défie Chan en combat, on retrouve la symbolique de l’homme qui se rebelle contre Dieu, ou veut le tester pour tester sa foi. Julian, même si on le dit mauvais boxeur, se fait littéralement défoncé la tronche, appuyant ainsi la « toute puissance » de Chan.
  • En dehors du châtiment punitif qu’il inflige à ses ennemis (mort, amputation, crucifixion ou pardon dans le cas du père qui à un fils handicapé), Chan est vénéré par ses anciens collègues policiers et possède une espèce de don de pré-science divin qui lui sauve la vie dans le restaurant, lui permet de retrouver son assassin dans les rues de Bangkok (et sûrement de prévoir les mouvements dans son combat contre Julian).
  • Chan c’est aussi le personnage qui disparait comme par magie quand Julian le traque…

Bref, Only God Forgives, c’est ni plus ni moins qu’un film sur un malfrat qui cherche une forme de rédemption dans la religion et à se libérer de sa mère

Only God Forgives : Photo Ryan Gosling

Tout ce propos du film est appuyé par les choix de lumière et de cadrage de Refn, notez l’utilisation démente des lumières, noirs et clairs-obscurs pour composer ses cadres, quitte à les rétrécir… Refn a produit un film « stylé », épuré dans sa narration. Ses choix de lieux de tournage dans la capitale thaïlandaise sont pertinents aussi pour la caractérisation des personnages :

  • Chan, la petite maison de banlieue toute simple
  • La mère, la suite d’un luxueux palace
  • Le hitman, un bar à hotesses rococco
  • Julian, la salle de boxe (donc sa mère) et la maison de passe (donc Mai), reflétant le poids de son passé et son désir d’avenir

Notons qu’il a fait une fois de plus appel à Cliff Martinez pour la musique et que celle-ci renforce le mythe insufflé par les silences et non-dits.

Only God Forgives est un film qui a laissé pas mal de monde sur le carreau, la plupart s’attendant à autre chose que le contenu réel du film. Pourtant, Nicolas Winding Refn a pondu une oeuvre authentique, viscérale et personnelle qui – que vous aimiez ou détestez – ne laisse pas indifférent. Pour moi, c’est un excellent film qui démontre une fois de plus que le cinéma est un médium visuel et que même minimaliste sur la forme, il n’est pas dénué de propos ni d’histoire. Un film à voir !

Vous avez noté ? Dans la bande-annonce, le plan où Julian pointe un flingue sur celui qui va tuer la fille de Chan, tout son corps est découpé dans l’encadrement de porte. Sauf la main qui porte le flingue. Cette main ne se sent pas coupable de tuer pour appliquer la justice… Alala, il y aurait tant à dire sur ce film et la réalistion de Refn de façon générale !

Drive est un roman de James Sallis, édité en français aux éditions Rivages, collection Noir. Il a aussi été adapté en film, avec Ryan Gosling.

Un cascadeur pour Hollywood arrondi ses fins de mois en étant chauffeur pour des opérations illégales. Un jour, un des braquages tourne mal. Le Chauffeur comprend très vite qu’on a essayé de le niquer. Il n’aime pas ça et va le faire savoir.

Allez, promis, c’est la dernière fois que je saoule mes habitués avec Drive ! Si vous avez lu ma chronique sur le film, vous savez déjà que j’adore ce film.

D’ordinaire, je ne lis pas les livres qui ont servi de matériaux de base pour des adaptations si j’ai déjà vu l’adaptation. Je l’ai fait pour la saison 1 de Game of Thrones (j’aimerais vraiment lire le tome 2 avant de voir la saison 2… mais la saison 3 va sortir et c’est toujours pas à l’ordre du jour…). Je l’ai fait pour les Harry Potter (et heureusement d’ailleurs !). Blade Runner, évidement. Mais c’est tout. J’avais bien essayé avec Jurassic Park en 1994, mais je n’y étais pas arrivé (le fait que j’étais alors un jeune branleur de la lecture ne m’a sûrement pas aidé…). Donc en général si j’ai le choix, je lis d’abord et ensuite je crache dans la soupe fade de l’adaptation.

Pour Drive c’est différent. Si le film était aussi génial, qu’en était-il de son roman original ? Car il faut savoir que, en général, les adaptations sont toujours pourries pour des raisons aussi diverses que variées inhérentes à la sacro-sainte rentabilité des productions filmiques. En d’autres termes, si on peut se faire un max de blé mais que pour ça il faut sacrifier l’essence du bouquin pour attirer la ménagère de moins de 50 dans les salles obscures, on le fait. Il y a tout de même des exceptions notables. La plus connues étant sans nul doute Fight Club, dont le film surpasse le livre. (Je ne cite pas Blade Runner, les deux supports étant trop éloigné pour réellement fonder une critique sur l’adaptation.)

Dans le cas Drive, je suis partagé. L’histoire est sensiblement la même à quelques variations près, notamment dans le rôle de Carey Mulligan, celui de son mari ou la sous-histoire avec la course automobile. Chacun sera libre de trouver les changements malheureux. On trouve dans le livre des morceaux très intéressants sur le passé du chauffeur, sur son très délicat sens de l’humour, etc. Un peu comme Blade Runner, l’adaptation prend des libertés et, honnêtement, si on me demandait de ne garder que l’un ou l’autre, je garderais le film. On comprend surtout pourquoi et comment le film est devenu culte et la façon dont il a façonné le film ou l’interprétation de Ryan Gosling.

L’écriture de James Sallis est très sec, très polar noir, avec un talent particulier pour décrire les villes et les quartiers comme des protagonistes à part entière. C’est fluide et agréable, même si la déconstruction de l’histoire dans les 2 premiers tiers pourraient perturber la compréhension (si on n’a pas vu le film, ça doit demander un petit effort pour suivre les allers et retour dans le temps et les différents personnages qui popent ci et là). L’humour est présent, en touches fines et noires. Il est court, il s’avale vite.

A noter que James Sallis a vu le film est c’est dit impressionné par la qualité de celui-ci et bluffé par l’interprétation de Ryan Gosling, campant un Chauffeur parfait. C’est notamment la raison pour laquelle il a entrepris d’écrire la suite de Drive (Driven, paru l’année dernière en VO), en pensant à l’acteur comme référence. La séquelle se déroulerait plusieurs années plus tard, ailleurs, avec un Chauffeur qui s’en irait buter du malfrat en masse après l’assassinat de sa fiancée. Bien sûr, Hollywood s’est dit intéressé. On espère simplement que les atouts du premier (réalisateur et acteur) seront de la partie si cela aboutit.

Drive est un excellent roman, dispensable pour ceux qui ont vu le film, indispensable pour ceux qui ont vu le film et veulent en apprendre beaucoup plus sur le passé du protagoniste. Si vous n’avez pas vu le film, comme toujours l’ordre, c’est livre puis film.

Drive est film réalisé par Nicolas Winding Refn (Bronson) avec Ryan Gosling (Crazy, Stupid, Love), Carey Mulligan (Never Let Me Go), Ron Perlman (Sons Of Anarchy), Bryan Cranston (Breaking Bad) et Albert Brooks (Taxi Driver), sur un scénario de Hossein Animi d’après le roman éponyme de James Sallis.

Un jeune homme solitaire, garagiste et cascadeur le jour, met ses talents de pilote hors-pair à qui souhaite l’employer pour des boulots criminels la nuit. Pour le moins froid et antipathique, il va toutefois s’éprendre d’Irène sa voisine et se prendre d’affection pour son fils Benicio. Un jour, le mari d’Irène finit par rentrer à la maison, non sans ramener des dettes contractées en prison qu’il doit maintenant payer au prix fort. Notre héros propose d’offrir ses servir pour l’aider à accomplir un casse… qui se termine mal. Le voilà seul, et le seul à pouvoir défendre Irène et Benicio…

Ce n’est jamais très facile d’écrire un pitch quand le protagoniste n’est même pas nommé dans le film. J’ai fait ce que j’ai pu.

Normalement, je devrais directement sauter à la conclusion et ne pas prendre la peine d’écrire un article pour ce film : Drive est une tuerie monstrueuse ! Arrêtez de lire mon blog et allez achetez le DVD ! Maintenant ! Si vous n’aimez pas Drive, vous êtes juste des gros nazes et je peux rien pour vous ! 

Un truc du genre. Parce que des fois, il faut savoir être tranché dans ses propos.

Mais je vais tout de même argumenter un brin pour étayer cette future conclusion. Et comme à chaque coup de cœur, il est délicat de savoir comment prendre la chose pour exprimer à quel point ce film est génial !

Commençons donc par le casting. Il suffit de le lire. Que des bons acteurs, toujours investi dans leurs rôles, toujours justes. Evidemment, le film est porté par Ryan Gosling. Parfait dans le rôle de ce conducteur sans nom, sans passé, incapable de laisser exprimer ses émotions autrement que de les vivre au travers de la musique qu’il peut entendre dans son auto-radio (je dis ça, mais ça reste mon interprétation au regard de l’utilisation de la musique). Son personnage est à l’image de ce cowboy solitaire qui peuplait les westerns des années 70 et sauvait la veuve et l’orphelin sans rien demander en retour. Il possède un talent que personne d’autre n’a (piloter une caisse), un sens de l’honneur exacerbé, un passé qu’on devine trouble et un charisme badass de mauvais garçon poseur. Un premier rôle comme on en trouve plus beaucoup et plus beaucoup de façon aussi bien exploitée.

Derrière lui, on trouvera une Carey Mulligan fragile et tiraillée entre ses nouveaux sentiments et son ancien mari, un Albert Brooks en méchant calculateur (un rôle déjà plusieurs fois récompensé), un Bryan Cranston toujours aussi fondu dans son personnage et Ron Perlman dans l’autre méchant aux dents longues.

Adapté d’un livre sombre, Drive fait dans l’apparente simplicité : un gentil qui essaie de protéger une donzelle de méchants qui veulent la tuer pour récupérer l’argent que possède le gentil. Mettez le scénario de Drive dans les mains de Michael Bay et imaginez le résultat que vous pourriez avoir (une bouse). Mettez le scénario dans les mains de Refn et vous avez un film qui se contrefiche des bagnoles, des courses-poursuite et des explosions pour s’intéresser aux personnages.

Car en dépit d’une bande-annonce bien gonflée à la testostérone pour marcher sur les plates-bandes de Fast & Furious (ce qui lui a d’ailleurs valu un procès d’une idiote d’américaine qui n’a visiblement rien pigé au film et l’attaque pour publicité mensongère – sic !), Drive est un film tout ce qu’il y a de plus existentialiste et s’intéresse avant tout au personnage sans nom et à son évolution dans l’environnement du moment (sa voiture, la ville, sa voisine, etc) et à sa caractérisation (décrite par ses réactions au dit environnement). Forcément, on perd la moitié du public qui cherchait des explosions !

Drive impose un rythme très lent (j’ai pas calculé dans le détail mais environ un plan sur deux est tourné au ralenti) afin de mieux supporter les émotions du personnage et sa façon de voir le monde : toujours sous son contrôle. Evidemment, avec un tel rythme, on perd encore un peu plus de spectateurs ! Mais Refn est un véritable maître de la précision dans sa mise en scène et rien n’est laissé au hasard dans la posture d’un personnage, dans ses gestes, son regard… C’est à ce moment-là que je glisse le prix de la mise en scène récupérée à Cannes l’année dernière pour appuyer mon propos.

A une mise en scène chiadée s’ajoute un montage sonore de dingue ! Que ce soit les chansons sélectionnées ou bien la musique d’accompagnement, tout l’environnement sonore s’attache à concorder à l’humeur du personnage et révèle des émotions que Ryan Gosling renferme. Calme, énervé, en plein nervous breakdown, perdu, amoureux… tout est supporté par la musique. C’est à ce moment-là que je cite la nomination aux Oscars pour le meilleur montage sonore pour appuyer mon propos.

Drive fait partie de ces films qui en disent donc plus longs par leurs silences que par des dialogues sans fin. Rien que la relation Driver-Irène, il y avait une infinité de façon de la représenter et de la massacrer, le film a choisi un angle à l’image du protagoniste : discret et classe.

Le film en lui-même comporte une esthétique proche des années 70 (les voitures, le héros, les thématiques) et rappelle bien évidemment Bullit et Taxi Driver. Il possède cette touche de simplicité comme on en trouvait dans les années 80 (il suffit de voir les crédits d’ouverture pour s’en convaincre). Mais Drive se regarde aussi comme on lirait une bande dessinée pulp et gore, avec des gros hommages au genre (forcément, ça rappelle Pulp Fiction) avec sa violence exacerbée et situations ahurissantes (de toute façon, il suffit de mettre un marteau dans une scène pour la rendre culte).

Drive est un film d’une intelligence narrative et filmique plutôt rare en ce moment, qui pourrait décevoir si on s’attendait à une n-ième pulpe moisie à la Fast & Furious featuring Gone in 60 seconds. Drive est un film pop et centré sur l’humain, pas sur des bagnoles. Drive est un véritable bijou à tous les points de vue, surtout ceux qui ne sont pas expressément évoqués.

Bref !

Drive est une tuerie monstrueuse ! Arrêtez de lire mon blog et allez achetez le DVD ! Maintenant ! Si vous n’aimez pas Drive, vous êtes juste des gros nazes et je peux rien pour vous !