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Tyranny est un jeu développé par Obsidian Entertainment et édité par Paradox Interactive

Des fois, c’est les méchants qui gagnent. Et ça tombe bien puisque vous faites partie des minions du méchant, s’en allant gaiement pacifier la dernière région insoumise, le dernier village de gaulois du coin qui fait rien que de la misère aux forces du vaillant Chef Suprême. Alors, comment est-ce que vous allez gérer le bordel pour la domination complète de votre patron ?

Après un Pillars of Eternity ma foi fort sympathique pour tous les amateurs de RPG restés à juste titre bloqués dans les années 2000 et vénérant Baldur’s Gate, Obsidian remet le couvert avec un autre RPG du même cru. Tyranny ne bénéficiant pas de la couverture médiatique d’un kickstarter à records, il y a fort à parier que beaucoup ont accueilli la nouvelle de « ah tiens, un nouveau RPG comme Baldur’s Gate » avec retard et circonspections. Il y a même fort à parier que beaucoup se fichent même de Tyranny car PoE avait un petit côté « vanilla » qui l’a empêché de se faire une vraie place aux côtés de ses aînés.

Et bien, c’est dommage, car Tyranny est un excellent jeu, largement au-dessus de PoE, à tout point de vue. Le fait de rouler pour le méchant de l’histoire qui asservit les peuples sous son joug à un petit côté libérateur et jubilatoire. En effet, en général, à moins d’être un gros sociopathes, un joueur lambda embrassera plutôt son côté loyal bon. Ici, on prend presque un malin plaisir à égorger des enfants parce que hein, c’est la volonté du chef suprême ! Le jeu propose – comme toujours avec Obsidian (Fallout New Vegas) – un univers ni tout blanc ni tout noir, avec des choix qui se répercute dans le temps et qui vont réellement avoir un impact sur votre destinée. D’ailleurs, l’équipe de développement a fait le choix d’une aventure plutôt courte (30 heures contre 100 pour PoE) avec une forte dose de réjouabilité avec ses quatre embranchements majeurs disponibles (j’en ai fait qu’un, celui de l’anarchiste qui dit fuck à tout le monde – mais je referai assurément au moins un run avec les Disgraciés).

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Le système de magie est vraiment hyper intéressant et offre une très grande liberté dans la création de sort ! En tant que sorcier rôliste, j’ai énormément apprécié la combinatoire derrière la mécanique magique (ça fait un peu comme une recette de cuisine).

Le système de progression est dit « sans classe », comme dans Skyrim. Ce qui veut dire que vous gagnez en expérience sur ce que vous utilisez. Normalement, ce genre de système a deux effets : vous vous ultra-spécialisez sur un nombre limité de compétences ou bien vous montez un peu de tout. Comme tenu de la durée de vie du jeu, autant dire que la deuxième solution est un piètre choix : vous devenez un peu mauvais partout et ne pouvez assumer aucun rôle clé dans votre groupe (tank, DPS, heal pour synthétiser). Et pour quelqu’un comme moi qui aime bien planifier et prévoir une progression, c’est pas ce que je préfère (je me rappelle avoir passer une dizaine de niveaux sur Skyrim avant de dépenser mes points de compétences, histoire de voir ce que je préférais faire). J’en profite pour glisser une astuce qui m’a desservi sur le end game : entraînez vos personnages à chaque niveau ! Il n’y pas de limite à vos compétences, donc pas de raison de se priver (surtout que la thune n’est pas un problème – et ça vous évitera de manquer de points de connaissances comme moi pour faire des sorts vraiment cools).

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La direction artistique est vraiment excellente, que ce soit sur le style un peu cartoony ou les dessins en 2D qui font très parchemin. Comme quoi on peut faire un jeu de fantasy avec un minimum d’âme sans avec l’impression de jouer à un n-ième copier-coller de poncifs génériques.

Une dernière note sur l’histoire. C’est du Obsidian et il n’y a rien à dire, c’est parfait, avec beaucoup d’embranchement avant même que vous ne commenciez à jouer (quand vous définissez l’univers de jeu en gros) et il y a énormément de moments juste jouissifs à vivre tout au long de votre aventure.

Tyranny est clairement la bonne surprise de fin d’année pour tous les amateurs de RPG sur PC. Un vrai coup de coeur, bien écrit, bien chiadé, avec une bonne durée de vie et une excellent rejouabilité. Tous les amateurs du genre devraient se ruer sur cette véritable pépite !

Bon, maintenant qu’on a fait la critique « Joueur » sympa, passons à la critique du game designer pinailleur qui ne peut pas s’empêcher de voir les défauts d’un jeu.

Et quand on y regarde bien, Tyranny souffre d’un manque d’équilibrage flagrant à l’heure actuelle. Bien sûr, comme d’habitude, vous commencez le jeu sans un rond et vous finissez riche à Crésus. Mais là n’est pas la question. Il s’agit surtout de décisions assez étrange. Déjà, on n’a pas des masses de compagnons d’aventure, soit. Mais cela pose deux problèmes : le premier, c’est que cela limite vos propres choix en matière de build et du rôle de votre personnage au sein de l’équipe. Assumez un rôle particulier vous impose à dégager celui un de vos compagnons, et malheureusement, en dépit du système sans classe, il va être difficile de faire d’un gros bourrin un magicien : déjà parce que ses arbres de talents orientent les PNJ vers deux orientations de gameplay (qui ne vous plaisent peut-être pas) et parce que la durée de vie courte du jeu vous limite très clairement dans la re-spécialisation de vos personnages en cas de mauvais choix (et à haut niveau de difficultés vous avez finalement assez peu de place pour les erreurs). Le deuxième point noir de si peu de compagnons est lié à leur histoire ; se faisant, vous avez TOUS les emplacements d’armure de DEUX personnages impossibles à changer. C’est ultra-frustrant !

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C’est d’autant plus frustrant que la répartition du loot – comme celui de la thunes – est loin d’être linéaire : pendant très longtemps vous récupérez de la bouse et quasiment immédiatement, vous croulez sous les artefacts légendaires dont vous ne savez pas quoi faire parce que 1. vous n’avez qu’un groupe de 4, 2. il est possible que dans ce groupe vous ne pouvez pas vous en équiper 3. vous n’êtes pas entraîné pour ces artefacts à cause du système sans classe et 4. vous avez déjà upgradé votre stuff à la forge.

Au final, le jeu possède trop de générosité pour sa durée de vie. Virer tout ce qui est craft n’aurait personnellement pas dérangé et aurait permis une progression de puissance moins foutraque. Précisons que le craft m’ennuie, car de façon générale, il est rarement bien fait et Tyranny n’est pas l’exception et il confirme la règle.

Je m’attendais aussi à un boss de fin ingérable comme dans PoE. Il n’en est rien. Ils sont même plutôt ridicules ! J’avoue que je n’avais pas une équipe de branleurs à leur opposer non plus, ça joue nécessairement sur mon ressenti de type « c’était trop facile », des builds bien chiadés sont donc nécessaires ! Ca a le défaut de ses inconvénients dira-t-on, suivant le type de joueur que vous êtes.

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Donc, le jeu n’est vraiment pas dur, pour peu que vous ne fassiez pas de conneries dans vos builds de personnages. Et il est facile de faire des erreurs dans ce système. Alors, ce n’est pas dramatique car à moins de faire le dernier niveau de difficulté, vous vous en sortirez sans soucis. Cependant, au niveau maximum de difficulté, vous risquez de souffrir dans 95% des cas. Croyez-moi, j’ai fait et refait le premier acte entier avec pas moins de 5 builds différents pour tester : guerrier épée-bouclier, archer, mains nues, et différentes variations de magiciens. Le constat est sans appel : la magie est LA voie royale. Et encore même là, il est facile de se planter. Mon astuce : maximiser la célérité en premier, puis l’esprit en deuxième, la vitalité au neutre et le reste en négatif à la création. Vous avez ainsi un magicien capable d’avoir un haut DPS magique dès le début. Mettez un sac à PV devant et ça devrait bien se passer (mon choix personnel s’est porté sur Sirin spé Guerre en armure lourde et max vita, il suffit de laisser chanter ses chants agressifs et de spammer vos compétences… elle est réellement OP).

La raison pour laquelle les magiciens sont complètement fumés par rapport aux autres classes (hormis le système de magie bien foutu), c’est à cause de leur nombre de capacités. Toutes les personnages commencent avec 2-3 capacités, vous les utilisez cycliquement et entre temps vous balancez vos attaques classiques. Avec un magicien, vous avez vos 3 capacités plus – au moins – 4 sorts magiques, pour peu que ce soit des sorts agressifs avec une bonne célérité, vous avez un fort taux de rotation sur vos sorts à dégâts, ce qui constitue un avantage carrément déséquilibrant pour votre groupe. Alors, certes, vous pouvez faire de n’importe quel perso un magicien avec le système sans classe, mais est-ce vraiment utile de faire de Barrik un jeteur de sorts quand ses arbres de talents vous hurlent à la tronche « Deux mains » ou « Bouclier ». Alors, c’était très rigolo de faire de Lantry un guerrier à javelot mais uniquement parce qu’il y avait un arbre prévu à cet effet (j’ai pas du tout poussé son côté magicien et ça a très bien marché).

Là où je veux en venir, c’est que le système sans classe à haut degré de liberté qu’on nous promet n’est que de la poudre aux yeux et ne fonctionne que pour votre personnage à vous. Et malheureusement, de tous les essais que j’ai pu faire, seule la voie magique possède un réel intérêt tactique. Si vous voulez autre chose que balancer vos capacités en mode brainless comme dans PoE.

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Un autre problème est la répétitivité des combats. Il n’y a finalement pas tant de variétés d’ennemis que ça, et vous finirez par rencontrer des groupes similaires plus souvent que vous ne le souhaiteriez. Gérer un combat finit par devenir du copier-coller. Astuce : tout ce qui est interruptions (étourdi, renversé) fait vraiment le café. J’en venais aussi à regretter l’absence de création de scripts. A chaque fois que je voyais le cercle rouge d’un ennemi apparaître à l’écran, je lançais ma tripotée de sort de protection pré-combat. Ce qui est bien relou à faire toutes les 5 minutes… J’aurais aimé l’automatiser d’un unique bouton.

Je pourrais aussi cracher sur l’interface qui refuse de mettre toutes mes capacités en raccourcis directs mais arriver à ce point-là, on est dans l’ultra pinaillage.

Enfin, je ne suis pas spécialement du genre à refaire des jeux une fois finis. Celui-là va avoir l’avantage de proposer des variations d’histoire donc forcer mon intérêt, mais je n’aurais clairement pas dit non sur un trame beaucoup plus longue, avec plus de quêtes annexes (notamment liées à vos compagnons), plus de donjons, plus de tout…

Si vous avez lu jusque-là (déjà, merci), rappelez-vous que c’est vraiment pour pinailler et que rien de tout cela n’entache le plaisir de jeu que vous expérimenterez au final ! 

 

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Alpha Protocol est un jeu développé par Obsidian (Fallout: New Vegas, Pillars of Eternity) et édité par Sega, disponible sur PC, PS3 et 360.

Un avion de ligne est abattu par un missile de fabrication américaine, l’attentat est revendiqué par le cheik Shaheed, dirigeant du groupe terroriste Al-Samaad. L’agent Michael Thorton, dernière recrue d’une organisation gouvernementale secrète américaine, l’Alpha Protocol, est envoyé en mission afin de retrouver la trace des missiles volés à la société d’armement américaine Halbech, mais également pour assassiner le cheik Shaheed. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu…

Voilà un article qui tombe assez mal dans le calendrier puisque la plupart des gens qui devraient être intéressés par ce jeu sont probablement tous devant Fallout 4… Mais c’est pas grave, parlons de cette pépite méconnue du jeu vidéo. « Pépite » n’est sûrement pas de mot. Disons plutôt un diamant mal dégrossi !

Car Obsidian a réussi le tour de force de magistralement s’en sortir là où tous les autres développeurs se seraient plantés et de se vautrer là où tous les autres développeurs auraient pondu un truc jouable !

Copier-Coller générique d’un héros de shooter… Se sont pas fouler pour le protagoniste…

Avant de faire mon achat en promo sur Steam, j’avais lu un peu de quoi il retournait. Pour faire simple et vous laissez retourner sur Fallout au plus vite : histoire super, gameplay pourri. J’ai donc essentiellement pris le jeu pour voir comment ils avaient géré leur histoire et les affinités avec les PNJ, croyant pouvoir m’accomoder d’un gameplay d’infiltration bancal à la Hitman. Chose qui me semblait la bonne solution pour un jeu qui se réclame de « l’espionnage RPG ». Sauf que non. S’il est effectivement possible de se la jouer Solid Snake, la majorité du gameplay dérive largement du shooter à la troisième personne. Un choix étrange, mais que sur le très court terme j’ai apprécié ! En effet, les animations étant tellement à la ramasse (pas d’interpolation entre les changements de position, saccades) et atroce à regarder que j’ai opté pour la plus expéditive des solutions pour finir le jeu : fusil à pompe + endurance ! Aucune finesse dans le gameplay : j’arrive dans un lieu, je pète des portes et je défouraille tout ce qui se met en travers de mon chemin.

C’était pas une raison non plus pour proposer de la customisation ridicule…

Avouez que pour un jeu d’espionnage, on est assez loin de l’image d’épinal de James Bond. Mais cette partie shooter est plombé par des levels design peu intelligents (et avec des auto-saves qui bloquent les niveaux, donc si vous n’avez pas tout exploré de fond en comble, vous êtes marrons…) et une intelligence artificielle bidon. Pour un jeu sorti dans les eaux de Mass Effect et Gears of War, les développeurs avaient l’embarras du choix pour faire une copie sans saveur mais qui aurait eu le mérite d’être propre. Là, c’est ni fait ni à faire. Mon plan de jeu shotgun se révèle sûrement le moins pénible et le plus expéditif pour ceux qui voudrait s’intéresser au jeu sans tout le temps raler sur son caractère mal fini.

Bref, un cas d’école de foirage en règle.

Tout comme le traitement de l’histoire reste un cas d’école de choses particulièrement bien exécuté. L’histoire réserve quelques surprises mais reste assez classique (l’agent secret renégat qui doit empêcher seul la troisième guerre mondiale, on frôle lapalissade entre Ethan Hunt et James Bond). Mais Obsidian est reconnu dans le milieu pour proposer des histoires à tiroirs, à choix multiples et avec des personnages fouillés. Et c’est ce qui fait toute la saveur du jeu. Votre personnage a toute liberté d’agir comme il le souhaite avec les PNJ qu’il rencontrera, depuis s’en faire des potes jusqu’à totalement les aliéner (ou les buter). Et il n’y a pas de mauvais choix. Un personnage qui vous déteste vous donnera également des avantages. Un personnage mort change le cours de vos alliances et de vos options de jeu.

J’en parle pas spécialement, mais l’interface est encore un de ses portages consoles bien naze !

Après la première mission, vous aurez le choix de vos prochaines et de leur ordre. Et même si le jeu reste sur des rails et vous amène dans la même direction, les PNJ que vous rencontrerez forcément dans des ordres différents auront des dialogues différents et cohérents par rapports à vos actions précédentes !

Le système de choix s’apparente très fortement à celui de Mass Effect, avec quatre choix qui plairont ou non à votre interlocuteur. Mais le jeu ne se met pas en pause pour vous laisser le temps de pondérer votre réponse. Vous avez 5 secondes pour réagir à la façon de penser du PNJ, l’issue de la réponse pouvant entraîner un bain de sang non prévue… Ce qui ajoute grandement à l’immersion du jeu. Chaque PNJ possède son propre caractère et à vous de voir si vous vous y adaptez ou si vous rester dans votre personnage (qu’il soit un gros branleur ou un psychorigide).

Le système RPG est classique et sans surprise, favorisant largement l’utraspécialisation de votre gameplay (style de jeu, arme, armure et accessoire). Peu de diversité dans les missions donc sinon les rencontres et choix à faire.

Le jeu est uniquement disponible en anglais sans sous-titres, ce qui risque de fermer pas mal de portes à certains. Il n’empêche que Alpha Protocol vaut le coup pour les cas d’école en game design qu’il peut offrir dans ce qu’il possède de très bien et de très mal fait. Un jeu qui aurait mérité largement six à neuf mois de développement supplémentaire. Aujourd’hui, ça reste un jeu assez anecdotique sur lequel les plus curieux pourront passer une vingtaine d’heures plaisantes. A recommander durant les soldes Steam.

Dragon Age: Inquisition est un jeu développé par Bioware, édité par EA (au cas où vous n’auriez pas remarqué le logo sur la jaquette…).

Le temple de la Chantrie vole en éclat tandis qu’un sommet pour solutionner le conflit entre les Mages et les Templiers s’y tenait. La Divine est morte et vous vous réveillez amnésique et avec le pouvoir de fermer des failles de l’Immatériel…

Si nous n’avez compris qu’un mot sur trois, je vous la refais plus simple :

Vous êtes l’Elu et vous allez devoir botter le cul du grand vilain qui veut conquérir le monde.

Rassurez-vous, moi aussi je pigeais qu’un mot sur trois au début. Pour n’avoir pas fait Dragon Age 2 et ne pas avoir eu le courage de finir le premier opus non plus, j’ai réussi à finir le jeu sans trop de soucis. Donc si vous êtes dans la même situation que moi en commençant le jeu, sachez simplement que vous allez devoir vous taper un tas d’expressions étranges, de mots abscons et d’historiques touffus pour comprendre les tenants et les aboutissants politiques autour du bordel qui s’abat autour de votre personnage.

Mais bon, après avoir fini Skyrim, j’étais en mal de jeu de rôle med-fan à me mettre sous la dent. Considérant les notes globalement positives sur le dernier titre de Bioware, j’ai décidé de lui laisser une chance, en dépit de mes à priori sur le jeu. Et puis c’est l’occasion de faire une chronique sans concession, comme d’habitude.

En premier lieu, il convient de dire que je n’avais pas accroché à l’univers Dragon Age lors de mon premier essai sur Origins. En effet, dans le genre univers ultra-générique bien classique, Dragon Age se posait là avec ses Elfes qui cueillent des fleurs, ses Nains qui cassent des pierres, sa magie sans grande innovation… J’ai dit la même chose de The Witcher. Là où ce dernier posait les bases d’un univers plus mature, Origins n’était qu’un rip-off de Baldur’s Gate sans grande saveur à mes yeux.

Je commencerai donc par faire le même genre de critique à ce troisième opus. C’est assez générique, comme univers. Mais contrairement au premier, le 3 a l’avantage de reposer sur les fondations et ce qui a été construit autour du Héros de Férelden et du Hérault de Kirkwall, donc d’un contexte ultra-classique, Bioware finit par se créer sa propre mythologie… même s’il y a des elfes et des nains…

Autre constatation évidente : c’est beau. Il va falloir bénéficier d’un PC assez solide pour pleinement tirer profit de l’ambiance, de l’environnement et des shaders. Vérifiez donc votre configuration et n’hésitez pas à pousser la proposition que vous fera le jeu par défaut suivant votre bécane (comme toujours, le jeu ment et on n’est jamais mieux servi que par ses propres réglages).

Niveau histoire, c’est diablement classique. Un élu, un gros vilain, des amis à la vie à la mort… Et la trame s’étend en longueur, encore une fois à cause des quêtes secondaires pas forcément très utile mais qui ont le mérite d’éviter l’écueil du « J’ai perdu mon marteau » ou « Rapporte moi 30 couilles de loups et je te donnerai un item générique »… Très honnêtement, la quête principale fait son boulot mais ne vous retournera pas les chaussettes. La plupart des PNJ ont au moins l’avantage d’être intéressants et travaillés, même dans leurs côtés énervants.

Niveau gameplay, le jeu propose une approche résolument orientée action qui fera rager les PCistes extrêmistes. On appuie sur le bouton d’attaque automatique, on vise un vilain et c’est parti ! Fonction de l’endurance ou du mana disponible, vous lâcherez régulièrement une de vos huit compétences sélectionnées dans vos arbres de talents. C’est assez dynamique et fonction de vos envies, de vos choix de construction de personnages, vous aurez le droit à des combats plus ou moins faciles, plus ou moins assistés.

Les plus fins tacticiens mettront le jeu en pause pour organiser au mieux les combats, en jouant sur les forces et les faiblesses de 3 de vos 8 compagnons. Vous aurez de quoi faire pour gérer des combats optimum en minimisant les pertes ou les consommations de potions. De toute façon l’IA se débrouille suffisamment bien toute seule.

L’édition collector, dispensable à mon avis…

A l’image de la tendance actuelle dans le jeu vidéo, Inquisition propose de grandes cartes dites « open world », vastes et regorgeant de pléthores de sous-quêtes, d’animaux à massacrer, de vilains bien aveugles et pas vraiment agressifs et de plantes/minéraux à ramasser. Ce n’est pas vraiment de l’open world à proprement parlé puisque vous êtes obligés de repasser par la carte générale, mais bon… Il faut bien admettre que Dragon Age 3 est un de ses jeux vampirisants où l’on se surprend à enquiller les heures, à fouiller les moindres recoins, à parler à tout le monde et faire toutes les quêtes qui se présentent sur le pas de votre porte.

J’ai fait 95% du jeu, laissant de côté les dernières quêtes qui personnellement me gonflent (genre chercher une clé perdue pour ouvrir une dernière grotte qui rapporterait seulement 40 XP). Etant un complétionniste comme moi, comptez environ 100 heures. Si vous rushez comme des brutes, j’imagine qu’il en faudrait « seulement » 40. Et ceux qui n’en auraient pas assez pourront sûrement compter sur des futurs DLC ou une grande rejouablité en créant un nouveau personnage et en changeant la configuration héritée des deux jeux précédents.

Dragon Age: Inquisition est vraiment ce qu’on appelle un jeu généreux, qui propose une réelle richesse que ce soit dans les styles de combat suivant l’équipe, les choses à lire, les choses à découvrir, les activités annexes, l’exploration, les dialogues… Bref. Très honnêtement, ce RPG est un must-have de cette année !

Bon… maintenant, passons à ce qui ne va pas et qui va pourrir votre expérience de jeu !

  • Le game designer UX/UI en charge de l’adaptation pour PC mérite de se voir lapidé en place publique ! (ou sans aller jusque là, il mérite au moins d’aller grossir les rangs du Pole Emploi !) On a dit du jeu que le PC était la plateforme référence… Mes fesses ! C’est une atrocité sans nom ! Des menus adaptés pour la manette, donc à vomir partout. Inventaire, craft, boutique, menus… tout, tout, tout est moisi !
  • Impossible de reconfigurer les boutons de la souris ! Une honte !
  • Un système de craft inutile. Honnêtement, j’ai réussi à faire l’intégralité du jeu en mode Difficile uniquement à partir du loot et sans me sentir réellement inquiété d’être sous-stuff. Si vous voulez vous amuser à fabriquer vos armes et amures, allez-y mais cela s’apparente à une évidente perte de temps.
  • Je n’ai pas été convaincu par le système d’améliorations armes/armures. Certes, cela rajoute une couche de spécialisation, mais c’est particulièrement pénible à gérer pour un intérêt somme toute minime. Pouvoir changer les améliorations à la volée sans passer par un établi, ça aurait déjà été un mieux.
  • Pas de sort de soin… Voilà qui est un choix particulièrement étrange. D’autant plus qu’il y aura toujours au moins un mage dans votre équipe. J’y vois là une volonté assumée de libérer le joueur de la gestion tactique de l’équipe et des combats.
  • En parlant de ça, la caméra tactique est juste une blague. Pas assez de recul, gérée au « pad » (i.e. ZQSD)… en l’état actuel des choses, sans patch, vous pouvez abandonner l’idée d’avoir des combats tactiques sur PC. Mon conseil : embrassez le coté action du jeu et ne vous prenez pas la tête.
  • Les amateurs de construction de personnages comme moi seront sûrement un peu déçus des possibilités offertes. Quatre arbres par classe, plus un cinquième pour la spécialisation… Vous allez vite découvrir que fonction de votre spécialisation, il n’y aura guère qu’une seule façon réellement optimale de dépenser vos points pour être efficace en combat
  • Le choix de résoudre des quêtes annexes en envoyant des conseillers était une idée intéressante. Le faire avec un facteur temporel était aussi intéressant. Dans la pratique, attendre pour 3 heures recevoir 100 po quand vous en avez plus de 70000 dans le porte-monnaie… No comment.
  • Le système d’affinités avec vos coéquipiers est toujours un système bien opaque dont les répercussions sont ténues…
  • Dans le même genre d’interactions avec vos camarades, il faut savoir que vous pouvez toujours romancer un PNJ. Mon choix s’est porté sur Joséphine, en dépit d’une certaine ressemblance avec mon ex. C’est donc dire si on est limité dans ses choix. Sachez que vous allez vous embarquer dans une romance bien cul-cul la praline sans grand intérêt
  • On retrouve l’un des défauts majeurs du premier sur le rythme : vous passez trois heures d’affilée à battre la campagne et ensuite une heure entière à faire du papotage.
  • L’IA des ennemis n’opposera pas de grande difficulté aux joueurs aguerris. Il faut dire qu’elle est aveugle et bien peu agressive. Notez que je n’ai pas joué en mode cauchemar, redoutant l’effet « sacs à PV » qui m’aurait retenu sur un titre plus longtemps que prévu sans réellement augmenter le challenge. De toute façon, si vous buildez un minimum correctement vos personnages (et craftez de façon optimale), vous n’aurez aucun mal à rouler sur vos pauvres ennemis… Bon, les dragons, c’est une autre histoire et cela nécessitera plus de temps et de préparation, surtout si votre personnage n’est pas mage et que vous déléguez les fonctions de survie/protection aux PNJ qui ont parfois une vision particulière des priorités immédiates.
  • L’inquisition profite d’un système de puissance que vous gonfler avec des quêtes. Ces points servent à débloquer des zones. Et… C’est tout. Si ça reflète effectivement la puissance de votre armée, il est dommage que cela ne se répercute pas sur des éléments de jeu comme ça a pu l’être avec Mass Effect 3 lors de la bataille finale… En d’autres termes, une autre surcouche de fonctionnalités qui part d’une bonne intention pour échouer sur le rivage des idées mal exploitées.
  • Résidu Bioware de Mass Effect, on retrouve encore une fois cette roue pour décider des choix de dialogues. Et encore une fois, je peste sur son utilisation formatée « réponses sympa en haut/réponses bourrues en bas » qui influence les choix du joueur au détriment du roleplay (alors que c’est pas très compliqué de faire un random sur la position de la réponse pour forcer le joueur à agir plutôt qu’à réagir).
  • La trame principale a tendance à perdre de son souffle équipe sur la fin
  • Il faut aimer la lecture : des « bouquins » décrivant l’univers, vous allez en bouffer des tas jusqu’à l’overdose. Au point de finir par les parcourir en diagonale et parfois louper les tenants et les aboutissants d’une quête…

Gardez bien en tête que tous ces défauts ne sont que le résultat d’une analyse du point de vue game/narrative designer. Et à part l’adaptation console-PC qui est très clairement moisie et scandaleuse, vous ne manquerez pas d’apprécier le jeu pour ce qu’il est : un grand jeu pétri d’imperfections.

Mass Effect 3 est le dernier volume de la trilogie space-opera orchestrée par Bioware et EA.

Je pense avoir suffisamment fait étalage, depuis le temps que j’écris sur ce blog, du fait que j’adore Mass Effect. Je pense également avoir bien déversé ma bile sur le second opus. Au regard de la piètre qualité de l’histoire proposée dans Mass Effect 2, je dois avouer que c’était non sans une certaine appréhension que je voyais se pointer le dernier volume. Entre les effets d’annonce, le matraquage marketing et les premières vidéos, c’était avec fébrilité que j’installais le jeu, me demandant bien ce que j’allais pouvoir trouver de bien et de moins bien dans ce Mass Effect 3

Au final, que vaut le final de la série ? Et c’est parti pour une chronique sans concession ! Comme d’habitude, quoi…

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par les gros points noirs de ce troisième opus.

Déjà, le moteur graphique accuse un peu le poids des ans. Il y a un certain nombre de choses perfectibles, à commencer par les animations des personnages, les plans sur les visages pas toujours expressifs et la qualité des textures. Mais c’est du détail et si vous refusez de faire les Mass Effect sur ce seul argument, je ne peux pas grand-chose pour vous.

Niveau traduction, autant le dire de suite, c’est loin d’être brillant dans les textes français (encore de la sous-traitance qui n’avait que les textes source…). Quant aux voix, j’avouerais que j’ai commencé par mettre celles en VO (Martin Sheen, Freddie Prinze Jr, Seth Green, Tricia Helfer…) sans même passer la case FR.

On avait bien compris au regard de la direction générale du 2 que l’aspect RPG était devenu une espèce de blagounette, et les fans hard-core comme moi n’espéraient même plus avoir du RPG et de la customisation de personnage dignes de ce nom. Un effort a cependant été fait. On reste loin des options qu’on était en droit d’attendre pour son groupe. Un peu d’armure par-ci, un peu d’armes par là, rien d’exceptionnel. De là à dire que c’est ridicule et que cela ne sert à rien, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement ! Quant à la personnalisation de votre Commandant Shepard (ou des ses compagnons), on reste dans le minimum syndical… Bref, la série des Mass Effect n’est pas un vrai RPG et c’est bien dommage. Une fois qu’on s’est fait à cette idée, cela n’enlève rien au plaisir de jeu, c’est déjà ça.

Tant que je suis sur l’équipement, j’aimerais bien qu’on m’explique l’une des plus grosses aberrations qui m’ait été donnée de voir depuis des années dans le milieu ! Qu’on m’amène le (lead) game designer ou le combat game designer, puisqu’il semblerait désormais que les professionnels de la profession aient envie d’appuyer les différences et bien séparer les tâches chacun dans son coin. Chaque arme possède 5 mods pour personnaliser ses différents attributs (un vestige de ME1 et vague effort pour calmer la horde des puristes). Je joue, je joue, et je ne comprends pas l’utilité des mods. Jusqu’à ce que je réalise… Les bonus donnés par les mods aux attributs sont exprimés en % ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Un pourcentage de bonus indexé sur la valeur de l’attribut ! Pour les deux-trois du fond qui auraient besoin d’un exemple pratique, exemple ! J’ai deux armes et un mod. La première fait 10 en dégâts. La deuxième fait 50. Le mod donne un bonus de 20%. En l’installant sur la première, mon arme fait désormais 12 de dégâts… tandis que sur la deuxième, le mod la passe à 60 ! En gros vos armes qui ont déjà des bonnes caractéristiques ont encore de meilleures caractéristiques !  (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Et les armes pourries n’ont aucune chance de s’améliorer… Une débilité absolue qui rend obsolètes tout les mods ou presque du jeu !

Puisque le système RPG est bien naze, rabattons-nous sur le cœur du jeu : les combats. Alors il n’y a pas à dire, les combats sont cools, dynamiques, parfois stressants, parfois épiques… Sauf que, encore une fois, le combat game designer s’est fendu d’une nouvelle aberration pour le joueur PC. Il faut savoir qu’un clavier moyen comprend entre 116 et 128 touches suivant les configurations. Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi la touche espace sert à tout faire ? Espace permet à votre Commandant Shepard de : sprinter, se mettre à couvert, changer de couvert, sortir du couvert, ouvrir un objet, ramasser un objet ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) Résultat : vous allez mourir un nombre inconsidérable de fois parce que, contextuellement, vous allez vous mettre à couvert quand vous vouliez ramasser un truc (ou fuir) ou bien sortir d’un couvert quand vous vouliez faire une roulade. Au bout d’un moment, ça m’a carrément pris la tête et j’ai décidé d’arrêter de jouer avec les couverts et d’essayer d’avoir un peu de stratégie ! Ma classe de vanguard bien bourrine m’autorisait à jouer uniquement en bourrin sans même m’occuper de mes co-équipiers qui servaient à peine de chair à canon. Alors c’était fun, mais avec une classe comme l’infiltrator, je n’imagine pas la galère.

Donc, je jouais en fonçant dans le tas, comptant sur le temps de rechargement de mes pouvoirs et de mes boucliers pour survivre et traverser les zones de conflits en long en large et en travers sans vergogne. Les combats étaient donc intenses comme je les aime, mais particulièrement expéditifs. Je me souviens d’une interview d’un type de Bioware qui disait « le mode Démentiel de Mass Effect 2, c’est le mode normal de ME3 ». Je me gausse. J’ai pas osé me mettre en démentiel directement pour m’autoriser une rejouabilité ultérieure, préférant celui juste en dessous (donc plus difficile que le normal) et la plupart du jeu – à deux combats près – était d’une facilité déconcertante pour peu que vous utilisiez intelligemment vos coéquipiers au bon moment. Je suis peut-être un vieux routard, mais la tendance bisounours du jeu vidéo en général se confirme !

En fait, la difficulté se situe à un autre niveau. Toujours dans la même interview, « si vous voulez avoir la meilleure fin, il va falloir faire du multiplayer ». What the duck ! (*insérer ici un nombre au choix de ! supplémentaires*) En gros, l’histoire nécessite de ralier des ressources de guerre ; en faisant du multi, vous augmentez ces ressources en plus de celles que vous récupéreriez en faisant les quêtes du jeu. Sauf que pour moi, le jeu vidéo, c’est comme un magazine Playboy, ça reste un plaisir solitaire ! Donc, j’ai absolument pas envie de faire du multi avec des inconnus. Je joue à Mass Effect pour être le commandant Shepard, pas le trouffion de base ! Moralité, si je veux avoir la meilleure des fins, il faut soi que je fasse du multi (ce que je ne ferai pas !) soit que j’ai pris tout au long de la trilogie toutes les meilleurs décisions pour que leurs conséquences dans Mass Effect 3 me soient favorables ! Ce qui revient à pondérer le libre-arbitre du joueur, à uniformiser ses décisions et à l’empêcher de jouer le personnage qu’il souhaite jouer ! Ce qui ne devrait pas être le but et n’était pas le but annoncé et affiché des ambitions de la trilogie Mass Effect !

On en arrive donc à la polémique qui fait rage actuellement sur la toile à propos de la fin de Mass Effect. Soyez sans crainte, je ne déflorerai pas la conclusion de l’histoire. Comme je n’ai pas fait de multi, je n’ai pas eu le droit à l’ultime conclusion (soit 3 secondes de cinématique en plus) mais vous savez quoi, je m’en fiche : j’ai eu la conclusion que je voulais avoir et qui correspondait exactement à la caractérisation que j’avais fait de mon protagoniste. J’ai refait le jeu pour voir une deuxième fin pour satisfaire ma curiosité. L’une et l’autre, en terme de conclusion narrative, me semblent très bonnes pour la série (en terme d’idées, pas d’exécution). Tout ceux qui se disent déçus par les fins « sinistres » ont du yaourt à la place de leur sens critique !

Mais, je dois bien avouer que les fins que j’ai vues sont décevantes, car elles manquent de souffle épique (si ce n’est la musique) et d’un véritable épilogue pour les personnages qui ont fait de Mass Effect la trilogie qu’elle est. On vous balance une cinématique limite générique ET avec des incohérences… Epic Fail !

Il faut également savoir que le choix de la fin (oui, parce qu’on vous répète que vos actions conditionnent votre conclusion, mais c’est faux !) dépend d’un bête choix à la Deus Ex Human Revolution. En d’autres termes, c’est bidon, absolument pas lié à la façon dont vous avez conduit votre trilogie et absolument pas satisfaisant en terme d’exécution et de mise en scène. Moi, j’ai joué un Shepard ultra renegade, ma fin aurait dû être conditionnée par ça, pas par un ultime choix qui se contrefout de toutes les ressources que j’ai pu amasser avec ou sans multi. Mon choix de romance aurait dû jouer sur la fin (‘tain, c’était si compliqué de faire un plan sur une Ashley enceinte en guise d’épilogue ?). Le choix des personnages que j’embarque dans l’assaut final aurait du jouer sur la fin (et là, il y avait moyen de gérer le taux de survie des PNJ avec votre taux de ressources de guerre…). Le temps que j’ai mis à faire le jeu aurait dû jouer sur la fin. Etc.

(Entre parenthèses, il est vraiment temps que je retourne dans le milieu du jeu vidéo pour produire des histoires sur lesquelles je serai intransigeant en qualité de scénariste !)

Oui, la fin de Mass Effect pue un peu, mais uniquement par fainéantise des développeurs, et pas au point de se lancer dans une grande pétition mondiale pour réclamer un changement radical de fin pour les bisounours de service ! Pour comparer, ça reviendrait à faire une pétition pour changer la fin de Titanic ou de Drive (je cite un film avec un mort et un film avec un pas mort, comme ça vous savez pas ce qui se passe dans ME3) parce que la fin ne remplit pas des espérances personnelles ! La bonne nouvelle, c’est que comme ça gueule assez fort et que les développeurs manqueront indubitablement 1. soit de couilles pour assumer leurs choix 2. soit de transparence, il y a fort à parier qu’on aura le droit à un DLC épilogue 1. bien consensuel pour satisfaire tout le monde ou 2. déjà réalisé mais non communiqué parce que c’est la mode de faire des faire des jeux en kits !

Bref, j’estime les deux fins que j’ai eu satisfaisantes mais trop minimalistes (et je peux vous assurer que, si j’avais été designer chez Bioware, j’aurais milité pour des fins moins foutage de gueule, sans aucun regard pour des coûts de production supplémentaires).

Le vrai problème de la série Mass Effect en terme d’écriture, c’est qu’il n’y a pas eu unique Lead Writer tout au long de la série pour s’assurer de la cohérence du tout, depuis le 1 jusqu’au 3. C’est un fait avérer que 1, 2 et 3 ont été écrits séparément les uns des autres, sans chercher à créer une unité narrative. En conséquence de quoi, ça sent parfois un peu le bricolage. Et nous avons très clairement l’impression de s’être fait enfumé dans le 2, car aucun des personnages qui furent nos compagnons n’auront l’opportunité de jouer un réel rôle dans le 3 aux côtés de Shepard. Des fois, c’est pour le mieux avec Mordin (assurément le meilleur arc de ce dernier opus), des fois pour le pire (Zaeed, au hasard).

J’ai évoqué les DLC. Celui avec la version collector permet de jouer avec un Prothéen… C’est un DLC très important pour l’univers de Mass Effect. En jeu, c’est complètement accessoire… Un paradoxe total, entre indispensable et inutile. Une chose qui aurait dû être dans le jeu de base (au moins l’explication des Prothéens, le personnage jouable, on s’en fout…)

Bon, j’ai pas mal craché sur Mass Effect 3, mais qu’on se ne méprenne pas, c’est un excellent jeu ! Car en dépit d’une fin très clairement en demi-teinte, tout le reste de la narration vous réserve de vrais moments épiques, de vrais moments de gloire, de doutes et de décisions parfois difficiles. Certains arcs narratifs sont absolument grandioses et font honneur à la série de bout en bout ! (Mordin… j’ai déjà dit, non ?) Les conséquences de vos actions précédentes ont une réelle importance dans la préparation à la guerre et l’assaut final contre les Moissonneurs.

Le travail sur les personnages est très satisfaisants, a fortiori sur Shepard, encore une fois propulsé sauveur de la galaxie. Et trois fois, ça commence à faire beaucoup. Shepard est fatigué. Presque au bout du rouleau, dommage que cela ne se ressente pas plus en jeu. Ses relations avec ses compagnons ont gagnés en intensité (évidemment, on ne jouera avec – ou presque – que les PNJ routards de la série), même le petit nouveau James Vega (uniquement présent dans ME3 pour justifier sa future présence dans la série d’animation dérivée de la série, hein). Il y a une véritable vie dans le vaisseau, avec les PNJ qui bougent, discutent entre eux…

Et les relations que vous allez nouer ou renouer avec des PNJ va être au cœur des montagnes russes émotionnelles que vous allez parcourir tout au long de cet opus. De plus, les scènes tragique ou poignantes ou clés sont supportés par la musique de Clint Mansell, ce qui finit parfois de vous achever !

Hormis la cinématique de fin, donc, la qualité narrative des différents segments de jeu est plutôt bien foutue, avec des transitions fluides entre séquences discussion et séquences d’action. Et puis, il faut avouer que régulièrement vous allez avoir des situations bien badass, totalement hallucinantes et incroyables à jouer. Et certains passages resteront des moments très forts de votre vie de gamers. Loin des niveaux copiés-collés des 1 et 2, le 3 offre des décors variés, avec un level design intéressants, des opportunités de jeu variées et une intelligence artificielle un peu agressive (contournements d’obstacles, jetés de grenades, variétés des comportements…)

Ce que j’ai toujours apprécié dans la série, c’est la possibilité d’effectuer sa propre caractérisation de Shepard sans pour autant en faire un pantin ridicule comme dans – au hasard – les Elder Scrolls. Mon Shepard était un pragmatique absolu, du genre à sacrifier une personne si ça en sauve 10 ou à coller des mandales au premier journaliste venu. Pourtant, cela ne l’empêche pas de considérer l’équipage du Normandy comme sa famille, et les écouter patiemment lui raconter leurs malheurs et les aider sans rien calculer d’autres que ses amis ont besoin d’aide. Le nouveau système de réputation vous permet de mieux explorer la propre psychologie que vous vous faîtes de votre Shepard sans forcément être totalement paragon ou totalement renegade pour débloquer les options de dialogues intéressantes (bon, je dis ça, mais le niveau de réputation a été réglé avec les pieds…)

Se retrouver ultime espoir de la galaxie, la Terre prise en otage, à faire de la politique et de la résistance, c’était une excellente façon de conclure la série. Alala, si seulement, Mac Walters – le Lead Writer sur le 3 – avait bien voulu pousser jusqu’au bout l’impact de cette guerre, la fatigue émotionnelle de Shepard et les choix du joueur jusqu’à leur paroxysme… On aurait eu un jeu totalement jouissif, titanesque et émotionnellement puissant.

Mass Effect est un univers que j’adore (d’ailleurs, j’ai même commandé l’ultime art-book, ce qui me fera encore une occasion de revenir vous parler de la série). Il est riche à tous niveaux et les aventures du Commandant Shepard ont marqué d’une pierre blanche ces dernières années. Est-ce que Mass Effect 3 est un bon jeu ? Indéniablement oui ! Est-ce une bonne conclusion à la trilogie ? Encore une fois, oui ! Est-ce la meilleure conclusion à la trilogie ? Malheureusement non… La faute aux scénaristes, qui a trop se concentrer sur du bricolage narratif d’épisode en épisode ont oublié qu’il s’agissait de la conclusion de la trilogie et qu’elle méritait rien de moins que du grandiose-tout-le-temps ! (Il manque pas grand-chose pourtant…)

Deus Ex: Human Revolution est un FPS/RPG sur PC (aussi sur 360 et PS3, mais ne blasphémons pas sur ce blog) produit par Eidos Montréal, sous l’égide de Square Enix. C’est accessoirement le troisième opus d’une série initiée par Deus Ex, mais en fait c’est une préquelle…

Adam Jensen est le chef de la Sécurité de la Sarif, une entreprise dont le fond de commerce sont les augmentations (une technologie qui permet d’améliorer l’humain). Un jour presque comme un autre, alors que Sarif est sur le point de faire une annonce publique qui va changer la face du monde, l’entreprise est victime d’une attaque terroriste. Adam n’arrive pas à la contrer, il est laissé pour mort et c’est tout une équipe scientifique qui est massacrée (celle qui devait faire la grande nouvelle, bien entendu). Six mois plus tard, en pleine convalescence après avoir été sauvé in extremis grâce à un package full-augmentations, Adam est appelé en urgence pour contrer une nouvelle attaque contre Sarif… C’est le début d’une quête pour la vérité.

Je n’attendais pas Deus Ex 3. J’avais fait le premier épisode, qui est vraiment culte à tout point de vue (histoire ou gameplay), et considérais qu’il était dans le panthéon des jeux insuitables (oui, je fais toujours des barbarismes si je veux). J’avais lu les critiques catastrophiques de Deus Ex 2 sur les différents sites de presse spécialisée, ce qui m’avait bien refroidi et confirmait mon sentiment. Alors en entendant l’annonce d’un nouvel opus, je me disais que, de toute façon, poursuivre la licence Deux Ex, c’était comme poursuivre la licence Blade Runner : du suicide. Fin de la discussion.

Et puis, il y a eu cette bande-annonce…

What. The. Duck…

En cinq minutes, Deux Ex 3 est passé du jeu dont je me fichais éperdument à celui du jeu que j’attendais le plus cette année ! En une bande-annonce ! Les deux mois qui ont précédé sa sortie ont été d’une insupportable longueur que The Witcher 2 a peiné à combler convenablement. De plus, la campagne marketing autour du jeu a été tellement bien faite (à base de faux piratage de faux sites, de mini court-métrages, etc.) que toute communication passive (bête annonce) ou agressive (bande-annonce) autour du jeu faisait monter une mayonnaise qui était déjà bien prise.

Indépendamment du fait qu’il est fait partie de l’univers Deus Ex, la bande-annonce possédait tous les ingrédients pour me faire craquer : science-fiction, cyberpunk, histoire qui a l’air riche et profonde, protagoniste charismatique, références à la mythologie, réalisation léchée et cinématographique, direction artistique dingue…

Mais analysons ça en détails Deus Ex: Human Revolution. Sinon, je vais me contenter d’un « si vous n’aimez pas, vous êtes des gros nazes » qui ne serait ni très constructif, ni très argumenté.

En premier lieu, c’est beau. Terriblement beau. Et ça ne tient pas au moteur graphique, qui – disons-le – est techniquement dépassé. Ce dernier n’est pas très dynamique (il suffit de tirer sur un verre posé sur une table pour le constater), les personnages ne peuvent pas supporter la comparaison avec un Heavy Rain MAIS cela n’a aucune importance. Mieux, on s’en fiche ! Et cela ne tient qu’à une seule chose : la direction artistique. C’est bien simple, le design enfonce de très loin n’importe quel jeu du moment, de l’année passée ou même des cinq dernières années. Preuve s’il en est que la course à la technologie n’est pas (et, de mon point de vue, n’a jamais été) la clé du succès pour un jeu. Jonathan Jacques-Belletête (Art Director) montre qu’avec un savant mélange science-fiction/art baroque/stylisation et beaucoup de jaune, on est capable de faire du magnifique sans céder à la mode désespérante du photoréalisme. Il parait qu’il faut 20 heures pour finir le jeu. C’est un mensonge ! Si vous êtes comme moi, vous vous arrêtez cinq minutes ici ou là pour tourner autour d’un fauteuil, pour regarder une lampe, pour admirer des affiches, des publicités…

Le jeu est beau. Objectivement et artistiquement beau. Premier point.

Bon, après, certes, le moteur subit ses propres limitations. Il est très bien optimisé pour pouvoir jouer (avec ma configuration) avec toutes les options au maximum, cependant tous les appartements ont tendance a se ressembler et l’uniformisation des ordinateurs, frigos, meubles, etc. donne un cachet encore plus déprimant sur l’uniformisation du monde en 2027. Les personnages sont aussi atteints de Parkinson dans certaines cut-scenes. Rien de dramatique.

Deus Ex 3 est un FPS, ce qui signifie qu’on va tuer des gens en vue subjective. C’est aussi un RPG, ce qui signifie que si on tue des gens, on gagne des points. Et plus on gagne des points, plus on va pouvoir améliorer les compétences de Jensen. Mais vous n’êtes pas obligés de tuer des gens, vous pouvez aussi leur parler, juste les assommer ou carrément les éviter en vous infiltrant. Quel que soit le choix de gameplay que vous ferez, il sera toujours gratifiant. Qui plus est, et c’est le game designer qui parle, ils sont tous intéressants et bien réalisés. Le système de couverture est cool (un peu moins dynamique que dans Mass Effect 2), le piratage des ordinateurs propose un mini-jeu bien fichu et parfois stressant (à la fin du jeu, cela reste somme toute trivial) et on se surprend à explorer partout pour récupérer un PDA qui donnerait le code d’ouverture d’un entrepôt perdu dans la ville pour récupérer 3 cartouches de revolver en plus. On retrouve donc l’essence du premier Deus Ex ; c’était un pari casse-gueule, il a été plus que réussi.

Pour le gameplay, je valide aussi.

Au niveau des augmentations de Jensen, je serais un peu plus réservé. Il est possible de faire beaucoup de choses suivant votre style de jeu. J’ai trouvé qu’il y avait trop de compétences pour le piratage, pas assez pour le social. Mais, ce qui m’a dérangé, c’est surtout l’accumulation des points Praxis (pour s’augmenter). Comme on me la fait pas, je sais qu’il ne faut pas dépenser tous ses points d’un coup et en garder pour le « au cas où » (« au cas où il y a un boss qui me fait bobo, je me mettrai des points d’armure », « au cas où il y a un ordinateur avec un piratage trop dur, je mettrai des points ici », etc.) ; j’ai donc toujours eu beaucoup de points « au cas où » qui ne me servaient pas parce que ce n’était pas mon style de jeu ou parce que je pouvais largement me débrouiller sans.

Conclusion : le jeu est facile. On pourrait arguer que je suis un vieux joueur, habitué aux jeux exigeants, particulièrement doué de ses doigts avec un clavier, etc. Ma modestie m’interdit de vous confirmer tout cela, mais par fierté, j’ai effectivement mis le jeu tout de suite sur le plus haut niveau de difficulté et je l’ai trouvé globalement facile. Pour sa défense, un profil de joueur habitué à bourrer dans le tas sans réfléchir va le trouver diablement dur ce jeu où deux balles suffisent à vous tuer. Il y a bien des moments où c’était tendu du slip (contre certains bosses pour peu qu’on n’ait pas pas de lance-grenades…, ou quand ce n’est pas la survie de Jensen qui est en jeu), mais globalement le challenge aurait pu être beaucoup plus corsé à mon goût.

Il faut bien évidemment blâmer l’intelligence artificielle qui, sans être crétine, montre souvent ses limites.

  • Exemple 1 : un garde m’aperçoit (déjà c’est pas mal, car on peut vraiment se rapprocher très près et ne pas être détecté), il va me chercher ; il ne me trouve pas, il abandonne. OK, admettons.
  • Exemple 2 : Je fais un headshot sur un garde ; j’ai mal calculé mon coup, un autre garde trouve le cadavre, il est alerté mais au bout d’un moment, il se dit que c’est sûrement finalement normal tout ce sang et retourne faire sa routine…
  • Exemple 3 : les gardes sont scriptés pour avoir une routine et patrouiller ; en toute logique, si un garde ne voit pas un autre garde (headshoté, de fait) au moment où c’était prévu depuis 4 heures qu’ils sont en train d’user leurs semelles sur le même parcours, croyez-vous qu’il sortirait de sa routine pour au moins se demander ce qui se passe ? Non…

En y repensant, le boss de fin était un peu une blague…

Si le jeu est facile (encore une fois, à mon goût), il propose une très longue aventure (d’autant plus si vous lisez tous les e-mails, faites toutes les quêtes annexes, restez en béatitude devant une poubelle parce que vous trouvez son design sympa…). Une aventure longue et prenante. Je me suis parfois couché des heures indécentes juste pour finir une quête, juste pour trouver un entrepôt perdu, ou juste pour avoir la réponse à « et maintenant ? ». Et maintenant, qu’est-ce qu’il se passe ?

Je ne vais pas vous dévoiler l’histoire mais elle va vous trimballer dans des villes futuristes à la recherche d’indices sur les vilains qui ont décidé de pourrir la Sarif. Elle nous trimballe avec un rythme très bien pensé qui nous pousse, encore et encore, à aller plus loin dans l’investigation et obtenir des indices. L’intrigue mêle complots, morales sur les technologies, ambitions personnelles, problèmes de société et ravira pleinement les amateurs de récit de science-fiction.

Par contre, scénariste oblige, je suis obligé de mentionner certaines faiblesses (toujours sans spoiler).

  • La clé du succès, c’est souvent un antagoniste fort et charismatique (Saren, Sephiroth, Roy Batty, et j’en passe). Dans Deus Ex 3, il n’y a pas proprement parler de gros vilains qu’on poursuit, on suit « juste » des pistes d’un méchant très nébuleux. C’est fort dommage.
  • Qu’est-ce que l’humain ? Sans aller à sortir une copie de philosophie, ça aurait gagner à être approfondi de façon à ce que le joueur se pose parfois certaines questions morales. Pourtant, cette question est au cœur du jeu. Adam Jensen a été augmenté contre sa volonté. Si dans la vidéo plus haut dans l’article, il paraît aigri par la chose, c’est transparent dans le jeu. Alors, ce n’est pas facile mais il y avait des moyens de donner des vraies interrogations sur le personnage. Sur une combo scénariste+game designer, j’aurais proposé un système « humanité vs augmentations » où le joueur qui se refuse à utiliser des points de Praxis les gagne en point d’humanité et développe d’autres compétences (en social par exemple).
  • Les motivations de Jensen sont un peu floues. Certes on ne peut pas tout faire dans un jeu, certes Adam a un emploi du temps de ministre mais j’aurais apprécié qu’il se pose, qu’on me donne des clés pour le décrypter ou pour orienter ma façon d’appréhender le personnage. J’ai cité le sa dualité homme/machine à l’instant, mais j’aurais aimé pouvoir agir sur sa relation amoureuse (comment je me place vis-à-vis de la disparition de sa chérie ?), ses relations personnelles (si je bute du monde en pagaille et qu’on commence à me surnommer « le boucher », comment pourrais-je réagir ?), ses relations professionnelles (pourrais-je juste envoyer paître mon boss parce que je ne suis pas d’accord ?), etc.
  • La fin implique une décision. Ça reste une décision bidon sans impact, ouverte par l’accomplissement de quêtes secondaires dans le dernier niveau. Mais une vraie décision tout de même puisque c’est Jensen qui la prend (et non pas un PNJ qui lui dit qu’il est temps de faire ci ou ça). Et bien, j’ai mis du temps pour prendre cette décision :
  1. Parce que, comme je viens de le dire, mon niveau de réflexion en tant que joueur n’a pas été suffisamment sollicité durant le jeu,
  2. Parce que c’était limite de me proposer des choix uniquement sur 2 quêtes secondaires à la fin et non pas une série de quêtes secondaires tout au long du jeu…

Ceci étant dit, ce n’est que le reflet de mes goûts personnels qui – pour ceux qui n’auraient pas déjà lu mes chroniques jeu vidéo – sont très exigeants. Surtout en matière d’histoire. Mais pour rassurer ceux qui me trouveraient un peu esprit-chagrin, le fait de connaître les rouages de la narration me permet comprendre assez tôt, compte tenu des données que le joueur reçoit (je n’ai pas la science infuse en regardant la jaquette du jeu, sinon, pensez bien que je jouerai au loto), quels vont être les moments-clés du scénario et les rebondissements classiques/attendus de l’histoire (classique/attendu n’est pas forcément négatif, mais je ne vais pas entrer dans les détails maintenant). J’ai tout de même été surpris deux-trois fois avec des révélations auxquelles je ne m’attendais pas. De toute façon, comme je disais, l’intrigue ravira les amateurs de science-fiction.

Pour conclure, on citera que le jeu existe en plusieurs versions (classique, augmentée, collector) qui offrent plus ou moins d’avantages et de bonus suivant l’argent investi. Augmentée est un excellent compromis, notamment pour le documentaire making-of, la musique…

Je n’ai pas parlé du son. Steam propose de changer les voix via un petit système détourné (ouais, de la bidouille quoi…). Je profite une nouvelle fois de l’occasion que je m’offre à moi-même pour râler et supplier les développeurs de proposer par défaut le choix de la langue et pour les voix et pour les textes, dans les options et indépendamment l’un et l’autre ! J’ai à peine écouté les voix VF, de toute façon, il est de notoriété publique que je préfère les intonations anglaises, surtout pour ce type de jeu ou de personnages. En plus, j’adore les voix anglaises de Adam et Eliza. Le design sonore et les musiques sont à la hauteur du design graphique, ce qui n’est pas peu dire ! En plus, le Lead Audio Designer porte des T-shirts estampillés KISS, preuve que c’est aussi un homme de goût et qu’il mérite mon respect.

Bien évidemment, le jeu est à peine sorti qu’on vous propose déjà un DLC… Vous connaissez ma politique sur ces choses. J’attends plus d’annonces à son sujet, histoire de ne pas passer pour un aigri complet.

Pour conclure, je pense que la longueur de cet article se suffit à lui-même pour dire à quel point j’ai apprécié Deus Ex Human Revolution ! Impressionant, beau, riche, jouissif… Je n’avais pas autant pris mon pied sur un jeu depuis Mass Effect premier du nom ; c’est dire si ça remonte ! Deus Ex 3 a été fait par des gens qui avaient un investissement sincère pour leur jeu et qui ont la même passion du jeu que moi (m’incitant à postuler chez Eidos Montréal, accessoirement). Et ce genre de passion transpire littéralement sur un produit fini de très, très, très haute qualité à tous points de vue ! L’année n’est certes pas encore finie, je n’ai certes pas fait tous les jeux sortis, mais si un jeu devait recevoir la mention « Jeux de l’année », ce devrait être Deux Ex Human Revolution, 10 ans après l’original.