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Wolfenstein: The Old Blood est un jeu développé par Machine Games et édité par Bethesda, disponible sur PC et consoles.

1946. B.J. Blazkowicz est encore le troufion de service pour accomplir une mission d’importance capitale pour porter un coup fatal au régime nazi. Evidemment, ça va mal se passer : capture, évasion et nazis zombies enflammés au programme !

The Old Blood est une extension stand alone de l’excellent The New Order. Vous pourrez donc en profiter sans avoir à vous procurer le précédent « reboot » de la série. Ceci étant dit, on ne va pas se leurrer, The Old Blood n’aura d’intérêt que pour ceux qui ont aimé New Order et pour les fans de la licence comme moi.

The Old Blood est techniquement une préquelle de New Order, Blazkowicz est en effet envoyé à la poursuite d’un bon gros MacGuffin des familles rappelant le début du jeu précédent. La sensation d’un Wolfenstein à l’ancienne est donc plus présente que dans l’épisode situé des années 60 contrôlées par les nazis. Ici, on est dans le connu, le classique : des nazis un peu crétins et pas spécialement surdopés, le château Wolfenstein à explorer, des expériences mystiques qui tournent mal et un Blazkowicz avec sa bite et son couteau pour s’en sortir. Le feeling est donc old school dans une licence qui s’était vue rafraîchie.

L’histoire n’est un vague prétexte linéaire pour descendre du porteur de croix gammée en masse, dans des couloirs, avec deux approches possibles : bien bourrine ou en infiltration. L’un dans l’autre, ça ne changera rien, vous buterez tout le monde sur votre chemin. N’espérez pas la profondeur ni la richesse ni la diversité d’un New Order, cet opus se rapproche plus d’un gros DLC pour faire patienter qu’autre chose. Mais au moins, l’histoire est rigolote en dépit de sa simplicité.

Niveau graphisme, voix, gameplay et fun, je vous renvoie à ma chronique de Wolfenstein: The New OrderThe Old Blood fonctionnant sur la même recette de base (n’espérez aucune nouveauté transcendante). Du coup, le constat est le même que pour New Order : moi, j’ai pris mon pied ! C’est fun, ça se prend pas au sérieux, ça défouraille, ça rappelle des souvenirs aux vieux gamers… J’en demandais pas plus et j’ai été servi !

Le seul véritable bémol est le prix de base : 20 €. En terme de durée de vie, si on exclut les divers défis qui – de mon point de vue – n’apportent pas grand chose à l’expérience de jeu, on table sur 10-15 heures en difficulté élevée. J’ai mis 15, mais c’est parce que je faisais de l’infiltration où on passe son temps accroupi en avançant à deux à l’heure… Honnêtement, en mode berserk et avec un peu de technicité, on doit tomber sous la barre des 10 heures. Bref, tout ça pour dire que mon ratio prix/temps désiré n’est pas atteint, ce qui ne serait pas forcément dérangeant dans le cadre d’une expérience inédite… Sauf que là c’est du Wolfenstein ultra-classique. Essayez donc de le récupérer plutôt en solde.

Wolfenstein: The Old Blood est une petite pastille FPS réservée aux amateurs de la saga qui se replongeront avec plaisir dans la peau de B.J. Pour les autres, ça va être compliqué de justifier un tel achat. En revanche, si vous étiez sûrs de vous mettre à The New Order, je conseillerais de faire The Old Blood avant, de façon à avoir une expérience narrative intéressante avec un prologue de 10 heures avant d’attaquer un excellent jeu !

En tout cas, ça m’a donné envie de refaire The New Order, et surtout, (surtout !) j’attends sa suite de pied ferme !

Prometheus est un film réalisé par Ridley Scott, avec Charlize Theron (Young Adult), Michael Fassbenber (X-Men: Le commencement) et Noomi Rapace (Sherlock Holmes 2: A Shadow Game).

Un couple d’archéologues/anthropologues pensent détenir la clé de l’origine de l’humanité grâce à d’anciennes peintures rupestres et autres signes mystiques. Ils réussissent et un mec bourré de fric de leur monter une expédition aux confins de l’espace, vers la planète qui porterait nos supposés géniteurs. Bien sûr, comme le film est vendu comme les origines du film Alien, ça va mal se passer…

En allant voir un film au cinéma, je suis toujours ravi en sortant. C’est sûrement l’effet « j’ai donné un rein pour payer ma place de cinéma alors le film se devait d’être cool ». Les semaines passant, j’y repense et mon jugement change petit à petit, retourne au point d’équilibre objective et je peux me fendre d’une chronique qui ne soit pas biaisée. Ainsi, mon verdict sur Prometheus est :

Bah c’était pas terrible du tout… limite bien naze.

Et comme toujours, la seule raison au coeur d’un tel couperet tient en un seul mot : scénario. Le scénario est débile. Si en plus on ajoute des personnages crétins aux réactions idiotes, il ne reste plus grand chose pour rattraper le coup. Je pense que la plus belle preuve de ce que j’avance est : deux personnages décide de faire un groupe de 2 (ce qui est toujours, toujours, toujours débile) et se perdent. Ils arrivent à se perdre alors que :

  1. L’un des types est le responsable de la cartographie
  2. Ils sont en liaison permanente avec le vaisseau qui reçoit les données cartographiques, donc ils auraient pu demander leur chemin… … …

Et ce n’est qu’un exemple de décisions crétines qui seront prises constamment par les membres de l’équipage (mention spéciale au scientifique de service qui ne prend aucune précaution avant de pénétrer dans le tombeau alors qu’il me semblait clair depuis les premières explorations de pyramides égyptiennes qu’il fallait prendre son temps et envoyer d’abord les robots…). Les responsables de cette perle de script sont Ridley Scott himself, Damon Lindelof et Jon Spaihts. Comme quoi la présence du premier est fantoche, celle du second n’est définitivement pas un gage de qualité (Lost) et le troisième devrait bénéficier d’un accélérateur de carrière.

Bref, on n’ira pas voir Prometheus pour son écriture. On n’ira pas le voir non plus pour sa direction artistique fade et sans intérêt. N’est pas HR Giger qui veut !

On pourrait éventuellement aller voir Prometheus pour les performances de Charlize Theron et Noomi Rapace, plutôt crédible en dépit des caractérisations de leur personnage et leur manque de subtilité (oui, c’est toi que je regarde, le complexe d’Electre foireux !). Mais de toute façon, leurs prestations sont éclipsées par celle de Fassbenber, en androïde complexe. Il s’est inspiré de Blade Runner et de Rutger Hauer (la référence de base, donc) et le résultat se sent.

En parlant de Blade Runner, inutile de dire que le nouveau film en préparation avec Ridley Scott aux commandes me fait désormais particulièrement peur…

On pourrait aller voir Prometheus pour sa scène de césarienne un peu craspect mais sans réelle tension dramatique (et oui, on ne va pas faire claquer l’héroine à la moitié du film, hein). Mais comme après elle se met à courir le 200 mètres sprintés sans faire péter ses sutures, on ne peut que lever le sourcil et ajouter cette aberration à la longue liste de débilités d’un scénario pondu par trois types qui ont dû passer plus de temps à se toucher la nouille qu’à travailler sérieusement.

On pourrait aller voir Prometheus parce que sa bande annonce était plutôt bien foutue et rappelle dans l’inconscient cinématographique celle d’Alien, le 8ième passager mais ce serait faire la même erreur de jugement que moi…

On pourrait aller voir Prometheus comme moi, mais ce serait une perte d’argent. Limite, je me demande si on ne ferait pas mieux d’aller voir Promotheus: le commando stellaire

On pourrait aller voir Prometheus en se disant que c’est une allégorie à propos du mythe de Prométhée, de la façon dont il a volé le feu des dieux pour se retrouver en enfer, une espèce de deuxième degré de lecture sur le conflit et les interrogations de l’homme sur son créateur… Honnêtement, si ça avait été aussi intelligemment réfléchi que ça, j’aurais pas besoin de cracher sur tout le reste…

En conclusion, vous ferez mieux de ne pas aller voir Prometheus

Pour l’anecdote rigolote, la bande son avait sauté durant ma projection avant d’être remplacée par la musique d’ascenseur qui comble en attendant que la séance démarre. En pleine scène de tension, ça casse encore un peu plus le film…

Rise of the Planet of the Apes est réalisé par Rupert Wyatt avec James Franco (The Box), Freida Pinto (Slumdog Millionaire), John Lightgow (How I Mey Tour Mother), Tom Felton (Harry Potter) et Andy Serkis (Le Seigneur des Anneaux)

Will est un scientifique qui essaie de trouver un remède contre la maladie d’Alzheimer. Du coup, il a plein de petits singes sur lesquels faire ses expériences. Une d’icelles tourne mal et c’est éradication en masse des sujets de laboratoire. Tous sauf un bébé chimpanzé, recueilli par Will, et qui fait montre d’une intelligence supérieure. Les années passent, le petit singe va faire des siennes, se retrouver enfermé avec des copains, décider qu’il était temps que les humains arrêtent de leur filer des bananes et mener un front révolutionnaire anti-humain.

En gros.

Ah, au fait, c’est une préquelle au film de la Planète des Singes.

Je me souviens bien de la première fois où j’ai vu la Planète des Singes, l’original. C’était à l’époque des VHS et des enregistrements des films qui passaient à la télé. J’étais donc assez jeune et j’avais le gros avantage de ne pas être pollué par l’Internet : l’adaptation du roman de Pierre Boulle fut donc une surprise de bout en bout, y compris la fin. Je me souviens bien aussi de la première aussi où j’ai vu le remake de Tim Burton de ce même film ; j’étais quelque part entre crise de rire et dépit profond.

Et c’est bien à cause de cette bouse que j’ai très longuement hésité avant de m’attaquer aux origines cinématographiques de la planète des singes ! J’ai été bien idiot d’attendre aussi longtemps. Vous qui avez l’habitude que je chronique des films pourris, réjouissez-vous, Rise of the Planet of the Apes est un excellent film à tout point de vue !

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le protagoniste principal n’est pas le personnage de James Franco, mais bien celui de César le chimpanzé révolutionnaire. Et force est de constater que la qualité de l’écriture et de la réalisation pour donner un sentiment d’empathie pour un singe (aussi intelligent et élevé par des humains qu’il ait pu être) est de très haute volée ! Les scènes sont incroyablement fortes, César ne parle pas (je suppose que vous êtes un peu spolié si vous connaissez le langage des signes…) et pourtant tout est dit par son comportement et ses expressions. Depuis l’innocence de l’enfance jusqu’à devenir un leader juste, tout le parcours initiatique et personnel de César est très bien retranscrit à l’écran. Peur, colère, pitié, compassion, détermination… Il suffit de juste regarder la bande annonce pour vous faire une toute petite idée de la puissance des émotions dans le regard de César…

Bien évidemment, la performance capture d’Andy Serkis (Monsieur Singe à Hollywood, booké pour n’importe quel film avec des besoins en primates virtuels) couplée à des effets spéciaux très réussi ne manque d’enfoncer le clou émotionnel et l’attachement qu’on éprouve pour César et ses amis. Sans même parler du fait que les scènes de bataille (la finale sur le pont de San Francisco) sont carrément impressionnantes !

Derrière le front révolutionnaire des primates se cache également une très bonne interrogation sur l’éthique de la science et des bornes qu’elle s’impose, dépasse ou respecte. On parle tout de même d’expérimentations sur des animaux braconnés dans la forêt, d’expérimentations sur des humains par pur attachement affectif, de profits financiers sur des produits à peine testés. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » comme disait l’autre. (Placer une citation de Rabelais récupérée des cendres de mes cours de philo : check !) De quoi réjouir les amateurs de deuxième degré de lecture qui place le singe dans un niveau d’humanité bien supérieur à celui de l’Homo Sapiens.

Si le sujet du soulèvement des singes est extrêmement bien traité, on lui reprochera tout de même un flagrant manque de nouveauté : le prisonnier qui se lève pour libérer son peuple, on a tendance à avoir vu ça un certain nombre de fois au cinéma ou dans d’autres médias (je pense à Gladiator, Spartacus et autres gladiateurs huilés en jupette, je pense aussi à Planet Hulk… qui avait de gros relents de gladiateurs aussi…). Mais bon, tant que c’est bien fait, aucune raison de se plaindre réellement.

La vraie raison de se plaindre se situent dans la repompe grasse de l’Armée des 12 singes (en plus, il y a « singes » dans les deux titres, aucune chance que cela passe inaperçu !). On regrettera la présence complètement accessoire de Freida Pinto (et pourtant, j’adore Freida Pinto, je voudrais plus de films avec Freida Pinto !) très certainement commandée pour attirer un peu plus de mâles dans les salles obscures : rôle bidon, temps à l’écran ridicule, utilité zéro… un beau gâchis. Sinon James Franco n’est pas réellement au top de l’acting avec son faciès crispé qui manquerait presque de faire passer ce film pour une pub vantant les méfaits de la constipation passagère.

Faisant fi de ces quelques désagréments, La Planète des Singes: Les Origines (on notera au passage le manque d’imagination des distributeurs français qui ont dans X-Men: Les Origines – Wolverine, une occasion de surfer sur des associations d’idées pas spécialement heureuses… Wolverine quoi…) est un très bon film, à regarder au premier et deuxième degré de lecture. Il ne lui manquait pas grand-chose pour se prendre un tag « Coup de Cœur »…

Un regard neuf (presque… disons « recyclé », le regard) sur la grande question qu’on s’est tous posée à la fin de la Planète des Singes : mais comment ? Et une suite est déjà annoncée pour répondre à l’autre « Comment » d’après…