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Suicide Squad est un comic-book de Adam Glass (Supernatural) au scénario et Federico Dallocchio aux pinceaux.

Pour des missions sales undercover à hauts risques, il a été décidé qu’envoyer la Justice League, c’était une perte de temps et d’argent. D’autant plus qu’avec des gars comme Superman et sa morale, le boulot un peu borderline ne serait jamais fait. Le plus simple, c’est de prendre des super-vilains, de le mettre une nano-bombe dans le cou et de les envoyer au casse-pipe. Voilà le but de la  Suicide Squad. Mais avec un Deadshot monomaniaque et une Harley Quinn déjantée, pas sûr que tout ce passe comme prévu…

Suicide Squad a fait partie de 52 séries lancées par DC à l’occasion de son grand relaunch. A côté des Justice League et autres Cour des Hiboux, autant dire qu’il est plutôt passé inaperçu. Tellement inaperçu – et un peu obscur, il faut bien l’avouer – qu’il n’est toujours pas prévu en traduction chez Urban.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je vais en parler (au même titre que je parlerai un jour de Justice League Dark) : c’est pas sorti en France, ça n’a pas l’impact de Wonder Woman ou Aquaman (et pourtant, pour sortir Aquaman de sa bulle de ridicule, il fallait en avoir), ça a donc peu de chance d’être lu en dehors des amateurs qui ont accès à un comic-shop ou Amazon (car oui, ça se trouve sur Amazon !).

Le concept de la Suicide Squad n’est pas nouveau. On l’avait entre-aperçu en 1959, il avait eu sa série à partir de 1987 pour une dizaine d’année et les plus série-philes masochistes d’entre vous l’ont vu dans je ne sais plus quelle saison du naufrage intellectuel qu’était Smallville. C’est un concept que je trouve amusant, pas révolutionnaire, difficile à tenir sur la distance mais un concept qui a sa place dans la nouvelle redistribution DC.

Je vais pas vous la faire à l’envers : j’ai surtout acheté pour voir la nouvelle Harley Quinn et force est de constater qu’elle tient la forme et supporte quasi à elle seule tout l’intérêt de ce recueil (épisode 1 à 7). Adam Glass ne s’y est d’ailleurs pas trompé en recadrant rapidement le récit sur elle et ses origines (qui, pour le coup, ne sont qu’un bête copier-coller de ce qu’on a pu lire dans Mad Love). De toute façon, il n’a probablement pas eu le choix : car qui dit Harley dit Joker et à partir de l’épisode 5 la grande machinerie à cross-overs DC se met en marche et tease la « mort » du Joker pour mieux orchestrer son futur retour dans la saga Death in Family.

Démarche purement marketing ou réelle créativité autour des rebondissements de l’intrigue de Suicide Squad ? Honnêtement, je penche pour le premier car si le recueil se lit très bien, si des dessins sont agréables sans être transcendants, le titre n’a pas la grandeur ou la maestria des grosses pointures DC. Même s’il faudra attendre la sortie du deuxième recueil pour complètement juger du potentiel du premier arc, Suicide Squad se classe dans la catégorie des comics de seconde zone très clairement réservés aux ultra-fans et aux connaisseurs.

Les références à l’univers sont nombreuses (Belle Reeve, Amanda Waller, etc.), les méchants catapultés héros sont peu connus du grand public : Deadshot, King Shark, Harley Quinn, El Diablo, Black Spider… Difficile pour les non-initiés de prendre leur pied. Pour les autres, c’est très rigolo de retrouver Harley Quinn et sa bouffonnerie, le glouton King Shark et une nouvelle perspective sur Deadshot (plus humain, plus vulnérable qu’il n’y parait). L’histoire vaut pas grand chose en elle-même, hein ! C’est pas extraordinaire, c’est pas révolutionnaire, ça m’a jamais retourné les chaussettes et après un début classique, un départ pas folichon, on arrive enfin des épisodes 5, 6 et 7 corrects (l’effet Harley/Joker…)

Evidemment, je voudrais plus de pages avec la compagne du Joker, je la voudrais en duo avec Poison Ivy, je voudrais plein de choses, mais ce que j’ai m’a convaincu de lire la suite et que dans la vie, il n’y pas que Batman, il y a aussi ses méchants.

Il est fort peu probable de voir arriver ce titre en traduction française et quitte à choisir, il y a au moins 20 autres titres dont la lecture passe avant celle-ci (au hasard Animal Man). Suicide Squad est à réserver à un public très averti, celui qui l’est réussira à trouver son bonheur et attendra la suite des aventures de cette équipe suicide ! C’est clairement pas le titre de l’année, mais ça occupe entre deux sorties d’autres recueils.

Et puis Harley Quinn quoi ! Après on aimera ou pas son nouveau look…