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Dans l’épisode précédent…

Comme annoncé par l’autre vilain trop sûr de lui, le sanctuaire de la Confrérie Noire est pris d’assaut par la garde personnelle de l’Empereur qui s’en donne visiblement à cœur-joie ! Mon fidèle Crindombre est allé combattre comme un grand quelques félons représentants de l’armée impériale en poste tandis que J’enfilais mes flèches comme des perles dans les genoux des gardes (comme il est de coutume dans ce pays de dingues).

L’intérieur du sanctuaire était en proie aux flammes quand je suis rentré. D’autres gardes massacraient et pillaient sans vergogne mes frères de culte. Il s’avère que le type qui puait le chien mouillé était effectivement un loup-garou… Comme quoi ce pays ne cessera donc jamais de me surprendre ! Loup-garou ou pas, il a succombé sous les coups de glaives mollement portés par des premières classes que j’ai expédiées en enfer bien plus rapidement que lui ! Le chien puant est mort, le vieux aussi, l’elfe noire aussi, Veesara itou… Même l’araignée de compagnie n’a pas survécu à l’incendie ! J’ai retrouvé le type de l’Enclume. Une fois le couteau sous la gorge, il m’a assuré qu’il n’était pas le traître. La fillette vampire a tenu le même discours.

Restait plus qu’Astrid à trouver. Je suppose que pas souci de tragédie, les Dieux feraient en sorte que la traîtresse, ce soit elle.

Mais l’incendie gagnait encore et encore du terrain. Je ne pouvais pas la laisser s’échapper et je ne pouvais pas fuir. J’ai dit aux deux survivants de se casser pendant que je partais en quête de dessiner un ultime sourire d’une oreille à l’autre sur cette bonne vieille Astrid. Même si elle n’était pas celle qui nous a vendus, elle le méritait pour tous les allers-retours qu’elle m’a fait faire dans le vent et pour avoir failli me faire tourner chèvre.

Bon… Il s’avère que j’ai un peu laissé la situation dégénérer côté incendie… Je me suis retrouvé piégé… Sans autre alternative que de m’enfermer dans le sarcophage de la Mère de la Nuit… Encore… A situations désespérées, remèdes désespérés ! Et me voilà de nouveau allongé auprès d’un cadavre puant, les yeux fermés en train de penser à des fourmis travaillant sur une souche, à Muiri et à des petits chats… Je crois que la Mère de la Nuit m’a encore parlé. J’ai pas écouté tant elle refoulait du bec et je me suis concentré sur les petits chats et mes envies de meurtres envers Astrid et Bordeciel tout entier pour m’avoir mis encore dans cercueil avec un macchabé !

Le lendemain matin, les deux autres membres survivants de la Confrérie Noire m’ont retrouvé. Ils sont aussi retrouvé Astrid. Encore en vie. J’aurais dû la buter sur le champ. Mais plutôt que de crever bien normalement, il a fallu qu’elle mette en scène sa mort façon drama-queen ! A moitié carbonisée, elle avoue que c’est elle qui a vendu la Confrérie Noire parce que je devenais trop important et que je lui faisais de l’ombre…

J’ai senti qu’elle allait encore me faire un speech mielleux à base de « je suis désolée, j’ai glissé » alors j’ai dit que ça suffisait la tragédie foireuse et j’en ai fini avec cette pétasse qui me gonflait depuis le départ avec ces jeux de pouvoirs.

« T’as joué, t’as perdu ! T’as essayé de me doubler, tu l’as eu dans le cul ! »

C’est sorti comme ça. Je me sentais pas particulièrement poète à ce moment-là, mais c’était approprié. Ensuite, j’ai regardé les autres et j’ai dit :

« Bon, maintenant, ça suffit les conneries ! On va arrêter de ce toucher la nouille et on va remettre à flot cette confrérie à la noix. Déjà, le patron, c’est moi ! Car vous avez bien fait montre, chacun à votre manière, que vous êtes deux gros branleurs de première ! Pas autant qu’un membre de la guilde des voleurs, mais pas loin ! »

Ils ont pas pipé un seul mot, étonnés de voir que je savais parlé, en fait. L’avantage de ne jamais parler, c’est qu’on vous écoute quand vous l’ouvrez ! J’en déduis que ça fait de moi, et dès maintenant, le grand patron de la Confrérie Noire ! Je ne peux qu’imaginer la fierté que ressentirait mon père s’il me voyait…

« Toi, là, le type de l’Enclume. Je te nomme super-intendant. Occupe-toi de tout ce que j’ai pas envie de faire, comme le recrutement ! Et toi la môme vampire, t’as qu’à continuer de berner les petites vieilles en attendant de me prouver que t’es réellement utile. Au fait, j’ai pas buté Cicéro, il va sûrement revenir. Il sert à rien non plus mais il porte la Mère de la Nuit, c’est toujours mieux que rien. On va s’installer dans le sanctuaire de Aubétoile, j’irai voir un pote de la guilde des voleurs qui me fera un prix discount pour aménager le tout de façon nettement moins glauque. »

Ils ont opiné du chef. Tant mieux ! J’étais tellement sur les nerfs que j’aurais buté le premier qui mouftait ! Mon père me dirait aussi qu’un bon argonien fini toujours la tâche pour laquelle il a reçu des sous. J’ai donc ajouté :

« Enfin, comme JE dois toujours tout faire dans ce pays, JE vais personnellement m’occuper du contrat en cours et buter pour vrai le vrai Empereur ! Et comme depuis le départ, on n’arrête pas de m’envoyer à Solitude, je suppose qu’il se terre là-bas maintenant qu’il croit la menace de l’Oreille Noire écartée. Ah oui, et désormais, pour vous, c’est « Oreille Noire » ! Pas « machin », ou « bidule » ou « le bleu » ! « Oreille Noire » ! Pigé ? »

Nouvel opinage du chef de mes nouveaux larbins. Non mais !

Et direction Solitude !

Le bateau de l’Empereur… et l’ombre funeste de l’Oreille Noire qui plane au-dessus !

Comme j’avais bien les nerfs en pelote, en guise d’apéritif, je me suis fait le garde impérial qui avait marchandé ma mort avec Astrid. Il était sur le port. Je l’ai tué lui et tous les types sur le port indistinctement ! Ensuite, je suis allé sur le bateau de l’Empereur qui mouillait dans la baie.

Et. J’ai. A-ssa-ssi-né. Tout. Le. Monde.

Marins, gardes, empereur, la poule du garde-manger… Tout. Le. Monde.

Ça m’a fait un bien fou ! L’Empereur était très courtois et très lucide sur le fait que le subterfuge de l’épisode 17 ne le sauverait pas de la terrible vengeance de l’Oreille Noire. Il a été d’accord pour que je le tue sans faire d’histoires (dans le genre mood-killer, il se posait là lui !) mais il voulait aussi que je tue celui qui voulait que je le tue.

Tant que je peux rendre service…

Et donc, là, c’est le vrai Empereur qui goûte ma lame…

Ce dernier acte mettant fin à mes aventures avec la Confrérie Noire, il était temps de passer sérieusement à autre chose.

Dans l’épisode précédent…

Je me suis donc rendu au sanctuaire de la Confrérie Noire. J’avais peur de ne pas trouver ; après tout, on parle bien d’une société secrète d’assassins mystérieux, d’une presque légende de Tamriel ou plus généralement de gens dont le cœur de métier repose sur la discrétion…

Voici donc l’entrée secrète du sanctuaire…

Bien, bien, bien… Pas du tout le genre d’entrée secrète qui hurle au premier passant « c’est louche ! Va chercher l’armée impériale ! »… Ça me rappelle l’entrée secrète de la guilde des voleurs à Faillaise.

Une grosse de deux tonnes à peine suspecte qui fait un bruit d’enfer dès lors qu’on appuie sur le bouton pas du tout caché en plein milieu ! 

Ma conclusion : à Bordeciel, si toutes les sociétés secrètes et associations de malfaiteurs sont encore debout, c’est uniquement parce que la population est débile et les forces de l’ordre bien trop fainéantes pour lever le petit doigt ! Moralité : Bordeciel et ses bouseux méritent ce qu’ils méritent. Y compris moi, le plus grand assassin de tous les temps (je prends un peu d’avance en vous l’annonçant dès à présent, mais c’est vrai !)

Il y a tout de même un mot de passe pour rentrer. Une formalité. Je retrouve Astrid à l’intérieur qui me donne mon équipement de base et mes premières assignations. J’en profite pour faire le tour des effectifs… Moi qui me plaignais de la guilde des voleurs, la Confrérie Noire est encore plus dans la misère et reste finalement représentative de Bordeciel : on retrouvera un échantillon parlant de tous les laisser-pour-compte dans cette société de xénophobes !

  • Un habitant de l’Enclume – en costume traditionnel, preuve qu’il ne fait pas vraiment un effort d’intégration comme moi, obligé de porter l’uniforme impérial à peine ma tête hors du billot – qui me file tous mes petits boulots d’assassinat qu’il ne veut pas faire… (encore un qui préfère picoler au bar en laissant le bleu faire sous prétexte que c’est pour me former)
  • Une elfe noire… je me demande si l’araignée géante de compagnie est à elle…
  • Un vieux grincheux qui croit que l’assassinat silencieux va de pair avec balancer des boules de feu (de mon point de vue, le grincheux est complètement gâteux !)…
  • Une petite fille vampire… C’est une véritable sociopathe qui attaque les petites vieilles qui lui file des bonbons ! (Note pour plus tard : si je récupère des bonbons au miel, ne pas les lui donner !)
  • Un autre argonien. Ce qui me prouve que je suis bien à ma place ici.
  • Astrid, bien sûr.
  • Et un nordique qui se dit loup-garou. Encore un mythomane en puissance, tiens ! Parce que moi, ça fait un bout de temps que j’écume Bordeciel de tous les côtés et j’ai jamais vu de loups-garous ! Je lui laisse tout de même le bénéfice du doute parce qu’il pue le chien mouillé.

De gauche à droite, celui qui pue le chien mouillé, le vieux débris, le fou, Astrid et l’elfe noire qui sert à rien. Dans la caisse, le cadavre desséché…

Plus tard, on sera rejoint par Cicéro. Un fou. Littéralement ! Il se trimbale avec un cadavre desséché qu’il appelle la Reine de la Nuit… La bonne nouvelle, c’est que ce macchabé ne s’est pas relevé pour m’attaquer personnellement, je vais donc ranger cette « Reine de la Nuit » du côté des gentils.

Comme je disais, j’ai arrêté de tenir le compte de tous les gens que j’ai tué. Mais modestie m’interdit de me vanter. Quand on me demandait de tuer quelqu’un, je m’exécutais sans rien dire et en conservant mon personnage ténébreux taciturne, même devant les clients et les victimes. Mieux ! Je tape sur l’épaule de mon contrat, il se retourne, il me regarde et me dit un truc du genre « allons bon, mon gai compagnon, que puis-je faire pour vous ? » et moi je dis rien ! Hahaha, la tête qu’ils font à chaque fois ! Et pas un seul qui s’inquiète de voir un argonien en noir, une lame à la main, rentrer chez eux par effraction ! Moralité : souvent, mes contrats méritent de mourir pour l’offense qu’ils font à l’intelligence humaine.

Toujours est-il que j’ai parcouru du pays et rencontré des tas de gens qui voulaient qu’un autre tas de gens meurent. J’ai peut-être même rencontré ma future femme… Elle s’appelle Muiri. Ce n’est pas une argonienne, mais des deux seules sœurs de couvée que j’ai rencontrées dans ce pays de cons gelés, une était déjà promise et l’autre droguée au dernier degré par le skooma. Mais je suis sûr que Muiri plaira à mon père quand je la lui présenterai si on se marie (déjà, elle a le bon goût de ne pas être Nordique, c’est à peu près tout ce que je demande tant j’ai revu mes exigences sentimentales à la baisse). J’éviterai de mentionner le fait qu’elle m’avait embauché pour trancher la gorge de son mari…

Peut-être ma future femme, si j’arrive à lui faire la cour et la séduire de mon charme de vaurien saurien…

Entre deux assassinats, j’en profite pour regarder mon journal de quête, en choisir une au hasard, et la finir parce que c’est bien beau d’aider tout le monde mais ça me pourrit une quantité incroyable de papier. Je sais bien que c’est pas les arbres qui manquent en Bordeciel, mais ça froisse ma conscience écologique.

J’ai donc fini dans une ruine naine. C’est moche. Et plein d’automates. Après, ça devient encore plus moche et c’est rempli d’elfes aveugles et de scarabées géants. On pourrait croire que des aveugles auraient développé leur ouïe pour repérer un assassin silencieux comme moi, mais non ! C’est encore plus facile que d’écraser des fourmis sur une souche ! Je pourrais passer sans faire de bruit et sans les tuer… Mais j’y arrive pas. Je prends plus de risques maintenant : si ça bouge et si ça peut trouver une raison de me buter, je le bute avant ! Bref… Au final, je suis tombé sur un mage pas content que je vienne le secourir mais qui voulait tout de même un coup de main (bah voyons !). Pour information, je pensais que l’astronomie et le réglage d’optiques et de lentilles étaient quelque chose qui demandait de la minutie ; en fait, non, il suffit de balancer des sorts de feu et de glace dessus… Je m’étonne plus vraiment que ce soit encore le moyen-âge scientifique dans cette région d’arriérés !

Comme mon journal est rangé n’importe comme en dépit des efforts sincères que je fais, il se trouve que j’ai fini par achever une quête que m’avait donnée l’Académie des Mages… Moi qui m’étais promis de ne plus fourrer mon nez dans leurs affaires et les laisser dans leur bouse… me voilà de nouveau en direction de Fort d’Hiver !

Twilight – Chapitre 1: Fascination est un film de Catherine Hardwicke (Lords of Dogtown) sur un scénario de Melissa Rosenberg adapté du livre de Stephanie Meyer, avec Kristen Stewart (Adventureland) et Robert Pattinson (Remember Me).

Bella Swan déménage dans la très déprimante petite ville où habite son père. Nouveau lycée, nouveaux amis, elle se sent étrangement attirée par un sombre garçon ténébreux. Les deux êtres tombent éperdument amoureux l’un de l’autre… Seulement voilà, Edward n’est pas ce qu’il semble être. C’est un vampire ! Bella va alors pénétrer dans le monde des ténèbres… Enfin… façon de parler, ce vampire brille au soleil…

J’en avais assez de ne pas participer à la destruction automatique du film Twilight quand il arrivait dans les conversations. Et comme je ne suis pas spécialement du genre à répéter les propos d’autrui et que j’aime bien avoir une opinion quand j’ouvre la bouche, j’ai donc pris le temps de me pencher sur le cas Twilight (enfin, juste le premier chapitre car je n’ai pas que ça à faire)(et juste au cinema parce que je n’ai pas que ça à lire).

Les âmes sensibles feraient bien de s’accrocher à leurs bretelles, je vais dire quelque chose de choquant… Twilight. N’est pas. Un. Mauvais. Film.

Quoi !

Oui, désolé. Mais toutes les personnes qui démontent le film (parfois sans même l’avoir vu) en criant à tort et à travers que Twilight est une bouse sont des moutons qui colportent des propos et des arguments entendus sans vraiment avoir conscience de ce qu’est Twilight.

Twilight est un mauvais film de vampires, certes ; mais en soi, ce n’est pas un mauvais film !

D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi ça s’appelle « vampire »… Enfin, si, j’y reviendrais plus tard. Chaque chose en son temps. Toujours est-il que le premier argument qui oppose Twilight à, au hasard, Entretien avec un Vampire est irrecevable. Parce que ce n’est pas un film de vampires et il est bien stupide d’aller regarder le film dans cette optique (ou de continuer à le détruire en usant de cette rhétorique après avoir lu ma chronique).

Twilight est un teen movie.

Quoi ?

Oui, Twilight est un teen movie, car il exploite nombre des interrogations adolescentes depuis la notion d’intégration à celle du regard des autres, en passant par la sempiternelle tentation du sexe. Entendons-nous bien, ce n’est pas un bon film à cause du reste, mais il reste plutôt juste dans son exploration de vie adolescente, ce qui en fait un teen movie tout à fait acceptable.

Mais n’importe quoi !

Encore une fois, désolé, mais sans me poser en expert, j’ai vu suffisamment de teen movies dans ma vie pour avoir une bonne idée d’où se place le premier film Twilight. De plus, je ne voudrais pas appuyer trop lourdement mon propos, mais le réalisateur du film n’est autre que Catherine Hardwicke, la responsable de Thirteen et du génial Lords of Dogtown, deux films très clairement dans cette catégorie (version dramatique, pas comédie) et le choix des producteurs était tout à fait justifié.

Maintenant que les pendules sont remises à l’heure et que nous avons une base commune pour juger le film, attardons-nous dessus. La partie teen du film est celle qui m’a le plus intéressé. Les errements de Bella dans son nouveau lycée, reconstruire une relation avec son père, se faire de nouveaux amis, son sentiment d’exclusion, les premiers émois incontrôlables pour le sexe opposé, le bal de fin d’année… (Zut alors, si on est pas dans un teen movie, je ne sais pas ce qu’il vous faut !) Tout cela a été très justement abordé par le scénario et a été subtilement mis en scène par Hardwicke (visiblement, trop subtilement puisque tout le monde pense que c’est un film de vampires…). De mon point de vue, c’est un sans-faute. Jusqu’à la rencontre avec les parents d’Edward…

Ensuite le film perd tout cette dimension teen pour recoller aux livres et, à partir de la partie de base-ball, j’ai décroché… Je ne suis même pas vraiment certain de savoir comment fini le film tant mon esprit était parti vagabonder tandis que j’enfilais déjà mon pyjama et me brossais les dents. Tout ce que je me souviens, c’est qu’une fois de plus, l’antagoniste est un gros crétin et qu’il préfère jouer avec sa bouffe (oui, Bella se fait kidnapper par un méchant vampire) plutôt que directement faire ce que n’importe quel vampire sensé aurait fait : manger. Bref, des antagonistes en mousse, ça tue rapidement un film.

Mais ce n’est pas un film de vampires. Si Stephanie Meyer a décidé de les appeler ainsi et non pas « Vlodriock » ou « Aspardal » ou je-ne-sais-quoi, c’est juste pour surfer sur un nom connu et s’attirer plus de monde avec une stratégie marketing adéquate. Des vampires, c’est sombre, c’est gothique, c’est sexuel, c’est dangereux, ça a des dents pointues et ça ne brille pas au soleil… Mais bon, voilà, elle est romancière, elle fait ce qu’elle veut. Alors c’est plus facile de surfer sur des lieux communs (elle avoue elle-même ne pas du tout avoir fouillé la mythologie vampirique pour écrire). Du coup, on retrouve un peu de Underworld avec la guerre contre les loup-garous (guerre elle-même pompée sur d’autres références, à commencer par Shakespeare), un peu de Roméo & Juliette, un peu de Biff ? Baffie ? Ah Buffy ! avec le couple Angel-Buffy littéralement copié-collé (et nettement plus prude)… Bref, sans vouloir être mauvaise langue, Twilight est exactement comme Matrix : ça pompe suffisamment de bonnes idées un peu partout et c’est suffisamment bien maquillé pour que ça parle à l’inconscient du plus grand nombre afin d’en faire un succès.

Kristen Stewart nous sort son plus grand jeu d’ado torturée, ce pour quoi on l’a embauchée, en récupérant sa prestation de In the land of women. Ça pourra énerver, je le conçois. De toute façon, c’est loin d’être son meilleur rôle. Pour mémoire, je rappelle qu’il se trouve dans The Runaways et que vous n’avez aucune excuse pour ne pas le regarder si vous avez pris le temps de vous mater la saga Twilight. Son alchimie avec Robert Pattinson est bien présente, dommage que l’interprétation d’Edward Cullen soit si minimaliste ou au contraire trop poussé dans la ténébritude solitaire (quand je disais que ça a tout volé à Angel…). Le reste du casting remplit sa part du gâteau, avec une mention bien pour les acteurs côté vampire et une mention LOL pour les acteurs côté loup-garous…

Au final, tout ce qui pue dans Twilight, à la fois dans le scénario et dans la réalisation, touche au surnaturel et n’est pas teen. Allons nous balader dans les bois façon Tigres et Dragons du pauvre, effets de vitesse risible, méchants bidons et j’en passe. En plus, le film est un poil trop long pour pouvoir être réellement efficace.

Pour conclure, j’espère qu’après avoir lu cette chronique sur le premier film Twilight vous saurez élever le débat au-dessus de son habituelle stérilité quand il viendra dans une conversation et ainsi briller en société. Twilight est un mauvais film sur les vampires, un film très moyen à cause de son scénario mi-figue mi-raisin et un bon teen movie grâce au savoir-faire de Catherine Hardwicke. Qu’on se le dise !

Sachant que le réalisateur change pour les autres films que je ne me sens pas plus d’humeur à élever le débat plus que ça, la probabilité pour que je me penche sur les suites tend vers 0. Il faudra vous trouver d’autres arguments construits pour les défendre !

Les Voies d’Anubis est un roman de science-fiction de Tim Powers. Pour être complétiste, il s’agit d’un roman de steampunk, l’un des trois qui a fondé ce mouvement littéraire. Et je vous invite à consulter l’article d’hier pour vous remettre à la page sur le steampunk.

Ma dernière chronique littéraire m’avait laissé sur un sentiment d’avoir lu un bouquin qui brassait une grande quantité de vent pour pas grand chose. Je passais donc avec un sentiment de soulagement mêlé d’inquiétude, car il est bien connu qu’un cycle de loose ne se résorbe généralement pas de lui-même. Surtout que, sur les conseils d’un vendeur, j’allais lire un auteur que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. A propos de Tim Powers, il n’y a guère de détails croustillants à partager : il est prof à l’université, il a simplement créé un mouvement littéraire avec ses amis Jeter et Blaylock, il a aussi été un ami proche de Philip K. Dick, il a reçu quelques prix prestigieux pour certains de ses écrits (notamment pour les Voies d’Anubis – Prix mémorial Philip K. Dick 1983… entre autres) et que par défaut chacun d’eux a au moins été une fois nominé ici ou là.

Brendan Doyle est un rare expert mondial de Colleridge, un poète du début du 19e siècle. Il est contacté par un richissime industriel pour venir en Albion qui lui propose alors une somme rondelette et une opportunité unique : accompagner un groupe de touristes temporels qui va assister à une conférence de Colleridge en 1810 ! Bien évidemment, au moment du retour en 1983, rien ne se passe comme prévu et celui reste coincé dans le vieux Londres. Il va alors faire son possible pour essayer de retrouver une brèche temporelle qui le ramènerait à son époque. Seulement voilà, dans les bas-quartier de Londres, les sorciers égyptiens, les loups-garous, les sociétés secrètes, les clones et l’Histoire ne vont guère lui faciliter la vie…

Lu un peu en diagonale, en ne s’attachant qu’à la fin, on pourrait aisément arquer le sourcil et se demander comment un tel pitch arrive à tenir une structure narrative logique avec autant d’éléments aussi disparates. Et bien figurez-vous que non seulement elle tient la route mais elle est riche (dense, chargée, lourde même), sans accroc ni incohérence du début à la fin, et se permet, de surcroît, de flirter avec des personnages historiques (Colleridge et Lord Byron). Ça reste un véritable exercice de style et narratif parfaitement maîtrisé qui fait passer de nombreux autres livres pour de sombres bouses ! (Notamment les derniers que j’ai pu chroniqués.)

Les Voies d’Anubis est sans conteste l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire depuis très, très, très longtemps. Je reconnais sans mal qu’il ne peut pas plaire à tout le monde, que le style littéraire recherché, la densité de l’histoire et ses multiples rebondissements (quoique parfois prévisibles) en rebuteront plus d’un. Mais je suppose que c’est ainsi, tant pis pour ceux qui passeront leur chemin…

Je pourrais trouver moult qualificatifs pour vous inciter à lire cette oeuvre, mais si vous aimez le steampunk, les sorciers, les loups-garous, les sauts dans le temps, l’ambiance début 19e et les romans indispensables dans une vraie bibliothèque SF, courez le chercher chez votre dealer de culture préféré !

Quant à moi, j’ai jeté un oeil aux quatrièmes de couvertures des autres productions de Tim Powers, et nulle doute que vous aurez l’occasion de lire d’autres chroniques de cet auteur que je classe désormais dans mes préférés aux côtés de Herbert et Dick.

Et une couverture très moche pour finir, une !