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Suicide Squad

J’avais lu et entendu un tas de choses sur Suicide Squad, et j’attendais la version longue avant de me prononcer, espérant un peu l’effet Batman v Superman (à savoir un truc moins bousique que prévu). Du coup, j’ai vu et… C’EST UNE PURGE ! C’est très mauvais ! Il y aurait tant et tant à dire sur ce film qu’il me faudrait des heures pour tout lister. Je ne comprends pas comment on peut se planter à ce point. Je ne comprends pas non plus comment après la descente en flammes que le film a connu à sa sortie on n’ait pas donné carte blanche à David Ayer pour remonter tout le film. Même moi qui n’ai aucun talent particulier, j’ai envie de remonter le film pour lui donner un semblant de sens ! Comment peut-on sincèrement laisser sortir un tel film ? Ca m’énerve, mais ça m’énerve ! Rien n’a de sens ! Rien ! Le personnage de Deadshot, la relation Harley/Joker, la dynamique de groupe, le montage pseudo « Gardians of the Galaxy », la Suicide Squad ! Mais dans quel cerveau il viendrait à l’esprit de créer une équipe avec un mec qui sait bien tirer, une folle, un crocodile pour arrêter – je cite – une menace équivalente à Superman ! Ca n’a aucun sens ! Quand l’Enchantress pète un câble, c’est pas Deadshot et sa bande de repris de justice qu’il fallait envoyer, mais CONSTANTINE ! A la rigueur Flash qui fait un caméo ! Nul, nul, nul ! La seule menace digne d’intérêt pour une telle équipe, ça aurait été juste le Joker alors que Batman se prenait des vacances en réunissant sa Justice League ! Aucun intérêt. Ca m’énerve ! Vous le sentez que ça m’énerve ? Et la musique, alors oui, la bande son est excellente, mais si je veux écouter de la bonne musique, je sors un de mes vinyles ! On a dit beaucoup de choses sur le Joker, mais Jared Leto est le seul mec investi dans son personnage et ça m’énerve d’apprendre qu’il a été coupé au montage pour laisser de la place à Will Smith et son Deadshot tout moisi et Harley Quinn (elle est cool, mais fait bien greluche de service). Saviez-vous qu’à l’origine, la relation Joker-Harley était plus proche celle canonique ? Une des scènes coupées où il a la gueule moitié arrachée aurait dû être à la fin où il vient pour chercher Queen mais décide de la planter pour la laisser dans sa cage. Je sais pas dans quelle mesure les costards cravate ont charcuté le scénario mais là on a affaire à une bande de sociopathes qui commence à se faire des calins et avoir deux doigts d’honneur l’un envers l’autre après trois minutes ensemble. Ca n’a aucun sens ! Même une saison complète des Mystères de l’Amour semble plus cohérente ! Ce film est un échec complet, une perte de temps et d’argent qui mérite une note spéciale :

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Doctor Strange

Le monde se divise en 2. Marvel et DC. Marvel domine haut la main de par les films qui sortent sur grand écran, DC propose des films d’animation qui n’ont rien à leur envier (pour la plupart). Pour le petit écran, je dirai que c’est kif-kif depuis l’arrivée de Marvel chez Netflix. Mais lorsque DC fait des longs métrages… Et bien, c’est pareil avec Marvel et les dessins animés : c’est de la bouse. Preuve en est ce Doctor Strange sur lequel peuvent se rabattre les pauvres qui ne peuvent pas aller au cinéma voir la dernière production du MCU. Et bien c’est pas terrible du tout. On va pas se mentir, c’est même très mauvais. Et c’est très très TRES laid ! J’aurais pu éventuellement faire abstraction si l’animation n’était pas complètement à la ramasse non plus et si le scénario avait moins de raccourcis. Non, décidément, les dessins animés de super héros, c’est DC et puis c’est tout !

1/5

War Dogs

J’étais pas spécialement emballé à l’idée de voir un film avec Miles Teller et Jonah Hill, mais la bande annonce était suffisamment bien foutue pour donner envie au plus réfractaire. Et puis pour être honnête, j’avais un peu envie de comparer avec Lord of War qui reste un film incontournable sur la guerre et les marchands d’armes. Au final, War Dogs est largement moins bien que le film avec Nicolas Cage mais il m’a agréablement surpris, tant sur la prestation que sur la rocambolesque histoire vraie derrière le scénario. Même le duo d’acteur fonctionne bien (bon, surtout Jonah Hill !). Bref, je recommande fortement.

4/5

Begin Again

Vous savez quoi, c’était moyen. Allez, moyen + pour nous évitez une romance forcée entre les deux protagonistes.

2.5/5

Jason Bourne

Quatrième volet de la série. Cinquième avec le spin-off de Jeremy Renier. Clairement l’épisode de trop. D’une part parce qu’il faut avoir vu (et se rappeler) des précédents, d’autre part parce que c’était bien une perte de temps et d’argent pour tout le monde. On arrive au stade où on a plus grand chose à raconter sur le personnage donc on rajoute des couches sur son passé au point que ça devienne abracadabrantesque. On arrive aussi au stade où Jason Bourne et la caméra de Paul Greengrass n’a plus rien à apporter au film d’espionnage. La caméra gerbante, c’était innovant au premier épisode. Là, c’est juste confus. L’histoire est bateau et les acteurs clairement en mode automatique (j’avais l’impression de mater un film de robots). Bref, il est temps de ranger Bourne au placard et de passer à autre chose.

1/5

Lethal Weapon 1 & 2

La rentrée série US accueillait cette année une espèce de reboot de L’Arme Fatale. Comme j’étais curieux, je me suis penché dessus, sans réellement en attendre grand chose. Comme ça, juste pour voir. Il se trouve qu’après une demie douzaine d’épisodes les audiences sont bonnes et que je suis moi-même conquis. J’avais commencé la série avec finalement assez peu de souvenir des films, sinon quelques scènes, et je me suis dit « Tiens, ça fait vraiment longtemps que j’ai pas revu ces films » (genre 20 ans, parce que j’ai pas RTL9 pour ce genre de rediffusions). C’est donc avec délectation que j’ai retrouvé le dynamique duo des années 80 et que j’ai découvert que c’est à l’origine une création de Shane Black (le seul type qui a réussi à faire un bon film cette année – The Nice Guys). Force est de constater que 1. les années sont définitivement la meilleure décennie cinématographique de tous les temps et 2. que les films ont bien vieillis. Ca permet aussi de se rappeler d’une époque où on fumait à l’écran, on montrait des nichons, on faisait des cascades sans numérique ni fond vert, on avait des téléphones portables de 8 kilos et que globalement, les films avaient une âme.

4/5

Kokoro ga Sakebitagatterunda

Ou The Anthems of the Heart, en anglais. Pas encore disponible dans les vertes contrées francophones, mais bientôt. C’est un autre anime de type « romance lycéenne japonaise » à ajouter à la longue liste de ceux que j’ai vus. Pas le plus marquant, mais il est intéressant sur certains points qui ne sont pas assez développés, notamment le poids des mots (surtout sur les enfants). Après, on va pas se mentir, ça joue sur un bon nombre de tropes du genre mais c’est effectué avec suffisamment d’humilité pour que ça passe (je recommande une bonne séance de psychanalyse pour l’héroïne…). Et puis on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent non plus en ce moment. Bref, les amateurs seront ravis, les autres passeront leur chemin comme d’habitude.

3/5

5 centimeters per Second

Your Name est probablement LE film que j’attends le plus en cette fin d’année 2016, le plus gros cartons de la décennie au Japon est un anime « tranche de vie » signé Makoto Shinkai. C’est alors que je me suis rendu compte que je n’avais vu que The Garden of Words de ce réalisateur et qu’il était grand temps de compléter avec le reste. J’ai donc commencé par 5 Centimètres par Seconde qui est en fait 3 courts métrages autour du même protagoniste à trois étapes de sa vie. Il m’a fallu un peu de temps pour digérer le film et comprendre ses intentions derrière, la fin restant assez énigmatique au premier abord. Et puis, toutes les pièces finissent par s’agencer et on comprend. C’est donc un film tout en finesse, en sous-entendus, en contemplation sur le processus de deuil amoureux, surtout le tout premier. Le genre de film auquel on pense encore des jours après. Un vrai coup de coeur !

4.5/5

Voices of a Distant Star

Il s’agit d’un cours métrage de 25 minutes par Makoto Shinkai, catégorie romance lycéenne dans l’espace. On retrouve les germes des thèmes qui seront explorés par la suite dans 5 Centimètres par Seconde, à savoir : comment gérer une relation non déclarée à distance (visiblement un thème cher à Makoto Shinkai). Ici, en plus de la distance physique, on rajoute la distance temporelle où les mails mettent des mois à atteindre leur destinataire. La 3D a pris un sacré coup de vieux, mais le film mérite tout de même le coup d’oeil. Et comme je ne vais pas parler de Macross ce mois-ci, il en est suffisamment proche pour que je cite au moins ma série favorite tout de même. Si vous avez aimé le précédent film, vous savez quoi regarder ensuite.

3.5/5

Voyage vers Agartha

Makoto Shinkai à la réalisation pour continuer dans mon run, mais cette fois-ci sur une production Ghibli. Il n’y a pas à dire, le studio japonais plane réellement au-dessus de tout le reste ! C’est beau, c’est intelligent, c’est bien écrit… Bon, c’est pas la meilleure production du studio et ça bouffe trop aux rateliers de Mononoke et Chihiro pour réellement se démarquer mais c’était tout de même agréable à regarder. On regrettera un épilogue trop vite expédié pour donner un sentiment de satisfaction, mais on ne peut pas tout avoir. Dans une autre réflexion qui n’a rien à voir, je vois régulièrement des articles passés sur le féministe et le statut de la femme en ce moment. J’avoue c’est un peu de la science-fiction quand on vit en Norvège mais je me suis dit que le Japon n’était pas spécialement en reste : quand on y regarde bien, la plupart des dessins animé Ghibli mettent en avant des héroïnes fortes, des trucs qui – de mon point de vue –  seraient nettement plus à même de plaire aux jeunes spectatrices que – au hasard – les productions américaines (il y a un léger mieux chez Disney depuis quelques années, mais c’est pas au niveau des Japonais). En tout cas, je sais ce que ma progéniture regardera comme dessins animés.

3/5

Bakemono no Ko

Ou le Garçon et la Bête en français. Un film que je me gardais en réserve pour un mois un peu pourri parce que j’étais certain qu’un film de Mamoru Hosada ne me décevrait pas (pour infos, je l’ai regardé juste après Suicide Squad pour me calmer, mais j’ai mis la Squad en premier pour attirer le chaland). Et j’avais raison ! C’est vraiment bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture sur plein de choses (notamment la relation père fils), l’animation est dingue, l’univers est cool… Bref, ça déboite ! Vous DEVEZ voir ce film !

5/5

Dragon Ball Super – Episodes 1-68

Dragon Ball et DBZ restent un pilier de ma culture et un élément fondateur de ma prime jeunesse. Aussi étais-je un peu sceptique face à l’annonce d’une nouvelle série faisant suite à DBZ. Certes elle allait permettre d’effacer l’étron GT de la chronologie canonique mais on ne peut pas dire que les premières images faisaient envie : les images venues du Japon étaient très moches à regarder et la production a pris la décision étrange de découper les deux derniers films pour en faire les 25-30 premiers épisodes de cette nouvelle série. Au passage, je ne saurais que trop recommander aux amateurs de Son Goku et sa clique de mater ces deux films (Résurrection de F et Beerus), ne serait-ce que par égard pour votre rétine et lui épargner l’horreur des premiers épisodes torchés à la va vite. Bref, j’étais pas hyper motivé pour regarder la série, jusqu’à ce que j’apprenne le retour de mon personnage favoris : Trunks du futur ! Alors, j’ai tout maté en mode binge-watch zombie ! Et mon avis est finalement assez mitigé. Il y a un tas de truc que j’adore vraiment : Beerus et Whys, Trunks, Bulma, Trunks, l’animation des derniers épisodes, Trunks, Son Gohan relégué au placard, Trunks, la cosmogonie Dragon Ball qui prend de l’ampleur… Et il y a un tas de trucs qui m’énervent : la vingtaine de premiers épisodes soporifiques si vous avez vu les films, le fait qu’on se tape un tournoi artificiel, les épisodes « filler » sans intérêt, le ton un peu gamin… Et c’est tout le problème de faire une nouvelle série DB plus de 15 ans après la fin de la série originale : le public cible est à la fois constitué de trentenaires et de jeunes à qui on a envie de faire redécouvrir l’univers. DBS a donc le cul entre deux chaises et l’une d’entre elle est moisie. Etant trentenaire, vous vous doutez de celle qui ne me plait pas…  Objectivement, je me suis ennuyé pendant 46 épisodes (sans avoir vu les deux films, mon avis n’aurait pas été le même car ces films en question sont vraiment excellents comme je disais et dans le ton que je recherche), il faut vraiment attendre l’arrivé de l’arc Trunks du futur pour en prendre plein la tronche ! Les vingt épisodes de cet arc sont complètement déments, tant sur l’animation que sur l’histoire (si vous faites abstraction des approximations sur les théories de voyage dans le temps) et c’était exactement ce que j’attendais d’une nouvelle série Dragon Ball. C’est à la fois épique et intimiste, grave et léger grâce au trio Pilaf, l’équilibre est parfait ! Rien que pour ces 20 épisodes la série vaut le coup (comprendre, matez les films, matez ces épisodes et vous serez satisfait) ! J’ai rattrapé mon retard sur la diffusion japonaise et l’arc Trunks vient malheureusement de tout juste prendre fin, ce qui veut dire qu’on va se retaper une petite série d’épisodes orientés jeune public en croisant les doigts pour qu’un nouvel arc à la hauteur de Trunks arrive (et pas juste encore un tournoi…)

6/5 (Arc Mirai no Trunks, ép. 47-67)

2.5/5 (Le reste)

Suicide Squad est un comic-book de Adam Glass (Supernatural) au scénario et Federico Dallocchio aux pinceaux.

Pour des missions sales undercover à hauts risques, il a été décidé qu’envoyer la Justice League, c’était une perte de temps et d’argent. D’autant plus qu’avec des gars comme Superman et sa morale, le boulot un peu borderline ne serait jamais fait. Le plus simple, c’est de prendre des super-vilains, de le mettre une nano-bombe dans le cou et de les envoyer au casse-pipe. Voilà le but de la  Suicide Squad. Mais avec un Deadshot monomaniaque et une Harley Quinn déjantée, pas sûr que tout ce passe comme prévu…

Suicide Squad a fait partie de 52 séries lancées par DC à l’occasion de son grand relaunch. A côté des Justice League et autres Cour des Hiboux, autant dire qu’il est plutôt passé inaperçu. Tellement inaperçu – et un peu obscur, il faut bien l’avouer – qu’il n’est toujours pas prévu en traduction chez Urban.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je vais en parler (au même titre que je parlerai un jour de Justice League Dark) : c’est pas sorti en France, ça n’a pas l’impact de Wonder Woman ou Aquaman (et pourtant, pour sortir Aquaman de sa bulle de ridicule, il fallait en avoir), ça a donc peu de chance d’être lu en dehors des amateurs qui ont accès à un comic-shop ou Amazon (car oui, ça se trouve sur Amazon !).

Le concept de la Suicide Squad n’est pas nouveau. On l’avait entre-aperçu en 1959, il avait eu sa série à partir de 1987 pour une dizaine d’année et les plus série-philes masochistes d’entre vous l’ont vu dans je ne sais plus quelle saison du naufrage intellectuel qu’était Smallville. C’est un concept que je trouve amusant, pas révolutionnaire, difficile à tenir sur la distance mais un concept qui a sa place dans la nouvelle redistribution DC.

Je vais pas vous la faire à l’envers : j’ai surtout acheté pour voir la nouvelle Harley Quinn et force est de constater qu’elle tient la forme et supporte quasi à elle seule tout l’intérêt de ce recueil (épisode 1 à 7). Adam Glass ne s’y est d’ailleurs pas trompé en recadrant rapidement le récit sur elle et ses origines (qui, pour le coup, ne sont qu’un bête copier-coller de ce qu’on a pu lire dans Mad Love). De toute façon, il n’a probablement pas eu le choix : car qui dit Harley dit Joker et à partir de l’épisode 5 la grande machinerie à cross-overs DC se met en marche et tease la « mort » du Joker pour mieux orchestrer son futur retour dans la saga Death in Family.

Démarche purement marketing ou réelle créativité autour des rebondissements de l’intrigue de Suicide Squad ? Honnêtement, je penche pour le premier car si le recueil se lit très bien, si des dessins sont agréables sans être transcendants, le titre n’a pas la grandeur ou la maestria des grosses pointures DC. Même s’il faudra attendre la sortie du deuxième recueil pour complètement juger du potentiel du premier arc, Suicide Squad se classe dans la catégorie des comics de seconde zone très clairement réservés aux ultra-fans et aux connaisseurs.

Les références à l’univers sont nombreuses (Belle Reeve, Amanda Waller, etc.), les méchants catapultés héros sont peu connus du grand public : Deadshot, King Shark, Harley Quinn, El Diablo, Black Spider… Difficile pour les non-initiés de prendre leur pied. Pour les autres, c’est très rigolo de retrouver Harley Quinn et sa bouffonnerie, le glouton King Shark et une nouvelle perspective sur Deadshot (plus humain, plus vulnérable qu’il n’y parait). L’histoire vaut pas grand chose en elle-même, hein ! C’est pas extraordinaire, c’est pas révolutionnaire, ça m’a jamais retourné les chaussettes et après un début classique, un départ pas folichon, on arrive enfin des épisodes 5, 6 et 7 corrects (l’effet Harley/Joker…)

Evidemment, je voudrais plus de pages avec la compagne du Joker, je la voudrais en duo avec Poison Ivy, je voudrais plein de choses, mais ce que j’ai m’a convaincu de lire la suite et que dans la vie, il n’y pas que Batman, il y a aussi ses méchants.

Il est fort peu probable de voir arriver ce titre en traduction française et quitte à choisir, il y a au moins 20 autres titres dont la lecture passe avant celle-ci (au hasard Animal Man). Suicide Squad est à réserver à un public très averti, celui qui l’est réussira à trouver son bonheur et attendra la suite des aventures de cette équipe suicide ! C’est clairement pas le titre de l’année, mais ça occupe entre deux sorties d’autres recueils.

Et puis Harley Quinn quoi ! Après on aimera ou pas son nouveau look…

Mad Love est un comic-book de Batman écrit par Paul Dini et dessiné par Bruce Timm, un duo que tout le monde connaît pour avoir maté un jour un épisode de Batman sur Canal+, FR3 ou France 3 pour les plus jeunes.

Qui était Harley Quinn avant de devenir l’assistante iconoclaste du Joker ? Comment se sont-ils rencontrés ? A quoi ressemble le quotidien de ce couple étrange ? Autant de questions abordées dans ce Mad Love !

Au regard du nombre de chroniques sur des films d’animation DC que j’ai pu chroniquer, je pense que je n’ai pas vraiment besoin de rappeler que je vénère Bruce Timm. Aussi n’est-ce que normalité que je cherche à obtenir les productions sur lesquelles il a officié. A la télévision certes, mais aussi dans le milieu du papier bas de gamme truffé de pubs pour des céréales.

Les plus geeks des trentenaires qui passent pas ce blog ne manqueront pas de se rappeler que le pitch que j’ai à peine esquissé pour ce comic n’est pas sans rappeler celui d’un épisode de la saison 2 de Batman: The Animated Serie. Et pour cause, le premier a été produit sur une demande de DC qui cherchait des petites histoires pour Batman: Annual et fit appel à Paul Dini (qui fit lui-même appel à son pote). Le succès derrière les phylactères convainquirent d’autres gens (des producteurs) que porter cette aventure dans la série en cours n’était pas une si mauvaise idée. De toute façon, Bruce Timm (directeur artistique à l’époque) faisait un peu ce qu’il voulait avec les storyboards transférés aux décisionnaires, y compris les édulcorer suffisamment pour faire passer une pilule que des costumes-cravates approuvent sans se poser de questions. Ce qui est amusant car Batman: TAS était regardé par des teenagers qui étaient prêts à accepter bien plus que la censure ne voulait le croire, et force est de constater que si on n’avait pas eu un Bruce Timm un peu plus couillu que la moyenne, on aurait pas eu une série de si bonne qualité mais encore une espèce de pantalonnade de Batman (Adam West, anyone ?).

Tout ça pour dire que sans être violent, Mad Love est tout de même bien sombre, avec une plongée dans l’Arkham Asylum et la psyché d’une jeune thésarde aux dents longues. Harley Quinn, création pour la télévision puis intégrer à l’univers classique, est l’un de mes méchants préférés de Batman, mais il n’y a que sous le pinceau de Bruce que j’y trouve une réelle saveur. Son style très animé, très art-déco, la sublime à chaque plan, les plus enjoués comme les plus dark. Personnellement, c’est quand elle fait le pitre avec sa copine Poison Ivy que je la préfère, mais ce n’est pas pour ce comic-book, qui s’attache plus à la relation d’amour malsain qu’elle vit avec son Joker.

L’histoire en question alterne présent où elle essaie d’attraper Batman seul pour son choupinou et passé où elle découvre sa nouvelle identité criminelle. C’est maîtrisé, c’est propre. De toute façon, c’est lauréat d’un Eisner Award… Inutile de s’étendre en discours volubiles pour vanter les mérites de cette histoire courte !

Dans l’édition que je possède, Mad Love est complétée d’une préface et postface de Dini et Timm (respectivement) ainsi que d’autres mini-histoires de Paul Dini (mais pas toujours avec Timm) (et vice-versa) : un truc avec un démon, un truc sur Harvey Dent, un truc avec Batgirl pour Noël, etc. Tout n’est pas forcément intéressant et – de toute façon – moins bien que l’histoire principale.

Bon, le point qui fâche, Mad Love n’est disponible quand version originale, dans un TPB à couverture souple. Et j’ai bien peur qu’il ne sera jamais traduit :

  • Batman: The Animated Serie n’est plus diffusée à la TV
  • Dans la tête du grand public, Batman c’est la trilogie Nolan, un truc sérieux, pas des bouffonneries avec un Joker qui tire avec des pistolets-poissons
  • Bruce Timm n’est pas connu sous nos latitudes comme peut l’être un Jim Lee
  • Jamais il ne s’en vendra des brouettes, soyons réaliste.

Donc pour tous les amateurs francophones de cette version de Batman, il faudra donc se tourner vers les boutiques import et internet. Ou bien la série animée. Ceux (les nostalgiques, quoi) qui franchiront le pas de l’un ou de l’autre ne seront pas déçus ! Mad Love est l’une des meilleures histoires centrées sur les vilains du chevalier noir et un de mes coups de cœur !

En cadeau bonux, le début de l’épisode en question ! Si vous voulez plus, débrouillez-vous.

Batman est un film de Leslie H. Martinson (Manimal), d’après un scénario de Lorenzo Semple Jr (Jamais Plus Jamais) avec Adam West (as le Batman), Burt Ward (as Robin), Cesar Romero (as le Joker) et Lee Meriwether (as la Femme-Chat).

Les plus affreux super-vilains de Gotham City se sont ligués pour accomplir le plus gros coup d’éclat contre Batman et son acolyte en collant, Robin. Usant d’ingénieux coups tordus, de kidnappings sauvages, de sous-marins pengouins, d’illusions de paquebot et autres subterfuges bien abracadabrantesques, ils vont réussir à créer une machine à déshydrater (sic) les hommes pour mettre le boxon aux Nations Unies et prendre le contrôle du monde. Comme toujours c’était sans compter sur le dynamique duo !

Je ne remercierai jamais assez mon meilleur pote Syrius pour m’avoir fait découvrir le meilleur film de Batman au monde, il y a de cela presque dix ans. Oui, le meilleur. Disons, celui que je n’hésiterai jamais à mettre dans ma platine DVD pour me divertir, en lieu et place presque de The Dark Knight (de toute façon, je n’ai toujours pas ce DVD…).

En premier lieu, il convient de dire que ce film date de 1966 et qu’il s’inscrit dans la batmania de l’époque, qui repose uniquement sur la série télévisée pour le moins haute en couleurs et qui aura pourri la ténébritude de Batman jusqu’à ce que Frank Miller prenne les choses en main avec The Dark Knight Returns (même si on saluera l’effort de remise au propre de Neil Adams dans les années 70). Afin de capitaliser sur le succès de la série, un long métrage fut mis en branle, avec les acteurs de la série.

On retrouve donc Adams West en Batman bedonnant et Bruce Wayne bidonnant, Burt Ward en sidekick survolté et au langage plus que châtié (« Nom d’une pipe en bois ! » – sic). Le duo fonctionne sur la dynamique prof-élève, avec un élève nettement plus vif que son prof.

Côté méchant, la clique habituelle reprend du service et tend à faire passer le joker du dessin animé pour un déprimé sous prozac tant ils sont généreux dans leur interprétation. Vous noterez la moustache de César Romero sous le maquillage blanc, l’acteur refusant de la raser. Vous pourrez aussi noter le sex-appeal de miss Meriwether, donnant une profondeur pour le moins esthétique à la Femme-Chat, sans pour autant atteindre la celle de l’interprète originale dans la série Julie Newmar (et à n’en point douter l’une des incarnations les plus sexy du personnage).

On retrouve aussi tout ce qui fait le charme de la série :

  • du kitch partout où on pose les yeux,
  • la bat-cave avec les petits mots sous tout et n’importe quoi pour ne pas confondre le bat-fer à repasser et le bat-phone rouge,
  • la bat-mobile, le bat-copter, le bat-bateau, le bat-sidecar,
  • les whimp, bim, poum quand on se bat,
  • le déluge de bat-gadgets tous plus inutiles les uns que les autres (et pourtant, on a tous besoin d’un bat-spray anti-requin quand on se fait attaquer par un requin en mousse…)
  • les personnages très cartoonesques
  • l’humour à deux dollars d’avant la crise (« qu’est-ce qui est jaune, dans un arbre et dangereux ? Un poussin avec une mitrailleuse »)
  • les gimmicks pour bien faire comprendre l’état émotionnel des personnages (comptez le nombre de fois où Robin se tape le poing de rage, de désespoir, de courage, etc.)
  • une histoire complètement folle, occasionnant des situations qui frôle le surréalisme total (dont celle d’anthologie où Batman n’arrive pas à se débarrasser d’une bombe).


Histoire qui de mon point de vue fut mûrement réfléchie pour proposer un fan-service total (incorporer plein de méchants, plein de gadgets, etc) et du grand spectacle. Au scénario, il ne s’agit rien de moins que Lorenzo Semple Jr, responsable de Jamais plus Jamais, Papillon, Les Trois Jours Du Condor… et ok, Flash Gordon. Toujours est-il que le délire me semble complètement assumé, tant et si bien que le taxer de nanar, navet ou mauvais film relève tout simplement de la faute de goût (ou alors vous êtes aigris de la vie et je ne peux rien pour vous).

La réalisatrice y met également tout son savoir-faire (Manimal, Arnold et Willy, Wonder Woman, le Frelon Vert, et j’en passe un tas) au service de ce scénario pour contribuer au grand n’importe quoi jouissif qu’est ce Batman.

Ensuite, il serait facile d’accuser le film d’avoir pris un sérieux coup de vieux avec ses effets spéciaux minables (la fameuse remonté d’immeuble horizontale, les incrustations foireuses, etc.) mais ce serait passer à côté du meilleur du film !

Ce Batman de 1966 est un vrai bon film à mater pour une tranche de rire en cette période de crise. Un film généreux, avec des acteurs généreux et des situations savoureuses. C’est toujours un de mes films préférés, 10 ans après sa découverte et que je ne peux que vous conseillez de découvrir cette facette de Batman qu’on dénigre trop, souvent sans même y avoir jeter un œil.

Ah ! Je regarde toujours mes films en version originale. Pour celui-ci, je ne peux vous encourager à faire une entorse et le regarder dans sa délicieuse version française !

Batman : Robin, écoutes ces énigmes. Dis moi si tu les interprètes comme moi. La première : « Qu’est ce qui a la peau jaune et écrit ? ».
Robin : Une pointe « bic » dans une banane.
Batman : Bravo ! Deuxième : « Que fais un blanc qui est enduit de suie ? ».
Robin : Il se lave. S’lave. Un Russe !
Batman : Bravo ! Alors que veulent dirent ses deux réponses ?
Robin : Banane. Russe. Euréka ! Sûrement un Russe qui va glisser sur une peau de banane et se rompre le cou !
Batman : Précisément Robin ! Je ne vois pas d’autres sens possible !

Et si vous êtes sages, je vous parlerai un jour de Dans la grotte de Batman