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Macross Frontier – The False Songstress

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris : je suis un méga-fan de la licence Macross ! Donc vous en boufferez régulièrement ! The False Songstress reprend une partie de la série animée, à l’image de Do you remember love?C’est justement à cause de ce film assez moyen et remaniant trop la mythologie Macross que j’avais peur de le mater : Macross Frontier est une des meilleures séries Macross derrière l’original, je craignais un massacre et charcutage de la trame en règle. Que nenni ! Certes le film prend des libertés par rapport à la série, prend des raccourcis et change des choses mais le film tient la route en l’état et propose une intrigue qui se tient sans donner l’impression d’avoir été rushée ou coupée. L’animation est de qualité, la musique aussi (avec des inédits). Bref, je recommande chaudement d’autant plus si vous voulez goûter à du Macross sans vous taper une série entière. Notez que ce film ne s’intéresse qu’à la première moitié de la série, la seconde étant couverte par un autre film pour un autre mois.

5/5

Le film est d’ailleurs disponible en VO sous-titré anglais sur youtube, je mets donc le lien plutôt qu’une BA.

Driving Lessons

On peut dire sans trop se tromper que parmi le trio des jeunes acteurs d’Harry Potter, Rupert Grint est celui qui vit « l’après » le plus compliqué. En même temps, le niveau n’est carrément pas le même comparé aux autres. La tête à claques qu’il a et son air ahuri n’aident en rien. Du coup, c’était plus par curiosité que réel intérêt que je me suis intéressé à Driving Lessons. Une comédie dramatique sur fond de passage à l’âge adulte. Le mec un peu bizarre qui n’arrive pas à pécho, avec une mère envahissante, bouffé par son environnement qui découvre la vérité vraie du véritable sens de la vie auprès d’un mentor excentrique… on navigue en terrain connu. C’est mou et pas spécialement intéressant d’une part, et l’acteur n’a absolument pas de charisme. Vous l’aurez compris, c’est une vaste perte de temps que vous saurez esquiver à partir de maintenant.

0.1/5

Stay Cool

Le film était bien parti pour être un truc qui allait me parler : un écrivain avec une petite célébrité revient dans son ancien lycée pour faire un discours, retrouver d’anciens amis, d’anciens ennemis et son crush d’ado tout en se faisant draguer par une Terminale. Littéralement, on n’est pas loin du pitch d’un roman que j’ai en projet. D’où mon intérêt. Sauf que ça ne marche pas. La raison première est que le mec revient au bahut 20 ans après. 20 ans ! Ce qui veut dire que pendant 20 ans le mec indécrottable n’a pas fait le deuil d’une fille qui lui a mis un vent pour la prom-night ! Comme de part hasard, la nana en question est toujours dans la même ville et vient tout juste de se séparer de son mec (avec qui elle sortait au lycée…) et, comme par hasard, elle est sans enfant (après 20 ans de vie commune avec un type… c’est bien pratique !). Le film passe à côté d’un vivier de bonnes idées pour s’enfoncer dans un misérabilisme à trois étages : l’histoire du mec qui revient dans sa ville pour revivre son cauchemar sentimental lycéen, la voix-off qui lit le livre qu’il a écrit pour raconter son cauchemar sentimental lycéen et le scénariste du film/acteur principal qui raconte probablement son cauchemar sentimental lycéen. Le seul truc qui sauve le film du zéro pointé est son casting de seconde zone trois étoiles : Wynona rider, Josh Holloway, Sean Astin, Jon Cryer, Chevy Chase, Hilary Duff…

1/5

The Boss

Une agréable surprise ! Vraiment. J’avais une vague idée du film grâce à la bande annonce et c’est essentiellement la présence de Kristen Bell qui m’a poussé à regarder. Au final, le film est vraiment drôle avec un côté WTF assumé (sérieusement, une baston de rue avec des scouts qui vendent des cookies) (Peter Dinklage…) mais il propose également des moments d’émotions bien venus et qui permettent au film de dépasser son statut de comédie lambda. A voir !

4/5

Demolition

A l’exception de bouse comme Prince of Persia, je trouve la carrière de Jake Gyllenhaal relativement sans faute et je me surprends à recommander sans hésiter la plupart de ces films (Southpaw, Nightcall…). C’est également le cas pour Demolition qui brasse plus de thèmes qu’il n’y parait autour d’acteurs investis. Un de mes coups de cœur de ce mois.

4.5/5

Hardcore Henry

Hardcore Henry est – de mémoire – le premier film 100% en vue subjective de l’histoire, loin du gimmick de Doom. En soi, il faut donc le considérer en tant que tel : une expérience inédite. Le film ne brille pas par son scénario, il n’y a guère que 3 acteurs qui en font tous des caisses, la mise en scène est dépendante du concept de base (donc limitée). En gros, c’est impressionnant comme pouvait être impressionant Onk-Bak à son époque, de part l’effet nouveauté sur les cascades. Il y a vraiment des scènes très intéressantes, mais je doute que le film passe l’épreuve du temps. Si vous aimez les jeux vidéo, c’est très clairement fait pour vous avec l’effet « your princess is in another castle » pour les rebondissements toutes les 5 minutes. A voir pour la curiosité. Attention, ce film peut filer la gerbe…

2/5

JEM et les Hologrammes

J’avais envie de revoir The Runaways, ou plus généralement un film sur l’ascension d’un groupe musical sans forcément passer par un documentaire (même si je lorgne sur celui dédié aux Stooges). Et puis, je me suis rappelé que j’avais vu passé une bande-annonce sur JEM, film inspiré d’un dessin animé des années 80’s produit dans la veine nostalgique de « choses » comme GI Joe ou Transformers. Même si je n’ai jamais spécialement maté le dessin animé (j’étais pas vraiment dans le cœur de cible, hein, c’était plus en attentant l’épisode des chevaliers du Zodiaque qu’autre chose), j’avais une vague idée de ce qu’était JEM et des battles de chansons avec les Misfits. Bref, c’est un peu la fleur au fusil que je me suis lancé dans l’adaptation live… J’ai dû perdre 10 à 20 points de QI dans l’affaire… C’était nul ! Je pourrais en débattre des heures mais globalement le film n’a aucun sens des réalités. Et ce dès le début où une pauvre nana qui poste une vidéo sur youtube se fait embaucher par une Major pour un disque, des concerts… Je passe sur les rebondissements convenus (présent dans la BA), l’histoire globalement abracadrabrantesque, la romance moisie, les chansons sans intérêt, les acteurs qui manquent de charisme (mention spéciale à JEM en sous Kristen Stewart – sa sœur est nettement plus intéressante) ou qui se retrouvent embarqués là-dedans (Molly Ringwald quoi…, Juliette Lewis en roue libre…) pour pointer du doigt le pire : l’effet 2.0 qui bouffe à tous les râteliers. Sous le couvert de faire un film « génération internet », on se tape des incrustations de vrais-faux clip youtube/instagram pour supporter le propos du film (comme si on avait besoin d’une vidéo dans la vidéo pour comprendre l’état émotionnel du personnage : scénariste, you’re doing it wrong!). Ca bouffe aussi dans la gamelle Hunger Games pour récupérer le gimmick du sifflement. Ca lorgne aussi du côté de Lady Gaga, influence pour JEM à laquelle on essaie d’insuffler le côté icône mondiale/nouvelle référence de vie/nouveau style… Alors que le propos – un tant soi peu valable – du film reste simplement la quête d’affirmation de soi. En gros, le film présente très mal ce qui s’est passé avec le personnage de Ziggy Stardust au début des années 70. Il donne une image aussi bidon de l’univers de la musique que l’était en son époque Popstars… Absolument tout est à jeter dans ce film. J’ai vu des productions Disney Channel plus intéressantes que ça, alors l’excuse « on s’en fout c’est pour les ados » ne tient pas la route : ils méritent mieux que ça ! De grâce, on oublie jusqu’à l’existence-même de cet étron et vous allez tous me faire le plaisir d’aller mater The Runaways à la place !

0.5/5

Et pour les grands gamins:

The Magicians – Saison 1

Je suis tombé sur cette série un peu par hasard via HBO Nordic. En me renseignant, j’ai appris que c’était inspiré d’un trilogie éponyme de Lev Grossman. Ni une, ni deux, je me procure le premier tome. J’ai pas du tout aimé. Mais pas du tout ! Le protagoniste est un trou du cul fini, ça picole tout le temps, il n’y a pas d’enjeux, le livre dans le livre (Fillory) est sans intérêt façon sous-Narnia… J’ai dû m’arrêter au milieu car j’ai préféré lire l’intégralité des « comprehensive rules » du jeu de cartes Magic The Gathering ! C’est dire ! Je l’ai fini dans la douleur en me disant que, depuis le début d’année, c’est au moins le cinquième livre de début de trilogie magique, après The Warded Man et A Gathering of Shadows, que je termine en lisant une ligne sur trois tellement j’en n’avais plus rien à battre des personnages, leur univers ou ce qui leur arrive. Bref, c’était pas gagné pour la série de 13 épisodes ! Et à ma grande surprise, c’était pas si mal. Comparé au livre, c’est même carrément mieux ! On retrouve le côté « Harry Potter » pour adultes survendant le livre, les personnages sont plus présents (le trou du cul est devenu un simple mec inintéressant), voire plus fouillés. Des enjeux sont clairement présentés, avec des vilains, des intrigues secondaires et – finalement – il se passe des trucs ! C’est pas la série de l’année mais, elle restera divertissante sur la fin de votre été quand vous aurez bouffé tous les indispensables (Mr Robot, Stranger Things…), rattrapé vos retards et attendrez la reprise d’automne.

3/5

Starter for 10

Ou la preuve que même Benedict Cumberbatch peut traîner des casseroles derrière lui… Ou que faisait James McAvoy avant de jouer les Professor X… Je me demande même si cela ne tient pas plus du téléfilm que d’une bobine qu’on passerait dans une salle obscure. La trame est assez classique dans le genre romcom (bien que le film soit probablement plus considéré comme une simple comédie) avec le protagoniste sympa, la bonasse, la bonne pote, la trahison du meilleur amie, etc. sur fond de compétition (ici, une espèce de Question pour un champion). Ca vaut pas des masses, et c’est plus pour la curiosité de voir des films de jeunesse de certains acteurs que pour la qualité générale. A noter cependant, l’excellent bande son composée de classique des années 80 !

2.5/5 (dont 2 pour la musique)

Rurouni Kenshin

J’ai dû lire les manga Kenshin il y a plus de 10 ans, à peine moins pour l’OAV. Je pensais la licence finie, appartenant à un passé révolu. Que nenni, voilà t’y pas qu’un film live est sorti en 2012. Film dont bien sûr je n’avais pas entendu parler avant de lire le dernier Animeland qui s’est fendu d’un article pour la sortie du DVD dans l’Hexagone. C’est donc curieux que je me le suis procuré. Je n’avais pas vu non plus de film de chambara japonais depuis des lustres et je suppose que cela joue sur mon appréciation globale. En gros, c’était divertissant et assez fidèle au matériau de base (de ce que ma mémoire se rappelle en tout cas). Les personnages sont plutôt bien campés, même Kenshin, le film alterne sérieux et humour comme savent le faire les Japonais sans jamais trop souvent tomber dans l’excès de l’un ou l’autre. On regrettera seulement des combats qui manquent parfois d’un brin de folie. Le film a tellement bien marché sur le territoire nippon qu’il s’est naturellement transformé en trilogie, donc attendez-vous à plus de Kenshin dans les mois à venir.

3.5/5

National Lampoon’s Vacation

Je n’avais pas vu ce film depuis à peu près 25 ans (c’est la présence de Chevy Chase dans Stay Cool qui l’a rappelé à mon bon souvenir). A l’époque, on allait dans un vidéo club pour louer des VHS. On fouillait les rayonnages, regardait les jaquettes et on choisissait ses films à l’instinct plutôt que par recommandations ou notes dans les magazines. Ce qui fait qu’on pouvait tomber sur des bouses comme des perles mais ça faisait partie du jeu. Une partie de moi est un peu nostalgique de cette époque. D’autant plus que maintenant, une simple bande annonce dévoile les pivots narratifs des deux premiers actes, ce qui hôte tout intérêt à se déplacer dans les salles de cinéma. Bref, c’est l’instant nostalgie. Vacation est une comédie burlesque avec un pitch totalement idiot pour des situations qui ne le sont pas moins et qui s’enchaînent sans fin. J’en avais un vague souvenir, surtout de la fin. Le revoir n’est rien d’autre qu’une madeleine de Proust. Le film a plutôt mal vieilli et les situations prêtes plus à rire qu’à sourire. Ma tête à couper qu’il n’intéressera personne… Mais si vous avez l’occasion de voir la suite/reboot du même nom avec Christina Applegate, peut-être que vous y jetteriez un œil curieux…

2.5/5

Ce jeudi 30 octobre s’est lancée sur internet une initiative intéressante de la part de France 4 : anarchy.fr. France 4 qui, notons-le au passage devient de plus en plus un laboratoire de la télévision qui explore de plus en plus de pistes fraîches pour sa programmation, notamment de par ses programmes « éducatifs » (quoi qu’étrangement dérangeant quand on pense qu’ils filment des adolescents saouls pour leur montrer preuve à l’appui que « tu t’es vu quand t’as bu »).

Anarchy est, pour faire simple, une politique-fiction dans lequel la France sort du jour au lendemain de la zone euro pour revenir au franc. L’expérience invite les internautes à s’immerger dans cette France alternative et à créer des personnages, des situations, des témoignages, etc. de façon à construire pendant 7 semaines une fiction de toute pièce. Je suis curieux, je me suis inscrit pour voir ce que ça donnait. C’est commencé depuis trois jours et je peux déja voir de grandes tendances. Certaines intéressantes, d’autres plus dérangeantes (et pourtant aucun ado n’est bourré, enfin je pense).

  1. Anarchy, c’est avant tout un flot d’info continu sur lequel les inscrits sont invités à réagir à propos des événements faisant suite au retrait de l’euro. Ca va du « postez une image » au « répondez à un sondage ». Il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’état actuel de ce flot d’information et la façon dont les propositions d’internautes sont prises en compte. A mon avis, on est encore dans le script des auteurs et rien ne s’emballe trop. En effet, l’univers se met en place et seules les contributions en rapport avec la fausse actu (cadavres de distributeur, file d’attente…) sont prise en compte. La où ça va être intéressant c’est quand on va commencer à sortir des sentiers battus (i.e. élection d’un nouveau ministère, débat politique, intervention de l’UE, etc.) pour aller sur de la création générée par les internautes.
  2. Les internautes ont en effet la possibilité de créer jusqu’à huit personnages et ils les font vivre dans cette nouvelle France au travers de textes relatant leur vie au quotidien. Dans quelle mesure, ces vies vont intervenir sur la fausse actualité, c’est encore une fois trop tôt pour le dire. Pour l’instant, il faut imaginer ça comme un grand jeu de rôle où les personnages d’un joueur peuvent interagir avec les personnages d’un autre joueur. Alors comment le boucher des Sables d’Olonne risque d’intervenir dans l’actualité, c’est encore un peu flou. Honnêtement, j’hésite à créer un personnage jouer pour aller tuer d’autres personnages et voir si je peux finir dans l’actu… Mais ce serait s’attirer les foudres de la communauté. J’ai donc décidé de ne créer qu’un seul personnage et mon objectif n’est rien de moins que de profiter du bordel pour que la Bretagne, d’une façon ou d’une autre gagne son indépendance !
  3. La dernière façon d’interagir dans le monde d’Anarchy se fait via un cadavre exquis de 5 personnages fixes sur lesquels n’importe qui peut proposer d’écrire sa journée actuelle au milieu du bordel ambiant autour du nouveau franc. Ces personnages avaient une situation initiale, un mode de pensée, des envies, des défauts. Chaque jour, la meilleure contribution est sélectionnée par la rédaction et devient canonique pour le jour suivant. De mon point de vue d’auteur, c’est ce qui m’intéresse le plus.

Enfin, on enrobe tout ça d’un jeu où plus on participe, plus on gagne des points. Plus on a de points, plus on a de chance de repartir avec une caméra GoPro et pour le premier un stage d’écriture au CEEA. Bon, je ne vais pas vous la faire à l’envers, même si ça me semble compliqué de tenir 7 semaines, je ne cracherai clairement pas sur un stage au CEEA !

En marge du projet fictionnel sur le web, France 4 produit également une série tv hebdomadaire créé en flux tendu, notamment à partir des créations des internautes. Je ne sais pas trop encore si la série télé ira chercher des personnages dans ceux créés par les internautes ou dans les cadavres exquis. D’après ce que j’ai rapidement lu, les oeuvres utilisées tombent sur le droit de la création commune mais rémunérée par le droit d’auteur. Un truc que j’ai pas spécialement regardé et qui viendra à n’intéresser que ceux dont les textes finiront dans la série de toute façon (plus d’infos ici).

Passons maintenant en revue les points positifs :

  • L’équipe de CM/journalistes/auteurs fait tout de même un boulot appréciable : jusqu’à présent, le niveau d’écriture est globalement très correct, et ce n’est pas la foire aux SMS
  • Cette même équipe est assez prompte à la sélection des textes, leur refus, la discussion,etc…
  • Le calendrier est tenu (journaux live à heure fixe, sélection des textes à heures fixes, etc.)
  • La communauté est elle aussi relativement saine et propose des interactions logiques et adultes en personnage
  • Globalement, c’est marrant pour le moment. Je suis de nature très curieuse.
  • Et ça me force à écrire alors que je m’enlise dans les structures et fiches personnages de 3 romans différents (sic!)

Les points négatifs :

  • Ca bug. En deux jours, j’ai reçu nombre incalculable (15) de mails des CM indiquant que mes articles n’étaient postés au bon endroit, pour la bonne catégorie, etc. en dépit du fait que je suivais scrupuleusement la méthode. Verdict : c’était bien chez eux le problème mais c’est réglé (normalement)
  • C’est. Le. Bordel. Le flux des personnages est continu, illisible, inbitable et inavigable. Sachant que l’expérience jeux de rôle est au coeur de l’expérience participative, c’est moche.
  • 8 personnages, c’est très clairement de trop ! Quand on sait qu’un MMO classique limite ses slots à 4 voire 5, c’est surestimé le potentiel d’écriture de chaque participant et c’est aussi augmenter le bordel susnommé. Et puis, c’est ultra-chronophage !
  • Le système de points… Très clairement le point noir, surtout comparé  à la récompense « stage d’écriture » qui tente à appâter ceux avec une fibre littéraire. En gros, avoir un texte sélectionné dans un cadavre exquis, c’est 200 points. S’allier à quelqu’un, c’est 20 points. Faites un rapide calcul. Comme sur tout réseau social, la quantité prime sur la qualité et c’est dommage. Après, sur la durée, la tendance viendra peut-être à s’inverser… (doutitude : rien que 2000 comptes en 2 jours, c’est donc déjà un minimum de 40000 points potentiels ; 1 cadavre exquis sélectionné par jour quand t’es balèze et assidu, c’est donc 10000 points potentiel au maximum pour les 50 jours…)
  • Il manque des fonctionnalités de mon point de vue essentielles pour ce genre de jeu : outils de recherche, notifications…
  • Au regard des différents points déjà abordés, je pense qu’un game designer chargé de faire quelques tableaux excel pour régler le système de récompenses et points sur les sept semaines à venir (déjà, plus de 3 niveaux et 2 badges, ça aurait été sympa). Il y aurait pu également en avoir un autre pour s’occuper de pondre une UI plus ergonomique et des features en plus…
  • Il parait qu’un roman s’écrit aussi jour après jour par un professionnel. Honnêtement j’ai essayé de le commencer, mais le format web n’est clairement pas adapté pour. A voir si leur final sera disponible en format numérique ou papier.
  • La série télé. J’ai regardé le premier épisode. Et force est de constater que c’est très particulier, notamment sur le parti pris humoristique, et que je suis à la fois curieux et inquiet de voir comment les auteurs vont réussir à lier la série qui a pris un cadre particulier pour ce pilote avec le bordel des personnages créés par les joueurs. En l’état, c’est très bizarre.
  • Je suis encore circonspect sur la règle qui valide tout automatiquement à minuit si rien n’est fait. Je veux dire… vous les sentez les assassinats surprises à 23h59 ? Je suis aussi circonspect sur le choix de montrer les délations négatives par vote (non, parce que je vois qui vote contre moi hein, c’est pas cool ni totalement justifié…).
  • Après, pondérons tout ça par le fait que je ne suis pas dans les petits papiers de la création et que, comme dans tout projet, il a sûrement fallu faire des choix par rapport au temps, au budget…

C’est tout pour mes premières impressions. On verra bien comment celles-ci et l’expérience globale évolueront. Comme je le disais, je vais me concentrer sur l’indépendance de la Bretagne côté jeu de rôle avec un personnage trouble et sur deux cadavres exquis (3 textes sélectionnés en 2 jours, c’est plutôt un bon départ). Si vous êtes sages et intéressés, je vous ferai un debrief sur cette partie spécifique de l’aventure.

Summer Wars est un long métrage d’animation réalisé par Mamoru Hosoda (Les Enfants Loups, Ame et Yuki) et le studio Madhouse (Redline). Distribué chez nous par Kaze.

OZ est un monde virtuel à l’échelle mondiale. Tout le monde possède son petit avatar, l’univers est découpé en ville, les applications en ligne se compte en milliards et même les entreprises les plus reconnues possède une façade électronique pour être représentées. En gros, OZ, c’est l’internet de dans 50 ans. Sauf que l’histoire se passe en 2010. Passons. OZ est génial. Sauf que OZ est piraté par une intelligence artificielle et que c’est l’économie mondiale et la sécurité (physique ou virtuelle) de chacun qui est en jeu. Qui va pouvoir se soulever et mater l’IA gourmande ?

Voilà pour les grandes lignes. Mais ce serait occulter ce qui se passe en dehors de OZ et qui occupe la plus grande partie du film. En effet, l’histoire est celle de Kenji, 17 ans, lycéen qui a échoué de peu aux Olympiades mathématiques. Oui, c’est ça, un gros nerd. Sur un malentendu, Kenji se retrouve embarqué à Nagano pour se faire passer pour le petit ami de Natsuki (encore une tsundere, tiens…) à l’occasion des 90 ans de sa grand-mère. Vous l’aurez compris, Kenji, c’est probablement celui qui devra affronter OZ, une famille étrangère, une grand-mère étrange et un tas de quiproquos.

Lors de sa sortie en 2010, je m’étais dit que ce serait vachement bien que j’aille le voir au cinéma. Manque de bol, j’ai pas pu. Ca aurait pourtant bien claquer sur grand écran. En 2010 toujours, je m’étais fait une idée complètement absurde du pitch : les avatars d’un MMO sortaient de leur univers pour prendre le contrôle du monde réel… Rien à voir avec la choucroute, donc.

Et c’est pas plus mal, car sous ses dehors de film ultra-techno-nerd, il s’avère que le vrai propos du film est complètement détaché de OZ ou des mondes virtuels. Le film se déroule pendant l’été, dans une très verdoyante campagne, au milieu d’une famille nombreuse et soudée. Le choc des mondes entre l’hyper-internet et le côté intimiste de cette famille est pour le moins flagrant, l’un et l’autre se contrebalançant en permanence pour appuyer les différents propos et thème sous-jacents :

  • Les dangers de l’infomatique non maîtrisé
  • L’importance de la famille
  • L’importance de se serrer les coudes, même en tant qu’étranger et surtout en temps de crise
  • Le passage à l’âge adulte (pour Kenji et Natsuki) si cher aux Japonais
  • Les valeurs familiales
  • Le courage et le surpassement de soi
  • Le deuil
  • Tradition vs modernité

Des thèmes que je qualifierai de « typiquement japonais ». Tous bien retranscrits et exploités, avec justesse et finesse, sans renforts de mots ou de poudre aux yeux. On retrouve dans la réalisation de Mamoru Hosoda une délicatesse rare et appréciable, un talent indéniable qui contribue à la très grosse réussite de ce film tant au box-office japonais que dans les divers festivals d’animation internationaux. J’avais déjà ressenti cela en matant son précédent film, The Girl who leapt through Time, et force est de constater que c’est devenu un réalisateur qui compte réellement dans le milieu et dont les amateurs attendent chaque nouveau film avec impatience.

Riche, complexe, en couches superposées, Summer Wars s’apprécie sur plusieurs degrés de lecture, grâce à une écriture subtile, une écriture fine et des personnages fouillés et attachants. J’allais faire une métaphore avec un tiramisu, je me suis retenu, mais l’idée gustative est là. Film catastrophe, d’anticipation, familial, d’adolescents… difficile de le cataloguer tant il jongle avec virtuosité sur plusieurs genres.

Bon, par contre, je vais pas vous la faire à l’envers, on se situe au niveau ++ du film d’animation, du genre qu’il sera délicat de placer devant des mirettes complètement néophytes (commencez par du plus accessible, genre Totoro…).

Bon, c’est bien les films contemplatifs sur fond de ciel bleu sans nuage et de cigales, mais dans Summer Wars, il y a War, et le film sert à l’amateur des combats bien shonen avec du poing qui va dans la gueule, des gros moments de tension, des cliffhangers de ouf, des climax de folie et des hurlements quand on appuie sur la touche « Entrée » qui vous feront jubiler sur votre canapé.

Le design de OZ est certes particulier et ne manquera pas de  choquer l’œil non averti ou habitué aux univers virtuels made in USA (j’étais pas averti avec mon pitch bidon, je le dis, ça m’a surpris). De base, je ne suis pas fan de la 3D dans les films d’animation, mais je reconnais sans mal que son utilisation et le choix couillu du design permet de renforcer le clivage technologie/tradition susnommé. Une fois qu’on est dedans, on s’y fait très vite. Je dirais même plus : une fois qu’on est dedans, ça déboite un poney !

Summer Wars est à l’image du Japon d’aujourd’hui : à la recherche d’un équilibre entre ses valeurs traditionnelles et sa conquête technologique. Oeuvre ambitieuse et complexe mais parfaitement maîtrisée, le film est une vraie réussite, une petite perle à placer sur l’étagère des Hayao Miyazaki et des Satoshi Kon. Un indispensable quoi !

Attention, livre culte de Douglas Coupland ! D’une part, pour la façon dont je l’ai acquis, d’autre part parce qu’il est représentatif de notre génération, celle des paumés !

Avant toute chose, il faut bien noter que :

  1. je n’ai pas lu Generation X, dont jPod pourrait être considéré comme une suite ou une ré-écriture, mon point de vue ne prend en compte le livre que pour ce qu’il est en tant qu’oeuvre ;
  2. étant moi-même acteur d’une société de divertissement vidéoludique, la lecture de jPod prend une « symbolique » ironique bien trop proche de mon quotidien, ce qui le rend d’autant plus délectable (vous allez voir dans le synopsis).

TV and the Internet are good because they keep stupid people from spending too much time out in public.

Ethan est un programmeur/assistant-chef de projet-assistant dans une boîte de jeux vidéo au sein du jPod. Le jPod est une invention de la direction pour stimuler la créativité inter-projet et réunit six personnes disparâtres aux métiers complètement différents mais dont le nom de famille commence par la lettre J. Ethan n’a pas de petite amie mais une famille complètement déjantée (sa mère cultive de la marijuana dans le sous-sol et son père est un acteur abonné aux coupures budgétaires). Ethan passe littéralement sa vie au travail, nourri par des frustrations issues des décisions aberrantes du marketing (« on va mettre une tortue dans notre jeu de skate par ce que mon fils a joué à ce jeu avec une tortue dedans et si mon fils aime les tortues, tout le monde aime les tortues ») et par des concours émulatifs crétins avec ses 5 collègues (« et si on écrivait à Ronald McDonald pour lui argumenter en quoi on serait le meilleur partenaire sexuel pour lui ? »). Ethan aurait pu se contenter de sa petite vie de geek exploité par à peu près tout le monde, mais c’était sans compter sans son frère, ses parents, la mafia chinoise, les dealers de drogue, les nouvelles décisions du marketing, les concours de tango et Douglas Coupland lui-même…

It turns out that only twenty percent of human beings have a sense of irony — which means that eighty percent of the world takes everything at face value. I can’t imagine anything worse than that. Okay, maybe I can, but imagine reading the morning newspaper and believing it all to be true on some level.

jPod faut parti de ces livres, sans science-fiction, sans fantastique et sans magie que je lis de temps en temps. Et pourtant, il est loin d’être aussi accessible et évident à lire que pourrait l’être un Philip K. Dick. Il s’agit plus d’un « méta-roman-épistolaire » ou alterne narration du point de vue d’Ethan, extraits de mails et, il faut bien le dire, du bordel iconoclaste (il y a plus de vingt pages remplies avec des nombres premiers par exemple). Qui plus est, la structure narrative n’est pas clairement définie et entraîne le protagoniste dans une spirale de n’importe quoi de plus en plus folle et sur laquelle il n’aura jamais le contrôle de tout le livre.

Chances are you feel superior to almost everyone you work with — however, they probably feel the same way about you.

Et finalement, tout le propos est là, dans le caractère perdu du personnage, enfermé dans sa propre micro-culture Pepsi. Ethan, c’est nous, la génération 25-35 qui a grandi avec la technologie (télévision, internet, etc.) et ses codes (ne me faîtes pas croire que vous ne vous êtes jamais posé des questions sur Ronie, ou que vous n’avez pas citer les Chevaliers du Zodiaque pour argumenter une conversation !), au milieu d’une société dans laquelle on n’arrive pas vraiment à trouver sa place. C’est pour cette raison que jPod résonne chez ceux de ma génération, torturés entre la pression sociale et professionnelle et l’envie de prendre la vie uniquement du point de vue fun et sans responsabilité.

The problem is, after a week of intense googling, we’ve started to burn out on knowing the answer to everything. God must feel that way all the time. I think people in the year 2020 are going to be nostalgic for the sensation of feeling clueless.

Je pourrais débattre des heures de chaque petits points de détails de la vie d’Ethan, de ses relations, de ses références mais déjà que beaucoup peinent à atteindre les dernières lignes de mes articles, je me contenterai du minimum. Je n’avais pas lu un livre aussi jouissif depuis Fight Club, et je conçois qu’il ne plaira pas au plus grand nombre. Mais rien que pour tous les passages en entreprise, ça vaut le coup de s’y plonger pour ceux qui travaillent/ont travaillé dans un studio de jeu vidéo (a fortiori de grande taille). L’histoire de la tortue et du marketing… si seulement vous saviez à quel point c’est si proche de la (ma) réalité…

Nul doute que tous les paumés de la génération X (ou, en d’autres termes, les geeks) s’y retrouveront dans la lecture et c’est sûrement le seul argument viable pour vous inciter à lire jPod.

Here’s my theory about meetings and life: the three things you can’t fake are erections, competence and creativity. That’s why meetings become toxic — they put uncreative people in a situation in which they have to be something they can never be. And the more effort they put into concealing their inabilities, the more toxic the meeting becomes.

Il est paru en français aux éditions Au Diable Vauvert et remercions-les pour cette initiative et le pari que représente un tel choix éditorial (comme quoi, je ne suis même pas rancunier pour leur refus : je leur fais vraiment de la pub).

Il existe aussi une série TV morte quasi-née en 2008. Je ne manquerai pas de me pencher dessus et de faire un article si besoin est.

It can be really fun to go down with the ship.

Une fois n’est pas coutume, nous allons parler de jeux vidéo, de contenu dématérialisé et du fait que, comme d’habitude, je suis un vieux con.

Qu’est-ce qu’un contenu dématérialisé ? C’est un produit que l’on télécharge légalement et en payant soit pour avoir des bouts de jeu en plus, voire un jeu complet. Avant, c’était réservé à une poignée de studios sans grande finance produisant des jeux pour esthètes très loin du marché « grand public » (genre un obscur jeu de stratégie pendant 1 année particulière de la guerre de sécession dans un état X ou Y). Avec l’avènement de la 360 et de la PS3, c’est un peu la foire (bien que ça avait commencé avec Steam sur PC, encore que, même là, ça n’enlevait pas les boîtes de nos rayons). Et je ne parle pas de cette aberration qu’est l’achat de jeu vintage sur Wii (un jeu Super NES, ça se joue sur Super NES !), je parle de vrais jeux parfois développés par des grands studios.

Avec le contenu dématérialisé, le X-Box Live et le PSN, on voit apparaître une foule de jeux parfois de qualité qui ne passent plus par le circuit de distribution classique, avec une boite et un CD. C’est la mort de l’Objet. Si vous allez jeter un oeil à mon profil, vous constaterez à quel point je suis attaché à l’objet. Pour moi, un jeu, c’est : une boite + une notice + un support physique pour les données. Le tout en bon état, bien évidement. Même un jeu PC avec une notice en pdf, c’est une hérésie, gamme budget ou non.

Fort heureusement, je n’ai pas de 360 ou de PS3, la question du dématérialisé ne se pose pas et, la plupart du temps, le contenu supplémentaire téléchargeable sur consoles finit dans une boite en rayonnage pour le pc ou bien il se télécharge gratuitement et légalement.

Pas de raison de faire tout un pataquès alors, allez-vous me dire. Oui, mais non. Vous ne le savez pas encore, mais la révolution est déjà en marche et ça va finir par arriver dans vos foyers.

La PSP GO, pour l’instant repoussée va être la première console à ne pas avoir de support physique pour les données. Il faudra télécharger les jeux. Bien évidemment, la France va être l’un des derniers pays à accepter cette nouvelle hérésie : nous sommes un pays dont le marché du jeux vidéo repose sur les magasins et l’occasion. PSP GO, chronique d’un flop annoncé ? A voir, de mon point de vue, Sony est un peu trop en avance par rapport à la génération de joueurs actuels. En avance de trois à cinq ans.

Mais il y a pire : le Cloud Gaming. Je synthétise : plus de console, plus de jeu, plus rien ; juste une manette branchée sur un boitier qui vous permettra d’aller jouer à n’importe quoi toute console confondu contre une somme d’argent. C’est du jeu à la demande et c’est pour bientôt. Peut-être pas pour demain, mais la première technologie en date (OnLive) a tellement impressionné son monde lors de la dernière Game Developpers Convention que tous les grands type EA optionnent déjà des bouts de serveurs pour y placer leurs jeux.

Sur le papier, l’amateur de science-fiction et de cyberpunk regarde ça avec un oeil assez émerveillé, c’est vraiment le début d’un cybered everywhere, every time. Pour mon petit coeur de collectionneur, le Cloud Gaming me fait un peu mal au ventricule ! Plus de boîtes, plus de consoles… On aura toujours des jeux de qualité, ça ne change rien au métier, ça coûtera probablement moins cher qu’aujourd’hui et l’expérience de jeu devrait rester identique, et pourtant, je ne peux m’empêcher de me placer en vieux con rabougri sur le principe.

Entre ça, la profusion de jeux mi-moyens sur les live stores, la casualisation à outrance, la prolifération d’univers virtuels estampillés jeux avec un gros LOL derrière, je me dis que le monde est vraiment en train de changer pour le jeu vidéo. Bien sûr, il reste des Bioware avec des Mass Effect, il reste encore beaucoup de sociétés qui ont envie de créer des jeux pour des gamers comme moi…

Mais pas en France…

Ai-je envie de rester dans une industrie qui n’a plus envie de moi ?

(Ca n’a rien à voir, mais saviez-vous que Nintendo n’a arrêté le support de la Super NES qu’en 2007, soit prêt de 15 ans (!) après le lancement de la console, après avoir écoulé le stock de pièces de rechange ? Rapport à mon amour du retro gaming, j’ai juste envie de dire : c’est vraiment dans les vieux pots…)