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Call of Duty: Ghosts est un jeu distribué par Activision, développé par Infinity Ward, Neversoft et Raven.

Comme il ne faut pas mourir idiot, j’ai décidé de m’offrir un épisode de Call of Duty. Honnêtement, j’aurais préféré le Advanced Warfare fraîchement sorti, mais bizarrement, il n’y avait que le Ghosts à 10 euros dans le bac des soldes… Je tiens également à préciser que – comme d’habitude – je me contrefiche des modes multijoueurs, que je n’ai fait que la campagne solo et que je ne jugerai donc que ça. Ceux qui viendraient à me dire « nan, mais t’achètes pas un Callof pour le mode solo », je leur répondrai que dans ce cas, c’est même pas la peine de proposer un mode solo moisi. Ce préambule étant fait, bienvenue dans cet article dédié au nivellement par le bas du jeu vidéo !

Dans un futur très très proche, il n’y a plus de pétrole au Moyen-Orient. Mais comme en Amérique du Sud, on n’a pas de pétrole mais on a des idées, des gouvernements profitent d’une mystérieuse inflation du pétrodollar pour faire une confédération qui décident de prendre le contrôle du monde. Bien sûr, tout cela n’est possible que grâce au programme spatial de pays comme le Chili ou l’Argentine pour pirater un satellite lanceur de missiles des USA… J’ai même pas commencé à jouer que ça pue les CDLS dans tous les coins et on me demande littéralement de mettre mon cerveau en veille avec mes questions débiles. Des années plus tard, les USA sont réduits à des poches de résistance qui combattent la Fédération tant bien que mal. Fort heureusement, finalement, il y a toujours l’air d’y avoir du pétrole pour l’armée américaine… Fort heureusement aussi, on a des valeureux héros bien génériques – comme le personnage que vous incarnerez – pour sauver le monde. Bien sûr, toute bonne trame américaine anti-terroriste ne saurait être parfaite sans ajouter la notion de famille, ici votre frère et votre père, et des fantômes du passé. En l’occurrence, vous apprendrez sans surprise que le paternel fait partie d’une escouade de super-militaires appelée les Ghosts, que vous êtes recruté car tout particulièrement doué et que votre mission annexe est de buter un ancien Ghost converti à la cause des moustachus. Je vous passe les détails, mais à un moment, votre père va mourir, vous allez sauver le monde et il y a un chien.

Au cas où vous n’auriez pas saisi le ton acide, le scénario de la campagne solo est une vaste blague dans laquelle les développeurs ont décidé de verser dans le cliché en utilisant probablement un générateur de scénarios militaires qui se contente de changer les noms des vilains. C’était d’un banal affligeant qui flirtait avec une stupidité abyssale. Mais comme j’avais un encéphalogramme plat pour avoir rapidement déconnecté le cerveau, j’ai pu faire les 18 missions trop sans râler ni crier au scandale. Comme je le disais, dès le départ, dès les premières minutes, j’ai su que j’étais face au niveau 0 de l’écriture et que rien ne me surprendrait.

Riley, chien fidèle… probablement le personnage le plus développé aussi…

Pour subir cette histoire, vous allez incarner Logan, un type qui ne parle pas, dont on ne voit jamais le visage et qui comme tout bon militaire, se contente de suivre les ordres. A coté de lui, vous trouverez une tripotée de personnages tout autant génériques dont votre paternel bienveillant sans charisme, votre frère aussi vaillant qu’une huître et d’autres Ghosts qui se contenteront de vous signifier la position des ennemis (attention, spoiler, cette position est toujours « midi » – de quoi en dire long sur le level design). Mais attention, grosse nouveauté, vous avez maintenant un clébard ! Je me souviens de la façon dont la promo avait mis en avant ce chien, façon « c’est révolutionnaire ». Au final, il est comme les autres, il ne sert à rien sinon se mettre en travers de votre chemin. Pour bien renforcer le caractère inintéressant de votre campagne solo, on vous placera aux commandes d’autres personnages génériques qui se chargeront de missions particulières dans l’espace, un tank, un hélico… Vous pourrez même incarner votre clébard dans une palpitante mission d’infiltration qui se résumera à se coucher dans l’herbe pour se cacher…

En résumé, jamais, je dis bien jamais, je n’ai été aussi peu investi dans un jeu. J’étais littéralement en mode automatique. Car non content de proposer un scénario convenu et ennuyant, les missions prennent le joueur pour un débile profond et le guide de bout en bout par la main. Il suffit de suivre vos coéquipiers pour trouver le chemin, on vous dit perpétuellement quoi faire à quel moment. Le level design se limite à de grands couloirs à peine masqués avec des triggers se déclenchant suivant votre avancée (ou pas, bonjour les loop infinies), pour notamment balancer des salves d’ennemis idiots dont la seule initiative sera de jeter une grenade de temps en temps depuis un couvert d’où ils ne bougeront pas sinon pour montrer une tête pour votre headshot. Niveau intelligence artificielle, c’est déjà limite en face, mais alors côté américain, c’est pire. Les mecs vous dégageront de vos points de couverture parce qu’ils sont scriptés pour se planquer là, ils visent dans les coins, ne prennent aucune initiative tant que vous n’aurez pas activé un trigger caché dans la map à votre passage et ne servent globalement qu’à des tirs de suppression en attendant que vous daignez bouger votre cul.

Histoire de rajouter à la fainéantise des développeurs, le game design est sans inspiration ni innovation. Vous n’avez que deux armes en stock (et c’est déjà une de trop) et toutes celles qui vont tomberont sous la main auront tendance à se ressembler. Comme tous les jeux sans idée, on vous balancera des quick time event pour faire genre « t’as vu, c’est différent ». Pour boucler la campagne solo, il m’aura fallu moins de 8 heures avec la difficulté poussée au maximum. En d’autres termes, c’est ridicule et 10 euros, c’était encore trop cher payé (et dire que je l’ai vu à 60 euros pas plus tard qu’hier à la FNAC…). Pour dire, même Bioshock Infinite était mieux !

Je ne vais même pas parler de l’ergonomie console à vomir ou du mapping de touches étrange pour faire des actions spéciales, ce sera tantôt N, tantôt F, voire E ou clic gauche, histoire de bien vous surprendre et vous faire rater pour recommencer.

Seul point positif, j’ai trouvé les cinématiques assez esthétiques… Ca pèse pas lourd dans la balance.

Ce Call of Duty: Ghosts est vraiment symptomatique de tout ce qui ne va pas dans le jeu vidéo moderne : réalisation baclée, histoire à chier, game design léthargique, level design sans intelligence, recyclage de licence… Comme je disais plus haut, ce mode solo prend vraiment les joueurs pour des débiles et leur ôte toutes facultés de réflexion ainsi que tout esprit d’initiative. Si c’est pour rendre une copie pareille, on s’abstient et on concentre son argent ailleurs messieurs les développeurs (par exemple un mode histoire full coop à l’image de ces DLC que vous vendez au prix scandaleux de 4×15 euros…). Au pire on propose cette daube solo en DLC gratuit tout en assumant le fait que Call of Duty est une licence compétitive multijoueurs. Là, c’est ni fait ni à faire.

Bref, vous avez compris, Call of Duty: Ghosts propose une campagne solo digne d’une déjection canine. Et quitte à faire du marketing avec le chien, c’est cet angle qui aurait dû être pris. Si vous voulez un vrai bon FPS solo qui ne donne pas l’impression de vous enfumer, allez voir du côté du dernier Wolfenstein ! Et si vous voulez un vrai bon jeu sur le thème de la guerre, je recommande une fois de plus l’excellent This War of Mine.

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Les Trois frères, le retour : Affiche

Les 3 frères, le retour est un film de et avec les Inconnus.

Ils sont trois, ils sont frères, ils sont de retour. 15 ans après, Didier, Bernard et Pascal sont enfin réunis… par leur mère… Cette fois sera peut-être la bonne.

Oui, c’est le synopsis de Allociné. Je me suis dit qu’un film de fainéants méritait un synopsis de fainéants. Mais je vais y revenir !

Tout d’abord, il convient de dire que j’adore les Inconnus. Vraiment. J’ai toutes les VHS et je les ai maté suffisamment de fois pour connaître par cœur ou presque tous leurs sketchs. J’ai même fait un spectacle de fin d’année au CM2 sur leurs textes. Bref, comme beaucoup de monde de ma génération, les Inconnus, c’est quelque chose. J’ai maté les 3 Frères comme tout le monde, même quand ça repasse à la télé, je pense que la comédie a atteint le même stade mythique que Les Bronzés font du ski et que ça se regarde toujours avec le sourire aux lèvres, parce que les gags font toujours mouches.

Ensuite, je tiens à préciser que je ne critique pas souvent les films français. C’est plus facile de casser sur sucre sur le dos des Américains. Et puis, connaissant surtout le parcours du combattant que ça peut être pour faire un film en France, c’est pas forcément de bon ton de cracher dans la soupe ou sur le travail de personnes qui suent sang et eau pour voir leur bébé sur grand écran.

Mais là, on parle des Inconnus. Des mecs qui ont 30 ans de métier, plusieurs films au compteur et leurs entrées chez les producteurs. Bref, techniquement, tout ce qui faut pour faire un bon film. Alors, quand on se fout un peu de ma gueule, j’estime que j’ai le droit de critiquer.

Les trois frères : Photo

C’est le mimi, c’est le rara, et c’est (de) la merde!

Je savais au moment où je décidais d’aller voir le retour des Inconnus au cinoch que je serai déçu. C’était obligatoire. Et même si je m’étais préparé, je dois dire que le film a réussi l’exploit de dépasser mes attentes dans la nullité.

Comme toujours, je juge un film à son scénario. Et là, c’était juste affligeant. Le film est une resucée éhonté du premier opus :

  • Un des frères se trouve un enfant plus ou moins caché (Didier/Bernard)
  • Didier qui essaie de récupérer de la thune avec une fille et une famille dont il n’a rien à battre
  • Bernard en comédien looser
  • Le passage à la télé (Le Millionnaire/T’es pas cap)
  • Le décès de la mère qui les réunit
  • L’avocat qui parle en latin et qu’ils ne comprennent pas
  • Les 3 qui se retrouvent tous sans argent, sans abri
  • Deux frères qui consomment de la drogue par hasard et se font un trip joyeux
  • Les vannes sur la couleur de peau de Pascal
  • Le road-trip pour aller retrouver quelqu’un
  • Le déguisement en fille
  • La catch phrase qu’on répète (c’est le mimi/il est gentil le toutou)

Et je suis loin d’être exhaustif ! Même le poster du film est un copié-collé. Sauf que dans le premier, cela faisait référence à une scène du film…

C’est bien simple, de mon point de vue, il n’y avait qu’un cahier des charges pour le scénario : Qu’est-ce qui a fait le succès du premier qu’on y fasse bien allusion dans la suite ? S’en suit une accumulation de scènes réchauffées, sans intérêt et – comble du comble pour les génies du rire – pas drôles. Je n’ai pas ri une seule fois dans mon fauteuil. J’ai dû esquisser 3 sourires en tout et pour tout.

Le retour des 3 frères est un échec sur toute la ligne !

Pire, le retour des Inconnus est un échec !

Il faut savoir que pour d’obscures raisons impliquant les concernés et une maison de production, les Inconnus n’avaient pas le droit de s’appeler « les Inconnus » s’ils étaient ensemble. D’où le temps qu’il a fallu pour les voir enfin réunir et avoir un projet en commun. Ce nouveau projet de film n’est donc pas réellement une suite mais plutôt un support pour annoncer la reformation officielle des Inconnus. Il suffit de voir l’affiche avec « Les Inconnus », « le retour » écrit dans la même typo pour s’en convaincre. Et à vrai dire, le public attendait plus le retour des Inconnus que le retour des 3 frères.

Et la grande peur des Inconnus, à mon avis, c’était peut-être de se sentir has-been. Il n’y a qu’à regarder la campagne de pub autour du tournage pour déceler certains indices sous l’auto-dérision : ils se sont mis en scène perdus avec les nouveaux médias (twitter), ils ont fait appel à Norman dans un échange de bon procédé pour la promo et j’en passe. D’où le choix de la sécurité plutôt que d’aller chercher le public. La vraie prise de risque aurait été de monter sur les planches à l’instar des Monty Pythons qui se reforment aussi cette année. La vraie prise de risque aurait été faire un film inédit avec du matériel et des bases inédites.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus

« Oh ? On a été grillés ? »

L’idée du mariage de Mickael qu’on apprend en fin de deuxième acte me semblait suffisamment bonne pour que ce soit le squelette narratif qui justifie la réunion des trois demi-frères, même fâchés. Cela aurait suffit à créer des sous-intrigues autour de celui-ci et de sa préparation. Même la vraie-fausse fille de Bernard aurait pu débarquer et agir comme un vrai élément perturbateur autour de Mickael plutôt que de jouer sur une histoire de drogues qui, ne, sert, à, rien !

Si le premier film jouait en seconde lecture avec un vague propos social autour de la crise et l’argent ainsi que la découverte de la paternité et comment s’en sortir, la suite est vide de sens. Dans tous les sens du terme. Le terme principal du film, c’est l’argent et comment trois rapaces essaient de se débrouiller pour en ramener. Sauf que l’argent, les français, c’est pas forcément ce qu’ils veulent voir au cinéma avec leurs problèmes actuels (crise, chômage, pouvoir d’achat) ; et s’ils sont déterminés à rire de cela, encore faut-il que cela tape dans la satire ou que ça touche des points sensibles. Personnellement, au regard du thème et de la façon dont il a été abordé, j’ai plus l’impression que le second degré de lecture était qu’ils cherchaient à payer leurs impôts…

Même la référence aux infirmières et à Marie-Thérèse devient embarrassante…

L’effet pervers ce film/retour moisi, c’est que les gens qui ont un minimum de sens critique comme moi vont désormais attendre les Inconnus au tournant avec leur prochaine production (film, spectacle, TV…) et que si celle-ci n’envoie pas de la marmotte en orbite, les Inconnus seront définitivement has-been et sans intérêt. Et personne n’a envie de cela !

Les Trois frères, le retour : Photo Pascal Légitimus

Je pense que je pourrais une blague avec cette image et CSI: Miami, mais ce serait élevé le potentiel humoristique du film…

Le seul point positif du film se situe dans la bande son, plutôt entraînante et agréable à écouter.

Avec une créativité laissée au Pole Emploi et un scénario réchauffé et fainéant, Les Trois Frères, le retour est un immense foutage de gueule, une déception sans nom, une erreur de parcours qui fait encore plus mal que les Roi Mages… Oubliez-le, oubliez l’idée de le regarder et aller plutôt sur youtube voir des trucs drôles.

« Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons… même s’ils ne faut pas oublier qu’ils le sont. » Ironie quand tu nous tiens…