Articles Tagués ‘Final Fantasy’

Independence Day: Resurgence

J’avais entendu plein de mauvaises choses sur la suite d’ID4, et le bide au box office tendait à confirmer les dires. Mais bon, comme il est bon de se faire une idée par soi-même, j’ai entrepris de mater la résurgence qui fleure bon le décérébrage en règle. Pour poser les choses clairement, c’est moins bon que le premier (donc ça pose certaines bases rapport à votre propre système de valeurs) mais ça ne mérite pas le lynchage qu’il a connu. J’ai même été étonné d’apprécier certains moment du film. A ma décharge, vous avez pu constaté à quel point le mois de Septembre à rabaisser toutes les exigences que je pouvais avoir envers Hollywood. Donc, ID4-Resurgence, c’est pas le film de l’année, loin de là, mais ça remplit largement l’objectif d’une soirée pop-corn sans prétention, avec le cerveau aux abonnés absents. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise : c’est du Roland Emerich, ça casse pas trois pattes à un canard, mais ça fait le job… largement mieux que n’importe quel autre blockbuster de cet été !

3.5/5

Atari: Game Over

Ce documentaire s’adresse probablement avant tout aux trentenaires qui ont connu les glorieuses années Atari et qui s’intéressent un peu au milieu du jeu vidéo. Mais les jeunes feraient tout aussi bien de s’y intéresser, ils pourraient deux trois trucs intéressants sur leur média favoris. On suit donc les aventures d’une équipe d’archéologues du dimanche qui a décidé de retrouver les fameuses cartouches ET sur Atari 2600, le jeu le plus mauvais du monde qui aurait fait tellement honte à Atari que la société aurait décidé d’enterrer toutes les cartouches dans le désert. SAUF QUE. Il y a la légende urbaine et il y a la vérité. Et ce docu s’intéresse avant tout à débunker le mythe ET. Certes le jeu est pas terrible, mais de là l’enterrer… Alors on va revivre les années années Atari par l’intermédiaire d’interviews de gens de l’époque, ce qui nous permet de mieux comprendre comment se fabriquaient les jeux et comment la crise de 83 a réellement coulé Atari. C’est vraiment intéressant, historiquement parlant. On déplorera l’intervention de bouche-trous (genre l’écrivain de Ready Player One) et un manque de données plus techniques mais globalement c’était vraiment intéressant à regarder ! Et une fois que vous l’aurez vu et que vous comprendrez la manière dont ET a été fait, vous ne pourrez plus dire que c’est le jeu le plus mauvais du monde ni qu’il a coulé Atari !

4/5

Kingsglaive (Final Fantasy XV)

Pour être tout à fait franc, j’en avais rien à carrer de FFXV et c’est la curiosité de mater un film 3D made in Square Enix qui m’a poussé vers cette production. Je fais partie des rares défenseurs des Créatures de l’Esprit (rien que le fait de savoir que ce premier long métrage a entièrement été animé à la main sans recours à la motion capture devrait forcer le respect de chacun) et Advent Children a pour lui d’être joli à regarder. Mais ce Kingsglaive, il se positionne dans une stratégie cross-marketing douteuse pour « hyper » la future production vidéoludique (donc, pétri de préjugés sans fondement, je l’ai abordé comme tel). Et c’était d’autant plus mal barré qu’on se tape une scène d’exposition foireuse et un montage épileptique sur la première scène de bataille. Bref, ça partait hyper mal. Et puis, à ma grande surprise je me suis retrouvé happé par l’univers et les enjeux (même si le placement de produit Audi est scandaleux), les choses escalades assez vite, y compris la qualité de l’animation que scotche réellement quand tout se met à dégénérer et fait passer Warcraft pour du travail d’arabe. Hormis quelques plans foireux et des animations faciales parfois à la ramasse, il faut bien reconnaître que ça décolle la rétine et met à l’amende n’importe quelle production 3D du moment. Comme je le disais, on pourra déplorer un début beaucoup trop alambiqué et un univers complètement hermétique pour le néophyte mais une fois dedans, ça passe tout seul. On notera également l’absence de personnage féminin fort et des retournements de situation prévisible. Mais force est de constater qu’il souffle un véritable souffle épique sur le film et qu’on passe un agréable moment. Et vous savez quoi, si j’en avais rien à carrer de FFXV avant, je suis désormais hyper hypé et j’ai hâte qu’il sorte sur PC (genre dans 150 ans) ! Ils sont forts chez Square Enix, ils sont forts…

4.5/5

Nerve

Là encore, c’était pas gagné d’avance vu je n’apprécie pas particulièrement l’actrice Emma Roberts ni son partenaire de jeu. Pas plus que j’apprécie le jeu « Action ou Vérité ». Où les réseaux sociaux de manière générale. Donc, bon, j’y allais à reculons. Au final, c’était moins nul que ce à quoi je m’attendais, voire même c’était sympathique. Le sujet n’est pas forcément nouveau sur les dérives des réseaux sociaux, de la quête de buzz, sur les réseaux underground… Le film a pour lui une certaine fraîcheur dans la mise en scène, surtout au début. Après, on va pas se mentir, c’est clairement un film pour ado et, en soi, c’est cool de voir qu’on commence à voir le bout du tunnel des adaptations de bouquins.

2.5/5

Mr Church

Comme tous les enfants des années 80, Le Flic de Beverly Hills trône assez haut dans ma liste de films les plus vus et les plus appréciés de l’époque. Eddy Murphy est un acteur que j’apprécie dans cette décennie, avant qu’il s’enlise dans des films à l’humour douteux. Depuis plus de 10 ans, j’ai boycotté tous ses films jusqu’à Mr Church dont la bande annonce m’avait intrigué. Il s’avère que Mr Church est un film incroyablement humain et qu’Eddy Murphy y trouve sa rédemption à mes yeux. La force du film, c’est son côté « vrai »  (très loin des « hé mec ») et c’est pour ça que ça marche et c’est un coup de cœur.

4.5/5

Stranger Things

J’ai enfin pris le temps de regarder la série phénomène de cet été et je dois admettre que ça mérite amplement le buzz qu’elle a reçu. Tout est absolument génial. L’histoire, l’ambiance, la musique, les acteurs, les références, le rythme… TOUT. C’est à voir absolument, point barre ! Je nuancerai toutefois mon propos en pointant du doigt la prestation de Wynona Rider beaucoup trop « over the top » et un abus de références qui passent de « oh, je vois ce que vous avez voulu faire » à « oh, c’est bon, on a compris, vous pouvez les faire moins obvious s’il vous plait ». Mais à part ça, c’est une vraie perle ! Qu’il va être long d’attendre la saison 2 de la série des Duffer brothers…

4.5/5

Bad Moms

Encore une comédie sortie un peu de nulle part qui a trusté le box office américain. Je me demande si c’est pas finalement symptomatique de l’effet « on essaie – pour une fois – de vous proposer d’un scénario qui soit vaguement différent et non une suite, reboot, préquel, remake », ce genre de petites surprises au box-office. En tout cas, c’est largement plus rigolo que de voir des mecs en collants faire de la bagarre. Il n’y a rien de particulièrement novateur, c’est finalement assez bien pensant, mais ça fait le boulot de vous divertir pendant une heure trente.

3/5

Imperium

La carrière post-Harry Potter de Daniel Radcliffe frôle le sans faute ou presque (Now You See Me 2). Imperium ne déroge pas à la règle et, s’il n’a pas la puissance d’American History X, Imperium dévoile la facette trumpesque des USA avec tout ce qu’elle peut avoir d’effrayant : les neo-nazis. C’est assez intéressant à voir et de réaliser le large spectre d’intolérance et de groupuscules différents tous plus frappés les uns que les autres dans leur haine aveugle. Le scénario manque un poil de tension pour être réellement parfait mais Radcliffe et les enjeux du terrorisme interne portent le film. A voir !

4/5

Batman: The Killing Joke

The Killing Joke est l’un des comics fondamentaux de Batman, aux côtés de Long Halloween ou The Dark Knight. Un chef d’oeuvre quasi-inadaptable sur un autre support. Et pourtant, avec la nouvelle ligne éditoriale sombre des films DC, la branche dessins animés a dû se dire que c’était une bonne idée de faire l’adaptation maintenant. Et le résultat est une purge sans nom ! C’est long, c’est chiant, ça prend des libertés loufoques avec le matériau de base, ça n’a absolument pas le côté subversif de la plume d’Alan Moore… C’est nul ! A jeter !

0.5/5

The IT Crowd

Je me suis refait une fois de plus l’intégrale de la série anglaise qui a inspiré The Big Bang Theory (et qui, très accessoirement, met KO la série US dès la première vanne sans lui laisser la moindre chance – oui, je ne suis pas hyper fan de TBBT). Je suis hyper fan de The IT Crowd, c’est une véritable merveille malheureusement trop courte (6 épisodes par saison seulement) Si vous ne l’avez pas vue, arrêtez ce que vous êtes entre train de faire et matez-la illico ! Vous réaliserez à quelle point votre vie était terne avant !

5/5

17/06/2015: Edit en fin d’article (Sony).

18/06/2015: Edit en fin d’article (new stretched goal)

22/06/2015: Edit sur la participation de Sony

Si vous suivez un tant soit peu l’actualité du jeu vidéo, vous n’êtes pas sans savoir que l’internet mondial est tombé deux fois de suite en l’espace d’un quart d’heure durant la conférence E3 de Sony. D’une part à l’annonce d’un remake de FF7, d’autre part avec l’annonce de la mise en chantier de Shenmue 3 par son créateur Yu Suzuki. J’aurais peut-être l’occasion de revenir sur le premier si on nous en montre un peu durant la conférence Square Enix, mais l’objet de cet article reste le cas fou de Shenmue 3 et mon incompréhension face à ce qui s’est passé (et se passe actuellement en direct).

Shenmue fait partie de ces classiques du jeu qui ont changé la donne durant les années 90, en offrant notamment une liberté d’action totale, un réalisme à tomber et une narration étudiée. Bref, Shenmue, c’est une légende. Surtout pour les trentenaires. Ce qui a scellé le sort de la série, c’est le développement de sa suite. Environ 70 millions de dollars engloutis sur une plateforme déjà morte, la Dreamcast. Si la qualité était au rendez-vous, c’est un véritable flop financièrement (une des nombreuses conneries qui a poussé le constructeur/éditeur SEGA à sa perte). Et depuis ce Shenmue 2 laissant en suspens la destinée du protagoniste Ryo, tous ceux qui ont pu toucher aux matériaux de base fantasment sur une suite.

Et cette nuit, dans l’euphorie à peine retombée après l’annonce d’un remake de Final Fantasy 7, on apprend que Shenmue 3 est une réalité. Une possible réalité. Tout le monde savait qu’une annonce serait faite sur la licence après un tweet mystérieux de Yu Suzuki, mais la plupart pariait leur billet sur une remasterisation du dyptique (puisque c’est à la mode de faire du neuf avec du vieux…). Et la bim, coup de tonnerre, Suzuki annonce en direct le lancement d’une campagne Kickstarter pour le développement de Shenmue 3.

Je peux vous assurer que le site de Kickstarter a connu des sueurs froides avec l’afflux du monde qui voulait vérifier de ses propres yeux que le retour du messie allait se faire. L’annonce a été faite en milieu de conférence, autant dire que pendant le quart d’heure qui va suivre, plus personne n’en à rien à branler ce qui se passe sur le plateau. Rien n’est plus important que de relayer l’information autour de ce double-séisme vidéoludique.

All images on the Kickstarter page are a work in progress.

Honnêtement, maintenant que l’excitation est passée, ça vous fait envie ce pré-footage ingame ?

Comme tout le monde, je vais moi-même consulter la page dédiée au kickstarter pour essayer de comprendre ce qui se passe derrière la hype. Et c’est là que les questions commencent à affluer.

  1. Pourquoi faire l’annonce durant la conférence Sony ? Je veux dire, Yu Suzuki aurait pu faire l’annonce d’un kickstarter le jour du séisme au Népal que cela n’aurait rien changé à l’engouement qui se passe actuellement chez les backers. Même le jour de la mort de Mickael Jackson, Shenmue 3 aurait pu être en TT sur twitter. En fait, cela tient en une demi-ligne quelque part sur la page, Shenmue sera une exclu PS4 (et PC, faut pas déconner). Pour autant, cela n’interdit pas de futures versions sur d’autres plateformes…
  2. Pourquoi faire un kickstarter ?
  3. Et surtout pourquoi faire un kickstarter aussi foireux ?

La deuxième question est sûrement la plus importante parce que celle sous-jacente est « Pourquoi aucun éditeur ne voulait se risquer à le produire ?« . La réponse est évidente : Shenmue 2. Rappellez-vous, le rapport coûts-bénéfices fut catastrophique. Je comprends que les éditeurs soient frileux, mais on parle de Shenmue ! L’état du marché n’est plus celui de la fin des années 90, les consoles X-Box et PS4 sont très bien installées. De plus, le cœur de cible pour ce jeu est une population d’actifs entre 25 et 45 qui a non seulement les moyens de s’offrir ce jeu, mais qui surtout veut se l’offrir. Alors qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un éditeur pour refuser le financement d’un tel jeu ? C’est vraiment la question qui me travaille.

On vient de voir le même cas avec le dernier jeu d’IGA (Koji Igarashi, le type responsable du chef d’oeuvre Castlevania: Symphony of the Night). Le type essaie de convaincre tous les acteurs du marché que le genre metroidvania n’est pas mort, que les gens en veulent et pourtant il se fait refouler sous le prétexte de la frilosité du marché. A la décharge des éditeurs, il est possible qu’il n’ait cherché à vendre son jeu qu’avec une paire de concept arts et son CV… IGA met son jeu Bloodstained sur kickstarter et c’est la folie !

Résultat : un kickstarter rempli, des paliers qui s’accumulent, des sous qui tombent… On n’est jamais sur de rien dans le milieu, mais un metroidvania d’IGA, c’était obligé que ça marche, parce que derrière il y a deux concepts en béton (metroidvania, IGA) qui parlent à cette fameuse population d’actifs avec du pognon et des envies de nostalgie.

Bref, tout ça pour dire que sur le même constat, le kickstarter de Shenmue 3 est financé en 12 heures. C’était obligé que ça marche !

Le goal de base était à 2 millions d’euros. 2 millions d’euros, c’est rien. C’est vraiment rien dans le budget que requérait le développement de Shenmue 3. Si on développait là tout de suite, maintenant un jeu Shenmue 3 avec seulement 2 millions d’euros, vous auriez une sombre bouse minimaliste absolument pas à la hauteur des attentes. La sortie étant prévue à fin 2017, ça ferait moins de 1 millions par an… rien, comme je disais. D’où ma question, pourquoi faire un kickstarter à 2 millions d’euros ?

Aujourd’hui, c’est la guerre ouverte des exclus entre Sony et Microsoft. Et si aujourd’hui, Sony avait annoncé l’exclusivité Shenmue 3 sur sa plateforme à l’image d’un Uncharted 4, le marché ne s’en serait pas remis. Une exclu qui n’aurait coûté que 2 millions d’euros, si vous suivez mon raisonnement. Vous comprenez pourquoi je ne comprends pas ce kickstarter ?

Ryo - On a journey to avenge his father.

En plus, c’est pas spécialement beau quoi…

Intéressons-nous au contenu du kickstarter de base pour récolter ses 2 millions d’euros:

  • Pledge à 5 €: merci de participer
  • Pledge à 30 et 60 € : le jeu
  • Pledge à 100 : + une version d’essai (en gros un Early access)
  • Pledge jusqu’à 500€ : les différentes versions goodies du jeu
  • Pledge à 10000 € : reçois LE manteau ou dine avec le créateur.

Les 4 versions à 10000 sont bien évidemment parties de suite. Ce qui me frappe surtout c’est le manque de diversité de pledges qui seraient tout aussi vite partis entre 500 et 10000 : pas skype avec les dev, pas de possibilités de participer au développement (design de salles cachées, boss, ennemis…) comme on en voit souvent, pas de « votre tête dans le jeu », etc…

Profitons-en pour noter au passage que les versions boites ne concernent pour l’instant que le PC…

Regardons les paliers. Vu que les ridicules 2 millions ont été amassés en quelques heures, voyons alors les futurs premiers paliers :

  • 2.5 M$: visiblement des courts métrages sur les deux premiers épisodes
  • 2.6, 2.7, 2.8, 2.9 M$: des sous-titres en différentes langues
  • 3.2 M$: un « rapport system » qui ne veut rien dire du tout
  • 3.5 M$: un arbre des talents
  • 4M$ : mini-jeux x5 et un village++

Le premier mot qui me vient à l’esprit est « foutage ». Sous entendu, de gueule. 100000 boules pour les sous-titres d’une langue !!! Si on prend le tarif standard de 5-10cts par mot, on aurait un total théorique de 1 à 2 millions de mots à traduire… Le nombre de mots laissant sous entendre la profondeur de jeu est tout bonnement incompatible avec le petit budget initial demandé. Le but de ces paliers est évident : attirer l’international… mais ça fait vraiment pas rêver !

A seulement 3.5 M$, on laisse sous-entendre la première fonctionnalité gameplay qui, de mon point de vue, devrait être de base dans un jeu Shenmue en 2015. Le palier à 4 est aussi une vaste blague : un mini-jeu ne fait pas un bon jeu. Encore une fois, en dehors du nom Shenmue, on ne nous vend aucun rêve !

La quatrième question qui découle de cette première analyse des éléments qu’on a déjà est évidente : quel est le fuck derrière ce kickstarter ridicule ? Yu Suzuki ne peut pas se la jouer modeste avec Shenmue. C’est impossible. Ces deux millions demandés sont juste idiots. Il était évident qu’ils seraient récoltés en quelques heures (alors pourquoi faire des paliers aussi ridicules et si peu attractifs ?)

Sérieusement, 500$ ? Il n’y a que moi qui trouve ça abusé pour le contenu effectif ?

Je vois trois hypothèses pour répondre à cette question :

  • La plus déprimante est de penser qu’il n’y a absolument pas de planning crédible pour les deux années de développement à venir et que Shenmue 3 va se faire un peu à l’arrache sans véritable ambition technique ou de contenu. Rappelons au passage que les deux millions demandés seront aussi rognés par la licence de l’Unreal Engine.
  • Ces deux millions sont effectivement une blague et Suzuki fait un coup de poker avec de la fausse modestie sur le véritable budget, en pensant être backé à hauteur d’au moins 10 ou 20 millions de dollars (puisqu’on nous promet des nouvelles villes à des paliers inconnus). Au regard de la diversité des pledges, disons que j’ai du mal à croire. Parce que en dehors du fait de posséder une suite d’un titre légendaire, rien ne fait vraiment rêver l’acheteur potentiel…
  • Ce kickstarter n’est que la façade d’un développement financé par Sony qui met déjà des billes (ou, plus raisonnablement, mettra des billes en fonction des paliers atteints). Mais si c’est le cas, pourquoi diable ne pas s’être réservée cette licence en exclu PS4 pour bousiller Microsoft ?

Shenmue 3 était un fantasme pour beaucoup de joueurs. La façon dont il a été annoncé et ce kickstarter étrange me pousse personnellement à me poser des questions sur Sony et surtout sur les ambitions du jeu et sa qualité finale. Il y a encore 31 jours pour juger de l’impact que va avoir ce kickstarter à la fois sur le jeu et sur l’industrie (le record étant à 5 M$ pour Bloostained). Coup de poker, pétard mouillé, révolution… l’avenir le dira. Personnellement, je reste très sceptique, tant sur la démarche de ce kickstarter opaque que sur ce qu’elle cache véritablement (le jeu final autant que les finances)…

N’hésitez pas à partager votre avis sur ce passionnant revirement dans l’épopée Shenmue, sur ce kickstarter ou sur vos attentes du jeu !

Edit 17/06/2015: Sony a officiellement annoncé qu’il finançait le développement de Shenmue 3 (article IGN), confirmant ainsi ma troisième hypothèse sur les origines de ce kickstarter. Une stratégie marketing que je trouve personnellement foireuse, puisque comme démontrer plus haut, il était évident que la réponse des fans serait immédiate et massive sur la plateforme de financement. En jouant les petits slips avec l’annonce d’un kickstarter, Sony s’est privé d’un véritable coup de massue dans le monde du jeu. Financièrement, j’ai vraiment beaucoup de mal à voir la rentabilité d’un tel processus pour le constructeur japonais, leur marge devra se baser sur 1. la vente de consoles (je vois déjà le bundle console slim+jeu) ainsi que la vente de copie physique PS4 (non comprise dans le kickstarter). Maintenant que l’annonce est faite du coté de Sony, que le kickstarter n’était là que pour tester la réaction du public, on se demande maintenant quel est l’intérêt de ce kickstarter et des stretched goals… Décidément, cela confirme mon sentiment ultra-mitigé sur ce kickstarter et la stratégie de Sony autour de ce titre !

Edit 18/06/2015: De nouveaux goals viennent d’arriver alors que le kickstarter vient de franchir la barre des 3 millions:

  • 4,2 millions de dollars : « Baisha Village Expanded + Infiltration Mission »
  • 4,4 millions de dollars : « Baisha Village Expanded + Additionnal Quest »
  • 4,6 millions de dollars : « Baisha Village Expanded + Battle Event »
  • 5 millions de dollars : « Baisha Village Expanded + Character Perspective System »

En dehors du fait que des termes comme « Character Perspective System » ne veulent proprement rien dire en terme de gameplay, Ys Net nous offre désormais la possibilité d’avoir le même village quadruplement ++. Toujours pas d’annonce des nouveaux villages. Bref.

Si je me permets de faire un nouvel edit, c’est pour relever la nouvelle dose de bullshit qu’on nous envoie dans les dents. Ou comment le foutage de gueule continue et risque de continuer pendant encore 29 jours ! Allô ? Sony a annoncé publiquement sa participation au financement de Shenmue 3 ; en d’autres termes, la grosse corporation avec des millions de brouzoufs en stock a annoncé prendre la majeure partie des risques financiers sur ce titre ! Alors pourquoi est-ce que vous continuez de donner votre argent à ce kickstarter ? Ce n’est plus la peine, le sondage à peine voilé de Sony est rempli, le jeu se fera. Et continuer à filer sa thune n’a plus lieu d’être ! On est plus dans la démonstration de l’engouement pour ce jeu, on est dans les réductions de frais pour Sony !

S’il vous plait, gardez-votre argent pour des projets tout aussi (sinon plus) prometteurs, sans éditeur, et que ne se foutent pas ouvertement de votre gueule avec un financement des plus opaques ! Merci.

22/06/2015: Je n’en finis plus d’éditer cet article à mesure que les nouvelles tombent sur ce Kickstarter ! Aux dernières nouvelles, le financement de Sony se limiterait au portage PS4 et au marketing de cette version. Ce qui d’un coup semble logique : le Kickstarter ne faisant aucune mention de la version physique PS4 du jeu, on peut raisonnablement penser que Sony fera son retour sur investissement comme ça. La version Xbox ou Nintendo reste donc dans le domaine du possible.

De plus, Yu Suzuki s’est fendu d’une interview où il explique enfin les réels paliers du Kickstarter. 5 millions et 10 millions. Le 10 millions étant pour un monde ouvert. Il précise aussi que le financement du jeu est majoritairement supporté par de multiple tierces parties inconnues. Si Sony la participation de Sony devient plus clair dans les faits, il n’en reste pas moins vrai qu’un jeu qui se voit obligé de régulièrement préciser ses intentions par le jeu des questions-réponses sur twitter ou reddit reste tout de même bizarre en terme de communications. Je reste encore et toujours vraiment sceptique sur tout ce jeu et la façon dont il se monte tout en contradiction. Mais je suppose que la vraie question reste : va-t-il attendre les 10 millions de dollars ? Va-t-il même atteindre les 5 ? Honnêtement vu le caractère peut bandant du kickstarter, j’ai des doutes…

Depuis que je l’ai reçu, je passe pas mal de temps sur Mass Effect 2. Mais uniquement le week-end. Et qu’un seul jour par week-end. Même si c’est 10h d’affilée. Comme vous le savez déjà, je suis absolument fan de la licence SF de Bioware et j’attendais le 2 avec impatience.

Je ne l’ai pas encore fini, donc cet article n’est pas une critique en bonne et due forme, mais juste une critique. Car des fois, je me rappelle que Game Designer, c’est mon métier et il me revient comme un boomerang alors même que je joue et que je ne demande rien à personne, surtout pas à ma conscience professionnelle !

Mass Effect 2 a reçu des critiques dithyrambiques de la part de quasiment toute la presse spécialisée, critiques la plupart du temps méritées car les ptits gars de Bioware ont vraiment fait de l’excellent boulot, à quelques exceptions près.

La première, c’est sur le scan de planètes pour trouver des ressources : ennuyeux à mourir ! Ca rallonge la durée de vie artificiellement pour pas grand chose et je pense que beaucoup de monde est de mon avis. Tout ça pour « payer » des améliorations d’équipement. Je préférais encore quand je dépensais des vrais sous pour ça. En définitive, la phase d’exploration est tout aussi ratée que l’étaient du premier avec le Mako (mais pour des raisons différentes).

Je ne vais pas revenir sur le côté RPG purement sabré…

En fait, ce qui me dérange le plus, ce sont les relations amoureuses. Comme dans tout jeu estampillé Bioware qui se respecte, les joueurs ont la possibilité de flirter avec des personnages non contrôlables. En bon romantique fleur bleue, cette phase de flirt m’intéresse énormément.

*ceci est un espace de libre expression pour les sarcasmes à l’égard de ma vie amoureuse*

Quoi de plus excitant (sans mauvais jeu de mot) que d’avoir un personnage qui développe des émotions et lie des affinités particulières avec ses co-équipiers dans le cadre d’une aventure épique.  Et si en plus c’est bien story-drivé, il y a moyen de rendre particulièrement poignant. Souvenez-vous quand Aeris est morte alors que vous aviez passé du temps à essayer d’en faire votre petite amie (ne mentez pas, 82% des joueurs de FF7 ont essayé !). C’était aussi injuste que beau, vous étiez lié corps et âme à votre petite fleuriste un peu cruche.

Bref, dans Mass Effect, il est possible d’essayer de nouer des relations amoureuses avec pas moins de 5 personnages si vous êtes un mâle. Et force est de constater que c’est extrêmement mal fait ! Développer une amourette tient uniquement, et uniquement, sur votre acharnement à parler à la demoiselle et à choisir une bonne réponse entre deux choix (l’une d’entre elles m’étant fin à la possibilité de préservatif sur le champ). C’est. Tout.

Je suis arrivé au point où mes partenaires potentielles sont : Jack, Miranda, Tali, Kelly et Samara. Toutes. En. Même. Temps. J’ai parlé à toutes et toutes m’ont fait savoir que j’étais un commandant Shepard particulièrement intéressant. What. The. Fuck. Comment le fait de parler et répondre bien permet de les faire basculer du désintérêt le plus formel au « j’aimerais bien qu’on couche ensemble ». Est-ce cela la vraie vie ? Suffit-il de harceler une nana (quand elle veut bien répondre, quand les designers ne voulaient pas que ça aille trop vite, ils se sont contentés de lui faire dire « revenez plus tard ») et de bien répondre ?

Dans Mass Effect, la réponse est oui. Dans The Witcher, la réponse est oui aussi, mais plus subtilement, faut aussi faire les bons cadeaux. Mais ça ne me dérange pas, Geralt de Riv est à hommes à femmes et le côté collection est assumé. Shepard n’a le droit qu’à une seul nana et si vous êtes vraiment, mais vraiment mauvais, il y aura toujours Kelly pour vous consoler.

Bon, dans ma partie, il commence à y avoir du crépage de chignons entre Jack et Miranda. J’ai du faire un choix et dire à Miranda que ça n’allait pas le faire, parce que Jack m’avait demandé. Bon, accessoirement, cela ne me dérange pas : j’aime pas Miranda.

Mais comment vais-je choisir parmi les quatre restantes (enfin trois, j’aurais toujours Kelly de toute façon) ?

En effet (de masse), rien ne me permet de me dire « une telle est mieux que une telle » parce que j’ai appris à les connaître qu’en forçant la discussion. Et je n’ai fait que écouter. Leur personnalité reste un peu évanescente – ouais, euphémisme de « ridicule ». Kelly fait un peu office de grosse cochonne. Jack est cinglée et joue les dures pour qu’on ne voit pas son coeur de guimauve. Tali est… bah, elle est sympa, gentille et serviable. Et Samara est dictée par une certaine forme de code comme un paladin et sage d’un millier d’année.

Je peux choisir au physique… Super… Jack la tatouée, Tali dans sa combinaison, Samara l’asari et son décolleté ou Kelly la rouquine.

Le pire, c’est que le choix aura sûrement un impact dans le dernier volume de la trilogie (ou pas, si l’on considère ce qui se passe du 1 au 2). Alors je me spoile et je sais que c’est mort d’avance avec Samara qui m’enverra balader (logique, comment voulez-vous plaire en une semaine à une asari qui a mille ans ?). Je refuse de me laisser tenter par la facilité avec Kelly. Reste Jack et Tali…

Tout ça pour dire que c’est particulièrement mal foutu ce système de questions/réponses provoqués par le joueur. C’est du gameplay self-service, évolution logique du marché du jeu vidéo pour adolescent en manque et qui a envie de baiser le premier tas de polygones venus comme il se téléchargerait un film porno sur le net. (Je viens de me relire, je m’impressionnerais presque ! C’est pour cela que je l’ai mis en couleur.)

Je vais me permettre de donner une leçon de game design à Bioware : rejouer à Baldur’s Gate II, bordel ! (Baldur’s Gate a été crée par Bioware aussi, notez l’ironie de la leçon).

Dans Baldur’s Gate (tout comme dans FF7), une relation amoureuse ne pouvait se déclencher que si votre co-équipier à passer un certain nombre d’heures dans votre groupe. Dans Mass Effect, que nenni. Miranda se jetait presque sur moi alors que ça a été la première que j’ai virée dès que mon nombre de personnages est passé à 3. Dans Baldur’s Gate, ce n’est pas vous qui déclenchiez les dialogues pour faire avancer votre romance, mais la demoiselle qui, a la faveur d’un script (auberge, campement, paysage, etc.), se posait des questions sur vous + elle. Il y avait ensuite 3 à 5 réponses possibles, chacune pondérée différemment et faisant avancer les affinités. Vous pouviez finir le jeu sans être en couple parce que vous vous étiez mal débrouillé. Et tous ceux qui ont pu finir le jeu avec Viconia alors qu’il était Loyal Bon savent le challenge que ça a pu représenter !

Alors, j’ai bien conscience que je sors un exemple qui a dix ans d’âge et n’est pas aussi grand public mais, sans parler de game design :

  • Ne serait-ce pas normal que Miranda refuse de me parler si je ne la prends jamais dans mon groupe ?
  • Ne serait pas normal que Tali vienne me voir avec des états d’âme au sujet de la dernière mission ensemble ?
  • Ne serait-ce pas normal que Jack vienne me témoigner de l’affection pour l’avoir soignée durant le dernier combat ?
  • Ne serait-ce pas normal qu’un relation prenne immédiatement fin avec Samara quand j’ai buté de sang froid un type que j’aurai pu laissé vivre ?

Bien sûr, tout ceci n’est qu’un point de détail et une relation amoureuse se résume désormais à une médaille dans le tableau des achievements. Une médaille… Vous avez reçu une médaille la dernière fois que vous avez eu le courage d’avouer à une fille, à la faveur d’un déjeuner sur l’herbe, que vous ressentiez des sentiments pour elle ? Non, votre récompense, c’était un sourire et une tendre caresse sur le dos de la main en réponse à vos sentiments et ce n’était que le début…

Aucun jeu vidéo n’a réussi à scripter la construction d’un amour virtuel de façon probante (quand je vois Heavy Rain et ce que David Cage a essayé de faire, je me dis qu’il est peut-être sur la bonne voie, au moins sur le facteur émotionnel du jeu vidéo). Et la récompense, en dehors d’une médaille, d’une cinématique un peu à deux balles ou de la satisfaction d’avoir accompli une quête longue et difficile, devrait avoir un impact sur le gameplay. Au hasard, 10% de PV sur le couple tant qu’ils combattent ensemble.

Seulement voilà, j’ai glissé les deux mots dans la dernière phrase : une quête longue et difficile. Les joueurs d’aujourd’hui ne veulent plus de quêtes longues et difficiles ! Ils veulent juste qu’on leur demande de ramener 10 couilles de loup pour avoir un casque +1. Ils veulent pouvoir filer 100 pièces d’or à la première prostituée rencontrée en sortant de l’auberge pour avoir une cinématique pourrave et à peine suggestive.

Le milieu du jeu vidéo subit des mutations profondes depuis sa création, toutes gouvernés par ce que demandent les joueurs, et par rapport ce que veut le public d’aujourd’hui, je me sens vraiment en décalage par rapport au marché !

Nota bene 1 : Bon, cela dit en passant, je ne sais pas encore qui de Tali ou de Jack aura le droit au dialogue décisif du « on se retrouve dans ma cabine ».

Nota bene 2 : Et comme l’article du week-end était long, n’espérez rien avant mardi ou mercredi.

Nota bene 3 : Et puis, si un responsable de Bioware souhaite me contacter pour me faire une proposition de Romance Designer, qu’il n’hésite pas…