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Dans l’épisode précédent…

Cher Journal,

Pour mon premier week-end à Oslo, il a fait un temps démentiellement beau. Ciel bleu, grand soleil, température décente (10-15 degrés). J’en ai donc profité pour faire mon touriste et me balader à pied dans la ville. J’ai fait la plupart des spots à touristes, ceux qui n’impliquaient pas de payer pour visiter ou prendre un bateau ceci dit. Je voulais juste profiter du temps et de la ville… Quand il fera moche, j’aurai tout le temps de m’enfermer dans un musée. Photos choisies!

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L’opéra (temps couvert = photo pourrie)

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La forteresse (caserne militaire et ancien chateau)

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L’hôtel de ville, pour le moins austère…

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Le port

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Le bord de mer, face au fjord

Mais bon, à partir de ce moment-là, j’ai arrêté de prendre des clichés… De toute façon, en mettant les photos dans l’article, je me suis rendu compte qu’elles étaient bien dégueulasses…

J’ai aussi arpenté le parc du palais royal, le centre-ville avec sa grande avenue blindée de monde façon Champs Elysée, sa cathédrale, etc… J’en ai également profité pour pour repérer le magasin de geeks de la ville (c’est pratique, il fait comics, manga, magic, jeux de société, Lego… tout en même temps) et le magasin de vinyles.

Que puis-je dire sur mes premières impressions de la ville ?

  • D’une part c’est propre ! Je ne vais pas comparer par rapport à Paris… Mais pas de crotte de chien dans la rue, pas de tag (un peu, faut pas se leurrer, mais pas des masses), pas de déchets…
  • Les immeubles sont vraiment variés. Souvent dans un style « Empire » et décoré. Beaucoup de matériaux différents sont utilisés pour la construction, beaucoup de couleurs différentes cassent la monotonie visuelle et donne un aspect charmant au centre-ville. Bref, c’est une très jolie ville !
  • Oslo possède une quantité industrielle de musées. Il n’est donc pas rare de voir l’Art débordé dans la rue avec quelques oeuvres plus ou moins discrètes, plus ou moins jolies suivant ses goûts personnels.
  • Vu que je viens d’une petite ville de province et qu’avant j’étais à Dubaï, ce genre de choses me surprend toujours, mais vous trouvez à Oslo les mêmes mendiants que sur les Champs Elysée. Les mêmes ! Mais si, vous savez bien, ceux avec une béquille mais qui marche bien deux rues plus loin, ceux qui prient toute la journée devant un gobelet McDo…
  • La plupart des personnes commencent par me parler en norvégien ! Une fois qu’ils comprennent que je pige que dalle à leur dialecte de vikings, ils changent naturellement en anglais. Donc aucune difficulté pour se faire comprendre. En revanche, vous trouverez peu d’indications sur les panneaux dans une autre langue que celle du pays (contrairement à Dubaï par exemple). Même sur les rares menus qui me sont passés sous les yeux. Ceci dit, j’imagine que c’est pareil à Paris… Ceci dit, ça me pousse vraiment à prendre des cours de norvégien une fois que je me serai fixé !
  • Les gens bouffent des glaces dehors par 10 degrés.
  • Ici, on roule beaucoup électrique. En témoigne les parkings avec les bornes de recharge. Comme quoi même si le pays doit sa prospérité économique au pétrole, on a compris qu’il fallait mieux le vendre et réfléchir écologique…

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En définitive, c’est déjà une ville dans laquelle je me sens bien et dans laquelle il fait bon vivre ! Au moins par temps ensoleillé. Pourvu que ça dure…

Voilà pour mes premières impressions à chaud. D’autres à venir, mais il va falloir songer à arrêter de faire le touriste et faire les démarches administratives pour s’installer !

Enemy : Affiche

Enemy est un film de Denis Villeneuve (Prisoners) avec Jake Gyllenhaal (Source Code), Mélanie Laurent (Inglorious Bastards) et Sarah Gadon (Cosmopolis) sur une adaptation de la nouvelle José Saramago.

Professeur d’université discret Adam mène un peu une vie plan-plan avec ce qui semble être sa fiancée Mary. Par un truchement scénaristique catapulté, il découvre son sosie parfait dans un film. Particulièrement perturbé par cette découverte, il commence à observer la vie de cet homme et s’immisce peu à peu dans sa famille. Mais son double Anthony n’est pas moins troublé par Adam et entend tourner la situation à son avantage !

En premier lieu, je tiens à vomir sur l’affiche française, sans intérêt ni attrait. Dans la mouvance des films un peu tordu façon La Moustache. Je lui préfère sa version outre-atlantique nettement plus stylée et plus en phase avec le caractère du film.

Commençons avec le point négatif. En dépit d’une photographie bien chiadée et d’une mise en scène efficace, le rythme du film souffre d’une neurasthénie extrême qui risque d’avoir raison des plus motivés des spectateurs. C’est pas lent « contemplatif », c’est lent « chiant ». C’est d’autant plus dommageable que le film est réellement tordu, donc qu’il nécessite une attention constante pour essayer de comprendre ce qui se passe, les enjeux des personnages, le vrai du faux et – pour les plus motivés – le sous-texte.

Je n’ai pas lu la nouvelle du Prix Nobel de littérature qui a inspiré ce film, je peux donc difficilement comparer l’avant/après et dois me contenter de ce que j’ai sous la main : le film. Je n’en avais jamais entendu parler avant de le voir, je me suis passé de la bande-annonce pour faire confiance au simple pitch qui proposait une histoire de double et à l’affiche avec l’araignée qui marche sur la ville. Au moment du générique de fin, je pense avoir été comme tout le monde à me demander si l’oeuvre de Villeneuve tenait du pur génie ou d’une vaste perte de temps (je le rappelle, le film est très très lent).

J’ai décidé de faire une chronique sans spoiler, à l’image de Triangle, donc je me passerai d’analyse poussée afin que, comme tout le monde, vous ayez le plaisir de vous creuser les méninges pendant des heures en vous demandant comment mettre en place toutes les pièces du puzzle. Car déjà que l’histoire du double parfait est un poil difficile à accepter et à remettre dans le bon ordre, s’ajoute par dessus une couche fantasmagorique avec la symbolique de l’araignée et les références aux régimes dictatoriaux et schémas qui se reproduisent. Pourtant tout est dans le film, et ce qui paraît « caché », « obscur » voire « abscons » s’explique finalement de lui-même pour peu qu’on analyse parfois au premier degré ce qu’on voit.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal

Miroir, mon beau miroir, appuie la notion de double dans mon film…

J’ai longtemps cru que le film cachait une invasion d’araignées venu de l’espace pour contrôler les esprits humains sous le couvert d’une dictature sournoise et de fabrication de clones… Mon côté amateur de séries B et science-fiction se voyant excité par l’affiche US et certains plans du film. Que nenni, je vous le dis. Parfois, il suffit de rester terre à terre et d’embrasser des thèmes plus simple comme la dualité, la fidélité, l’engagement, l’inconscient, les pulsions, les femmes, l’adultère…

Il est plus que fort probable qu’un deuxième visionnage pour saisir chacun des allusions et messages s’impose, pour remettre en perspective la notion de double et comprendre l’histoire. Ceci fait, vous prêcherez comme moi pour la diffusion de ce film comme étant l’une des oeuvres cinématographiques les plus percutants de l’année 2014 !

Il faut saluer la prestation de l’acteur principal, réellement impressionnante dans le double rôle (maintenant que j’y pense, j’ai aussi eu envie de voir le film à cause de Orphan Black…) et qui permet de ne pas vous endormir face à la lenteur du film. Sarah Gadon en épouse enceinte jusqu’aux oreilles est également parfaite et la composition juste de son personnage permet d’appréhender encore mieux l’histoire dans l’histoire. Le bémol ira définitivement pour Mélanie Laurent, une actrice avec qui j’ai du mal.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal, Sarah Gadon

Enemy n’est pas un film qui vous prend par la main. La main n’est même pas tendue vers vous. Ce n’est même pas un film qui fait l’effort de vous rencontrer à mi-chemin. Non, il va vous falloir passer par plusieurs états d’incompréhension et vous presser un peu le citron pour le comprendre, et comprendre combien ce thriller est génial et intelligemment mené. Quoi qu’il en soit, je vous le recommande chaudement !

Note: La bande-annonce ne spoile pas comme certaines, vous pouvez y aller. Si vous êtes en peine dans l’analyse de film et si vous avez la flemme de lire d’autres interprétations via google, je vous laisserai des indices sur demande dans les commentaires.

Cher Journal,

Avant de passer à la partie proprement touristique de l’expatriation, je voulais revenir un peu plus en détail sur le métro dubaïote. En effet, quiconque possède des habitudes parisiennes bien ancrées (ou d’une autre ville avec un métro ou un tramway) tendra à se réfugier vers le confort connu d’un mode de déplacement qui en rappelle un autre.

Comme je disais dans un autre journal, le métro ne possède que deux lignes. La verte souterraine et la rouge, aérienne. La verte tourne dans le quartier historique, la rouge traverse 52 kilomètres de ville et permet d’apprécier dans une large mesure l’architecture urbaine. En gros, c’est pratique mais pas hyper efficace.

Pour prendre le métro, il faut demander une carte. Celle-là même à un guichet.

Vous la demandez d’ailleurs avec un billet de 20 AED pour la charger. Vous pourrez ensuite la recharger à coups de 20 ou 50 AED sans problème. La ville est divisé en zone, voyager dans la même zone coût quelque chose comme 3 AED, compter environ le double ou le triple pour les changements de zone.

Le métro et sa voie aérienne

Le métro est une création française (Thalès) et n’est pas sans rappeler la ligne 14. Tout est automatisé, et ça va vite. Il est à noter que tout est propre (prends ça dans ta gueule Paris !), avec un certain goût du luxe à la Dubaï-style, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des stations. De toute façon, la ville est globalement très propre, il faut dire que la loi est assez sévère pour les pollueurs qui se font choper et que les clochards n’existent pas (« Pas de boulot ? Veuillez nous suivre à la frontière s’il vous plait ? » en légèrement moins poli je pense).

100 euros le papier jeté à côté de la poubelle…

Donc, disais, des stations classes, propres, sans infiltration d’eau, sans crasse, sans déchet, sans mec relou avec sa guitare, sans type qui cuve sur un banc…

Station de Sharaf DG

Station de Al Raz

Attention cependant ! Il faut se rappeler que Dubaï est une ville gigantesque et s’y déplacer est une plaie sans nom (Pestilence, Famine, Guerre, Mort et Déplacement à Dubaï). Même si vous prenez le métro, vous ne serez pas à destination ! Dans le cas de la station Burj Khalifa, en sortant du métro, vous serez quasiment obligé de prendre un taxi pour vous rendre au pied de la tour éponyme ou à Dubaï Mall. (Oui, ça m’énerve !) Après, vous êtes libre de marcher sous un soleil de plomb pendant des plombes !

Autre petite chose à noter pour le touriste de passage, le métro possède des « classes ». La classe du peuple, la classe Gold (en tête de trains pour les détenteurs de la carte idoine) et la classe « femmes ». Et oui, dans les métros comme les bus, une section est strictement réservée aux femmes et les porteurs de pénis sont priés d’aller ailleurs. C’est culturel… Ca pourrait faire sens, genre « on laisse les nanas entre elles à parler chiffons tandis que les hommes iront péter et parler courses de chameaux ensemble ». En fait, ça en dit encore assez long sur le statut de la femme au Moyen-Orient… Cela dit, je suis persuadé que certaines apprécieraient grandement le wagon réservé aux femmes dans le RER parisien…

Pour tordre le cou à un a priori tenace, Dubaï est le plus laxiste des émirats. La ville sait pertinemment qu’elle doit une partie de son pognon à tous ces touristes friqués en recherche de hype branchouille. De facto, vous (mesdemoiselles) pouvez tranquillement vous baladez en jupe, voire mini-jupe/mini-short sans trop choquer la morale bien pensante et la rigueur normale. Bon, après, il est recommandé de garder une certaine mesure dans le choix des vêtements et de ne pas se promener en bikini ! Vous côtoierez de la burkha intégrale et finalement personne ne fait réellement attention à qui porte quoi (même si ça m’empêche pas personnellement de profiter des mini-shorts, hein !)

Le métro, tout comme le taxi, permet d’observer à loisir la ville et son architecture raffinée… Et la première constatation, vous êtes à Playmobil-Land. La plupart des buildings font toc et irréels. La plupart sont aussi très moches ! En fait, Dubaï, c’est comme une espèce de SimCity géant géré par des gens avec des goûts de chiottes et un sens très approximatifs des réels besoins de la population (« Tiens, je vais foutre un méga centre commercial ici, à côté de cet autre méga centre commercial ! Là, je vais mettre une tour de bureaux vides ici, à côté de l’autre tour vide. Oulala, j’ai plein de touristes, et si je créais une île articielle ? Je pourrais sûrement y mettre un centre commercial… »)

D’ailleurs, pour le prochain journal, on ira dans un centre commercial tiens !