Articles Tagués ‘Ecologie’

Cher Journal,

J’annonçais dans le précédent article dédié aux off de Electrik Punk Books (soit l’envers du décor derrière couche de peinture reluisante) que j’avais commencé l’écriture d’un nouveau roman et que je comptais la claquer dans le mois qui suivait.

Un voeu pieu compte tenu que je préparais la sortie de Sol Sunburst, sa publicité désespérée et les nouvelles à suivre. Je rappelle d’ailleurs que mon livre écolo-rock est toujours disponible à petit prix chez vos dealers de culture numérique préférés : Amazon et Kobo. Vous pourrez d’ailleurs lire sur ces pages les premiers commentaires positifs à son sujet. Si vous aimez palper la marchandise avant d’acheter, n’oubliez pas que les premières pages sont toujours lisibles gratuitement.

Je suis un peu en retard côté nouvelles, ceux qui lisent mon blog pro savent pourquoi, mais Le Tabouret est enfin disponible pour 0 euro sur ses mêmes plateformes. Sans surprises, la petite nouvelle gratuite marche beaucoup mieux que le livre payant. Je préférais avoir l’inverse dans mes courbes mais bon, on ne va pas trop se plaindre pour le moment.

Si vous avez lu l’un ou l’autre, n’hésitez pas à partager votre avis d’une façon ou d’une autre !

Disais-je donc en introduction que je m’étais attelé à l’écriture d’un nouveau roman pour combler le trou entre Sol Sunburst et – probablement – Réveils. Un mois, c’était juste pour l’écrire en entier avec la rigueur professionnelle que je suis en droit d’attendre de mes productions. On aura beau dire, on aura beau faire, je ne suis pas Philip K. Dick pour torcher mes romans en deux semaines montre en main. Ceci dit, j’ai posé le mot « fin » la semaine dernière. Soit une écriture étalée sur 15 semaines. Si je compare avec Sol Sunburst, un poil plus court pourtant, et ses 15 mois pour la première version, on va dire que c’est déjà pas mal. 133 pages environ, un peu plus de 200000 mots pour le moment.

Certes l’écriture de Teenage Riot n’est que la ré-écriture du long métrage que j’avais fait il y a longtemps, mais ré-écriture ou pas, je suis tout de même content de l’avoir conclu pour l’été et d’être prêt à l’envoyer à mes béta-lecteurs d’ici quelques jours. Ca a tout de même pris plus longtemps que prévu, notamment à cause des changements opérés sur la fin et d’un personnage pour qui j’ai eu une sympathie tout nouvelle avec la prose et que j’ai donc retravaillé.

Quand j’écrivais le long métrage, mon « bureau » ressemblait à ça :

Une décoration des plus seyantes…

Et pour savoir à quoi ressemblait mon « bureau » pour la version roman, rendez-vous sur www.electrikpunkbooks.com !

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Sol Sunburst est un roman d’Oliver Castle (Atomic Girl et moi).

2169. Guerres, dérèglements climatiques et extinctions animales en série vont bientôt avoir raison d’une Terre qui se meurt, consumée par l’avidité et la négligence de l’Homme. Ultime solution pour sauver une espèce qui disparaît, introduire son génome à celui de l’homme et créer ainsi un animoïde : un être mi-homme mi-animal.

Alors que le reste du monde semble déjà tourné vers la colonisation de Mars emmenée par le Major Tom, un groupe éco-terroriste animoïde – les Diamond Dogs – tentent de sauver la planète de sa destruction prochaine.

Sol Sunburst est un rocker dont les chansons prophétiques et son charisme font rapidement de lui un véritable Messie pour la nouvelle humanité. Il prédit l’apocalypse dans cinq ans. Trop peu pour Angela, la dernière recrue des Diamond Dogs qui s’est jurée de changer ce monde condamné…

D’ordinaire, un article qui commence de la sorte sur ce blog est suivi d’une longue diatribe faisant l’apologie du livre ou bien une descente en flammes. Comme il s’agit de mon propre livre, je me vois mal le pourrir dans les grandes largeurs. Je me vois mal en faire la réclame objective.

Tout ça pour dire que mon ebook sort aujourd’hui !

Pour faire court, j’ai déjà listé 10 bonnes raisons qui pourraient vous pousser à apprécier mon roman. Et pour ceux qui ont besoin de tâter la marchandise avant de se prononcer, j’ai aussi mis le chapitre 2 en lecture libre.

Je rappelle également que Sol Sunburst soutient le WWF.

Vous pouvez donc acheter Sol Sunburst sur Amazon (format .mobi) ou sur Kobo (format .epub) !

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Il est amusant de regarder en arrière et voir ce que m’a amené jusqu’à ce jour. Depuis la crise de la page blanche jusqu’aux relectures qui n’en finissent plus. Honnêtement, il y aurait beaucoup à dire, a fortiori sur la partie « édition » où on lit un peu partout sur l’internet que « publier son livre indé, c’est les doigts dans le nez ». Franchement, non. Pas si on veut faire ça bien. J’aurais peut-être l’occasion d’y revenir dans un autre article.

Je crois que pour résumer le sentiment du jour, il faudrait s’écouter la chanson Space Oddity de David Bowie.  Un astronaute qui décide de faire le grand saut dans le vide sidéral. Il s’agit de la première « chanson » du roman également (coïncidence ? je ne crois pas…). Je vous mets d’ailleurs la version « Walter Mitty », que je trouve assez représentative en fait.

Merci à tous ceux qui m’ont soutenu jusque là et à tous ceux achèteront mon premier roman. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Bonne lecture !

Cher Journal,

Toutes les bonnes choses ont une fin. Toutes les mauvaises aussi, me direz-vous. Mon aventure à Dubaï se situe quelque part entre ces deux extrêmes, plus vers l’un que l’autre ceci dit…

J’aurais tenu 8 mois dans ce pays étranger et étrange. 8 mois, c’est long. Ca l’est d’autant plus que suivant la loi d’appréciation relative du temps, il faut tout multiplier par 3 pour en mesurer l’impact sur la santé mentale. Ceci dit, si je jette un regard en arrière, ça aurait pu être pire !

J’ai une théorie tout à fait personnelle sur cette ville et la façon dont elle « corrompt » les gens qui y viventOn ne peut même pas mettre ça sur le dos de la différence culture de l’occidental perdu au Moyen-Orient. Ca dépasse ce simple pour s’enfoncer de façon plus insidieuse chez les habitants dubaiotes, a fortiori les expat’ (puisqu’il n’y a quasiment que ça ici). 

J’ai déjà fait mention du caractère étalée dans l’espace de la ville et de son côté artificielle, faite de béton et de verre. Même s’il y a du monde, on a toujours l’impression de se sentir seul au milieu des autres, que ce soit dans un taxi ou dans la foule dense d’un centre commercial. (Bon, j’avoue, pour le nouvel an à Burj Khalifa, on se sent pas seul…). En fait, je pense que le malaise que l’on peut ressentir ici est essentiellement dû au fait que la ville vendue à l’ultra-libéralisme et à la culture dite de « l’over-the-top ». Ainsi ai-je la sensation que les gens se tournent vers eux et cherchent toujours leur propre intérêt avant le plus grand Bien et perdent de vue l’important.

Dubaï, c’est une ville qui décuplent la valeur de l’argent et du pouvoir. Au point que ça montent vite à la tête des gens ici. Même en France, combien de personnes pensent que le fait de se rendre à Dubaï est synonyme de se faire des couilles en or ? Certes, comparés à la France, les salaires sont plus élévés. Mais pas beaucoup plus élévés que celui d’une personne qui travaillerait de façon sérieuse en freelance si je regarde par rapport aux corps de métier que je côtoie. Sans compter qu’il n’y a pas de système retraite… Personnellement, je n’ai pas reçu d’augmentation ; d’une part parce que j’estimais déjà bien gagné ma vie, d’autre part parce qu’il me semblait injustifié de la réclamer avant d’avoir passé 6 ou 12 mois dans l’entreprise. A contrario, j’ai vu des gens demander 1000 euros d’augmentation après 3 mois de bons et loyaux service. Comme si « Dubaï » dédouanait tout, y compris votre sens critique envers l’argent ou vos compétences.

Sans vouloir épiloguer, j’ai connu une entreprise où la seule comparaison qu’il est possible de faire est avec la série Game of Thrones. Chacun y voit des opportunités, juge ce que font (ou ne font pas) les autres, tire des plans à court terme pour tirer profit de la situation. Avec un peu de recul, il est amusant de regarder autour de soi et apercevoir des Little Finger, des Varys, des Red Sorceress et – fort heureusement – quelques Ned Starks. Avec du recul. Quand on est dedans, c’est plus compliqué… Je suis le premier à reconnaître avoir fait des erreurs ou ne pas avoir pris les meilleures décisions. Je me dis que ça aurait plus simple qu’on m’expliquât ou qu’on me fasse des remontrances face-à-face plutôt que d’insidieusement ruiner l’ambiance. Enfin bref…

Dubaï, c’est aussi une ville où les gens apprennent à se torcher avec l’écologie en acceptant la sur-consommation à outrance, en prenant sa bagnole pour faire 500 m ou 5 km, en usant les resources élémentaires comme l’eau ou le plastique (sérieusement, combien de fois, j’ai dû refuser un sac en plastique quand j’achetais 1 bouteille d’eau…).

Dubaï, c’est une également ville qui exploite les couches sociales les plus pauvres pour construire des bâtiments vides et vides de sens ou pour l’industrie du sexe où la limite entre consentement et exploitation reste – comme toujours dans ces cas – bien floue.

De mon point de vue, Dubai est un de ses endroits qui décuple le « mauvais » chez les gens, consciemment ou non. Et c’est avant tout la ville qui aura eu raison de ma volonté tant je m’y sens en décalage par rapport à mes valeurs. Cependant, en jetant un regard en arrière, je suis heureux de voir que je suis resté fidèle à mes convictions, à une ligne de conduite que j’estime vertueuse et d’avoir trouvé dans les adversités de nouvelles portes pour me comprendre et grandir un peu. Je pense que cette aventure a bien duré 3 mois de trop, je sais que j’aurais toujours essayé de faire de mon mieux. Et c’est l’important.

L’important, c’est surtout que tout ça c’est fini et que j’espère rentrer en France la semaine prochaine !

Cher Journal,

J’ai déjà fait mention du caractère paradoxal et absurde que pouvait revêtir Dubaï. La semaine derrière, je goûtais une fois de plus à toute l’absurdité d’être un expatrié à Dubaï et combien derrière le brillant des tours en construction, tout n’est qu’un gigantesque foutoir ici.

Vous n’êtes pas sans savoir si vous êtes des fidèles depuis le numéro 0 que je suis venu ici d’abord avec un visa Touriste. Visa avec lequel j’ai travaillé. Soit. On est plus spécialement à une entorse légale près. Un visa touriste, comme dans n’importe quel pays, vous permet de résider pendant un mois sans problème. Passé ce mois, vous êtes sensés retourner chez vous. Je me demande ce qui se produit si on dépasse. Est-ce que l’hôtel dans lequel vous résidez appelle la police qui vous emmènera ensuite à l’aéroport en Renault Twizy ?

Avec un visa touriste, non seulement vous ne pouvez pas travailler mais vous ne pouvez pas non plus chercher un appartement (ce qui a en partie expliqué ce séjour prolongé à l’hôtel). Obtenir un visa de travail est du ressort de votre employeur. Si vous partez au Canada ou aux Etats-Unis par exemple, il se débrouille pour faire toutes les démarches avant que vous posiez le pied sur le sol étranger, parce qu’il sait très bien qu’obtenir ce genre de choses prend au bas mot 3 mois.

Ici, c’est plus simple. Et à la fois beaucoup plus alambiqué !

Bref, j’avais filé photocopie de mon passeport, photo et ce genre de renseignements à mon employeur, je pensais que dans le mois de mon visa touriste, l’affaire serait bouclée. Que. Nenni. La semaine du 30 mai, on m’annonce que la procédure du visa allait prendre encore facile 2 semaines. Facile. Ce qui pose problème puisque mon visa ne va que jusqu’au 3 juin. Fort heureusement, une solution rapide, simple et efficace existe pour accélérer la procédure.

Il suffit de me faire sortir du pays puis me faire revenir. Ce faisant, en repassant à la douane, on me re-tamponera le passeport accompagné de la lettre de sponsor de la boite et hop, l’affaire est dans le sac. J’essaie bien de faire comprendre au type qui me donne mon sponsonariat que c’est particulièrement débile comme manœuvre, mais il me fait comprendre que je n’ai pas le choix.

Le 2 juin, me voilà parti pour quitter le pays. Je vais donc à l’aéroport (125 AED de taxi), et prend mon billet d’avion pour Muscat. Muscat, capital d’Oman.

Quitte à me faire prendre l’avion, on aurait pu m’envoyer au Japon avec le patron de la boite, histoire que je fasse à présentation du jeu et des projets aux investisseurs à sa place…

Je regarde le temps de vol : 40 minutes. Temps de correspondance : 3o minutes. Vol de retour 40 minutes. Auquel il faudra ajouter les 3 heures de check-in et le retour à la douane.

Dépité que j’étais, j’ai décidé de faire un suicide alimentaire.

C’est un car qui vous emmène jusqu’à l’avion à Dubaï (je veux dire, du pétrole on en a, autant l’utiliser)

On m’a fait sortir du pays pour un voyage éclair ! De Muscat, je n’aurais qu’un couloir de son aéroport. Un fois arrivé là-bas, j’ai légèrement commencé à stresser parce que je devais repasser pour un check-in pour le billet de retour et qu’à peine le pied posé au dans l’aéroport ils annonçaient le dernier appel pour embarquement !

En fait, stresser ne servait à rien. Pour la bonne et simple raison que l’avion que j’ai pris à l’aller était le même pour le retour. Parce que les employés de Muscat et de la compagnie aérienne savent parfaitement que 99% des gens qui sortent de Dubaï pour aller à Muscat retourne à Dubaï dans la foulée, donc ils attendent.

Muscat, son aéroport.

99% des personnes dans l’avion font juste l’aller-retour. Exactement pour les mêmes raisons que moi. Exactement les mêmes. Tout le monde avaient sa petite feuille rose en main et faisant la queue au retour de Muscat. C’est devenu une procédure standard.

Tout ça. Pour. Un. Tampon.

Sans exagérer, j’ai passé plus de temps à faire la queue à la douane de Dubaï pour récupérer ce foutu tampon que dans l’avion (aller et retour) ! Sans parler du temps que ça prend (parti à 11h le matin, arrivé à 19h passé chez moi le soir), ce genre de manœuvre froisse également ma conscience écologique ! Je sais bien que Dubaï gerbe du pétrole à chaque fois que quelqu’un creuse un trou, mais c’est pas une raison pour faire partir plusieurs avions par jour tous les jours alors que l’aéroport, les douaniers, le gouvernement, tout le monde sait que faire l’aller-retour à Muscat est devenu une excuse pour tamponner un papelard !

Boeing 737 pour aller et revenir.

Et puis, repasser par la douane vous donne cette unique occasion d’apprécier les locaux au travail. De façon très logique, l’aéroport emploie des natifs pure souche pour gérer les entrées-sorties dans leur pays. Vous pouvez donc apprécier plusieurs traits de caractère :

  1. Vous les faites chier.
  2. Ils en ont rien à branler de vous.
  3. Ils sont blasés.
  4. Ils sont arrogants.
  5. Ils sont supérieurs à vous.
  6. Ils sont complètement antipathiques.
  7. Et surtout, vous sentez bien que vous les faites chier.

Tout dans leur attitude tend à vous rappeler que vous n’êtes pas chez vous, ni forcément le bienvenu. La première fois que je suis arrivé à Dubaï, je pensais que c’était parce que j’étais fatigué de l’avion, qu’il était tôt ou un truc comme ça. En fait, non. Il y a vous, les touristes et les expat’, et puis il y a eux, bien au-dessus.

Juste à côté de ma file, un garde en a ouvert une autre. Sans explication. Les gens dérivent, forment une nouvelle queue. Puis le garde se casse loin devant. Vingt minutes plus tard, il revient et accoste une anglaise en lui faisant comprendre avec un tact tout à fait relatif qu’elle n’a rien à branler dans cette file en particulier : c’est une file réservée aux résidents permanents. L’anglaise et le type derrière ne comprennent pas, il n’y pas d’indication à ce propos, la file semble identique à toutes les autres. Le garde s’en fout, il a dit que c’était réservé ; l’anglais gueule parce que ça fait 20 minutes qu’elle poireaute là et qu’elle n’a pas envie de retourner en bout d’une autre queue (à juste titre, un autre avion était arrivé entre temps…). Le garde la considère littéralement comme de la merde et la somme de quitter la queue immédiatement. Bien évidemment, je propose à la persécutée et à son compagnon de passer devant moi, je suis pas à 5 minutes d’attente près et puis je suis quelqu’un de gentil. Croyez-vous que le garde remonterait la file pour faire comprendre que c’est pas la bonne à tout ceux qui ont le papier rose en main ? Non, il prend son air condescendant avec lui et il se re-casse loin devant. Genre une heure plus tard, il ira faire le même cinéma à un autre pauvre type parce qu’il n’était pas dans la bonne file avec autant de diplomatie (alors qu’il était l’avant-dernier de la file !).

Bienvenue à Dubaï !

Au moins, j’ai pu prendre une photo de Dubaï vu du ciel… Mais c’est pas très sexy…

Ce n’est qu’un exemple, mais typiquement symptomatique de la mentalité des locaux que vous pourrez rencontrer ici (a fortiori à l’aéroport). On ne vous dira pas bonjour quand vous tendrez votre passeport (et on vous répondra à peine si vous le dites), vous lirez sur le visage de votre interlocuteur que vous n’êtes pas du même monde. On vous prend pour un débile si vous posez une question à un agent de renseignement (moi, je lui ai demandé s’il y avait une file particulière pour mon papier rose – il limite envoyer chier en me faisant comprendre qu’il était évident que n’importe quelle file convenait… Une anglaise ne serait pas forcément d’accord…).

C’est typiquement dans des moments comme ça, dans une file d’attente à la douane de Dubaï que je me demande ce que je fous ici.

Si un jour vous venez à Dubaï, ce sera pas la peine de vous offusquer de leur comportement, pensez plutôt à la plage qui vous attend.

On notera également les 125 AED de taxi pour retourner chez moi. 250 AED de taxi qui ne sont pas remboursés par la boite parce que « c’est pas dans leur politique »… Au moins, elle a payé le vol (encore heureux). J’ai cessé de chercher à comprendre ou à partir me battre contre des petits moulins et je suis retourné lire mon livre pour trouver une paix intérieure.

Animal Man #1: The Hunt est un comic-book de Jeff Lemire à la plume et Travel Foreman aux pinceaux.

Buddy Baker est Animal Man, un super-héros capable de puiser des pouvoirs en les empruntant au règne animal (les réflexes de la mouche, la force du lion, la sieste du chat…). Il est aussi un peu acteur, beaucoup écologiste et surtout un bon père de famille. Tout va bien dans le meilleur des mondes pour lui. Sauf que la force du pourrissement (The Rot en anglais) est en passe de prendre le pas sur ce meilleur des mondes. Et le problème, c’est Animal Man n’est pas l’avatar qui affrontera The Rot. Non, l’avatar choisi par the Red (l’ensemble des êtres vivants, hors plantes), c’est sa fille… et elle n’a que 4 quatre ans…

Bienvenue dans la suite de mes chroniques consacrées au grand reboot DC. Comme je n’ai pas un budget extensible, je dois faire des choix sur mes lectures. Vous vous attendiez sûrement à ce que je m’attarde sur Superman, hein ? Et bien non ! Un peu de diversité ne fait pas de mal. N’aurais-je pas lu quelques informations ici ou là lors des premières sorties et il est fort probable que je serais passer à côté de Animal Man. Seulement voilà, le premier numéro de Animal Man s’est écoulé à plus de 500 000 exemplaires ! De quoi forcer la curiosité du fan DC !

Et force est de constater que le succès critique d’Animal Man n’est pas volé ! Ce premier recueil des 6 premiers numéros est une véritable tuerie ! Vraiment ! Transfurge du label Vertigo (donc adulte, sombre), il réussit un véritable tour de force et très honnêtement, il fait passer le reboot de la Justice League pour du pipi de chat ! On est très loin du pan-pan boum-boum… et on ne tombe pas dans le ridicule qu’aurait pu occasionner la teneur des pouvoirs de ce super-héros.

Jeff Lemire maîtrise parfaitement sa réappropriation de l’univers d’Animal Man pour créer quelque chose de fort, très human drama en plaçant la famille de Baker au centre de l’équation, et même temps très épique (on parle tout de même de la destruction du monde…). Les personnages sont justes et placer au milieu d’un bordel gigantesque qui redéfinit la place du super-héros (du Buddy presque useless en comparaison de sa fille, la mère sans pouvoir qui sort le fusil, etc.).

L’histoire est vraiment tendue, très bien introduite pour le néophyte qui rentre dedans sans même s’en rendre compte ! La fin laisse présagé d’un gros cross-over avec Swamp Thing (avatar du monde des plantes… tout se tient !) du meilleur augure pour le combat contre The Rot. Du coup, ça donne aussi envie de lire ce titre…

Le comic-book tire aussi énormément profit de son dessinateur qui propose des dessins certes particuliers, très, très, très éloignés du mainstream de Jim Lee et ça fait du bien ! Certaines planches sont complètement hallucinées et indescriptibles. L’influence Vertigo horrifique se fait parfaitement sentir et ça faisait longtemps que je n’avais pas été autant impressionné par un titre vendu sur la même étagère qu’un Batman !

La mauvaise nouvelle pour cet excellent titre, c’est qu’il n’est  programmé sur aucun planning d’éditeur français. Et c’est vraiment dommage. Vous allez donc surtout bouffer du slip et du collant. Qu’on ne se méprenne pas, hein, le reboot DC possède son lot de bons titres et plusieurs ont déjà été traduits (Batman, Justice League, Wonder Woman) mais Animal Man mériterait la prise de risque. Si vous savez lire anglais (à fortiori l’anglais comic peu verbeux ou compliqué), courez chez un vendeur ou ouvrez un onglet avec Amazon dedans !

Animal Man est une vraie réussite et un vrai coup de coeur ! Un indispensable (du reboot de l’univers DC) !