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Bioshock Infinite est un jeu vidéo développé par feu Irrational Games, publié par 2K.

Booker DeWitt accepte de ramener une fille à New-York pour éponger ses dettes. Sauf que la fille en question est dans une ville dans le ciel et que la faire descendre ne va pas être une sinécure, surtout parce qu’on veut la peau du détective à peine eut-il eu le temps d’assimiler le fait qu’il est dans une ville au-dessus des nuages.

(Je me suis permis de vous épargner la jaquette moisie ultra-générique sans intérêt que 2K nous a foutu sur toutes les boites, parce qu’un type avec un gros gun c’est soi-disant plus vendeur d’une jolie image…)

Je ne pense pas spécialement secouer les fondations du jeu vidéo en disant que Bioshock premier du nom est une petite pépite qui a mis une bonne claque aux joueurs en imposant un univers immersif, riche et adulte avec la cité sous-marine de Rapture. Il était donc naturel que des suites soient mises en chantier. Comme souvent dans ces cas-là, l’éditeur refile ces fameuses suites à des studios de moindre envergure de façon à laisser le studio à idées pondre une nouvelle tuerie. Aussi quand Ken Levine – patron d’Irrational Games et papa de Bioshock – annonce un nouvel épisode qui se passe non plus sous l’eau mais dans le ciel, on a de quoi être enthousiaste.

Et puis le temps passe. Encore et encore. Et face au manque d’annonces, le joueur avisé finit par se dire que le développement s’embourbe et que rien ne se passe comme prévu. Quand il aura l’occasion d’enfin mettre ses mains sur le jeu, cette impression ne fera que se renforcer laissant parfois un goût amer. Bioshock Infinite était un jeu que j’attendais de pied ferme, très excité par les premières bandes-annonces.

Mais une fois le jeu terminé, ne restait plus qu’une impression désagréable en bouche.

Pourtant, je voulais y croire. Et la raison tient en un seul mot : Elizabeth. Elizabeth est la vraie réussite de ce jeu. Un personnage non joueur attachant, avec de la répartie, utile à l’aventure tant pour l’histoire que pour le gameplay. Un tour de force assez rare dont le seul autre exemple qui me vient en mémoire serait la jeune fille dans Ico. Elle est pétillante, vive, mignonne et dès son arrivée, une relation s’installe et elle pousse l’aventure en avant.

L’autre point fort, c’est la direction artistique. A l’image de Deus Ex: Human Revolution, Irrational Games montre que même avec un moteur graphique un peu à la ramasse on peut créer un jeu ultra beau. La où Rapture était crade et sale, Columbia est riche de couleurs, chiadé et assez immersive. Les textures sont très propres et le style un peu cartoony fait des merveilles (encore une fois, Elizabeth en est l’exemple flagrant). Bref, c’est très, très, très beau même sans un déluge de shaders dans tous les sens !

Et puis voilà.

C’est tout. Bon, je pourrais éventuellement rajouter la musique et les emprunts à la pop-culture avec des incursions bien connues dans un monde sensé en être dépourvu (au hasard, Fortunate Son), des reprises ou des chansons originales. Mais vous savez comme moi que si vous commencez à encenser la musique dans un film à défaut de trouver autre chose, ça pue déjà bien pour le film en question. Bah, c’est pareil pour un jeu.

Le petit bonus pour ceux qui irait au bout des crédits

Malgré mon amour pour Elizabeth, je ne peux m’empêcher de penser qu’on aurait pu aller encore plus loin, en la faisant ramasser des objets qu’on aurait oubliés, objets qui seraient ajoutés à son inventaire et qu’elle nous balancerait dans le combat pour nous aider (munitions, soin…) plutôt qu’elle nous les ponde très aléatoirement et surtout pas quand on en aurait réellement besoin ! La couche « codex à trouver » et « serrures à crocheter » est bien inutile et prouve une fois de plus le caractère très Lego dans la construction du jeu.

Le jeu n’était pas très bien équilibré non plus. Pas assez d’argent pendant longtemps, trop sur la fin alors qu’on n’en veut plus (depuis le temps, le joueur a trouvé ses couples armes/pouvoirs qu’il préfère et ne voit guère l’intérêt d’aller dépenser en vain). L’IA, sans être aux fraises comme Wolfenstein, n’est pas très futée et préférera appliquer deux modes de pensées suivant les ennemis (peu variés): « je me planque et je tire » ou « je te poursuivrai jusqu’en enfer »…

Le gameplay FPS est une resucée sans saveur de ce que nous connaissions dans Bioshock. En soi, ce n’est pas hyper dérangeant : on joue à Bioshock, on veut son gameplay avec des plasmides rigolotes et des armes. Mais le level design du jeu est tellement pauvre et évident que parcourir le jeu fut un véritable ennui. Il faut imaginer le level design comme une succession d’arènes (une place de la ville) entre deux couloirs (les rues de la ville), et les arènes en questions n’ont rien de bien excitantes en dépit des pouvoirs d’Elizabeth de faire apparaître des éléments (couvertures, soins, armes) et des vagues d’ennemis. La key-feature sensée vous retournez les chaussettes, les fameux rails, n’est guère amusant et rajoute au bordel ambiant du combat sans que ce soit ni utile, ni réellement agréable à jouer.

Et c’est là où ma note sur le développement chaotique laisse la note amère. Ou comment un studio s’acharne sur une fausse bonne idée et se retrouve embourbé dans un contexte gameplay chiant et essaie de s’en dépatouiller du mieux qu’il peut avec les moyens du bord. Faut-il voir dans ces arènes un mode multijoueurs annoncé puis abandonné ?

Vous savez que le combat commence quand Elizabeth se planque, vous savez qu’il est fini quand elle sort de sa cachette. Aucune tension entre les arènes, ce qui est plutôt dommage quand on sait que DeWitt a toute une ville à ses trousses. Une ville dans le ciel, ça pousserait n’importe quel idiot designer à jouer sur la verticalité et sur la sensation de vide… Visiblement, il n’y avait pas les bons idiots chez Irrational Games…

Voilà le genre d’artworks qui donne envie d’avoir des trucs de fous…

En général, je n’ai rien contre un gameplay classique quand il est bien exécuté. Je suis d’autant moins chipoteur si on me propose une bonne histoire. C’est un peu la raison pour laquelle Max Payne 2 en dépit un gameplay classique Maxpaynien reste dans mes jeux favoris (a contrario de Max Payne 3…). Mais là, même l’histoire générale de Bioshock Infinite ne fait pas d’effort pour relever le niveau. Je ne dis pas qu’elle est mauvaise, loin de là. J’irai même jusqu’à dire que l’univers est fouillé, bien retranscrit, qu’on s’y croit et tout ce que vous voulez. Cependant, au final, tout est assez mal exécuté.

Attention, de possibles spoilers mineurs peuvent apparaître dans la suite.

Beaucoup s’extasient de l’originalité du scénario de Bioshock Infinite et se félicitent de comprendre le « Infinite » dans les dernières minutes de jeux. Ce qui me fait tristement dire que beaucoup devrait sortir le nez des jeux vidéo pour lire un roman ou voir un film de temps en temps. Ou bien que le jeu vidéo n’a clairement pas atteint sa maturité en matière d’histoire et de narration. Car si l’univers est intéressant, l’histoire qu’il raconte sent le réchauffé avec ses twists à la « Je suis ton père » et la facilité qu’occasionne l’utilisation des univers parallèles. A mon avis, Ken Levine s’est touché le nombril trop longtemps pour réellement se rendre compte de ce qu’il faisait.

Pendant très longtemps, on ne raconte rien au joueur. On le laisse dans l’expectative avec des objectifs immédiats avant de lui faire toutes les révélations dans les vingt dernières minutes du jeu. C’est d’autant plus mal foutu qu’on ne joue plus du tout durant ses vingt minutes et qu’on a déjà tué le grand méchant avant la dernière arène du jeu. Vive les climax anti-climatiques. Et pour un média qui se veut interactif, inutile de dire que ça m’a bien soûlé qu’on me balance toutes les révélations à la fin sans qu’on ne m’offre une seule possibilité d’agir pour changer quoi que ce soit. En gros, Ken Levine raconte son trip, celui qui lui fait plaisir et en fichant totalement du medium support.

L’histoire aurait pu être intéressante jusqu’à un certain point, si elle avait été mieux maîtrisée en investissant le joueur plus tôt et en lui donnant le pouvoir d’influer sur le destin de DeWitt plutôt que de nous sortir un imbroglio foireux digne de Moffat avec ces histoires d’univers parallèles qui sentent le bricolage. Il parait que les extensions Buried at Sea rafistole le tout, mais je doute d’avoir le courage (et j’ai surtout une pile de jeux qui ne diminue jamais en dépit de mes efforts !). De toute façon, il y assez de deus ex machina pour justifier ce qui tient à peine debout.

Comme d’habitude, la difficulté était poussée au maximum et à part un ennemi bien pénible, c’était largement faisable grâce à l’option une vie contre de l’argent. Même s’il n’est pas rare de voir les monstres « je te poursuivrai jusqu’en enfer » atterrir devant le point de spawn pour vous laminer à peine ressuscité…

Bref, Bioshock Infinite avait tout ce qu’il fallait sur le papier pour être un excellent jeu. Moi, passé l’émerveillement de découvrir Columbia et Elizabeth, il m’a profondément ennuyé tant pour son gameplay que pour son histoire mal-menée.

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Divergente : Affiche

Je pourrais m’étaler sur cette affiche et sa manipulation du public, mais on n’a pas que ça à faire !

Divergent est un film de Neil Burger (Limitless) avec Shailene Woodley (The Spectacular Now), Kate Winslet (Titanic), Jai Courtney (Die Hard 5) et Theo James (Underworld : Awakening), d’après le roman éponyme de Veronica Roth.

Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente. Les Divergents sont des individus rares n’appartenant à aucun clan et sont traqués par le gouvernement. Dissimulant son secret, Tris intègre l’univers brutal des Audacieux dont l’entraînement est basé sur la maîtrise de nos peurs les plus intimes.

Comme vous le savez, j’aime rester au top de la vague hype de films pour midinettes. Twilight, Hunger Games et compagnie. Autant de livres que je ne lirai jamais mais dont les films pourraient me sauver la vie autour de la machine à café en charmante compagnie. Si tant est que je retrouve une machine à café et une charmante compagnie un jour… En plus, je bois du thé… Bref, la nouvelle vague s’intitule Divergent, c’est un roman qui se vend comme des petits pains (20 millions tout de même) et qui m’énerve parce que j’ai pas encore vendu 20 millions de Sol Sunburst moi ! J’ai vaguement lu le pitch du livre, ça m’a rappelé Hunger Games et Matrix, j’ai dit pourquoi pas.

En plus, c’est par le réalisateur de Limitless. Par contre, le scénariste c’est Evan Daugherty… qui pour mémoire nous a servi une bouse infâme : Blanche-Neige et le Chasseur ! Mais j’ai également noté au scénario la présence d’une régulière de Game of Thrones. Donc au final, avant de faire « Play », je m’attendais à l’équilibrage des forces et à voir un film moyen.

Divergente : Photo Shailene Woodley

Vous la sentez la tension sexuelle entre les deux ? Pas des audacieux comme prise de risques sur les romances..

Et c’était effectivement moyen. Même si, dans le principe, je comprends sa moyenne de 4/5 sur Allociné et que les livres soient un carton commercial. Divergent bénéficie selon moi de « l’effet Matrix » ! A partir de maintenant, je ne garantis plus que cet article ne spoile pas certaines parties de l’intrigue du film, voire du livre selon son degré de fidélité.

Mais qu’est-ce que « l’effet Matrix » ?

« L’effet Matrix », selon ma définition toute personnelle, est l’art et la manière de pomper suffisamment de références-clé au point que le produit final donne l’impression d’être totalement original. Et donc, si on regarde bien la composition de l’intrigue et de son univers, il sera facile de déceler ça et là des références appuyées à de gros succès cinématographiques et littéraires. En soi, je n’ai rien contre « L’effet Matrix », sauf quand ça se voit trop. Florilège des inspirations – volontaires ou non – relevables dans le film :

  • The Hunger Games
  • The Maze Runner
  • Matched
  • Unwind
  • Blood Red Road
  • Twillight
  • Matrix
  • Inception
  • 1984
  • Le Meilleur des Mondes
  • Harry Potter

Et j’en passe sûrement ! Mais comme je disais, c’est pas forcément dérangeant et le produit final était globalement agréable à regarder. S’il n’y avait pas ces moments où je suis sorti du film à cause d’un oeil trop détaché, trop peu investi ou alors trop peu conciliant…

  • Quand on nous présente les Audacieux, c’est une espèce de bande de Danny Zuko qui auraient été faire un stage chez les Yamakasi. Avec leur cuir noir et leur attitude « je saute d’un train en marche dans un univers où les stations et arrêts n’existent pas », je les ai tout de suite catalogué comme des branleurs trop cools pour être pris au sérieux… Mais bon, une héroïne qui serait aller planter des patates chez les Fraternels, ça l’aurait fait moyen niveau action…
  • (Je viens de parler de Danny Zuko, sachant pertinemment que le public de Divergent ne sait probablement pas qui il est…)

Divergente : Photo Shailene Woodley

Chez les Audacieux, on félicite les novices façon concert de rock… Quand je disais que c’est que des branleurs là-bas…

  • La compartimentation de la société, hormis son évident rappel à Hunger Games et au moins récent 1984, représente désormais – toujours de mon point de vue – une mise en situation de l’univers facile et peu originale. C’est sûrement pour ça que ça marche : au moins, tout le monde comprend les enjeux dès le départ.
  • La Divergence et le test. Okay, d’accord, c’est dangereux pour une société codifiée d’avoir un individu qui sort du rang, donc c’est normal qu’on le traque pour l’effacer. Soit. Mais s’ils sont si dangereux, pourquoi ne sont-ils pas exécutés au résultat du test ? C’est pas comme si le nombre de divergents était négligeable, dans le film, on en compte 3 dans une seule faction ! Pourquoi ces mêmes résultats ne sont-ils pas sauvegardés et analysés par les Erudits ou les Sincères ? Pire encore, pourquoi faire un test pour savoir dans quelle faction on serait le mieux si on nous laisse ensuite le choix de prendre la faction que l’on souhaite ? Dans une vraie société totalitaire dont le fondement même repose sur ce test, vous pouvez être sûrs que – moi auteur – j’aurais bétonné le système pour qu’il soit rigide et verrouillé. Ton résultat au test, c’est ta faction. Point barre. Et dans le cas des divergents, exécution directe. Après rien n’empêche un moniteur de test qui, par altruiste confondant, choisit de rentrer une faction au hasard pour sauver la vie du divergent, sans lui révéler sa nature profonde. Dans le cas qui nous intéresse – Tris, Altruiste – se retrouve chez les Audacieux non pas parce qu’elle le veut mais parce que Tori estime qu’elle échouera nécessairement aux tests des Audacieux, donc finira chez les sans faction, mais en vie. La crise identitaire du protagoniste se retrouve déplacée sur un autre système de valeur : non pas ce que je voudrais être, mais tout bêtement que suis-je réellement. Et ça ne change rien à la suite de l’histoire. Ce test inutile – sinon pour artificiellement révélé le potentiel de Tris – m’a ruiné une bonne partie du film parce que je n’adhérais plus à l’univers. Et quand ça arrive dans le premier acte, les deux et trois ressemblent plus à un CDLS qu’autre chose…
  • Ils sont où les vieux ? Je veux bien croire que chez les Audacieux, on meurt jeune de ses conneries acrobatiques, mais il n’empêche qu’il était perturbant de ne voir aucun plus de 25 ans dans leur quartier. Alors que soyons honnêtes, dans une faction militarisée, le sergent instructeur de service serait plutôt un baroudeur de 40 piges plutôt qu’un éphèbe – aussi doué soit-il – de 18 ans…
  • Mais comme c’est de la Young Adult, il faut bien placer de la romance hein ! Donc l’héroïne qui s’éprend du mystérieux Four, c’est mieux. En plus, l’héroïne est une grosse prude qui refuse le sexe sous-prétexte de « purity first », rappelant au passage Bella et l’influence chrétienne de l’auteur américaine qui préfère verser dans le consensuel à bonne valeur plutôt que de se cadrer sur la réalité adolescente normale. Loin de dire que la relation Four-Tris est artificielle, disons qu’elle n’est pas des plus intéressantes et qu’elle ne semble tenir que parce que Four est ténébreux et que Tris n’est pas à sa place chez les Audacieux. En même temps, par un heureux coup du hasard, les deux sont divergents. Quel chance !
  • Kate Winslet enceinte. C’est un point de détail, mais une fois que vous l’avez remarqué, vous êtes foutus et vous ne verrez plus que ça. L’actrice était enceinte, pas son personnage. De facto, tous les plans où elle apparaît sont cadrés au-dessus des épaules ou bien elle cache son ventre derrière une housse d’iPad géant…
  • Le frère de Tris. Lui aussi a fait le choix d’une faction qui n’était pas celle qui lui était destinée, le mettant chez les méchants de service. J’ai trouvé dommage sa rédemption expéditive : il aurait été plus amusant qu’il croit dur comme fer à l’éradication des Altruistes comme les autres et qu’une confrontation se fasse avec sa soeur. Là, bah il sert à rien. Il a ptête des plans pour Divergent 2, Divergent 3.1 et Divergent 3.2 (oui, parce que maintenant à Hollywood, on fait des adaptations de trilogies 4 volumes…)
  • Ce film file un sérieux coup de vieux. Bon, je ne veux pas me sentir trentenaire en complet décalage avec le reste du monde, je n’ai qu’à pas regardé des films markétés pour ados me direz-vous. Certes. Mais je dis ça surtout parce que dans ma tête les actrices sont restées les mêmes qu’à l’époque de leur sexitude : les années 90’s. Ca fait donc drôle de voir les Ashley Judd en mère d’adolescente, les Maggie Q presque ridée et les Kate Winslet en milf bien portante.

Divergente : Photo Maggie Q, Shailene Woodley

Mais ma chériiiie ! Ca va pas du tout la coiffure ! Avec ta morphologie en H, il faut tout repenser !

  • L’attaque finale. Les méchants Erudits ont décidé de faire un putsch sur les Altruistes ; pour cela ils font du Jedi mind trick avec une solution saline (ou l’équivalent) sur les Audacieux qui deviennent des marionnettes (sauf les divergents, parce que CDLS). Il est évident que dans les dernières minutes du film, Kate Winslet voulaient se faire un génocide en règle de toute façon, alors pourquoi (pourquoi !) les marionnettes n’ont pas commencé par tirer à vue sur tout ce qui n’était pas de leur clan une fois dans le quartier des Gris ? Hein, pourquoi ? Je veux, à par pour montrer qu’encore une fois les vilains sont idiots et pour laisser une chance aux gentils de s’en sortir… C’est pas comme si les Erudits n’était pas statisticiens, il y en a un bien 1 dans le lot qui aurait pu dire : « Et c’est pas plus simple de buter tout le monde à vue dans une bonne blitzkrieg des familles, histoire d’éviter à leur leader de se faire la malle avant même qu’on commence à tirer ? » Je dis ça, je dis rien.

Des interrogations parmi d’autres qui me faisaient régulièrement décroché du film et résument le laxisme de l’écriture. Au moins celle du script ; pour le livre, vous êtes libres de réagir dans les commentaires.

Comme je disais, Divergent n’est pas mauvais, c’est même un bon produit pour sa cible ! Et son succès n’est pas trop démérité pour peu que l’on fasse abstraction des points que j’ai soulevés. Les amateurs Young Adult littéraire trouveront là de quoi satisfaire leur faim s’il n’ont plus rien à lire. Au moins ça passe le temps d’une après-midi pluvieuse…

Wolfenstein: The New Order est un jeu de MachineGames, édité par Zenimax/Bethesda.

Nous sommes en 1960 et les nazis ont remporté la seconde guerre mondiale. Le héros de guerre B.J. Blazkowicz s’apprête à lancer une contre-offensive désespérée contre le monstrueux régime nazi qui gouverne le monde.

Wolfenstein fait partie des licences que j’apprécie. Essentiellement à cause du fait que, contrairement à d’autres FPS, celui-ci ne se prend pas spécialement au sérieux et qu’il ne fait pas réellement l’apologie de la guerre en mettant le brave soldat américain contre une batterie de terroristes. Après un reboot très agréable (Return to Castle Wolfenstein) et une suite médiocre complètement dispensable, qu’en est-il de ce nouvel opus ?

Et bien ce fut une très agréable surprise venant offrir un petit vent de fraîcheur dans le morne paysage des jeux de tir à la première personne ! Le fait d’avoir placé l’histoire dans un contexte alternatif n’y est pas étranger. Si la trame du scénario est dénuée de réelles surprises durant la campagne et ne prend pas de risques, elle est toutefois menée avec suffisamment de panache pour ne pas lui tenir rigueur d’être trop classique. Il faudra compter entre 15 et 20 heures pour compléter l’histoire ; une rejouabilité avec un choix en début de partie doublant cette durée de vie. Honnêtement, pour un FPS, c’est riche.

L’énorme travail pour créer un univers nazi crédible durant les années 60 m’a personnellement conquis et j’en redemande encore ! Entre les affiches de propagande, les disques (genre les Beatles en allemand), les articles de journaux, les villes remodelées sauce nazi progressionniste, tout est fait pour immerger le joueur dans un monde alternatif riche et avec lequel on a envie de jouer au 7 différences. Les personnages qui nous accompagnent sont suffisamment travaillés pour qu’on s’y attache (Anya, surtout). L’accent est très clairement mis sur la narration et c’est agréable pour une fois. Il aurait été encore plus appréciable que le traitement des personnages et de l’histoire soit jusqu’auboutiste et propose un aventure mieux définie sur ses objectifs : entre épique badass premier dégré et potacherie série B, le titre a parfois du mal à s’assumer ! Inutile de dire que j’aurais préféré un traitement qui ne se prenait clairement pas au sérieux tout en distillant des messages qui l’étaient pour qui prenait le temps de lire entre les gerbes de sang et des passages purement gratuits.

La trame principale n’est pas sans défaut qui vous laisseront comme un goût d’inachevé envers tel compagnon, tel méchant ou tel événement… Il y a des choix que je n’aurais pas fait, d’autres que j’aurais imposés pour augmenter le drame. Il ne manquait pas grand chose pour faire passer ce nouvel opus de la série du statut de bon jeu à celui de jeu culte ! Dommage. Mais on lui pardonne. D’autant plus que mon petit doigt pense qu’une suite est dans les cartons… enfin, si le retour sur investissements est dans les caisses avant.

Techniquement très agréable à regarder, le jeu souffre toutefois un peu de la comparaison avec des moteurs purement next-gen du dernier E3. Pas d’inquiétude, c’est très propre et très beau tout de même. On fera aussi face à quelques bugs parfois gênants comme les synchronisations de voix à la ramasse et des combinaisons de touches malheureuses au chargement des niveaux (boum, tu passes sous le sol et meurt ; tac, je te remplis toute la mémoire…). Pas d’inquiétude encore une fois, cela reste très rare. Niveau optimisation, on repassera aussi avec ces 45 Go d’installation et Steam qui m’a réinstallé le jeu pour le plaisir de faire son truc dans son coin.

Ultra classique dans son exécution, Wolfenstein: The New Order reste un jeu de tir sans excentricité. Il n’y a pas de bon chasseur et de mauvais chasseur, quand vous voyez un truc qui bouge avec une croix gammée dessus, vous tirez ! Le jeu vous proposera deux alternatives de gameplay : l’ultra-bourrine et l’infiltration. Les deux étant librement jouables avec leurs avantages et leurs défauts. La bourrine est amusante mais peut vite vous compliquer la vie. La discrète est efficace mais peut vous rendre la vie trop facile. Et puis, plutôt deux fois qu’une, le jeu aura tendance à vous imposer l’une ou l’autre suivant les niveaux. Ajoutons au système de base des possibilités d’évolutions suivant votre façon de jouer : plus vous faites des actions discrètes, plus vous devenez doués en discrétion. Malheureusement, à l’image de Far Cry 3, l’arbre sera complètement débloqué d’ici la fin de votre aventure pour peu que vous ne soyez pas manchot, ce qui tend à prouver que votre spécialisation n’en est pas vraiment une et qu’elle aurait mérité d’être plus hardcore.

Et avec le mot hardcore arrive le véritable point noir du jeu : son intelligence artificielle. Plusieurs niveaux de difficulté vous sont proposés. J’ai mis le jeu en Uber parce que mon Blazkowicz, il a des bollocks ! Force est de constater que même au niveau le plus élevé, le jeu ne propose pas de vrais challenges. J’ai compté 5 à 6 passages tendus nécessitant une quinzaine d’essais. Je conçois que certains puissent rager de perdre face à la machine, j’y vois une opportunité de sortir de ma zone de confort et de pousser le personnage à faire des trucs épiques ! Uber semble donc proposer le juste milieu que j’attendais et je n’ose donc imager l’intérêt réduit que peuvent présenter les modes de difficultés inférieures. Et ceux qui voudront un challenge encore plus dur, il faudra se tourner vers les modes bonus déblocables en récupérant des codes secret dans la campagne. Une façon comme une autre d’explorer les niveaux pour les chercher et de ne pas complètement suivre les couloirs comme un idiot.

A ce propos, le level design du jeu est particulièrement bien foutu. Le joueur n’est jamais perdu et peu profiter de l’environnement (destructible et dynamique) pour le tirer à son avantage. Mention toute spéciale pour le niveau de Gibraltar, un parmi d’autres particulièrement jouissif à faire.

La facilité du jeu est en partie dû à l’intelligence des ennemis. Ils ne sont même pas aux fraises, ils ont pris tout le panier de fruits rouges ! Leur champ de vision se limite à un angle d’une vingtaine de degrés, et passés deux mètres, ils sont atteints d’une grave myopie qui vous permettra d’aller accroupi un peu partout comme vous voulez. Les ennemis – sauf scène bien scriptée – n’auront aucune coordination de groupe et préféreront venir se suicider un par un…

La bande-son est une autre bonne note à ajouter au titre. Il ne sera pas rare de vous arrêter quelques secondes pour l’écouter et vous rendre compte qu’elle supporte parfaitement le moment, qu’elle soit calme ou en pleine montée de puissance, à l’image d’une situation qui dégénère vers la boucherie organisée. Notons que par pure flemmardise, je n’ai pas cherché à passer le jeu en version originale (encore un de ses jeux qui ne proposent pas les voix qu’on veut avec les textes qu’on veut). La bonne nouvelle est que mes oreilles n’ont pas saigné, c’est déjà ça. En revanche, comme toujours, c’est loin de la qualité des acteurs américains…

Enfin, le jeu ne propose pas de mode multijoueurs. Beaucoup le lui reprocheront, moi, je m’en fous, j’aime pas jouer avec les autres !

L’édition occupée sur PC s’accompagne de quelques cartes postales et un mini-livre.

Wolfenstein: The New Order fait partie des excellentes surprises jeux vidéo de cette année ! Doté d’une histoire longue et d’un excellent level design, le titre vous transportera dans un univers riche et fouillé qui mérite d’être découvert. Assurément le FPS qu’il vous faut pour combler l’attente de Far Cry 4 et Battlefield: Hardline ! Loin d’être parfait, je valide pourtant et le recommande chaudement car les bonnes intentions – tout comme les FPS qui sortent un peu de la routine – méritent de l’être ! Jouissif !

Sur ce, j’ai la deuxième histoire à faire.

The Hunger Games est un film adapté du roman éponyme de Suzanne Collins, écrit et réalisé par Gary Ross (Pleasantville), avec Jennifer Lawrence (Le complex du castor), Josh Hutcherson (Zathura), Liam Hemsworth (Triangle), Woody Harrelson (Friends with benefits), Stanley Tucci (Julie & Julia) et Elizabeth Banks (Definitely, Maybe) (Oui, je mets plein d’acteurs pour mettre plein de rétroliens pour que vous alliez lire d’autres chroniques écrites avec amour et un peu de bile. Honnêtment, je ne sais même plus où elle apparaît Banks…)

Dans le futur, on force des jeunes éphèbes à s’entretuer pour une raison qui, finalement, m’échappe. Il paraît que c’est une espèce de devoir de mémoire pour rappeler à la plèbe qu’on se rebelle contre le Capitole sans s’en prendre une en aller retour. Admettons… Bref, c’est littéralement sans importance. Au début, Katniss se retrouve à participer à ces jeux télévisés. Au milieu, elle s’entraîne et dort dans des arbres. A la fin, elle gagne.

Voilà, voilà.

A l’origine, The Hunger Games est un roman pour adolescent à succès. Pas du Twilight-succès mais du succès tout de même. Autant dire que j’ai jamais eu l’occasion de poser mes yeux dessus et que ça m’intéresse pas des masses (même si j’ai prévu d’écrire un livre du genre si un jour je réussis à placer Lithium Breed, par exemple). Le film n’avait pas de raison de m’intéresser non plus. Mais comme Twilight, je suis curieux, alors je regarde. Et puis, l’air de rien, dans les arguments positifs que tout le monde met en avant, j’entends « c’est comme Battle Royale« .

Oui, mais non. Mettre des jeunes en lieu clos avec pour unique règle celle d’Highlander ne suffit pas à dire « c’est comme Battle Royale« . Pour être plus juste, il faudrait dire « c’est comme le mythe de Thésée… en moins bien ». Amateur du chef-d’oeuvre de Kinji Fukasaku, passez votre chemin, vous serez déçu. Limite, retournez voir Battle Royale 2 et vous n’aurez toujours pas l’impression de perdre votre temps (et là, j’ai un peu tout dit…).

Le scénario du film – donc du livre puisque visiblement Suzanne Collins a aussi gonflé son compte en banque en y participant – se base sur une dystopie avec des districts spécialisés (agriculture, minier, etc) qui se son visiblement rebellé contre un dictateur et depuis il y a les fameux jeux où le Capitole demande des jeunes vierges à sacrifier au minotaure. Les vierges, on doit les avoir puisque le Capitole ne demande que des ados inexpérimentés en tribut ; le minotaure, c’est l’audience télévisuelle. Genre « je dénonce en même temps la télé-réalité dans mon script trop innovateur ».

Katniss est une jeune fille rebelle, elle a l’air grave amoureuse d’un bogoss du village, elle sait déjà tirer à l’arc et survivre en forêt. Gros avantage pour l’histoire. Sauf que c’est sa soeur qui est choisie. Katniss décide d’y aller à sa place (en même temps sa soeur à 10 ans ou presque). Evidemment, ça fait tout un pataquès. Le bogoss pourrait aussi dire j’y vais aussi, histoire d’avoir une vraie tension dramatique, mais non. Le hasard décidera que c’est l’amoureux secret de Katniss qui l’accompagnera, Peeta…

Katniss va être une espèce de grosse asociale antipathique les trois quarts du film. Jennifer Laurence et son charisme d’huître névralgique n’aideront en rien à s’attirer la sympathie du spectateur moyen (moi, en l’occurence). Peeta est aussi intéressant qu’une moule sur son rocher avec son jeu tout en subtilité. On pourrait donc croire qu’il se produirait une alchimie entre les deux fruits de mer. Et bien non ! Et, c’est peut-être le seul truc assez bien foutu du film, à savoir comme des jeunes qui ne s’aiment pas vont faire un peu semblant pour s’attirer les faveurs du public. En gros, même les fleurs bleues seront déçus.

Bref… Revenons-en à Katniss ! Elle est choisie, amenée à la Capitale, rencontre les autres tributs, rencontre un mentor alcoolo (mais c’est Harrelson, donc c’est cool) et Lenny Kravitz en designer de mode qui lui fait des robes qui s’enflamme. Ca sert à rien, c’est moche à l’écran mais comme visiblement tout le monde dans ce futur à des goûts de chiotte en matière de mode, ça passe. Ensuite, elle s’entraîne.

Elle s’entraîne, oui oui. Le Capitole réclame des vierges et il passe deux semaines à les nourrir, loger, blanchir et entraîner en vue du spectacle. Sachant que la moitié des participants mourront dans les 3 premières minutes de jeu, le Capitole n’a visiblement pas la notion de l’argent pour son budget d’état. Et puis, pour le spectacle, c’est nul ! Tout l’intérêt de Battle Royale, c’était de mettre 30 collégiens qui ne savait pas se battre du tout, avec un collier explosif autour du coup, devant un fait accompli : tue ou meurt, mais décide-toi dans la seconde !

Commence donc le jeu. C’est une boucherie au début et puis des ados se regroupent pour traquer les plus faibles… Je suis pas sûr qu’on leur ait expliqué les règles à eux… Katniss va avoir des relations fusionnelles avec des arbres, se lier d’amitié avec d’autres… Mais naïvement, pas comme l’autre film que je n’arrête pas de citer. En d’autres termes, on n’a jamais l’impression que les ados vont mourir.

C’est à ce moment-là que les règles changent et que finalement, c’est deux vainqueurs du même district qui pourraient gagner. Comme par hasard. Ce qui rappelle que le Capitole a tous les pouvoirs et que la télévision fait un peu ce qu’elle veut. On apprend aussi que la technologie du Capitole est capable de modifier l’environnement du jeu comme elle veut, apparition de boule de feu et de gros chiens baveux en sus. Avec ce genre de technologie, je suis pas persuadé que le Capitole ait réellement besoin de jeux complètement artificiels  pour appuyer sa supériorité militaire ou économique sur les autres districts… M’enfin, on est plus à ça près, hein.

Je vous passe les détails du massacre. C’est très inintéressant et globalement très mou du genou. La tension dramatique reviendra quand Peeta et Katniss se retrouveront. Peeta sera blessé gravement et ne pourra plus bouger. Une personne logique se dirait :

Mmmh, j’ai retrouvé mon copain d’infortune et on peut gagner ensemble. Tout ce que j’ai à faire, c’est le planquer dans un coin et aller buter de loin, à l’arc tous les autres. Ce devrait être facile, j’ai montré dans le début du film que j’étais une brute à l’arc. C’est l’histoire d’une demi-journée si je me débrouille bien. En plus, ils sont que 4.

Katniss se dit :

Je vais sauver Peeta, écouter les conseils de mon mentor, embrasser Peeta pour faire croire que j’ai des sentiments pour lui alors que j’en ai rien à branler, rester planquée dans ma grotte avec lui en attendant que les spectateurs s’ennuient et que le réalisateur corse le jeu avec des chiens enragés. Ce ne seront que des chiens après tout, ils pourraient créer des dragons, mais non, avec des clébards, on aura encore une chance de s’en sortir, même avec un Peeta boiteux. Tout est sous contrôle. Et puis j’en ai marre de me pieuter dans les arbres.

Arrivent donc les chiens magiques… Et le vaisseau qui ramènera le vainqueur. Non parce que c’est bien joli cette télé-réalité, mais il faudrait pas que ça dure 10 semaines non plus. Le grand vilain va mourir comme un abruti alors qu’il est déjà sur le vaisseau et qu’il doit juste se débrouiller pour que l’huître altruiste et la moule boiteuse se fasse bouffer par des chiens…

Oui, Woody Harrelson regarde aussi The Hunger Games…

Restent Peeta et Katniss. Les règles changent encore, plus qu’un seul vainqueur maintenant. Super ! On s’y attendait pas du tout, n’est-ce pas ? Katniss décide de se suicider avec Peeta en mangeant des baies mortelles délicatement introduites dans le script 10 minutes plus tôt. Les règles changent encore et les deux gagnent… Sérieusement… Je n’invente rien.

Fin du film. Félicitations, vous avez perdu 2 heures de votre vie !

Vous aurez compris que le scénario est une suite de ficelles grossières et de collages artificiels pour mettre une adolescente dans des situations qui semblent cools sur le papier mais qui se révèlent au final particulières chiantes et idiotes ! Si les personnages avaient un tant soit peu de jugeotes, il agirait comme dans Battle Royale., mais là, ils préfèrent dormir dans des arbres et faire du camouflage à base de décorations de gâteaux (sic). Les jeunes acteurs semblent constamment figés dans une catalepsie faciale et la réalisation est molle. En plus, la direction artistique est vraiment moche.

J’en rajoute une couche ou vous avez compris ?

Et parce que les bandes annonces, c’est que du marketing et que parfois, ce serait bien de dire la vérité :

In Time est un film écrit, produit et réalisé par Andrew Niccol (Lord of War), Justin Timberlake (Bad Teacher), Amanda Seyfried (Mean Girls), Cillian Murphy (Sunshine), Olivia Wilde (Tron: Legacy, Echange Standard)

Dans le futur, le temps est vraiment devenu de l’argent. A partir de 25 ans, un petit compteur se déclenche sur votre bras. La bonne nouvelle, c’est que vous ne vieillirez plus jamais. La mauvaise, c’est que quand le compteur atteint 0, vous mourrez. Vous avez un an sur le compteur. Un café ? Trois minutes. Un voyage en bus ? Une heure. Une nouvelle voiture ? 59 années, sans les taxes. Voilà le concept. Will vit dans les quartiers pauvres, il connaît la valeur du temps, puisqu’il n’est pas rare qu’il ne se retrouve qu’avec 24 h seulement sur son compteur. Un jour, un mec blindé de temps fait son apparition et file 116 ans à Will. Ce dernier se retrouve accusé de meurtre par la brigade du temps et c’est parti pour une chasse à l’homme !

Par où commencer ? Par le titre français par exemple. Time Out. Je ne vais pas ergoter sur la richesse ironique du titre original (grossièrement traduisible par « Dans les temps »), mais sur la raison de remplacer des titres en anglais pas des titres en anglais en France… C’est à l’image de beaucoup de choses dans le milieu du cinéma et de beaucoup de choses en France : débile. Je sais bien qu’il n’est pas évident de trouver un titre à une œuvre, encore moins de traduire ce titre, mais quitte à faire de In Time, Time Out, autant ne rien faire (où alors, l’auteur du titre « français » possède un sens de l’humour particulier et s’est décidé à faire un jeu de mots particulier sur In/Out…). On appellera ça l’exception culturelle française.

Au casting, on retrouve Justin Timberlake qui a eu une année 2011 plutôt chargée au cinéma. Bientôt, on pourra dire qu’il est vraiment un acteur. On aura même oublié qu’il fut Monsieur Cameron Diaz, Monsieur Britney Spears et un ancien chanteur de boysband. Rassurez-vous, on est pas encore rendu au point où on l’appellera un « bon » acteur. Sa prestation dans In Time Out manquant particulièrement de profondeur, on peut raisonnablement dire qu’il n’est pas encore au point ou que les rôles dramatiques ne lui conviennent pas. De toute façon, la caractérisation de Will Salas se limitant à celle cliché du bon samaritain, on peut aussi dire qu’il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a.

A côté du bellâtre qui profite toujours d’une faille du scénario pour nous montrer ses abdos (un peu comme Ryan Gosling ou surtout Ryan Reynolds), on trouve Amanda Seyfried. La candeur virginale au possible, embarquée dans un univers qu’elle ne connaît pas et sombrant telle une métaphore du Titanic dans le syndrome de Stockholm… Bref, du statut d’otage, elle va se retrouver sidekick du gentil Will Salas. Sa prestation se révèle à la hauteur de celle de Justin Timberlake, s’accordant pour être globalement inexpressifs, trop naïfs, et finalement bien peu investis dans ce film. Et surtout, c’est quoi cette coiffure pourrave ?

Pour rattraper le casting du naufrage dans la médiocrité, il faudra compter sur Cillian Murphy qui sait être bon acteur. Parfois. Dans In Time Out, on va dire qu’il fait ce qu’il peut…

Donc voilà, on ne peut pas dire que ce film brille de par les étoiles qu’Hollywood a bien voulu lui accorder. Mais comme je suis un aventurier, j’avais décidé de passer outre un casting dont je savais le duo Timberlake/Seyfried trop faible pour porter les intérêts d’un film d’anticipation signé Andrew Niccol. J’adore ce monsieur : Lord of War, The Truman Show et surtout Bienvenue à Gattaca ! Son retour à la science-fiction était pour le moins attendu !

Je suis du genre à croire que :

  • donner un mauvais scénario à de bons acteurs tend à pondre le film médiocre,
  • donner un bon scénario à de mauvais acteurs tend à pondre le film mauvais.

Je m’attendais donc à avoir un film de la deuxième catégorie.

En fait non, donner à scénario médiocre à des acteurs médiocres tend à pondre un film médiocre, limite mauvais. Le film part sur une idée pour le moins originale, basée sur l’idiome « Le temps, c’est de l’argent ». Toute la partie « exposition » du film est plutôt bien foutue. Disons que, pour généraliser parce que je ne vais pas non plus détailler un film pas terrible, le premier acte est sympa.

Ensuite, c’est la foire au n’importe quoi ! Entre vengeance non assouvie, course-à-la-montre en mousse, romance à deux balles, re-visitation foireuse de Robin des Bois et mise à jour en carton du couple Bonnie & Clyde façon voleurs de temps, le script s’enfonce dans des circonvolutions convenues à l’intérêt bien limité. Pas ou peu de rebondissements, approximations et facilités en tout genre pour supporter les actions des héros (il faut savoir qu’il est visiblement plus facile de braquer une banque du temps que de simplement aller travailler ou mendier…). Je vais passer allègrement sur les interrogations existentielles du scénario puisqu’elle se limite à l’évidence ou à un manichéisme primaire.

Quel dommage. Le concept de départ était synonyme de vrais questionnements sur l’immortalité, le rapport du temps à l’argent et vice versa dans notre société… En d’autres termes, on avait l’occasion de voir une œuvre polémique, limite subversive et dénonciatrice, et on se retrouve un avec des gangsters au grand cœur qui vont changer la face du monde parce que, visiblement, les forces policières ne sont pas assez payées en minutes pour faire leur boulot efficacement et les arrêter.

Et dire que des gens comme moi attendaient un nouveau Bienvenue à Gattaca… On frôle l’epic fail si on cherche à faire une comparaison.

In Time (ou Time Out) dure environ deux heures. Si le temps était effectivement de l’argent, voilà deux heures de jetées par la fenêtre ou presque.

Pour info, un auteur – Harlan Ellison – a accusé In Time d’être un plagiat de sa nouvelle Repent Harlequin. Je vais peut-être me pencher sur la question. Quelqu’un l’a-t-il lue ?