Articles Tagués ‘Dragon Ball’

Suicide Squad

J’avais lu et entendu un tas de choses sur Suicide Squad, et j’attendais la version longue avant de me prononcer, espérant un peu l’effet Batman v Superman (à savoir un truc moins bousique que prévu). Du coup, j’ai vu et… C’EST UNE PURGE ! C’est très mauvais ! Il y aurait tant et tant à dire sur ce film qu’il me faudrait des heures pour tout lister. Je ne comprends pas comment on peut se planter à ce point. Je ne comprends pas non plus comment après la descente en flammes que le film a connu à sa sortie on n’ait pas donné carte blanche à David Ayer pour remonter tout le film. Même moi qui n’ai aucun talent particulier, j’ai envie de remonter le film pour lui donner un semblant de sens ! Comment peut-on sincèrement laisser sortir un tel film ? Ca m’énerve, mais ça m’énerve ! Rien n’a de sens ! Rien ! Le personnage de Deadshot, la relation Harley/Joker, la dynamique de groupe, le montage pseudo « Gardians of the Galaxy », la Suicide Squad ! Mais dans quel cerveau il viendrait à l’esprit de créer une équipe avec un mec qui sait bien tirer, une folle, un crocodile pour arrêter – je cite – une menace équivalente à Superman ! Ca n’a aucun sens ! Quand l’Enchantress pète un câble, c’est pas Deadshot et sa bande de repris de justice qu’il fallait envoyer, mais CONSTANTINE ! A la rigueur Flash qui fait un caméo ! Nul, nul, nul ! La seule menace digne d’intérêt pour une telle équipe, ça aurait été juste le Joker alors que Batman se prenait des vacances en réunissant sa Justice League ! Aucun intérêt. Ca m’énerve ! Vous le sentez que ça m’énerve ? Et la musique, alors oui, la bande son est excellente, mais si je veux écouter de la bonne musique, je sors un de mes vinyles ! On a dit beaucoup de choses sur le Joker, mais Jared Leto est le seul mec investi dans son personnage et ça m’énerve d’apprendre qu’il a été coupé au montage pour laisser de la place à Will Smith et son Deadshot tout moisi et Harley Quinn (elle est cool, mais fait bien greluche de service). Saviez-vous qu’à l’origine, la relation Joker-Harley était plus proche celle canonique ? Une des scènes coupées où il a la gueule moitié arrachée aurait dû être à la fin où il vient pour chercher Queen mais décide de la planter pour la laisser dans sa cage. Je sais pas dans quelle mesure les costards cravate ont charcuté le scénario mais là on a affaire à une bande de sociopathes qui commence à se faire des calins et avoir deux doigts d’honneur l’un envers l’autre après trois minutes ensemble. Ca n’a aucun sens ! Même une saison complète des Mystères de l’Amour semble plus cohérente ! Ce film est un échec complet, une perte de temps et d’argent qui mérite une note spéciale :

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Doctor Strange

Le monde se divise en 2. Marvel et DC. Marvel domine haut la main de par les films qui sortent sur grand écran, DC propose des films d’animation qui n’ont rien à leur envier (pour la plupart). Pour le petit écran, je dirai que c’est kif-kif depuis l’arrivée de Marvel chez Netflix. Mais lorsque DC fait des longs métrages… Et bien, c’est pareil avec Marvel et les dessins animés : c’est de la bouse. Preuve en est ce Doctor Strange sur lequel peuvent se rabattre les pauvres qui ne peuvent pas aller au cinéma voir la dernière production du MCU. Et bien c’est pas terrible du tout. On va pas se mentir, c’est même très mauvais. Et c’est très très TRES laid ! J’aurais pu éventuellement faire abstraction si l’animation n’était pas complètement à la ramasse non plus et si le scénario avait moins de raccourcis. Non, décidément, les dessins animés de super héros, c’est DC et puis c’est tout !

1/5

War Dogs

J’étais pas spécialement emballé à l’idée de voir un film avec Miles Teller et Jonah Hill, mais la bande annonce était suffisamment bien foutue pour donner envie au plus réfractaire. Et puis pour être honnête, j’avais un peu envie de comparer avec Lord of War qui reste un film incontournable sur la guerre et les marchands d’armes. Au final, War Dogs est largement moins bien que le film avec Nicolas Cage mais il m’a agréablement surpris, tant sur la prestation que sur la rocambolesque histoire vraie derrière le scénario. Même le duo d’acteur fonctionne bien (bon, surtout Jonah Hill !). Bref, je recommande fortement.

4/5

Begin Again

Vous savez quoi, c’était moyen. Allez, moyen + pour nous évitez une romance forcée entre les deux protagonistes.

2.5/5

Jason Bourne

Quatrième volet de la série. Cinquième avec le spin-off de Jeremy Renier. Clairement l’épisode de trop. D’une part parce qu’il faut avoir vu (et se rappeler) des précédents, d’autre part parce que c’était bien une perte de temps et d’argent pour tout le monde. On arrive au stade où on a plus grand chose à raconter sur le personnage donc on rajoute des couches sur son passé au point que ça devienne abracadabrantesque. On arrive aussi au stade où Jason Bourne et la caméra de Paul Greengrass n’a plus rien à apporter au film d’espionnage. La caméra gerbante, c’était innovant au premier épisode. Là, c’est juste confus. L’histoire est bateau et les acteurs clairement en mode automatique (j’avais l’impression de mater un film de robots). Bref, il est temps de ranger Bourne au placard et de passer à autre chose.

1/5

Lethal Weapon 1 & 2

La rentrée série US accueillait cette année une espèce de reboot de L’Arme Fatale. Comme j’étais curieux, je me suis penché dessus, sans réellement en attendre grand chose. Comme ça, juste pour voir. Il se trouve qu’après une demie douzaine d’épisodes les audiences sont bonnes et que je suis moi-même conquis. J’avais commencé la série avec finalement assez peu de souvenir des films, sinon quelques scènes, et je me suis dit « Tiens, ça fait vraiment longtemps que j’ai pas revu ces films » (genre 20 ans, parce que j’ai pas RTL9 pour ce genre de rediffusions). C’est donc avec délectation que j’ai retrouvé le dynamique duo des années 80 et que j’ai découvert que c’est à l’origine une création de Shane Black (le seul type qui a réussi à faire un bon film cette année – The Nice Guys). Force est de constater que 1. les années sont définitivement la meilleure décennie cinématographique de tous les temps et 2. que les films ont bien vieillis. Ca permet aussi de se rappeler d’une époque où on fumait à l’écran, on montrait des nichons, on faisait des cascades sans numérique ni fond vert, on avait des téléphones portables de 8 kilos et que globalement, les films avaient une âme.

4/5

Kokoro ga Sakebitagatterunda

Ou The Anthems of the Heart, en anglais. Pas encore disponible dans les vertes contrées francophones, mais bientôt. C’est un autre anime de type « romance lycéenne japonaise » à ajouter à la longue liste de ceux que j’ai vus. Pas le plus marquant, mais il est intéressant sur certains points qui ne sont pas assez développés, notamment le poids des mots (surtout sur les enfants). Après, on va pas se mentir, ça joue sur un bon nombre de tropes du genre mais c’est effectué avec suffisamment d’humilité pour que ça passe (je recommande une bonne séance de psychanalyse pour l’héroïne…). Et puis on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent non plus en ce moment. Bref, les amateurs seront ravis, les autres passeront leur chemin comme d’habitude.

3/5

5 centimeters per Second

Your Name est probablement LE film que j’attends le plus en cette fin d’année 2016, le plus gros cartons de la décennie au Japon est un anime « tranche de vie » signé Makoto Shinkai. C’est alors que je me suis rendu compte que je n’avais vu que The Garden of Words de ce réalisateur et qu’il était grand temps de compléter avec le reste. J’ai donc commencé par 5 Centimètres par Seconde qui est en fait 3 courts métrages autour du même protagoniste à trois étapes de sa vie. Il m’a fallu un peu de temps pour digérer le film et comprendre ses intentions derrière, la fin restant assez énigmatique au premier abord. Et puis, toutes les pièces finissent par s’agencer et on comprend. C’est donc un film tout en finesse, en sous-entendus, en contemplation sur le processus de deuil amoureux, surtout le tout premier. Le genre de film auquel on pense encore des jours après. Un vrai coup de coeur !

4.5/5

Voices of a Distant Star

Il s’agit d’un cours métrage de 25 minutes par Makoto Shinkai, catégorie romance lycéenne dans l’espace. On retrouve les germes des thèmes qui seront explorés par la suite dans 5 Centimètres par Seconde, à savoir : comment gérer une relation non déclarée à distance (visiblement un thème cher à Makoto Shinkai). Ici, en plus de la distance physique, on rajoute la distance temporelle où les mails mettent des mois à atteindre leur destinataire. La 3D a pris un sacré coup de vieux, mais le film mérite tout de même le coup d’oeil. Et comme je ne vais pas parler de Macross ce mois-ci, il en est suffisamment proche pour que je cite au moins ma série favorite tout de même. Si vous avez aimé le précédent film, vous savez quoi regarder ensuite.

3.5/5

Voyage vers Agartha

Makoto Shinkai à la réalisation pour continuer dans mon run, mais cette fois-ci sur une production Ghibli. Il n’y a pas à dire, le studio japonais plane réellement au-dessus de tout le reste ! C’est beau, c’est intelligent, c’est bien écrit… Bon, c’est pas la meilleure production du studio et ça bouffe trop aux rateliers de Mononoke et Chihiro pour réellement se démarquer mais c’était tout de même agréable à regarder. On regrettera un épilogue trop vite expédié pour donner un sentiment de satisfaction, mais on ne peut pas tout avoir. Dans une autre réflexion qui n’a rien à voir, je vois régulièrement des articles passés sur le féministe et le statut de la femme en ce moment. J’avoue c’est un peu de la science-fiction quand on vit en Norvège mais je me suis dit que le Japon n’était pas spécialement en reste : quand on y regarde bien, la plupart des dessins animé Ghibli mettent en avant des héroïnes fortes, des trucs qui – de mon point de vue –  seraient nettement plus à même de plaire aux jeunes spectatrices que – au hasard – les productions américaines (il y a un léger mieux chez Disney depuis quelques années, mais c’est pas au niveau des Japonais). En tout cas, je sais ce que ma progéniture regardera comme dessins animés.

3/5

Bakemono no Ko

Ou le Garçon et la Bête en français. Un film que je me gardais en réserve pour un mois un peu pourri parce que j’étais certain qu’un film de Mamoru Hosada ne me décevrait pas (pour infos, je l’ai regardé juste après Suicide Squad pour me calmer, mais j’ai mis la Squad en premier pour attirer le chaland). Et j’avais raison ! C’est vraiment bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture sur plein de choses (notamment la relation père fils), l’animation est dingue, l’univers est cool… Bref, ça déboite ! Vous DEVEZ voir ce film !

5/5

Dragon Ball Super – Episodes 1-68

Dragon Ball et DBZ restent un pilier de ma culture et un élément fondateur de ma prime jeunesse. Aussi étais-je un peu sceptique face à l’annonce d’une nouvelle série faisant suite à DBZ. Certes elle allait permettre d’effacer l’étron GT de la chronologie canonique mais on ne peut pas dire que les premières images faisaient envie : les images venues du Japon étaient très moches à regarder et la production a pris la décision étrange de découper les deux derniers films pour en faire les 25-30 premiers épisodes de cette nouvelle série. Au passage, je ne saurais que trop recommander aux amateurs de Son Goku et sa clique de mater ces deux films (Résurrection de F et Beerus), ne serait-ce que par égard pour votre rétine et lui épargner l’horreur des premiers épisodes torchés à la va vite. Bref, j’étais pas hyper motivé pour regarder la série, jusqu’à ce que j’apprenne le retour de mon personnage favoris : Trunks du futur ! Alors, j’ai tout maté en mode binge-watch zombie ! Et mon avis est finalement assez mitigé. Il y a un tas de truc que j’adore vraiment : Beerus et Whys, Trunks, Bulma, Trunks, l’animation des derniers épisodes, Trunks, Son Gohan relégué au placard, Trunks, la cosmogonie Dragon Ball qui prend de l’ampleur… Et il y a un tas de trucs qui m’énervent : la vingtaine de premiers épisodes soporifiques si vous avez vu les films, le fait qu’on se tape un tournoi artificiel, les épisodes « filler » sans intérêt, le ton un peu gamin… Et c’est tout le problème de faire une nouvelle série DB plus de 15 ans après la fin de la série originale : le public cible est à la fois constitué de trentenaires et de jeunes à qui on a envie de faire redécouvrir l’univers. DBS a donc le cul entre deux chaises et l’une d’entre elle est moisie. Etant trentenaire, vous vous doutez de celle qui ne me plait pas…  Objectivement, je me suis ennuyé pendant 46 épisodes (sans avoir vu les deux films, mon avis n’aurait pas été le même car ces films en question sont vraiment excellents comme je disais et dans le ton que je recherche), il faut vraiment attendre l’arrivé de l’arc Trunks du futur pour en prendre plein la tronche ! Les vingt épisodes de cet arc sont complètement déments, tant sur l’animation que sur l’histoire (si vous faites abstraction des approximations sur les théories de voyage dans le temps) et c’était exactement ce que j’attendais d’une nouvelle série Dragon Ball. C’est à la fois épique et intimiste, grave et léger grâce au trio Pilaf, l’équilibre est parfait ! Rien que pour ces 20 épisodes la série vaut le coup (comprendre, matez les films, matez ces épisodes et vous serez satisfait) ! J’ai rattrapé mon retard sur la diffusion japonaise et l’arc Trunks vient malheureusement de tout juste prendre fin, ce qui veut dire qu’on va se retaper une petite série d’épisodes orientés jeune public en croisant les doigts pour qu’un nouvel arc à la hauteur de Trunks arrive (et pas juste encore un tournoi…)

6/5 (Arc Mirai no Trunks, ép. 47-67)

2.5/5 (Le reste)

En 5ème, je me souviens d’une rédaction proposée par la prof de Français, Mme Dubois. Le thème était la description d’une personne au choix. J’avais choisi Akira Toriyama, le créateur du manga Dragon Ball et j’essayais de me dépêtrer avec le peu que je savais de cet homme discret, uniquement à partir des commentaires et photos qu’il avait pu laisser dans les rabats de couverture de l’édition française du manga. Autant dire à partir de rien. Pour la petite histoire, au bout d’une demie page petit format grands carreaux d’une copie double, j’avais laissé tomber pour faire la description de Jean-Claude Van Damme dans le film Chasse à l’Homme. Cette rédaction m’a valu les honneurs d’une lecture publique en classe, lecture qui empiéta sur le temps de récréation, ce qui bien sûr ne contribua guère à asseoir ma réputation auprès de mes camarades…

Toujours est-il que si la maturité me fait largement préférer Albator, ses séries dérivées et le Leiji-verse, il faut bien avouer qu’entre 1988 et 1995, Dragon Ball et sa suite était LE sujet de conversation entre potes avec le manga, la série au Club Do’, les cartes à collectionner, les pogs, les figurines, les magazines et j’en passe. Comme je nourris toujours une affection particulière pour Akira Toriyama et sa contribution au manga dans le monde, je me suis donc penché sur la dernière biographie non-officielle en date du sieur.

Un ouvrage paru aux éditions 12bis il y a quelques semaines, écrit par Olivier Richard que j’ai sûrement dû lire dans feu Player One ou sûrement dû voir dans feu Televisator 2 (voilà qui ne nous rajeunit pas !). Il coûte 19 € pour environ 150 pages de papier glacé, avec une retranscription fidèle et chronologique de tous les travaux du maître et plusieurs interviews en fin de volume.

Comme toutes les choses que j’aime, j’ai donc été très exigeant avec le produit que j’avais récemment acquis et que j’ai englouti en 2 jours de lecture. Et comme d’habitude, peu de mes exigences ont été comblées, sans parler d’être simplement satisfaites !

En qualité de biographie, vous apprendrez beaucoup de choses sur Akira Toriyama et ses débuts. Sur ses études, son premier boulot, sa persévérance face aux premiers échecs, le rôle déterminant de son premier éditeur, etc. Vous apprendrez comment le design, le modélisme et la culture américaine (né après guerre dans un Japon à peine débarrassé de la présence des US, voilà qui explique cela) ont pu influencer ses premières œuvres, dont le Dr Slump. Le livre fait quelques allusions intéressantes entre la vie privée de l’auteur et l’évolution de son manga (ex: Terminator 2 sort au même moment que l’arc des Cyborgs et des voyages dans le temps de Dragon Ball Z, le professeur Senbei se marie avec Midori au même moment où Toriyama prend épouse, etc.).

Beaucoup d’anecdotes sont glissées sur les travaux extra-manga de l’auteur, notamment sa participation à la série des Dragon Quest (Enix) ou son incursion dans le modélisme et les réalisations de statuettes ou le design avec celui d’une vraie voiture électrique. En d’autres termes, qui ne connaît que superficiellement l’auteur y trouvera son compte. Et comme le mangaka communique peu, une telle entreprise se retrouve loin d’être accessoire pour qui aime Dragon Ball, Dr Slump ou – de manière plus générale – The World (la Terre d’Akira Toriyama).

Et la bonne nouvelle, c’est que vous en apprendrez bien plus qu’avec une page wikipédia.

Les mauvaises nouvelles, c’est que le livre est paradoxalement d’une pauvreté affligeante à bien des niveaux !

Il reste des coquilles éditoriales dans le livre : fautes d’orthographe ou de frappe et duplicata de photos à 20 pages d’intervalles. En tant que consommateur exigeant, ce genre de choses passent très moyennement auprès de mon porte-feuille ! Carton rouge à 12 bis !

En bon élève, j’ai appris durant mes années scolaires que tout écrit de type rédactionnel (sans parler d’écrit journalistique) se devait d’être neutre tant sur le style que sur l’implication de l’auteur… Et Akira Toriyama – Le maître du manga m’a fait bondir de mon lit plus d’une fois ! Imaginez-vous lire une biographie comme j’écris sur ce blog, pendant 150 pages. Un exemple comparatif préfabriqué qui n’a rien à voir : « Durant l’enregistrement du troisième album, Jim Morrisson arrive complètement beurré aux studios, il est incapable d’aligner trois couplets et préfère sauter des groupies sur un canap’ et glander plutôt que d’aller au turbin ». J’exagère à peine par rapport à ce qu’il est possible de lire. Le ton employé est familier, ce que je trouve particulièrement déplorable pour un ouvrage qui se veut biographique. Le fait qu’il ne puisse être trouvé – probablement – qu’en manga-shop n’excuse en rien un tel laxisme et en qualité de lecteur de manga, je me sens presque insulté qu’Olivier Richard n’est pas utilisé un langage normal pour s’adresser au lecteur autrement que comme à son pote de récré.

Usant du même laxisme, l’auteur se permet également d’y aller de son petit commentaire ici ou là sur tel ou tel projet du mangaka, sacrifiant l’objectivité du journaliste au profit du petit plaisir de fan-boy qui partage son amour de l’univers Toriyama. Personnellement, je m’en contrecarre de savoir qu’il a préféré tel anime à tel anime, que telle case est la plus belle case de l’univers, etc. Si un film a fait un flop de par sa qualité scénaristique (et c’est vrai qu’ils sont pas tous jojo les films DBZ), j’ai envie qu’on me cite des sources comme une critique d’un article de presse ou un rapport de chiffres d’entrées en salles plutôt que de supporter l’avis de l’auteur.

Le choix des photos pour décorer (je dis « décorer » et non pas « supporter ») le texte est pour le moins étrange. Alors je suis ravi de voir des choses comme des statuettes tirées à peu d’exemplaires ou la fameuse voiture électrique, mais quand il s’agit d’insérer des strips de BD dans une biographie française je ne comprends absolument par pourquoi on nous propose les versions japonaises ! L’exemple le plus flagrant : il y a quasiment une page occupée par une image de la dernière page de Dragon Ball avec un mot poignant de l’auteur… en japonais. Moi, je m’en fiche, je n’ai qu’à regarder mon tome 42 du manga pour avoir la traduction, mais ce n’est probablement pas le cas de tous. Au delà des droits de traduction, je trouve dommage que cet effort n’est pas été fait.

Autre exemple qui m’a fait rager. J’ai dit que l’auteur se complaisait à donner son avis partout. Soit. Aussi, non seulement doit-on supporter une diatribe sur la plus belle case que Toriyama ait jamais dessinée de sa vie mais en plus cette image n’est même pas insérée dans le livre pour au moins valider le propos de Mr Richard. Arrivé à ce moment-là, j’ai déjà atteint genre 90 pages de lecture et on vient de me confirmer que cette biographie relève tout de même d’un certain foutage de gueule pour le consommateur !

Autre foutage de gueule en règle, le comblage (oui, c’est un barbarisme, mais moi, je m’en fiche, j’écris un blog pour 30 personnes en moyenne) de fin de volume est pitoyable. Il s’agit d’interviews d’intervenant issus de la génération DBZ. A ce titre, j’aurais tout aussi bien pu être interrogé et répondre de la même façon (« gnagna j’ai découvert avec le Club Do gnagnagna impact de Toriyama et Otomo sur le monde et la culture manga gnagnagna j’aimerais bien lire un nouveau manga du maître gnagnagna ») et me sentir tout aussi au courant que les autres. Alors oui, c’est sympa d’interviewer un producer des jeux vidéo, c’est sympa d’avoir l’avis de l’ancien patron de Tonkam ou d’Alex Pilot mais ça n’avance à rien ! Mention spéciale à Enrico Marini dont l’interview ne sert à rien. Quitte à faire un vrai travail et proposé au lecteur une vision d’ensemble de l’auteur et de son travail, il aurait été beaucoup plus intelligent de proposer des interviews d’éditeurs de la Sheishua (la boite aux commandes du Weekly Shonen Jump qui a connu son heure de gloire grâce à Toriyama), de proposer des traductions d’interviews de Toriyama himself ou de ses proches collaborateurs (assistants, producer de Dragon Quest, etc.)…

Dernier point noir avant de conclure, l’ouvrage se veut trop souvent être une simple accumulation du travail de l’auteur plutôt qu’une analyse de celui-ci. Ca arrive avec l’impact de la culture américaine et son introduction dans Dr Slump ou bien la création de Son Goku, mais c’est pollué avec tout ce que je viens de noter que finalement, ce n’est pas ce que l’on va retenir. Pour un livre qui se réclame d’une plongée dans l’intimité du mangaka, j’ai l’impression qu’on n’a pas été plus loin que le petit bassin…

Je pense que j’ai bien fait le tour de Akira Toriyama – Le maître du manga. S’il est bien vrai que Akira Toriyama est un maître du manga et qu’il a définitivement changé la face du monde avec sa maîtrise du dessin et de la narration au même titre que Otomo (et Tezuka quelques décennies plus tôt), il ne méritait pas une biographie réalisée par-dessus la jambe telle que celle-ci ! En toute honnêteté, je ne vous la conseillerai pas. Le travail éditorial et le contenu du livre n’en valent pas la peine et autant faire en sorte que le seul pigeon de l’histoire soit votre serviteur. Gardez vos 19 € pour acheter les mangas de l’auteur, vous serez moins en colère que moi après votre lecture. Sur ce, j’ai très envie de relire Dr Slump