Articles Tagués ‘Documentaire’

Ghost in the Shell

C’était nul. Archi-nul. En même temps quand on décide d’adapter l’adaptation culte d’un mange culte (donc, vous voyez déjà le niveau : Hollywood pompe directement l’anime, soit la vision de Mamoru Oshii, pas le matériau de base), de faire un bon gros whitewashing des familles avec Scarlett Johansson (ce qui aurait pu passer – en toute honnête – s’il n’avait pas décidé d’y accoler pour de vrai le nom de Mokoto Kuzanagi) et en plus de foutre à la réalisation un tacheron incompétent comme Rupert Sanders (je vous invite à lire mon article sur son Blanche Neige), il n’y a pas de miracle : le film est une sombre bouse dénuée d’intérêt. Le plus pathétique restant le copié-collé des scènes de l’anime (un tacheron incompétent, je vous dis !). Le plus triste restant la musique emblématique de Kenji Kawai au générique de fin, comme l’ultime pied de nez au fan de la version animée. Bref, aucun, aucun, aucun intérêt, sinon rappeler l’urgence de voir ou revoir le chef d’oeuvre de Mamoru Oshii.

0.5/5

The Fate of the Furious

Pour ceux qui tiennent les comptes, c’est le 8e opus de la franchise. Et les comptes il faut les tenir parce que la série s’auto-référence désormais. Alors, à moins d’être des hardcore fans, vous hausserez le sourcil en vous demandant « c’est qui lui ? », « et elle, elle dans quel épisode déjà ? ». La série est comme son interprète principal, elle se prend trop sérieux la plupart du temps. Faut arrêter, les gars, depuis quand des vulgaires voleurs de bagnoles sont devenus des Jason Bourne ? Au final, le film ne brille que par ses moments WTF, comme la horde de voitures zombies… Il aurait fallu que tout le reste soit comme ça.

2.5/5

Le Correspondant

Le Correspondant est une comédie pour ados bien sympathique. Elle ne marquera pas les esprits bien longtemps mais il y a quelques moments vraiment drôles. Après, si j’ai autant d’affection pour ce film, c’est que j’avais commencé à développer un roman sur exactement le même genre de prémices. Du coup, j’ai dû passer à autre chose.

3/5

Jamais Contente

C’était LA bonne surprise côté comédie française sur ce mois. L’adaptation d’un roman jeunesse est vraiment réussie (enfin, le film est réussi, l’adaptation en soit, j’en ai aucune idée parce que j’ai pas lu le matériau de base). La force du film est de mettre en valeur le moment particulier de la vie adolescente, la phase rebelle égoïste, avec justesse. La gamine est énervante et touchante à la fois. Mention spéciale à la bande son qui soutient le film à merveille (Black Rebel Motorcycle Club en tête)

4/5

Quartier Lointain

Encore une adaptation, et cette fois, j’ai lu le matériau de base : un manga de Jirô Taniguchi. Si le film respecte dans les grandes largeurs les intentions du mangaka, force est de constater que c’est bien mou et que ça ne marche pas aussi bien. Le film repose plus sur son univers 50’s que sur son propos. Et c’est bien dommage. Donc maintenant, vous avez le choix entre investir dans un DVD moyen qui ne parlera qu’à ceux qui ont lu le manga ou investir dans un excellent manga…

3/5

The Mechanic

Ah, un bon gros actionner débridé avec Jason Statham. Que demande le peuple, sinon du pain en plus de ça ? C’était fun, à la limite de la façon dont la licence vidéoludique Hitman aurait pu être traitée dans son approche des contrats. Ca vide le cerveau pour pas un rond ou presque et difficile d’en demander plus d’un film avec Jason.

3.5/5

Mechanic: Resurrection

La suite bien dispensable. Réalisée 5 ans plus tard pour une sortie direct-to-DVD, on se demande pourquoi les producteurs perdent leur temps avec ce genre de film (à défaut de perdre leur argent de toute évidence). Il faut vraiment des fans de Jason Statham comme mes parents pour oser aller mater ça de son plein gré. Restez sur l’impression du premier opus dont vous n’aviez jamais entendu parlé avant de lire cet article.

1.5/5

7 Days in Hell

Une espèce de docu-fiction sur un match de tennis qui dura une semaine entière. Avec Andy Samberg et Kit Harington dans les rôles des duellistes de la balle jaune. C’était vraiment drôle, complètement con en fait, mais avec des interviewés comme Serena (ou Venus) Williams qui en parle avec sérieux et les rebondissements complètement WTF, je dois avouer que si vous ne deviez consacrer que 45 min de votre temps à regarder quelque chose dans cette liste, ce serait sur 7 days in hell.

4.5/5

Gifted

Un petit film mignon, sans prétention mais qui marche 1000 fois mieux que les grosses machineries présentées plus tôt.

4/5

The Circle

C’est un peu la déception. Il s’agit d’un film qu’on m’a surement trop hypé comme Apple ft. Facebook ft. 1984. Au final, je le trouve assez moyen, pas assez développé dans la charactérisation de ses personnages, a fortiori celui d’Emma Watson. Je ne comprends pas spécialement ses motivations dans le film, à moins qu’elle soit une grosse sociopathe à tendance paranoïaque… Bref, déçu. Très déçu.

2.5/5

Colossal

Autant sur le principe, j’adorerais Colossal, autant sur le traitement, j’ai eu du mal à accrocher. Et c’est uniquement à cause de la bande-annonce qui markete le film n’importe comment. A savoir, une comédie. Il y a des éléments rigolos mais Colossal n’est en rien une comédie et ça m’a perturbé au visionnage car je n’étais pas dans le bon état d’esprit. C’est la raison pour laquelle je ne mettrais pas de BA et que je vous invite à vous faire votre propre avis. En soi, je le répète, Colossal est vraiment bon, que ce soit dans les thèmes abordés ou leur traitement à l’image, c’est juste dommage que tout soit foiré sur une comm’ hasardeuse.

2.5/5

Going in Style

Il s’agit d’un film de Zach Braff. Le type qui a fait Garden State. Et c’est là où le bât blesse. Car Braff est un auteur que j’apprécie, qui a son univers, un prisme sur le monde et le cinéma intéressant (dans le jargon, c’est un « indé »). Et Going In Style est d’une platitude sans nom. N’importe quel Yes Man aurait pu se coller à la réalisation et sortir le même film. Reste le casting 3 étoiles pour sauver ce film de la banalité.

2.5/5

King Arthur: The Legend of the Sword

Le plus gros échec au box office de l’année. Les raisons en sont variées: budget complètement délirant (genre 275M$ marketing compris!), Charlie Hunnam incapable de porter un film (hum… Pacific Rim anyone ?), thème qui n’inspire pas vraiment la nouveauté (la légende arthurienne…) et j’en passe. Et pourtant, en qualité de divertissement pure, je trouve que le film fait le job. Ou plus exactement, Guy Ritchie fait le job, dépoussiérant façon rock n roll le mythe d’Arthur comme il l’avait fait avec Sherlock Holmes. Alors oui, le film vire complètement cheesy série B fantasy, mais le fait est que ça marche et qu’on passe un bon moment. Il faut avouer que la bande son et le montage y sont également pour beaucoup dans mon appréciation du film. Bref, King Arthur ne mérite pas la descente en flammes qu’il a connue.

4/5

Spectre

Hormis Casino Royale, je dois avouer que l’ère Daniel Craig dans les chaussures de 007 me laisse de marbre. Je ne le trouve pas particulièrement adapté au rôle, ni investi dedans (confirmé par toutes ses déclarations) et surtout, les scénarios s’emberlificotent dans des tortueux chemins à base de références d’autres films (sérieusement, vous vous souvenez de Quantum of Solace vous ?). C’est exactement le même problème que pour Fast & Furious 8 dont je parlais plus haut. La sérialisation des films. Ou comment le cinéma vampirise la télévision sans en comprendre les rouages : 1 film tous les 4 ans, ce n’est pas la même chose qu’une série toutes les semaines. Personnellement, je ne me souviens pas de tout ce qui s’est passé dans les films précédant Spectre pour réellement piger ce qui s’y passe. En d’autres termes, je me suis bien ennuyé…

1.5/5

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Independence Day: Resurgence

J’avais entendu plein de mauvaises choses sur la suite d’ID4, et le bide au box office tendait à confirmer les dires. Mais bon, comme il est bon de se faire une idée par soi-même, j’ai entrepris de mater la résurgence qui fleure bon le décérébrage en règle. Pour poser les choses clairement, c’est moins bon que le premier (donc ça pose certaines bases rapport à votre propre système de valeurs) mais ça ne mérite pas le lynchage qu’il a connu. J’ai même été étonné d’apprécier certains moment du film. A ma décharge, vous avez pu constaté à quel point le mois de Septembre à rabaisser toutes les exigences que je pouvais avoir envers Hollywood. Donc, ID4-Resurgence, c’est pas le film de l’année, loin de là, mais ça remplit largement l’objectif d’une soirée pop-corn sans prétention, avec le cerveau aux abonnés absents. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise : c’est du Roland Emerich, ça casse pas trois pattes à un canard, mais ça fait le job… largement mieux que n’importe quel autre blockbuster de cet été !

3.5/5

Atari: Game Over

Ce documentaire s’adresse probablement avant tout aux trentenaires qui ont connu les glorieuses années Atari et qui s’intéressent un peu au milieu du jeu vidéo. Mais les jeunes feraient tout aussi bien de s’y intéresser, ils pourraient deux trois trucs intéressants sur leur média favoris. On suit donc les aventures d’une équipe d’archéologues du dimanche qui a décidé de retrouver les fameuses cartouches ET sur Atari 2600, le jeu le plus mauvais du monde qui aurait fait tellement honte à Atari que la société aurait décidé d’enterrer toutes les cartouches dans le désert. SAUF QUE. Il y a la légende urbaine et il y a la vérité. Et ce docu s’intéresse avant tout à débunker le mythe ET. Certes le jeu est pas terrible, mais de là l’enterrer… Alors on va revivre les années années Atari par l’intermédiaire d’interviews de gens de l’époque, ce qui nous permet de mieux comprendre comment se fabriquaient les jeux et comment la crise de 83 a réellement coulé Atari. C’est vraiment intéressant, historiquement parlant. On déplorera l’intervention de bouche-trous (genre l’écrivain de Ready Player One) et un manque de données plus techniques mais globalement c’était vraiment intéressant à regarder ! Et une fois que vous l’aurez vu et que vous comprendrez la manière dont ET a été fait, vous ne pourrez plus dire que c’est le jeu le plus mauvais du monde ni qu’il a coulé Atari !

4/5

Kingsglaive (Final Fantasy XV)

Pour être tout à fait franc, j’en avais rien à carrer de FFXV et c’est la curiosité de mater un film 3D made in Square Enix qui m’a poussé vers cette production. Je fais partie des rares défenseurs des Créatures de l’Esprit (rien que le fait de savoir que ce premier long métrage a entièrement été animé à la main sans recours à la motion capture devrait forcer le respect de chacun) et Advent Children a pour lui d’être joli à regarder. Mais ce Kingsglaive, il se positionne dans une stratégie cross-marketing douteuse pour « hyper » la future production vidéoludique (donc, pétri de préjugés sans fondement, je l’ai abordé comme tel). Et c’était d’autant plus mal barré qu’on se tape une scène d’exposition foireuse et un montage épileptique sur la première scène de bataille. Bref, ça partait hyper mal. Et puis, à ma grande surprise je me suis retrouvé happé par l’univers et les enjeux (même si le placement de produit Audi est scandaleux), les choses escalades assez vite, y compris la qualité de l’animation que scotche réellement quand tout se met à dégénérer et fait passer Warcraft pour du travail d’arabe. Hormis quelques plans foireux et des animations faciales parfois à la ramasse, il faut bien reconnaître que ça décolle la rétine et met à l’amende n’importe quelle production 3D du moment. Comme je le disais, on pourra déplorer un début beaucoup trop alambiqué et un univers complètement hermétique pour le néophyte mais une fois dedans, ça passe tout seul. On notera également l’absence de personnage féminin fort et des retournements de situation prévisible. Mais force est de constater qu’il souffle un véritable souffle épique sur le film et qu’on passe un agréable moment. Et vous savez quoi, si j’en avais rien à carrer de FFXV avant, je suis désormais hyper hypé et j’ai hâte qu’il sorte sur PC (genre dans 150 ans) ! Ils sont forts chez Square Enix, ils sont forts…

4.5/5

Nerve

Là encore, c’était pas gagné d’avance vu je n’apprécie pas particulièrement l’actrice Emma Roberts ni son partenaire de jeu. Pas plus que j’apprécie le jeu « Action ou Vérité ». Où les réseaux sociaux de manière générale. Donc, bon, j’y allais à reculons. Au final, c’était moins nul que ce à quoi je m’attendais, voire même c’était sympathique. Le sujet n’est pas forcément nouveau sur les dérives des réseaux sociaux, de la quête de buzz, sur les réseaux underground… Le film a pour lui une certaine fraîcheur dans la mise en scène, surtout au début. Après, on va pas se mentir, c’est clairement un film pour ado et, en soi, c’est cool de voir qu’on commence à voir le bout du tunnel des adaptations de bouquins.

2.5/5

Mr Church

Comme tous les enfants des années 80, Le Flic de Beverly Hills trône assez haut dans ma liste de films les plus vus et les plus appréciés de l’époque. Eddy Murphy est un acteur que j’apprécie dans cette décennie, avant qu’il s’enlise dans des films à l’humour douteux. Depuis plus de 10 ans, j’ai boycotté tous ses films jusqu’à Mr Church dont la bande annonce m’avait intrigué. Il s’avère que Mr Church est un film incroyablement humain et qu’Eddy Murphy y trouve sa rédemption à mes yeux. La force du film, c’est son côté « vrai »  (très loin des « hé mec ») et c’est pour ça que ça marche et c’est un coup de cœur.

4.5/5

Stranger Things

J’ai enfin pris le temps de regarder la série phénomène de cet été et je dois admettre que ça mérite amplement le buzz qu’elle a reçu. Tout est absolument génial. L’histoire, l’ambiance, la musique, les acteurs, les références, le rythme… TOUT. C’est à voir absolument, point barre ! Je nuancerai toutefois mon propos en pointant du doigt la prestation de Wynona Rider beaucoup trop « over the top » et un abus de références qui passent de « oh, je vois ce que vous avez voulu faire » à « oh, c’est bon, on a compris, vous pouvez les faire moins obvious s’il vous plait ». Mais à part ça, c’est une vraie perle ! Qu’il va être long d’attendre la saison 2 de la série des Duffer brothers…

4.5/5

Bad Moms

Encore une comédie sortie un peu de nulle part qui a trusté le box office américain. Je me demande si c’est pas finalement symptomatique de l’effet « on essaie – pour une fois – de vous proposer d’un scénario qui soit vaguement différent et non une suite, reboot, préquel, remake », ce genre de petites surprises au box-office. En tout cas, c’est largement plus rigolo que de voir des mecs en collants faire de la bagarre. Il n’y a rien de particulièrement novateur, c’est finalement assez bien pensant, mais ça fait le boulot de vous divertir pendant une heure trente.

3/5

Imperium

La carrière post-Harry Potter de Daniel Radcliffe frôle le sans faute ou presque (Now You See Me 2). Imperium ne déroge pas à la règle et, s’il n’a pas la puissance d’American History X, Imperium dévoile la facette trumpesque des USA avec tout ce qu’elle peut avoir d’effrayant : les neo-nazis. C’est assez intéressant à voir et de réaliser le large spectre d’intolérance et de groupuscules différents tous plus frappés les uns que les autres dans leur haine aveugle. Le scénario manque un poil de tension pour être réellement parfait mais Radcliffe et les enjeux du terrorisme interne portent le film. A voir !

4/5

Batman: The Killing Joke

The Killing Joke est l’un des comics fondamentaux de Batman, aux côtés de Long Halloween ou The Dark Knight. Un chef d’oeuvre quasi-inadaptable sur un autre support. Et pourtant, avec la nouvelle ligne éditoriale sombre des films DC, la branche dessins animés a dû se dire que c’était une bonne idée de faire l’adaptation maintenant. Et le résultat est une purge sans nom ! C’est long, c’est chiant, ça prend des libertés loufoques avec le matériau de base, ça n’a absolument pas le côté subversif de la plume d’Alan Moore… C’est nul ! A jeter !

0.5/5

The IT Crowd

Je me suis refait une fois de plus l’intégrale de la série anglaise qui a inspiré The Big Bang Theory (et qui, très accessoirement, met KO la série US dès la première vanne sans lui laisser la moindre chance – oui, je ne suis pas hyper fan de TBBT). Je suis hyper fan de The IT Crowd, c’est une véritable merveille malheureusement trop courte (6 épisodes par saison seulement) Si vous ne l’avez pas vue, arrêtez ce que vous êtes entre train de faire et matez-la illico ! Vous réaliserez à quelle point votre vie était terne avant !

5/5

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Affiche

How I Live Now est un film réalisé par Kevin MacDonald (Jeux de Pouvoir) avec Saoirse Ronan (Hanna) et d’autres jeunes acteurs inconnus au bataillon, adapté du roman éponyme de Meg Rosoff.

Daisy, une adolescente new-yorkaise, est envoyée chez ses cousins anglais pour les vacances. Se retrouver dans le trou du cul du monde va lui faire une drôle d’impression, jusqu’à ce qu’elle s’ouvre peu à peu aux autres et à l’amour. Mais la réalité va rapidement rattraper les adolescents et leur rêve vole en éclat quand explose la troisième guerre mondiale.

Saoirse Ronan est une actrice que j’aime bien en dépit de son prénom irlandais imprononçable. Je n’irai pas jusqu’à dire que je materai tous les films où elle est annoncée au casting, mais il est fort probable que je n’aurais jamais prêté attention à ce film si elle n’y avait pas le rôle titre. En revanche, l’affiche fut suffisamment classe pour attirer mon œil averti.

Inutile de dire que je n’ai jamais lu le roman, la Young Adult étant bizarrement un genre littéraire que je consomme plutôt sous forme de manga. Il faut dire aussi que je suis plein de préjugés sans fondement à cause de Twilight et que je ne passe jamais par ces rayonnages quand je suis dans une librairie. Je n’avais donc qu’une vague idée du propos abordé par le film et ce fut avec une candeur ouverte d’esprit que je mis la galette dans le lecteur.

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Photo Saoirse Ronan

Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps, j’ai adoré ce film. Bien évidemment, il est largement porté par le talent de la jeune actrice qui nous livre une prestation changeante avec l’évolution de son personnage, mais toujours avec justesse. Rebelle, heureuse, abattue, battante, survivante… On s’accrochera au personnage comme rarement, au point d’activer un processus d’identification fort et se mettre à sa place, dans des situations littéralement cauchemardesques.

Si j’aime à faire la guerre devant mon écran d’ordinateur, c’est justement parce que c’est le concept de guerre est une chose parfaitement abstraite, nourrie à l’héroïsme de la fiction où le gentil gagne à la fin et où personne ne meurt réellement. J’ai déjà du mal à assassiner une araignée sans être pris de remords (c’est ptête pas très joli, mais même dans un coin une araignée c’est toujours utile pour bouffer des trucs gênants comme – au hasard – des moustiques) alors faire la guerre pour tuer des gens qui ne m’ont rien fait sous des prétextes plus ou moins fallacieux d’une poignée de dirigeants en soif de terres, pouvoir, reconnaissance ou pire par simple fanatisme… Croyez bien qu’en allumant le poste et en tombant sur les informations, je remercie ma bonne étoile d’être nez dans un pays qui ne connaît pas la guerre. Et parmi les choses qui me font réellement peur dans la vie, c’est l’escalade d’un conflit débile dans un coin du monde qui viendrait à déborder là où je vis. C’est tout simplement effrayant !

Et la force de How I Live Now est de nous plonger dans cette horreur et de voir la façon dont des vies normales s’en retrouvent affectées. C’est profondément tragique et viscéralement prenant. Et dans le cadre du film, nous ne voyons que le spectre réduit des conséquences sur une campagne anglaise reculée et une poignée de vies aussi anonymes que les acteurs qui les incarnent. Une guerre anonyme par des anonymes, à l’image des conflits de notre siècle.

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Photo Saoirse Ronan

L’autre vrai force du film se situe au niveau de la réalisation sobre. Kevin MacDonald est aussi un réalisateur de documentaires et pose une caméra détachée des situations, une observatrice objective qui se contente de relater les faits sans artifices. La lande britannique est sublimée par la lumière et sa beauté surréaliste rajoute à l’angoisse de cette solitude post-apo.

Dernière note sur la musique, discrète, romantique et tragique. Un autre bon point.

J’ai oublié de mentionner qu’au delà de montrer intelligemment la guerre et sa cruauté, How I Live Now est aussi le récit initiatique de l’adolescence et une romance sans trop de mièvreries (bon, un peu quand même – mais quand on a 16 ans, l’amour est un vecteur de survie suffisamment puissant pour justifier sa mise en avant). Même les plus réfractaires au genre teen-movie devraient être conquis, ou tout du moins devraient se laisser le bénéfice du doute et s’y intéresser.

How I Live Now (Maintenant c'est ma vie) : Photo Saoirse Ronan

Vous l’aurez compris How I Live Now est l’un de mes derniers coups de cœur en date ! Pour ce qui représente, pour son actrice, pour sa puissance émotionnelle, pour sa justesse à nous plonger dans l’horreur de la guerre, ce film est à voir !

Même si la bande-annonce ne spoile rien de particulier, je ne peux que vous conseiller de découvrir le film sans l’avoir vue, afin de pleinement profiter de l’impact de la troisième guerre mondiale sur les personnages, et sur vous…

Tous les dimanches, je mets en ligne une source d’inspiration pour l’écriture de mon roman Lithium Breed. Ca peut être une photographie, une chanson, une phrase… Par contre, je dis pas pourquoi ou pour quoi ça m’a parlé et la façon dont c’est digéré dans l’écriture : c’est juste pour le plaisir des yeux et/ou des oreilles (et vilement faire revenir les habitués aussi le dimanche !).

C’est parfaitement inutile, donc parfaitement indispensable.

Aujourd’hui : Derniers Tourments, un documentaire de Un jour, un destin par Dominique Fargues.

Si vous avez 1h20 à y consacrer. Rien de sensationnel après plus d’un an de lecture de mon côté, mais c’est toujours intéressant d’entendre sa voix… Même s’il a le mérite d’être en français, Final Days m’a été finalement plus utile avec ses notes de production.

Marilyn Monroe: the Final Days est un documentaire diffusé à la télévision américaine en 2001 qui retrace donc la vie de l’actrice dans son dernier semestre.

Suite au démarrage de mon nouveau projet d’écriture, je fais un certain nombre de recherches pour étayer mes notes et ainsi avoir le plus de justesse dans ce que j’écrirai. J’avais mentionné dans cet article que j’avais eu l’idée de ce roman en voyant une photographie de Marilyn Monroe. Je me suis donc attelé à en apprendre un peu plus les faits concernant la fin de sa vie. Parce qu’honnêtement, entre suicide, accident ou meurtre, chacun est en droit de penser ce qu’il veut, mais avoir un peu d’eau à apporter à son moulin pour éviter d’écrire n’importe quoi, ça ne se refuse pas.

Les documentaires et livres sur la mort de Marilyn Monroe ne manquent pas. Mais pour l’instant, ce n’est pas son décès qui m’intéresse, je voulais avoir un aperçu de son quotidien et de sa vie, non une analyse clinique avec des interviews contradictoires de médecins légistes. Pour le coup, The Final Days remplit parfaitement son cahier des charges. La mort de Marilyn Monroe est bien évidemment abordée, mais pas détaillée et reste somme toute assez floue pour largement privilégier la thèse de l’accident sur celle du suicide ou de l’assassinat politique. Mais j’y reviendrais.

J’ai donc appris énormément de choses sur l’actrice. Je ne suis pas certain de pouvoir les replacer autour d’une machine à café ou lors d’un dîner mondain, mais le documentaire se révèle très précis sur les derniers mois de sa vie et son emploi du temps, quasiment au jour le jour.

Au début de l’année 62, Marilyn n’est pas vraiment en disgrâce mais son dernier film n’a pas été à la hauteur des espérances de la Fox, pour qui elle doit encore un film. Comme Marilyn est désormais une star, elle est en droit d’exiger un réalisateur et possède un droit de regard sur le scénario. Etrangement, elle choisit George Cukor – qui après son expérience sur Milliardaire la déteste cordialement – et le remake d’un classique, Something’s Got To Give. Un film dans lequel un homme se remarie après avoir cru que sa femme était morte ; la dite femme revient 5 ans plus tard. Le film aura comme autres stars le duo Dean Martin et Cyd Charisse qui jouent le mari et la nouvelle femme.

Il faut également savoir que la Fox en a un peu marre de Marilyn et ses caprices de diva, essentiellement dus à des prises de retard quand l’actrice ne se présente pas sur le plateau pour une raison ou une autre (et comme le temps, c’est de l’argent…). Elle veut donc mettre en boite Something’s Got To Give le plus vite possible, surtout pour engranger des nouvelles recettes et palier au gouffre financier que creuse jour après jour le tournage pharaonique de Cléopâtre avec Elizabeth Taylor (qui se pose aussi là, en termes de caprices de diva…).

Le documentaire s’attache, grâce à des interviews de personnalités de l’époque et des images d’archives, à présenter la vie de Marilyn dans ce cadre particulier. Il apparaît que la starlette possède une santé fragile et que les jours où elle ne se présente pas sur le plateau sont… nombreux. Le réalisateur enverrait bien tout balader, mais lui aussi doit encore un film à la Fox. Bon gré, mal gré, il se débrouille pour tourner des scènes sans Marilyn.

Le tournage prend du retard, jusqu’au moment où la Fox prend les devants et vire l’actrice principale. Celle-ci se défend, obtient gain de cause… Je vous passe les détails, mais durant le mois de juillet, les projets de l’actrice étaient tels que – même déprimée, même bi-polaire – la thèse du suicide m’apparaît peu probable une fois le documentaire vu.

Quant à la thèse de l’assassinat politique pour ses relations avec les Kennedy (notamment intimes avec Robert, le frère de JFK) n’est guère étayée. Chacun se fera sa propre idée, notamment avec la décision de Marylin de se rendre à l’anniversaire du président pour chanter dans cette robe à se damner, contre l’avis de la Fox et celui de Jackie Kennedy.

Le documentaire permet aussi de rentrer un peu dans son intimité, notamment dans la relation qu’elle entretenait avec son psychiatre Ralph Greenson (qu’elle voyait tous les jours), avec sa bonne, avec sa coach d’acting, avec les comprimés et le champagne, avec ses insomnies… Bref, une mine d’informations pour mon projet en cours. Le documentaire s’attache cependant trop peu à l’état émotionnel de l’actrice, à sa vie privée, ses aspirations professionnelles et à ses obsessions (notamment vis-à-vis de son âge et de son corps). Ce dernier point ayant sans aucun doute poussé l’actrice à se volontairement dénuder pour montrer que oui, à 36 ans, elle était toujours un sex-symbol… La fameuse scène de la piscine. Les photos ont fait le tour du monde et la Fox tenait réellement un film avec un marketing tout assuré si ses dirigeants avaient été moins obnubilés par le naufrage de Cléopâtre.

Marilyn Monroe: The Final Days est – de mon point de vue d’ancien néophyte sur la star – un excellent point d’entrée pour comprendre le plus justement/objectivement les derniers jours de sa vie, et la façon dont le tournage de son dernier film les a affectés. Une façon de voir la Marilyn derrière la Marilyn, plus resplendissante et tourmentée que jamais…

A noter que le documentaire est narré par James Coburn et s’accompagne d’une version montée des rushs de Something’s Got To Give, un film qui ne verra jamais le jour… enfin sous cette forme.