Articles Tagués ‘Die Hard’

The Raid : affiche

The Raid est un film écrit et réalisé par Gareth Evans avec Iko Uwais et plein d’autres acteurs indonésiens.

Dans un Jakarta que j’espère sincèrement fictif, un baron de la drogue règne en maître sur son quartier et plus particulièrement sur son immeuble. Lassés d’être pris pour des guignols, la police envoit une équipe d’élite à l’assaut du bâtiment pour déloger le vilain. Sauf que l’équipe d’élite est composée de bleusailles inexpérimentées, que le vilain savait qu’il allait se faire attaquer et que l’expédition vire à la boucherie. Reste un homme plus doué et plus malin que les autres qui entend bien remplir sa mission, quitte à buter jusqu’au dernier des types dans ce building !

Comme tout à chacun, j’apprécie les films qui ne nécessitent qu’une portion congrue de mes facultés intellectuelles. The Raid fait partie de ceux-là. Après tout l’affiche française annonce clairement la couleur : action, action, action ! Du gunfight, des arts martiaux, de la bravoure, de l’héroïsme, des méchants très méchants, un gentil qu’il faut pas emmerder et 16 étages d’adrénaline.

The Raid : photo

J’ai un peu laissé passer la hype autour du film pour ne m’y intéresser qu’à l’approche de sa suite dont la chronique est prévue pour les jours à venir. J’ai donc pris le film loin de la vague, avec un peu de recul et sans en attendre grand chose. Et bien, je suis bien obligé d’admettre que son statut culte n’est pas forcément volé et qu’il envoie sérieusement du pâté ! Les amateurs d’action débridée devraient frôler l’orgasme. L’action est impressionnante, les combats ultra-dynamiques et le scénario sous haute tension. Je m’attendais à une pauvre excuse pour filmer de la tatane, il s’avère nettement plus riche que la promesse du film hydrocéphale que le marketing s’est acharné à nous vendre.

Inconnu au bataillon des films d’action, Gareth Evans est loin d’être un manche dans sa mise en scène ! Ses combats filmés en espaces réduits (des couloirs pour la plupart) sont chorégraphiés avec brio et une brutalité simple et efficace. Iko Uwais est une véritable révélation, comme le fut Tony Jaa à son époque, et prouve qu’il n’est pas venu pour enfiler des perles. C’est violent et on en tire un plaisir immédiat. Le réalisateur semble maîtriser à la fois le style américain et la virtuosité des asiatiques (au hasard, Tsui Hark), au point de rendre ses scènes d’action aussi percutantes que baroques. Le piège de ce genre de film est de déraper dans la surenchère ou le fan service, Evans a eu l’intelligence de conserver un ton sérieux tout au long de son film et de ne jamais relâcher la pression sur son oeuvre.

The Raid : photo

The Raid rentre directement dans le panthéon des actioners en huit-clos maîtrisés, aux côtés de Die Hard. Pas de chance pour Dredd sorti plus ou moins au même moment avec plus ou moins le même pitch (ceci étant dit, j’ai toujours beaucoup d’affection pour ce Dredd que je continue de recommander). J’en profite également pour citer Attack The Block dans un autre genre mais tout aussi intéressant. Par contre, en France, on a le droit à La Horde

On peut raisonnablement dire que personne n’attendait The Raid et qu’il est devenu un classique du genre sans voler sa place. Démesuré, fou, excitant, inventif, grandiose, génial, hypnotisant, viscéral, explosif… les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce film et aucun ne verse dans la complaisance. The Raid est un indispensable du film d’action qui file un sérieux coup de vieux à ses prédécesseurs et une énorme pression pour qui voudrait prendre sa suite. A voir d’urgence !

Die Hard : belle journée pour mourir : affiche

Die Hard 5 ou A good day to Die Hard ou Une belle journée pour mourir est un film réalisé par John Moore (Max Payne), avec Bruce Willis (Hudson Hawk) et Jai Courtney (Jack Reacher).

John McClane va chercher son fils en Russie. Sauf que son fils fait partie de la CIA et qu’il avait pas besoin de papa. Mais comme ça va mal tourné, John va pouvoir redonner du Yippie-kay-yay motherfucker à qui veut l’entendre…

Honnêtement, j’attendais rien de ce nouveau Die Hard, convaincu de faire face à un nouvel étron du gabarit du précédent. J’avais pas tout à fait tord. En fait, il est pire ! Mais bon, comme j’avais décidé de passer une bonne après-midi au cinéma, j’avais laissé mon cerveau dans la boite à gants. Die Hard 5 est un gros actionner moisi sans grand intérêt, limite, je crois que je m’amuserais plus en matant le futur GI Joe 2.

Alors oui, je vais tirer sur l’ambulance, mais regardons un peu les CV des personnes attachées à la réalisation de ce film. John Moore déjà. Le responsable de Max Payne. Il n’avait pas fait de film depuis celui-ci et force est de constater que les années de disgrâce ne lui ont pas donné l’opportunité d’apprendre à se servir d’une caméra. C’est bien simple, il n’y a aucun sens du rythme ! En témoigne cette course-poursuite interminable dans les rues de Budapest (enfin, Moscou dans le film) où on passera plus de temps à compter les Porsche détruites qu’à s’intéresser au sort des protagonistes. Un exemple parmi tant d’autres. John Moore était un nom interchangeable et quand on sait que celui du réalisateur de Drive était un moment dans la short-list, on a un peu mal à son sens esthétique…

Die Hard : belle journée pour mourir : photo Bruce Willis, Jai Courtney

Mais comme je fais partie des gens qui ne jugent pas un film à la qualité de sa réalisation mais à celle de son scénario, je me dis que John Moore a peut-être fait simplement ce qu’il a pu avec ce qu’il avait. Au scénario, on retrouve Skip Woods. Déjà, un type qui s’appelle « Skip », j’ai pas forcément confiance. Ensuite, quand on s’intéresse de plus près à sa filmographie, on retrouve :

  • The A-Team
  • Hitman
  • X-Men Origins: Wolverine
  • GI Joe: l’Eveil du Cobra (que je vais regarder bientôt, j’en salive d’avance)

Ca fait rêver hein ? Que de l’actionner décérébré sans une once de talent pour ceux que j’ai vu. Je ne comprends pas qu’on le signe encore après le bide critique de X-Men ! Au regard de ce qu’il a fait avec la licence Die Hard, on ne peut que se dire qu’il n’a tout simplement jamais vu un épisode de la série ou que, s’il la fait, il n’a pas compris ce qu’était l’essence d’un Die Hard. Vu que le script est passé, on peut aussi se dire que ses producteurs ne savent pas non plus ce qu’ils font et que Bruce Willis est en manque de fonds pour signer sans s’intéresser d’un peu plus près à son personnage culte.

Die Hard : belle journée pour mourir : photo Bruce Willis

Non, même avec un cuir, tu ne fais pas jeune ! Assume, bordel !

Petite liste des indispensables d’un Die Hard qu’on ne retrouve pas dans ce « scénario »:

  • John McClane est flic (là, il est quoi ? à la retraite ?)
  • John McClane est désabusé, mal en point, alcoolique, cynique
  • John McClane est au mauvais endroit au mauvais moment (sans vouloir être vexant, il était pas obligé d’aller en Russie)
  • John McClane n’a pas de besoin de sidekick (Samuel L Jackson ne compte pas… mais quel idée de lui accoler son fils bodybuildé !)
  • A partir d’un moment, le méchant en veut personnellement à John McClane (autant dire que le méchant n’en a rien à branler de McClane, père ou fils)
  • John McClane souffre mais tant pis (là, c’est son fils qui prend cher)
  • Un Die Hard, c’est une unité de temps et de lieu (et ça, désolé, mais c’est la base !)

Ce n’est qu’un florilège parmi des centaines de détails pourris. D’autres ont le même avis que moi…

En d’autres termes, c’est un ratage complet, depuis la caractérisation des personnages jusqu’à la construction de l’histoire (dont on se fiche complètement).

Bruce Willis a l’air de s’emm… comme un rat crevé. Je ne dis nullement qu’il est trop vieux pour ces conneries, parce que papy Willis aurait encore des aventures à raconter dans ce rôle ; je pense qu’il a simplement conscience qu’il est en train de tourner un film à gerber et que cet air crispé et détaché qu’il arbore en permanence, c’est juste qu’il se retient de dégobiller. Il n’est tout simplement pas concerné par ce qui se passe autour de lui…

Petite note sur la version française. Même ça, c’était raté. Enfin, d’ordinaire, c’est souvent raté. Mais on se souviendra que le premier opus avait une VF différente et appréciable. Là, son doubleur officiel (Patrick Poivey) cabotine à mort et en fait des caisses, tant et si bien que ça en devient carrément insupportable !

N’y a-t-il rien pour sauver ce film ?

Die Hard : belle journée pour mourir : photo Yuliya Snigir

Non… Rien, désolé. L’image de Yuliya Snigir, c’est juste une excuse. Comme dirait Gandalf : « Fuyez, pauvres fous ! ». Pour apprécier Die Hard 5, il faut s’imaginer en train de mater une émission de téléréalité sur NRJ12 et se dire que finalement, ya pire…