Articles Tagués ‘Denis Villeneuve’

Assassin’s Creed

Dans un premier temps, je tiens à dire que je n’ai jamais joué aux jeux vidéo éponymes et que je ne connais pas leur mythologie, je juge donc l’oeuvre cinématographique pour ce qu’elle est en tant que telle, non dans sa filiation. Dans un deuxième temps, c’est très mauvais. Voilà. Trop d’effets spéciaux tuent les effets spéciaux, l’histoire est fumeuse au possible, les choix de réalisation pas toujours heureux (bordel de pompe à queue, arrêtez les ultra-cuts dans les scènes d’action !), les personnages bien moisis et niveau cohérence, on se posera là. En soi, l’animus est un concept bien foireux : quelle est l’intérêt de fabriquer d’une telle machine sinon pour se la péter à l’écran ? Un caisson à la Source Code aurait tout aussi bien marché… Et la mémoire génétique qui transforme un inspecteur des impôts en assassin en 3 minutes, j’ai du mal à y croire. Le personnage de Lynch est risible et montre une fois de plus le pouvoir de l’acteur sur le scénario : genre, je suis un tueur mais j’ai buté juste un mac de prostituées, donc techniquement, je suis gentil hein. C’était si compliqué de faire du protagoniste un mec vraiment sale en quête de rédemption dans sa seconde vie ? La construction globale du film ne marche pas non plus ; rien qu’avec le premier tableau qui impose 3 minutes de lecture pour présenter les Templiers et les Assassins, je savais que cette nouvelle adaptation de jeu vidéo serait ratée. Assassin’s Creed, le cyberpunk du pauvre. Assassin’s Creed, le Da Vinci Code avec du parkour. Assassin’s Creed ou la preuve que dans les mains d’exécutifs, même affiliés à Ubisoft, un film sera toujours pas terrible.

0.5/5

Arriety, le petit monde des chapardeurs

Comme toujours les studios Ghibli pondent des merveilles. Celui-ci en fait partie. Certes, on n’est pas dans la même catégorie que Mononoke Hime ou Chihiro mais le travail reste impeccable. La grande force, à mon avis, des productions Miyazaki est de réussir à mettre en valeur le quotidien, la fameuse tranche de vie, et d’en sortir des émotions. On regrettera le message écologique bien trop appuyé pour être subtil, mais bon, des fois y aller avec ses gros sabots est le meilleur moyen de se faire entendre.

4.6/5

Loserville

Depuis le temps, cela n’aura échappé à personne que je mate à peu près tout ce qui me tombe sous la main dans la catégorie « Teen Movie ». Loserville est un film de plus à ajouter à la collection. Il n’est pas exempt de défauts (genre la gueule des acteurs trentenaires…) et certains partis pris font des fours à l’écran (la vie fantasmée du protagoniste), mais certaines approches de la condition adolescente sont traitées avec suffisamment de finesse pour le faire sortir un peu du lot. Il a aussi le bon ton de nous éviter la scène cliché de la Prom Night ou la relation amicale qui dérive en sentiments.

2.5/5

Stick It

J’en attendais rien. Mais comme vous le savez déjà, j’adore les films sur le sport. J’en avais jamais vu sur la gymnastique, c’est le côté « teen » qui m’y a poussé. J’ai été agréablement surprise, tant sur la qualité de la réalisation que sur le propos. Un film par une scénariste et réalisatrice (Jessica Bendinger, celle de Bring It On) qui met en avant des figures féminines fortes et un sport assez méconnu, notamment sur les sacrifices qu’il impose et la rigidité qui régit ce milieu. A voir !

4.5/5

Miami Vice

Je ne suis pas un hyper fan de Michael Mann et de ses ambiances. Les goûts et les couleurs. Mais j’étais curieux de voir l’adaptation de cette série culte des années 80. J’ai eu du mal à rentrer dedans. Mann certes, mais surtout la façon d’aborder le sujet loin de la New Wave et des T-Shirts fluo des années 80’s. C’était trop sombre, ça manquait de la légèreté de la série original et surtout, bah sur 2 heures de film, on passe peut-être 30 minutes à Miami… Bref pas ma came.

1.5/5

Office Christmas Party

Visiblement un film qui surfe sur la vague initiée par Project X et les films de fête géante qui dégénère. Allez, c’était sympatoche malgré certains acteurs qui en font des caisses (genre Kate McKinnon qui se jimcarreyse dans tous ses films).

3/5

Why Him?

Ca cassait vraiment pas trois pattes à un canard. Mais bon, y’avait des moments qui prêtaient à sourire. Par contre, je crois vraiment que Hollywood n’a aucune idée de ce qu’est la réalité d’une entreprise de jeu vidéo…

2,5/5

Freaky Friday – Double Dose

Ca faisait un moment que je voulais regarder ce « classique » de la comédie pour adolescents. Et lors de mes recherches, voilà que je découvre que Freaky Friday avec Jamie Lee Curtis et Lindsay Lohan est en fait le remake d’un film avec Jodie Foster ! Du coup, j’ai décidé de faire un truc inédit : mater l’original et le remake coup sur coup. Les deux versions ayant plus de 25 ans d’écart, ça semblait justifié. Et puis le plus mauvais n’est pas forcément celui qu’on croit. Franchement, en dépit d’un caractère un peu daté, j’ai pris énormément de plaisir à mater l’original. Ca m’a surtout rappelé à quel point le cinéma 70’s était décomplexé tout en suivant les codes du moment : intro en dessin animé, interminable course-poursuite en bagnole à la fin, gags visuels complètement foufou (vous avez un exemple dans la mini bande annonce avec la voiture de flic qui se coupe en deux)… On sent bien aussi le côté féministe refoulé qui essaie de marquer des points au milieu des années 70. Après, je vais pas mentir, le film parle à ma corde sensible et voir une image un peu pourrie, des vraies cascades, des musiques un peu cheesy, ca m’a rappelé mon enfance où je matais tout et n’importe quoi dans le vidéo club (et j’ai été pris d’une soudaine nostalgie pour les films de Terrence Hill et Bud Spencer (littéralement mon péché mignon quand je reviens en France et que j’ai accès aux chaînes câblées) par exemple).

J’aurais bien aimé craché sur le remake à base de « c’était mieux avant » mais force est de constater que c’était moins terrible que ce que la bande-annonce laissait présager. C’est certes plus moderne mais ce qu’on perd dans le propos initial (clivage parents/enfants sur leurs tâches respectives) on le gagne dans les acteurs qui, de mon point de vue, jouent mieux l’inversion des rôles. Après, j’ai un faible pour Lindsay Loan dans sa période Disney (Mean Girl quoi !) donc ça joue forcément. La nouvelle version est aussi nettement plus cousue de fils blancs à mon sens.

L’original: 4/5

Le remake: 3.5/5

Arrival

Arrêtez tout ! Prenez votre carte bleue, allez dans le magasin culturel de votre choix et procurez-vous la galette de Arrival ! Ce film est une claque magistrale ! Scénario, réalisation, musique, propos, acteurs… Tout, absolument tout est incroyable ! Je n’avais pas été aussi pris dans un film depuis trèèèèèès longtemps. J’étais passé à côté de la hype en dépit de tout le bien que je pense de Denis Villeneuve, pour attendre d’être dans le bon état d’esprit et wow, quelle claque. Je suis passé dans tous les états, entre l’appréhension, l’angoisse, l’euphorie et la mâchoire par terre en regardant ce film. Tout est juste, et extrêmement réaliste géopolitiquement parlant. Le scénario tout en subtilité réussi tour à tour à vous faire perdre foi en l’humanité et à vous y raccrocher. Villeuneuve est vraiment un grand réalisateur, et après Enemy et Sicario, je pense sincèrement que la suite de Blade Runner et le reboot de Dune sont en de bonnes mains !

10/5

Pas de bande-annonce, décrouvrez-le !

Enemy : Affiche

Enemy est un film de Denis Villeneuve (Prisoners) avec Jake Gyllenhaal (Source Code), Mélanie Laurent (Inglorious Bastards) et Sarah Gadon (Cosmopolis) sur une adaptation de la nouvelle José Saramago.

Professeur d’université discret Adam mène un peu une vie plan-plan avec ce qui semble être sa fiancée Mary. Par un truchement scénaristique catapulté, il découvre son sosie parfait dans un film. Particulièrement perturbé par cette découverte, il commence à observer la vie de cet homme et s’immisce peu à peu dans sa famille. Mais son double Anthony n’est pas moins troublé par Adam et entend tourner la situation à son avantage !

En premier lieu, je tiens à vomir sur l’affiche française, sans intérêt ni attrait. Dans la mouvance des films un peu tordu façon La Moustache. Je lui préfère sa version outre-atlantique nettement plus stylée et plus en phase avec le caractère du film.

Commençons avec le point négatif. En dépit d’une photographie bien chiadée et d’une mise en scène efficace, le rythme du film souffre d’une neurasthénie extrême qui risque d’avoir raison des plus motivés des spectateurs. C’est pas lent « contemplatif », c’est lent « chiant ». C’est d’autant plus dommageable que le film est réellement tordu, donc qu’il nécessite une attention constante pour essayer de comprendre ce qui se passe, les enjeux des personnages, le vrai du faux et – pour les plus motivés – le sous-texte.

Je n’ai pas lu la nouvelle du Prix Nobel de littérature qui a inspiré ce film, je peux donc difficilement comparer l’avant/après et dois me contenter de ce que j’ai sous la main : le film. Je n’en avais jamais entendu parler avant de le voir, je me suis passé de la bande-annonce pour faire confiance au simple pitch qui proposait une histoire de double et à l’affiche avec l’araignée qui marche sur la ville. Au moment du générique de fin, je pense avoir été comme tout le monde à me demander si l’oeuvre de Villeneuve tenait du pur génie ou d’une vaste perte de temps (je le rappelle, le film est très très lent).

J’ai décidé de faire une chronique sans spoiler, à l’image de Triangle, donc je me passerai d’analyse poussée afin que, comme tout le monde, vous ayez le plaisir de vous creuser les méninges pendant des heures en vous demandant comment mettre en place toutes les pièces du puzzle. Car déjà que l’histoire du double parfait est un poil difficile à accepter et à remettre dans le bon ordre, s’ajoute par dessus une couche fantasmagorique avec la symbolique de l’araignée et les références aux régimes dictatoriaux et schémas qui se reproduisent. Pourtant tout est dans le film, et ce qui paraît « caché », « obscur » voire « abscons » s’explique finalement de lui-même pour peu qu’on analyse parfois au premier degré ce qu’on voit.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal

Miroir, mon beau miroir, appuie la notion de double dans mon film…

J’ai longtemps cru que le film cachait une invasion d’araignées venu de l’espace pour contrôler les esprits humains sous le couvert d’une dictature sournoise et de fabrication de clones… Mon côté amateur de séries B et science-fiction se voyant excité par l’affiche US et certains plans du film. Que nenni, je vous le dis. Parfois, il suffit de rester terre à terre et d’embrasser des thèmes plus simple comme la dualité, la fidélité, l’engagement, l’inconscient, les pulsions, les femmes, l’adultère…

Il est plus que fort probable qu’un deuxième visionnage pour saisir chacun des allusions et messages s’impose, pour remettre en perspective la notion de double et comprendre l’histoire. Ceci fait, vous prêcherez comme moi pour la diffusion de ce film comme étant l’une des oeuvres cinématographiques les plus percutants de l’année 2014 !

Il faut saluer la prestation de l’acteur principal, réellement impressionnante dans le double rôle (maintenant que j’y pense, j’ai aussi eu envie de voir le film à cause de Orphan Black…) et qui permet de ne pas vous endormir face à la lenteur du film. Sarah Gadon en épouse enceinte jusqu’aux oreilles est également parfaite et la composition juste de son personnage permet d’appréhender encore mieux l’histoire dans l’histoire. Le bémol ira définitivement pour Mélanie Laurent, une actrice avec qui j’ai du mal.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal, Sarah Gadon

Enemy n’est pas un film qui vous prend par la main. La main n’est même pas tendue vers vous. Ce n’est même pas un film qui fait l’effort de vous rencontrer à mi-chemin. Non, il va vous falloir passer par plusieurs états d’incompréhension et vous presser un peu le citron pour le comprendre, et comprendre combien ce thriller est génial et intelligemment mené. Quoi qu’il en soit, je vous le recommande chaudement !

Note: La bande-annonce ne spoile pas comme certaines, vous pouvez y aller. Si vous êtes en peine dans l’analyse de film et si vous avez la flemme de lire d’autres interprétations via google, je vous laisserai des indices sur demande dans les commentaires.