Articles Tagués ‘DBZ’

Suicide Squad

J’avais lu et entendu un tas de choses sur Suicide Squad, et j’attendais la version longue avant de me prononcer, espérant un peu l’effet Batman v Superman (à savoir un truc moins bousique que prévu). Du coup, j’ai vu et… C’EST UNE PURGE ! C’est très mauvais ! Il y aurait tant et tant à dire sur ce film qu’il me faudrait des heures pour tout lister. Je ne comprends pas comment on peut se planter à ce point. Je ne comprends pas non plus comment après la descente en flammes que le film a connu à sa sortie on n’ait pas donné carte blanche à David Ayer pour remonter tout le film. Même moi qui n’ai aucun talent particulier, j’ai envie de remonter le film pour lui donner un semblant de sens ! Comment peut-on sincèrement laisser sortir un tel film ? Ca m’énerve, mais ça m’énerve ! Rien n’a de sens ! Rien ! Le personnage de Deadshot, la relation Harley/Joker, la dynamique de groupe, le montage pseudo « Gardians of the Galaxy », la Suicide Squad ! Mais dans quel cerveau il viendrait à l’esprit de créer une équipe avec un mec qui sait bien tirer, une folle, un crocodile pour arrêter – je cite – une menace équivalente à Superman ! Ca n’a aucun sens ! Quand l’Enchantress pète un câble, c’est pas Deadshot et sa bande de repris de justice qu’il fallait envoyer, mais CONSTANTINE ! A la rigueur Flash qui fait un caméo ! Nul, nul, nul ! La seule menace digne d’intérêt pour une telle équipe, ça aurait été juste le Joker alors que Batman se prenait des vacances en réunissant sa Justice League ! Aucun intérêt. Ca m’énerve ! Vous le sentez que ça m’énerve ? Et la musique, alors oui, la bande son est excellente, mais si je veux écouter de la bonne musique, je sors un de mes vinyles ! On a dit beaucoup de choses sur le Joker, mais Jared Leto est le seul mec investi dans son personnage et ça m’énerve d’apprendre qu’il a été coupé au montage pour laisser de la place à Will Smith et son Deadshot tout moisi et Harley Quinn (elle est cool, mais fait bien greluche de service). Saviez-vous qu’à l’origine, la relation Joker-Harley était plus proche celle canonique ? Une des scènes coupées où il a la gueule moitié arrachée aurait dû être à la fin où il vient pour chercher Queen mais décide de la planter pour la laisser dans sa cage. Je sais pas dans quelle mesure les costards cravate ont charcuté le scénario mais là on a affaire à une bande de sociopathes qui commence à se faire des calins et avoir deux doigts d’honneur l’un envers l’autre après trois minutes ensemble. Ca n’a aucun sens ! Même une saison complète des Mystères de l’Amour semble plus cohérente ! Ce film est un échec complet, une perte de temps et d’argent qui mérite une note spéciale :

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Doctor Strange

Le monde se divise en 2. Marvel et DC. Marvel domine haut la main de par les films qui sortent sur grand écran, DC propose des films d’animation qui n’ont rien à leur envier (pour la plupart). Pour le petit écran, je dirai que c’est kif-kif depuis l’arrivée de Marvel chez Netflix. Mais lorsque DC fait des longs métrages… Et bien, c’est pareil avec Marvel et les dessins animés : c’est de la bouse. Preuve en est ce Doctor Strange sur lequel peuvent se rabattre les pauvres qui ne peuvent pas aller au cinéma voir la dernière production du MCU. Et bien c’est pas terrible du tout. On va pas se mentir, c’est même très mauvais. Et c’est très très TRES laid ! J’aurais pu éventuellement faire abstraction si l’animation n’était pas complètement à la ramasse non plus et si le scénario avait moins de raccourcis. Non, décidément, les dessins animés de super héros, c’est DC et puis c’est tout !

1/5

War Dogs

J’étais pas spécialement emballé à l’idée de voir un film avec Miles Teller et Jonah Hill, mais la bande annonce était suffisamment bien foutue pour donner envie au plus réfractaire. Et puis pour être honnête, j’avais un peu envie de comparer avec Lord of War qui reste un film incontournable sur la guerre et les marchands d’armes. Au final, War Dogs est largement moins bien que le film avec Nicolas Cage mais il m’a agréablement surpris, tant sur la prestation que sur la rocambolesque histoire vraie derrière le scénario. Même le duo d’acteur fonctionne bien (bon, surtout Jonah Hill !). Bref, je recommande fortement.

4/5

Begin Again

Vous savez quoi, c’était moyen. Allez, moyen + pour nous évitez une romance forcée entre les deux protagonistes.

2.5/5

Jason Bourne

Quatrième volet de la série. Cinquième avec le spin-off de Jeremy Renier. Clairement l’épisode de trop. D’une part parce qu’il faut avoir vu (et se rappeler) des précédents, d’autre part parce que c’était bien une perte de temps et d’argent pour tout le monde. On arrive au stade où on a plus grand chose à raconter sur le personnage donc on rajoute des couches sur son passé au point que ça devienne abracadabrantesque. On arrive aussi au stade où Jason Bourne et la caméra de Paul Greengrass n’a plus rien à apporter au film d’espionnage. La caméra gerbante, c’était innovant au premier épisode. Là, c’est juste confus. L’histoire est bateau et les acteurs clairement en mode automatique (j’avais l’impression de mater un film de robots). Bref, il est temps de ranger Bourne au placard et de passer à autre chose.

1/5

Lethal Weapon 1 & 2

La rentrée série US accueillait cette année une espèce de reboot de L’Arme Fatale. Comme j’étais curieux, je me suis penché dessus, sans réellement en attendre grand chose. Comme ça, juste pour voir. Il se trouve qu’après une demie douzaine d’épisodes les audiences sont bonnes et que je suis moi-même conquis. J’avais commencé la série avec finalement assez peu de souvenir des films, sinon quelques scènes, et je me suis dit « Tiens, ça fait vraiment longtemps que j’ai pas revu ces films » (genre 20 ans, parce que j’ai pas RTL9 pour ce genre de rediffusions). C’est donc avec délectation que j’ai retrouvé le dynamique duo des années 80 et que j’ai découvert que c’est à l’origine une création de Shane Black (le seul type qui a réussi à faire un bon film cette année – The Nice Guys). Force est de constater que 1. les années sont définitivement la meilleure décennie cinématographique de tous les temps et 2. que les films ont bien vieillis. Ca permet aussi de se rappeler d’une époque où on fumait à l’écran, on montrait des nichons, on faisait des cascades sans numérique ni fond vert, on avait des téléphones portables de 8 kilos et que globalement, les films avaient une âme.

4/5

Kokoro ga Sakebitagatterunda

Ou The Anthems of the Heart, en anglais. Pas encore disponible dans les vertes contrées francophones, mais bientôt. C’est un autre anime de type « romance lycéenne japonaise » à ajouter à la longue liste de ceux que j’ai vus. Pas le plus marquant, mais il est intéressant sur certains points qui ne sont pas assez développés, notamment le poids des mots (surtout sur les enfants). Après, on va pas se mentir, ça joue sur un bon nombre de tropes du genre mais c’est effectué avec suffisamment d’humilité pour que ça passe (je recommande une bonne séance de psychanalyse pour l’héroïne…). Et puis on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent non plus en ce moment. Bref, les amateurs seront ravis, les autres passeront leur chemin comme d’habitude.

3/5

5 centimeters per Second

Your Name est probablement LE film que j’attends le plus en cette fin d’année 2016, le plus gros cartons de la décennie au Japon est un anime « tranche de vie » signé Makoto Shinkai. C’est alors que je me suis rendu compte que je n’avais vu que The Garden of Words de ce réalisateur et qu’il était grand temps de compléter avec le reste. J’ai donc commencé par 5 Centimètres par Seconde qui est en fait 3 courts métrages autour du même protagoniste à trois étapes de sa vie. Il m’a fallu un peu de temps pour digérer le film et comprendre ses intentions derrière, la fin restant assez énigmatique au premier abord. Et puis, toutes les pièces finissent par s’agencer et on comprend. C’est donc un film tout en finesse, en sous-entendus, en contemplation sur le processus de deuil amoureux, surtout le tout premier. Le genre de film auquel on pense encore des jours après. Un vrai coup de coeur !

4.5/5

Voices of a Distant Star

Il s’agit d’un cours métrage de 25 minutes par Makoto Shinkai, catégorie romance lycéenne dans l’espace. On retrouve les germes des thèmes qui seront explorés par la suite dans 5 Centimètres par Seconde, à savoir : comment gérer une relation non déclarée à distance (visiblement un thème cher à Makoto Shinkai). Ici, en plus de la distance physique, on rajoute la distance temporelle où les mails mettent des mois à atteindre leur destinataire. La 3D a pris un sacré coup de vieux, mais le film mérite tout de même le coup d’oeil. Et comme je ne vais pas parler de Macross ce mois-ci, il en est suffisamment proche pour que je cite au moins ma série favorite tout de même. Si vous avez aimé le précédent film, vous savez quoi regarder ensuite.

3.5/5

Voyage vers Agartha

Makoto Shinkai à la réalisation pour continuer dans mon run, mais cette fois-ci sur une production Ghibli. Il n’y a pas à dire, le studio japonais plane réellement au-dessus de tout le reste ! C’est beau, c’est intelligent, c’est bien écrit… Bon, c’est pas la meilleure production du studio et ça bouffe trop aux rateliers de Mononoke et Chihiro pour réellement se démarquer mais c’était tout de même agréable à regarder. On regrettera un épilogue trop vite expédié pour donner un sentiment de satisfaction, mais on ne peut pas tout avoir. Dans une autre réflexion qui n’a rien à voir, je vois régulièrement des articles passés sur le féministe et le statut de la femme en ce moment. J’avoue c’est un peu de la science-fiction quand on vit en Norvège mais je me suis dit que le Japon n’était pas spécialement en reste : quand on y regarde bien, la plupart des dessins animé Ghibli mettent en avant des héroïnes fortes, des trucs qui – de mon point de vue –  seraient nettement plus à même de plaire aux jeunes spectatrices que – au hasard – les productions américaines (il y a un léger mieux chez Disney depuis quelques années, mais c’est pas au niveau des Japonais). En tout cas, je sais ce que ma progéniture regardera comme dessins animés.

3/5

Bakemono no Ko

Ou le Garçon et la Bête en français. Un film que je me gardais en réserve pour un mois un peu pourri parce que j’étais certain qu’un film de Mamoru Hosada ne me décevrait pas (pour infos, je l’ai regardé juste après Suicide Squad pour me calmer, mais j’ai mis la Squad en premier pour attirer le chaland). Et j’avais raison ! C’est vraiment bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture sur plein de choses (notamment la relation père fils), l’animation est dingue, l’univers est cool… Bref, ça déboite ! Vous DEVEZ voir ce film !

5/5

Dragon Ball Super – Episodes 1-68

Dragon Ball et DBZ restent un pilier de ma culture et un élément fondateur de ma prime jeunesse. Aussi étais-je un peu sceptique face à l’annonce d’une nouvelle série faisant suite à DBZ. Certes elle allait permettre d’effacer l’étron GT de la chronologie canonique mais on ne peut pas dire que les premières images faisaient envie : les images venues du Japon étaient très moches à regarder et la production a pris la décision étrange de découper les deux derniers films pour en faire les 25-30 premiers épisodes de cette nouvelle série. Au passage, je ne saurais que trop recommander aux amateurs de Son Goku et sa clique de mater ces deux films (Résurrection de F et Beerus), ne serait-ce que par égard pour votre rétine et lui épargner l’horreur des premiers épisodes torchés à la va vite. Bref, j’étais pas hyper motivé pour regarder la série, jusqu’à ce que j’apprenne le retour de mon personnage favoris : Trunks du futur ! Alors, j’ai tout maté en mode binge-watch zombie ! Et mon avis est finalement assez mitigé. Il y a un tas de truc que j’adore vraiment : Beerus et Whys, Trunks, Bulma, Trunks, l’animation des derniers épisodes, Trunks, Son Gohan relégué au placard, Trunks, la cosmogonie Dragon Ball qui prend de l’ampleur… Et il y a un tas de trucs qui m’énervent : la vingtaine de premiers épisodes soporifiques si vous avez vu les films, le fait qu’on se tape un tournoi artificiel, les épisodes « filler » sans intérêt, le ton un peu gamin… Et c’est tout le problème de faire une nouvelle série DB plus de 15 ans après la fin de la série originale : le public cible est à la fois constitué de trentenaires et de jeunes à qui on a envie de faire redécouvrir l’univers. DBS a donc le cul entre deux chaises et l’une d’entre elle est moisie. Etant trentenaire, vous vous doutez de celle qui ne me plait pas…  Objectivement, je me suis ennuyé pendant 46 épisodes (sans avoir vu les deux films, mon avis n’aurait pas été le même car ces films en question sont vraiment excellents comme je disais et dans le ton que je recherche), il faut vraiment attendre l’arrivé de l’arc Trunks du futur pour en prendre plein la tronche ! Les vingt épisodes de cet arc sont complètement déments, tant sur l’animation que sur l’histoire (si vous faites abstraction des approximations sur les théories de voyage dans le temps) et c’était exactement ce que j’attendais d’une nouvelle série Dragon Ball. C’est à la fois épique et intimiste, grave et léger grâce au trio Pilaf, l’équilibre est parfait ! Rien que pour ces 20 épisodes la série vaut le coup (comprendre, matez les films, matez ces épisodes et vous serez satisfait) ! J’ai rattrapé mon retard sur la diffusion japonaise et l’arc Trunks vient malheureusement de tout juste prendre fin, ce qui veut dire qu’on va se retaper une petite série d’épisodes orientés jeune public en croisant les doigts pour qu’un nouvel arc à la hauteur de Trunks arrive (et pas juste encore un tournoi…)

6/5 (Arc Mirai no Trunks, ép. 47-67)

2.5/5 (Le reste)

Hélène et les Garçons est une série produite et écrite en grande majorité par Jean-Luc Azoulay/Jean-François Porry avec à peu près tous les acteurs qu’on retrouvera vingt ans plus tard dans les Mystères de l’Amour.

Un jour que je déambulais dans la FNAC du coin, précisément à la recherche d’une éventuelle sortie d’une éventuelle saison 4 de Sons of Anarchy, je suis tombé sur les coffrets de la sitcom phare des années 90, Hélène et les Garçons. Bah oui, pour trouver la lettre S, je dois passer par la lettre H (pour info, la saison 4 n’est toujours pas sortie en France). Et ma curiosité naturelle aidant, j’ai jeté un oeil à ce coffret rose réunissant les premiers épisodes des aventures trépidantes de la blonde la plus connue de France en 1995. Et là, je remarque des noms que je ne connais pas, comme Cathy ou Etienne. Diantre ! N’aurais-je donc point vu le tout départ de cette série ?

Je demande à Faneliah qui sont donc Cathy et Etienne ; elle me traite alors de « fake ». Ni une ni deux, je me fais fort de laver cet affront en matant grosso modo les 150 premiers épisodes de la série, n’hésitant pas à sacrifier la moitié de mes neurones pour la beauté d’un article sur ce blog ! Alors non, je n’ai pas acheté les coffrets DVD pour se faire, car la magie de l’internet et sa notion tout relative des droits d’auteurs aidant, j’ai tout maté sur youtube pour pas un rond.

J’ai longuement hésité sur la manière d’aborder cet article et je pense que certains s’attendent à une espèce de descente en flammes façon mes articles sur la dernière série en date de JLA. Franchement, je pourrais. Mais ce serait long, fastidieux, inutile et j’aurais l’impression d’être un journaliste télé-poche de l’époque et de répéter ce que tout le monde a déjà rabâché : acteurs approximatifs, histoires rocambolesques, dialogues insipides, technique pauvre… Tout a déjà été dit. Ou presque et je vous invite à aller jusqu’en fin d’article pour lire ce qui n’a pas été assez souvent dit. J’ai donc choisi de l’aborder sous l’angle de la nostalgie ; parce que honnêtement, au bout de 20 ans, il y prescription pour tirer sur l’ambulance.

Si vous étiez comme moi, vous avez connu l’époque bénie de la télévision. Je n’ai plus la télé à présent – par choix – et je ne peux ne me faire qu’une vague idée de la misère que représentent les programmes pour la jeunesse. Dans les années 80-90, la télévision était littéralement offerte aux enfants et ados. C’est bien simple, entre TF1, A2 et La5, un gosse moyen pouvait – en zappant au bon moment entre ces trois chaînes – se faire son propre programme télé et rester le cul vissé au canapé de 7h du matin jusqu’à 19h le mercredi. En semaine c’était plus dur, mais aux moments-clé de la journée (ptit déj et goûter) il y avait toujours un programme télé adapté qui – pour les plus hardcores et les moins studieux – pouvait largement comblé le créneau 16h30 – 19h.

Si La5 et A2 proposaient leur lot de dessins animés et séries, force est de constaté qu’ils étaient bien peu de chose face au rouleau compresseur TF1 et sa machine Dorothée avec son club ! Et derrière Dorothée, il y avait un homme (deux en fait, mais on ne gardera que le A de AB productions), Jean-Luc Azoulay. Pour cette unique raison, il m’est impossible de cracher sur ce producteur de génie. Je peux cracher sur ses scripts, certes, mais pour m’avoir offert une enfance aux petits oignons grâce à son argent et ses paris, on ne peut pas trop le critiquer. Combien de fois ma grand-mère a crisé parce qu’il était 11h45, que j’avais passé ma matinée devant le Club Do, que j’avais toujours pas fait mes devoirs et que ma mère allait arriver ? Combien de tartines de Nutella avalées devant les Chevaliers du Zodiaque au goûter ?

Bon, après les Chevaliers, c’était quasiment fini, les trucs nuls (pour moi) arrivaient, genre Premiers Baisers. Et paradoxalement, c’était un truc nul qui me retenait jusqu’à 11h45 : Salut les Musclés. Salut les Musclés, quoi ! Du point de vue des critiques de l’époque, on venait de toucher le niveau 0 de la télévision française (hahahaha, les naïfs… attendez 10 ans et la télé-réalité, on va rigoler !). Salut les Musclés était le premier coup d’essai de Jean-Luc Azoulay dans la production de fiction « moderne ». Et le succès de cette série va entraîner par effet boule de neige une tripotée de nouvelles sitcoms sur le même modèle : Premiers Baisers, Hélène, Le Miel et les Abeilles, la Philo selon Philippe, Les Années Fac, Le Miracle de l’amour et j’ai passe ! Tout ça à cause des Musclés…

Car en recherche de nouveaux programmes, le sieur Azoulay a l’idée de créer un format court tourné littéralement à l’arrache dans un décor unique, avec des scénarios écrits sur la serviette en papier de la cantine et des acteurs qui n’en sont pas. La sitcom low-cost était née !

S’en suivra Premiers Baisers, un spin-off de Salut les Musclés où la nièce de Framboisier a le rôle titre. Puis Hélène et les Garçons qui nous intéresse aujourd’hui, elle-même spin-off de Premiers Baisers où Hélène la grande soeur de la nièce de Framboisier a le rôle titre. Dans votre malheur, dites vous que vous avez de la chance, on aurait pu avoir un spin-off de Salut les Musclés avec Iguegue et Sahara le dromadaire extra-terrestre…

Pour se remettre dans le contexte de l’époque, il faut bien comprendre que les productions AB susnommées trustaient littéralement le programme télé à toute heure de TF1. Votre seule répit avait lieu pour les journaux, la Famille en Or ou le Juste Prix. C’était de la folie, il y avait un épisode par jour ! Un épisode par jour ! Du lundi au vendredi, n’importe quelle adolescente (oui, je pars du présupposé que c’était plutôt les adolescentes qui mataient les sitcoms… les vrais mâles comme moi se limitaient aux dessins animés Shonen type DBZ et à Sailor Moon pour le fantasme de la transformation) avaient le droit à sa came télévisuelle à heure fixe ! La machine low-cost de JLA était un modèle de fordisme appliqué à la télévision. Des plateaux gigantesques dans la Plaine Saint Denis où se tournaient dans un rythme effréné toutes les productions de l’époque. Afin de mieux comprendre, faisons un comparatif. Au cinéma, on tourne, en moyenne, 1 à 3 minutes utiles par jour. Des minutes que le spectateur verra au milieu d’un tas de prises ratées. Chez AB prod, on tournait 16 à 20 minutes utiles par jour ! Par jour ! Un en jour, on tournait un épisode d’Hélène et les Garçons !

De la folie. Vous comprenez maintenant mieux pourquoi au niveau de l’acting ça reste approximatif (les fous rires et impro sont gardés en boite) ou pourquoi la technique laisse franchement à désirer (comptez le nombre de perches dans les plans, ça vous fait un jeu alternatif quand vous regardez cette série). Pour suivre le rythme de production, il fallait pondre (chier serait limite plus approprié) des lignes de dialogues en masse et des pas trop compliqués parce que les acteurs n’en étaient pas vraiment, à l’image de José originellement décorateur plateau… Le rythme de dingue, c’est d’ailleurs ce qui a usé la plupart des têtes connues qui après un nombre d’épisodes jetaient l’éponge (avant de parfois revenir, parce que l’air de rien, ça devait bien payé !). En conséquence de quoi, Jean-François Porry devait se débrouiller pour adapter la maigre trame scénaristique aux allers et venues de chacun : Etienne veut partir ? Ok, il va rencontrer une Finlandaise, en tomber fous amoureux et tout plaquer du jour au lendemain… Euh… comment dire… Cathy veut partir ? Elle retourne en province suite à son chagrin d’amour… euh ok… Ca ne choque que moi qu’une Toulousaine soit spécialement venue à Paris pour faire de la socio ? Y avait pas de Fac à Toulouse ? Patrick Puydebat est fatigué ? Son personnage va aller à l’armée tiens ! Ah mais faut lui raser les cheveux alors… Nan, mais sur une coïncidence fortuite, il sera pas obligé…

Et le pire, c’est que ça marche ! Ca marche même du feu de dieu ! 6 millions de téléspectateurs ! 6 millions ! Comment ? Pourquoi ? Par quel miracle les spectateurs font-ils abstraction des incohérences de la série ? Honnêtement, je ne sais pas. Mais je crois que d’une certaine façon, Hélène et les Garçons vendaient du rêve aux ados. Genre « vous allez voir, la fac, c’est trop cool ». Alors que techniquement, on se demande à quel moment ils sont effectivement à la fac entre les heures de répèt’ dans un garage avec un poster des Doors pour donner du cachet et la cafet’ d’Alfredo qui sert des glaces et jus de fruits de 6h du mat’ jusqu’à 2h du mat’ ! Ca vendait des histoires de coeurs dans tous les sens, avec son lot de « je couche un peu avec tout le monde » mais chacun trouvait son personnage/couple préféré et vivait une espèce de symbiose avec lui au point de vivre les aléas de sa vie en jouant presque la sienne (il suffit de regarder les forums spécialisés AB productions où il traîne encore des trucs assez improbables comme les supporters du couple Christian/Bénédicte… couple qui cela dit en passant me semblait le plus normal de l’époque…). Toutes les situations étaient soutenues par une bande son de rires enregistrés qui se déclenchait un peu n’importe quand, de sorte que même des trucs pas drôles, limite dramatiques avaient le droit à son petit rire !

Et puis, il ne faut pas se leurrer, hein ! Si Jayce et les Conquérants de la Lumière était une série très clairement fabriquée pour vendre des jouets, Hélène et les garçons était très clairement fabriquée pour supporter en grande partie la carrière musicale d’Hélène en faisant des liens entre les chansons et la vie des personnages. La machine était rodée, JLA a eu le nez fin et les années 90 son domaine. Imaginez un peu la folie dans les studios TF1 et chez les annonceurs : de 6 à 16 ans, les gosses étaient devant la télé, à entendre des chansons et voir des dessins animés à longueur de journée ; les coupures pub avaient lieu quasi toutes les 20 minutes pendant 5 heures d’affilées ! Ca en fait du placement de produits auprès d’une cible influençable qui ne manquera pas de réclamer le dernier single d’Hélène ou le jouet Giraya (‘tain… Giraya, j’avais oublié ce truc).

Les années 90 étaient réellement un vivier de création télévisuelle pour la France, tout cela grâce au culot d’un homme et une chaîne. Tout cela a mystérieusement pris fin en 1997. Enfin, mystérieusement… pas tellement. Jean-Luc Azoulay avait déjà l’oeil tourné vers le futur et la télévision par satellite ; nul doute que ses envies allaient à contre-courant de celles des responsables de TF1, sûrement peu enclins à lâcher une poule aux oeufs d’or. Je subodore un clash violent entre les deux parties, avec une montée en vrille des propos jusqu’au point de non retour où le deal devenait tout ou rien. On a eu rien et quasi un drame national chez moi le 31 août de cette année.

L’époque est désormais bien révolue et la série low-cost est devenue une relique des années 90. Il suffit de voir l’échec retentissant de la série Le groupe pour s’en rendre compte. Le marché est désormais à la demande, et la TNT offre suffisamment de programmes pourraves pour combler l’adolescent moyen. Fini la naïveté de la cafet’ et des allusions sexuels voilées, le jeune préfère la télé-réalité de MTV et d’une certaine façon, ça me rend un peu triste. Je ne materai pas les 132 épisodes restants pour finir Hélène et les Garçons, je ne materai pas Le Miracle de l’Amour… mais je pense que même si on n’est pas spécialement en phase avec la dynamique de ces sitcoms, même si on s’est permis de les critiquer, la plupart des gens de ma génération devrait se fendre un brin de sincérité et regarder derrière eux :  d’une façon ou d’une autre, que ce soit par ses séries, ses chansons, ses productions TV, on a tout de même vécu des heures magiques grâce à Jean Luc Azoulay, et rien que pour ça, on devrait le remercier.

Merci.

Toujours est-il que c’était rigolo de retourner dans cette époque où internet et les téléphones portables n’existaient pas pour supporter les relations amoureuses, où les gens se faisaient la guerre par émissions interposées (cf. les piques à Antoine de Caunes), où les gens sombraient dans la drogue en 3 épisodes tout en se commandant des jus de tomates chez Alfredo, où les méchants sont caricaturaux et gentils un peu gnan-gnan, où les fringues sont complètement improbables… C’était rigolo de voir comment cette série porte en elle les germes des Mystères de l’Amour, depuis le retour inattendu d’Ariel jusqu’à cette désinvolture des protagonistes pour le travail (et j’en passe). En fait, c’est surtout rigolo de comprendre 20 ans plus tard que cette série est volontairement naïve et se fout des réalités de la vraie vie au profit d’histoires légères pour des ados ! En un sens, JLA avait bien raison d’envoyer balader la critique !

Oui, on aimait bien les photos de groupe à l’époque !

Bon… après, ça ne m’empêchera pas de penser que sa production actuelle, les Mystères de l’Amour, mériterait plus de soin dans l’écriture et le traitement de ses personnages, parce que justement la série ne s’adresse plus aux ados et que les ados de l’époque ont grandi avec les personnages et attendent désormais des intrigues en corrélation logique… Je dis ça, je dis rien… mais je suis scénariste et disponible 🙂