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Wolfenstein: The Old Blood est un jeu développé par Machine Games et édité par Bethesda, disponible sur PC et consoles.

1946. B.J. Blazkowicz est encore le troufion de service pour accomplir une mission d’importance capitale pour porter un coup fatal au régime nazi. Evidemment, ça va mal se passer : capture, évasion et nazis zombies enflammés au programme !

The Old Blood est une extension stand alone de l’excellent The New Order. Vous pourrez donc en profiter sans avoir à vous procurer le précédent « reboot » de la série. Ceci étant dit, on ne va pas se leurrer, The Old Blood n’aura d’intérêt que pour ceux qui ont aimé New Order et pour les fans de la licence comme moi.

The Old Blood est techniquement une préquelle de New Order, Blazkowicz est en effet envoyé à la poursuite d’un bon gros MacGuffin des familles rappelant le début du jeu précédent. La sensation d’un Wolfenstein à l’ancienne est donc plus présente que dans l’épisode situé des années 60 contrôlées par les nazis. Ici, on est dans le connu, le classique : des nazis un peu crétins et pas spécialement surdopés, le château Wolfenstein à explorer, des expériences mystiques qui tournent mal et un Blazkowicz avec sa bite et son couteau pour s’en sortir. Le feeling est donc old school dans une licence qui s’était vue rafraîchie.

L’histoire n’est un vague prétexte linéaire pour descendre du porteur de croix gammée en masse, dans des couloirs, avec deux approches possibles : bien bourrine ou en infiltration. L’un dans l’autre, ça ne changera rien, vous buterez tout le monde sur votre chemin. N’espérez pas la profondeur ni la richesse ni la diversité d’un New Order, cet opus se rapproche plus d’un gros DLC pour faire patienter qu’autre chose. Mais au moins, l’histoire est rigolote en dépit de sa simplicité.

Niveau graphisme, voix, gameplay et fun, je vous renvoie à ma chronique de Wolfenstein: The New OrderThe Old Blood fonctionnant sur la même recette de base (n’espérez aucune nouveauté transcendante). Du coup, le constat est le même que pour New Order : moi, j’ai pris mon pied ! C’est fun, ça se prend pas au sérieux, ça défouraille, ça rappelle des souvenirs aux vieux gamers… J’en demandais pas plus et j’ai été servi !

Le seul véritable bémol est le prix de base : 20 €. En terme de durée de vie, si on exclut les divers défis qui – de mon point de vue – n’apportent pas grand chose à l’expérience de jeu, on table sur 10-15 heures en difficulté élevée. J’ai mis 15, mais c’est parce que je faisais de l’infiltration où on passe son temps accroupi en avançant à deux à l’heure… Honnêtement, en mode berserk et avec un peu de technicité, on doit tomber sous la barre des 10 heures. Bref, tout ça pour dire que mon ratio prix/temps désiré n’est pas atteint, ce qui ne serait pas forcément dérangeant dans le cadre d’une expérience inédite… Sauf que là c’est du Wolfenstein ultra-classique. Essayez donc de le récupérer plutôt en solde.

Wolfenstein: The Old Blood est une petite pastille FPS réservée aux amateurs de la saga qui se replongeront avec plaisir dans la peau de B.J. Pour les autres, ça va être compliqué de justifier un tel achat. En revanche, si vous étiez sûrs de vous mettre à The New Order, je conseillerais de faire The Old Blood avant, de façon à avoir une expérience narrative intéressante avec un prologue de 10 heures avant d’attaquer un excellent jeu !

En tout cas, ça m’a donné envie de refaire The New Order, et surtout, (surtout !) j’attends sa suite de pied ferme !

Dragon Age: Inquisition est un jeu développé par Bioware, édité par EA (au cas où vous n’auriez pas remarqué le logo sur la jaquette…).

Le temple de la Chantrie vole en éclat tandis qu’un sommet pour solutionner le conflit entre les Mages et les Templiers s’y tenait. La Divine est morte et vous vous réveillez amnésique et avec le pouvoir de fermer des failles de l’Immatériel…

Si nous n’avez compris qu’un mot sur trois, je vous la refais plus simple :

Vous êtes l’Elu et vous allez devoir botter le cul du grand vilain qui veut conquérir le monde.

Rassurez-vous, moi aussi je pigeais qu’un mot sur trois au début. Pour n’avoir pas fait Dragon Age 2 et ne pas avoir eu le courage de finir le premier opus non plus, j’ai réussi à finir le jeu sans trop de soucis. Donc si vous êtes dans la même situation que moi en commençant le jeu, sachez simplement que vous allez devoir vous taper un tas d’expressions étranges, de mots abscons et d’historiques touffus pour comprendre les tenants et les aboutissants politiques autour du bordel qui s’abat autour de votre personnage.

Mais bon, après avoir fini Skyrim, j’étais en mal de jeu de rôle med-fan à me mettre sous la dent. Considérant les notes globalement positives sur le dernier titre de Bioware, j’ai décidé de lui laisser une chance, en dépit de mes à priori sur le jeu. Et puis c’est l’occasion de faire une chronique sans concession, comme d’habitude.

En premier lieu, il convient de dire que je n’avais pas accroché à l’univers Dragon Age lors de mon premier essai sur Origins. En effet, dans le genre univers ultra-générique bien classique, Dragon Age se posait là avec ses Elfes qui cueillent des fleurs, ses Nains qui cassent des pierres, sa magie sans grande innovation… J’ai dit la même chose de The Witcher. Là où ce dernier posait les bases d’un univers plus mature, Origins n’était qu’un rip-off de Baldur’s Gate sans grande saveur à mes yeux.

Je commencerai donc par faire le même genre de critique à ce troisième opus. C’est assez générique, comme univers. Mais contrairement au premier, le 3 a l’avantage de reposer sur les fondations et ce qui a été construit autour du Héros de Férelden et du Hérault de Kirkwall, donc d’un contexte ultra-classique, Bioware finit par se créer sa propre mythologie… même s’il y a des elfes et des nains…

Autre constatation évidente : c’est beau. Il va falloir bénéficier d’un PC assez solide pour pleinement tirer profit de l’ambiance, de l’environnement et des shaders. Vérifiez donc votre configuration et n’hésitez pas à pousser la proposition que vous fera le jeu par défaut suivant votre bécane (comme toujours, le jeu ment et on n’est jamais mieux servi que par ses propres réglages).

Niveau histoire, c’est diablement classique. Un élu, un gros vilain, des amis à la vie à la mort… Et la trame s’étend en longueur, encore une fois à cause des quêtes secondaires pas forcément très utile mais qui ont le mérite d’éviter l’écueil du « J’ai perdu mon marteau » ou « Rapporte moi 30 couilles de loups et je te donnerai un item générique »… Très honnêtement, la quête principale fait son boulot mais ne vous retournera pas les chaussettes. La plupart des PNJ ont au moins l’avantage d’être intéressants et travaillés, même dans leurs côtés énervants.

Niveau gameplay, le jeu propose une approche résolument orientée action qui fera rager les PCistes extrêmistes. On appuie sur le bouton d’attaque automatique, on vise un vilain et c’est parti ! Fonction de l’endurance ou du mana disponible, vous lâcherez régulièrement une de vos huit compétences sélectionnées dans vos arbres de talents. C’est assez dynamique et fonction de vos envies, de vos choix de construction de personnages, vous aurez le droit à des combats plus ou moins faciles, plus ou moins assistés.

Les plus fins tacticiens mettront le jeu en pause pour organiser au mieux les combats, en jouant sur les forces et les faiblesses de 3 de vos 8 compagnons. Vous aurez de quoi faire pour gérer des combats optimum en minimisant les pertes ou les consommations de potions. De toute façon l’IA se débrouille suffisamment bien toute seule.

L’édition collector, dispensable à mon avis…

A l’image de la tendance actuelle dans le jeu vidéo, Inquisition propose de grandes cartes dites « open world », vastes et regorgeant de pléthores de sous-quêtes, d’animaux à massacrer, de vilains bien aveugles et pas vraiment agressifs et de plantes/minéraux à ramasser. Ce n’est pas vraiment de l’open world à proprement parlé puisque vous êtes obligés de repasser par la carte générale, mais bon… Il faut bien admettre que Dragon Age 3 est un de ses jeux vampirisants où l’on se surprend à enquiller les heures, à fouiller les moindres recoins, à parler à tout le monde et faire toutes les quêtes qui se présentent sur le pas de votre porte.

J’ai fait 95% du jeu, laissant de côté les dernières quêtes qui personnellement me gonflent (genre chercher une clé perdue pour ouvrir une dernière grotte qui rapporterait seulement 40 XP). Etant un complétionniste comme moi, comptez environ 100 heures. Si vous rushez comme des brutes, j’imagine qu’il en faudrait « seulement » 40. Et ceux qui n’en auraient pas assez pourront sûrement compter sur des futurs DLC ou une grande rejouablité en créant un nouveau personnage et en changeant la configuration héritée des deux jeux précédents.

Dragon Age: Inquisition est vraiment ce qu’on appelle un jeu généreux, qui propose une réelle richesse que ce soit dans les styles de combat suivant l’équipe, les choses à lire, les choses à découvrir, les activités annexes, l’exploration, les dialogues… Bref. Très honnêtement, ce RPG est un must-have de cette année !

Bon… maintenant, passons à ce qui ne va pas et qui va pourrir votre expérience de jeu !

  • Le game designer UX/UI en charge de l’adaptation pour PC mérite de se voir lapidé en place publique ! (ou sans aller jusque là, il mérite au moins d’aller grossir les rangs du Pole Emploi !) On a dit du jeu que le PC était la plateforme référence… Mes fesses ! C’est une atrocité sans nom ! Des menus adaptés pour la manette, donc à vomir partout. Inventaire, craft, boutique, menus… tout, tout, tout est moisi !
  • Impossible de reconfigurer les boutons de la souris ! Une honte !
  • Un système de craft inutile. Honnêtement, j’ai réussi à faire l’intégralité du jeu en mode Difficile uniquement à partir du loot et sans me sentir réellement inquiété d’être sous-stuff. Si vous voulez vous amuser à fabriquer vos armes et amures, allez-y mais cela s’apparente à une évidente perte de temps.
  • Je n’ai pas été convaincu par le système d’améliorations armes/armures. Certes, cela rajoute une couche de spécialisation, mais c’est particulièrement pénible à gérer pour un intérêt somme toute minime. Pouvoir changer les améliorations à la volée sans passer par un établi, ça aurait déjà été un mieux.
  • Pas de sort de soin… Voilà qui est un choix particulièrement étrange. D’autant plus qu’il y aura toujours au moins un mage dans votre équipe. J’y vois là une volonté assumée de libérer le joueur de la gestion tactique de l’équipe et des combats.
  • En parlant de ça, la caméra tactique est juste une blague. Pas assez de recul, gérée au « pad » (i.e. ZQSD)… en l’état actuel des choses, sans patch, vous pouvez abandonner l’idée d’avoir des combats tactiques sur PC. Mon conseil : embrassez le coté action du jeu et ne vous prenez pas la tête.
  • Les amateurs de construction de personnages comme moi seront sûrement un peu déçus des possibilités offertes. Quatre arbres par classe, plus un cinquième pour la spécialisation… Vous allez vite découvrir que fonction de votre spécialisation, il n’y aura guère qu’une seule façon réellement optimale de dépenser vos points pour être efficace en combat
  • Le choix de résoudre des quêtes annexes en envoyant des conseillers était une idée intéressante. Le faire avec un facteur temporel était aussi intéressant. Dans la pratique, attendre pour 3 heures recevoir 100 po quand vous en avez plus de 70000 dans le porte-monnaie… No comment.
  • Le système d’affinités avec vos coéquipiers est toujours un système bien opaque dont les répercussions sont ténues…
  • Dans le même genre d’interactions avec vos camarades, il faut savoir que vous pouvez toujours romancer un PNJ. Mon choix s’est porté sur Joséphine, en dépit d’une certaine ressemblance avec mon ex. C’est donc dire si on est limité dans ses choix. Sachez que vous allez vous embarquer dans une romance bien cul-cul la praline sans grand intérêt
  • On retrouve l’un des défauts majeurs du premier sur le rythme : vous passez trois heures d’affilée à battre la campagne et ensuite une heure entière à faire du papotage.
  • L’IA des ennemis n’opposera pas de grande difficulté aux joueurs aguerris. Il faut dire qu’elle est aveugle et bien peu agressive. Notez que je n’ai pas joué en mode cauchemar, redoutant l’effet « sacs à PV » qui m’aurait retenu sur un titre plus longtemps que prévu sans réellement augmenter le challenge. De toute façon, si vous buildez un minimum correctement vos personnages (et craftez de façon optimale), vous n’aurez aucun mal à rouler sur vos pauvres ennemis… Bon, les dragons, c’est une autre histoire et cela nécessitera plus de temps et de préparation, surtout si votre personnage n’est pas mage et que vous déléguez les fonctions de survie/protection aux PNJ qui ont parfois une vision particulière des priorités immédiates.
  • L’inquisition profite d’un système de puissance que vous gonfler avec des quêtes. Ces points servent à débloquer des zones. Et… C’est tout. Si ça reflète effectivement la puissance de votre armée, il est dommage que cela ne se répercute pas sur des éléments de jeu comme ça a pu l’être avec Mass Effect 3 lors de la bataille finale… En d’autres termes, une autre surcouche de fonctionnalités qui part d’une bonne intention pour échouer sur le rivage des idées mal exploitées.
  • Résidu Bioware de Mass Effect, on retrouve encore une fois cette roue pour décider des choix de dialogues. Et encore une fois, je peste sur son utilisation formatée « réponses sympa en haut/réponses bourrues en bas » qui influence les choix du joueur au détriment du roleplay (alors que c’est pas très compliqué de faire un random sur la position de la réponse pour forcer le joueur à agir plutôt qu’à réagir).
  • La trame principale a tendance à perdre de son souffle équipe sur la fin
  • Il faut aimer la lecture : des « bouquins » décrivant l’univers, vous allez en bouffer des tas jusqu’à l’overdose. Au point de finir par les parcourir en diagonale et parfois louper les tenants et les aboutissants d’une quête…

Gardez bien en tête que tous ces défauts ne sont que le résultat d’une analyse du point de vue game/narrative designer. Et à part l’adaptation console-PC qui est très clairement moisie et scandaleuse, vous ne manquerez pas d’apprécier le jeu pour ce qu’il est : un grand jeu pétri d’imperfections.

Pour ceux qui ne sont pas au courant (soit à peu près toutes les personnes qui ne jouent pas aux jeux vidéo, plus tous les joueurs de Candy Crush et autres social games), la semaine dernière, c’était la GameCon de Cologne. Deux mois après E3 à Los Angeles et un mois avant le Tokyo Games show. USA, Europe, Japon. En l’espace de 4 mois, l’ensemble des grosses annonces tombent pour l’année (voire plus) à venir, chacune se réservant un espace d’exclusivité pour le continent de la convention vidéoludique. Si un studio Européen doit faire une grosse annonce, c’est plutôt pour Cologne (Wild Sheep et Remedy pour n’en citer que deux cette année)

Chaque convention s’accompagne de son lot de conférence éditeurs et constructeurs durant lesquels intervenants et bandes-annonces défilent. Ne possédant rien d’autres qu’un PC, la plupart des annonces me passent au-dessus et je sais pertinemment que la plupart des bons jeux n’arriveront jamais sur ma plateforme de prédilection. Parfois ça m’ennuie, mais c’est le jeu d’avoir un portefeuille et un emploi du temps limités. Cette année, j’attendais particulièrement la convention Microsoft pour enfin voir les premières images de gameplay de Quantum Break par les créateurs de Max Payne (les Finlandais de Remedy, dont je pourrais parler en long en large et en travers, au prix de la dépression de ne pas travailler pour eux en dépit de ma motivation pour). La démonstration de gameplay démontait du poney par palette de douze, mais là n’est pas la question !

Car ce qui a complètement occulté la présentation de ce jeu, ou les autres, voire même les autres conférences, c’est l’annonce faite autour du prochain opus autour de Lara Croft : Rise of the Tomb Raider.

Rise of the Tomb Raider serait une exclusivité Xbox One. Pas une exclu temporaire, mais une véritable exclusivité. En d’autres termes : « possesseurs de PS4 et de PC, voici un bâton, de la colle et du gravier, trouvez le bon trou où mettre tout ça ».

Suite à un communiqué de presse officiel de Crystal Dynamics aux formulations marketing un peu troubles tendant à confirmer en termes plus adéquats le propos ci-dessus, Twitter s’est enflammé et il y a fort à parier qu’il existerait une place publique avec un pilori, c’est tout le staff Eidos/Square Enix qui y serait passé pour une lapidation bien injustifiée ! Mais  je me fais fort de me poser en avocat du diable dans cette affaire. Surtout si c’est pour râler sur ceux qui râlent ! Essentiellement parce qu’ils ont tort. Explications.

Quand on regarde le marché actuel du jeu vidéo, hormis Nintendo qui fait sa croisade en solitaire avec sa vision pour le moins en décalage, force est de reconnaître que la PS4 et la One joue dans la même cour. A puissance égale, choisir l’une ou l’autre n’a plus réellement d’importance techniquement parlant. Depuis la sortie des consoles nouvelle génération, ce ne sont pas les jeux qui vendent les consoles mais l’image de marque qu’ont les constructeurs. Image héritée des générations précédentes et des coups marketing organisés. En France par exemple, on apprécie plus l’image Playstation que l’image Xbox. Aux USA, sans surprise, on préfère la console made in Redmond. Au Japon, on se fout de la PS4 après l’impensable stratégie de Sony de sortir son bébé en dernier sur l’île natale du constructeur. Et à de rare exception près (Quantic Dream, Remedy, Naughty Dogs…), tous les studios font des portages de leurs titres d’une console à l’autre, ce qui n’aide pas le consommateur dans son choix cornélien (rappelez-vous le dilemme de Sheldon). Au final, on achète une marque.

Mais les constructeurs se livrent à un nouveau jeu idiot pour appâter le chaland : l’exclusivité temporaire. Comme tous les jeux sortent partout, la question n’est plus de savoir à quel jeu on va jouer mais quand on va y jouer. Et Sony comme Microsoft croyaient que jouer à Call of Warfare XII six mois avant son concurrent serait un argument de vente de consoles. Pire, depuis peu, ce n’était même plus sur la date de sortie avancée qu’ils misaient, mais sur l’accès au beta. Donc en gros, les deux grands ont dit aux joueurs : « si vous achetez ma console, vous jouerez pendant 3 semaines à un jeu pas fini, c’est cool hein ? »

En tant que joueur et professionnel de la profession, la méthode me défrise. Côté pro, c’est intéressant de recevoir l’avis des joueurs et rectifier le tir ; c’est aussi la porte ouverte à la mort de la créativité où une poignée de minorités s’offre le droit de changer la vision du jeu sous prétexte que cela ne leur plaît pas. Et s’il y a bien un truc qu’on sait, c’est que le joueur n’est jamais content. JAMAIS. L’écouter, si on n’a pas le discernement pour filtrer, c’est se tirer une balle dans le pied. En tant que joueur, ça ne m’intéresse tout simplement pas de jouer un à truc pas fini qui changera mille fois avant sa sortie (et au moins 3 fois après, via des patches…) et puis si je bosse toute la journée sur un jeu, faire le debugage d’un concurrent sur mon temps libre, comme dire…

Bref, la guerre n’en est pas une et les histoires d’exclusivités temporaires et beta anticipées, ça me fait doucement rigoler dans mon coin. Car, très clairement, c’est se fourvoyer et envoyer de la poudre aux yeux du consommateur.

Avec son annonce, Microsoft jette un pavé dans la mare ! Un vrai, un gros. Lara Croft entre dans le giron Xbox « pour de bon ». Les possesseurs de One sont comme des fous, les possesseurs de PS4 sont fous de rage. Une vraie exclu non temporaire rien qu’à eux. Microsoft était en train de perdre la bataille face à Sony (à la louche, deux fois moins de consoles vendues) et il lui fallait un coup retentissant, un console-seller dans le jargon. Et s’offrir Lara (vraisemblablement très cher !) est un coup de maître. Sortir le jeu pour Noël enfonce le clou. Il a son argument de vente de consoles, et un de poids. Certes le reboot de la série n’a pas rassemblé et la pression est grande, mais on parle de Lara Croft. C’est une icone du jeu vidéo, au même titre que Mario. Et de la même façon que Mario Kart 8 est en train de sauver la Wii-U, il se pourrait que Lara vende de la One par douzaine à l’heure.

Sur Playstation, la série des Uncharted a toujours été exclusive et les boxiens n’ont jamais été brûlé les locaux de Naughty Dog. Justement parce que la licence multi-plateformes devient unique. Le cas est différent des Red Dead Redemption, Beyond, Alan Wake et compagnie.

Pourquoi les gens râlent ?

  • Ce que les gens ont du mal à comprendre, c’est qu’en sacrifiant leur plaisir personnel de jouer à tout sur une console finalement générique, on leur offre une réelle guerre des consoles. Les joueurs d’aujourd’hui n’ont pas connu la saine émulation des années 90 où la qualité et l’originalité des jeux primaient. Proposer des jeux multiplateformes, c’est niveler tout vers le bas, à la fois la technique et la créativité ! Watch Dogs et sa volonté d’être partout en est le parfait exemple : techniquement à la ramasse sur next-gen, on peut raisonnablement penser que les limitations techniques ont également impacté sur le gameplay et les idées jetées à la poubelle (enfin, « pour le 2 »).
  • Parce que dès qu’on sort quelqu’un de sa zone de confort, c’est plus simple de gueuler pour y retourner. Mais c’est un autre débat.
  • Mais surtout – et ça peut être compréhensible – pour jouer à tout, il faudra acheter deux consoles… Toucher au porte-monnaie ça fait mal.  S’ils veulent manipuler Lara, il va encore falloir lâcher 500$ ! Et c’est – selon eux – « inadmissible ». J’ai envie de leur dire : deal with it ! A mon époque, il y avait SEGA d’un côté, Nintendo de l’autre et très rares étaient les jeux communs ! Est-ce qu’on se plaignaient ? Oui. Est-ce qu’on en faisait tout un fromage ? Non. De plus, à l’époque Mario/Sonic, les joueurs de l’un étaient rarement aigris de ne pas jouer à l’autre : si l’offre est suffisamment conséquente sur une machine, il n’y a aucune raison valable d’aller voir ailleurs, ne serait-ce que par manque de temps face à la quantité de bons jeux à faire… Et j’en conviens, la quantité de vrais bons jeux sur une machine est moindre qu’avant.

Pourquoi ils devraient être un peu jouasses alors ?

  • Depuis, la sortie des PS4 et One, on pouvait lire un peu partout « on veut des exclus ». On leur donne, ils devraient être content (mais rappelez, le joueur n’est jamais content, JAMAIS)
  • Quand Microsoft annonce qu’il a telle licence, Sony se doit de réagir en annonçant un titre encore plus dingue, sur lequel Microsoft se devra de ré-enchérir, ce qui provoquera une réaction de Sony, etc. Si le principe venait à se répandre à d’autres studios, cette nouvelle génération risque d’avoir les titres les plus fous qu’on ait connu. Le vrai gagnant, c’est le joueur.
  • Une exclusivité, c’est un constructeur qui ouvre sa machine pour un studio et lui offre les clés pour dissiquer le processeur et la mémoire pour en tirer le meilleur. D’où une meilleure qualité pour le jeu qui n’a plus à souffrir de concession pour être jouable sur plusieurs configurations. Regardez Remedy, Quantic Dream, Naughty Dogs et leur jeux exclusifs : il y a pas photos, à temps de développement égaux, ils sont techniquement supérieurs aux titres portés. Le vrai gagnant, c’est le joueur.

Mais mon euphorie et la grogne générale n’auront duré que deux jours, suite à un autre communiqué de presse officiel côté Microsoft, Twitter se calme : l’exclu est bien temporaire. Adieu mes rêves de guerre de consoles relancée, retour au statut quo du marché. Microsoft aura eu son petit coup de pub, Square Enix aura eu son petit chèque et un peu d’oxygène dans une période assez difficile pour l’entreprise, Noël aura son duel Lara Croft/Nathan Drake et Microsoft devrait bénéficier de l’aura de la belle exploratrice auprès du grand public pour vendre des bundles de One tandis que Sony continuera sur sa lancée.

Je n’attendais pas grand-chose de la Games Con, Lara m’aura fait espérer un vent frais pendant quelques jours. Ce qui me fait penser qu’après le coup retentissant de faire croire à l’exclu du prochain Tomb Raider, Microsoft aurait mieux fait de se taire et garder la non-exclu pour plus tard, genre après Noël… Pas d’exclu, pas de guerre, des plateformes presque génériques, des accès à des jeux pas finis, 3 mois d’exclusivité par ci par là, voilà la tendance qui se confirme bien. Restent à se tourner vers les vraies exclu consoles pour choisir et si on regarde dans le tas, celles de Sony sont plus vendeuses, pas très originales mais plus vendeuses. Il va sérieusement falloir songer à teaser le prochain Gears of Wars monsieur Crosoft, car si Sunset Overdrive à l’air sympa, c’est pas un Uncharted 4 non plus…

Maintenant que le soufflé est retombé, on se reconcentre sur les jeux de la convention : Quantum Break sort clairement du lot, le dernier Silent Hill aussi avec son teaser interactif. Sinon, rassurez-vous, rien de bien neuf sous le soleil de Cologne…

Pour la blague, on va conclure avec le teaser de la prochaine exclu temporaire de la xbox…