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Ane Doki est un manga de Mizuki Kawashita (Hatsukoi Limited), paru en 3 volumes aux éditions Tonkam.

Kota a 13 ans, il est au collège. Normal. Natsuki a 17 ans, elle est au lycée. Normal. Kota rentre de chez lui avec une glace parce qu’il fait chaud. Normal. Natsuki a chaud aussi, elle lui taxe sa glace. Ils se connaissent ni d’Eve ni d’Adam, hein, mais passons. Ensuite, Natsuki apprend que Kota vit tout seul, elle décide alors de s’installer chez lui. (Complètement CDLS) Et c’est parti pour un festival de clichés du genre.

Ah… La magie des prémices d’une série romantique d’une comédie adolescente complètement improbable ! Celles que je préfère ! Il faut dire que celle-ci tient le pompon de la débilité par abus de n’importe quoi ! Déjà qu’avec Ichigo 100% je trouvais que c’était limite (mais plausible – on ne sait jamais quand une petite culotte à fraises peut vous tomber sur le coin de la tronche !), mais là avouez qu’on devrait carrément classer Ane Doki dans le rayon science-fiction.

Inutile de dire que ce n’est pas le meilleur manga de l’auteur. Mais bon, on reçoit tellement peu de Kawashita-like en France qu’on est bien forcé de lire ce qu’on trouve et de l’apprécier pour ce qu’il est. Au moins, c’est court. Mais on sent très clairement de la repompe des ficelles utilisées dans son premier succès critique et public (Ichigo). Petit florilège :

  • La nana délurée dont on voit souvent la petite culotte
  • Le héros empêtré dans un harem potentiel (et bien sûr, il ne saura pas qui choisir avant la fin)
  • La nana qui ne peut s’empêcher de finir dans le lit du héros par hasard
  • La jeune fille amoureuse du héros, mais qui n’est pas la nana susnommée
  • Les copains un peu relous
  • La fête de l’école
  • Le père totalement absent
  • La fin 4 ans plus tard (qui pour le coup, est vraiment abusé vis à vis de celle de Ichigo, limite copiée-collée)
  • La psycho-rigide anti-comportements sexuels bordeline
  • La scène du bain
  • Et j’en passe.

Il faut vraiment attendre la fin du tome 2 et le 3 pour que l’histoire décolle et devienne autre chose que de la resucée. En même temps, c’est probablement à cette époque-là que le directeur de publication à dû dire à la managaka: « Ton manga marche pas, il sombre dans les votes, il va falloir faire quelques choses ou t’es bonne pour un arrêt ma cocotte. » (Oui, j’imagine très bien un directeur éditorial dire « ma cocotte » si je veux)

Note qui n’a rien à voir parce que je sais pas quand et si j’en ferai une chronique : Pour ceux qui s’interroge sur le mode éditorial des mangas au Japon, je recommande la très bonne série Bakuman

Ça n’a pas dû suffire et la fin est catapultée sans crier gare. Tant mieux, j’ai envie de dire. Au moins, notre porte-monnaie ne souffrira pas et on s’offre un petit shot de comédie romantique adolescente loin d’être révolutionnaire mais toujours amusante à lire. Comme d’habitude, je conseillerais Ichigo 100% en version papier.

Et puis, bon, même si c’est pas très original, un peu débile dans le pitch de base, pas spécialement bien exécuté dans le scénario, je n’ai pas boudé mon petit plaisir de fan-boy. Si vous aimez le genre et la mangaka, aucune raison de ne pas aller chez votre libraire.

Il ne reste malheureusement plus beaucoup de mangas de Kawashita à se mettre sous la dent, pour nous autres fans : Un Boku no Idol qui a l’air de ressembler à un obscur one-shot et un (G)Edition qui lui marche plutôt bien au Japon. Reste à savoir si Tonkam l’éditera et si oui, quand ?

Note pour moi-même : il faudrait aussi que j’écrive un manga romantico-ecchi dans une ambiance lycée-collège ! Chercher un dessinateur balèze en petites culottes…

Ichigo 100% est un anime japonais des studios Madhouse (Redline), d’après le manga éponyme de Mizuki Kawashita (Hatsukoi Limited), distribué chez nous par Kaze.

Je venais de finir le dernier manga en date paru en version française de Kawashita (et dont je vous parlerai bientôt) et je me disais que je me relirai bien les Ichigo 100% qu’elle avait faits. Sauf que je n’ai pas les mangas en question sous la main. Je me suis donc rabattu sur la version animée de celui-ci. Verdict…

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire : résumé. Manaka Jumpei est un garçon normal, limite bateau, passe-partout et insignifiant. Un jour une demoiselle avec une petite culotte avec des imprimés de fraises lui tombe littéralement sur le coin de la tronche. Il en tombe amoureux mais ne la reconnait pas (quel idiot, c’est Tôjô, elle est dans sa classe…). Dans le même temps, il va se déclarer à Tsukasa qui est accessoirement la plus jolie fille du lycée (qui lui dit oui). On rajoute l’inconnue trouvée par hasard qui va devenir sa meilleure pote, l’amie d’enfance qui ne peut s’empêcher de dormir à poil dans son lit et une autre tripotée de jeunes filles en fleur et vous avez la sauce de Ichigo 100% : un ado qui n’a globalement rien pour lui mais dont toutes les filles tombent amoureuses, et comme elles sont aussi charmantes les unes que les autres, il n’arrive pas à se décider…

Ca dure pendant 19 volumes papier, à grands renforts d’érotisme léger façon ecchi et petites culottes, ça utilise tous les poncifs du manga romantique pour garçons, mais j’adore ! De la comédie harem quoi ! A la Is, Video Girl Aï et j’en passe. Sauf que pour le coup, Ichigo 100% met trois longueurs d’avance à toutes les autres !

Après, on aime ou on n’aime pas ce genre de manga. Mais la question n’est pas tant de juger de la qualité du scénario (qui est, à la base, particulièrement débile) mais la qualité et l’intérêt de son adaptation.

L’idée de retrouver Jumpei et Tsukasa animés me réjouissait, j’ai vite déchanté. La production a visiblement été fait à la va-vite et la qualité varie grandement d’un épisode à l’autre, jusqu’à rendre des visages parfaitement méconnaissables ! La voix de Jumpei japonaise n’est pas celle que je m’imaginais, celle de Tôjô carrément insupportable ! On devra aussi se frapper une bande son des plus insupportables ici et là (mention spéciale à l’outro, qui rappellera des bons souvenirs aux amateurs de Dance Dance Revolution).

L’anime se découpe en 12 épisodes de 20 minutes bien tassées, ces épisodes étant en fait une combinaison de 2 mini-épisodes vaguement reliés entre eux. S’en suit une OAV de 20 minutes qui leur fait directement suite et 4 OAV qui reprennent des passages du manga sans être la suite de la série… Production chaotique et choix bizarres, disais-je.

Première frustration : vous n’avez pas toute la série, vous ne connaîtrez pas la fin ! Exactement comme pour Kare Kano ! En plus la fin de la série est intéressante à plus d’un titre, notamment de par la multiplication des intrigues amoureuses qui débordent du pentacle originel.

Deuxième frustration : à super-hacher le manga papier pour tirer des épisodes de globalement 8 minutes, le rythme est ultra-rapide ! Des coupes sévères ont été effectuées dans la narration au point qu’il est difficilement de saisir l’intégralité des ellipses si on n’a pas lu le manga. Pire encore, l’anime s’attarde sur des moments particuliers qui, manquant de corrélations avec les précédents ou les états d’âme des personnages, rendent certaines scènes ridicules (oui, encore plus ridicule que le synopsis ultra-réducteur que j’ai fait).

Au final, cet anime dérivé d’un manga n’en vaut très clairement pas la peine ! Passez votre chemin ou, mieux, investissez l’argent du coffret DVD pour vous procurer les premiers volumes de la série papier ! Là vous ne regretterez pas si vous aimez le shônen romantique.

Quantum Leap est une série de Donald P. Bellisario (Magnum) avec Scott Bakula (Chuck) et Dean Stockwell (Battlestar Galactica).

Le Dr Sam Beckett est un brillant scientifique qui a mis au point le projet Quantum Leap, un mode de voyage dans le temps qui lui permet de sauter dans le corps d’autres personnes pour réparer les erreurs du passé.

Les années 90 étaient réellement du pain béni pour quelqu’un comme moi, né au début des années 80, nourri dès son plus jeune âge au Club Dorothée, aux séries d’animation japonaises piètrement doublées, aux dessins animés, à feu la 5, l’émergence de Canal + et j’en passe. En d’autres termes, je suis réellement un enfant de la télé. Un vrai, un pur, un dur, un tatoué. J’ai décroché peu à peu en quittant le foyer familial (en gros, l’époque où Loft Story était devenu le standard d’audience sur le créneau des séries – le fameux access prime time) pour complètement m’en être séparé au profit du service à la carte (comprendre DVD et autres moyens d’avoir des produits de qualité sans se farcir des doublages foireux, ou des pubs (inter)minables, ou pire des animateurs télé).

J’ai donc passé un nombre incalculable d’heures devant la télévision. Mais vraiment incalculable ! Et ça aurait pu être encore pire si j’avais décidé de pas écouter ma mère et de continuer de mater Olive et Tom à 19h plutôt que de faire mes devoirs. Les années 90, loin de l’hégémonie de Dorothée, c’était aussi l’âge d’or des séries. Bon, « âge d’or », c’est juste un terme de vieux con qui se rappelle la larme à l’œil combien la Trilogie du Samedi, le Mardi C’est Permis et la diffusion quotidienne de séries étaient des moments cultes et incontournables pour moi. Je ne dis pas que maintenant on ne sait plus faire de série (au contraire !) ou que toutes les séries de l’époque étaient géniales (parce qu’il y avait bien des bouses comme The Sentinel…), mais je dis que peu importe la série que je mate aujourd’hui, elle n’aura jamais la saveur d’une série de mon top 5 des années 90 !

  1. Code Quantum
  2. X-Files
  3. Buffy contre les Vampires
  4. Twin Peaks
  5. Le Caméléon

Plus ou moins dans cet ordre. Et encore, pour limiter les prises de tête sur le classement, je me suis limité aux 45 minutes.

Le cas d’X-Files est un peu particulier, puis que c’est la seule série susnommée que j’ai choisi sciemment de ne pas continuer de regarder (et grand bien m’en fit quand on regarde la qualité d’un show qu’on ne continue que pour la tune des annonceurs). Pour l’anecdote, je me suis arrêté  au double épisode où l’on apprend la (une) vérité sur la disparition de la sœur de Mulder. L’épisode se conclut avec un plan sur des trous, des « fantômes » en sortent, le tout sur une musique de Moby. Bref, pour moi, on avait résolu la quête de Mulder, aucune raison de continuer de show…

J’ai déjà fait étalage de tout le bien que je pensais de Buffy et de Josh Whedon, inutile dans rajouter une couche. En revanche, je n’ai jamais parlé de mon amour pour les trois autres. Enfin, si pour Twin Peaks ici et . Restent donc le Caméléon (dont je ne ferai jamais d’article) et le présent Quantum Leap.

Quel est le point commun entre Twin Peaks, le Caméléon et Code Quantum (et d’autres séries cultes comme Firefly) ? Toutes ont été fauchées par des décisions éditoriales, sacrifiées sur l’autel des parts de marché et jetées aux panthéons des séries qui n’auront jamais de réelles fins !

Je me souviens encore de la fois où j’ai vu en direct le dernier épisode sur M6… J’en avais pleuré ! Après, il y avait une série très pourrie qui s’appelait Raven et je devais faire mes devoirs…

Diffusée entre 89 et 93 sur NBC, Code Quantum est – pour moi – la plus culte des séries et la plus incomprise de sa génération. Audiences basses, sauvée par des fans en furie à la fin de la troisième saison, récompensée par des Golden Globes, elle finira tout de même la tête tranchée, dans un épisode absolument poignant à la fin de la saison 5. Pas vraiment en queue de poisson, mais carrément pas satisfaisante, la fin est ce qu’elle est. Une fin. Pourtant le concept était absolument génial : le voyage dans le temps ! Pas à la Doctor Who, mais avec des restrictions et une base scénaristique qui tenaient suffisamment la route pour rester crédibles tout en apportant une tension à chaque épisode.

Au regard des audiences peu satisfaisantes, le créateur s’est vu obligé de revoir très légèrement sa copie à pour les saisons 4 et 5 en incorporant beaucoup de références à des célébrités pour garder à flots l’intérêt des spectateurs qui regardaient le show plus en dilettante qu’en réel fan. Marilyn Monroe, Stephen, Michael Jackson, Lee Harvey Oswald et j’en passe. Ça n’empêchera pas la série de mourir en dépit d’une saison 6 prévue…

C’est l’heure du point spoiler sur la fin de Code Quantum, telle qu’elle aurait dû être pour rester sur un cliffhanger pour embrayer sur la 6. C’est aussi l’occasion de vous la péter au bord de la machine à café. Après que Sam ait réparé son « erreur », nous aurions eu le droit d’apprécier les répercussions sur la vie d’Al (pour le coup, je spoile pas cette partie). Mais encore une fois, Sam serait perdu dans le temps. Al, voulant sauver son meilleur ami, sauterait de plein gré dans le quantum leap accelerator et se retrouverait le 8 aout 1953 où il rencontrerait le barman et aurait une discussion avec lui. Al apprendrait donc que Sam est parti dans le futur (!), hors de sa propre continuité (et des restrictions de la série) et que les 5 saisons d’avant, c’était la partie facile de son voyage ! Pour sauver son ami, Al demande au barman de le faire sauter dans le futur, avec Sam : Al serait donc devenu – temporairement ou pas – lui aussi un leaper et non plus un hologramme !

100% véridique. Ça vous la coupe hein ? Moi, ça me rend triste, et j’attends en vain que Bellisario remette à flots sa série (tout comme j’attends la suite de Twin Peaks !) dans une suite ou un reboot… Il y avait des rumeurs en 2009…

Autres anecdotes pour faire pleurer le fan : il y avait aussi dans les cartons des épisodes dans la peau de Kennedy, en full dessins animés et un cross-over avec Magnum himself !

Pourquoi Code Quantum n’a pas réussi à attirer le grand public ? Le but de Sam est de rentrer chez lui. Sauf qu’il ne contrôle rien. Donc le public n’avait aucune raison de s’intéresser à la série sur la continuité, et regardait uniquement pour les épisodes pour ce qu’ils étaient: des one-shots. Il manque à la série des grands arcs par saison, avec une thématique et des répercussions d’épisodes en épisodes. A la manière d’X-Files en fait, une fois de temps en temps, on fait avancer le schmilblick (façon 1 pas en avant, 3 pas en arrière, hein) et le public se sent concerné de façon plus intime. De temps en temps, faire revenir Sam dans des corps qu’il a possédé pour voir l’évolution (ou des répercussions) de la situation, faire de épisodes encore plus liés au passé de Sam ou Al, faire des séries d’épisodes qui s’étalent dans la saison pour dénouer un gros nœud historique, introduire un antagoniste… Tout cela aurait pu grandement aider… La saison 5 le fait, mais c’était déjà mettre un pansement sur une jambe de bois… Le Caméléon n’avait pas le même problème, mais lui s’est embourbé dans l’effet inverse : trop de fluff tue le fluff.

Quantum Leap, c’est aussi l’occasion de revoir tout un tas d’acteurs issu des autres séries de l’époque (Twin Peaks, encore une fois) ou de voir des têtes encore peu connues : Jennifer Aniston, Brooke Shields, Joseph Gordon-Lewitt, Teri Hatcher, Jason Prestley, Tia Carrere ou encore Neil Patrick Harris.

J’adore Quantum Leap. Je vénère Quantum Leap. Si vous avez bon goût, vous faites de même. Sinon, je dois être diablement intéressant à lire pour que vous soyez rendus à lire ces lignes. Tout les épisodes ne sont pas de qualité, mais globalement la série l’est. Quantum Leap est définitivement quelque chose qui a marqué mon adolescence et mes goûts ! C’est même tellement inscrit dans mon code télé-génétique qu’il m’a fallu du temps pour me rendre compte que mon livre en cours d’écriture – Lithium Breed – est en fait très inspiré de mes souvenirs Code Quantum et l’affection de que je porte à cette série !

Hatsukoi Limited est un manga de Mizuki Kawashita, paru chez Kaze.

Ce manga raconte les aventures sentimentales de plusieurs collégiens. En gros. Et c’est tout. Mais avec ce qu’il faut de bordel pour ce que soit rocambolesque. D’ailleurs, il y a même un organigramme en début de manga pour rappeler qui est amoureux de qui et les flèches sont souvent à sens unique.

Mizuki Kawashita est une mangaka que j’apprécie particulièrement depuis ma lecture (qui remonte déjà bien) de Ichigo 100%. Et elle fait un style de manga que je n’ai pas honte d’apprécier : l’aventure sentimentale, mais à destination d’un public masculin puisque publier dans le grand hebdomadaire du Shonen Jump. Par rapport à un shôjô traditionnel (un manga pour jeunes filles en fleur), le comédie romantique pour adolescents implique généralement :

  • Un jeune garçon limite autiste avec les filles,
  • Une jeune fille complètement cruchasse dont est amoureux susnommé,
  • Une jeune fille pas du tout cruchasse amoureuse de susnommé,
  • Des aventures collégiennes et lycéennes (avec les grands poncifs de la sortie scolaire, la St Valentin, la golden week, la journée portes ouvertes de l’école),
  • Et une bonne dose de petites culottes, de fringues mouillées par hasard et de quiproquos à base de douche/bain/autre endroit propice à mettre des jeunes filles nues sur lesquelles pourraient tomber (parfois littérallement) des garçons (et a fortiori le susnommé).

Pour plus d’informations sur le shôjô/shônen, rendez-vous sur l’un de mes plus vieux articles !

C’est souvent particulièrement débile et incohérent mais j’adore ! Heureusement pour mon budget manga, ce genre de littérature ecchi soft (dans le ecchi hard, on multiplie uniquement les occasions du 5ième point, ce qui n’est pas intéressant de mon point de vue) n’est pas légion en traduction française. On retrouvera essentiellement les productions de Kawashita ou Katsura (ma préférence allant largement à la première).

Hatsukoi Limited a le bon goût d’être en seulement 4 volumes (et si vous lisez aussi Bakuman, vous avez une idée de pourquoi une série se conclut rapidement…) et de proposer des aventures très classiques dans le genre. Inutile de dire que j’ai préféré Ichigo 100%. Cela vient essentiellement du fait que la série avait eu le temps de se poser et de se développer. Car la force de Hatsukoi est aussi sa plus grande faiblesse : pléthores de personnages, donc pléthores d’aventures, donc délicat à suivre et à bien équilibré. Très rapidement, la série abandonne des personnages pour se concentrer sur un ou deux couples (et sonne le glas de la série – autant refaire du Ichigo, en somme).

Mais comme on n’a pas l’occasion de voir énormément de Kawashita en France, on profite de ce qu’on a quand on l’a.

Le manga date déjà de 2007, son style s’est bien affiné par rapport à sa précédente série. La série papier a aussi été déclinée en série animée. Anime que je n’ai pas vue et dont il est fort peu probable que je m’y intéresse. En général je mate ou je lis, pas de temps à perdre avec de la redondance.

En conclusion, Hatsukoi Limited est un petit manga sympathique, loin d’être révolutionnaire dans le genre et assez bien exécuté. Pour les amateurs du genre qui se reconnaîtront et qui apprécieront à sa juste valeur. Je leur conseille aussi Kare Kano, tiens, histoire de mettre un rétrolien.

Hop, c’est par ici pour lire les premières pages sur le site de Kaze.

Moi, j’en redemande encore ! Heureusement, il y en a encore qui arrive !

Sorti il y a à peu près un an au cinéma, les Beaux Gosses est le premier film de Riad Sattouf. Habitué aux bandes dessinées (un peu underground, il faut l’avouer), l’auteur recycle son thème de prédilection qu’est l’adolescence dans un film aussi cru que touchant sur cette période délicate de notre vie qu’on aimerait bien laisser derrière.

Hervé, 14 ans, est le prototype même de l’ado basique (mais du genre en bas de la base) sans phyisque de bogoss, dans cerveau d’intello et à la libido débordante. Il n’est pas aidé par sa mère célibataire, déprimé et envahissante ni par par ses potes, gentils mais tout aussi looser. Question jardinage, Hervé est plutôt du genre à accumuler les râteaux plutôt que les pelles, mais reste confiant. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe. Camel, meilleur ami d’Hervé (et grand amateur de branlettes et de films X à fort complexe oedipien) convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine…

Bon, exposer de la sorte, le film n’a pas l’air réellement plus intelligent que American Pie. Ce serait une terrible erreur que de les mettre dans le même panier, car, en dépit de son propos a priori primaire, Les Beaux Gosses est sans conteste un film intelligemment écrit, intelligemment mise en scène et bien joué.

Car tout se situe dans la justesse de l’expression des sentiments contradictoires : l’envie d’être aimé – la peur d’être repoussé, le paraître devant ses potes et celui devant sa copine, la douceur et amertume des sentiments, etc. Les personnages gravitant dans la sphère d’Hervé sont clairement tous des loosers (mais on l’était tous en troisième, hein) alors les situations qui découlent de leurs maladresses et de leurs efforts respirent le vécu et la sincérité qui rend la comédie de Riad Sattouf « vraie », touchante et justifie le succès qu’elle a eu auprès du public et des critiques.

A côté du scénario aux émotions fines et distinguées, on trouve le côté cru sans jamais être vulgaire du sexe adolescent (du point de vue masculin) avec ce qu’il comporte de chaussettes, d’internet et de catalogues La Redoute. Ce qui donne toujours des situations pour le moins pittoresque.

Le film est mis en valeur par une foule de petits détails qui permettent de le hisser encore un peu plus sur l’échelle de la qualité : les textes sous-jacents (ou sous-textes visuels). On trouvera nombre de références phalliques (bananes, manches de guitare…) pour représenter l’évident désir de ces jeunes collégiens ou le fait qu’il porte toujours les mêmes vêtements tout le temps (peut-être pour symboliser la situation du collégien, perpétuellement coincé dans son propre schéma et sa propre condition de looser).

Je ne les ai plus en tête mais je sais que le film fut nominé aux Césars et qu’il a, entre autres, le Prix Jacques Prévert du scénario.

Toujours est-il que, même pour moi qui ne suit pas particulièrement fan des films français en général, Les Beaux Gosses mérite un sérieux coup d’oeil ! Avis aux amateurs de très bonnes comédies. En plus, il y a gros potentiel de phrases cultes.