Articles Tagués ‘Code Quantum’

Tous les dimanches, je mets en ligne une source d’inspiration pour l’écriture de mon roman Lithium Breed. Ca peut être une photographie, une chanson, une phrase… Par contre, je dis pas pourquoi ou pour quoi ça m’a parlé et la façon dont c’est digéré dans l’écriture : c’est juste pour le plaisir des yeux et/ou des oreilles (et vilement faire revenir les habitués aussi le dimanche !).

C’est parfaitement inutile, donc parfaitement indispensable.

Aujourd’hui : Code Quantum, une série que j’ai déjà largement chroniquée.

Quantum Leap est une série de Donald P. Bellisario (Magnum) avec Scott Bakula (Chuck) et Dean Stockwell (Battlestar Galactica).

Le Dr Sam Beckett est un brillant scientifique qui a mis au point le projet Quantum Leap, un mode de voyage dans le temps qui lui permet de sauter dans le corps d’autres personnes pour réparer les erreurs du passé.

Les années 90 étaient réellement du pain béni pour quelqu’un comme moi, né au début des années 80, nourri dès son plus jeune âge au Club Dorothée, aux séries d’animation japonaises piètrement doublées, aux dessins animés, à feu la 5, l’émergence de Canal + et j’en passe. En d’autres termes, je suis réellement un enfant de la télé. Un vrai, un pur, un dur, un tatoué. J’ai décroché peu à peu en quittant le foyer familial (en gros, l’époque où Loft Story était devenu le standard d’audience sur le créneau des séries – le fameux access prime time) pour complètement m’en être séparé au profit du service à la carte (comprendre DVD et autres moyens d’avoir des produits de qualité sans se farcir des doublages foireux, ou des pubs (inter)minables, ou pire des animateurs télé).

J’ai donc passé un nombre incalculable d’heures devant la télévision. Mais vraiment incalculable ! Et ça aurait pu être encore pire si j’avais décidé de pas écouter ma mère et de continuer de mater Olive et Tom à 19h plutôt que de faire mes devoirs. Les années 90, loin de l’hégémonie de Dorothée, c’était aussi l’âge d’or des séries. Bon, « âge d’or », c’est juste un terme de vieux con qui se rappelle la larme à l’œil combien la Trilogie du Samedi, le Mardi C’est Permis et la diffusion quotidienne de séries étaient des moments cultes et incontournables pour moi. Je ne dis pas que maintenant on ne sait plus faire de série (au contraire !) ou que toutes les séries de l’époque étaient géniales (parce qu’il y avait bien des bouses comme The Sentinel…), mais je dis que peu importe la série que je mate aujourd’hui, elle n’aura jamais la saveur d’une série de mon top 5 des années 90 !

  1. Code Quantum
  2. X-Files
  3. Buffy contre les Vampires
  4. Twin Peaks
  5. Le Caméléon

Plus ou moins dans cet ordre. Et encore, pour limiter les prises de tête sur le classement, je me suis limité aux 45 minutes.

Le cas d’X-Files est un peu particulier, puis que c’est la seule série susnommée que j’ai choisi sciemment de ne pas continuer de regarder (et grand bien m’en fit quand on regarde la qualité d’un show qu’on ne continue que pour la tune des annonceurs). Pour l’anecdote, je me suis arrêté  au double épisode où l’on apprend la (une) vérité sur la disparition de la sœur de Mulder. L’épisode se conclut avec un plan sur des trous, des « fantômes » en sortent, le tout sur une musique de Moby. Bref, pour moi, on avait résolu la quête de Mulder, aucune raison de continuer de show…

J’ai déjà fait étalage de tout le bien que je pensais de Buffy et de Josh Whedon, inutile dans rajouter une couche. En revanche, je n’ai jamais parlé de mon amour pour les trois autres. Enfin, si pour Twin Peaks ici et . Restent donc le Caméléon (dont je ne ferai jamais d’article) et le présent Quantum Leap.

Quel est le point commun entre Twin Peaks, le Caméléon et Code Quantum (et d’autres séries cultes comme Firefly) ? Toutes ont été fauchées par des décisions éditoriales, sacrifiées sur l’autel des parts de marché et jetées aux panthéons des séries qui n’auront jamais de réelles fins !

Je me souviens encore de la fois où j’ai vu en direct le dernier épisode sur M6… J’en avais pleuré ! Après, il y avait une série très pourrie qui s’appelait Raven et je devais faire mes devoirs…

Diffusée entre 89 et 93 sur NBC, Code Quantum est – pour moi – la plus culte des séries et la plus incomprise de sa génération. Audiences basses, sauvée par des fans en furie à la fin de la troisième saison, récompensée par des Golden Globes, elle finira tout de même la tête tranchée, dans un épisode absolument poignant à la fin de la saison 5. Pas vraiment en queue de poisson, mais carrément pas satisfaisante, la fin est ce qu’elle est. Une fin. Pourtant le concept était absolument génial : le voyage dans le temps ! Pas à la Doctor Who, mais avec des restrictions et une base scénaristique qui tenaient suffisamment la route pour rester crédibles tout en apportant une tension à chaque épisode.

Au regard des audiences peu satisfaisantes, le créateur s’est vu obligé de revoir très légèrement sa copie à pour les saisons 4 et 5 en incorporant beaucoup de références à des célébrités pour garder à flots l’intérêt des spectateurs qui regardaient le show plus en dilettante qu’en réel fan. Marilyn Monroe, Stephen, Michael Jackson, Lee Harvey Oswald et j’en passe. Ça n’empêchera pas la série de mourir en dépit d’une saison 6 prévue…

C’est l’heure du point spoiler sur la fin de Code Quantum, telle qu’elle aurait dû être pour rester sur un cliffhanger pour embrayer sur la 6. C’est aussi l’occasion de vous la péter au bord de la machine à café. Après que Sam ait réparé son « erreur », nous aurions eu le droit d’apprécier les répercussions sur la vie d’Al (pour le coup, je spoile pas cette partie). Mais encore une fois, Sam serait perdu dans le temps. Al, voulant sauver son meilleur ami, sauterait de plein gré dans le quantum leap accelerator et se retrouverait le 8 aout 1953 où il rencontrerait le barman et aurait une discussion avec lui. Al apprendrait donc que Sam est parti dans le futur (!), hors de sa propre continuité (et des restrictions de la série) et que les 5 saisons d’avant, c’était la partie facile de son voyage ! Pour sauver son ami, Al demande au barman de le faire sauter dans le futur, avec Sam : Al serait donc devenu – temporairement ou pas – lui aussi un leaper et non plus un hologramme !

100% véridique. Ça vous la coupe hein ? Moi, ça me rend triste, et j’attends en vain que Bellisario remette à flots sa série (tout comme j’attends la suite de Twin Peaks !) dans une suite ou un reboot… Il y avait des rumeurs en 2009…

Autres anecdotes pour faire pleurer le fan : il y avait aussi dans les cartons des épisodes dans la peau de Kennedy, en full dessins animés et un cross-over avec Magnum himself !

Pourquoi Code Quantum n’a pas réussi à attirer le grand public ? Le but de Sam est de rentrer chez lui. Sauf qu’il ne contrôle rien. Donc le public n’avait aucune raison de s’intéresser à la série sur la continuité, et regardait uniquement pour les épisodes pour ce qu’ils étaient: des one-shots. Il manque à la série des grands arcs par saison, avec une thématique et des répercussions d’épisodes en épisodes. A la manière d’X-Files en fait, une fois de temps en temps, on fait avancer le schmilblick (façon 1 pas en avant, 3 pas en arrière, hein) et le public se sent concerné de façon plus intime. De temps en temps, faire revenir Sam dans des corps qu’il a possédé pour voir l’évolution (ou des répercussions) de la situation, faire de épisodes encore plus liés au passé de Sam ou Al, faire des séries d’épisodes qui s’étalent dans la saison pour dénouer un gros nœud historique, introduire un antagoniste… Tout cela aurait pu grandement aider… La saison 5 le fait, mais c’était déjà mettre un pansement sur une jambe de bois… Le Caméléon n’avait pas le même problème, mais lui s’est embourbé dans l’effet inverse : trop de fluff tue le fluff.

Quantum Leap, c’est aussi l’occasion de revoir tout un tas d’acteurs issu des autres séries de l’époque (Twin Peaks, encore une fois) ou de voir des têtes encore peu connues : Jennifer Aniston, Brooke Shields, Joseph Gordon-Lewitt, Teri Hatcher, Jason Prestley, Tia Carrere ou encore Neil Patrick Harris.

J’adore Quantum Leap. Je vénère Quantum Leap. Si vous avez bon goût, vous faites de même. Sinon, je dois être diablement intéressant à lire pour que vous soyez rendus à lire ces lignes. Tout les épisodes ne sont pas de qualité, mais globalement la série l’est. Quantum Leap est définitivement quelque chose qui a marqué mon adolescence et mes goûts ! C’est même tellement inscrit dans mon code télé-génétique qu’il m’a fallu du temps pour me rendre compte que mon livre en cours d’écriture – Lithium Breed – est en fait très inspiré de mes souvenirs Code Quantum et l’affection de que je porte à cette série !

Source Code est un film réalisé par Duncan Jones (Moon), d’après un scénario de Ben Ripley (La mutante 3 et 4, ouais, ça calme un peu d’un coup…), avec Jake Gyllenhaal (Prince of Persia), Michelle Monaghan (Le Témoin Amoureux) et Vera Farminga (In The Air).

Colter se réveille dans un train, il ne sait pas ce qu’il y fait, ni comment il est venu, ni la femme en face en lui, ni même pourquoi elle l’appelle autrement que Colter. D’ailleurs Colter n’est même pas dans la peau de Colter, mais dans celle d’un autre. Et puis Colter meurt dans l’explosion du train. Il se réveille à nouveau, mais dans un caisson. Là on lui dit « hop hop hop, mission gouvernementale, source code, arrêter la bombe du train et zou. Colter se réveille dans un train, il ne sait pas ce qu’il y fait, ni comment il est venu, ni la femme en face en lui, ni même pourquoi elle l’appelle autrement que Colter. D’ailleurs Colter n’est même pas dans la peau de Colter, mais dans celle d’un autre. Et puis Colter se rappelle de la femme, du caisson et de la bombe. Mais il meurt dans l’explosion du train. Il se réveille à nouveau, mais dans un caisson. Là on lui dit « hop hop hop, mission gouvernementale, source code, arrêter la bombe du train, qu’est-ce que tu branles et zou ». Colter se réveille dans un train…

Depuis Moon, j’attendais le prochain film de Duncan Jones. Après Source Code, j’attends le prochain film de Duncan Jones… Celui-ci étant trop formaté blockbuster pour réellement laisser parler le talent du fils de David Bowie. C’est propre dans la réalisation, avec quelques idées intéressantes pour exploiter les morts de Colter façon running gag de jeu vidéo (Duncan Jones restant un gros geek, la référence était évidente pour lui à la lecture du scénario).

Le scénario en question propose un mix entre Un Jour Sans Fin, Code Quantum et Matrix. Le tout fonctionne plutôt agréablement. Il ne faut pas se leurrer, je préfère 1000 fois la série, 100 fois Un jour Sans Fin et 10 fois Matrix à Source Code. On retrouve un brin de Memento aussi. Bref, Source Code, c’est un nouveau film patchwork qui pioche des bonnes idées un peu partout en espérant que cela ne se verra pas trop. Un film faussement original, suffisamment bien maquillé d’explosions pour faire passer la pilule.

La véritable force du scénario et de la mise en scène derrière, c’est de faire tenir des séquences répétées en boucle dans le même train pendant 8 minutes tout en apportant un truc supplémentaire à chaque fois pour aider l’histoire à avancer et à débusquer ce fichu poseur de bombe. En cela, le film est plutôt réussi et le côté blockbuster finit de polir le vernis. Mais en spectateur exigeant, Source Code ne m’a pas transcendé outre mesure. Sans parler de la fin pour le moins bizarre… Ou de cette espèce de love-story à deux balles…

Côté casting, seul Jake Gyllenhaal semble réellement s’investir dans son personnage. En même temps, c’est lui qui a porté le scénario à bout de bras en allant spécifiquement chercher Duncan Jones pour le réaliser. En même temps aussi, c’est le seul qui ait aussi un personnage vaguement développé par rapport aux autres. Michelle Monaghan et Vera Farminga semblent passer à côté du truc et n’ont que le rôle de faire-valoir de Colter (la faute à une caractérisation faiblarde). On notera la présence de Scott Bakula (Quantum Leap) en clin d’œil amusant dans le rôle du père de Colter.

Dernière note, Source Code fait à présent l’objet d’une adaptation en série télévisée, développée par Ben Ripley. Aucune idée de ce que cela va donner… mais entre Code Quantum et cette autre série avec un type qui reçoit un journal qui lui dit l’avenir, j’ai peur que cela ne soit guère intéressant. Mais au regard du nombre de séries estampillées CSI, une nouvelle qui copie Code Quantum risque de fonctionner sur l’audience américaine finalement trop peu exigente…

D’ailleurs, ça me rappelle qu’il me manque des coffrets de Code Quantum

Source Code, c’est bien mais carrément pas ouf. Limite accessoire, en fait. Vivement le prochain film de Duncan Jones !